Kizumonogatari – En un mot comme en sang

Si je puis me permettre de l’exprimer ainsi, j’ai le seum. Pourquoi donc, me demanderez-vous ? Parce que Kizumonogatari. En effet, le premier opus de la trilogie de films adaptant la nouvelle de NisiOisiN, réalisée avec amour par Akiyuki Shinbou au sein du studio Shaft, Tekketsu-hen, est sorti au Japon au début de l’année, et Wakanim, l’ayant-droit français, s’est empressé de le sortir dans les salles françaises, au plus grand bonheur des fans d’animation français, pourtant à peine remis des émotions que leur avait procuré Bakemono no Ko (aka Le garçon et la bête), de Mamoru Hosoda, sorti quelques semaines auparavant.

kizumonogatari-02

Pendant ce temps, dans un lointain pays exotique et de réputation quasi-polaire, un petit bout de terre majoritairement inhabité, au Canada, où j’habite actuellement, quelque soit la température ambiante, mon seum continue à couler au rythme de mes larmes salées. La raison est simple : c’est Aniplex USA qui a les droits d’exploitation de la licence Monogatari en Amérique du Nord (dans le cas de ses adaptations, en tout cas). Or, comme son nom l’indique, Aniplex USA n’a que faire de ce bout de pays entre la frontière nord des States et l’Alaska : aucun DVD ou Blu-Ray Aniplex USA n’est disponible sur Amazon Canada ou chez les autres grands distributeurs du pays du sirop d’érable. Du coup, quand il y a quelques semaines Aniplex USA a annoncé le nom des trentaines de salles à travers les States où le film passerait vers la fin février, je n’étais pas surpris de ne pas trouver où que ce soit le nom d’une ville canadienne, ni même la mention d’une sortie ultérieure au Canada, mais je n’en étais pas moins amer. Je peux me consoler avec Bakemono no Ko, vous dites ? Haha, le film sort en mars aux States, et probablement quelques mois plus tard au Canada (que je serai de retour en France, justement). Donc bon.

kizumonogatari-08

Bref, pour résumer, je n’aurai pas le loisir de voir ces films en salles, et je suis dèg à un point que dieu seul sait. Pour me venger, j’ai donc lu Kizumonogatari, et je vais pouvoir vous spoiler comme un porc. Non, bon, peut-être pas. Mais reprenons les choses du début.

Le fait est qu’en Amérique du Nord, les éditeurs commencent à prêter sérieusement attention aux light novels, avec en figure de proue la marque Yen On de Yen Press, particulièrement active dans le domaine récemment. Pour rappel, les light novels sont ces romans orientés vers les jeunes et garnis de riches illustrations. Du coup, l’année dernière, j’ai été particulièrement heureux de voir l’éditeur Vertical annoncer qu’ils sortiraient Kizumonogatari en décembre 2015. Personnellement, j’ai un vilain apriori sur les light novels après en avoir lu de très mauvaises il y a quelques années (Haganai, SAO…), mais non seulement je voulais leur donner une seconde chance, il s’avère que je suis en plus un indécrottable amoureux de NisiOisiN, donc c’était tout vu. Bref, j’ai dévoré Kizu, mais avant de vous en parler, un court résumé sur la saga s’impose.

La saga Monogatari est donc une série de light novels écrites par le très prolifique NisiOisiN (auteur du très bon Medaka Box et de Katanagatari, dont je n’aurai cesse de répéter que l’adaptation est un chef d’œuvre), et illustrées par le renommé illustrateur taïwanais nommé Vofan. La saga raconte l’histoire de Koyomi Araragi, un lycéen qui va notamment rencontrer nombre de jeunes filles ayant des problèmes avec des entités et de phénomènes surnaturels. Je résume beaucoup, hein, rien n’est vraiment simple dans Monogatari. La série est surtout connue pour la foule d’adaptations très réussies qu’en a fait le réalisateur Akiyuki Shinbou et le studio Shaft. Si l’on devait citer une caractéristique notable de la série entre toute, ça serait sa propension à la discussion : les personnages se plaisent à discuter de sujets de sujets très sérieux comme de choses complètement stupides, parfois sur la durée d’un épisode complet, avec l’aide d’une mise en scène et d’une réalisation complètement folles. J’aime à décrire les personnages de NisiOisiN comme des personnages à systèmes, pour parler aux fans de jeux de baston : chacun fonctionne avec une logique et des normes qui lui sont vraiment propres, rendant leurs modes de pensée et leurs interactions avec les autres personnages extrêmement intéressants.

kizumonogatari-04
« Monsieur Kaiki, êtes-vous best girl ? »

Si vous n’avez pas encore touché à la licence, tout un chacun vous recommandera d’au moins regarder Bakemonogatari, la première série (composée de 15 épisodes, il ne faut surtout pas oublier les épisodes OVA), qui donne un parfait aperçu de ce qu’est la série. Certes, le meilleur personnage de la série n’y apparaît pas, mais nul n’est parfait. Et si vous voulez lire ou voir Kizumonogatari et que vous vous demandez ce que vous avez besoin de savoir avant, sachez que Kizu est une préquelle de la première série, et est donc, chronologiquement, la première série de l’univers Monogatari. Des dires même de NisiOisiN, vous pouvez très bien lire/regarder Kizu avant Bake. Sinon, la LN elle-même étant sortie juste après les deux tomes de Bakemonogatari, je vous conseillerais quand même de regarder Bakemonogatari avant Kizumonogatari. Vous êtes confus ? C’est normal, cet article étant plutôt écrit avec l’idée que le lecteur sait de quoi il en retourne, puisque une introduction à la série Monogatari serait plutôt le genre de choses qui prendraient un article entier, au bas mot. Et non, Katanagatari n’a aucun rapport, mais regardez-le quand même.

kizumonogatari-05

Bref, on va donc pouvoir parler du roman en lui-même. Je ne tiens pas à vous spoiler, donc je ne vais parler que ce qui est de notoriété publique. Dans Kizumonogatari, on retrouve Koyomi Araragi au début des vacances de printemps séparant sa seconde et sa troisième année de lycée (puisque, pour rappel, le début de l’année scolaire au japon est en avril). A l’époque, il n’a donc pas encore rencontré Senjougahara, Hachikuji et les autres. Au dernier jour de sa seconde année de lycée, après la cérémonie de clôture, il fait la rencontre de Tsubasa Hanekawa, une célébrité dans le lycée, à qui il n’avait jamais parlé, et qui lui tape la discut’ comme si elle l’avait toujours connu, malgré un début de conversation un peu inhabituel. Le soir même, en rentrant de faire des emplettes, il trouve sous un lampadaire une femme blonde démembrée, et sans ombre. Une vampire. Kiss-Shot Acerola-Orion Heart-Under-Blade. Dans un dialecte ancien, celle-ci lui ordonne de lui donner son sang, seule chose qui pourrait lui permettre de survivre dans cette situation. Tout son sang. D’abord réticent à mourir sucé (de tout son sang), il finit par accepter. Deux jours plus tard, il se réveille sous la forme d’un vampire. Pour redevenir humain, il devra récupérer les membres que trois chasseurs de vampires ont arrachés à Kiss-Shot. Voilà pour le topo.

kizumonogatari-01

Du coup, la question se pose : et alors, c’est bien, Kizumonogatari ? Vous allez être surpris : oui, c’est bien. L’histoire est racontée par Araragi, comme s’il racontait ses souvenirs, mêlés de ses propres pensées et réflexions. Le roman est assez avare en termes de descriptions, la majorité de la narration tournant autour des pensées de Koyomi, de son état d’esprit, et de son interprétation des évènements et de ce qu’on lui dit. Or, comme vous le savez sans doute si vous avez déjà vu une saison de Monogatari, Koyomi est un gars intéressant, dont la façon de penser est souvent captivante, et qui plus est, un habitué des traits d’esprit. Certes, le jeu d’acteur de Kamiya joue, mais le roman prouve sans mal que son intérêt en tant que personnage est indépendant de ça. Ainsi, malgré la structure assez convenue de Kizumonogatari, le roman vous reste dans les mains et on prend un grand plaisir à le parcourir de bout en bout. Ah, et si vous songiez à prêter/offrir le livre à un ami ou un parent pas otaku, pensez-y à deux fois, puisque Kizu s’offre trois scènes fan-servicieuses racontées au fil de nombreuses pages, donc…

kizumonogatari-06
Comme dit le proverbe, « A cat is fine too ».

Qui plus est, pour un fan de la saga des Monogatari, Kizu apporte plein de détails au background de la saga (sans parler de l’histoire qu’il raconte), et permet de cerner encore mieux des personnages que l’on croyait pourtant connaître. Si les adaptations de Shaft ne sont pas avares en mots, le rythme rapide de la narration qu’elles imposent et les contraintes de temps font qu’on n’obtient, bien entendu, pas autant d’informations qu’en lisant le roman en question. En somme, Kizu propose, excusez-moi d’enfoncer des portes ouvertes, une expérience différente du film, sans compter le plaisir que Shinbou et ses copains prennent à altérer le contexte de l’action de la série. Vous saviez probablement déjà que la salle de bains géante munie de vitraux que l’on voit dans Nisemonogatari n’est en réalité qu’une salle de bains japonaise normale et même plutôt étroite, je vais vous apprendre maintenant qu’Araragi ne rencontre en fait pas Kiss-Shot dans le métro, mais sous le seul lampadaire allumé d’une rue sombre. Cela dit, le fait est que NisiOisiN laisse beaucoup de ça à l’imagination du lecteur, donc les adaptations auraient tort de se gêner.

kizumonogatari-03
« Hey monsieur, t’as pas une cigarette ? Vazy fais pas le chien, j’ai dit steuplé. »

J’aurais dû en parler plus tôt, mais Kizumonogatari est finalement plus proche dans son format d’un roman classique que d’un light novel, puisqu’il ne dispose d’illustrations qu’à son tout début : la couverture, une autre très belle page plastifiée et colorée (qui est en fait la couverture japonaise de Kizu), et une double-page en noir et blanc. Le bouquin fait 344 pages, et il est vendu à moins de 15€ sur Amazon France, donc jetez-vous dessus. Qui plus est, pour ceux qui n’ont pas de trop bons souvenirs de leurs cours de LV1, l’anglais employé n’est pas bien difficile à part pour quelques termes et pour deux-trois éléments du dialecte de Kiss-Shot. Rien d’insurmontable, rassurez-vous, on reste dans le domaine de la littérature destinée aux adolescents. Quant à la traduction, je n’ai pas vraiment de moyen de comparer avec l’original, mais la localisation a été bien faite, et à peu près tout passe de façon naturelle (à part peut-être le « Gotta love it » d’Episode). Et pour finir ce bilan technique dont j’ignore la pertinence, je n’ai relevé qu’une ou deux typos. Oui, on est maniaque ou on ne l’est pas.

Bref, tout ça pour dire, lisez Kizumonogatari, et puis visionnez-le si vous en avez l’occasion. Les PV avaient l’air dingue, et de ce que j’entends dire le film est à la hauteur, donc profitez-en, et pensez à moi quand vous réserverez votre place. La semaine prochaine, ce sera un article spécial Saint Valentin, ou pas. Pendant ce temps, je veillerai bienveillamment sur vous, avec ce regard :

kizumonogatari-07

Omake : si le sujet vous intéresse (ou pas) ou que vous voulez lire encore plus de trucs, j’ai griffonné un petit article sur l’état dans lequel Fire Emblem Fates va sortir. Je ne réponds de rien si vous lisez ça.

EDIT : Petit problème de calendrier : la semaine prochaine, ça ne sera pas le spécial Saint Valentin, mais on va quand même parler de sentiments, ou pas.

Lâchez vos comz

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s