Yamatogawa – Non, tu n’auras pas le chocolat

L’heure est venue de procéder à un exercice de style. En effet, si je m’apprête à vous parler de hentai (tout en gardant, je le rappelle, l’article complètement safe for work), je pense qu’il est difficile de parler en longueur et dans les détails de cul sans que ça soit sacrément malaise, d’autant que le terrain est glissant. On va bien voir, mais de toute façon c’est pas comme si j’allais parler de choses si perverses que ça, puisque ici on va parler d’un habitué du sexe vanille, Yamatogawa.

Alors Yamatogawa, qui est-ce ce ? Difficile de répondre à cette question vu que comme la plupart des artistes de H, on ne le connaît que par son nom de plume (sauf si vous étiez là à une des conventions occidentales où il était présent), mais je peux au moins vous parler de son style, bien reconnaissable. Quand on pense à Yamatogawa, on pense à des personnages avec des visages ronds et des expressions reconnaissables, mais on pense aussi à ses héroïnes, aux proportions et à la physionomie relativement réalistes, qui sont, il faut bien le dire, de sacrées aventurières du chibre, parce que Yamatogawa a une certaine habitude : il aime dessiner des bites particulièrement longues.

Heureusement pour vous autres jeunes innocents, c’est là que l’inventivité lubrique de Yamatogawa s’arrête, puisque comme je l’ai dit précédemment, c’est un auteur qui se cantonne à faire du vanille, c’est-à-dire du sexe consensuel dépourvu de tous ces tags qui font le sel de beaucoup de hentai. Ainsi donc, sauf rares exceptions qui ne valent pas le coup d’être mentionnées, pas de S&M et de domination, pas de lolis et de relations incestueuses, pas de popo et pas de pipi, pas de proportions impossibles et pas de vore, pas de monster girls et pas d’animaux, bref, c’est du hentai validé par la police du fun. Vous allez me dire, que reste-t-il si on enlève tout ça ? Eh bien il reste plein de possibilités, comme nous le prouve Yamatogawa depuis bientôt dix ans, crayons à la main. Du coup, pour vous le prouver, une courte bibliographie.

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Moi après avoir parcouru quelques centaines de pages de Yamatogawa pour trouver de bonnes images sans me laisser distraire.

Pour le premier recueil du monsieur, paru en 2007, on a Aqua Bless. Ce tankoubon n’a pas vraiment d’histoire, c’est juste une compilation d’histoires sans relation entre elles. Les histoires individuelles sont bien mais ne restent pas forcément dans la mémoire du lecteur, sauf la première, celle des télépathes. Pour résumer ce chapitre, c’est l’histoire d’une fille qui a un problème, c’est qu’elle ressent ce que ressentent toutes les personnes du même sexe à proximité, ce qui pose problème dès qu’elle passe à proximité d’un couple en plein ébats. Elle va rencontrer un gars qui va l’aider, et va lui demander de l’aider à coups de bite parce que POURQUOI PAS. Coup du sort, il s’avère que la télépathie est une MST, et qu’il peut désormais ressentir ce que ressentent les gars à proximité. Le truc bien, c’est qu’à la fin du volume on retrouve ces deux-là, qui sont en couple à la plage, et qui passent du temps en amoureux, sauf que partout où ils vont il y a des gens qui baisent : les autres personnages du manga. C’est le petit détail qui fait mouche.

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En 2008 on a Witchcraft, qui est probablement le premier de lui que j’ai lu. Contrairement à Aqua Bless, on y retrouve une histoire qui va du premier au dernier chapitre, et qui suit un jeune garçon qui se fait embêter par des délinquants et demande de l’aide à une hypnotiste. Les pouvoirs de celle-ci permettent au jeune homme de devenir temporairement un tout autre bonhomme. Je pense que vous voyez la suite. On rencontre ensuite des rivales de l’hypnotiste, son maître et tout ça s’achève en apothéose dans une partouze télépathique parce que une fois de plus, pourquoi pas. Et comme d’habitude dans les histoires de Yamatogawa, les personnages principaux de son histoire finissent en couple et fous amoureux l’un de l’autre.

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Je vais un peu sauter le suivant, Taihen Yoku Dekimashita?, parce que pour être tout à fait honnête je ne l’ai pas lu. J’ai lu certaines des histoires qui y sont incluses, mais jamais l’ensemble, donc je ne pourrais même pas vous parler de l’histoire principale qui occupe trois chapitres. Lisez-le par vous-même, je ne vous ferais pas l’insulte de vous rappeler comment le retrouver. En tout cas le chapitre qui se passe sur le toit est cool.

En 2009, on a Tayu Tayu qui est, tout comme Witchcraft, entièrement consacré à une histoire. On a Reiji qui revient de Tokyo pour vivre chez les bouseux, là où il a grandi. Il y retrouve son amie d’enfance, et va se faire d’autres amies (comprendre : ça va baiser sec avec toutes les nanas du village), au grand désespoir de ladite amie d’enfance qui n’arrive pas à empêcher les autres de lui piquer son mec. C’est pour moi l’un de ses meilleurs, et je retiens notamment le fait que Yamatogawa ait réussi à aussi faire rentrer un chapitre à propos de la prof (la seule femelle qu’on voit dans le manga qui ne se retrouve pas à se taper Reiji). De l’amour pour tout le monde, n’est-ce pas merveilleux ?

Ce qui est beaucoup moins merveilleux, c’est que Tayu Tayu a été adapté en un anime de quatre épisodes par Studio9maiami. C’est un hentai label Queen Bee, pour ceux à qui ça parle. Les hentai en anime sont souvent un peu cheap niveau animation, mais Tayu Tayu bat une sorte de record : chaque plan est juste un calque d’une case du manga (mais vraiment hein, et ça se voit), et le peu d’ « animation » qu’il y a consiste juste à faire bouger la position des « sprites » des personnages. Pour résumer, c’est à peine mieux animé (et bien moins drôle) que Inferno Cop, et pourtant le manga méritait beaucoup mieux. À éviter, sauf si vous voulez avoir la bande-son et le doublage en fond pendant que vous lisez le manga.

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Rapide comparo maison. Y’a plein d’autres plans où c’est encore plus visible, mais c’était le plus SFW et le plus facile à éditer que j’avais, alors prout.

On arrive en 2012 et voilà venir l’œuvre la plus connue de Yamatogawa : Power Play!, où l’on suit Sadaharu, un mec qui rêve de créer des eroge mais est en fait la réincarnation du seigneur lubrique du mal, Shadalh. Du coup, logiquement, il se fait agresser par des guerrières d’un autre monde qui cherchent à annihiler la menace, tandis que lui se fait aider par sa servante d’autrefois. Le résultat est prévisible : ça s’entre-fourre dans tous les sens (c’est bien connu, la meilleure façon de combattre une sorte de roi des incubes, c’est de le baiser à mort), et puis tout est bien qui finit bien. S’il faut n’en lire un de Yamatogawa, ou si vous en avez déjà lu un, c’est probablement lui.

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Et enfin on arrive en 2015 à Vanilla Essence, le dernier tankoubon en date de Yamatogawa, qui est une fois de plus une compilation des excellentes histoires que l’artiste a sorti depuis Power Play!. Pas de fil directeur, que du vanilla et que des bonnes histoires. C’est d’ailleurs un peu la raison de ce billet, puisque en ce moment, et pour encore quelques heures, il y a un Kickstarter en cours pour localiser Vanilla Essence en anglais. Le but est déjà atteint, mais si vous voulez participer pour recevoir votre copie et peut-être quelques goodies, c’est le moment ou jamais. Comme une fois de plus on a affaire à une compilation de petites histoires, je ne vais pas faire la liste ou même un descriptif précis, je vais juste dire que le monsieur est en super forme au niveau du dessin et que c’est toujours aussi charmant, le manga faisant honneur à son titre.

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Voilà tout pour aujourd’hui. Jetez un œil au Kickstarter (non non, je touche pas de biftons si vous le faites, enfin j’aimerais bien mais…), et puis si vous connaissiez pas le monsieur allez faire un tour chez votre fournisseur habituel de perversion. J’avoue que l’article n’était pas facile à écrire, le travail du monsieur étant à la fois trop cochon pour entrer dans les détails et pas assez déviant pour présenter ça de façon marrante. De toute façon la semaine prochaine on revient à du non-cochon donc pas de souci. En l’occurrence, on va parler d’un ami qui vous veut du bien. En attendant, bonne semaine.

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