Murciélago – Déflorations et défenestrations

Après avoir parlé en long et en large dans des articles dédiés de mangasses et d’anime profonds et pleins d’intelligence, j’aimerais prendre le temps de rabaisser le niveau, et d’aller dans le plus bête et le bien plus méchant. En effet, aujourd’hui nous allons parler rapidement de Murciélago, un seinen bourré de chromosomes X et de violence.

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Petite précision avant de continuer : si vous êtes facilement impressionnable ou que vous aimez pas quand y’a de la tripe sur les murs, il serait peut-être temps de fermer cet onglet (ou de virer les images d’une façon ou d’une autre).

Le tour du propriétaire est rapide à faire : l’auteur, Kana Yoshimura, n’a pas fait grand-chose d’autre qui aie été traduit, sinon un petit one-shot. En regardant sa timeline Twitter, j’ai pu confirmer que c’était un, ou une, fan hardcore de yuri, mais c’est un peu tout. Ah, et c’est publié dans le Young GanGan depuis 2013.

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Le scénar’ de départ est simple : dans une ville où le nombre de crimes violents est à un niveau alarmant, le gouvernement a soudainement une excellente idée :  » Eh les mecs, chez nous les flics ils sont pas super efficaces, alors si on embauchait chez les criminels ? ». Du coup ils cherchent dans leurs dossiers et là ils trouvent une criminelle sur le point d’être exécutée pour s’être rendue coupable de plus de 700 meurtres. Après quelques questions, ladite psychopathe se voit donc offrir une liberté conditionnelle et une assistante, avec pour boulot de neutraliser les criminels dangereux de la ville. Cette dame, elle s’appelle Kuroko Koumori, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle fait plutôt bien son job, le problème étant que l’idée de réduire le nombre de victimes lui est étrangère. Jusque-là, on est dans le classique, donc rajoutons un ingrédient dans la marmite : Kuroko est une lesbienne libidineuse et sans scrupules, couchant à gauche et à droite et jouant les Don Giovanni entre les fleurs de lys. Qui plus est, avec ses mimiques étranges soutenues par son physique longiligne et sa langue bifide, elle a tout du psychopathe charismatique et imprévisible qui donne de la saveur à toute œuvre dans laquelle il est présent.

Pour parler plus généralement de l’histoire du manga, on pourrait le résumer à une suite d’affaires que Kuroko va s’employer à résoudre dans le sang, en en profitant à chaque fois pour ajouter quelques meufs à sa collection. Tout ça se présente sous la forme d’une suite d’arcs scénaristiques d’une demi-douzaine de chapitres, d’un intérêt variable. Certains arcs se permettent de s’offrir des intrigues vraiment fraiches et/ou bien fichues (souvent soutenues par un méchant de qualité), tandis que d’autres sont distrayants, sans plus. J’ai particulièrement aimé l’arc du cinquième volume, 空と僕のあいだに (The Gap Between the Sky and I dans la scanlation anglaise), qui était très réussi, perturbant et en même temps un peu émouvant. Pour ceux qui aiment avoir un fil rouge clair, Murciélago n’est pas non plus un très bon choix, puisque si l’on aperçoit çà et là des débuts de fil rouge (notamment entre les arcs), en quarante chapitres l’auteur n’a pas su faire quoi que ce soit de ces différents indices et de ces éléments de foreshadowing, donc pour l’instant, il n’y a pas grand-chose à en dire. Autre défaut, comme je l’ai dit Kuroko aime bien s’entourer de filles, tant et si bien qu’on finit par avoir du mal à se souvenir de qui est qui, et à se perdre dans les jeunes filles aux ahoge excentriques.

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Du coup vous vous dites : pourquoi tu me parles de ce manga si l’histoire flotte entre le cool et le bof ? Parce que Murciélago a un point fort notable, qui est qu’il est très stylé. Comme le sait très bien le dénommé Kubo, quand on a pas de fond, autant y aller à donf sur la forme. Et si Murciélago n’est pas non plus dénué d’intérêt dans son fond, il est clair que ce n’est pas l’intérêt premier de l’auteur, qui s’est concentré plutôt sur la recherche du style. Car oui, Murciélago est un manga extrêmement stylé, dans sa mise en scène comme dans l’esthétique de sa violence. D’un criminel psychopathe à un autre, le mangasse plonge visuellement dans différents univers pour nous offrir l’essence de ces méchants. Et puis en parlant de psychopathes, comme je l’ai déjà dit, Kuroko est elle-même un beau cas, et combat le feu par le feu, ce qui donne lieu à des scènes assez mémorables. Qui plus est, pour les amateurs, le manga prend un malin plaisir à se jouer de temps à autres des codes du yuri (même si c’est un aspect finalement plutôt accessoire du manga, à mon avis). Le détail qui fait plaisir, c’est aussi que le mangaka joue avec les titres de ses chapitres, qu’il présente à chaque fois de façon très stylisée, souvent en le faisant apparaître dans les décors, mais aussi parfois avec des surprises.

Je crois avoir fait le tour de ce que j’avais à dire pour aujourd’hui. Murciélago est un seinen violent et sans compromis qui a tout du bon film d’action, qui sait prendre aux tripes (dans tous les sens du terme) et qui se lit avec grand plaisir. Notez que le manga se tape notamment une belle page TVTropes bien remplie, donc si vous avez besoin de plus d’arguments, ça peut être une idée d’aller regarder là-bas, même si personnellement je plisse le nez à l’idée de se gâcher un peu la surprise en lisant la page TVTropes d’une œuvre avant d’aller la lire/voir/etc. À vous de voir. En tout cas, c’était mon conseil lecture de la semaine, et je vous retrouve la semaine prochaine pour parler d’un personnage qui a beaucoup de mal à mourir, ou pas.

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