Toukou Tochuu no Deaigashira no Guuzen Kiss wa Ariuru? Jikken – Il fait les guro titres

Après Palepoli la semaine dernière, on continue dans le domaine des auteurs underground (mais connus, bref je vais pas la refaire) et des manga intelligents pleins d’humour noir. Mais cette semaine, on va parler d’une œuvre d’un artiste que vous connaissez sans doute, que vous connaissiez ou non son nom, puisque c’est Shintarou Kago, un garçon dont vous avez sans doute déjà vu des illustrations. En voici deux des plus connues :

Alors Shintarou Kago, qui est-il madame ? C’était un garçon très gentil, il ne parlait pas beaucoup mais il était bien poli, je n’aurais jamais deviné, inspecteur. Car la cruelle réalité, c’est que ce gentil garçon est un vil mangaka, un dessinateur de ces fameuses bande-dessinées asiatiques violentes et perverses. Coup de bol, pour Kago, c’est effectivement le cas : la violence et la perversité sont au cœur de ses œuvres. Tête de proue actuelle du genre ero-guro, le bonhomme se plait à dessiner le corps humain dans plein de situations où vous n’aimeriez pas que le vôtre se trouve, sans la moindre réserve par rapport à la sexualité et à l’anatomie intime de l’humain. C’est à peu près comme ça que je définirais le genre (mais comme j’en ai lu assez peu, n’hésitez pas à me corriger si je dis des conneries).

Toutefois, n’allez pas penser que ses histoires sont gratuitement grotesques, car si l’auteur ne se cache pas d’une certaine impulsivité dans ce qu’il dessine, il suffit de lire ses œuvres pour voir que le cerveau n’est pas pour lui qu’un organe à arracher et découper. Du peu de Kago que j’ai lu, le bonhomme m’a impressionné de par sa finesse et son intelligence dans l’écriture de ses histoires, notamment dans Choudennou Pataraxis, et puis dans le manga d’aujourd’hui, j’ai nommé Toukou Tochuu no Deaigashira no Guuzen Kiss wa Ariuru? Jikken, attention à pas vous mordre la langue.

Alors Toukou Tochuu no Deaigashira no Guuzen Kiss wa Ariuru? Jikken, c’est quoi ? En plus d’être un moyen simple et sans risque de faire monter le nombre de signes de ce billet, Toukou Tochuu no Deaigashira no Guuzen Kiss wa Ariuru? Jikken est un manga qui recueille de nombreuses petites histoires de Kago, dont l’histoire éponyme (en français, ça s’appelle « Une collision accidentelle sur le chemin de l’école peut-elle donner lieu à un baiser ? »). La plupart des histoires proviennent de l’AX, un magazine de manga avant-garde qui est souvent considéré comme l’héritier du Garo (dont j’ai parlé la semaine dernière, et qui a décliné pendant un certain temps avant de s’éteindre en 2002), mais on y trouve aussi des histoires provenant de magazines occidentaux, puisque Kago connaît une certaine popularité à l’étranger, chez les cousins spirituels de Télérama par-delà l’Atlantique. Truc très cool à noter : les 20 premières pages sont des pages couleur, de fort bonne facture.

Alors du coup, Toukou Tochuu no Deaigashira no Guuzen Kiss wa Ariuru? Jikken, ça parle de quoi ? Comme je vous l’ai dit, c’est un recueil d’histoires, pouvant aller d’un page à une petite dizaine. Comme dans Palepoli, on y retrouve des histoires comiques et des expériences de style, avec un humour noir certain et un sens de l’absurde. Mais là où Palepoli part plus loin dans l’humour et l’expérimentation, Toukou Tochuu no Deaigashira no Guuzen Kiss wa Ariuru? Jikken nous propose des histoires avec plus de « sens ». Toukou Tochuu (oui, j’en ai eu marre) est porteur d’un bon paquet de salves de critiques acerbes sur la société actuelle, que ça soit sur la façon de vivre et d’être des gens aujourd’hui ou directement contre l’administration et certains pans de la politique intérieure du Japon. J’en veux pour exemple la première histoire de plusieurs pages du manga, qui nous montre une course de brancards : le but du jeu est de se faire refuser par le plus de cliniques pleines possibles, et les brancardiers peuvent faire tout ce qu’ils veulent pour faire durer.

Et je vous parlais plus tôt d’humour noir, mais là où Furuya se reposait sur un large spectre de styles, Kago a son style bien à lui, et n’hésite pas à piocher dans son registre d’imagerie ero-guro pour donner encore plus d’impact à ses histoires. On a même des pages purement ero-guro sans vraiment d’histoire, purement pour le plaisir de voir des gens vomir des tubes de tous les orifices de leur corps (et j’ai bien dit tous). Et du côté des expériences de style, on pourrait citer cette courte histoire qui montre le suicide d’une mangaka du point de vue de la planche qu’elle est en train de dessiner, ou encore une histoire qui se passe exclusivement hors des cases de la planche. Mais au final, j’ai envie de dire, que peut-on dire de mal d’un manga où on a un chanbara où tous les samouraïs ont la bite d’un homme nu sur le crâne en guise de chonmage ? Rien, je suis d’accord.

J’aimerais vous parler de quasiment toutes les histoires de Toukou Tochuu no Deaigashira no Guuzen Kiss wa Ariuru? Jikken, mais ce serait peut-être contre-productif. En tout cas, j’espère que vous l’aurez compris, c’est un manga qui a beaucoup de choses à proposer, mais qui n’est pas forcément pour tous publics (c’est un euphémisme, j’ai vraiment posté que des images que je pensais être relativement tous publics dans ce billet). Si vous êtes curieux par rapport au genre ero-guro et amateur d’humour décalé, c’est en tout cas une super lecture, encore une fois trouvable chez les éditions IMHO. La semaine prochaine, je vais tenter de revenir à quelque chose de plus classique, et en attendant je vous souhaite une bonne semaine.

toukou_tochuu-07
Dans le sens occidental de lecture, en l’occurrence.

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