Printemps 2016 : Le Bilan

C’est l’été. Vous aurez beau tenter d’échapper à la réalité, la tête contre la grille du ventilateur, le fait est indéniable. Les reflets sur l’écran, les shorts, la plage, France 2 qui interviewe des gens sur l’A6 pour s’entendre dire que « houlà ça fait quatre heures qu’on avance pas, mais on garde le sourire hein », autant de terribles symptômes qui confirment que bordel, on est franchement en été. Heureusement, je suis là et j’ai tout prévu. À travers ce billet, je vous offre un retour un mois dans le passé (enfin un peu plus d’un mois mais bon), vers une saison plus clémente à bien des niveaux. Ne me remerciez pas, c’est tout naturel.

Eh oui, voilà enfin le bilan anime du printemps 2016, où je remets en jeu ma couronne de roi du shit taste. Rappelons les règles, enfin plutôt la règle : je ne parle que d’anime dont j’ai vu l’intégralité des épisodes sortis cette saison (soit jusqu’au 30 juin), et dans le cas contraire je le précise clairement. Pour les anime de plusieurs cours continuant en été, notez bien que je ne les évalue que sur les épisodes sortis jusqu’à fin juin, n’ayant de toute façon pas encore vu les épisodes postérieurs. Notez aussi que tous les anime diffusés à la télévision japonaise pendant le cour de printemps, qu’ils aient commencé ou pas cette saison, peuvent y figurer. Le classement se fait dans l’ordre croissant, et est tout à fait arbitraire (le critère principal étant la plaisir que j’ai pris à voir chacun de ces anime). Qui plus est, et c’est particulièrement valable cette saison, le classement me force à comparer des anime qui ne sont absolument pas comparables, et même des anime a priori comparables peuvent présenter des intentions tout-à-fait différentes, donc je vous demande de prendre tout ça avec un grain de sel, et du persil pour égayer. Mais alors, pourquoi faire un classement, direz-vous si vous n’avez pas lu le bilan précédent où je répondais déjà à la question ? De un, parce que j’aime bien, et de deux, pour faire rager les gens qui n’auront pas lu cette introduction. En somme, le classement tout seul n’a pas grande valeur, donc lisez aussi le texte censé le justifier. Enfin faites semblant, au moins. Autre chose, la liste comprend un special, un anime d’un seul épisode mais qui est effectivement passé à la télévision japonaise pendant la saison, donc j’ai décidé de l’inclure, et c’est comme ça.

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Mais attendez, j’ai encore autre chose à faire remarquer, ce sont les nouveautés du bilan de cette saison. Déjà, je vais inclure dans les informations le titre officiel français des séries dont je vais parler dès que possible, et comme on est pas des chiens et que les éditeurs ont l’appréciable habitude de laisser le titre original, je vais aussi vous offrir une petite traduction maison des titres de ces séries, histoire de. Non non, ça me fait plaisir. Méfiez-vous par contre, je ne garantis pas l’exactitude de la traduction.

Autre chose, on m’a dit qu’il était un peu difficile d’identifier là où la médiocrité s’arrêtait et là où les vraies reco commençaient, et c’est vrai que la frontière est souvent un peu floue, donc je vais le dire maintenant : du 1 au 12 je recommande sans retenue, du 13 au 30 je recommande avec un « mais » plus ou moins important, du 31 au 46 c’est du médiocre ou des séries à réserver à certains publics dont je ne fais pas partie (enfants, gens de mauvais goût, etc.), et au-delà c’est pas la peine. Et pour rappel, je commence par le dernier, c’est juste que c’était plus facile à expliquer comme ça. Et là si vous avez lu tout ça, vous vous dites, on va pouvoir commencer à passer aux choses sérieuses, non ? Oui, mais non, parce que avant ça, il me reste une chose à évoquer.

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Oui, je sais, c’est frustrant.

Les absents

Avant de faire la liste, il me faut parler des anime qui ne seront PAS dans la liste, précisément parce que c’est relou de parcourir un classement sans être sûr d’y retrouver ceux que vous vous attendez à retrouver.

Avant tout, notez que les seuls anime qui n’ont pas commencé ce printemps dont je vais parler sont ceux dont j’ai déjà parlé dans le dernier bilan, c’est-à-dire Ansatsu Kyoushitsu 2nd Season et Nijiiro Days. Donc toujours pas de Naruto, toujours pas de One Piece, et surtout, et ça m’attriste, toujours pas de PreCure. Désolé pour les fans de la Toei.

Et parmi les séries de la saison que je n’ai pas vues, la principale à citer est Mobile Suit Gundam Unicorn RE:0096, puisque je désire voir la série Gundam dans l’ordre et que pour l’instant j’en suis à Zeta, donc c’est malheureusement pas demain la veille que je serai à jour. La psychorigidité, ce fléau. Autres séries notables que je n’ai pas eu le temps / l’occasion de voir : Aikatsu Stars!, Beyblade Burst, Hakuouki: Otogisoushi, Cardfight!! Vanguard G: Stride Gate-hen et Future Card Buddyfight DDD. Et parmi celles que je doute que qui que ce soit aie vu de toute façon, je n’ai pas non plus vu Nuwa Chengzhang Riji (qui est, pour le coup, un vrai dessin animé chinois), Neko Neko Nihonshi, Duel Masters VSRF, Nameko: Sekai no Tomodachi, Asa da yo! Kaishain, Sore Ike! Sabuibo Mask, Muzumuzu Eighteen et Neko mo, Onda-ke. Avec ça, je pense qu’on a tout couvert et que la fête peut commencer.

#53: Mayoiga

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Diomedea | 12 épisodes de 25 minutes | Original

Titre Crunchyroll : Mayoiga (The Lost Village)
Traduction : Un escargot c’est pas mal non plus

Souvent me dit-on, pourquoi regardes-tu tant de merde ? S’il est vrai que ma consommation de petits Mickeys chinois peut sembler un chouïa anormale, et si je persiste à dire qu’il faut connaître le mauvais pour mieux apprécier le bon, dans le cas présent, il me faut plaider l’innocence. Ou alors la culpabilité avec peine réduite. Ou alors une bonne peine de taule, mais dans un coin sympa. Bref, je ne suis pas d’accord, ce coup-là je ne savais pas. En effet, à la vue d’un nouveau projet original réalisé par Tsutomu Mizushima (Girls und Panzer, Joshiraku, Shirobako) et écrit par Mari Okada (Toradora!, Ano Hana, Nagi no Asukara), qui ne serait pas au moins curieux ? Qui aurait pu se douter quelque chose en voyant que le tout était pris en charge par le studio et une bonne partie du staff derrière l’adaptation de Kantai Collection, et que les producteurs semblaient tellement peu y croire que ça a fini par passer par le financement participatif ? Pas moi, votre honneur. Mais j’aurais peut-être dû.

Mayoiga raconte l’histoire d’une trentaine de personnages, que le premier épisode va s’empresser de faire se présenter tour à tour. Tous tentent d’oublier un passé difficile ou d’échapper à la société, pour se refaire une vie dans un village mystique nommé Nanaki, qui ne se trouve sur aucune carte et donne plutôt l’air d’une rumeur à la con que se balancent des cols blancs qui tentent d’oublier leur train-train le vendredi soir, chopine à la main. Toutefois, il n’est point ici question de train, puisque le récit commence dans un car, à destination du fameux village inconnu. Bien vite, la fière compagnie arrive à destination, malgré un conducteur de car complètement givré qui, n’en pouvant plus avant même la fin du premier épisode, tente d’envoyer tout le monde dans le fossé. À ce titre-là, je tiens à lui accorder un moment sous les projecteurs, pour avoir tenté de mettre fin à tout ça avant que ça n’aille trop loin. Malheureusement, il y a bien onze autres épisodes, mais merci d’avoir essayé. Une fois arrivée, la troupe des trente découvre le village désert, mais quel dommage, ceux-ci finissent par se trouver en proie à une menace inconnue et pas hyper naturelle.

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Bien tenté mec, mais tkt, tu peux encore les avoir au retour.

Revenons sur la première phrase du paragraphe précédent. Mayoiga se vante d’avoir trente personnages principaux, c’est comme ça qu’il se présente, visiblement l’idée lui plait beaucoup. Réfléchissons-y deux minutes, la tête dans les mains. Qui peut croire un seul instant qu’un anime normal d’un cour aie le temps de présenter de façon satisfaisante trente personnages. Pire, il y a trois de ces personnages qui ont le même nom. Pire, il y en a dix qui partagent leur seiyuu avec un autre (donc cinq seiyuu qui doublent deux personnages sur les trente). Pire encore, pas un de ces personnages n’est supportable une seule seconde. Il y en a même un que j’ai cru voir pour la première fois dans le dernier épisode, je suis toujours pas sûr que c’était pas une erreur ou un palette swap d’un autre. Encore, si l’anime était parti dans la direction que j’envisageais en découvrant la série (à savoir, une boucherie abominable qui emporterait au moins la moitié du casting), j’aurais pu comprendre le nombre, mais non. La vérité, c’est que madame Okada avait besoin de justifier que de parfaits inconnus aillent ensemble se perdre dans le trou du cul du Japon, et comme les blind randonnées je ne pense pas que ça existe, elle a pensé à un voyage organisé, qui nécessite du coup un certain nombre de personnages pour être crédible. Le covoiturage n’existe-t-il donc pas au Japon ? Mais peu importe l’intention, le fait est que du coup on se retrouve avec un anime dont les deux tiers du casting ne servent absolument à rien, sinon à montrer les effets du mal qui sévit à Nanaki. Le pire, ou peut-être le plus drôle, est le moment où, pour une raison que, franchement, j’ai oublié (je crois que c’est un effet secondaire de ce qui hante le village), tous ces personnages jetables commencent à ne plus en avoir rien à foutre de leur propre personnage, rejoignant ainsi le spectateur dans sa contemplation navrée d’une œuvre qui n’aurait sans doute jamais dû être. Mais j’en suis encore là et je n’ai pas encore abordé le cœur du problème.

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Le problème principal de Mayoiga, que je tentais d’illustrer à travers l’exemple du casting excessif de la série, est que le scénario est une catastrophe sans nom. Omettons la vingtaine de personnages de trop, le reste n’est pas mieux. Plus développés, ceux-ci ne sont, pour le coup, jamais un tant soit peu sympathique (bon, allez, c’est très subjectif, en vrai le conducteur il est sympa). Qui plus est, Okada semble avoir du mal à déterminer la limite entre les personnages intéressants et les autres, et du coup on a des anomalies comme Lion, Jack, Maimai et d’autres qui sont très utilisés à un moment et puis complètement oubliés par le scénario. Celui-ci part un peu dans tous les sens, mais en n’oubliant jamais de s’arrêter sur la case Incohérence (viens donc dans le bus magique ♪). Le problème dans le problème, c’est tout de même ce que le scénario essaye de dire, le point central du scénario, qui est une évidence de tous les moments, mais c’est tout de même un spoiler alors je préviens : spoiler, passez au paragraphe suivant si vous voulez être épargné. Bon, donc, le mal qui hante le village est un phénomène qui matérialise l’âme, et surtout les traumas, des gens qui sont rentrés dans le village. C’est pratiquement pas un spoiler, le twist est grillé à des kilomètres, l’anime étant tellement lourd et évident dans sa narration qu’on ne peut pas passer à côté, même en le voulant. On peut ne pas y croire, se dire « non, elle va pas juste nous pondre une vieille métaphore de merde et s’en servir comme point principal de son intrigue », mais si, oh que si. Moi je cherchais plutôt ce qui causait ce phénomène, histoire d’avoir un truc intéressant à creuser, mais non, c’est un phénomène qui vous est offert par la magie des Métaphores™. Et quitte à ne pas être bien subtil, autant faire expliquer le scénario en boucle aux personnages au cas où, à répéter sans cesse que le Nanaki (le nom du phénomène) est la représentation des traumas de chacun, et que si mon Nanaki a une tête de grand-mère c’est parce que ma grand-mère était méchante, et que si mon Nanaki a une tête de sein translucide avec des pattes (véridiques) c’est parce que la bosse de silicone que je me suis fait implanter c’était pas une super idée. On me dirait que c’était une idée d’Okada de quand elle était au collège, je l’aurais cru. Qui plus est, les Nanaki sont absolument hideux, ce qui est certes un peu le but recherché, mais surtout ils jurent atrocement avec le reste des éléments de la série, ce qui les rend juste grotesques et ridicules, mais ça, encore, on peut le classer dans le tiroir des choix graphiques douteux mais défendables. Et encore, l’anime aurait pu parler d’escapisme, ce qui aurait été probablement le plus intéressant vu le contexte, mais non, la fin bâclée à l’extrême (les problèmes de la plupart des personnages ne sont en rien résolus, à part pour les trois principaux, et encore) parvient à passer à côté. Et puis merde, n’allez pas me dire que les traumatismes c’est pas une thématique assez courante dans l’animation japonaise comme ça. Je sais pas, moi, regardez n’importe quel anime avec des flashbacks, regardez Evangelion, regardez Shigatsu wa Kimi no Uso, ou même, tiens, regardez Girls und Panzer, qui fait figure de modèle de subtilité face à Mayoiga. Vraiment, est-ce que quiconque avait besoin d’un anime de plus qui se concentre en plus uniquement sur ce sujet, surtout quand c’est aussi mal fait ? Dernier reproche, quasiment tout se passe de nuit, et mes yeux en ont marre à un point que vous ne pouvez même pas imaginer.

Je viens déjà de faire deux pages rien que sur ça donc je pense qu’il est temps de conclure, mais il est important de dire à quel point Mayoiga est mauvais. Il est mauvais au point où la qualité part tellement loin qu’elle fait un tour complet sur elle-même et redevient qualité. En tant qu’échec, Mayoiga est fascinant, comme une checklist de mauvaises idées et de trucs à ne pas faire. Accessoirement, il est probablement aussi très appréciable à regarder avec des amis, beaucoup de bière et des grilles de bingo préparées à l’avance. Mais bon, voyons le bon côté des choses, même dans Mayoiga tout n’est pas mauvais.

#52: Bishoujo Yuugi Unit Crane Game Girls

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Kyoutoma | 13 épisodes de 5 minutes | Original

Non licencié en France
Traduction : Des meufs jouent aux attrape-couillons sans raquer, découvrez leur secret

Difficile de faire une transition après ça. Mais face à la nullité flamboyante de Mayoiga, il me faut bien avouer que le titre présent manque d’éclat, puisque celui-ci est juste nul. Bishoujo Yuugi Unit Crane Game Girls, puisque c’est son nom, est un anime court qui vous présente trois filles qui aimeraient bien devenir des idols, mais se font grossièrement arnaquer et se retrouvent à jouer à ces fameuses machines attrape-peluches pour rembarrer de généreuses météorites qui se proposaient de s’écraser sur Terre pour résoudre le problème. Le défaut principal de l’anime est assez simplement le fait qu’il est dépourvu de qualités. Animé de façon très sommaire en Flash (ou dans une technologie voisine), l’anime présente des personnages très peu attachants avec un peu d’humour raté, dans un contexte qui semble au premier abord assez rigolo mais qui est finalement plutôt mal exploité, répétitif, et qui finit par devenir cliché. Reste une pub pour les machines attrape-peluches (décidément, le terme français pour ça est nul) grossière et sans intérêt, qui, pour le coup, ne risque pas d’attraper grand monde.

#51: Endride

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Brain’s Base | 24 épisodes de 25 minutes (premier cour) | Original

Titre ADN : Endride
Traduction : La course ne se termine jamais

Parmi les anime de cette liste, il y a des séries que je trouve singulièrement mauvaises, pas drôles, mal fichues, décevantes, ou au contraire réjouissantes, belles ou/et intéressantes. Toute une ribambelle d’opinions qui peuvent se former au contact avec toutes ces œuvres différentes. Mais aucune, je dis bien aucune série de cette liste ne m’a laissé aussi parfaitement indifférent qu’Endride.

La série nous présente les aventures d’un protagoniste à l’allure tout à fait oubliable, qui se retrouve transporté dans un monde de fantasy où certains peuvent extraire des armes de leur torse (bonjour Guilty Crown, ça faisait longtemps qu’on s’était pas vu). Doté d’une passivité qui ferait passer un saule pleureur pour un écureuil cocaïnomane par comparaison, celui-ci va se contenter pendant tout le cour de se laisser entrainer par les événements, sans jamais vraiment produire quoi que ce soit ou laisser la moindre impression sur le téléspectateur, et d’ailleurs si je n’ai pas cité son nom ce n’est pas pour faire un effet ou quoi que ce soit, c’est juste que je l’ai oublié. Pendant douze épisodes, il va donc se contenter de rencontrer un prince Sasuke-esque, qui le mènera des oubliettes d’un château à un camp de révolutionnaires, sans faire quoi que ce soit d’intéressant ou de remarquable sur le chemin. Je vous le dis tout de go, rien de ce qu’Endride propose ne mérite le dérangement, les personnages sont insipides, l’univers vacille entre l’incohérent et le réchauffé, et la majorité des événements présentés sont cliché. Seul bonne idée, le fait de suivre une troupe de révolutionnaires dans leur campagne contre l’actuel souverrain, avec le côté politique que ça implique, mais même ça est pas mal survolé, et vu la fin du cour, je doute très très fort que l’idée soit poursuivie bien loin dans le cour suivant de toute façon. Je ne vais pas mentir, j’en ai eu très vite marre, d’autant que la série est assez moche. Le fait est que je compte continuer à la regarder jusqu’au bout, tout en gardant miérablement à l’esprit ce qu’évoque sur la première partie du titre, et en attendant avec une hâte à peine dissimulée que ça soit son tour d’intervenir.

#50: KochinPa!

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n/a | 12 épisodes de 15 secondes (4 derniers épisodes) | Mascotte

Non licencié en France
Traduction : Papa est tout dur

Des anime dont vous n’avez jamais entendu parler, vous allez en voir un certain nombre dans ce billet, mais des anime qui en plus n’ont même pas bénéficié d’un sous-titrage, officiel ou pas, dans une langue vaguement compréhensible par nous-autres occidentaux, je vous rassure, celui-ci sera le seul. Qui plus est, je dis que vous n’en avez jamais entendu parler mais si vous êtes un lecteur fidèle, vous reconnaissez peut-être le machin, et effectivement, j’en ai déjà parlé dans le précédent bilan, au numéro 40. En l’occurrence, durant ce cour KochinPa! n’a fait que terminer un cour normal de 12 épisodes, mais avec une diffusion un peu aléatoire qui fait que ça a débordé sur le printemps. Rien à rajouter donc, les blagues n’ont pas changé, le concept n’a pas changé, c’est toujours trois idols en 3DCG dans un anime de 15 secondes par épisode, qui font des blagues dont la chute est généralement qu’elles n’ont pas le temps de finir leur blague. Seul véritable argument de la série, vous pouvez la visionner légalement sur le site officiel, en japonais sous-titré runes, ce qui vous permet, si comme moi vous apprenez le japonais, de vous sentir incroyablement doué parce que vous avez compris des bribes de ce qu’elles ont dit. Oui, car ce classement valorise le fait de donner à mon égo un peu de grain à moudre. Et non, je n’ai (toujours) pas honte.

#49: Seisen Cerberus: Ryuukoku no Fatalités

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Bridge | 13 épisodes de 25 minutes | Jeu smartphone

Titre Crunchyroll : Cerberus
Traduction : Le dragon Fajitas en guerre contre un iench

Endride vous a atterré ? Vous allez adorer Seisen Cerberus. Cet anime raconte l’histoire d’un jeune épéiste errant, tout de noir vêtu et doublé par Yoshitsugu Matsuoka (oui, monsieur Kirito de Sword Art Online). Celui-ci cherche à venger ses parents qui se sont fait fumer par le dragon maléfique qu’ils essayaient de sceller, tentative qui s’est donc soldée en un échec cuisant (ho ho ho, cuisant, dragon, qu’est-ce qu’on se marre). Il est accompagné dans sa quête de son fidèle gardien bourrin et d’un sidekick réptilien rigolo, pingre et de petite taille (imaginez Danny DeVito dans un mauvais cosplay de dragon). Lors de ses pérégrinations inintéressantes, il est rejoint par une fille mentalement pas très active, aux origines mystérieuses. Mal écrit et éhontément cliché, avec des persos ajoutés au chausse-pied histoire de faire rentrer un peu toutes les races et les classes du jeu dont la série est adaptée, peu drôle et franchement pas beau, Seisen Cerberus fait plutôt fort, il faut avouer. C’est d’autant plus dommage que les artworks (officiels, a priori) utilisés en endcard ont plutôt de la gueule. Alors pourquoi ça se retrouve devant Endride au classement ? Parce que l’anime peut se vanter de deux scènes plutôt jolies, d’un côté l’explosion qui scelle l’échec des parents du héros au début du premier épisode (un cut qu’ils ne vont d’ailleurs pas s’empêcher de réutiliser dès qu’ils peuvent), et de l’autre une bataille dans une espèce de plaine désertique avec des flaques d’eau au sol. Autre avantage notable par rapport à Endride, il est deux fois moins long, et déjà fini.

#48: Kagewani: Shou

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Tomovies | 13 épisodes de 8 minutes | Original

Titre Crunchyroll : Kagewani -II-
Traduction : Le pape attend sa sœur à l’ombre, vu qu’il faut chaud

La série professionnelle qui essaye le plus fort du monde d’avoir l’air d’être de l’animation indépendante est, à ma grande surprise, de retour à la télévision pour une nouvelle saison. Si la série a son lot de fans, vous savez peut-être que je ne suis pas l’un d’eux (numéro 20 sur 23 cet automne). Mettons, qui suis-je pour juger, la série n’est pas inintéressante. Problème, cette nouvelle saison est encore moins réussie que la première. On garde le concept d’un anime court d’horreur avec des créatures mutanto-surnaturelles, où l’on suit un professeur qui s’y connait plutôt dans le domaine et qui va essayer de minimiser le nombre de victimes. On garde aussi la réalisation façon projet d’arts plastiques qui aurait mal tourné : de nombreux éléments de la série sont simplement des photos qui ont été légèrement redessinés, et je ne vous parle même pas de qualité d’animation, on est clairement pas là pour ça. Le résultat est souvent plus cocasse qu’autre chose, tant et si bien que je me retrouve plus à regarder la série pour ça que pour autre chose. Mais alors pourquoi c’est moins bien ? Parce qu’au lieu de faire des épisodes plus ou moins indépendants présentant chacun un monstre différent, monstres qui avaient au moins tendance à bénéficier d’un design recherché, Kagewani: Shou se concentre sur la traque du Kagewani, développant ainsi un scénario gentiment cliché et globalement pas bien fou (encore une histoire de méchant qui essaye de s’approprier une entité mystique surpuissante alors qu’il est évident que le machin va lui becter le profil dès que possible). Dernière chose, les deux nouvelles theme songs de la série, bien que cool, sont très loin d’égaler Arrival of Fear, celle de la première saison.

#47: Big Order

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Asread | 10 épisodes de 25 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Big Order
Traduction : Gros déchet

Je sais que ce n’est pas évident pour l’instant, mais je n’aime pas spécialement casser. C’est quelque chose que je dis souvent aux étudiants, et c’est tout aussi valable pour mes bilans. Ça ne m’apporte rien et, tant qu’à faire, je préfère trouver des façons d’apprécier une série qui a des défauts, plutôt que de la descendre bêtement. Seulement voilà, pour l’instant c’est pas facile facile d’être gentil. Cela dit, Big Order est déjà un titre qui ne profitait déjà pas d’une bonne réputation avant même d’atteindre le petit écran japonais. Accusé d’être un nouveau Mirai Nikki (par le même auteur), sans originalité et edgy comme un célèbre procureur, par des gens qui se découvraient un mépris nouveau pour Mirai Nikki, il ne partait pas gagnant. Avant tout, je vous le dit comme je le pense, j’ai vraiment aimé Mirai Nikki, c’était un bon thriller globalement assez bien ficelé et très prenant. Big Order, bon, d’accord, c’est une autre paire de manches.

Dans Big Order, on suit Eiji Hoshimiya, adolescent dans un monde ravagé. Problème un, c’est lui qui a ravagé le monde, sans trop le vouloir, à cause d’un pouvoir mystérieux nommé Order. Problème deux, une jeune fille fort charmante est transférée dans sa classe, et elle a des intentions moins que pacifiques, à base de taser et de katana (et là j’active ma carte piège : non, ce n’est pas Yuno, c’est pas du tout le même personnage type, et elle n’est pas aussi cohérente que celle-ci). Du coup, il décrasse un peu son Order (imaginez un Stand dont les règles sont mal branlées, genre un Stand qui aurait été écrit par Kubo), qui lui permet de dominer tout ce qui est à sa portée. Ainsi, il domine la jeune fille, et il décide que tant qu’à faire, il ferait bien de dominer quelques culs à travers le pays parce que tout ça commence à bien faire. Franchement, le récit de base est plutôt intéressant, mais si on veut faire un parallèle avec la licence Sonic, le problème de Big Order n’est pas l’edge de ses personnages, mais bien le fait qu’il va beaucoup trop vite pour son propre bien.

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J’abandonne ce parallèle immédiatement, et je reviens au sujet du jour. Big Order va à toute vitesse, comme un automobiliste français sur l’A4 qui reviendrait d’une semaine en Allemagne. Big Order ne prend jamais le temps de se poser et de faire l’essentiel de son travail de narration, et causes et conséquences se carambolent et on se retrouve avec une heure de bouchons en provenance de Strasbourg. Mais cessons de parler du manga et passons à l’anime. Eh bien figurez-vous qu’il va encore plus vite, comme un second automobiliste qui se servirait de la carcasse de la première comme tremplin pour décoller, direction nord-nord-ouest, à destination d’un terrain de type « aucun garagiste ira te chercher là ». Bon, j’arrête de filer cette métaphore avant que Luc Besson ne vienne me racheter les droits, et j’enchaîne, ça me fait pas du bien d’écouter le 107.7 en écrivant. Je vais donner un autre exemple, peut-être plus compréhensible. Le manga de Big Order est Hatsune Miku no Shoushitsu -DEAD END-, l’anime est sa version nightcore. On s’est compris ? Non ? Parfait.

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Bon, bref, Big Order va vite, beaucoup trop pour son propre bien. Pour ne rien arranger, le mec au script a complètement pété une durite, ce qui veut dire fin inédite incohérente de bout en bout, décousue jusqu’au bout de l’aiguille, en plus d’être, pour le coup, sacrément edgy. Le truc original, c’est que ça veut aussi dire sous-entendus incestueux qui étaient pourtant absents du manga et qui se retrouvent là au premier plan (dis-donc onii-chan qu’est-ce qu’on va faire en s’embrassant tous nus sur le lit dis donc), et je tiens à dire que cela ne suffira pas à m’amadouer. Cela dit, le manga à la base était déjà pas mal fan-servicieux, mais là on manque d’atteindre le point Yosuga no Sora. Le problème c’est que clairement, à la base, l’intention du manga n’est pas mauvaise, bien que celui-ci ne soit jamais véritablement intelligent ou intéressant. Même dans l’anime, je vois de la bonne volonté à la réalisation, avec une claire influence Shaftienne, dirons-nous, dans ces plans rapides sur des détails plus ou moins abstraits, mais une fois de plus, l’intelligence n’est pas là, et si on voit de jolies choses çà et là, les idées derrières restent lourdaudes. J’aimerais apprécier Big Order, mais je suis désolé, c’est daubé. Dernier paquet de remarques avant de clore cette apparente cabale solitaire, Big Order fait quelques références plutôt discrètes à Mirai Nikki, que j’ai trouvées appréciables (bon, c’est pas fou, mais on s’amuse avec ce qu’on a, hein). Déjà, l’anime se paye un (bon) opening par la chanteuse du fameux premier OP de Mirai Nikki. Qui plus est, un fameux seiyuu qui a joué un personnage clé de Mirai Nikki fait un petit retour que je qualifierais de caméo, puisque le légendaire Norio Wakamoto (Deus ex Machina dans MN) se retrouve ici à doubler un des Order inutiles (oui, ils sont plusieurs à être présentés à grands renforts d’effets et à ne servir strictement à rien). Il a littéralement une ligne, on le revoit plus après ça. Donc je préfère rester positif et voir ça juste comme un gentil caméo vocal. Je ne vais pas penser au fait que j’aurais aimé entendre Norio utiliser son Stand de contrefaçon, je vais juste m’assoir là, et attendre que ça me passe. En l’écoutant compter des moutons (merci Poyjo pour ce lien magique).

#46: Bonobono (2016)

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Eiken | Un certain nombre d’épisodes de 6 minutes (premier cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : Bono Bono
Traduction : U4

Enfin nous sortons des marécages de la nullité pour profiter avec satisfaction des eaux tiédasses de la médiocrité et des anime qui ne sont pas pour moi (oui, je sais, la métaphore s’effile un tantinet sur la fin). Pour profiter de cela, quoi de mieux qu’un anime avec un contexte maritime ? Bonobono est une loutre, qui vit dans la nature avec ses petits amis de la forêt, et son papa loutre qui est un peu à la masse. On suit la vie de Bonobono et ses amis, à travers des situations comiques très simples. Adaptée d’un manga qui est en cours de publication depuis pile trente ans, cette série anniversaire s’adresse sans ambiguïté à un public très, très jeune. C’est lent pour que les petits puissent bien comprendre, le dessin est simple aussi, et pour tout dire, tout ça a très peu d’intérêt pour nous autres pauvres adultes, même si quelques blagues marchent assez bien pour tous les publics. En général dans les anime kodomo, j’aime bien fouiller pour trouver des double-sens cachés ou des questions philosophiques étonnamment profondes dissimulées par un scénariste coquin, mais je n’ai trouvé rien de tout ça dans le cour présent, alors bon, tant pis.

#45: Wagamama High Spec

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Axsiz | 12 épisodes de 4 minutes | Visual novel

Titre Crunchyroll : Wagamama High Spec
Traduction : Rien à battre je veux ma GTX Titan

Vous le savez probablement déjà mais à titre de rappel, et pour le bien de l’accroche de cette critique, je tiens à vous rappeler que l’immense majorité des adaptations en anime servent avant tout un rôle de promotion du matériel original. Certes, me direz-vous, mais quel que soit le but, cela implique toujours de créer une nouvelle version de l’œuvre qui tienne debout toute seule, peu importe sa proximité avec le matériau original, donnant ainsi à la chose un intérêt. En théorie, je vous dirais oui. En pratique, un grain de sable se glisse dans ce raisonnement, et ce grain de sable se nomme Wagamama High Spec. « Adaptation » d’un visual novel de Madosoft, la série invoque les guillemets sur son appellation comme chaque visionnage de l’AMV Enfer 2 invoque l’écoute de Monster de The Automatic. Si je n’ai pas lu Wagamama High Spec, je pense pouvoir vous assurer assez clairement que cet anime n’en est pas une adaptation, mais bien une publicité, ou au mieux un complément. Chaque épisode présente une situation comique impliquant les héroïnes du VN, sans l’implication du personnage principal masculin. Vous allez me dire, ce n’est pas un problème. Si, puisque le truc c’est qu’on ne connait pas les héroïnes, et qu’il est fait très peu d’efforts pour nous les présenter. La dernière partie de la plupart des épisodes, elle, assume purement son statut publicitaire en présentant directement au spectateur un jeu smartphone nommé KakoTama. Bon, alors pourquoi c’est pas plus bas dans le classement ? Parce que si la plupart des blagues ne sont pas très originales, certaines m’ont fait rire, et qu’il  a un peu d’ecchi, et que je ne suis qu’un moindre mâle.

#44: RS Keikaku: Rebirth Storage

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n/a | 1 épisode de 25 minutes (Special) | Original

Non licencié en France
Traduction : Plan pour les réseaux sociaux : Nettoyez votre disque dur (NdT : plan signifie keikaku)

Bonjour, on aimerait faire une série de mecha mais on a plus d’idées depuis dix ans, y’a moyen que vous nous en donniez ? C’est probablement ce que vous auriez pu trouver écrit sur les affiches du concours d’une boîte d’édition de romans smartphone (si), concours dont une des conséquences directes est ce special, produit par le Bokutachi no Mitai Mecha Anime o Tsukurou Seisaku Iinkai (comprendre : le comité de production de l’anime de mecha qu’on voudrait voir, littéralement). Dans RS Keikaku, on trouve une invasion extraterrestre super pas cool, et un jeune homme très capable mais incompatible avec le mecha qui doit permettre à l’humanité de repousser la menace. Entre en scène une jeune fille de son âge, une forte tête qui est, elle, tout à fait compatible avec ce mecha qui se contrôle directement avec le ciboulot. Les deux vont devoir collaborer pour repousser les aliens, mais  il va bien vite s’avérer que le mecha fait des trucs pas terribles au cerveau de sa pilote. En fait, le scénario est plutôt sympathique dans l’idée, le twist principal est très cool, le mecha design est passable (le robot principal est pas mal fait mais les ennemis ressemblent à rien), il y a un ou deux bons cuts, mais au final, c’est vraiment l’idée principale du scénario qui vous restera en tête, l’esthétique générale de l’anime ainsi que les personnages étant globalement assez oubliables. Et le problème, c’est que quand on doit tout mettre dans un seul épisode, forcément, on va un peu vite, voire très vite. Pire, l’anime ouvre des portes intéressantes tout en sachant qu’il sera absolument incapable d’aller explorer tout ça. Il n’empêche, peu importe si le résultat en tant que tel n’est pas fameux, RS Keikaku montre des promesses et nous fait nous dire qu’on aimerait voir un concept comme ça bien plus développé. En fait, pour être tout à fait clair, si RS Keikaku était un pilote pour quelque chose de plus développé, je serais assez emballé, mais en tant que tel, c’est juste un petit pétard mouillé sans conséquence, au point d’en être frustrant, et c’est bien dommage.

#43: Pan de Peace!

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Asahi Production | 13 épisodes de 4 minutes | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : Pan de Peace!
Traduction : C’est pas du citron sur ton pain

Pour le coup, j’ai très peu de choses à dire sur cette petite série slice-of-life avec des filles mignonnes qui explorent le domaine fascinant de la boulangerie. Ensemble, elles vont découvrir différents types de pain et apprendre à les apprécier. Ça essaye d’être rigolo mais ça ne l’est que rarement, le décalage des situations n’est pas bien exploité, aucun des persos ne reste véritablement en tête, mais surtout, et c’est pour moi quelque chose d’impardonnable pour un anime qui parle de bouffe : ça donne pas faim. Les pains sont ni vraiment bien dessinés ni suffisamment mis en valeur pour que la série n’accomplisse quoi que ce soit. En somme, un slice-of-life moe redoutablement médiocre, sauvé des tréfonds du classement seulement par quelques moments agréables, et le fait qu’il soit court. Le fait est que ça se regarde, m’enfin tant qu’à faire, autant retourner sur Yakitate!! Japan, un point c’est tout.

#42: Terra Formars Revenge

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Liden Films & TYO Animations | 13 épisodes de 25 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : TerraFormars Revenge
Traduction : Contrôle au Lieutenant-Colonel Thomas, vous avez vraiment fait d’la meeeerde

Il est des licences prometteuses en manga qui n’ont juste pas de bol. Après une première adaptation maltraitée par une censure au burin, Terra Formars s’offre une seconde chance avec une seconde saison, en en profitant pour changer quasiment intégralement de staff au passage (c’est à peu près le même studio en charge, mais c’est un peu tout ce qui reste). Pour rappel, Terra Formars est l’histoire d’une planète Mars que l’humanité a tenté de terraformer en y envoyant de la mousse et des cafards. M’est avis qu’ils auraient probablement mieux fait de faire fondre la glace des pôles et d’envoyer des gondoles, mais qui suis-je pour juger de ça ? Du coup, la planète est effectivement terraformée, mais les cafards en ont profité pour évoluer comme des sagouins et devenir des balèzes intelligents de deux mètres de haut, peu enclins à la discussion civilisée avec la race humaine. En réponse, l’humanité envoie des humains génétiquement modifiés, avec des capacités empruntées à tout un tas d’espèces animales, pour combattre la menace et trouver en bonus le remède à un virus revenu sur Terre avec les restes de la seconde expédition vers Mars. La première saison faisait beaucoup place à des massacres unilatéraux d’humains par les prédatocafards (ce qui explique le niveau assez impressionnant de la censure de l’anime), et cette seconde saison adapte ce qui est pour moi l’un des derniers arcs intéressants du manga. Le résultat est en demi-teinte, pour dire ça poliment. Le premier épisode m’a en fait beaucoup fait penser à Reikenzan (#45 sur 47 au dernier bilan) : mêmes défauts techniques, même finition, et mêmes tentatives de contourner le problème en rajoutant un peu d’humour et de second degré au mix. Mais soyons honnêtes, d’épisode en épisode, la qualité du truc varie beaucoup (l’épisode 1 est particulièrement bancal, c’est idiot), et on a même droit à quelques scènes étonnamment réussies, dont la mort d’un certain personnage, mais globalement le résultat n’est jamais à la hauteur de ce qu’on pourrait attendre. Bon, je tourne autour du pot parce que je me refuse à comparer directement des médias différents, mais tant pis, je plonge : Revenge est bien moins beau que le manga dont il est adapté, et bien que regardable il apporte une plus-value très faible à l’œuvre, donc autant lire le manga. Voilà, je l’ai dit. Si vous n’êtes pas manga du tout pour quelque raison que ça soit, Revenge se regarde, mais manque clairement de polish, donc ne vous attendez pas à grand-chose de fou. Et histoire de finir cet avis sur un bon mot, je tiens à dire que j’aurais aimé que les cafards soient doublés par Nakata, johj.

#41: Shounen Ashibe: Go! Go! Goma-chan

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Bridge | Pas mal d’épisodes de 9 minutes (premier cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : Shônen Ashibe Go! Go! Goma-chan
Traduction : Go-Go-Gadgeto Bleach !

Après Bonobono, voilà une autre série courte orientée petite jeunesse, adaptée d’un 4-koma trentenaire, qui revient. Dans Shounen Ashibe, on suit Ashibe, jeune garçon qui se trouve un lion de mer, qu’il nommera Goma. On le suit dans sa vie d’écolier, avec son mammifère marin sous le bras et ses amis et sa famille autour de lui. En l’occurrence, Shounen Ashibe profite d’un humour plus universel que celui de l’anime sus-cité, avec pas mal de blagues qui peuvent fonctionner sur un peu tous. Ah, et étonnamment, l’ending déchire, dans son genre débile et déluré. Bref, une petite curiosité rigolote et regardable en famille, avec votre progéniture.

#40: 12-sai.: Chicchana Mune no Tokimeki

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OLM | 12 épisodes de 25 minutes | Manga

Titre Glénat (le manga étant publié en France mais pas l’anime) : 12 ans
Traduction : Prépubères : l’excitation des petits seins

Voulez-vous que je vous dise ? Je pense que l’industrie de l’animation japonaise ne regarde pas les petites filles avec les bons yeux. Et là je vous vois venir, non je ne me suis pas soudainement mis à renier Ro-Kyu Bu! et Black Bullet, soyez un peu attentifs. Si les adaptations de shoujo sont relativement communes, je pense qu’on manque de séries façonnées spécifiquement pour un jeune public féminin, qui s’adressent à leurs questionnements sans tendre en même temps la main à un public masculin adulte. Je ne vous parle pas de faire une adaptation de Léa Passion Enjo Kousai, mais bien de s’adresser intelligemment aux jeunes filles. Coup de bol, 12-sai. fait exactement ça.

On y suit Hanabi, une toute jeune collégienne, amoureuse d’un garçon de sa classe. Un beau jour alors qu’elle répète pour le cours de musique en compagnie dudit garçon sur le toit du bahut, ils aperçoivent par une fenêtre deux de leurs professeurs en train de s’embrasser langoureusement. Une chose en entraînant une autre, les deux collégiens se laissent emporter par l’ambiance. Peu de temps après, un autre couple se forme au sein de la classe. Ce qui est intéressant dans 12-sai., c’est que c’est un pur coming-of-age, explorant les espoirs et les inquiétudes de plusieurs filles de 12 ans. On suit des jeunes filles qui ne sont plus vraiment des enfants mais pas encore des adultes, et dont le corps et la perception du genre opposé commencent à évoluer. L’intention est très bonne et je pense que l’anime fait bon usage de sa thématique. Le problème, c’est que c’est une petite comédie romantique qui est du coup très ciblée, et qui pour nous autres adultes va sembler très simple, pas bien drôle, assez lenteet plutôt frustrante (il y a des baffes qui se perdent parmi leurs camarades de classe). Si ça ne vous dérange pas, c’est une série choupi et innocente qui se regarde sans déplaisir. Notez qu’une seconde saison est d’ores et déjà prévue pour cet automne, et à vue de nez je dirais qu’il ne serait pas déraisonnable de miser sur une nouvelle douzaine d’épisodes.

#39: Onigiri

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Pierrot Plus | 13 épisodes de 4 minutes | Jeu vidéo

Non licencié en France
Traduction : Démon fou, elle découpe

Après avoir vilainement cabossé l’anime de Wagamama High Spec, il me vient à l’idée qu’il risque d’être difficile de défendre proprement Onigiri, puisque c’est à peu près le même principe. Là aussi, on a le droit à une série de gags impliquant divers personnages féminins qui correspondent, j’imagine, aux diverses classes du jeu. Le problème est le même, l’univers est présenté très sommairement et les personnages aussi. Le dernier épisode confirme ce statut de publicité plutôt que d’œuvre à part entière, en invitant directement le spectateur à aller jouer au jeu pour continuer le combat. Le truc, c’est qu’Onigiri est tout de même bien plus original dans ses vannes, avec un peu d’humour méta et même un ou deux jolis petits bouts d’animation (c’est pour une vanne, certes, mais tout de même). Dédicace au narrateur, qui est en feu et qui est probablement celui qui fait le plus de blagues réussies dans le lot. Bon, et puis j’aime bien la chanson de l’opening. De toute façon, c’est court, donc vous risquez pas trop de vous faire rouler de votre temps.

#38: Gyakuten Saiban: Sono « Shinjitsu », Igi Ari!

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A-1 Pictures | Une chiée d’épisodes de 25 minutes (premier cour) | Visual novel

Titre Crunchyroll : Ace Attorney
Traduction : Queue de poisson devant le TGI de Marseille, attention me parlez pas sur ce thon

Imaginez que vous attendez des années de savoir quelle voix a un personnage, et qu’au moment où vous l’entendez enfin parler il a la voix de Yuuki Kaji. Voici une comparaison qui représente, à mon humble avis, fort bien ce qu’est cet anime Gyakuten Saiban. Pour rappel, le premier jeu est sorti en Europe sous le nom de Phoenix Wright: Ace Attorney presque dix ans exactement (le 31 mars 2006) avant que cette adaptation animée ne sorte, puisqu’il est bien ici question d’une adaptation de ce premier jeu, et potentiellement du reste de la série. Mais d’abord, faisons un rappel. Gyakuten Saiban / Ace Attorney raconte l’histoire de Phoenix Wright, avocat de la défense débutant qui va se retrouver confronté à plein de cas criminels alambiqués, et va devoir tenter de prouver à chaque fois l’innocence de son client. La série est caractérisée par une bonne dose d’humour et de bonne humeur malgré son contexte a priori très sérieux, des personnages hauts en couleurs et des procès qui vous tiennent en haleine des heures durant. Probablement une des portes d’entrées vers le visual novel les plus accueillantes qui soit (et bien que la qualification de visual novel ne soit pas nécessairement applicable à la série, m’enfin faisons simple), la série a fait les grandes heures de la Nintendo DS, et est toujours très populaire des années après alors que Capcom continue à être Capcom et se dit que ça serait intelligent de sortir les nouveaux jeux en Europe en catimini, sans boîte et sans traduction française.

Du coup, ce premier cour de Gyakuten Saiban adapte les quatre affaires originelles du premier jeu de la saga, et y rajoute un épisode inédit pas très très utile. Alors, c’est bien ? Malheureusement, et comme la position de la série dans ce classement peut l’impliquer, pas très. Le premier épisode, adaptant donc la toute première affaire du jeu, permet de voir très facilement tout ce qui ne va pas avec cette adaptation. Déjà, ce n’est pas beau, mais si ça n’était que ça, ça irait. Le problème, c’est plutôt la réalisation. Si la fidélité est quelque chose de très apprécié par les fans dans tout travail d’adaptation, le réalisateur (qui était en charge des storyboards de ce premier épisode) est sans doute allé bien trop loin dans son idée. Si vous connaissez le jeu, vous savez que toute la mise en scène des procès de la série est axée sur quatre postes (qui sont toujours vus de la même perspective) : la barre du témoin, la tribune de la défense, la tribune de l’accusation et le siège du juge (en plus de l’occasionnel plan global sur la salle). Le gars s’est dit qu’il serait intelligent de garder les mêmes plans que le jeu, et le résultat, il fallait s’y attendre, c’est une mise en scène qui a un balai dans l’espace personnel, jusqu’au point du ridicule. Heureusement, l’anime finit par récupérer un peu son indépendance niveau mise en scène plus tard, notamment sur le troisième procès, mais le niveau reste pas bien haut. Toujours au rayon des problèmes, l’anime est obligé de faire quelques raccourcis (histoire d’éviter que chaque procès dure un cour entier), certains pas très heureux (notamment sur le quatrième procès), et qui ont comme effet secondaire de réduire notre exposition à chaque personnage secondaire. Du coup, là où on retenait une grande majorité des témoins du jeu, dans l’anime ils sont vite oubliés. D’un autre côté, il manque à l’anime ce qui fait une partie du charme du jeu et qui donne beaucoup de leur impact aux personnages : les réactions. Dans le jeu, chaque réaction forte se voit accorder de l’impact à travers un secouement d’écran, un bruitage adapté, et généralement la gueule pas possible que fait la personne sous le choc. Dans l’anime, la même attention n’est pas donnée aux réactions des personnages, et surtout, surtout, il manque à l’anime un des grands plaisirs du jeu : le breakdown des crapules. Je m’explique, dans le jeu, plus vous avancez le procès et plus vous détruisez le récit d’un témoin malhonnête, plus celui-ci commence à en ressentir physiquement les effets : sueur, tics qui ressortent, perruque qui se barre en couille, etc. Tout cela culmine toujours, au moment où vous finissez de prouver que le coupable n’est pas votre client mais bien le témoin présentement à la barre, dans une sorte d’explosion émotionnelle de la personne, de façon tout à fait cartoonesque mais toujours immensément satisfaisante. Destructions d’accessoires, rires hystériques, changements complets de personnalité, pertes de conscience, automutilations, j’en passe et des meilleures. Ce sont des moments qui marquent, qui vont souvent jusqu’à définir certains antagonistes dans la tête des joueurs, et qui sont essentiels à la construction, ou plutôt à la destruction, de leur personnage. Eh bien tout bêtement, ça n’y est pas. Et pourtant, j’aurais voulu voir un certain coupable, le visage déformé par la haine, s’amocher le crâne contre un mur du tribunal, mais ça n’a pas eu lieu. Eh non, ce n’est pas ça que le réal a retenu des jeux, c’est les plans fixes et les pointages de doigt qui font du vent (un peu comme dans le film de Takashi Miike). Pour moi, cet anime Gyakuten Saiban passe à côté de son sujet, et s’il reste agréable à regarder parce que dans le fond c’est Ace Attorney et que le scénario est costaud même en étant un peu malmené, il est en tous points similaire à ces films adaptés de jeux vidéo qui n’arrivent ni à être de bonnes adaptations ni à être de bons films (référence : à peu près tout Crossed). Pour le coup, la série pourra peut-être contenter ceux qui n’ont pas déjà joué aux jeux, ou les inconditionnels de la série qui veulent à tout prix voir leurs persos favoris bouger et parler, mais c’est à peu près tout. Pour finir, je tiens à dire que le choix d’Aoi Yuuki pour doubler Maya est parfait, et que si le premier OP de la série est effectivement un problème, il y a quelque chose qui me choque plus que ça, et je dois le dire bien haut : Phoenix, mec, tu fais tiep avec ton vélo et ton cartable.

#37: Honobono Log

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Fanworks | 10 épisodes de 2 minutes | Album illustré

Non licencié en France
Traduction : Défibrilaticien

Vous voulez un anime qui vous fasse dire « ah putain cet artiste j’ai dû le voir tout le temps dans ma timeline Twitter ou sur Pixiv mais je sais toujours pas qui c’est », tentez Honobono Log. Cet anime court a un concept simple : il présente à chaque épisode une scène mignonne, généralement avec un couple de jeunes adultes. L’esprit fait un peu blog BD japonais animé, mais est-ce vraiment un mal ? Sommairement animé, la série propose une certaine diversité de situations qui devrait faire en sorte qu’au moins un épisode puisse vous toucher, en fonction de vos expériences personnelles. Personnellement, ça m’en a plutôt touché une sans faire bouger l’autre, mais c’est quand même assez charmant, donc jetez-y un œil si ça vous tente. Aussi une plutôt bonne idée si vous voulez faire se défenestrer une personne célibataire et mécontente de l’être.

#36: Hundred

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Production IMS | 12 épisodes de 25 minutes | Light novel

Titre Crunchyroll : Hundred
Traduction : Moins bien qu’un afro

Attention, postulat de départ cliché en vue. Nous sommes dans un monde où l’humanité est menacée par une forme de vie inconnue nommée les Savage, et il existe un seul type d’arme pour y remédier : le Hundred. Hayato, un gars d’allure ordinaire mais qui a un certain passif en la matière, s’inscrit dans un lycée militaire maritime, où il va rencontrer tout un tas de nanas qui ont leur avis bien à elles sur ce qu’on peut faire avec la gravité terrestre, et où il va acquérir un Hundred, lui permettant d’aller en mission zigouiller du Savage. L’originalité n’est donc pas ici le maître mot.

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Cliché, fan-servicieux, prévisible (avec un des personnages travestis les plus évidemment féminins du monde), Hundred l’est, à un point assez dingue. Mais, il n’y a pas que des mauvaises choses dans tout ça. Déjà, l’anime n’est franchement pas trop moche, puisqu’il s’offre un certain nombre de sakuga de bon aloi (des effets de fumée, des impact frames, des cubes, bref, les animateurs ont pu s’amuser un peu), je vous invite par exemple à regarder l’opening, qui est extrêmement représentatif de ce qu’on peut trouver dans la série, en plus d’être plutôt cool. Soyons clairs, c’est pas fou, mais la série se tient bien de ce côté-là (et profite en plus d’un chara-design que je dirais que je ne déteste pas du tout), et ça m’a très agréablement surpris. Qui plus est, et là on en arrive au moment gênant, j’ai trouvé le fan service plutôt pas mal fait (dans le sens où il est amusant, et plus si affinités) et certains persos assez attachants. Soyons clair, il n’y a pas grand-chose de sauvable dans le scénario (on en arrive à un point où il y a un personnage qui peut reproduire des choses avec son pouvoir, qu’il active en criant « Trace, on »), mais franchement j’ai apprécié la série en mode plaisir coupable total. Et puis bon, Emile est kawaii, c’est un truc de dingue.

#35: Shounen Maid

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8bit | 12 épisodes de 25 minutes | Manga

Titre ADN : Shonen Maid
Traduction : Garçon helps me

Selon vous, quel est le personnage idéal pour un slice-of-life léger et agréable ? Une jeune fille un peu tête en l’air ? Un enfant qui s’en va vivre à la campagne ? Un camionneur quadragénaire qui aime jouer au mah-jong avec des tatoués pour égayer ses mardi soirs ? Ototachibana, mangaka de son état, vous offre une nouvelle alternative : un garçon d’environ 10 ans qui vient de devenir orphelin, et qui n’a aucun proche à qui s’adresser.

C’est sur cette prémisse complètement lol que se bâtit Shounen Maid, série josei qui suit la vie de Chihiro Komiya, orphelin qui découvre à moitié par hasard qu’il a en fait un oncle plutôt BG et super friqué. Réticent mais débrouillard, et très enclin aux tâches ménagères, Chihiro va se faire une place dans cette nouvelle maison en tant que domestique… mais avec un uniforme de maid, que le tonton, styliste, lui attribue d’office. Comme déjà dit, Shounen Maid est un slice-of-life, à tendance comique, plutôt bien ficelé, assez joli (surtout les décors). Une petite bizarrerie est que l’anime vous donne l’impression que le fait que la mère du héros vienne de claquer n’est absolument pas triste à en crever. Effectivement, l’anime aborde son drame avec subtilité et pudeur, mais peut-être trop (ce n’est qu’un écolier qui vient de perdre sa maman, comment ça se fait qu’il n’est quasiment jamais triste ?). C’est pour moi la principale particularité (je vous laisse voir si c’est positif ou négatif) de cette série qui, à part ça, peine à se démarquer du lot : ce n’est pas très drôle, ni très émouvant ni quoi que ce soit, il n’y a rien de bien fou là-dedans. Ça se regarde sans déplaisir, mais on n’en retient rien de vraiment marquant, et c’est un peu dommage.

#34: Super Lovers

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Studio Deen | 10 épisodes de 25 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Super Lovers
Traduction : Quelque part dans la foule il y a toué

Après avoir parlé d’un josei publié dans un magazine au nom fort équivoque de Comic B’s-LOG (et qui, franchement, est fréquemment à ça de tourner au shounei ai complet), autant parler d’un shounen ai sans complexes. Super Lovers, c’est l’histoire de Haru, jeune japonais aux airs de gaijin nordique, qui un beau jour se retrouve au Canada pour aller au chevet de sa mère biologique qui réside, donc, au Canada, et serait malade. Volte-face, la maman est en fait au meilleur de sa forme, et si elle l’a appelé ici ce n’est pas pour lui prendre la température, mais pour qu’il s’occupe de son nouveau frère. Ren est un garçon un peu sauvage que la mère de Haru vient d’adopter, mais qui a du mal à se faire au contact humain. À partir de là, la situation familiale de Haru ne va pas aller en s’arrangeant, mais au cours de l’été qu’il va passer au Canada, il va développer une certaine complicité avec Ren, qui va lui accorder une confiance grandissante. Un drame et une ellipse plus tard, on retrouve un Haru adulte qui vit une vie pas très posée au Japon, et que Ren va venir retrouver pour vivre avec lui. J’arrête de raconter ici, d’autant que le scénario n’est pas exactement simple à résumer (ou alors je suis super nul à ce jeu). Vous l’aurez compris, il y a une histoire d’amour qui va se faire entre Haru et Ren. Autant je n’ai pas forcément de mal avec les histoires d’amour qui peuvent se régler en traversant un couloir, autant j’ai un peu de mal avec celle de Super Lovers, et plus exactement avec la psychologie des personnages. Très peu de temps après l’avoir rencontré, et sans laisser paraître de développement émotionnel, Haru se met à embrasser goulument Rem bec à bec. Je dois bien le dire, je ne suis pas habitué aux shounen ai, donc peut-être le problème est-il de mon côté, mais j’ai énormément de mal à suivre la façon dont les personnages pensent. Qui plus est, avec sa mise en page typée shoujo et sa narration assez décousue, j’ai eu énormément  de mal à lire le manga (je retiens le chapitre qui se finit en Suisse, où l’un des personnages vient de partir en disant qu’il ne reviendrait jamais au Japon, et le chapitre suivant qui commence au Japon avec une très vague explication du pourquoi du comment). Heureusement, l’anime est, à mon sens, bien plus accessible que le manga, qui, pour le coup, m’est un peu tombé des mains. Ceci étant dit, l’anime est de temps à autres plutôt joli, les personnages sont assez sympa, l’aspect comique marche assez bien, donc je dois dire que j’aime bien. Si seulement je pouvais comprendre un minimum ce que les personnages pensent, ça m’aiderait beaucoup.

#33: Usakame

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Millepensee | 12 épisodes de 4 minutes | Manga

Non licencié en France
Traduction : Sailor Moon sous crack

Si vous connaissez la série Teekyuu (le fameux anime court de tennis), la vue de ce spin-off vous évoquera probablement la pensée suivante : « Qu’est-ce que c’est que cette merde, pourquoi elles jouent au tennis ? »

Eh oui, Usakame est un spin-off de Teekyuu, comique lui aussi, mais qui compte parmi ses différences notables avec la série de base le fait qu’il y a effectivement du tennis dedans. Autres différences : le style graphique est beaucoup plus léché, c’est presque moitié plus long, et c’est à peu près moitié moins drôle. On y suit les aventures de l’équipe rivale de celle des filles de Teekyuu, dans leur propre lycée. Si le style graphique est plus travaillé que celui de Teekyuu, il est aussi moins adapté au propos et moins apte à la déformation et à la débilité complète typique de la série de base. De plus, si les épisodes sont plus longs que ceux de Teekyuu (3min30 au lieu de 2min), c’est surtout parce qu’il y a un ending d’une minute trente qui s’est rajouté au mix, ending que je trouve d’ailleurs pas très approprié pour un anime de ce type. Un des problèmes principaux d’Usakame pour moi, c’est que les personnages ont du mal à s’installer, et qu’après douze épisodes je n’arrive toujours pas à retenir laquelle est l’imbécile, laquelle est l’idiote, laquelle est la cruche et laquelle est la débile (comprendre : les différences de caractère entre les personnages se font sur des points beaucoup moins clairs que pour les personnages de Teekyuu, donc on s’y perd facilement). Et plus on avance, et plus on voit qu’Usakame essaye d’accomplir quelque chose de différent par rapport à l’original (alors que le précédent spin-off, Takamiya Nasuno desu!, était tout à fait dans la lignée de la série de base). Usakame essaye de marquer des points en tant que slice-of-life, avec des personnages qui sont un peu tristes parce que c’est la dernière année au lycée de leur senpai, etc. Oui, mais quand on a du mal à distinguer les personnages, difficile de s’attacher et de trouver de l’intérêt aux tentatives du genre. Reste un anime court avec quelques bonnes blagues qui marchent bien, et un épisode où les filles de Teekyuu sont de passage, épisode qui s’avère être, tristement, le plus drôle du lot.

#32: Netoge no Yome wa Onnanoko ja Nai to Omotta?

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Project No.9 | 12 épisodes de 25 minutes | Light novel

Non licencié en France
Traduction : Et toi, en quoi t’es chou(te) ?

Tiens, justement, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas parlé des aventures d’un lycéen japonais qui joue aux jeux vidéo. Ici, le jeu est un MMO façon Ragnarok Online, auquel le personnage principal joue assidument, il a sa petite guilde, peinard, avec quelques potes dont une fille (enfin, un personnage féminin) avec qui il est marié dans le jeu. Après quelques mois à jouer ensemble, ils décident de se rencontrer dans la vraie vie. Coup de théâtre, tous ses camarades de jeu sont des filles mignonnes. Coup de cinéma, elles sont toutes dans son lycée. Coup du sort, sa « femme » est donc effectivement une fille, qui ressemble trait pour trait à son personnage, et qui a beaucoup de mal à séparer le jeu vidéo de la réalité. Toutes les filles de la guilde sont un poil touchées du bulbe, mais cette fille, Ako, est particulièrement (mal) barrée. De ce fait, la fille aime notre protagoniste principal comme si c’était son mari réel, ce qui est une bonne surprise, mais un poil problématique. Comme ils s’aperçoivent qu’ils se voyaient tous les jours sans vraiment se parler, et Ako s’étant ainsi enfin trouvé des amis au lycée, les quatre vont se mettre à interagir de plus en plus au bahut tout en continuant à jouer au jeu (d’ailleurs à partir de là, les avatars des filles vont être remplacés par leurs véritables apparences, pour le plus grand plaisir des yeux, surtout dans le cas de la tenue de Master). L’objectif premier de la série sera de rééduquer, en quelque sorte, Ako, pour l’aider à mieux tracer la frontière entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Problème, notre protagoniste va tomber amoureux d’Ako, ce qui ne simplifie pas la situation. Eh oui, on pourrait croire que c’est un harem, et par endroits ça donne l’impression de partir dans ce sens, mais au final pas du tout, c’est une comédie un poil romantique, parfois fan-servicieuse, avec des phases d’action (dans le jeu) et des tranches de vie. Si la série commence plutôt bien, en étant assez drôle et fun à suivre, la formule tend à s’essouffler en seconde moitié de cour, en continuant à multiplier les blagues et les histoires qu’un cynique notoire pourrait résumer en ces quelques mots : « les vrais geeks sauront 😉 ». Généralement c’est plutôt supportable même si en général j’ai du mal avec ce genre d’humour, et dans sa globalité je retiens la série comme un agréable moment, pas fou mais tout-à-fait honnête dans son genre.

#31: Kuma Miko

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Kinema Citrus & EMT² | 12 épisodes de 25 minutes | Manga

Titre ADN : Kumamiko
Traduction : Les recoins d’une jeune fille

Enfin, enfin un peu de repos pour moi, puisque pour ce qui est de Kuma Miko, j’ai déjà presque tout dit dans un billet dédié. TL;DR : si vous voulez voir la vie d’une petite fille de la montagne vraiment pas à l’aise avec elle-même, tentez Kuma Miko. Cela dit, en me relisant un peu je vois que j’avais rapidement comparé le manga à Non Non Biyori, pour son côté champêtre et paisible. Je tiens à amender mon propos, qui était maladroit. En effet, si Kuma Miko, surtout le manga, est effectivement souvent paisible comme un gisant, il est aussi assez bipolaire : on alterne entre des chapitres / épisodes avec juste Machi et Natsu et d’autres où on retrouve les autres villageois de Kumade, dont beaucoup sont fort bruyants et passablement pénibles. Ah, sinon, par rapport à la série, je dois dire la fin m’a laissé un poil circonspect du point de vue moral, j’ai l’impression d’avoir affaire à une sorte d’opposé moral à The End of Evangelion, et c’est assez gênant. Et oui, je viens de comparer Kuma Miko au meilleur film d’animation de tous les temps, qu’est-ce que vous allez y faire ?

#30: Aggressive Retsuko

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Fanworks | Pas mal, mais pas assez, d’épisodes de 1 minute (premier cour) | Mascotte

Non licencié en France
Traduction : Miss Queue est zehef

Quand je vous parle de Sanrio, la société qui fait Hello Kitty, ça vous fait penser à quoi ? Des chats, des arcs-en-ciel et des fraises ? Eh bien de la même société, je vous présente Retsuko, panda roux femelle anthropomorphique de 25 ans qui a un job de merde, qui est célibataire depuis beaucoup de temps, qui a des collègues relous et des supérieurs débiles, et qui évacue son stress comme elle peut. Sa façon préférée ? Aller chanter du death metal au karaoke. Je suis tout à fait sérieux. On a donc affaire à des petits épisodes comiques d’une minute chaque, qui présentent des bouts de la vie extrêmement frustrante d’une salariée japonaise moyenne, cachée derrière cette apparence innocente et tous ces poils. Non seulement c’est vraiment drôle, mais ça sent le vécu à pleines bouffées. C’est une curiosité que je vous recommande franchement d’aller regarder. Alors pourquoi c’est pas plus haut ? Parce que même si c’est drôle, c’est pas non plus incroyable une fois l’effet de surprise passé, et que ça reste pas mal limité par son format. Bon, okay, je m’agrippe à des pailles, la vérité c’est que j’arrive pas à justifier de le mettre plus en avant que les séries suivantes, même si personnellement j’aime beaucoup ce petit OVNI fort rigolo.

#29: Gakusen Toshi Asterisk 2nd Season

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A-1 Pictures | 12 épisodes de 25 minutes | Light novel

Titre Wakanim : Asterisk War
Traduction : Astérix à Poudlard 2

Et là, si vous suivez ce blog depuis déjà un petit bout de temps, vous allez me dire : qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Pourquoi tu mets cette merde d’Asterisk, numéro 19 sur 23 de ton bilan de l’automne dernier, devant une petite série que tu qualifie de coup de cœur ? Eh bien parce que si mon avis n’a pas changé par rapport au premier cour de la série, adaptant un scénario extrêmement cliché et peu intéressant typique de la moyenne basse des light novels, ce second cour nous arrive comme une très agréable surprise. Finies les formalités, la présentation des personnages et l’introduction de l’univers, on peut enfin passer aux choses sérieuses, c’est-à-dire un gigantesque tournoi de ston-ba rassemblant les meilleurs combattants des plus importantes académies d’Asterisk.

Du coup, ce cour met très, très fortement l’accent sur les combats, et ne fait pas semblant. Beaucoup d’effort est investi dans l’animation des combats, qui se tapent tous des cuts assez impressionnants. Comme j’imagine que la plupart des spectateurs potentiels ont abandonné tout espoir après le premier cour, le tag sakugabooru de la série est assez peu fourni mais donne de bons exemples de ce qu’on peut trouver dans ce nouveau cour, sachant que presque tout ce qui a été uploadé là-dessus provient de ce cour-ci. On remerciera pour ça principalement Takashi Torii, un animateur talentueux notamment responsable de pas mal de jolies choses sur Nanatsu no Taizai, récemment, qui s’est ici vu promu en main animator. À part ça, du point de vue scénaristique pur, la série n’a pas de quoi décoiffer qui que ce soit, mais ça n’est pas vraiment un problème. Non, le seul véritable problème, c’est le nouveau personnage de la maid de Julis, qui a une voix de chipmunk absolument insupportable (pourtant j’ai déjà entendu un ou deux rôles de sa seiyuu, mais ce niveau d’hélium, c’est du jamais-vu).

#28: Nijiiro Days

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Production Reed | 24 épisodes de 15 minutes (second cour) | Manga

Titre ADN : Rainbow Days
Traduction : Stupéfait par des rêves érotiques façon arc-en-ciel

Une fois de plus, une tête connue. J’ai déjà parlé de Nijiiro Days la saison passée (il était n°25 sur 47), et comme le reflète cette quasi-absence de changement de position, pas grand-chose n’a changé niveau qualité entre les deux cours. Enfin, soyons exacts, la vérité c’est que Nijiiro Days a troqué un peu de son rythme et de son humour en échange de la progression de la relation romantique principale. Comprendre : ce nouveau cour est plus lent et moins drôle. Heureusement, la série parvient à maintenir sans problème toute l’empathie qu’on peut avoir pour les personnages, et à nous faire désirer une nouvelle saison pour voir les relations amoureuses de ce groupe d’amis et d’amies se développer plus encore. Et puis si la nouvelle saison ne vient pas, ou en attendant, il y a toujours le manga.

#27: Kaitou Joker 3rd Season

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Shin-Ei Animation | 13 épisodes de 25 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Kaitô Joker (2016)
Traduction : Réponds à l’Homme-Mystère -Automne-

Si je vous parle d’un anime de ce printemps qui a Joker dans son titre et qui demande au spectateur de se creuser un peu le ciboulot, vous me répondez quoi ? Probablement pas la bonne réponse, et c’est bien dommage, parce que Kaitou Joker est un shounen tout ce qu’il y a de plus sympathique. C’est l’histoire d’un jeune voleur, pardon, d’un voleur fantôme nommé Joker. Mais me direz-vous, qu’est-ce qu’un voleur fantôme ? C’est ce que j’appellerais en d’autres termes un gentleman cambrioleur : un personnage qui réussit des vols quasiment impossible, sans manquer de prévenir à l’avance la cible du méfait qu’il s’apprête à commettre. Dans chaque épisode, Joker va donc essayer de faire un coup, et à chaque fois il va se retrouver à devoir trouver une astuce pour se sortir d’une situation à priori insolvable. Ensuite, l’anime demande directement au spectateur de participer en trouvant quelle astuce Joker a utilisé. Généralement, ça repose sur une astuce scientifique, et si l’anime est visiblement destiné à un jeune public, je dois dire que j’ai rarement capté le truc à l’avance (pour ne pas dire, hum, jamais). Joker est entouré de tout un casting fort varié, et dans les deux premiers cours, Joker était confronté au machiavélique et plutôt classe Professeur Clover. Malheureusement, ce fil rouge a pris fin avec le précédent cour, donc cette troisième saison reprend avec un nouvel ennemi (inutile lors de tout le cour), ainsi qu’un nouveau rival, doublé par Yoshitsugu Matsuoka, ce qui n’arrange rien. Bon, j’exagère un peu, le nouveau rival est plutôt sympatoche, mais à part ça je trouve que scénaristiquement ce nouveau cour est moins captivant que les premiers, où, si le fil rouge était moins présent, il était bien plus intéressant (notamment parce que Professeur Clover était classe et qu’il essayait visiblement de faire quelque chose, pas juste de finir un steak qui se régénère à l’infini). Ah, et autre déception, à part le premier opening que j’aimais bien qui s’est fait enfin remplacer pour ce nouveau cour, il y a le fait que la police est quasiment complètement absente de ce cour, ce qui veut dire que la mignonne aux cheveux violets qui sert de subordonnée à l’inspecteur Oniyama est aussi quasiment jamais à l’écran, ce qui est dommage vu qu’elle est best girl. Tant pis, on se contentera d’Ai.

#26: Ragnastrike Angels

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Satelight | 12 épisodes de 30 secondes | Jeu smartphone

Non licencié en France
Traduction : Les anglais débarquèrent en hiver

Vous vous souvenez de ce que je vous ai dit à propos des séries courtes qui étaient plus des pubs pures qu’autre chose ? Prenez ce que j’ai dit, et rajoutez un « Oui, mais ». Non parce que pour le coup, Ragnastrike Angels, c’est assez clairement juste une série de pubs, c’est trente secondes avec à la fin de chaque épisode l’adresse du site, quelques mots pour vous encourager à vous préenregistrer pour le jeu, et une ‘tite vidéo de gameplay. Oui, mais. Le truc, c’est que Ragnastrike Angels est très beau, profitant notamment d’un chara-design qui me fait beaucoup penser à celui de Saenai Heroine no Sodatekata (bon, okay, surtout pour la fille principale qui me fait beaucoup penser à Megumi). Généralement les anime vraiment courts sont plutôt animés par de petits studios, mais en l’occurrence c’est du Satelight (Symphogear, les dernières séries Macross). Le concept de l’anime, c’est qu’on a des jeunes filles qui, pour repousser une invasion de gros bestiaux pas cool, vont se retrouver agrandies jusqu’à une taille d’environ 40 mètres de haut, par une procédé que seuls quelques ermites de /d/ connaissent. Les épisodes où ça se bastonne ne sont franchement pas fascinants, vu que c’est juste des bribes de combat (autant qu’on peut en rentrer dans des épisodes d’une petite demie minute, quoi). Non, ce qui est cool, c’est les épisodes slice-of-life / fan-service, qui sont drôles (et plus si affinité, et affinité j’ai), et qui bénéficient fortement de ce joli chara-design et de cette jolie animation. Regardez notamment les épisodes 2-5 pour vous faire une idée de 90% des raisons pour lesquelles cette série s’est retrouvée dans la première moitié du classement. Je dis ça, hein.

#25: Kuromukuro

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P.A. Works | 26 épisodes de 25 minutes (premier cour) | Original

Titre Netflix : Kuromukuro
Traduction : Le coupable était le cadavre

Note : je n’ai vu que douze des treize épisodes sortis au cour de printemps.

Niveau cross-overs, je croyais avoir déjà vu des trucs pas mal, mais c’était avant que P.A.Works ne se ramène avec ce combo improbable d’Aldnoah.Zero, d’Evangelion, de Hibernatus et de Kyoukai no Kanata. Comment ça, il va falloir vous expliquer ? Okay, alors faisons le tour du proprio :

  • d’Aldnoah.Zero, nous avons les vilains extraterrestres qui ont un rapport obscur avec l’humanité et une société aristocratique, et qui sont en orbite autour de la Terre et décident de temps à autres de dropper du matos sur la surface histoire de rigoler ;
  • d’Evangelion, nous avons les entités gigantesques qui avancent lentement tout droit vers un objectif inconnu mais qui semble être à chaque fois dans une base alliée des gentils, ainsi que le personnage principal qui est très réticent à l’idée de monter dans ce putain de robot, et la ville environnante dont la vie s’articule beaucoup autour de la base militaire voisine ;
  • de Hibernatus, nous avons le mec qui s’est retrouvé figé à un moment dans le passé, et qui se retrouvé défigé dans le présent (enfin, en l’occurrence, c’est plutôt le futur, mais j’ai pas vu Hibernatus alors bon, peut-être que…) ;
  • et de Kyoukai no Kanata, on a le fait que l’anime vaudrait absolument rien si on avait pas le personnage féminin principal.

Récapitulons le scénario : Yukina est la fille de la directrice d’une base locale des Nations Unies, qui fait de la recherche sur plein de trucs secrets. Un beau jour, des vilains droppent des mechasses sur Terre, mechasses qui semblent se diriger en ligne droite vers des objectifs précis (qui semblent être, pour la plupart, des bases des Nations Unies). Pendant ce temps, Yukina, qui glandait dans la base, active par accident une relique mystérieuse dont sort un samouraï à oualp, qui va la prendre pour la princesse qu’il essayait de protéger, et va l’emmener copiloter un mécha contre son gré. Vous pouvez à n’importe quel moment décider de vous mettre à ignorer le scénario (qui pour l’instant ne nous offre rien de très très intéressant), pour vous concentrer pleinement sur le charme de Yukina, elle et ses cent visages. Le mecha design ne me convainc pas des masses non plus, heureusement les personnages sont tous assez bien croqués et franchement sympathiques (le samouraï est assez drôle et cool, notamment, mais à peu près tous les personnages secondaires ont leur charme, et ça c’est bien). Et sinon, à part le fait que l’opening soit cool, je n’ai plus qu’à faire remarquer que Yukina est sacrément mignonne. Pas bien fine, mais diablement choupi. Et dans l’épisode 12 il y a un massage un peu musclé, donc je pense que c’est plutôt un bon argument pour continuer à regarder la série, dans l’espoir que d’autres trucs lui arrivent.

#24: Sakamoto desu ga?

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Studio Deen | 12 épisodes de 25 minutes | Manga

Titre ADN : Sakamoto, pour vous servir !
Traduction : Le livre est pas droit mais bon, osef quoi

S’il est une adaptation dont l’annonce m’a pris par surprise, c’est bien celle de Sakamoto desu ga?, qui est survenue, de mémoire, juste avant la fin annoncée du manga au Japon au bout de quatre volumes. Le manga raconte la vie de Sakamoto, un lycéen dont l’existence est indissociable de la notion de classe. Quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise, quoi qu’il tente, Sakamoto s’exécute toujours avec une assurance impénétrable et un charme noble toujours lacé d’un filet de puérilité. Le problème de ça, c’est que le manga ne repose à peu près que sur un type d’humour : on ne lit le manga que pour voir comment Sakamoto va parvenir à conserver son charme miraculeux en toute situation. Personnellement, je trouve que c’est un humour qui n’est pas impérissable, et si ça me faisait bien rire quand j’ai commencé à le lire, j’ai trouvé les derniers chapitres un peu tièdes, alors qu’ils sont d’une qualité à peu près équivalente à mon avis. J’espère donc que mon avis sur l’anime ne sera pas trop biaisé par cette lassitude, mais je ne peux rien garantir.

L’anime a l’avantage de vous offrir, en l’espace d’une saison, un best-of des chapitres de Sakamoto, avec en plus la conclusion officielle du manga pour finir ça en beauté, donc pas le temps de se lasser a priori. La série s’en sort plutôt bien, même si elle n’est techniquement pas toujours au niveau, et qu’elle ne se bouge pas beaucoup niveau réalisation, à part pour quelques sketches qui sont particulièrement bien rendus (celui de la première moitié de l’épisode 10 est particulièrement bon, même si la façon dont ils ont rendu le rot m’a un peu déçu). Personnellement, je ne suis pas bien fan des personnages secondaires de Sakamoto, qui servent de toute façon automatiquement tous de faire-valoir, mais si je devais pointer du doigt un truc qui m’a énervé, c’est le leitmotiv musical de Sakamoto, qui revient en boucle plusieurs fois par épisode, et qui est très vite usant. En parlant de musiques, l’opening est une tuerie. Bref, je pourrais continuer pendant un bout de temps, mais le fait est que je considère que cette adaptation de Sakamoto desu ga? n’est pas une grande réussite. Le matériau de base est bon et l’adaptation est honnête, donc il y a largement de quoi s’amuser, mais le résultat n’est pas à la hauteur de ce qu’on aurait pu être en mesure d’attendre, surtout pour une adaptation de manga comique par Shinji Takamatsu, le réalisateur des adaptations de Danshi Koukousei no Nichijou et Gintama. L’homme semble toutefois ces derniers temps faire la transition des anime comiques aux anime avec des beaux mecs, et a peut-être vu en Sakamoto desu ga? un moyen de transition parfait. Mais si c’est bien son mode de pensée, alors je dois dire que c’est un mode de merde. Oui, je suis allé la chercher loin.

#23: Bakuon!!

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TMS Entertainment | 12 épisodes de 25 minutes | Manga

Titre Wakanim : Bakuon!!
Traduction : Sur un tapir

Et pour faire suite à une comédie parlant de classe et de sophistication, quoi de mieux qu’une série avec une moto parlante nymphomane émasculée qui se fait appeler « Pute » et Jésus qui s’achète des magazines de cul en plein jour. Eh oui, c’est ici que se retrouve Bakuon!!, la comédie la plus mentalement enfumée de la saison. J’en ai déjà parlé de façon assez complète dans un billet dédié que je vous invite à lire si vous voulez en savoir plus, notamment sur le manga, qui est très bon. L’anime, un peu moins. Pour rappel, Bakuon!!, c’est l’histoire de cinq jeunes filles, dont trois passionnées de moto, qui vont se rassembler autour d’une passion commune pour le fait d’aller vite, et former un club de motocyclisme. Celles qui ne l’ont pas vont passer le permis, et toutes ensembles elles vont partir faire des conneries sur la route.

C’est un manga incroyablement fidèle à lui-même dans la débilité mesurée. Du point de vue qualité graphique, l’anime est franchement très inférieur au manga, mais ça ne l’empêche pas d’être très drôle et très fun, sans arrêt en train de vanner absolument tout ce qui touche au monde de la moto, les marques existantes, les motocyclistes, même le concept même de moto. Au cas où vous ne vous rendiez pas compte du génie de ce truc, j’aimerais vous spoiler la vanne principale du dernier épisode, donc ne lisez pas si vous avez déjà envie de visionner la série. Bon, donc, dans le dernier épisode, on a le pattern habituel de l’héroïne qui fait un rêve à la con et se retrouve dans un monde parallèle. Le truc qui est différent dans ce monde, c’est que les gens sont devenus intelligents, et du coup les motos n’existent pas dans ce monde. Dans l’épisode final d’un anime dédié intégralement aux deux-roues motorisés. Au secours le génie. Malheureusement, l’anime est techniquement assez cracra, ce qui m’empêche de le mettre beaucoup plus haut, mais vraiment, si vous voulez rigoler un bon coup, regardez Bakuon!!, c’est de la bonne.

#22: Concrete Revolutio: Choujin Gensou – The Last Song

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Bones | 11 épisodes de 25 minutes | Original

Titre ADN : Concrete Revolutio – The Last Song
Traduction : Rêves d’un surhomme soulevant une Wii en béton – 50 ans de Johnny

Chose promise chose due, Concrete Revolutio est bel et bien revenu pour un second et dernier cour, histoire de répondre à toutes les questions avec lesquelles le premier nous avait laissé. Personnellement, je n’avais pas été convaincu par la série il y a six mois (#10), et aujourd’hui ne le suis toujours pas, et peut-être même encore moins. Franchement, je me vois mal résumer à nouveau le scénario de la série, donc j’apprécierais si vous pouviez aller voir le bilan sus-indiqué si vous avez besoin d’un rappel.

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Si ce nouveau cour a la bonté d’y aller beaucoup plus mollo niveau narration non-linéaire, il se rattrape en multipliant les mini-groupes de héros, les alliances et les trahisons, faisant que pendant les derniers épisodes je n’avais à peu près aucune idée de qui était dans quel camp. Et certes, je ne suis pas un garçon bien malin, mais je ne pense pas être le seul dans ce cas. Toutefois, j’ai vu très peu de réactions vis-à-vis de cette nouvelle saison sur le net, donc je ne sais pas trop quel est le consensus de ce côté-là. Qui plus est, au vu du dernier épisode, j’ai fortement envie de dire « tout ça pour ça », la résolution du conflit ressemblant à s’y méprendre à un violent foutage de gueule.

Mais voyons le côté positif des choses, Concrete Revolutio est toujours un anime d’action bien animé et qui embarque des sujets que l’on voit très rarement dans l’animation japonaise, la série s’inspirant fortement d’événements réels comme les révoltes étudiantes des années 60 au Japon, ou encore le Vietnam (pour le fameux épisode scénarisé par Gen Urobuchi, que j’ai d’ailleurs trouvé plutôt mouaif malgré la présence d’un de mes seiyuu favoris). Qui plus est, si le scénario global est assez alambiqué, notez bien qu’une certain nombre d’épisodes peuvent être appréciés à peu près indépendamment du reste de la série. Et comme je l’ai dit, l’anime est, comme sa première saison, très joli, pleine de sakuga savoureux, avec notamment un combat final superbe. C’est toujours ça de pris, non ?

#21: Tonkatsu DJ Agetarou

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Studio Deen | 12 épisodes de 9 minutes | Manga

Titre ADN : Tonkatsu DJ
Traduction : Agetarou le DJ Tonkatsu

Avec toute la bonne volonté du monde, je suis à peu près sûr que je ne trouverais pas de façon valable d’introduire cette série, alors tant pis. Tonkatsu DJ Agetarou est l’histoire de l’héritier d’un restaurant de tonkatsu (un plat à base de porc pané) qui aimerait devenir DJ, et qui à la suite d’une rencontre avec un DJ légendaire, va comprendre que le DJing et la préparation des tonkatsu sont intrinsèquement liées. Voilà voilà. Je ne sais pas s’il est vraiment nécessaire d’en dire plus, mais mettons. Tonkatsu DJ Agetarou est un anime surprenant, pour dire ça poliment. Équipé d’un style graphique très particulier, qu’il hérite de l’œuvre originale, l’anime se démarque tranquillement du reste de la production japonaise d’animation tout en partant dans ses propres délires. L’histoire n’est pas bien passionnante et le tout n’est pas à mourir de rire, mais le mélange improbable d’un anime de cuisine et d’un anime musical produit quelque chose de neuf, que ce style simple mais travaillé contribue à mettre à part. Tonkatsu DJ Agetarou est un conte étonnant sur un choc des cultures, une curiosité faite pour vous apporter une sorte de lol alternatif, et que je ne peux que remercier pour son existence.

#20: Kyoukai no Rinne 2nd Season

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Brain’s Brain | 25 épisodes de 25 minutes (premier cour) | Manga

Titre ADN : Rinne 2
Traduction : Circulez, circulez, y’a rinne à voir [sic]

Mais après cette incursion dans le bizarre, revenons vers un lol plus conventionnel, pour ne pas dire un lol institutionnalisé. En effet, Kyoukai no Rinne est le dernière gros produit issu des usines Takahashi, une maison qui tourne depuis la fin des années 70, qu’il pleuve ou qu’il vente, peu importe la crise. Je ne suis pas clair ? Bon. Kyoukai no Rinne est la dernière série importante publiée par Rumiko Takahashi, mangaka légendaire de son état, qui a à son nom des œuvres dont toute l’ironie du monde ne parviendrait pas à cacher l’importance : on parle d’Urusei Yatsura (Lamu en France), on parle de Maison Ikkoku (Juliette je t’aime), on parle de Ranma ½, on parle d’InuYasha. Héritant de l’humour et du trait de crayon caractéristique de son auteure, Kyoukai no Rinne, commencé en 2009, ne peut pas cacher sa relation de parenté avec ses grandes sœurs. Coup de bol, mes souvenirs de Ranma ½ sont hyper lointains et je n’ai lu ou vu aucune des autres séries de Takahashi, donc je peux juger Rinne sans avoir besoin de le comparer. Et le verdict est très clair : c’est très sympa.

Kyoukai no Rinne nous présente Sakura Mamiya, une fille normale qui a la particularité de pouvoir voir les esprits, et Rinne Rokudo, un lycéen mi-homme mi-shinigami vivant dans la pauvreté la plus absolue à cause de problèmes familiaux (à savoir : son père est un pourri de première). La grande force de Kyoukai no Rinne, c’est un casting de personnages secondaires variés avec plein de fortes personnalités (ce qui est autant une qualité qu’un défaut, parce que certains personnages donnent envie de les étrangler), et une dessinatrice débordante d’imagination. Kyoukai no Rinne nous présente plein de petites histoires qui emmèneront Rinne et Sakura résoudre les problèmes de spectres troublés, mettre fin aux bêtises d’esprits maléfiques, ou empêcher de nuire des shinigami crapuleux (dont le père de Rinne). Il y a des arcs un peu plus gros, notamment ceux qui introduisent de nouveaux personnages, mais en général les épisodes de Kyoukai no Rinne peuvent s’apprécier individuellement, et les situations ont le mérite d’être vraiment variées. Cette seconde saison continue là où la première s’est arrêtée, et il n’y a pas de différence de qualité ou de quoi que ce soit entre les deux. D’ailleurs, j’ai oublié de le dire, mais l’anime est franchement plutôt joli. Mais le plus important, c’est qu’on rigole bien, les gags vont à un bon rythme, c’est pas à se taper sur les cuisses de rire, mais on s’amuse franchement. L’absence de véritable fil rouge pourra poser problème à certains (le scénario n’avance pas, sauf pour introduire de nouveaux persos), mais à part ça, je ne vois pas grand-chose à lui reprocher. Et pour finir ma plaidoirie, je tiens à dire que Sakura est la best girl incontestable, elle prend tout ce qui lui arrive avec une indifférence (apparente seulement) rafraichissante, sans parler de son charme inné, ce qui je pense est un argument important supplémentaire pour regarder Kyoukai no Rinne.

#19: Joker Game

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Production I.G | 12 épisodes de 25 minutes | Roman

Titre Crunchyroll : Joker Game
Traduction : Le Jokari

De base, il est relativement rare d’avoir des anime qui s’intéressent de façon réaliste à une période réelle de l’histoire mondiale. En ça, Joker Game est déjà une série qui mérite d’être signalée et appréciée, puisqu’elle s’attaque au Japon de la fin des années 30, avec ce que ça implique niveau bonne ambiance au boulot. Qui plus est, Joker Game ne joue pas le jeu du patriotisme, puisque s’il prend place un peu partout à travers le monde, le thème principal reste l’opposition aux idéaux de l’armée impériale de l’époque, idéaux qui ont mené à la mort des centaines de milliers de personnes en prolongeant plus que de raison une guerre déjà perdue, à travers la création de l’Agence D, un organisme de formation d’espions hors du commun répondant à un code tout à fait opposé à celui de l’armée. Histoire de finir au rayon des qualités, je trouve la série très propre (en même temps, Production I.G quoi) et le travail d’ambiance très réussi : non seulement l’anime semble dépeindre très efficacement son époque, mais il nous plonge dans l’état d’esprit des histoires d’espion, et l’on se met inconsciemment à soupçonner tout le monde.

Comme j’ai pu le laisser entendre, et comme l’implique cette position pas très glorieuse dans le classement par rapport à l’ambition affichée de la série, je n’ai malheureusement pas que des louanges à offrir à Joker Game. Le problème principal de l’anime est qu’il se contente de nous présenter des petites histoires d’espionnage sans vraie envergure, impliquant tour à tour chacun des huit espion de l’Agence D. Presque chaque épisode peut être regardé indépendamment du reste de la série (mis à part quatre épisodes qui doivent être regardés en paire), et aucune mission n’est véritablement passionnante : envoyer un message, trouver un homme, voler un document. Il n’y a pas vraiment de fil rouge, sinon celui de l’identité du lieutenant-colonel Yuuki, qui revient sans prévenir dans certains épisodes, fil rouge qui n’aboutira de toute façon pas dans cette saison. Pire, il manque à la série des personnages. En effet, vu que la série mise sur le réalisme, pas de couleurs de cheveux exotiques et pas de costumes extravagants, et de toute façon un espion se fond dans la foule, sa personnalité et son histoire sont montées de toutes pièces, ce qui fait que rien ne se produit entre le téléspectateur et les différents protagonistes (enfin, quand je les reconnaissais). Si les situations sont assez variées, il n’y a qu’un seul épisode que je retiens vraiment, c’est l’épisode 5, celui où un espion de l’Agence se retrouve capturé, et doit faire face aux chefs de l’agence d’espionnage locale du pays où il s’est mis dans la merde. Là, on a des personnages marquants, on a un peu d’émotion, on a quelque chose de vraiment intéressant. Bref, je suis content que cette série existe, conceptuellement, mais il lui manque quelque chose qui lui donne plus d’intérêt en tant que récit.

#18: Sousei no Onmyouji

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Studio Pierrot | Un paquet d’épisodes de 25 minutes (premier cour) | Manga

Titre Crunchyroll : Twin Star Exorcists
Traduction : La nouvelle saga L’Exorciste

Vers le début de ce classement, j’ai parlé de quelques séries qui se prenaient les pieds dans leur premier épisode avant de se reprendre, ce qui est, je pense, une anomalie assez étrange de production. Du coup, voici le cas inverse, celui qui est un peu plus normal bien que moins rassurant : l’anime qui part sur un premier épisode dément et qui montre vite qu’il a épuisé un peu toutes ses cartouches. Effectivement, le premier épisode de Sousei no Onmyouji nous offre une entrée de fou dans la série, plein de bonnes idées de réalisation et de plans intéressants, avec une très bonne animation et une bande-son électro qui tue par surprise (bande-son qui n’est d’ailleurs toujours pas sortie à part, je rage doucement). Pour information, Sousei no Onmyouji, c’est l’histoire de Rokuro, un jeune onmyouji (dans le cadre de ce manga, c’est un exorciste) qui s’est retiré de la profession depuis un drame, et de Benio, jeune prodige onmyouji qui vient vivre dans le même foyer que lui. Le boulot des onmyouji est d’affronter les Kegare (Impurs), des sales bestioles vivant dans un monde parallèle nommé Magano. Peu après leur rencontre, les deux apprennent qu’ils vont devoir (attention, ça spoile le second épisode) se marier et produire un enfant qui pourra mettre fin à la menace des Kegare. Sachant qu’ils sont tous les deux à peu près de l’âge du collège. C’est à peu près la seule originalité du manga, qui est à part ça un shounen de baston classique mais efficace.

Dès le premier épisode, l’anime affiche une certaine liberté par rapport à l’œuvre originale, mais on l’excuse puisque c’est surtout l’occasion de montrer l’ambition de l’anime avec de très beaux plans, notamment une attaque de Kegare dans le train de Benio qui est extrêmement jolie. D’ailleurs, une des originalités judicieuses de l’anime est de faire en sorte que le Magano reflète un peu le monde « réel ». Dans le manga, c’est pas mal toujours une sorte de terrain vague rocailleux avec quelques ruines çà et là, de mémoire, mais dans l’anime, le Magano a un peu de personnalité, et ça n’est pas pour me déplaire. C’est encore moins pour me déplaire, les Kegare sont extrêmement bien foutus, leur dessin et leur animation leur est propre (c’est probablement l’œuvre d’un animateur en particulier mais j’ai pas vu qui), et ça leur donne une gueule très particulière et particulièrement saisissante. En général, les scènes d’action dans le Magano sont assez impressionnantes. Problème, une fois toutes les bonnes surprises du premier épisode passées, et même si l’anime reste solide techniquement par la suite, le réalisateur n’arrive pas à cacher qu’il a déjà mis toutes ses idées dans le premier épisode, et les suivants ne font que ressasser ces idées. Bon, au pire, tant pis, le problème c’est que l’anime part assez vite sur une tangente par rapport au scénario original (pour ne pas dire qu’il part complètement en live, rajoutant des scènes inédites à volonté un peu partout), et maltraite un peu le rythme du manga (qui est assez bon ce dit en passant). Autre nouveauté de l’anime, Benio est accompagnée d’une mascotte créée spécifiquement pour pouvoir vendre des peluches et justifier la présence de Jun Fukuyama dans les events de l’anime. Autre problème, si l’anime est techniquement solide, d’un épisode à l’autre il est difficile de prévoir si on aura toujours des animateurs prêts à s’amuser, ce qui fait qu’on a quelques épisodes médiocres niveau action. Du coup, jusque-là, l’anime a montré beaucoup de bien et pas mal de moins bien, et si le bilan est positif jusque-là, je suis curieux de voir ce que Pierrot va en faire, et surtout, sur combien de cours ils vont tenter de l’exploiter.

#17: Koutetsujou no Kabaneri

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Wit Studio | 12 épisodes de 25 minutes | Original

Titre Amazon (même si la série n’est pas disponible en France) : Kabaneri of the Iron Fortress
Traduction : La cabane au fond du métro

« AH », disent les invités qui voient arriver la grosse pièce de la fête, se levant et pointant du doigt, montrant ainsi d’une part ladite grosse pièce et d’autre part leur propre impolitesse, vu que ça se fait pas de pointer du doigt. Ah. Ah, en effet. L’heure est effectivement venue de parler d’un gros morceau, Kabaneri pour le pas le nommer. Et en effet, comment ne pas le remarquer, vu les traces dans lesquelles il marche avec application. Vous ne voyez pas ce que je veux dire ? Alors jouons à un jeu : vous allez deviner à quel anime je pense.

Voyons voir… L’anime auquel je pense est une production Wit Studio réalisée par Tetsurou Araki (Guilty Crown), avec une bande son signée Hiroyuki Sawano. Dans celui-ci, l’humanité, menacée par des créatures humanoïdes entourées de mystère, s’emmure pour survivre. La seule chose dont on est sûrs par rapport à ces créatures, c’est la position de leur unique point faible, point faible toutefois difficile à percer, qui demande à l’humanité d’employer un équipement un chouïa uchronique, développé spécialement pour. Malheureusement, aucune forteresse ne semble être imprenable pour les sales bestioles. Le héros, un jeune homme, à la suite d’un drame familial impliquant les créatures, se jure de leur faire payer cher l’incident. Malheureusement, quelques coups de dents malheureux plus tard, le plan du jeune homme semble bien mal engagé. Choc et stupéfaction, le garçon réapparait devant les siens sous la forme de l’une de ces maudites créatures. Saura-t-il les convaincre qu’il est toujours sain d’esprit et volontaire pour affronter cette espèce dont il semble pourtant désormais faire partie ?

Bon, finalement, je pense que c’était assez simple, la réponse est évidente : c’était bien sur Shingeki no Kyojin. Plusieurs indices : de un, les Kabane n’ont pas qu’un point faible (trancher la tête semble fonctionner aussi), de deux, les armes de Kabaneri ne sont pas du tout uchroniques puisqu’on est dans une période clairement postérieure à une révolution industrielle, de trois, il n’a pas fallu deux coups de dent pour mettre Ikoma dans la panade, un a suffi, et de quatre, Ikoma n’a pas plusieurs « siens » devant lesquels réapparaître, juste son gros copain. J’aurais pu développer plus encore les ressemblances entre leurs deux séries, mais je pense que ma mauvaise foi aurait commencé à se voir. Cela étant dit, il est clair que Wit mise à fond sur l’engouement pour Shingeki no Kyojin, et de l’attente, qui s’éternise, de la seconde saison, pour nous refiler son jumeau caché sans s’en cacher le moins du monde. Est-ce que ça cache une simple volonté de renflouer les caisses pour couvrir la production de la fameuse seconde saison, ou est-ce qu’on doit y voir une volonté de s’offrir une licence forte qui leur soit propre en tentant d’utiliser ce qu’ils ont appris en faisant la première saison de SnK ? Probablement un peu des deux, mais au vu des premiers chiffres de ventes (par ailleurs très honnêtes) de la série, il semblerait qu’ils aient toujours fort intérêt à soigner leur Titan.

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Mais je m’égare, je m’égare et je n’ai toujours pas vraiment parlé de la série. Kabaneri, c’est donc l’histoire de l’humanité qui attrape une sale apocalypse zombie, sauf que là les zombies s’appellent Kabane. Pour y échapper, l’humanité vit parquée dans des villes fortifiées, reliées par un réseau de chemin de fer et des trains eux aussi fortifiés. Il ne fait pas bon vivre dans cette société, et Ikoma, jeune forgeron de son état, cogite furieusement pour développer une arme qui puisse facilement tuer les sales bestioles, dont le point faible le plus évident principal est couvert d’une couche de fer. Le développement est un succès, et coup de bol, sa ville se fait attaquer par les Kabane. Il va donc jouer au héros avec son joujou, constater que ça marche, constater qu’il s’est fait mordre, et va devoir utiliser les outils de sa forge pour stopper de force l’infection. Il réussit, et devient par le fait un être mi-homme mi-Kabane et 100% émotionnellement relou, un Kabaneri. La majorité de l’action va se passer à bord et autour d’un train fortifié nommé le Koutetsujou. Alors qu’en penser, du scénario ? Eh bien malheureusement, pas grand-chose, parce qu’il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. La plupart des personnages sont creux et/ou finalement complètement inutiles (je retiens particulièrement la nana avec une queue de cheval latérale, Kajika, qui est pas mal mise en avant pour une raison que j’ignore puisqu’elle ne sert strictement à rien). Je vais sauter Ikoma même si il y a des choses à dire sur lui, et parler de Mumei, l’autre Kabaneri du coin, qui est probablement le personnage le plus développé et le plus intéressant du lot, mais qui est aussi utilisé de façon pas subtile du tout par le scénariste comme plot device : des fois elle est cool, et des fois elle devient complètement débile et fonce mettre tout le monde dans la merde (sans parler de son rôle vers la fin de la série). D’ailleurs la fin de la série, parlons-en un peu, sans trop spoiler. Est-ce que vous avez cru trente secondes au méchant, qui débarque d’ailleurs un poil tardivement dans la série, animé par des motivations complètement incohérentes (la principale étant « ouin papa ») ? Je vais passer sur la fin extrêmement prévisible, et laisser tomber les autres points du scénario qui me dérangent, comme la fois où le scénariste joue très grossièrement au yo-yo avec la sympathie que les passagers du Koutetsujou ont pour les Kabaneri, au cours de plusieurs épisodes. Et pour sortir du scénario, si le manque de personnages sympathiques est un défaut très subjectif de la série, je pense que, objectivement, la menace manque de personnalité. Les titans sont populaires parce qu’ils ont des gueules incroyables et un design unique. Mais les Kabane, auxquels la série doit pourtant beaucoup, manquent énormément de personnalité. C’est juste des zombies clodo avec un œuf au plat fondu sur le torse. Franchement vous pouvez mieux faire.

Bon, okay, tu n’as pas aimé le scénario ou les personnages, et tu trouves que c’est une repompe de Shingeki, alors pourquoi il est aussi haut dans le classement ? Déjà, parce que mine de rien, la série est fort jolie. Je ne parle pas des sakuga, qui sont finalement en quantité assez limitée pour une production avec ce genre d’ambition, ni du poste inédit mais bullshiteux de « Chief Makeup Animateur », mais bien des chara-designs originaux de monsieur Haruhiko Mikimoto (Macross, c’était lui) et du travail très important de lumières au sein de l’anime. La combinaison des deux donne des gros plans absolument superbes sur les visages des personnages et offre à l’anime une forte identité visuelle qui est très appréciable. Et si l’anime n’est certes pas parfait techniquement (je retiens un massacre dans l’épisode 9 qui comprenait plus de plans fixes que de plans véritablement animés, et quelques plans en 3D vraiment pas propres de l’extérieur du Koutetsujou), il se tient bien mieux qu’un certain nombre de productions du studio. Le truc qui fait pour moi que l’anime mérite une place assez haute tout de même est que plus on avance vers la fin, plus l’anime semble accepter sa nature de joli nanar série B, acceptation qui se confirme à la fin de l’avant-dernier épisode, quand plus rien ne va et que notre ami Bob le bricoleur décide de se la jouer Robocop. J’aurais aimé pouvoir dire que la série était belle comme un train qui déraille (je pourrais le dire si je prenais complètement au sérieux le scénario), mais en l’occurrence on va dire que c’est rigolo comme un train qui se trompe de rails. Et joli. C’est déjà ça, non ?

#16: Boku no Hero Academia

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Bones | 13 épisodes de 25 minutes | Manga

Titre ADN : My Hero Academia
Traduction : Pico à l’institut Xavier

Et voici un autre anime très attendu pour succéder au précédent. Ici, je tiens à légitimer la hype, puisque le manga d’origine est effectivement d’excellente facture. Au début de Boku no Hero Academia, Midoriya Izuku est un simple collégien. Normal, me direz-vous. Oui, sauf que non, puisque dans cet univers, depuis quelques décennies, tous les enfants naissent avec des superpouvoirs. Tous, ou presque, puisque Midoriya, fan assidu de super-héros, finira par découvrir qu’il fait partie d’une infime minorité qui n’a pas la capacité de développer un superpouvoir. C’est très ballot. Heureusement, le destin finira par lui sourire, et pas que le destin, puisque c’est le meilleur de tous les super-héros, All Might, qui apparaîtra un jour devant lui, et celui-ci, voyant du potentiel en Midoriya, va lui offrir la chance de devenir le super-héros qu’il a toujours rêvé d’être. À partir de là, Midoriya va se retrouver à tenter de passer les examens d’entrée de la prestigieuse académie des héros : Yuuei. Beaucoup de tracas pour entrer dans un lycée professionnel, donc.

Les qualités principales de Boku no Hero Academia sont notamment son rythme maîtrisé et sa myriade de personnages cool. Alors imaginez rapidement la tête du fan qui, regardant, le premier épisode, s’aperçoit que celui-ci ne couvre que la moitié du premier chapitre (soit une vingtaine de pages). Encore, si Bones avait pour projet d’en faire un anime au long cours, mais même pas, c’est du 13 épisodes. Au bout de 13 épisodes, on en est donc arrivés vers le tiers du troisième tome, un peu avant la fin du 21e chapitre (rappelons bien que hormis le premier chapitre, ce sont tous des chapitres d’une petite vingtaine de pages, denses certes, mais tout de même). Donc niveau rythme, on peut plus ou moins laisser tomber l’affaire, l’anime étant, à mes yeux de lecteur, bien lent, et je pense que même quelqu’un qui verra l’anime en premier repérera un certain nombre de lenteurs (notamment l’épisode 8 qui est consacré uniquement à boucler une épreuve et à s’occuper de la frustration de Bakugou, ce qui est le contenu d’un seul chapitre, le 11). Heureusement, la qualité du manga transpire tout de même à travers cette adaptation, avec ses personnages, son ambiance, ses combats cool, tout ça. Qui plus est, même si je pense que des trois séries de Bones de la saison, c’est celle qui a hérité de la courte paille (avec un niveau technique global plutôt inégal, pour dire ça poliment), HeroAca est tout de même agréablement garni de jolis cuts. C’est vraiment pas l’adaptation qu’on aurait pu espérer, mais elle a tout de même de belles choses à offrir. La question, c’est de voir ce que le comité de production a décidé de faire pour la prochaine saison, mais vu les scores d’audience de cette première saison, je ne veux pas courir le risque d’être optimiste.

#15: High School Fleet

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Production IMS | 12 épisodes de 25 minutes | Original

Titre Wakanim : High School Fleet
Traduction : Le croiseur s’amuse

Il est des séries dont il est facile de cerner les intentions. High School Fleet, ou Haifuri comme l’appellent nos amis les chinois, fait partie de l’autre catégorie. D’abord, on a les premières minutes où l’on découvre, après une courte scène du passé qui explique qu’elle veut rentrer dans la marine avec sa copine, l’héroïne de l’anime, en train de rejoindre l’académie en jet ski, fendant des eaux en 3D dégueulasse. L’image d’un nouveau KanColle est déjà présente dans ma tête, et quand, une fois le pied à terre, il s’avère que c’est une fille maladroite qui fait plein de gaffes, je peine à retenir un soupir. Bref, les voilà à la cérémonie d’accueil des nouvelles cadettes, et notre protagoniste rejoint le navire auquel elle est affectée. Après un petit accrochage avec ses nouvelles camarades, la voici sur le pont du navire, le Harekaze, un destroyer de deux bons milliers de tonnes, dont elle s’avère être capitaine, bien malgré elle. Dans ma tête s’enclenchent quelques interrupteurs, et les images de bateaux anthropomorphes se trouvent vite purgées de ma tête, pour être remplacées par des images, bien plus réjouissantes, de Girls und Panzer. Casquette de capitaine sur la tête, les premiers ordres fusent, et je commence déjà à imaginer des navires de guerre en train de drifter, non sans un certain enthousiasme. Leur premier exercice consiste à rejoindre leur instructrice en mer. Pour une raison X ou Y, elles arrivent avec un bon retard des familles. Et les voilà accueillies à coups de canon de la part du navire de l’instructrice. Pas genre des coups à blanc pour faire « coucou » mais en plus bruyant, non non, des bons vieux tirs dirigés très clairement vers le Harekaze, le genre de tirs après lesquels on s’attend à entendre des bruits métalliques et un vieux « bloub bloub ». Le traitement spartiate, peut-être ? Une tentative d’émulation du sergent instructeur Hartman ? Ça ne sera jamais que le second de la saison à le faire, après Kuromukuro. Non non, aucune communication n’est établie et les tirs s’intensifient, ceci n’est pas un exercice. Je me mets à imaginer une otarie maléfique noire et blanche qui leur annonce qu’elles sont en train de participer à un jeu, ou un espèce de connard de chat blanc qui leur annonce qu’elles vont devoir sacrifier des choses qui leurs sont précieuses pour défendre ce qui leur est cher. Dans les deux cas, l’idée d’un complot qui fait se retourner toute une flotte contre un croiseur seul et manœuvré uniquement par des bleusailles attise en moi le plus vif intérêt. Mais non, c’est pas ça non plus. Alors c’est quoi ? C’est à la fois un peu tout ça, et autre chose.

Très vite, on s’aperçoit que les actions de l’instructrice et de l’équipage de son navire n’étaient pas dues à un ordre d’en haut. Plusieurs navires de la flotte de l’académie ont cessé toutes communications et semblent avoir viré voyou. Du coup, les filles du Harekaze se retrouvent en plein dans la merde, et vont devoir essayer de s’en sortir comme elles peuvent, notamment en survivant à quelques escarmouches sérieuses. On a donc affaire à une sorte de revival Girls und Panzer dans le genre cute girls doing cute things militaire, mais en décidément plus sérieux. Mais pas toujours ! Si l’anime tente d’être sérieux, il n’ignore pas non plus sa nature et la raison pour laquelle ses bateaux sont remplis exclusivement de lycéennes. Du coup, on a le droit à un paquet de scènes mignonnes et rigolotes. Le problème, c’est que l’alternance fréquente entre une ambiance relaxée avec des scènes légères, et des scènes un peu plus tendues (que ça soit à cause de leur situation actuelle ou de désaccords au sein du navire) fait que l’anime a une désagréable tendance à donner l’impression d’avoir le cul entre deux chaises. On est pas au niveau d’un GuP pour le fun, mais le sérieux n’est jamais sérieusement sérieux. Le scénario est très vite prévisible, et du coup on apprécie surtout les scènes de vie, avec par exemple un épisode qui est consacré à l’organisation d’un festival à bord du navire. À l’opposé, l’anime est aussi l’occasion d’avoir des scènes bien cool (notamment l’abordage du navire allemand qui est très très bon et assez joli). Niveau technique d’ailleurs, l’anime est plutôt propre, si on ignore tout le côté bataille de bateaux en 3D bof-bof. Et puis la série réussit bien son taf en nous rendant le moindre personnage secondaire sympathique (à ce titre, la fille à la vigie est une sacrée warrior). Globalement, si High School Fleet ne semble pas être sûr de ce qu’il veut accomplir, il s’apprécie comme un très agréable divertissement et possède un solide potentiel sympathie, qui lui assurera sans doute une petite place dans vos souvenirs de cette année.

#14: Bishoujo Senshi Sailor Moon Crystal Season III

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Toei Animation | 13 épisodes de 25 minutes | Manga

Non licencié en France
Traduction : Tuée au combat dans la fleur de l’âge, elle navigue la lune, qui est à 3% de magnésium

Sailor Moon est une série qui ne nécessite pas de présentation, à moins que. À la base un manga de Naoko Takeuchi en 18 volumes, la série a connu une popularité mondiale grâce à une adaptation en anime moins que fidèle à l’original, qui se conclura à pile 200 épisodes. Vers 2010 s’initie un mouvement pour relancer la franchise, 18 ans après son lancement, et ça donne lieu à une première nouvelle adaptation en anime, sous-titrée Crystal. Cette nouvelle adaptation des deux premiers arcs de la série donne lieu à deux constats : un, c’est pas beau, deux, c’est chiant comme la bruine. Et effectivement, l’idée de Crystal était d’être infiniment plus fidèle au matériau source que son prédécesseur.

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Une constante reste : Ami est best girl.

Eh oui, je vais vous le dire comme je pense, Sailor Moon n’est pas, du moins pour les standards d’aujourd’hui, un très bon manga. Certes, le temps ne l’a pas arrangé, et là où la série était à l’époque assez innovatrice, en empruntant beaucoup, pour un shoujo typé magical girl, aux codes du shounen, elle semble désormais un peu désuète. Mais le temps ne fait pas tout. Déjà, à l’époque, à la demande de son éditeur, Takeuchi a dû relancer plusieurs fois un manga qu’elle pensait avoir terminé, donnant les cinq grands arcs qu’on connaît, ce qui fait un manga qui essaye tant bien que mal, mais peine se renouveler. Qui plus est, j’ai tendance à penser que si Takeuchi a emprunté des codes au shounen, elle n’a pas forcément retenu les bons trucs, et du coup le manga répète les asspulls casse-bonbons que l’on connaît, genre résurrections en chaîne, possessions qui se défont par la force de la volonté, artefacts magiques brisés qui se réparent par miracle parce qu’ils avaient une plot warranty, j’en passe et des meilleures. Alors oui, j’ai lu le manga récemment, et je ne suis pas vraiment le public visé, mais ce n’est pas tout. Le principal problème de Sailor Moon, pour moi, c’est que c’est un manga squelettique (et je ne parle pas du chara-design de Takeuchi). Il ne fait que ce qui est nécessaire pour le bien de son scénario, et ne perd pas de temps à mettre de la chair sur ce squelette. Du coup on a des personnages abandonnés très rapidement, on a des personnages importants qui sont très peu caractérisés. En sortant du premier arc, tentez de me citer un trait de personnalité de Rei, et vous verrez que vous allez patauger un moment. Or, si l’anime des années 90 était effectivement bourré ras-la-gueule de fillers, il avait le mérite d’insuffler une vie à tous ces personnages, et notamment aux Sailor Senshi. Mais bref, là n’est pas le sujet. On a donc eu en 2014 une adaptation fidèle des deux premiers arcs en anime, pour un résultat pas bien beau (surtout les transformations en 3D bien dégueu et quelques scènes d’actions storyboardées par des débutants). Et maintenant, nous allons parler de l’adaptation du troisième arc de la série.

Eh bien la vérité, c’est que c’est fou la différence que ça fait quand on s’octroie des animateurs compétents et un réalisateur pas trop manche. L’anime est produit par une partie de la team PreCure de Toei Animation, et on sent très très vivement la différence : les transformations ont une pure gueule, les attaques ont de l’impact, les combats sont cool malgré les designs de monstres de Takeuchi qui sont, pour le moins dire, primaires, les animateurs s’autorisent un peu plus de liberté par rapport au character design de base pour faire des réactions rigolotes, bref, on s’amuse franchement à regarder ça. Coup de bol, en plus, ce troisième arc est, pour moi, facilement le meilleur arc du manga original et de la première adaptation animée. On y découvre Sailor Uranus et Sailor Neptune qui vont clasher un peu avec le gang de Sailor Moon avant de s’associer contre la menace commune, Master Pharaoh 90, qui est par ailleurs doublé par l’excellent Takaya Hashi. En parlant de seiyuu, je déplore le fait qu’Uranus ne soit désormais plus doublée par Megumi Ogata, à qui le rôle allait pourtant comme un gant. Cela dit, le premier ending, chanté par les seiyuu d’Uranus et Neptune, est excellent, donc j’ai vite eu fait de me réconcilier. À part tout ça, j’ai toujours des problèmes avec le scénario, et notamment le moment où Usagi pique une crique de jalousie contre Chibiusa, qui est au top du ridicule, mais même ça n’arrive pas à m’empêcher de désigner ce Crystal Season III comme un très bon kiff.

#13: Magi: Sinbad no Bouken

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Lay-duce | 13 épisodes de 25 minutes | Manga

Titre Netflix : Magi: Adventure of Sinbad
Traduction :  Prestidigitation – La belle épée de Symbale

Après avoir amoureusement descendu un manga ultra-connu, histoire de faire une moyenne, je voudrais faire la promo d’un shounen pas assez connu à mon goût. Je veux dire, je sais que plein de gens le connaissent au moins de nom, mais j’ai l’impression que personne n’en a véritablement quoi que ce soit à branler de Magi. Magi, c’est un shounen de baston comaque situé dans un monde fantastique plutôt moyen-oriental (mais pas que), et pas trop bourrin. En effet, si la baston prend bien une place importante dans le récit, une place tout aussi importante est accordée à la politique. C’est un manga bien écrit, drôle (j’oubliais de le dire, mais l’humour du manga fait mouche sans problème), assez joli, plein de bouches agréablement rondes, et que je ne peux que vous conseiller. Eh bien Sinbad no Bouken est une série préquelle (non, je suis désolé, je n’écrirai pas « antépisode », nique la police, ce mot est hideux), écrite par la même auteure mais dessinée par une autre personne (c’est d’ailleurs à s’y méprendre). On y suit l’enfance d’un personnage central de Magi, Sinbad, le roi des sept mers. On y découvre vraiment toute sa vie, de sa naissance au moment, j’imagine (le manga est toujours en cours), où il devient ce qu’il est au moment des événements de Magi. En somme, c’est l’histoire de comment un homme est devenu complètement OP, en conquérant des donjons et en se faisant plein de camarades et d’alliés au passage. C’est encore un shounen de baston joli, bien écrit, drôle et fortement mariné de politique et de débats bien plus intellectuellement élevés que « fais ça où sinon tu vas voir ta tête à la récré ».

Du coup, première chose à dire, Sinbad no Bouken a d’abord été adapté en OVA, en cinq épisodes qui couvraient toute la période allant de la conquête du donjon de Baal à celle du donjon de Valefor, inclusivement. L’OVA est très, très, très solide techniquement, plein de sakugas et globalement très bien fini. Seul petit défaut, l’OVA se termine en faisant l’impasse sur un débat important entre Sinbad et le chef d’une nation. La série animée débarque et commence du début du manga, en allant jusqu’à la fin de l’arc d’Artemyra. Du coup, on a pour premier épisode l’adaptation du court arc de Badr, le père de Sinbad, avec son histoire assez tragique (que je trouve d’ailleurs moins marquante en version anime, j’ai l’impression que les villageois ont été un peu moins antagonisés dans la série). Ensuite de ça, les épisodes 2 à 6 sont, pratiquement sans altération, les épisodes OVA, avec pour seule modification le rabotage de la confrontation avec la princesse Serendine, qui se retrouve complètement expédiée alors qu’elle était rigolote dans l’OVA (mais bon, l’épisode OVA faisait genre 28 minutes, fallait bien trouver de quoi couper). Le problème, c’est que les épisodes qui suivent n’ont clairement pas profité du même soin (en même temps, va faire des épisodes de qualité OVA en hebdomadaire…), ce qui jure pas mal, à l’exception de l’épisode 12 qui revient à un assez haut niveau de finition avec force belles actions. Autre problème, ils n’ont pas changé la conclusion rushée des OVA, et ont fait un certain nombre de raccourcis hasardeux dans le scénar. Quelqu’un qui n’a pas lu le manga ne le repèrera pas vraiment donc j’imagine que ça n’est pas bien grave, mais je trouve ça tout de même un peu dommage. Dernier reproche, celui-ci plus personnel : Jaffar a la même voix quand il est clairement prépubère que quand il est adulte, et j’ai mis beaucoup de temps à m’y faire. C’est aussi le cas pour le petit frère de Mystras, mais ça, hein, osef. Malgré tout, ne serait-ce que pour sa moitié d’épisodes très réussis, l’adaptation de Magi: Sinbad no Bouken est largement recommandable. On aurait aimé voir le studio faire plus d’efforts, surtout quand ils avaient pratiquement la moitié des épisodes déjà faits sous la main, mais faute de grives, ce serait con qu’on se prive.

#12: Ansatsu Kyoushitsu: Final Season

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Lerche | 25 épisodes de 25 minutes (second cour) | Manga

Titre ADN : Assassination Classroom Saison 2
Traduction : Hans en a deux – La classe rentre en session

Peut-être avez-vous tiqué sur le titre, mais ne vous y méprenez pas, ce n’est pas une troisième saison qui prend place après Second Season que je vous présente ici, mais bien le second cour de Second Season, qui a décidé de se renommer, de façon fort appropriée, « Final Season » en cours de route. J’ai déjà beaucoup parlé d’Ansatsu Kyoushitsu, notamment dans un billet dédié, et je n’ai pas grand-chose à rajouter, sinon que l’adaptation a été à la hauteur des attentes.

#11: Bungou Stray Dogs

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Bones | 12 épisodes de 25 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Bungô Stray Dogs
Traduction : Le chien de Mickey. Ah non, merde, c’est l’autre.

Et à l’entrée du top 10, presque là mais pas tout à fait là, on retrouve le troisième Bones de la saison. Bungou Stray Dogs est l’adaptation d’un seinen qui, pour être tout à faire franc, ressemble plus à un shounen un peu violent qu’autre chose. Le récit commence sur les berges d’une rive, où un garçon affamé contemple sa mort prochaine. Surpris par un homme visiblement en train de se noyer, il décide de sauver celui-ci malgré tout. Après un bon repas avec ce personnage visiblement très déçu d’avoir été interrompu en plein suicide, il découvre que celui-ci fait partie d’une agence de détectives dont la plupart des membres possèdent des pouvoirs spéciaux. Engagé un peu malgré lui dans cette entreprise riche en personnages colorés, il se retrouve bien vite au cœur d’une guerre de factions avec d’autres groupes possesseurs de pouvoirs spéciaux. Bon. Mettons.

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L’une des originalités du titre, c’est l’identité des personnages. Notre personnage s’appelle Atsushi Nakajima, l’homme qu’il a rencontré se nomme Osamu Dazai, et dans l’agence de détective il va faire la rencontre de gens comme Ranpo Edogawa, Kenji Miyazawa ou encore Junichirou Tanizaki. Si vous n’êtes pas aussi incultes que moi, vous aurez sans doute remarqué que ce sont les noms de grands auteurs japonais. Effectivement, Bungou Stray Dogs est un manga qui tourne autour de la littérature, ou plutôt des auteurs. Les pouvoirs de ces personnages ont toujours le nom d’une de leur plus grandes œuvres, et apparemment leur comportement est inspiré d’éléments de la vie ou de l’œuvre des auteurs réels. Vous allez me dire, c’est bien beau, mais si on change les noms, il reste quoi ? Eh bien il reste un manga de baston très solide, bien rythmé, drôle, avec des pouvoirs originaux, de bons personnages, des bastons assez bien écrites et dessinées, et un chara-design réussi.

L’anime rend parfaitement honneur au manga, si on ignore le fait qu’il n’y soit soit pas extrêmement fidèle (on trouve en plein milieu de la saison un petit arc servant à caractériser Doppo que je n’ai pas vu dans le manga, je ne sais si c’est un filler ou une histoire plus tardive que le staff a jugé utile de déménager ici). L’anime profite de toutes les qualités du manga, en plus d’une réalisation inspirée (signée Takuya Igarashi, l’homme de Soul Eater et Ouran Koukou Host Club) et d’une animation solide. C’est drôle, c’est pêchu, et la fin de cette première saison amorce une guerre tripartite fort enthousiasmante. Il n’y a, franchement, pas grand-chose à lui reprocher de sérieux.

#10: Tanaka-kun wa Itsumo Kedaruge

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Silver Link | 12 épisodes de 25 minutes | Manga web (4-koma)

Non licencié en France
Traduction : Tanaka est lorem ipsum

Et l’on entame le haut du top 10 avec Tanaka-kun wa Itsumo Kedaruge. Le truc bien, c’est que comme j’ai écrit un billet dessus très récemment, je n’ai absolument rien à rajouter. Ah si tiens : « pfoulala Shirahishi

#9: Macross Delta

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Satelight | 26 épisodes de 25 minutes (premier cour) | Original

Non licencié en France
Traduction : Une série Macross où vous risquez de trouver un triangle

Probablement une des séries non licenciées en France qui aura fait le plus de bruit cette saison, cette nouvelle série Macross peut être regardée indépendamment du reste de la saga. Le fait est, j’en ai déjà parlé à la fin de mon billet sur la saga Macross, et comme le scénario a assez peu progressé depuis (je rappelle que je me suis arrêté à la fin du cours de printemps, hein), mon avis n’a absolument pas changé sur la série. Que dire de plus ? En tout cas jusqu’aux derniers événements de la saison, la série était pleine de bonne humeur et très très agréable à regarder, à part pour le fait que le risque que Mirage gagne est présent et bien présent. Aussi, dans la catégorie remarque inutile, je dois dire que j’aime beaucoup les Macross (les vaisseaux), et que l’Elysion n’y fait vraiment pas exception. Et sinon, si quelqu’un connaît un exorciste musical, je suis preneur, j’arrive absolument pas à me lasser d’Ikenai Borderline, ça devient super problématique.

#8: Flying Witch

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J.C.Staff | 12 épisodes de 25 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Flying Witch
Traduction : Lequel est en train de frire ?

J’avais dit que je n’étais même pas sûr qu’il serait dans le top 10, finalement le voilà bien en sécurité en huitième position : la simulation de sorcellerie paisible en milieu campagnard, Flying Witch, est décidément une excellente série à partir du moment où vous êtes sensible au genre du slice-of-life, et que vous n’avez pas trop besoin d’action. J’en ai déjà parlé dans un billet dédié, j’aime cette série d’amour.

Comme je n’ai pas grand-chose à rajouter, voici une petite anecdote pour vous si vous n’avez aucune notion de japonais. Le titre « Flying Witch » (en anglais dans le texte, enfin pour être très exact c’est écrit « furaingu uicchi ») est écrit ふらいんぐういっち, en hiragana, qui est un syllabaire normalement réservé aux mots japonais, au lieu d’être écrit フライングウイッチ, en katakana, l’autre syllabaire de la langue japonaise, qui est lui utilisé pour les mots d’emprunt et les onomatopées un tant soit peu dures, par exemple. Si ça arrive qu’un auteur écrive un mot censé être écrit avec un syllabaire avec l’autre, histoire de faire l’intéressant, l’idée est ici assez intéressante. En effet, en écrivant le titre avec le syllabaire japonais, l’auteur fait déjà passer l’idée d’intégration dans la société japonaise : Makoto, en tant que sorcière, n’est pas du tout éloignée de la société, elle y a sa place, comme une japonaise normale. C’est en tout cas mes deux centimes sur la question, en espérant que ça ait intéressé quelqu’un. Dans tous les cas, regardez Flying Witch.

#7: Anne Happy♪

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Silver Link | 12 épisodes de 25 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Anne-Happy
Traduction : Fier mulet

Si je n’ai pas fini de faire le tour des slice-of-life de mon classement, je peux d’ores et déjà vous dire une chose : si vous cherchez une comédie cette saison, ne cherchez pas plus loin, Anne Happy♪ est la came qu’il vous faut. Imaginez. Ruri Hibarigaoka est une fille normale. À part son amour sans fin et unilatéral pour un panneau de chantier, tout va bien dans sa vie. C’est donc une fille normale, vous êtes d’accord avec moi. Seulement, au lycée Tennogofune, elle va se retrouver dans la classe 7, surnommée la classe du bonheur, et dédiée exclusivement aux étudiants incroyablement malchanceux. Et dans cette classe, Ruri va découvrir des filles vraiment anormales. D’un côté on a An Hanakoizumi, qu’elle a rencontré pour la première fois alors que celle-ci était suspendue à une poutre au-dessus d’une rivière, en tenant un petit chien qui semblait bien déterminé à lui ronger le bras jusqu’à l’os. Celle-ci est attente d’un karma d’ex-tenancière de boucherie de petits animaux mignons, elle est tellement malchanceuse qu’elle a besoin d’un sceau mystique pour contenir la véritable puissance de sa déveine. Et cette fille qui une espèce visiblement très gravement menacée, semble toujours remplie d’une énergie folle, inconsciente du danger qui l’entoure. De l’autre côté, on a Botan Kumegawa, une jeune fille riche à peu près aussi robuste qu’un cerceau en papier. C’est donc en bonne compagnie que Ruri commence sa scolarité.

Anne Happy♪ est un anime follement drôle, les gags s’y enchaînent à un bon rythme, entrecoupés par des écrans fixes contenant d’autres gags. On pourrait croire que l’humour en viendrait un peu vite à tourner en rond, mais les filles trouvent toujours de nouvelles façons incroyables de se mettre dans la panade, et le lycée ne les aide pas vraiment, en tentant de les guérir de leur malchance par des méthodes un tantinet expérimentales, et qui plus est ce ne sont pas les seuls personnages au casting (on a notamment une prof qui semble ressortir du KGB et une mascotte robotique mystérieuse qui a un petit rap diablement accrocheur). Une autre particularité de la série est qu’elle n’hésite pas à SD-iser régulièrement ses personnages, généralement pour les chutes de ses blagues, et ça contribue à donner à la série une identité graphique assez reconnaissable et fort appréciable. Si je voulais le comparer à quelque chose, je dirais qu’Anne Happy♪ se rapproche beaucoup des premières séries de Yuru Yuri, mais en encore plus prompt aux gros délires. La série se regarde incroyablement bien, les filles sont toutes très mignonnes sans non plus en faire trop de ce côté-là, et surtout, surtout, on se marre vraiment devant. C’est de la bonne humeur concentrée et j’en veux plus, bordel.

#6: Uchuu Patrol Luluco

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Trigger | 13 épisodes de 8 minutes | Original

Titre Crunchyroll : Uchû Patrol Luluco
Traduction : Luluco, honnête face à la douleur

Si Anne Happy♪ est la meilleure comédie de la saison, comment appeler Lulcuo, sinon « meilleur OVNI de la saison ». Uchuu Patrol Luluco raconte l’histoire de Luluco, une fille tout-à-fait normale qui cherche à vivre sa vie normalement dans Ogikubo, une sorte de plate-forme d’immigration extraterrestre, et qui se retrouve un jour engagée plus ou moins de force dans la patrouille spatiale. Bringuebalée d’événement en évènement, Luluco va intervenir un peu malgré elle dans un certain nombre d’affaires criminelles cheloues avant de voir sa ville se faire pickpocketter par sa mère, pirate de l’espace de son état. Autant vous le dire simplement, Uchuu Patrol Luluco est à Imaishi ce que ma baguette de ce matin est à mon boulanger : une cristallisation de son œuvre. Et je ne veux pas juste dire que Luluco est un très bon Imaishi, non, c’est quasi-littéralement un musée des idiosyncrasies d’Imaishi et de ses copains.

Acathisique jusqu’au bout des doigts, la série bénéficie d’une animation assez folle. Divisée en micro-saisons, elle progresse à travers différentes étapes, d’abord les aventures à Ogikubo, puis l’attaque de la maman, puis l’exploration des univers, puis le moment où la série réalise son plein potentiel, et enfin la conclusion. Revenons sur la troisième saison, que je qualifie d’ « exploration des univers ». On y voit Luluco et la patrouille spatiale se rendre sur différentes planètes, chacune correspondant à une série, ou à un one-shot, de Trigger. S’il est bien sur agréable de voir des allusions appuyées à des œuvres qu’on connaît, notamment dans l’épisode Kill la Kill qui est très bon, Luluco continue à se laisser porter par le flow des événements, et elle n’est toujours pas maitresse de ce qui se passe dans son propre anime, ce qui est, je trouve, très frustrant. Et juste après que je me sois dit ça, Luluco entame sa quatrième mini-saison, où elle se trouve une histoire qui vaut le coup d’être racontée, et qui vous invite à lever le poing devant son écran, comme on aime. Tout ça culmine avec des épisodes 12 et 13 raide dingues, et où Luluco montre clairement au spectateur sa nature, et justifie au passage l’intégralité de ce qu’on a pu voir dans la série. Si un format court peut souvent prêter à penser que l’on a affaire à une œuvre mineure, Luluco est un indispensable pour tout fan de Trigger, et un grand moment pour n’importe quel fan d’animation qui a un tant soit peu touché aux œuvres de Hiroyuki Imaishi, qui est, pour rappel, le réalisateur de Tengen Toppa Gurren Lagann, Panty & Stocking featuring Garterbelt et Kill la Kill. Rien que ça.

#5: Ushio to Tora 2nd Season

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MAPPA | 13 épisodes de 25 minutes | Manga

Titre ADN : Ushio & Tora
Traduction : Tigre et garçon

Soyez très franc avec moi, quand on vous dit « shounen », vous pensez à quoi ? Si vous avez pensé à Kirei de Fate/stay night, c’est une bonne réponse aussi, mais je m’attendais plutôt à ce que vous me parliez de nekketsu, ce fameux archétype du manga de baston à sang chaud. Parce que là, on tient clairement un très sérieux candidat au prix de nekketsu de l’année, ce qui est pas mal pour une série qui date d’il y a plus de 25 ans. Ushio to Tora, c’est l’histoire d’un garçon nommé Ushio, dont la famille maintient un temple, temple censé abriter une lance sacrée. Du fait d’une suite de cas de force majeure, Ushio se retrouve forcé de retirer la lance de là où il l’a trouvé, libérant ainsi un puissant démon qui va le hanter pour tenter de le manger. Aidé par le pouvoir de la lance, Ushio parvient à maîtriser le bestiau, qu’il nommera Tora. À travers le manga, Ushio, et Tora qui se retrouve généralement à l’accompagner, vont traverser le pays et affronter de nombreux monstres pour découvrir la vérité sur la mère d’Ushio, sur la nature de cette lance ainsi que sur un monstre titanesque qui menace l’humanité depuis des millénaires, nommé Hakumen no Mono. C’est un manga que l’on pourrait classifier sans peine de classique, et qui est dessiné par Kazuhiro Fujita, qui fera plus tard Karakuri Circus et Moonlight Act. Parmi les qualités d’Ushio to Tora, on citera en vrac une ribambelle de personnages marquants, le développement très bien ficelé d’une relation de confiance entre hommes et youkai, des combats qui font bouillir le sang, et surtout un talent fou pour le design des monstres. Hakumen no Mono, dans le manga, est tout bonnement terrifiant, et il n’est certes pas le seul à être impressionnant. Le manga, qui est toujours très plaisant à lire aujourd’hui, a eu le droit en 1992 à une adaptation en OVA que je n’ai personnellement pas vue, mais surtout a eu le droit en 2015 à un retour sur le devant de la scène par le biais d’une série animée, dont voici la seconde saison.

Si la première partie d’Ushio to Tora bénéficie des qualités que j’ai évoquées ci-dessus, en plus d’une animation de bonne facture, elle est relativement classique. C’est un bon nekketsu, pas de problème. D’un autre côté, on a cette seconde (et dernière) partie qui nous présente une intrigue beaucoup plus sombre, en sautant un certain nombre d’arcs qui étaient de toute façon pas aussi intéressants. Des trucs pas cool arrivent autour d’Ushio, et pour couronner le tout, la confrontation avec Hakumen no Mono se rapproche inexorablement. L’ambiance évolue en fonction, et dans cette partie on sent le désespoir, il est pratiquement palpable. Même en sachant à l’avance ce qui va se passer, le premier épisode de la saison est un authentique brise-cœur. Et malgré tout, Ushio et Tora continuent d’aller de l’avant sans trop se décontenancer, tout en permettant à l’anime d’offrir un superbe exemple de travail d’ambiance et de psychologie des personnages. L’anime profite d’une réalisation de bonne facture (par le réal de Trigun) et d’une animation très solide. L’opening est top, le fait qu’un des grands méchants soient doublés par Norio Wakamoto est top, et cette adaptation est un excellent hommage à un très bon shounen.

#4: JoJo no Kimyou na Bouken: Diamond wa Kudakenai

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David Production | 39 épisodes de 25 minutes (premier cour) | Manga

Titre Crunchyroll / ADN : JoJo’s Bizarre Adventure: Diamond is Unbreakable
Traduction : Les Aventures Bizarres des JoJos : Diamant est Pas Crashé

David Production rempile pour l’adaptation d’une nouvelle partie, jusque-là inédite sur le petit écran, de la fameuse saga JoJo’s Bizarre Adventure. Pour information, cette partie est la quatrième, publiée dans le Jump de 1992 à 1995, et à la particularité d’être la première à se dérouler majoritairement, et même intégralement maintenant que j’y réfléchis bien, au Japon, dans la petite ville de Morioh. Morioh était une ville paisible… jusqu’à ce que sans raison apparente, des habitants lambda ne se mettent à gagner des Stands, ces pouvoirs surnaturels représentés sous la forme d’une créature qui se tient généralement à proximité de son possesseur. Josuke Higashikata, fils illégitime de Joseph Joestar (le second JoJo), aidé par Jotaro Kujo (le troisième JoJo) et quelques amis, va donc tenter d’y voir plus clair dans ce qui se trame dans cette ville. Ils vont donc tomber sur de nombreux utilisateurs de Stands et traquer la vérité jusqu’à remonter à la racine du mal qui ronge cette ville, histoire d’utiliser des expressions toutes faites. Un des grands charmes de Diamond wa Kudakenai, c’est le fait qu’Arakai (le légendaire mangaka de la série) commence à entrevoir tout le potentiel du concept des Stands, et commence à faire des Stands avec des pouvoir vraiment très originaux, qui fonctionnent toujours selon un système plus ou moins simple, ce qui donne lieu, en conséquence, à des combats très originaux.

Le manga est très bien, okay, mais qu’en est-il de l’anime ? Eh bien il est incroyable. Après une adaptation honnête mais franchement plan-plan et pas très bien rythmée de Stardust Crusaders, David nous livre un produit d’une qualité folle. Si l’animation reste ce à quoi le studio nous a habitués (c’est-à-dire généralement bien, mais inégal), l’anime nous prend par surprise avec une réalisation bourrée d’idées. Qui plus est, Diamond wa Kudakenai correspond à peu près au moment où le style d’Araki prend de la distance avec les machos bourrus des premières parties, et où il se lâche au niveau des couleurs sur ses couvertures. Transcrits à l’anime, ça donne une série avec une palette de couleurs inimitable et très stylée sans être franchement de mauvais goût (m’enfin, c’est une habitude à prendre). Si David a toujours fait attention à être fidèle à l’œuvre originale avec ses adaptations de JoJo, le studio passe ici à la vitesse supérieure en adaptant l’œuvre tout en y rajoutant leur propre perception de ce qu’aurait été JoJo si il avait été un anime et pas un manga. C’est un travail remarquable et fascinant, qu’on va avoir le plaisir d’observer jusqu’à la fin de l’année, en priant pour que ça ne se casse pas la gueule en route, ce qui me donnerait un sentiment plutôt compliqué.

#3: Sansha Sanyou

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Doga Kobo | 12 épisodes de 25 minutes | Manga (4-koma)

Non licencié en France
Traduction : Merci dresseur

Quoi ? Diamond wa Kudakenai, dont je vient de parler avec tant de passion, se retrouve déposé au pied du podium par une random série slice-of-life que je connais même pas ? Oui, parce que je veux à ce point que les gens jettent un œil à Sansha Sanyou, qui est pour moi très aisément le meilleur slice-of-life de l’année jusqu’à présent. Alors Sansha Sanyou, d’accord, c’est un slice-of-life, mais ça parle de quoi ? Comme le titre l’indique un peu, l’anime nous présente les façons d’être très différentes de trois jeunes filles, qui font plus ou moins connaissance en essayant de trouver un coin où bouffer tranquille au bahut. D’un côté nous avons Youko Nishikawa, une ex-jeune fille riche qui s’est retrouvée à la rue du jour au lendemain quand la société de son père a fait faillite, et qui depuis se nourrit de croutes de pain de mie assaisonnées à la mayonnaise, mais que ses habitudes de jeune fille de la haute ont empêchée de se faire des amis, bien que celle-ci soit très responsable et fidèle en amitié. De l’autre, nous avons Futaba Odagiri, trou noir vivant ayant récemment été transférée dans ce lycée, et représentation vivante de l’énergie. Et la dernière du trio est Teru Hayama, la présidente de classe à lunettes qui a l’air très sérieuse mais qui cache en elle-même une boule de vice et de malice. C’est avec ces personnages pas communs, ainsi bien entendu qu’une poignée de personnages secondaires récurrents très réussis, que Sansha Sanyou fait son business.

C’est du slice-of-life comique, ça peut parler d’un peu n’importe quoi, et c’est vraiment très drôle. Mais attends, vous entends-je dire, tu nous as déjà dit qu’Anne Happy♪ était la meilleure comédie de la saison, tu te foutrais pas un peu de nos gueules par hasard ? Ma réponse est : du tout, car là où Anne Happy♪ est une excellente comédie à tendance slice-of-life, Sansha Sanyou est un excellent slice-of-life à tendance comique. En vérité, j’aurais du mal à vous dire lequel des deux m’a le plus fait rire, mais il est 100% véridique que là où AH se présente avant tout comme une comédie, SS (mmmh) se présente avant tout comme un slice-of-life. Et non seulement les personnages sont bons et l’anime est très drôle, mais c’est aussi facilement le plus bel anime de ce top 10, du point de vue technique. Les animateurs ne s’épargnent aucun détail, même les plus minimes, dans les mouvements des personnages, et c’est encore meilleur quand les personnages font des têtes pas possible : les personnages se déforment et rebondissent, on a des effets de cheveux, de mouvement, et même des scènes entières faites rien que parce que les animateurs se disaient que ça serait cool. La scène où Futaba fait de l’air guitar en y mettant tout son Cosmos, par exemple, se range dans la catégorie des délires d’animateurs perfectionnistes, et au final on obtient un résultat quasi-KyoAniesque, niveau animation (toutes proportions gardées). Si vous ne me croyez pas, regardez son tag sakugabooru ! Cette série est juste un immense pied à regarder, une grande bouffée d’air frais qui se savoure par tous les pores de votre peau, un pur moment pour les zygomatiques et les yeux, et elle me fait énormément de bien, et j’aimerais que plus de gens la regardent. Oui, ça veut dire vous.

#2: Kiznaiver

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Trigger | 12 épisodes de 25 minutes | Original

Titre Wakanim : Kiznaiver
Traduction : Relations en état d’ébriété

Ah, nous passons là à un sujet sérieux, et à ce qui est peut-être un des anime les plus ambitieux de la saison. C’est un sujet tellement sérieux que je vais éviter de trop en parler, l’anime laissant la part belle à la subjectivité du spectateur. Kiznaiver, c’est l’histoire d’un groupe d’adolescents qui vivent dans une ville pas vraiment comme les autres, qui ne se connaissent pas tous, et qui vont se retrouver unis au sein d’une expérience visant à unir et partager leur douleur. Ce n’est rien de bien dark, c’est un simple système, nommé le Kizuna System, qui leur est implanté : si l’un d’entre eux se fait mal, les autres partageront sa douleur, qui s’en retrouvera diminuée. Parmi eux, on trouve Katsuhira Agata, un lycéen passif et indifférent, pour qui la douleur n’existe pas. Celle qui va les guider à travers les expériences du Kizuna System est une fille mystérieuse du nom de Noriko Sonozaki. L’idée derrière le Kizuna System, c’est que si les humains partagent leur douleur, ils seront ainsi plus aptes à se comprendre et moins prompts au conflit. Au départ, le scénario donne l’impression d’être une histoire de grande ampleur, mais au final Kiznaiver n’est pratiquement « que » l’histoire de ses propres personnages. Si je mets en exergue le « que », c’est parce qu’il n’y a pas forcément besoin de plus que ça, mais en l’occurrence l’anime laisse penser que le scénario va être de grande ampleur, or je vous conseille de considérer que ce n’est pas le cas. Le tout gagne juste un peu en ampleur à la fin, mais le soufflé dégonfle vite. Bref, à l’aide de ce système, Kiznaiver stimule et explore les relations entre ces personnages, et les thèmes de la relation à l’autre et de la blessure sont développés en parallèle de façon très intéressante.

Certes, tous les persos ne plairont pas à tous, mais il est presque garanti qu’il y en ait un qui vous parle, ou qui vous touche. Seul petit problème, ils sont loin d’être tous également développés, donc autant on a une fenêtre ouverte sur la psychologie, les émotions et le passé de certains, autant d’autres restent plus lointains. Il y a aussi un assez bon casting de personnages secondaires, et je tiens à dire que j’aime beaucoup le professeur doublé par Suwabe. J’aimerais plus développer sur les thématiques de la série, mais je préfère éviter le spoil, donc retournons sur du plus concret. Kiznaiver est béni d’une réalisation forte, d’un certain sens de la photo, d’un chara-design vif, d’un travail d’animation Triggerien mais approprié, et surtout d’un énorme travail sur les lumières. On notera aussi la présence amusante d’un élément de background inexpliqué, les Gomorin, qui sont surtout une occasion pour les animateurs du studio de se lâcher un peu. Dans tous les sens du terme, à la fois dans son apparence et dans la façon dont il aborde ses thématiques et les relations entre ses personnages, Kiznaiver est un bel anime. Imparfait, certes, difficile à présenter efficacement, j’en suis témoin, mais indéniablement beau, et intelligent, pour ne rien arranger.

#1: Re:Zero kara Hajimeru Isekai Seikatsu

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White Fox | 1 épisode de 50 minutes et 24 de 25 minutes (premier cour) | Light novel

Titre Crunchyroll : Re:Zero kara Hajimeru Isekai Seikatsu (Re:Zero –Starting Life in Another World)
Traduction : La tête à Toto dans le monde digital

Eh oui, mon anime préféré, ou plutôt, l’anime qui m’a le plus marqué cette saison est sans véritable conteste Re:Zero. Pour rappel, Re:Zero nous fait suivre la vie de Subaru, adolescent relativement moyen qui se retrouve transporté sans réelle raison apparente dans un monde parallèle typé fantasy. Au fil des expérimentations et des rencontres, il découvre qu’il est plus ou moins maudit, et que cela implique qu’il revient à une sorte de point de sauvegarde à chaque fois qu’il meurt. Il va notamment se lier d’amitié avec une demie-elfe mystérieuse, qu’il va accompagner et tenter de protéger d’une menace, de sorte à leur permettre de survivre tous les deux. C’est un peu difficile de résumer le scénario de Re:Zero, et c’est aussi un peu dommage vu qu’une partie de l’intérêt du scénario repose sur sa capacité à vous prendre par surprise. Avant tout, il faut noter la chose suivante : Re:Zero n’est pas un anime classique de fantasy, ce n’est pas un anime d’action, Subaru n’est de toute façon pas un combattant. Non, ce que Re:Zero est, c’est un thriller haletant qui désire vous faire hurler à chaque fin d’épisode avec un retournement de situation inattendu ou autres développements marquants.

Débarrassons-nous tout de suite des boulets : l’anime n’est généralement pas bien beau, à l’exception de quelques scènes de combat très bien animées, les deux personnages principaux sont probablement ceux qui sont les moins développés, et qui plus est la progression de l’anime est assez linéaire : on ne suit que Subaru, ce qui fait qu’on n’apprend que de ce que Subaru fait, voit et entend. De ce fait, il est agréable d’avoir un personnage principal actif, une forte tête toujours en mouvement, qui permet au scénario d’aller sans cesse de l’avant, même si ce même trait de caractère peut le rendre facilement difficile à supporter. Autre problème, de ce fait, il est difficile de voir à moyen ou à long terme, Subaru ayant généralement tendance à se concentrer sur sa survie ou celle de celles qu’il désire protéger. Dernier gros défaut, le premier épisode (qui est un épisode double) est assez mal branlé : la première moitié est assez moche (la foule de la capitale en 3D est juste immonde), Subaru ne pige pas du tout ce qui lui arrive du côté des morts alors que jusque-là il était en train de faire le fanfaron à répertorier les clichés qu’il observait, et puis ce qui se passe dans cette première moitié de premier épisode est simplement pas passionnant. Mais une fois passé ce stade, vous êtes enfermés dans un wagon d’une montagne russe dont le circuit ne prendra fin qu’à la fin de l’été. Oui parce que j’ai pour l’instant surtout listé des défauts, et effectivement, d’un point de vue objectif, Re:Zero n’est sans doute pas le « meilleur » anime de la saison. Alors pourquoi ? Parce qu’il touche les bonnes cordes pour un thriller. Presque chaque épisode se termine sur une situation scandaleuse qui rend insoutenable l’attente du prochain épisode, que ça soit un retournement de situation inattendu ou l’aboutissement logique des actions effectuées lors de l’épisode. L’émotion est là, l’adrénaline est là, et que demande le peuple d’autre ? Comment est-ce que vous voulez que je parle de la fin de l’épisode 4 autrement qu’en disant que c’est une pure merveille, qui vous fait réaliser en même temps que Subaru l’horrible vérité, avant de couper pour ne plus laisser affiché à l’écran que le titre de l’épisode et le reflet de votre visage outragé ? Et d’ailleurs les épisodes qui suivent, au moins jusqu’au 7, se finissent également avec maestria. Si Re:Zero a bien un don, c’est qu’il sait finir un épisode. D’ailleurs, l’opening et l’ending sont bons, mais on ne les voit presque jamais, le staff ayant besoin de la place pour mettre tout le scénario. Je retrouve dans Re:Zero la même capacité à choquer et à toucher que dans un certain Steins;Gate, dans un genre similaire (et par le même studio). Je pense qu’il y a pas mal de comparaisons à faire, mais le fait est que Re:Zero n’a pas arrêté de me toucher, en bien comme en mal, que ce soit avec une mort abrupte, avec une craquage psychologique ou un coup de baume au cœur salvateur. Certe, je suis très subjectif ici, et effectivement la série divise, mais à quoi bon bouder mon plaisir ? Re:Zero dispose d’une narration d’une puissance impressionnante, d’un scénario imparfait mais captivant, de personnages marquants, et tout fait mouche chez moi. D’ailleurs je tiens à dire que tant que je n’ai pas fini ce foutu bilan, je suis bloqué à l’épisode 13, avec pour seuls compagnons les titres des épisodes suivants, et le peu que j’ai cru comprendre des réactions de mes contacts Twitter. Je vous en prie, libérez-moi. Je veux voir la suite de Re:Zero, dussé-je y laisser le sommeil.


Voilà voilà. Au moment où j’écris ces lignes, il est 22:46 le dimanche soir, et je n’ai pas dormi depuis presque 36 heures. La simple rédaction du texte m’aura pris un peu plus d’un week-end entier, au final. Je ne sais pas vraiment si je serai en mesure de corriger et de mettre en page ces 36 pages de texte (selon les chiffres de la police, selon les syndicats c’est une bonne cinquantaine) à temps. (ndmoidufutur : non, du coup je me suis appliqué à la relecture, mais si vous voyez des fautes n’hésitez pas à me les signaler) Malgré tous mes efforts, je pense que la fatigue se fait ressentir au fur et à mesure de l’avancée du bilan, et j’espère que ça ne rendra pas le tout désagréable à la lecture. En tout cas, ça a été l’occasion pour moi de découvrir que j’avais encore une fois salement sous-estimé la quantité de temps nécessaire purement pour la préparation et la rédaction de ce bilan, donc va falloir que je trouve un truc pour la saison prochaine. Avec le recul, m’être regardé les 200 épisodes de Sailor Moon en un mois pour être sur de pouvoir parler de façon pertinente de Crystal III était peut-être un peu excessif. Bref, le bilan de la saison anime printemps 2016 se termine ici pour moi, j’espère vous avoir fait découvrir des séries, et si possible de vous avoir donné envie d’en regarder des que vous auriez manqué. Surtout, si c’est le cas, n’hésitez pas à me le dire en commentaire, c’est vraiment la récompense la plus satisfaisante qui soit pour moi. Sur ce, je m’en vais terminer tout ça, même si mon lit commence à me faire un peu de l’œil, et je garde la pêche en pensant à toutes les bonnes séries d’été que je vais avoir le loisir de regarder une fois que j’en aurais enfin fini avec ce billet. On se revoit la semaine prochaine, pour un article probablement un peu plus léger, possiblement sur un des manga one-shot que j’ai acheté à la Japan Expo, et en attendant je vous dit bonne lecture.

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3 réflexions sur “Printemps 2016 : Le Bilan

  1. J’aurais plus ou moins le même top, à quelques différences près, notamment Jojo qui est assez faible dans sa première partie, même si depuis la fin de la saison de printemps, le niveau est bien remonté avec des épisodes comme le cuistot ou la ruelle.
    Même chose pour Tanaka-kun que je relèguerai au fond du panier, même si je n’ai vu que le premier épisode mais qui m’a fait me demander comment un type aussi pénible pouvait avoir un ami aussi fidèle et dévoué…
    Et j’étais passé complètement à côté de Sansha Sanyô et Luluco, mais peut-être que je devrais tenter le coup, vu les critiques élogieuses que tu en fais.

    J'aime

    1. Pegase

      Pour JoJo, l’épisode de Tonio Trussardi faisait partie du premier cour. 🙂 Quand à Tanaka-kun, c’est un anime qui demande qu’on accepte sa prémisse de départ pour l’apprécier, sinon je comprends qu’il puisse être lourdingue.
      Merci en tout cas, et j’espère que tu apprécieras Sansha Sanyou et Luluco !

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