Hai to Gensou no Grimgar – Cendres de Rune (Scape)

Eh oui, après KonoSuba, je continue sur ma lancée avec encore de la fantasy et encore de l’anime de la saison qui vient de se conclure. Malgré tout si la dernière fois on était dans la comédie, ici on se retrouve face à une toute autre bête, qui va plutôt aller toucher la corde du drame et des émotions, j’ai nommé Hai to Gensou no Grimgar.

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Attention, alerte best girl.

Alors Hai to Gensou no Grimgar, c’est quoi ? À la base c’est un light novel d’Ao Juumonji, illustré par Eiri Shirai. Le premier a fait deux-trois autres light novels qui ne me disent rien, quand à l’autre, c’est pour autant que j’en sache sa première œuvre. L’adaptation auquel il a eu droit est une production A-1 Pictures, réalisé par Ryousuke Nakamura, chara-designé par Mieko Hosoi (une demoiselle qu’on a pu notamment retrouver récemment à l’animation du premier opening de Shigatsu wa Kimi no Uso), mais surtout, avec la présence d’un directeur artistique vétéran nommé Hidetoshi Kaneko. Pourquoi surtout ? Les screenshots doivent être un indice, mais on en reparlera plus tard.

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D’abord, parlons du scénario, quitte à refroidir un peu les ardeurs. Si l’on ne le juge que par son synopsis, Grimgar ne donne effectivement pas très envie. Un groupe de jeunes se réveille un beau jour, sans souvenirs de leur vie passée, dans une tour située dans un monde typé heroic-fantasy, avec la distincte impression de ne pas être originaires de ce monde. Sans le moindre indice sur le pourquoi du comment de leur présence ici, ils vont se retrouver engagés sans vraiment de choix dans une sorte de guilde d’aventuriers, où leur est présenté la situation comme au début d’un MMORPG de base. Et la comparaison avec un RPG fantasy ne s’arrête pas là, puisque Grimgar fait partie de cette frange d’œuvres qui piochent des mécanismes dans les jeux vidéo sans scrupules, comme par exemple l’acquisition de compétences et le choix de classes de personnage (voleur, chevalier noir, sorcier, prêtre, etc.). Heureusement tout ça se retrouve inscrit dans l’univers de Grimgar avec un minimum de subtilité qui fait que ça n’est pas trop gênant pour l’immersion.

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On va suivre dans Grimgar six personnages, qui sont en fait le restant du groupe initial de jeunes. Les gens compétents se sont mis ensemble et sont partis à l’aventure, et au final il ne reste plus qu’eux, qui n’ont plus trop d’autre choix que de se mettre ensemble. On y trouve initialement, dans le désordre, Manato, un prêtre qui a la tête sur les épaules et qui va maintenir la cohésion du groupe, Haruhiro, un voleur un peu passif, Yume, une archère pleine d’énergie à défaut d’être très compétente, Moguzo, un guerrier baraqué mais gentil et discret, Shihoru, une mage extrêmement timide et peu confiante en elle-même, et enfin Ranta, un chevalier noir carrément arrogant et casse-burnes, mais dont la personnalité servira à de nombreuses reprises à donner un coup de pied bien nécessaire dans la fourmilière et à pousser les autres à avancer. Des personnalités diverses, et pas forcément compatibles, mais qui vont donc devoir apprendre à collaborer. Même si l’adaptation ne couvre que deux tomes du light novel à ce que j’ai cru comprendre, le rythme de l’anime est plutôt bon et gère bien l’évolution progressive de ces personnages, à la fois individuellement et en tant que groupe. Et c’est là l’un des intérêts principaux de Grimgar, et aussi quelque chose qui divise.

En effet, quand on voit le synopsis de Grimgar, on pense directement à un shonen d’action à la Sword Art Online, pour ne citer que lui. C’est là une grosse erreur. Car si Grimgar a un contexte similaire, son approche de la situation est diamétralement opposée, et c’est ça qui fait sa force. Ce que Grimgar tente de faire, c’est de la fantasy « réaliste » (entre de gros guillemets). Vous avez six ados qui se retrouvent dans un monde inconnu équipés avec des armes qu’ils n’ont jamais porté avant cela, vous ne pouvez pas vous attendre à ce qu’ils triomphent d’un monstre qui fait trois fois leur taille d’ici la fin du premier épisode. Même sans comparer avec le mètre-étalon de la grosbillerie débile qu’est SAO, Grimgar aime à prendre son temps pour se concentrer sur l’interaction de ses personnages avec leur nouvel environnement et leurs nouveaux compagnons. Leur première victoire, contre un simple gobelin seul, n’aura lieu qu’au milieu du second épisode. Déjà dans ce combat on voit toute l’intelligence de Grimgar : les protagonistes, dénués d’expérience autant pour ce genre de tâche que pour le travail en équipe, enchainent les cafouillages. D’un autre côté, même un combat contre un gobelin est un combat à mort, alors la moindre imprudence coûte cher à leurs nerfs, le fait de pour la première fois poignarder un être vivant est un choc, et puis tout bêtement, le gobelin aussi veut survivre, et manifestera toute la force que son désespoir lui offre pour s’en tirer. Le combat n’est à aucun moment propre, une fois mort le corps du gobelin ne disparaîtra pas, et il faudra fouiller la carcasse pour trouver récompense. Ce à quoi on ne réfléchirait pas à deux fois dans n’importe quel RPG, rien de tout ça n’est anodin pour ces personnages qui vont le vivre directement.

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Comme je l’ai dit en introduction, Grimgar, c’est aussi du drame. Effectivement, et je vais être obligé de spoiler (c’est un événement qui arrive assez tôt, et je vais rester flou sur les détails, mais si vous ne voulez rien savoir sautez le paragraphe), le groupe de jeunes va subir une perte. Lors d’une mission de routine, et alors que le groupe commençait à devenir de plus en plus uni et compétent, un personnage va connaître un triste sort. Si le décès en soit est, je trouve, assez mal géré, l’épisode qui suit est une merveille de tact, de subtilité et d’intelligence. On y voit un peu tous les aspects du deuil, on y comprend toute l’importance du personnage au sein du groupe et ce que sa disparition représente. Si le décès n’a pas forcément fait mal au moment où il est arrivé, à la fin en apogée de l’épisode qui suit, on ressent enfin pleinement tout l’impact de la chose, et personnellement j’ai senti comme une envie de PLS, moi qui ne suis pourtant pas bien émotif. Si l’anime a ses maladresses, il a ses moments de génie, et clairement ces derniers font tout l’intérêt de Grimgar.

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Comme je l’ai dit, il ne faut donc pas aborder Grimgar comme un shounen de baston, parce que ce n’est pas le concept de l’anime, et que cela se ressent, au niveau du rythme. Concrètement, et même s’il va se passer plein d’autres choses en parallèle, le groupe va passer huit épisodes à combattre des gobelins, et je sais que si personnellement je n’ai pas trouvé ça problématique (au contraire, c’est cohérent avec la logique de l’œuvre), d’autres auront abandonné Grimgar pour cette même raison, et je ne peux pas les blâmer, donc je n’aurai d’autre conseil que bien vérifier si vous voulez regarder Grimgar pour les bonnes raisons avant de vous lancer.

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Et pour finir, quelque chose que vous avez du finir par remarquer à force de voir des screenshots : la direction artistique. De ce que je sais, c’est une originalité de l’anime, les illustrations de la light novel n’ayant pas cette particularité. En effet, Grimgar profite de backgrounds dessinés dans un style aquarelle très distinctif, tout bonnement superbes. Pour nuancer le propos, je vais vous confier que j’aurais du mal à traiter l’anime dans son ensemble de magnifique : l’animation est assez inégale, et la 3D s’accorde très mal avec le style des backgrounds (ce qui rend certaines scènes particulièrement moches). Il n’empêche, si Grimgar n’est certes pas parfait, il a compense ses faiblesses par des forces inhabituelles pour son genre, qui méritent qu’on y jette un coup d’œil. À vous de vous faire une opinion.

Voilà un peu tout ce que j’avais à dire pour Grimgar. Comme je suis à peu près sûr de ne pas être prêt pour le bilan d’ici dimanche prochain et que ça fait des billets relativement faciles à écrire, la semaine prochaine ça sera encore un bon anime de la saison d’hiver 2016. Cette fois-ci, on parlera de quelque chose d’encore plus japonais que l’acier replié mille fois sur lui-même. En attendant, une bonne semaine à vous.

PS : N’allez surtout pas regarder la page Wikipédia, comme d’habitude des fans un peu trop zélés ont tout bien rempli… Même les trucs qui n’ont pas été adaptés dans l’anime. RIP ce perso qui était pourtant toujours en vie à l’épisode 12.

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