Automne 2015 : Le Bilan

Eh oui, pas de titre rigolo cette semaine, car on ne plaisante plus, il est temps de faire le bilan de cette dernière saison de 2015 avant de passer à autre chose, si possible à une meilleure année. Au cas où vous auriez manqué l’article d’il y a deux semaines, mon AOTY est l’exceptionnel (mais contesté) Death Parade, mais comme celui-ci provient de la saison d’hiver 2015, pas de spoil de ce bilan d’automne.

De toute façon, c’est pas comme si c’était privé ou que j’avais des principes, mais comme vous m’êtes sympathiques, je vais faire ce bilan automnal dans l’ordre décroissant, en partant de l’anime de la saison pour finir par les tréfonds de la fange de la saison. D’ailleurs, je tiens à préciser que j’ai vu l’intégralité des anime dont je vais parler ici, du début à la fin, ou du début à la fin du cour actuel, parce que je suis pas faiseur de miracles non plus, je peux pas voir des trucs qui sont pas encore sortis. Alors sans plus attendre, l’AOTS.

#1: One-Punch Man

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Madhouse | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Eh oui. Sans aucun doute l’anime le plus hypé, rehypé et surhypé (le mot va revenir souvent, je m’en excuse d’avance) de la saison, One-Punch Man est pourtant mon choix pour cette saison. En effet, si la hype est un facteur qui peut nous amener à voir sous une lumière défavorable certaines œuvres (je pense notamment à Shingeki no Kyojin, que je critique sans doute plus qu’il ne le mérite), il ne doit pas nous empêcher de les apprécier. Je vous ai déjà dit tout le bien que je pensais du manga (je vous invite à lire au moins le paragraphe dédié à OPM, je ne vais pas en répéter l’histoire ici), mais ça ne jouait en fait pas en faveur de l’anime. En effet, j’anticipais avec inquiétude la diffusion de l’anime, car même avec Madhouse aux commandes, je ne voyais pas comment l’anime allait pouvoir rendre honneur à l’excellence du manga.

Heureusement, il n’y avait pas lieu de s’inquiéter, car si l’anime n’est pas toujours au niveau du manga (et encore, est-il pertinent de comparer image par image deux médias finalement très différents ?), il a vite fait parler de lui grâce aux qualités intrinsèques d’OPM et à une qualité d’animation inattendue pour un projet qui, selon les dires de son directeur de l’animation, n’a pas coûté plus cher que la moyenne des anime actuels. L’épisode 5 nous a offert un des plus beaux moments d’animation de l’année avec quatre minutes d’un combat Saitama/Genos de toute beauté, adaptant la version tankoubon dudit combat, et avec un épisode 12 qui prouve qu’ils en avaient encore sous la pédale, entre autres sakuga dispersés çà et là au gré des épisodes. C’est beau, c’est drôle, chaque épisode est un plaisir, il n’y a véritablement rien à en redire. Lisez-le, visionnez-le, OPM est bon pour vous.

Et si choisir One-Punch Man comme anime de la saison peut sembler être un choix facile, il n’est au contraire pas simple d’ignorer le poids de la hype, qui élève OPM en une sorte de sauveur de l’animation japonaise, un anime pour les gouverner tous et sous les projecteurs les humilier. OPM est un excellent manga et anime, et s’il offre à d’autres une porte d’entrée vers d’autres mangasses et d’autres séries, alors tant mieux. Je pourrais faire un article entier consacré à décrypter les raisons qui font qu’OPM a eu le droit à cette popularité, mais pour l’instant il me faut continuer ce bilan. Toutefois, si vous voulez voir cette ligne de pensée développée, je vous renvoie au billet de l’ami Amo qui parlait, justement, des méfaits de l’élitisme.

#2: Noragami Aragoto

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Bones | 13 épisodes de 24 minutes | Manga

Sans grande surprise, la suite d’une très bonne série du printemps 2014, Noragami, est aussi très bonne. Qui plus est cette suite nommée Aragoto s’offre le loisir d’adapter les deux meilleurs arcs du manga, rien de moins. Mais avant d’en parler, faisons un petit entracte étymologique. Aragoto (荒事) est en fait un terme de kabuki, qui signifie littéralement « scène de baston », et qui désigne en fait un style de jeu d’acteur particulièrement grandiloquent et exagéré qui sert à jouer des grands guerriers ou des dieux violents. Vous savez tout.

Pour rappel, Noragami raconte l’histoire de Yato, un dieu inconnu qui tente tant bien que mal de se trouver des croyants et de se défaire de sa nature de dieu malfaisant. Il rencontre Hiyori, une lycéenne fan d’arts martiaux mixtes, qui se retrouve à avoir son esprit qui veut pas rester dans son corps, et il lui promet d’exaucer son vœu, qui est de l’aider à résoudre cette situation. La première saison parlait de leur rencontre ainsi que de la relation entre Yato et Yukine, un enfant décédé qu’il a « adopté » et qui est devenu son arme (pour résumer, en très très très gros). Yukine y était pas mal casse-couilles et la fin était inédite, deux facteurs qui auront pu décevoir les spectateurs. En l’occurrence, ici, il n’y aura pas ce problème : les arcs adaptés sont excellents, et ils n’ont pas fait l’erreur de sortir une fin inédite, donc tout va bien. Soutenu par une bonne animation (sauf sur quelques détails, genre les visages des personnages en arrière-plan), Noragami Aragoto est donc une bonne adaptation d’un shonen de qualité, avec un vrai scénario, des personnages intéressants, une bande-son énorme (signée Taku Iwasaki, un homme parfait, même si il ferait mieux de vérifier ce que veulent dire les lyrics de ses samples la prochaine fois) et un rythme auquel je n’ai rien à reprocher. Une valeur sûre.

#3: Haikyuu!! Second Season

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Production I.G | 25 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Manga

Mais dis-donc, vous me direz, c’est que ce top manque cruellement d’audace et d’originalité. Où sont les waifus, où est le fanservice, où est le méta, où est la profondeur scénaristique, où est la déviance ? À cela je répondrai : « ¯\_(ツ)_/¯ ». Et puis merde, si vous trouvez pas les waifus dans Haikyuu!!, je sais pas où vous regardez.

Je n’y peux rien, parmi les anime de cette saison, Haikyuu!! était facilement l’un de ceux que j’avais le plus hâte de regarder, grâce, notamment, à sa technique extrêmement bien huilée. Tout ce que j’avais à dire à son propos, je l’ai déjà dit, donc lisez cet article si vous voulez en savoir plus. On notera tout de même le fait que ce cour se soit placé aussi haut bien dans mon top alors qu’il était principalement consacré à un arc d’entraînement, ce qui n’est pas anodin.

#4: Owarimonogatari

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Shaft | 1 épisode de 50 minutes et 11 de 25 minutes | Light novel

Eh oui, la quatrième série (sans compter les trois films télévisés) dédiée à la série de NisiOisiN n’arrive que quatrième, et ce n’est pas que pour faire cette habile coïncidence. En effet, l’un des grands charmes de la saga Monogatari est la narration très rythmée effectuée en majorité par Koyomi Araragi (doublé par le très bon Hiroshi Kamiya), et dans les premiers épisodes, Arararagi se retrouve aidé, voire guidé, voire encadré, par l’énigmatique Ougi qui finit par apposer son propre rythme à la narration, qui y perd, à mon sens, beaucoup. On retrouve tout de même après quelques épisodes l’Ararararagi que l’on connaît et que l’on aime, débarrassé de sa stalkeuse aux manches longues, mais Ougi réussit à laisser planer son ombre sur le reste de la saison, où l’on continuera à se demander ce qu’elle est et ce qu’elle veut, à théoriser et à ne pas trouver de réponse définitive et conclusive. Malheureusement, Owarimonogatari n’adapte qu’une partie de l’arc dont elle récupère le nom, et donc on reste sur sa faim.

Toutefois, les arcs que l’on voit bel et bien sont intéressants, donc on saura se consoler. Le premier arc, Ougi Formula, est en fait dédié à Arararararagi et à ses mémoires. C’est le fameux épisode de 50 minutes, très bien réalisé et vraiment intéressant, mais malheureusement handicapé par Ougi, comme je l’expliquais plus tôt. Les deux suivants, Sodachi Riddle et Sodachi Lost, sont consacrés à un personnage que l’on découvre dans le précédent arc, et servent à étudier cette fille qui ne sera finalement que peu présente en personne, étant plutôt présentée comme un sujet d’étude que les personnages continueront à disséquer, ou même comme une victime, bien qu’il me semble que l’anime nie vouloir faire ça à un moment (les fans me corrigeront, j’en suis certain). Dans le premier de ces arcs, on voit à peine Sodachi, et une fois de plus c’est Ougi qui continue à pousser Araragi à réfléchir tout en imposant son rythme et son style à la narration. Dans le second arc, on retrouve l’amie des enfants, Hanekawa, qui reprend de force les commandes à Ougi, et permet à l’homme à l’ahoge de retrouver son rythme de pensée habituel. On aura enfin le droit à un épisode dédié à une discussion avec Sodachi, très intéressant et sublimé par le talent d’acteur de Marina Inoue, qui est très bien arrivée à capturer le personnage. L’arc atteint sa conclusion à travers une autre très bonne scène, et on arrive enfin au dernier arc de la saison, qui en occupe d’ailleurs la moitié.

Cet arc, c’est Shinobu Mail, et je vous laisse en deviner le thème. Comparé à Sodachi Lost, je n’ai en fait pas grand-chose à en dire, sinon qu’il m’a fait très plaisir en me permettant de retrouver la douce voix de Maaya Sakamoto, sublimée par le dialecte daté qu’emploie la vampirette blonde au sang-froid. Ah, si, je dois aussi dire que le monologue de Gaen dans la seconde partie du neuvième épisode est très bon. À part ça, je pourrai aussi attaquer Owarimonogatari sur sa technique (j’ai en tête l’épisode de Sodachi où le même plan fixe vraiment pas beau revient avec une fréquence que je pense que la licence artistique ne justifie pas), mais ce n’est pas comme si elle avait quoi que ce soit de scandaleux, ou même d’étonnant. Au final, Owarimonogatari n’est clairement pas une mauvaise saison de Monogatari (hey, c’est tout de même le numéro 4 de ce bilan, le respect n’est pas perdu), mais elle est pour moi une saison qui se coltine un certain nombre de défauts et n’arrive pas à nous offrir suffisamment de grands moments pour s’en excuser. Je la conseille bien entendu sans problème à tous les fans, qui l’auront de toute façon regardée sans me demander mon avis, qui auront eu bien raison, et qui l’auront sans doute appréciée au moins autant que moi. Quant aux non-fans, je leur conseille de commencer par Bakemonogatari si ils désirent s’intéresser à la série. Donc à quoi bon cette longue analyse qui ne servira à personne, quand j’ai encore 19 séries à décortiquer ? Euh…

#5: Osomatsu-san

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Pierrot | 24 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Spin-off original

Probablement une grosse surprise pour beaucoup, la meilleure comédie de la saison était sans trop de débats Osomatsu-san, une nouvelle série issue d’une licence qui nous vient de loin. Pour être plus précis, c’est un spin-off inédit, voire une suite, à Osomatsu-kun, un manga comique de 1962, dessiné par Fujio Akatsuka, qui est au manga tout ce que Kad Merad n’est pas au cinéma français : un monument de l’humour. Malheureusement les œuvres du bonhomme n’ont jamais été traduites, pas même un peu, pour le public anglophone, et je ne sais pas ce qu’il en est des francophones, mais le fait est que je n’ai jamais lu la moindre de ses œuvres, ce qui me chagrine (heureusement, avec le succès que rencontre Osomatsu-san, on peut s’attendre à ce qu’on trouve certaines de ses œuvres traduites un jour proche).

Ce nouveau projet, Osomatsu-san, a été conçu pour célébrer le 80ème anniversaire du mangaka. Toutefois, avec ce dernier mort et enterré, et qui plus est avec les as du studio Pierrot aux commandes, il était difficile de savoir ce qu’il en serait de cette nouvelle série. Coup de bol, c’est une grande réussite. Osomatsu-san est un grand pot-pourri humoristique qui saute sans trop de respect pour la cohérence de sketch en sketch et enchaîne, pour faire une liste non-exhaustive de ce qu’on peut y trouver, les coups de pute entre frères, les blagues méta, les blagues de cul et les références en cascade. Pour résumer le scénario, Osomatsu-san retrouve les mêmes personnages que l’on pouvait trouver dans Osomatsu-kun, mais une dizaine d’années plus tard. Les sextuplés, dont leur aîné Osomatsu, sont au chômage et vivent au jour le jour au crochet de leur parents, enchaînant les petites arnaques, les journées au pachinko et les crimes contre la pudeur. Ils sont accompagnés par tout un cirque de personnages difformes et marrants, dont celui qui était un véritable phénomène au Japon à l’époque et qui est mon favori aujourd’hui, Iyami l’arnaqueur faussement français aux dents longues.

Dès le premier épisode, la série annonce le ton et manque de respect envers à peu près tout, incluant la série qui l’a enfantée et un nombre faramineux d’anime actuels. Malgré le fait qu’il se soit fait retirer ses épisodes de la diffusion les uns après les autres, Osomatsu-san a continué à n’en avoir rien à battre, et c’est honnêtement un plaisir à regarder. Qui plus est, malgré la réputation de Pierrot, on ne peut pas vraiment reprocher quoi que ce soit à l’anime côté qualité d’animation, le genre aidant. L’anime se paye d’ailleurs une direction artistique remettant au goût du jour avec efficacité le style d’Akatsuka. Pas non plus incapable de nous offrir un rare moment d’émotion, Osomatsu-san est donc une excellente série, à laquelle je reprocherai seulement son douzième épisode, un épisode récap concluant ce premier cour sur un aveu de faiblesse du studio Pierrot. C’est pas grave, tout est pardonné.

#6: Sakurako-san no Ashimoto ni wa Shitai ga Umatteiru

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TROYCA | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Pour le résumer en quelques mots : « Bones: The Animation ». En effet, Sakurako-san no Ashimoto ni wa Shitai ga Umatteiru (signifiant « Un corps est enterré sous les pieds de mademoiselle Sakurako ») nous fait suivre un lycéen qui, lui-même, suit une jeune scientifique excentrique du nom de Sakurako Kujou. Vous l’aurez compris, celle-ci est ostéologue (spécialiste des os), et passionnée, car l’un n’empêche pas l’autre. Qui plus est, elle est atteinte du syndrome Agatha Christie : partout où elle va, elle tombe sur un cadavre ou sur une affaire louche. C’est donc une série d’enquête, où l’on suivra différentes affaires où les os sont, à chaque fois, un facteur important. Si elle souffre de quelques petites habitudes pénibles (dont, en premier sur le banc des accusés, le rituel qu’exécute Sakurako avant de résoudre chaque affaire, réutilisant à chaque fois le même petit sakuga avec plein de squelettes d’animaux en 3D), c’est donc une série d’intrigue assez bien conçue et agréable à suivre, où l’on étudie des situations variées.

Rappelant parfois un Hyouka moins inspiré, Sakurako-san a le mérite d’avoir une portée assez universelle, puisque bien que le protagoniste soit un lycéen, la série ne nous montre que rarement la vie au bahut. Pour ceux qui ne peuvent pas vivre sans un fil conducteur, la série en présente un, pas forcément très subtil, représenté par un certain symbole qui sera expliqué dans les derniers épisodes, et menant à un cerveau, un grand criminel que l’on voit peu mais qui a l’extrême bon goût d’être doublé par Koyasu (<3). Enfin, il est à noter que la série est vraiment jolie, profitant notamment d’un gros travail sur les décors, qui rendent souvent méchamment bien. Le dernier épisode est pour moi une maladresse, une invitation moins que subtile et pas forcément bien amenée à lire le light novel pour connaître la suite, et ne parvient pas forcément à nous en donner envie, faute de nous montrer assez ce fameux grand méchant. En somme, Sakurako-san est un anime intéressant, intégrant des thématiques et des éléments plus communs aux séries d’enquête occidentales qu’aux anime d’intrigue que l’on connaît tous (et je ne veux pas juste dire qu’il n’y a pas de nœud-papillon modificateur de voix et de chaussures de sports à protons). Ah, et non, ce n’est pas une adaptation de Bones, c’était une blague. Raaah… ‘cule un mouton, voyez… Alain de Greef, victime de 2015, celle-là elle était pour toi.

#7: Subete ga F ni Naru: The Perfect Insider

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A-1 Pictures | 11 épisodes de 24 minutes | Roman

Adapté d’un roman à succès de 1996 écrit par Hiroshi Mori, diffusé dans la tranche horaire du noitaminA et profitant d’un character design signé Inio Asano, Subete ga F ni Naru était la source de pas mal de hype parmi les « connaisseurs », cette saison. Toutefois, et n’étant pas un crack en enquêtes je suis peut-être passé à côté de quelque chose, c’était pour moi une petite déception. Mais avant tout, parlons de l’histoire. The Perfect Insider nous propose comme personnages principaux le professeur Souhei Saikawa et son assistante, Moe Nishinosono. Celle-ci éprouve pour celui-ci une affection qui déborde sans peine du cadre professionnel, mais celui-ci est un pur cerveau, et s’intéresse en particulier aux théories d’une scientifique de génie, la jeune professeur Shiki Magata. Quand se présente l’occasion de visiter l’île par ailleurs déserte où se trouve le laboratoire où celle-ci vit isolée, Saikawa saute sur l’occasion. Malheureusement, à la fin du second épisode, un problème se pose : en ouvrant la porte de la chambre où vivait depuis quinze ans la demoiselle, ils découvrent la dépouille de cette dernière, pourvue d’une robe de mariée mais dépourvue de membres. Oups.

Or, je pense que le problème a déjà été évoqué : l’affaire ne commence vraiment qu’au troisième épisode, sur onze. Subete ga F ni Naru souffre en effet d’un rythme placé sous respirateur. Les évènements sont épars et, entre, on a le droit à de longues discussions permettant d’étoffer les personnages ou d’apprendre plus en profondeur le fonctionnement du laboratoire, pour le bien de l’enquête. Malheureusement, si l’œuvre assure plutôt sur le fond, la forme ne suit pas du tout. Sans parler de l’animation elle-même, je mettrais plutôt en cause la réalisation. Shinbou et son travail sur la saga Monogatari nous l’auront appris : les longues discussions plus ou moins philosophiques c’est bien, mais quand c’est bien mis en scène c’est mieux. En l’occurrence, la réalisation de Subete ga F ni Naru manque du génie qui aurait su nous permettre de profiter à fond, eh bien, du fond, justement. Autre exemple de manque d’équilibre entre le fond et la forme, on a le droit, au septième épisode, à une discussion d’une bonne demi-douzaine de minutes intégralement en anglais. Or, l’anglais employé est irréprochable, et les doubleurs s’appliquent clairement, au point d’avoir un accent tout à fait acceptable, mais en contrepartie, je me suis senti partir pendant cette discussion proprement interminable, à peine mise en scène et dans un anglais qui, s’il est respectable pour des doubleurs japonais, reste désagréable à l’oreille. Pour moi, ce problème d’adéquation entre le fond et la forme est la principale faiblesse de l’anime.

Mais ce n’est pas la seule, car le fond lui-même n’est pas sans reproches. Déjà, je suis un peu fâché par rapport à un point précis du scénario, que je tenterai de ne pas spoiler mais si un peu quand même. L’intrigue se présente en partie comme une énigme en chambre close, toutefois peu avant d’arriver à sa conclusion, le protagoniste principal fait « Ah merde, j’ai déconné » et révèle qu’il s’était gouré, et que la chambre close ne l’était pas tant que ça. Cette révélation s’axe sur un élément de l’affaire que le spectateur n’est pas en mesure d’étudier par lui-même et qui ne lui est présenté qu’assez rapidement pour dire « non mais ok, c’est sûr qu’il n’y a pas de problème de ce côté-là ». C’est pour moi impardonnable de la part d’une œuvre qui se présente clairement comme un whodunnit, en poussant de façon directe le spectateur dans les chaussures de Nishinosono qui est pareille au spectateur, en attente des conclusions du professeur mais aussi elle-même à la recherche de la vérité. Aussi, The Perfect Insider passe un certain temps à briser des tabous et à exposer le spectateur aux valeurs anticonformistes de Shiki, avec lesquelles le protagoniste sympathise, ce qui, bien qu’intéressant, ne parvient pas à suffire à justifier l’un des incidents survenus (désolé ne pas vouloir en dire plus, de peur de spoiler).

Vous allez me dire, ça fait beaucoup de défauts pour un anime que je place septième cette saison. Certes, mais Subete ga F ni Naru a le bon goût d’oser sur beaucoup de plans, de briser des tabous et de lancer des sujets de réflexion, nous amenant à repenser des concepts fondamentaux. Ce n’est pas, une fois de plus, sans maladresse, et ça a parfois des allures de sermon, mais c’est quelque chose que j’apprécie. J’ai dit que The Perfect Insider n’avait pas le génie de mise en scène d’un Monogatari, mais l’anime n’est pas dépourvu de belles scènes, notamment dans les deux derniers épisodes. Et puis, complètement hors-sujet, mais cet opening quoi, il est merveilleux. En somme, c’est, pour moi, une curiosité, loin d’être parfaite mais pleine d’intelligence.

#8: Gochuumon wa Usagi Desu ka??

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White Fox & Kinema Citrus | 12 épisodes de 24 minutes | Manga (4-koma)

Si le café est un excitant populaire, GochiUsa est sans conteste un calmant d’une grande efficacité. Cette seconde saison nous permet de continuer à suivre la vie quotidienne de Chino, Cocoa, Rize et les autres, dans le café où elles travaillent et à travers les rues de leur village typique européen situé Dieu seul sait où. C’est un anime slice of life typique et très efficace, drôle et mignon, illustrant à merveille le bon vieux concept de cute girls doing cute things. Plus comique qu’un Non Non Biyori mais plus slice of life qu’un Yuru Yuri, pour citer d’autres anime similaires qui ont eu une nouvelle saison récemment, je dirais que GochiUsa a su trouver le bon équilibre, et a en plus le mérite d’être très joli. C’est une seconde saison dans la droite lignée de la première, donc si vous avez aimé celle-ci, il n’y a aucune raison pour que vous n’aimiez pas cette suite. Ah, et n’oubliez pas de vérifier votre taux de sucre (et qu’il n’y ait pas d’officier de police en train de mater par-dessus votre épaule) avant de regarder l’ending, ça peut sauver votre vie.

#9: Diamond no Ace: Second Season

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Production I.G & Madhouse | Beaucoup d’épisodes de 24 minutes (troisième cour) | Manga

Le gars sûr de vos débuts de semaine depuis déjà plus de deux ans, Diamond no Ace est toujours cette série de baseball au long cours de très bonne facture que je vous recommande si vous aimez les shonen sportifs. J’en ai déjà parlé dans les bilans précédents donc retournez les lire si vous voulez en savoir plus sur la série. Dans ce cour on retrouve pas mal de têtes connues, et quelques nouveaux pas forcément très intéressants mais plutôt fun, et les matches s’enchaînent avec un bon rythme, donc je n’ai rien à redire, sauf sur l’ending, que je kiffe pas. Mangez-en.

#10: Concrete Revolutio: Choujin Gensou

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Bones | 13 épisodes de 24 minutes | Original

Si l’on devait faire un diagramme pour illustrer mon appréciation de Concrete Revolutio, ce serait une cuvette. Le premier épisode mène le spectateur en bateau pendant un bon bout de temps, l’amenant à se demander ce qu’il est en train de regarder. Un anime de magical girl ? Un tokusatsu ? Un shonen un peu sombre présentant dans le désordre des évènements répartis sur une longue période ? Rien de tout ça et un peu de tout ça en même temps. Concrete Revolutio nous fait suivre Jiro, un membre du bureau de défense des surhumains, et Kikko, une magical girl, qui se retrouve à rejoindre cette fameuse agence. Chaque épisode présente une affaire différente que rencontre cette agence gouvernementale, et ses causes et conséquences à réparties à travers le temps, plusieurs années avant ou après l’action présente. L’une des principales différences entre le présent et le futur (si ces termes s’appliquent ici, ce dont je ne suis pas sûr), et c’est aussi l’énigme principale de cette première saison, c’est que dans le futur, Jiro est devenu l’ennemi de cette agence.

Le problème, c’est que l’anime prend un malin plaisir à sauter d’une période à une autre en ne nous offrant en guise d’exposition qu’une rapide slide Powerpoint nous disant dans quelle année on est, parfois pour des scènes très courtes, qui fait qu’il n’est pas toujours facile de comprendre où et quand on est. Qui plus est, il introduit aussi une quantité de personnages qu’il ne prendra jamais le temps de présenter proprement, et quantité d’institutions, d’agences et de factions dont il ne prendra pas le temps de détailler l’importance, le rôle et l’allégeance. À partir de là, trois camps de spectateurs se sont formés : primo, ceux qui ont deux tableaux Veleda dans leur chambre et le temps de noter tous les évènements sur une timeline et de faire un graphique des relations entre les personnages ; deuzio, ceux qui ne suivent pas tout et se sentent largués ; tertio, ceux qui ne suivent pas tout mais apprécient chaque épisode pour ses qualités propres. Personnellement, n’ayant qu’un seul tableau Veleda dans ma chambre, j’étais plutôt du deuxième camp, puis j’ai vu quelqu’un (je dénonce, c’était RdNetwork) faire la réflexion que ce n’était pas franchement différent des univers de Ryougo Narita, et c’est vrai qu’il y a de cela, mais je ne suis pas complètement d’accord. Je n’ai pas encore lu/vu Baccano!, mais il y a quelque chose que l’auteur fait dans Durarara!! qui n’est pas fait dans Concrete Revolutio, c’est tout bêtement de consacrer du temps à présenter en détails chaque personnage, et pas juste d’en parler une minute comme ça avant de passer à autre chose. Bien entendu, Concrete Revolutio étant une production originale, elle n’a pas forcément le loisir d’offrir un épisode à chaque personnage, et c’est compréhensible, bien que dommageable.

Qui plus est, ça ne m’empêchait pas d’apprécier les qualités des épisodes et leurs petites plotlines sympa. De plus, Concrete Revolutio se permet de nous offrir de beaux sakuga, dont un qui restera une de mes scènes préférées de l’année, le combat entre Jiro et l’inspecteur Sakuga (c’est pas son nom mais à chaque fois qu’il se met en action les animateurs passent en mode Fury donc…), un combat superbe bien qu’avorté par l’arrivée du générique de fin, nous offrant une rare raison de le détester, alors qu’il est par ailleurs génial (le générique de fin). Ainsi, si on le regarde dans sa globalité, Concrete Revolutio est énervant à cause de cette narration frustrante, mais chaque épisode est franchement plaisant, et c’est après tout tout ce qui compte. En espérant que la seconde saison arrivera à proposer une narration un peu plus claire en plus de continuer à proposer des épisodes aussi cool (et on peut y compter, vu qu’il semblerait qu’Urobuchi aura son épisode pour cette seconde saison, Bones a mis les moyens).

#11: Teekyuu 6

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Millepensee | 12 épisodes de 2 minutes | Manga

Voici un sixième cour pour l’anime de tennis qui parle de tout, sauf de tennis. Ce n’est donc pas un cour de tennis. Roulement de tambour, coup de cymbale.

En effet, quoi de mieux qu’un calembour absolument lamentable pour décrire cette série composée d’épisodes qui condensent chacun en l’espace d’une minute et demie plus de blagues que l’intégralité de la dernière saison de Yuru Yuri (oups, aurais-je spoilé ?). Ainsi, si toutes les blagues ne sont pas forcément drôles, elles nous arrivent à un rythme si effréné qu’on n’a pas forcément le temps de réfléchir à la qualité de la vanne avant de passer à la suivante. Du coup je vous rassure : oui, les blagues sont bien. Teekyuu nous offre donc une nouvelle saison à la hauteur des précédentes (sauf pour l’opening, qui n’arrivera pas à égaler l’excellent générique du cinquième cour), avec son animation approximative, son n’importe quoi constant et ses seiyuu sous crack. Ça va à toute vitesse, ça prend peu de temps à regarder, bref, c’est une recommandation sans risques pour moi.

#12: Yuru Yuri San☆Hai!

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TYO Animations | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Yuru Yuri revient, et comme je l’ai déjà laissé entendre, cette dernière saison n’est pas franchement au niveau des deux premières. Le problème est, à mon sens, le même que pour Working!!! (cf. le bilan de la saison dernière), c’est-à-dire que l’humour a perdu du terrain face à l’aspect slice of life de l’anime. Or, si Working!!! justifiait ça en faisant véritablement progresser les relations entre les personnages, Yuru Yuri n’a pas cette excuse (enfin, un tout petit peu, mais rien n’avance de façon significative). Du coup, on se retrouve avec un Yuru Yuri moins drôle qu’à son habitude mais qui n’y gagne pas grand-chose sur un quelconque autre plan. C’est bien entendu une déception, surtout que les deux premières saisons étaient vraiment très drôles. Cela dit, si vous aimez le slice-of-life, une fois passé cette déception initiale, vous y trouverez sans peine votre compte. Qui plus est, une autre chose que l’on peut remarquer est que la palette de couleur de la série a changé pour quelque chose de plus pâle et de moins plaisant à l’œil. Tous ces changements sont notamment dus à un changement complet du staff derrière l’anime (ce n’est plus le même studio, c’est celui qui avait fait le double OVA Nachuyachumi!, qui n’était pas top non plus). Bref, une semi-déception, mais c’est tout de même un bon moment à passer.

#13: Aquarion Logos

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Satelight | 26 épisodes de 24 minutes (second cour) | Original

Wowowo Aquarion Logos se retrouve à la moitié du classement ? Que s’est-il passé ? Est-ce que le second cour rattrape toutes les erreurs du passé, est-ce que les mechas ressemblent enfin à quelque chose, est-ce que les personnages sont enfin supportables, est-ce que les animateurs se sont réveillés, est-ce que Yoko Kanno est revenue à la compo ? Non non et encore non, désolé mais non. Aquarion Logos est un anime que je qualifierai sans peine de nul. Je viens de citer indirectement ses défauts principaux, et ce sont loin d’être les seuls. Pour rappel, on y suit les aventures des employés d’un café qui est en fait une agence gouvernementale qui envoie des mechas informes dans un espace virtuel pour tabasser des kanji qui risquent de détruire le monde. Toutefois, au bout d’un moment, j’ai commencé à développer une étrange affection pour cet anime de mecha résolument mauvais.

Eh oui mesdames et messieurs, Aquarion Logos a pour moi sans peine rejoint la grande bande joviale de ces navets qu’on se plait à détester, et dont on finit par aimer les quelques qualités bien plus qu’elles ne le méritent. J’aime le personnage principal, Akira, complètement débile et monomaniaque du début à la fin, qui n’a aucune autre motivation que d’être un sauveur et qui répète sa catchphrase à quiconque s’adresse à lui dans l’interrogative. J’aime les discours mal branlés de l’étudiant de science po, j’aime les amourettes expédiées en deux épisodes des personnages principaux, j’aime le fait que le pire personnage soit mort, j’aime le fait que le personnage du rival aie fait un 540° dans sa tête et soit devenu méga-badass sans raison, j’aime le fait que personne n’en ait rien à battre de la trame principale et que les personnages censés se battre pour l’héroïne demandent à cette dernière d’aller voir ailleurs si ils y sont pendant qu’ils se battent. C’est tellement nul que j’aime, et je suis à peine désolé. Je suis carrément désolé pour les animes qui vont se retrouver à passer après, par contre, mais bon, ils avaient qu’à être meilleurs. ;^)

#14: K: Return of Kings

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GoHands | 13 épisodes de 24 minutes | Original

Oh oui, voici venu le retour de K, cette courte saga shonen qui se cache à peine de vouloir aller piocher la petite monnaie dans la poche des fujoshi. Comme dans la saison et le film qui ont précédé, on se retrouve avec un scénario plutôt convenu, avec une animation et des décors très jolis gâchés par un surabus de filtres et d’effets numériques à ça d’être vomitifs, et des scènes entières qui se retrouvent réutilisées avec une fréquence déstabilisante. Si vous avez vu la première saison (le film était un peu mieux fini), vous savez à quoi vous attendre. Pour les autres, un résumé s’impose.

Il y a au Japon un artefact qui donne des pouvoirs supernaturels à sept bishounen, que l’on appelle des rois. Chaque roi a un clan composé de membres auxquels il confère une partie de ses pouvoirs. L’identité du personnage principal, Yashiro, est au centre du scénar de la première saison. La seconde saison, elle, se consacre à un roi dont on n’a entendu parler que dans le film (qui est utile, sinon nécessaire, à la compréhension du scénar de cette nouvelle saison). Ce roi est le roi vert, Hisui Nagare, qui partage son pouvoir avec pleeeein de gens hors de son clan grâce à un réseau social dédié. Son but ultime est de permettre à tout le monde d’obtenir le pouvoir d’un roi, pour que chacun soit maître de sa destinée. Le parallèle avec le débat sur la possession des armes à feu aux États-Unis est facile à faire, mais malheureusement, et sans grande surprise, K n’en fait rien. Qui plus est, il se paye un casting qui m’a rendu assez chaud (parmi les nouveaux méchants, un quarantenaire doublé par Ootsuka et un trap prépubère joué par miss Kugimiya, autant dire que j’étais comme la braise) mais finalement le trap ne sert pas à grand-chose, et le vieux est traité un peu comme de la merde par les protagonistes, donc au final tout ce que ça a fait c’est de me gratifier d’une dose respectable de seum. Autre détail rigolo, ils ont réutilisé un seiyuu de la saison 1 pour un personnage complètement différent, et par ailleurs finalement inutile.

Pour continuer dans les commentaires utiles, je tiens à souligner à nouveau l’orientation marketing claire de la série, qui est faite pour les fujoshi (les amatrices de manga/anime avec des garçons amateurs de garçons), donc attendez-vous à un casting quasi-exclusivement masculin et à de vagues sous-entendus gay. Perso ça ne me déplait pas mais le problème, c’est plutôt ce que l’anime fait pour compenser et tenter de faire du pied aux garçons, c’est-à-dire les deux principaux personnages féminins : une fille-chat qui était pratiquement toujours à poil dans la première saison (là ils se sont calmés), et Seri, la lieutenante des Bleus, toujours avec ses seins dépourvus de logique et sa robe raz-la-teuch. Je suis plutôt client de toutes les formes de fanservice (et conscient de l’être, déso pas déso), mais si vous n’êtes pas si tolérant, pensez à vous abstenir. Dédicace à la scène de combat des Bleus contre les Rouges dans le premier épisode, j’ai cru voir un épisode de Manyuu Hikenchou. Bref, K: Return of Kings est malgré tout un shonen plaisant, mais handicapé par quantité de boulets qu’il se traine depuis la première saison, donc prenez garde.

#15: Heavy Object

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J.C.Staff | 24 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Light novel

Je m’attendais à du lourd, je n’ai eu qu’une déception. Heavy Object est une nouvelle adaptation par J.C.Staff d’un light novel du label Dengeki Bunko, ce qui fait tout de suite penser à la saga Toaru Raildex, à Toradora!, Shakugan no Shana et Sakurasou no Pet na Kanojo, entre autres réjouissances, donc forcément je m’attendais à un bon truc. Le scénario est relativement simple, mais le concept semble accrocheur : le monde de Heavy Object est divisé en nations que l’anime ne s’attarde pas à nous présenter plus que nécessaire. Dans ce monde, la guerre n’existe plus vraiment depuis la création des Objects, des armes de destruction massive pareilles à de véritables Metal Gears. Face à la puissance de ces armes, les armées n’ont plus aucune utilité, donc les « guerres » se résument simplement à des duels entre Objects, et quand votre Object perd, vous pouvez considérer que vous avez perdu et dresser le drapeau blanc, la règle non-écrite voulant que les perdants ne soient pas mis en danger, tuer les soldats ne présentant pas d’intérêt pour le vainqueur. Qwenthur Barbotage et Havia Winchell sont des recrues comme n’importe quelles autres recrues, jusqu’à ce que leur base soit attaquée et que l’Object de la base se fasse ruiner la tête, sa pilote se retrouvant portée disparue. Malheureusement, l’Object adverse décide de ne pas s’arrêter là et de raser la base. Qwenthur, inquiet au sujet de la jeune pilote de feu leur Object, décide de partir à sa recherche, et est suivi par son camarade. Après quelques péripéties, grâce à la puissance intellectuelle de Qwenthur, apprenti-mécano pour Objects, et aux cojones de Havia, ils parviennent à ruiner l’Object ennemi et à sauver la meuf, et tout est bien qui finit bien. Le truc c’est que le fait qu’un de ces Objects, que l’on croyait invincibles sans un autre Object en face, se soit fait défoncer par des jeunes recrues va faire grand bruit, et que la guerre, eh bien elle va changer, la guerre.

Voilà, ça c’est les premiers épisodes. En fait, l’anime est composé de plusieurs petits arcs où Qwenthur et Havia vont se retrouver parachutés sur un nouveau champ de bataille, vont galérer sur une nouvelle mission suicide, vont faire des fist bumps et triompher de l’Object ennemi d’une façon ou d’une autre. C’est un peu le mix impossible entre Shadow of the Colossus, Aldnoah.Zero et n’importe quel buddy movie hollywoodien. La crédibilité est aux abonnés absents, le background n’est pas développé, les pilotes ennemis ne sont jamais présentés, montrés ou même entendus, et je n’ai pas vu l’ombre d’un fil rouge pour relier tout ça. Qui plus est, le réalisateur a visiblement paumé le budget dans les toilettes du Sofmap local, puisqu’il faudra arriver à supporter l’incessante 3DCG cracra, les plans fixes en plein combat et autres détails cheap. Le truc vraiment plaisant, en fait, c’est la relation entre Qwenthur et Heavia, qui sont d’abord juste camarades de corvée, qui viennent de milieux opposés (même si ce n’est pas développé et que, honnêtement, ça ne se voit pas), et qui finissent par être de vrais potes qui se font confiance et qui vont détruire des armes de destruction massive le fusil sur l’épaule et la fleur à la bouche. Plus ça avance et plus ça sent le bidasse, avec les blagues grasses que ça implique. Pour résumer ça en une expression : cool guys doing cool things (feat. CG explosions). Et franchement, c’est assez plaisant à regarder si l’on est capable de baisser un peu ses standards et de laisser son cerveau de côté pendant une vingtaine de minutes par épisode. C’est pas top mais c’est rigolo, et puis, sait-on jamais, peut-être le second cour sera-t-il meilleur ?

#16: Ore ga Ojou-sama Gakkou ni ‘Shomin Sample’ Toshite Gets♥Sareta Ken

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Silver Link | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Est-ce que vous aimez les ojou-sama ? Mais si, vous savez, ces héritières ultra-riches qui terminent leurs phrases en « desu wa » et perdent de façon plus ou moins constante dans toutes ces comédies romantiques que vous aimez tant. Oui ? Alors ok, on va faire un anime avec QUE ça. Comme ça on en aura bien une qui gagnera, dans le tas.

Shomin Sample, donc, suit les aventures de Kimito Kagurazaka, un lycéen qui se retrouve engagé de force dans un lycée réservé à ces filles de quelqu’un, pour leur apprendre ce que c’est qu’un roturier. Par la suite surviendront comédie et romance, mais surtout de la comédie. Les personnages sont assez bof et l’animation est moyenne à son meilleur, mais il serait malhonnête de s’attendre à plus de la part d’un anime avec un concept pareil. Shomin Sample est surtout doué pour faire de l’humour gras (accompagné d’un peu d’ecchi pour faire bonne mesure), qui m’a arraché quelques rires, gras, eux aussi. Malheureusement, un bon paquet des vannes tombent à plat, et pas genre le petit plat en sautant du bord de la piscine, non, le plat du haut des falaises du Douvres, celui qui fait mal rien qu’à regarder et qui met mal à l’aise. J’accuse surtout la vanne du « Gets », qui est probablement la plus récurrente et qui m’a fait souffrir à chaque fois qu’elle est revenue. Je n’ai pas grand-chose d’autre à dire, l’humour étant assez subjectif il se peut que vous riiez de bon cœur tout du long, ou que ça vous laisse intégralement de marbre. Reste qu’entre malaise et rire gras, j’y ai plus ou moins trouvé mon compte.

#17: Miss Monochrome: The Animation 3

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Sanzigen & Liden Films | 13 épisodes de 7 minutes | Original

Et c’est aussi pour ça que la troisième saison de Miss Monochrome, survenant directement après la seconde, se retrouve aussi bas dans le classement : je n’y ai pas trouvé mon compte. Plus les épisodes continuent et plus les blagues sont réutilisées et moins j’ai ri. La saison 2 avait encore de bons épisodes, mais là je me suis pas mal ennuyé la plupart du temps. On y suit toujours les aventures de l’idol androïde, cette fois-ci en pleine tournée à travers le Japon. Cela dit, j’ai quand même ri à quelques blagues donc tout n’est pas perdu, et une fois de plus l’humour est une chose fort subjective, donc je ne serais pas étonné de trouver des gens qui sont toujours aussi fans qu’ils ont pu l’être lors de la diffusion de la première saison.

#18: Taimadou Gakuen 35 Shiken Shoutai

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Silver Link | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Voilà une petite déception qui vient peut-être de mes attentes un peu déplacées par rapport à la réalité. Taimadou se présente comme une série suivant une équipe d’inquisiteurs en apprentissage, qui vont combattre les sorcières et autres revendeurs de produits magiques à l’aide d’armes conventionnelles. Je me voyais déjà avec un truc un peu à la Gate, substituant des magiciens aux créatures fantastiques de l’autre côté du portail dimensionnel. Malheureusement, il n’en est rien puisque après quelques épisodes, il est décidé que le héros est l’élu et qu’il va porter une armure magique en 3DCG bof. À partir de là, on a le droit à un développement scénaristique typique d’une light novel de fantasy, qui va dédier un court arc à chaque membre du bataillon du héros, pour lui permettre de résoudre leurs soucis les unes après les autres (oui parce que tous les autres membres du bataillon sont des meufs). C’est assez cliché de part en part, les combats en 3DCG n’aident pas et on en ressort ni surpris ni ému. Tout de même un bon divertissement si vous n’avez vraiment pas grand-chose à foutre de votre vie, un peu comme moi.

#19: Gakusen Toshi Asterisk

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A-1 Pictures | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Encore une autre adaptation d’une light novel de fantasy. Gakusen nous offre une ville remplie d’académies de magie qui s’affrontent régulièrement, et un personnage principal qui s’inscrit dans l’une de celles-ci pour retrouver sa sœur portée disparue. S’ensuivent des duels mêlant magie et coups d’arme blanche avec un personnage principal super balaise, et tout est dit. Par rapport à Taimadou, Gakusen propose moins de CG, mais aussi bien plus de clichés et un moins bon rythme. Une fois de plus, un anime à ranger dans le genre des trucs à voir si l’on a du temps à perdre, pour reposer son cerveau.

#20: Kagewani

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Tomovies | 13 épisodes de 7 minutes | Original

Voilà une curiosité. Cet anime court nous offre une série d’histoires d’horreur où des jeunes vont se retrouver mis en danger par des créatures surnaturelles, et vont des fois s’en sortir, des fois pas. Le truc, c’est qu’à peu près tout ce qui est utilisé dans l’animation de l’anime est tracé à partir de sujets réels (et une partie des décors sont tout bonnement des extraits de photos, clairement). Je ne sais pas quel est l’effet voulu, mais au final j’ai trouvé ça plutôt rigolo, et je suis plutôt sûr que ça n’était PAS l’effet voulu. Seulement voilà, à force de voir des personnages animés de façon primaire se faire bouffer par des créatures issues tous droit de vos pires cours d’arts plastiques (quoique, les monstres sont plutôt les trucs les mieux faits de l’anime, on n’a pas envie de les croiser dans la rue), on finit plutôt par ricaner que par avoir peur. On ne rit pas franchement non plus, Kagewani donne juste l’impression d’être une expérience, ratée mais pas inintéressante. Qui plus est, chaque conclusion d’épisode est accompagnée par un riff de gratte bien sale et extrêmement plaisant, et ça j’aime.

#21: Komori-san wa Kotowarenai!

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Artland | 12 épisodes de 2 minutes | Manga (4-koma)

J’ai déjà parlé de cette adaptation assez dommageable de 4-koma, donc référez-vous à l’article concerné pour plus de détails. J’ai tout de même trouvé quelqu’un pour le placer, apparemment sans troller, parmi ses cinq anime préférés de la saison, donc bon, hein, pas de moqueries.

#22: Anitore! EX

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Rising Force | 12 épisodes de 4 minutes | Original

Lors du dernier bilan j’avais parlé de Makura no Danshi, et on va continuer dans la lignée des anime courts reposant sur le roleplay, puisque Anitore! EX, lui aussi, cherche à impliquer le spectateur. On y suit plusieurs jeunes idols stéréotypées faisant des étirements et d’autres petits exercices physiques. Les bonnes façons de faire et les effets des différentes manœuvres présentées sont expliqués, ce qui donne un petit fond théorique agréable. Ensuite, l’anime cherche à nous pousser à faire les exercices en même temps qu’il les montre, en faisant les répétitions lentement, en affichant un compteur, et en nous encourageant avec les petites voix suraiguës des idols. Seulement voilà, moi je regarde mes anime avec un casque sur la tête, et le fil de ce casque n’est pas étirable à l’infini, donc je me suis retrouvé dans l’incapacité de faire les exercices. C’est pas du tout parce que je suis une grosse larve non non non holala qu’allez-vous penser ? Si on met de côté cet aspect roleplay et bon pour le corps, c’est un anime court avec des personnages clichés à en pleurer qui ne présente que peu d’intérêt, et je ne suis pas convaincu que faire les vingt répétitions que propose de faire chaque épisode aie le moindre intérêt si ce n’est pas accompagné d’un réajustement de son style de vie et de tout ce blabla de coach dont l’anime manque un peu. C’est juste des étirements, faites-en ce que vous voulez. Peut-être que vous pouvez partir de là pour devenir une idol ?

#23: Shingeki! Kyojin Chuugakkou

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Production I.G | 12 épisodes de 17 minutes | Manga

Et il me revient enfin l’honneur de remettre le bonnet d’âne de la saison, et celui-ci revient à ce spin-off de Shingeki no Kyojin qui est absolument dépourvu d’intérêt. Le concept est simple : on va dire qu’en fait tous les personnages sont au lycée, et que les titans c’est des délinquants qui font chier les personnages. Et le seul type d’humour que Kyojin Chuugakkou semble connaître, c’est l’humour autoréférentiel. Vous allez donc avoir affaire à des situations clichées lycéennes dans lesquelles seront insérées à la truelle des réinterprétations de scènes connues de Shingeki no Kyojin. Ça n’a tout bonnement aucun intérêt à moins que vous soyez un inconditionnel de SnK qui aie développé une immunité à la lassitude que cause le fait de revoir ces scènes dans tous les gifs du monde. C’est dénué de toute originalité et de toute imagination, et je ne pense même pas être en mesure de le recommander aux fans de la première heure de SnK. Passez votre chemin, continuez à lire le manga (qui a fini par retrouver un semblant de trame intéressante), ou attendez la saison 2 comme tout le monde, le choix est à vous.

 

Voilà qui conclut ce bilan, qui est bien entendu loin d’être exhaustif (où est Gundam IBO, où est Lupin III, où est Valyrie Drive ?). Puisque l’on se rapproche dangereusement de la zone de commentaires, je tiens à vous rappeler que la position que j’ai donné à chacune de ces séries dans la liste n’est représentative que de ma propre appréciation, complètement subjective, de chacun de ces anime. Vous pourriez donc voir un anime ayant une position plus haute mais une critique plus sévère qu’un autre situé plus bas, et ce serait normal (même si j’essaye d’éviter, ou au moins de justifier ça). L’important est plutôt dans les critiques que j’ai fait de chaque anime. Et si vous pensez que j’ai dit de la merde, libre à vous de m’en faire part ci-dessous.

Autre chose à noter avant de partir : l’article de la semaine prochaine sera probablement une légère réécriture, ou un remaster si vous préférez, d’une courte critique d’Ajin que j’avais posté il y a quelques mois sur le forum de NintenDomaine. Je profiterai du temps économisé à l’écriture pour tenter de mettre enfin en place le format pseudo-transmédia et vaguement novateur que j’ai en tête depuis un certain temps, qui ferait rougir d’envie même les vétérans du transmédia, genre les développeurs de Defiance ou encore Concombre (et justement je vous invite à jeter un œil à son propre projet, qui est sur la dernière ligne droite de son financement). Peut-être que si vous revenez dans quelques jours sur cette page il y aura une autre version de cette article, plus accessible que ce mur de texte, et avec peut-être un peu de contenu bonus ? Ou peut-être qu’il n’y aura rien, qui sait.

EDIT (05/01/16) : Bon, finalement je baisse les bras temporairement sur cette idée, celle-ci prenant trop de temps à faire bien (et je voudrais pas sortir un truc fini avec les pieds). Je reviendrai sans doute à l’assaut de ce genre de choses (c’est-à-dire les contenus audio) un jour, mais en l’occurrence il est temps pour moi de retourner à la planche à dessins, et de tenter de continuer à produire des posts de qualité avec régularité.

Dans tous les cas, bonne année à tous, et à la prochaine.

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