Mahou Shoujo Lyrical Nanoha – Nanomagie, son (Partie 2)

Résumé du précédent épisode : Nanoha est une série tirée d’un spin-off d’un eroge, née par les efforts conjoints de Masaki Tsuzuki, Akiyuki Shinbou et du studio Seven Arcs. On y suit Nanoha Takamachi, 9 ans, qui devient mahou shoujo pour blaster la tête des gens qu’elle aime bien et, accessoirement, collecter des pins. Mais si le personnage est effectivement top, la série a un autre gros attrait, son univers. Fin du résumé, opening, conneau bang ou miwa Gohan no ponceur no Teekyuu 2 au curry chinois, on est prêts à entamer le second épisode de cette rétrospective Nanoha.

Je vous ai laissé la dernière fois en vous laissant miroiter la promesse de parler un peu de science-fiction, et c’est en effet le second attrait majeur de la licence. Si l’on en croit le wiki anglophone dédié à la série, ce mélange des genres est issu d’une remarque d’une personne du staff de l’anime qui trouvait que le costume de Nanoha la faisait penser à un Gundam.

Dans la première série Nanoha, cet aspect se manifeste surtout à travers une hybridation des codes du mahou shoujo, mais aussi un real-robotisation de la mahou shoujo. On dirait que je viens de vous remplir trois plateaux de Scrabble avec des mots qui existent même pas, donc concrètement, qu’est-ce que ça veut dire ? Commençons par l’aspect hybride : dans l’univers de Nanoha, la magie est considérée comme une technologie. L’outil qui lui permet d’exploiter cette technologie, l’Intelligent Device nommé Raising Heart, est lui-même purement ce que le terme indique : c’est un appareil intelligent, une machine dotée d’une IA qui lui permet d’utiliser la magie. Mais, et voilà encore un twist sur la formule : Raising Heart est le personnage intelligent qui offre au personnage principal l’accès à des pouvoirs de mahou shoujo, ce qui est le rôle… de la mascotte, dans toute autre série de mahou shoujo. Ainsi ce n’est en fait pas Yuuno, l’extraterrestre furetoforme dont l’aspect mignon collerait pourtant aux canons de ce rôle, qui est la vraie mascotte de la série, mais bien Raising Heart, un terminal informatique.

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Sexy comme mascotte, non ?

Du coup, Raising Heart et les autres Devices de différents types, sont les mascottes de l’univers de Nanoha, les petits êtres mignons porteurs de magie accompagnant les mahou shoujo à travers les temps, comme Kero pour Sakura, comme Luna pour Usagi, comme Kyubey pour Madoka, comme Pablo Escobar pour le Hollywood des années 80. Mais ne nous arrêtons pas là, puisque les Devices servent aussi d’arme aux mahou shoujo. Conséquence directe : les attaques magiques sont des programmes, exécutés par les Device à l’appel de leur utilisateur. Et puis tant qu’on y est, regardons le costume de Nanoha dans les films : personnellement ça me fait penser à du Mega Man, avec les espèces de diodes rouges et les protège-poignets larges et bleus.

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Ah, et je vous parlais de « real robotisation », donc là il va me falloir faire quelques définitions. Dans le merveilleux monde des séries de mecha qui hantent l’animation japonaise depuis les années soixante, on distingue deux genres à perméabilité variable. D’une part, on a le genre daron, l’ancêtre : le super robot. Le genre implique des robots soit quasiment uniques soit carrément d’origine surnaturelle, dont les fonctionnalités et la structure ignorent le réalisme comme on ignore un accordéoniste dans le métro. À l’inverse, il y a, vous l’aurez compris, le real robot, inventé, ou au moins popularisé, par la première série Mobile Suit Gundam, de 1979. Le genre fait la part belle aux méchasses explicables et plus ou moins réalistes, souvent conçus par des organisations militaires, nécessitant de l’entretien, et susceptibles d’être produits en masse. Est-il maintenant encore nécessaire d’expliquer ma comparaison ? Au cas où : là où la mahou shoujo ordinaire est d’origine surnaturelle et souvent quasiment miraculeuse, les mahou shoujo de l’univers de Nanoha ne sont pas des élues, juste des filles sachant utiliser une technologie particulière, à laquelle n’importe qui peut avoir accès. TL;DR : Nanoha est un goundame.

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Tout ça contribue à faire des mahou shoujo de Nanoha des personnages hybrides, mais au-delà de ça, l’univers de Nanoha est empreint de science-fiction, puisque un acteur majeur du scénario se révélera être le Bureau Administratif de l’Espace-Temps (que l’on désignera à partir de là par l’acronyme anglophone TSAB), représenté par le vaisseau trans-dimensionnel Arthra et son équipage. Aussi, je vous parlais d’artefacts magiques la semaine dernière. Ceux-ci, nommés les Lost Logia, sont en fait des artefacts issus du surdéveloppement d’anciennes sociétés qui ont fini par s’écrouler sur elles-mêmes, et représentant donc le sommet des accomplissements magiques (et donc technologiques) de cette société. Ce qui est quand même bien plus intéressant que de bêtes cailloux magiques, vous en conviendrez. Mais si on ne verra pas beaucoup plus de cet univers dans la première série, vous verrez que le lore de la série n’ira qu’en s’agrandissant au fur et à mesure des séries. Du coup, reprenons notre progression chronologique dans la saga.

Mahou Shoujo Lyrical Nanoha A’s

Six mois après la fin de la première série, Nanoha attend le retour d’une Fate enfin acquittée. Mais alors que tout semblait bien aller dans le meilleur des mondes, notre rousse préférée se fait violemment agresser par une mahou shoujo vindicative, et très puissante. Fate arrive à temps pour sauver son amie, mais le combat ne se termine clairement pas en leur faveur. Ainsi commence une nouvelle intrigue présentant de nouveaux antagonistes et permettant de creuser un peu plus l’histoire du TSAB.

A’s n’est pas une saison révolutionnaire, loin de là. On y retrouve Nanoha qui va, une fois de plus, tenter de sauver des gens qui ont complètement perdu le sens des réalités et se sont beaucoup trop impliqués dans un mauvais plan pour faire marche arrière. Mais si A’s est la meilleure saison de la saga (zut, j’ai pas pu m’empêcher), c’est bien parce qu’elle fait ce que faisait la première saison, et plus, en mieux. Les antagonistes ont des personnalités et des motivations à la fois crédibles et assez intéressantes, les combats sont excellents et très bien animés, et puis la série fait bon usage de l’univers mis en place dans la première série en développant l’histoire de certains membres du TSAB.

Pour contrebalancer tout ça, que dire ? Je n’ai pas grand-chose à reprocher à la série hormis une fin assez convenue, alors évoquons le film, Mahou Shoujo Lyrical Nanoha: The Movie 2nd A’s. À l’instar du premier film, il fait figure d’upgrade graphique de la série, même si dans le cas de A’s l’écart est moins évident. Toutefois, si le premier film adaptait l’essentiel de la série, le film de A’s oublie dans la transition une bonne partie du scénario de la série, notamment tout ce qui est relatif à l’amiral Graham et aux sœurs Liese, qui n’apparaissent pas dans le film. Du coup le scénario s’en retrouve assez diminué, et même si l’excellente animation aide à faire passer la pilule, je continue à considérer la série A’s comme étant le point culminant de la série.

Mais je vous ai dit que A’s exploitait bien l’univers de Nanoha et le développait, et ce n’est pas vainement dit. Déjà, la saison apporte une nouvelle technologie, le CVK-792, issu d’un monde désormais disparu, Belka. Cette technologie consiste en l’inclusion dans un Device d’un système permettant d’utiliser des cartouches chargées en magie, conférant au Device un boost temporaire de puissance. Au-delà des spécificités de la technologie, le fait de voir les Devices constamment charger des cartouches et éjecter les douilles contribue à l’imagerie SF de la série. Par ailleurs, A’s nous offre des petits aperçus d’autres mondes connus de l’univers de Nanoha, et l’épilogue de la série et du film nous offre un détail qui compte : Nanoha qui parle à ses amies et à sa famille pour leur dire ce qu’elle faisait dans leur dos tout ce temps. En conciliant les deux moitiés de sa vie, elle s’ouvre donc à la perspective de faire de la magie son futur, en bossant par exemple au TSAB… Et c’est là qu’arrive StrikerS.

Mahou Shoujo Lyrical Nanoha StrikerS

Prenant place dix ans après A’s, StrikerS nous parle de deux nouvelles recrues du TSAB, qui vont se retrouver dans l’unité de Nanoha et Fate. Nanoha a alors 19 ans, et est considérée comme une soldate d’élite, du fait de ses grandes capacités et des accomplissements qu’elle a accumulé au cours des années. Les deux recrues, nommées Subaru Nakajima et Teana Lanster, vont devoir faire face à l’entraînement de Nanoha, avant que l’unité ne soit confrontée à une menace qui va nous permettre d’explorer en profondeur l’histoire de l’univers de Nanoha. La série s’offre aussi quelques méchants dont on a très sincèrement envie de déchirer la tête à coups de pelle, ce qui est à mon goût assez rare pour être vraiment appréciable, surtout quand le coup de pelle magique finit par arriver.

Première différence notable avec les deux premières séries, Nanoha est une série en deux cours plutôt qu’un seul. Moins bien rythmée, la série développe toutefois énormément l’univers de la série avec une intrigue plus sombre, tout en continuant à assumer le développement de ses personnages et de son univers. On n’est pas dans un de ces coups où le personnage principal redevient nul au début de la suite pour permettre de lui refaire une progression, non : Nanoha a continué à se développer depuis A’s, elle est devenue encore plus forte, et est surtout devenue adulte (ce qui est un des thèmes que la série va développer). Quand je dis que l’univers progresse aussi ce n’est pas non plus pour rire : le système de cartouches qui a été inclus dans Raising Heart et Bardiche (le Device de Fate) pendant les événements de A’s a depuis fait l’objet de plus de recherche, et est désormais plus stable et inclus par défaut dans les nouveaux Devices, donc préparez-vous à voir des douilles sauter.

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Hayate, un des principaux personnages de A’s, a bien grandi aussi et a su grimper assez haut dans la hiérarchie.

Bref, StrikerS est une série plus lente que ses prédécesseuses, un peu moins réussie du point de vue technique, mais profitant d’une intrigue intéressante, et finalement très différente des deux premières saisons. On se rapproche plus des univers des séries de real robot avec pas mal de thèmes qui leur sont plus propres qu’aux séries de mahou shoujo : du militaire, de la bureaucratie, des équipes, des responsabilités. Et comme je le disais, la mahou shoujo titulaire n’est désormais plus une shoujo (« jeune fille »), mais bien une femme, et ce n’est pas une coïncidence que dans cette série, Nanoha se trouve une fille adoptive. Ainsi, si la série en elle-même est probablement celle de la saga qui me donne le moins envie de la revoir, elle n’en est pas moins vraiment intéressante.

Mahou Shoujo Lyrical Nanoha ViVid

Le problème quand on développe beaucoup un univers, c’est qu’on a plus de possibilités pour en faire un peu n’importe quoi. Et si ViVid n’est certes pas n’importe quoi, c’est une série très différente de ce à quoi vous pourriez vous attendre en regardant du Nanoha, puisque ouste les affaires du TSAB, voici venir une série de sport.

Eh oui. Dans Nanoha ViVid, on suit la fille adoptive de Nanoha, Vivio, qui pratique les Strike Arts, un style martial de combat à mains nues, avec ses amies. Elles vont rencontrer Einhard Stratos, une jeune fille ayant hérité des mémoires d’un roi de l’ère précédente, et elles vont l’initier aux arts martiaux magiques mixtes à but sportif. À partir de là, on suit tout bêtement un tournoi de MMA magiques.

Autant la série est assez bien animée et profite d’assez bons combats, autant j’ai plus de reproches à lui faire que de bonnes choses à en dire. Déjà, une des particularités de cette série par rapport au reste du canon anime de la saga, c’est qu’il s’agit là d’une adaptation (du manga du même nom). Et loin de vouloir être auto-conclusive, la série était visiblement conçue pour être une adaptation en deux cours, puisqu’elle se termine très subitement après un excellent combat à l’avant-dernier épisode, et le peu de foreshadowing qu’on peut voir ne s’ouvre du coup sur rien de concret dans ce cours.

Ainsi non seulement la série est clairement incomplète, mais le fan-service est bien plus poussé que dans les précédentes séries, la série souffre de longueurs et de scènes de slice of life pas très intéressantes, les designs ne sont pas toujours convaincants (les délinquantes en uniforme, c’est un grand non), et puis la série exploite en fait très peu l’univers dont elle fait partie. J’aurais même envie de dire que la série aurait pu être meilleure sans la magie et l’univers de la série : simplement des filles mignonnes qui font des MMA mignons, j’aurais été content.

Cela dit, il faut bien prendre un moment pour faire une pause et réfléchir à l’idée suivante : on a là affaire à une saga dont le moins bon opus est une série qui parle de mahou shoujo qui font des MMA magiques. V’là le niveau. Cela dit, je suis convaincu que la série aura vraiment un intérêt une fois que le second cour sera sorti : les combats sont cool et le foreshadowing laisse présager qu’il y aura quelque chose à voir niveau scénario. Du coup, si vous ne l’avez pas déjà vue, attendez la sortie du second cour pour voir ViVid. A priori il devrait sortir cette année, sans plus de précisions.

ViViD Strike!

Et c’est là que l’absurdité de la production de ViVid se dévoile pleinement : en octobre 2016 commence la diffusion de ViVid Strike!. Or, cette série originale raconte une histoire spin-off… se déroulant après la fin du tournoi qui est entamé mais pas terminé dans le premier cour de ViVid, et dont on devrait voir la fin plus tard cette année. Du coup, si les lecteurs du manga ne seront probablement pas gênés, les gens qui n’ont vu que l’anime se trouvent connement spoilés sans la moindre explication de ce qui s’est passé.

Par ailleurs cette nouvelle série, comme vous pouvez le voir, ne comprend ni « Mahou Shoujo » , ni « Lyrical » , ni « Nanoha » dans son titre. C’est dommage vu que tous les titres d’anime sont mieux avec « Mahou Shoujo » dedans, genre « Mahou Shoujo Jin-Roh » , « Mahou Shoujo Cowboy Bebop » ou « Mahou Shoujo no Ken » , mais ça s’explique par le fait que Nanoha est tout bonnement absente de la série. Qui plus est, ce n’est pas une mauvaise idée de séparer dès le titre cette série du reste de la saga vu le peu d’utilisation du lore du Nanohaverse qu’elle fait.

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Dans ViVid Strike!, donc, le personnage principal se nomme Fuuka Reventon, et est une orpheline avec une certaine tendance pour la violence, qui se retrouve recueillie par le même gymnase qui entraine Vivio et ses amies. Celle-ci va ainsi découvrir le sport, et se retrouver confrontée à une ancienne amie, athlète de Strike Arts, qui a beaucoup changé, et pas en bien.

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Et du coup, la série, elle, est-ce qu’elle est bien ? Plutôt, oui. Hormis le fait que celle-ci aie le mérite d’être auto-conclusive, elle a le bon goût d’avoir un scénario intéressant et des thèmes qui changent un peu. On ne manquera pas de remarquer que l’héroïne avec un sacré tempérament et des origines plus que modestes qui va se retrouver dans les sports de combat fait directement allusion à Ashita no Joe, et on notera l’histoire de son ancienne amie et nouvelle rivale, qui est notamment racontée à travers un épisode 4 émotionnellement très fort, dont la conclusion est aussi violente qu’elle est libératrice.

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I want to eradicate that smile.

ViVid Strike!, c’est l’histoire de deux filles qui ont du mal à s’exprimer et vont tenter de se faire comprendre, ou respecter, par les poings. On peut y voir une sorte d’escalade du concept de « je te tape jusqu’à ce que tu sois mon amie » de la saga Nanoha, mais l’histoire est quand même assez différente du reste de la saga pour être tout à fait intéressante par elle-même.

Qui plus est, si les combats sont moins bien animés que ceux de ViVid, notamment, ils ont le mérite d’être beaucoup plus orientés sur le corps-à-corps, et bourrés d’impact, ce qui les rend très cool à regarder. Toutefois, la série conserve une partie des problèmes de ViVid, et le combat final entre Fuuka et Rinne est victime du syndrome de « chaque flashback est un one-up ». D’ailleurs tant qu’on en est à parler de la fin de la série, on notera que la production a du se terminer un peu dans la douleur, tant les derniers épisodes font la part belle aux plans fixes et/ou maladroits. Cela dit, il reste quelques jolis moments d’animation çà et là, et je n’ai pas encore vu le dernier épisode donc je réserve mon avis final pour le bilan.

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Et c’est là que se termine pour l’instant la saga Nanoha en anime. Toutefois n’ayez pas peur, puisque la série continue de grandir et que plusieurs projets sont déjà annoncés pour une sortie plus ou moins proche. Hormis la seconde saison de ViVid qui devrait arriver quelque part en 2017, on attend tout particulièrement les nouveaux films, Mahou Shoujo Lyrical Nanoha Reflection, qui développeront a priori une toute nouvelle histoire dans la franchise, prenant place trois mois après les événements de A’s. Le premier film doit sortir en juillet cette année (pile le jour de mon anniversaire, ça par exemple), et le second devrait sortir peu après, et j’ai assez très très hâte.

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Voilà, c’est tout ce que j’avais à dire là tout de suite sur la saga Nanoha. On se retrouve la semaine prochaine pour le très attendu (?) bilan de l’automne. Au programme, 74 séries, avec pas mal de très bon et pas mal de très pas bon. Soyez là.

 

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