Dungeon Meshi – Le donjon d’mes barbeucs

Vous l’aurez peut-être remarqué depuis le temps, mais depuis le début de ce blog j’annonce vaguement le thème du prochain article à la fin de chaque billet, l’idée étant, déjà, que ça me permet de me fixer sur ce que je veux faire, mais surtout que ça me laisse une marge de manœuvre raisonnable si jamais y’a pas moyen. La semaine dernière, j’ai pris la confiance et j’ai parlé d’une « grande saga que j’aurais, j’espère, fini de visionner d’ici là ». Grossière erreur, il s’avère que je n’ai pas fini et que l’annonce n’était pas assez floue pour que je parle d’autre chose en faisant en sorte que vous n’y voyiez que du feu. Quelle disgrâce, quelle infamie, et le fait que j’aie pas dormi hier soir n’est pas une excuse : il ne me reste plus qu’à commettre sudoku. Mais je suis un être de peu d’honneur, alors faisons plutôt un retcon : en fait je voulais plutôt dire une « petite saga que j’ai lu ». Allons-y donc comme ça, Kawamori et ses potes attendront.

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Dungeon Meshi, puisque c’est le nom du manga dont je vais parler aujourd’hui, est l’œuvre de Ryoko Kui, dont je n’ai pas grand-chose à dire sinon qu’elle a débuté sur Pixiv et puis qu’elle a publié un certain nombre d’histoires courtes avant d’en arriver, en 2014, à sa première série publiée, Dungeon Meshi. Autre détail d’importance, peut-être vous rappelez-vous de Wotaku ni Koi wa Muzukashii, qui était le lauréat du côté féminin du prix Kono Manga ga Sugoi! 2016. Eh bien Dungeon Meshi, c’était le lauréat du côté de la démographie masculine; tout simplement. Et quand on le lit, on comprend.

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Dungeon Meshi se place dans un contexte fantasy à la Donjon & Dragon tout ce qu’il y a de plus classique : des elfes, des nains, des orcs, et des rats géants qui peuvent vous bouffer tout cru si vous avez la scoumoune avec les dés et des partenaires pas très disciplinés. On rajoute à ça une légère surcouche d’ambiance RPG parce qu’il paraît que ça se fait beaucoup ces derniers temps, et c’est parti. On y suit donc Lyos et ses compagnons qui sont, au début du manga, profond dans un donjon, en train de combattre un dragon. Affaiblis par la faim, ces derniers se retrouvent vite décimés, et la sœur de Lyos se fait croquer par le gros lézard, juste après que cette dernière aie téléporté ses compagnons mourants en sécurité hors du donjon. Dans le donjon, ressusciter un mort n’est pas un problème tant qu’on a un bon mage dans le coin et un corps qui ressemble encore à quelque chose, mais ressusciter quelqu’un transformé en excréments draconiques peut s’avérer problématique. Lyos va donc devoir retourner au charbon pour sauver sa sista avant que celle-ci ne fasse hasta la vista dans les fluides gastriques de l’écailleux personnage.

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Problème, après cette échauffourée lizardienne, le groupe se retrouve bien dans la merde, puisqu’ils sont sur la paille, et qu’en plus une partie de leurs compagnons se barre. Restent le susnommé Lyos, qui est une sorte de chevalier, Marcille, une mage elfe, et Chilchack, un rôdeur hobbit. Bon, au pire à trois ça passe encore, mais le problème c’est que pas de thunes, pas de bouffe, et pas de bouffe, pas de donjon, or pas de donjon, pas de dragon, et si pas de dragon, pas de sœur, et pas de sœur, pas de sœur. À cela Lyos a la solution : ils n’ont qu’à bouffer les monstres du donjon ! Ses compagnons sont réticents, et ses premières expérimentations pas convaincantes, mais ils sont vite rejoints par Senshi, un nain résidant dans le donjon, et cuistot de monstres hors pair. Et c’est parti, à l’aventure compagnons.

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Le manga a donc pour particularité de mettre beaucoup l’accent sur l’utilisation et la cuisine des monstres, jusqu’à avoir très souvent l’air de vraies recettes. Toutefois, tout ce contexte n’est pas juste un prétexte à faire un manga de cuisine, ni une façon d’attirer les fans de Toriko vers un manga avec un shounen dans un contexte fantasy plus traditionnel. La mangaka montre sa maîtrise de sa création en dosant à la perfection progression scénaristique et rencontre de monstres et autres obstacles / découverte de façons de s’alimenter avec ceux-ci. Et si l’un sans l’autre serait de très peu d’intérêt, le fait qu’elle parvienne à allier ces deux aspects donne toute sa force au manga. Le truc, c’est que rien de tout ça ne sort vraiment de nulle part, le manga exploite un peu tous les lieux communs de la fantasy pour en ressortir une préparation culinaire, souvent « logique », mais de façon parfois franchement inattendue et surprenante (le coup des golems tient du génie). Et tout en allant de monstre en monstre et de piège en piège, mine de rien, les personnages avancent dans le donjon de façon visible, et des pans de scénario se dévoilent peu à peu. C’est une progression très appréciable et qui pour l’instant parvient à ne pas tourner en rond le moins du monde. Franchement, vu la créativité de la mangaka pour repenser certains clichés et en sortir quelque chose d’intelligent et/ou d’appétissant, j’ai une foi aveugle dans sa capacité à garder cette dynamique pendant un bail.

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Autre intérêt du manga, il est fort joli. Hormis les décors qui sont à l’occasion fort charmants, les personnages ont de bonnes bouilles très expressives, les dessins sont clairs et l’action est bien mise en scène. Les personnages principaux sont attachants dans leurs imperfections, mais ils sont quand même compétents. Et puis ça donne assez faim, quoi ! Dernière remarque, le manga utilise pas mal de thèmes écologiques : le donjon est un écosystème géant, on y découvre des pans de la chaîne alimentaire de certaines zones, Senshi incite ses compagnons à éviter la surchasse, il y a plein de moments où les héros sont juste là comme des témoins des petites « merveilles » de la nature qui fait valoir ses droits dans le donjon. Bref, c’est un manga qui déborde de charme et d’intelligence, et je ne peux que vous inviter à aller le lire de suite.

Voilà pour cette semaine, et la semaine prochaine, cette fois c’est promis, on n’oubliera pas de parler d’amour.

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