Jitsu wa Watashi wa – Un misérable petit tas de secrets

Second vrai post de ce blog, et déjà je me répète. En effet, j’ai déjà parlé de Jitsu wa Watashi wa dans le post sur les anime de l’été 2015. Qu’importe, il est probablement passé un peu inaperçu dans la liste, donc je lui offre une nouvelle chance. Qui plus est, le centième chapitre a été traduit il y a peu de temps (le manga n’a pas de localisation française prévue, pour autant que j’en sache, et la localisation anglaise a été annoncé il n’y a pas trop longtemps, donc pour le moment c’est scanlation ou rien), donc quelle meilleure occasion d’en reparler ?

jitsu_wa_watashi_wa-07
Commencer un article sur un manga pas du tout fan-servicieux avec une blague sur les fesses : bien joué, moi.

Pour replacer le contexte, Jitsu wa Watashi wa est un mangasse qui a commencé sa publication dans le Shuukan Shounen Champion en 2013, dessiné par Eiji Masuda. Pour parler plus en détails de l’auteur, Masuda dessine pour cet hebdomadaire depuis 2010, sa première série ayant été Toumei Ningen no Tsurikata (soit : « L’art et la manière de créer un humain invisible »), un mangasse qui parle des relations complexes d’un lycéen et de son inévitable transformation en homme invisible. Le pitch a l’air sympa mais j’avoue ne pas l’avoir lu, toutefois je ne suis pas seul dans ce cas puisque la série finira bien vite, au bout de huit chapitres. Pas de problème, il enchaîne avec Sakura Discord en 2011, une autre série romantique parlant cette fois-ci de six garçons se prénommant Sakura. Si le synopsis donne moyen envie, la série rencontrera plus de succès vis-à-vis du public japonais, puisqu’il parviendra à atteindre la barre des cinq tomes. Et en 2013, il lance Jitsu wa, qui en est présentement à son treizième tome et a eu tout récemment droit à une adaptation animée par TMS Entertainment. Nous y voilà.

Jitsu wa Watashi wa (qu’on traduira par « En fait je suis… ») est donc une comédie romantique que je vais pitcher à nouveau, pour la fine bouche. On y suit Asahi Kuromine, un lycéen gentil mais incapable de garder un secret, qui est par ailleurs amoureux de Youko Shiragami, une mystérieuse camarade de classe. Un bel après-midi après les cours, il prend son courage à deux mains et retourne dans la salle de classe où il sait qu’elle reste tous les jours après les cours. Mais en ouvrant la porte, qu’est-ce que c’est-y qu’il voit pas ? Youko, en train d’étirer ses ailes, entourées de chauves-souris.
Après quelques bonnes minutes de panique, la situation s’éclaircit : Youko est une vampire, que son père, lui-même vampire, a autorisé à aller au lycée à la condition que personne ne découvre son secret. Depuis la rentrée, elle faisait donc de son mieux pour ne pas se faire remarquer (notamment en dissimulant son accent de Kansai), elle mangeait son bento après les cours pour que personne ne voie ses canines, etc. Asahi lui promet alors de garder son secret à tout prix, pour lui permettre de rester au lycée avec tout le monde. À partir de là va commencer à se développer une relation entre les deux, dans laquelle Asahi va apprendre à connaître la « vraie » Youko, et va ainsi tomber une nouvelle fois amoureux d’elle.

jitsu_wa_watashi_wa-08
Le scan est très sale, mais il fallait que je poste cette image-là.

A partir de là, l’univers du manga continue à s’enrichir, avec des additions régulières d’autres personnages de nature surnaturelle, ou pas. On découvre notamment très vite Mikan Akemi, l’amie d’enfance du protagoniste, une sadique qui a en plus la casquette de chef du club de journalisme du lycée, et qui adore révéler les secrets gênants des autres. Bien entendu, Asahi est sa cible préférée. On a aussi Aizawa Nagisa, la représentante de classe, qui avait descendu Asahi l’année passée quand il lui avait confessé son amour, et qui est en fait une extraterrestre en mission spéciale sur Terre. Une sorte de quadrilatère amoureux va se former en prenant pour angles ces quatre personnages, mais à l’inverse de la plupart des autres comédies romantiques, le status quo ne reste jamais en place longtemps. Si bien qu’en ce moment, Asahi est au courant des sentiments de toutes les filles et est en couple avec l’une d’elles ! Évidemment, je ne dirais pas qui et je ne spoilerai pas ça, il faudra lire pour savoir ça.

jitsu_wa_watashi_wa-03

À ce casting déjà haut en couleurs se rajoute la prof ex-délinquante à la force monstrueuse, la principale du lycée qui est un démon millénaire extrêmement dangereux et très taquin, et plein d’autres personnages tous plus fun les uns que les autres. Et l’on parle bien de fun puisque si je n’ai parlé que de la partie scénario et amourettes, Jitsu wa est bien une comédie romantique. En l’occurrence, c’est pour moi l’une des meilleures, sinon la meilleure du moment. La raison est simple, c’est parce que Masuda mélange extrêmement bien les aspects comiques et romantiques de la série, en dosant avec justesse les moments où l’on voit les relations entre les personnages évoluer, et les moments où on s’esclaffe. Seul petit problème pour moi, Masuda s’est un peu gaufré au niveau des chapitres qui ont suivi la scène où Asahi s’est mis en couple avec l’une des gourgandines, puisque ça continue un peu comme si de rien n’était, ce qui est un peu dommage, d’autant que le status quo n’a pas vraiment bougé depuis. Il n’empêche que Jitsu wa offre son lot de pincements au cœur et de moments de joie communicative en gérant avec intelligence tout ce qui est romance, et pas que pour les personnages principaux.

jitsu_wa_watashi_wa-04

Et là vient la question à 1000 euros : pourquoi c’est drôle, Jitsu wa ? Avant d’y répondre, je tiens à rappeler que chacun a une notion de l’humour unique, et que ce qui fait que l’un se tapera sur les cuisses de rire pourra ne faire que lever un sourcil à autrui. C’est pour ça que même dans les communautés otak’, personne n’est capable de se mettre d’accord sur la meilleure comédie de tous les temps, alors que c’est évident que c’est Nichijou. Mais trêve de lieux communs, répondons à la question.

jitsu_wa_watashi-10
La situation vampire. (hohoho)

Jitsu wa, c’est tout d’abord pas mal de comique de situation, puisque une de ses forces est de reprendre des situations déjà vues mille fois dans ce genre de mangasses, et puis de les mettre à sa sauce, soit en trouvant un nouvel angle soit en les faisant évoluer en des délires complets à deux pas de l’absurde. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles j’ai eu du mal à trouver des images vraiment drôles pour illustrer cet article, c’est que chaque chapitre privilégie une montée en puissance de la déconnade et le développement de situations drôlatiques sur plusieurs pages à la présentation successive de multiples blagues éparses, bien qu’il y ait aussi de ces dernières. À cela se rajoute, pour continuer la leçon de français de seconde, beaucoup de comique de geste, qu’on retrouve dans les mimiques des personnages. Vous avez pu le voir dans les images que j’ai réparti au sein de cet article, l’auteur a un style très particulier, notamment pour les visages des personnages, avec leurs yeux larges et clairs et leurs grandes bouches (Albedo, sors de ces corps !). C’est un style qui lui permet de rendre ses personnages extrêmement expressifs, mais qui l’autorise aussi à leur faire faire des grimaces incroyables et toujours très drôles. On est pas au niveau de Nisekoi dans la catégorie « générateur de reaction pics« , mais on s’en rapproche.

jitsu_wa_watashi_wa-09
En l’occurrence c’est plus mignon que ça n’est drôle, mais qu’est-ce que c’est mignon !

Malheureusement, l’auteur a quelques tics de dessin (et quelques gags) pas forcément très drôles qui reviennent aussi régulièrement (comme les personnages qui se frottent le nez d’un air satisfait), mais c’est un défaut finalement assez anecdotique et qui peine à affaiblir des chapitres systématiquement très bien fichus. On notera aussi que le début du manga n’est pas très beau mais l’auteur se rattrape assez vite sur ce point. Et puis finalement, pour revenir au sujet, on a un peu de comique de répétition, avec par exemple Youko qui sort ses ailes quand elle est très surprise (au grand dam d’Asahi qui se voit contraint à recourir aux pires excentricités pour détourner l’attention des autres), ou encore Shimada (un des amis d’Asahi) qui se fait régulièrement arrêter par la police pour harcèlement sexuel.  Le manga combine tout ça habilement de sorte à ce que ça fonctionne très bien, et, soutenu par la galerie de personnages barges du manga, fait qu’on rit régulièrement à voix haute. En tout cas, c’est mon cas, et vous n’avez plus qu’à vérifier par vous même si c’est le vôtre.  Pour moi, c’est un manga qui ne s’est toujours pas essoufflé au bout de cent chapitres, et ça ne vaut pas rien.

jitsu_wa_watashi_wa-05

Pour clore l’article, parlons des chapitres plus ou moins récents. Avant le chapitre 100 est sorti le chapitre 99 (jusque-là, logique) que j’ai personnellement trouvé absolument génial. À moitié silencieux, il nous fait suivre de près deux personnages secondaires à la relation un peu ambiguë (on sait que l’un est attiré par l’autre, et que l’autre est amoureuse d’encore un autre). Les deux sont de nature tout à fait placide et font passer le temps en silence en attendant Asahi, qui est leur ami commun. Et on a donc ces pages dépourvues de texte où ils font mine de pas vraiment être conscients de la présence de l’autre, intercoupées par les interventions bruyantes et hilarantes d’autres personnages secondaires. Et ça dure vingt pages comme ça, et ça se termine sur quelque chose du genre de « Au fait, tu veux sortir avec moi ? – Non. – Ok. ». Et si je trouve ce chapitre génial, ce n’est pas juste parce qu’il est hilarant, bien qu’il le soit, mais aussi parce que d’un point de vue narratif il est excellent (le chapitre en raconte beaucoup sans rien dire ou faire), et qu’il est complètement représentatif du style du manga (c’est-à-dire le mélange ingénieux entre comédie et romance), et j’adore ça. Je ne vais pas détailler le déroulement du centième chapitre (qui raconte une visite d’Asahi et de sa keupine à l’aquarium, et qui bien entendu ne va pas se passer comme prévu), mais ce dernier nous évite de justesse la déception d’un chapitre qui oublie qu’il devrait être spécial, et qui se termine sur une note choute qui nous rappelle une fois de plus pourquoi on attend à chaque fois avec impatience le prochain chapitre.

jitsu_wa_watashi_wa-06
Comme on le comprend.

Enfin, puisque j’ai décidé de donner une plus-value intéressante à chaque article depuis le précédent article qui parlait de kishoutenketsu, mais que je ne suis pas parvenu à trouver un angle intéressant pour ce post, on va parler des vampires japonais.

Au Japon, on recense environ zéro vampires pour 120 millions de bridés, ce qui représente une proportion de suceurs de sang par habitants comparable à ce qu’on peut trouver dans les Bouches-du-Rhône ou au Pas-de-Calais, malgré l’augmentation récente de la population d’origine est-européenne dans les environs de ce dernier. Rappelons en effet que les roms n’ont pas plus de canines acérées qu’ils n’ont d’argent pour s’acheter du dentifrice, donc même si c’étaient des vampires, ils seraient inoffensifs. En l’occurrence, ils ne brillent pas au soleil donc la question ne se pose pas.

C’est donc sur ces informations utiles pour briller en société que je vous laisse aujourd’hui, et que je vous souhaite la meilleure semaine possible dans les circonstances actuelles. Et si vous ne passez pas une bonne semaine quoi qu’il en soit, eh bien, essayez donc Jitsu wa, je suis certain que ça peut aider. Vraiment.

jitsu_wa_watashi-11

3 réflexions sur “Jitsu wa Watashi wa – Un misérable petit tas de secrets

  1. Krow

    Le spitch de départ m’a rappelé Karin (ou Chibi Vampire) mais même si la base est déjà vue 100 fois ça m’a l’air plutôt worth it a essayer. J’aime bien le dessin en plus. J’ai un peu déchanté quand tu dis que le statut quo reste plus ou moins actif mais bon, faut voir.
    Et c’est pas cool d’avoir spoilé le chapitre 99 =(

    Par-contre concernant Nichijou, je ne l’ai pas vu moi-même mais j’ai cru que c’était plus ou moins admis par tous =o (cf. ta présentation sur Thalie).

    J'aime

    1. Pegase

      J’avoue que je connaissais pas Karin, le pitch a l’air marrant. En l’occurrence, pour les vampires de l’univers de Jitsu wa, le fait de mordre un humain est pas du tout quelque chose de commun ou d’anecdotique, c’est plutôt considéré comme étant du niveau d’un baiser passionné.
      Pour le status quo, j’ai du mal m’exprimer, parce qu’au contraire, c’est un manga qui sait garder les relations en évolution. C’est juste dans la grosse douzaine de chapitres qui ont suivi UN CERTAIN ÉVÉNEMENT que ça ne bouge plus trop, mais le dernier chapitre sorti (le 101) fait du foreshadowing sur des trucs intéressants à venir, et ce que je sais des chapitres qui suivent me prêtent à penser qu’il va encore se passer bien des choses. Donc ne désenchante pas, lis donc. 😀

      Pour le chapitre 99, désolé, mais je ne pense pas que ça nuise à l’appréciation du chapitre, puisque je n’ai pas révélé l’identité des personnages et que quand on le lit, la conclusion du chapitre est très prévisible. Ça n’empêche que c’est un chapitre génial et qui montre bien les forces du manga, donc je voulais en parler.

      Et pour Nichijou, si il semble effectivement faire l’unanimité sur Thalie, à d’autres endroit sur le net (/a/, pour ne pas le citer), la préférence est donnée aux comédies adaptées par Sunrise (l’excellent Danshi Koukousei no Nichijou, le aussi très bon Gintama), à Cromartie ou à d’autres trucs. Et surtout, je voulais le placer à nouveau !

      En tout cas, merci pour ce commentaire (le premier du blog, c’est la teuf !).

      J'aime

  2. Krow

    Ok ok, je ne m’inquiétais pas trop non plus vu l’engouement que tu as pour l’œuvre ^^

    Pour Karin je t’encourage à jeter un œil, c’est assez mignon et ça fini par assez bien jouer sur les feels. Il y a aussi une touche d’originalité sur les effets qu’ont les morsures de vampire qui apporte des situations sympas.

    C’est drôle que tu mentionnes Danshi Koukousei no Nichijou car je l’ai découvert ce we en apprenant que l’auteur n’était autre que Bomber Grape, un mec qui fai(sai)t des strips Touhou cools. Bon après, tous les mangakas sont passés par la scène doujin et la moitié de ceux qui y sont ont fait du Touhou donc c’est pas vraiment incongru mais je le mentionne quand même.

    En tout cas continue comme ça ! =D :PARTYHARD:

    J'aime

Lâchez vos comz

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s