Komori-san wa Kotowarenai! – KoMory Sue à votre service

Comme je l’ai dit plus tôt, histoire d’éviter de parler de tous les anime de la saison d’un coup, je vais un peu distiller tout ça en des posts séparés, plus détaillés et plus illustrés, avec le plus de valeur ajoutée possible, pour le bien de tous. Pour commencer, on va parler d’un 4koma super choupi adapté en anime court d’un goût douteux cette saison, j’ai nommé Komori-san wa Kotowarenai! (ce qui signifie grosso merdo « Komori-san ne sait pas refuser » ).

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Pour bien commencer, parlons d’abord du mangasse. Publié depuis 2012 dans un mensuel dédié au format 4koma, le Manga Time Original, il est dessiné par Cool Kyoushinsha, un mangaka très actif depuis 2011 qui est notamment connu pour une autre série 4koma adapté en anime, Danna ga Nani wo Itteiru ka Wakaranai Ken (que je recommande par ailleurs, bien que n’ayant pas lu le mangasse). En l’occurrence, le manga dont on va parler aujourd’hui se serait terminé au bout d’un quatrième volume (et le projet de scanlation en cours ne va pour l’instant que jusqu’au début du troisième). J’insiste sur le conditionnel, puisque si MU avance cette information, je n’en retrouve pas la source et le reste du web semble les contredire… Et je tiens à faire le rappel au cas où puisque le mot va revenir souvent : le 4koma (prononcé yonkoma) est un format de manga assez couramment utilisé dans les comédies depuis qu’il a été démocratisé par Azumanga Daioh au début des années 2000.

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Reconnaissez-vous cet homme ?

Komori-san wa Kotowarenai! suit donc la vie quotidienne de Shuri Komori, une lycéenne qui a une particularité que le titre décrit très bien : elle ne sait pas refuser une faveur. Et continuez à lire avant de contacter le cercle doujin le plus proche, bande de gros sales, car si elle adore rendre service, elle sait aussi refuser les demandes déraisonnables. Elle a aussi une autre particularité, c’est qu’elle est capable de faire presque tout ce qu’on lui demande (elle est notamment extrêmement forte). Cause et conséquence s’entremêlent, puisque si elle est très forte et globalement très douée, c’est sans doute aussi parce qu’elle a rendu service en portant des trucs lourds pendant des années, et que si on lui demande tant de choses, c’est sans doute aussi parce qu’elle est très capable. Le cercle vertueux n’est toutefois pas hermétique, puisque Shuri a aussi une sorte d’aura qui fait que tout le monde, même de parfaits inconnus, viennent lui demander des services.

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Shuri n’est toutefois pas seule avec les masses de gens dépourvus de visages qui lui demandent des choses, puisqu’elle a deux amies : Megumi Nishitori, la flemmarde, et Masako Negishi, la cynique. Se rajoute un quatrième personnage qui prend en importance avec le temps : Kurou Ootani, l’exact inverse de Shuri. Kurou est petit alors que Shuri est grande, il cherche à ce que les gens se reposent un peu sur lui, il n’est pas forcément très doué, etc. Au fur et à mesure, bien entendu, les deux vont devenir de plus en plus conscients l’un de l’autre et tout, et ça amènera des situations très choupies.

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En l’occurrence ce n’est pas Kurou, mais c’était chou quand même alors j’ai gardé.

Le mot est revenu : c’est chou. Car si Komori-san wa Kotowarenai! est notamment une comédie, il ne s’y limite pas. En effet, plus que des blagues, Komori-san propose une ambiance. C’est une composante très importante et trop souvent ignorée des œuvres slice of life, mais l’atmosphère apporte beaucoup de la valeur ajoutée de mangasses tels que Azumanga Daioh, Nichijou, Yotsubato! ou encore Non Non Biyori. On s’y sent bien, on prend plaisir à lire ce qui s’y passe même quand il n’y a pas vraiment de blagues, on apprécie le contexte, les personnages, le reste, et ça forme un tout qui fait qu’on y revient. Komori-san table sur cela et fonctionne très bien, en prenant ses libertés par rapport au schéma classique du 4koma, qui d’habitude est composé de quatre éléments récurrents.

Pour la culture et pour le plaisir, parlons-en. Cette structure, qui nous vient en fait de la poésie chinoise classique, se nomme le kishoutenketsu (起承転結), un nom à l’apparence complexe qui résume en fait une structure assez simple qui est très utilisée par les est-asiatiques pour tout ce qui est travaux de l’esprit, que ça soit des histoires, des dissertations au collège, ou encore des niveaux de Mario. En quelque sorte, c’est leur version de notre bon vieux « introduction, développement (en deux ou trois points), conclusion », mais en un peu plus utilisable pour la fiction. On a donc l’introduction (起句, kiku), le développement de l’idée de départ (承句, shouku), un changement, et je dis ça en me servant du sens du kanji parce que la plupart des sources sur le net le définissent comme un twist mais que c’est un peu restrictif comme qualification (転句, tenku), et puis la conclusion (結句, kekku). Virez le second kanji qui signifie phrase ou passage, et vous avez le kishoutenketsu (le dernier kanji est lu un peu différemment pour éviter de faire ketsuku, parce que sinon ça fait genre « ketsuku tu fous là ? » et ça n’est pas très joli). Et là vous reconnaîtrez les sous-titres des cours de la seconde saison de Durarara!!, et ce n’est pas une coïncidence (et on ne s’empêchera de remarquer que le second cour ne mérite pas du tout son sous-titre vu qu’il s’y passe peau d’zob). Tout est connecté, on vous dit. Il est donc plus que probable que les fondateurs du format 4koma se soient inspirés de cette structure classique, et ça se voit dans les mangasses de ce format jusqu’à aujourd’hui. Pour le plaisir, en voilà deux exemples : une scantrad dégueulasse d’Azumanga Daioh à ma gauche et du Seitokai Yakuindomo à ma droite. Vous noterez la structure qui est facile à repérer, et le fait que la quatrième case sert de chute, ce qui est logique pour des mangas humoristiques.

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Et donc, pour en revenir subtilement au sujet après ce petit moment Wikipédia, cette structure n’est pas vraiment respectée dans Komori-san, qui préfère ne pas se contenter de faire de la comédie et offre un spectre plus large de petites choses que l’on peut regrouper sous l’ombrelle du genre slice of life. Il y a des chapitres où l’on n’a pas forcément de bonnes blagues, juste des personnages qui discutent et profitent de leur vie normale. Le dernier chapitre que le projet de scanlation actuel a sorti suit simplement une discussion entre Shuri et une senpai du club d’athlétisme qui arrive à la fin de sa dernière année de collège. S’il n’oublie pas de faire quelques blagues, c’est un chapitre plutôt doux-amer, mais intéressant et cohérent dans un manga qui cherche à varier le type de choses qu’il raconte. Le dessin, d’une simplicité que justifie et excuse le format, n’est pas top au départ mais devient rapidement d’une qualité tout à fait appropriée pour le genre. En somme, Komori-san wa Kotowarenai! est un manga plaisant et assez frais qui a en plus l’avantage de se lire vite, étant donné son format, et que donc je vous recommande si le genre vous intéresse. Étant donné la direction que prennent les choses, j’imagine sans problème que le manga se conclura par la cérémonie de graduation des trois filles, avant qu’elles ne rentrent au lycée, mais en attendant ça, on a tout le temps de profiter du manga présent.

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Enfin, on arrive à l’anime. Le paragraphe d’introduction vous aura probablement spoilés sur mon avis, et en effet, je trouve cette adaptation inadaptée, ce qui est plutôt un comble quand on y réfléchit une demie seconde. La raison principale pour ça est simple : cette adaptation est encore plus courte qu’un anime court normal, avec deux minutes par épisode (dont 30 secondes d’opening, ce qui du coup arrive en plein milieu d’épisode). Or, une minute et demie, ça ne suffit pas à mettre en place une ambiance, ça ne suffit pas à avoir un rythme adapté pour le genre d’humour de Komori-san, et ça ne permet en fait pas grand chose d’autre que de faire des tas de plans très évidents sur les nichons de Shuri, des nichons qui, d’ailleurs, gigotent et font du bruit quand ils remuent. Si je n’ai pas l’habitude de me plaindre de ce genre de méthodes marketing à l’efficacité certifiée, il faut bien avouer que ça n’a rien à foutre là. Le manga n’a bien entendu pas cette obsession, et si la poitrine de Shuri est bien entendu un argument commercial, elle est aussi justifiée de façon intradiégétique par une bonne petite blague. Pour revenir sur la question de rythme que j’évoquais plus tôt, je ne dis pas qu’une comédie ne peut pas aller vite (Plastic Nee-san en est un bon exemple), mais chaque type d’humour demande le respect d’un certain rythme pour fonctionner. Si on peut enchainer très vite les drôlitudes quand c’est du comique de situation ou des jeux de mots, l’humour de Komori-san (que j’aurais d’ailleurs du mal à qualifier) demande des temps de pause pour bien fonctionner, et là ça n’y est pas. Du coup à chaque épisode, on a trois blagues expédiées, le générique, une scène un peu plus longue et c’est marre, merci mon chien. La sauce ne prend pas et je conseille donc de se cantonner à l’original, sauf si vous avez deux minutes à perdre par semaine et que vous voulez voir de la loche bouger. Amis de la classe, bonsoir.

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Probablement la meilleure conclusion possible pour un premier article.

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