Yowamushi Pedal – Le maillon jaune

Aujourd’hui, pour changer, un billet court. Dit-il avant d’écrire deux pleines pages sans retours à la ligne. Non, pour de vrai, cette fois-ci je vais faire court parce que si j’aime effectivement beaucoup la série Yowamushi Pedal, je dois dire que je ne suis pas convaincu d’être capable de bien vous la vendre. Du coup, voici une tentative, une petite chronique pour tenter de vous intéresser à la série, et un rappel que si vous aimez les shounen sportifs, vous devriez probablement vous y mettre.

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A la base, Yowamushi Pedal est un manga de Wataru Watanabe, mangaka qui s’était jusque-là fait connaître pour avoir illustré une des adaptations en manga de l’histoire du Densha Otoko, et pour Majimoji Rurumo, une histoire avec un lycéen et des sorcières dont j’avoue ne jamais avoir entendu parler de ma vie. Vers 2007 il se met au cyclisme et, à la suggestion de son éditeur, il tente de concilier hobby et travail. Coup de bol, ça marche, et depuis lors le monsieur fait preuve d’une productivité exemplaire (49 tomes en 9 ans, bonne perf’), et à chaque fin de tome il lâche des petits résumés illustrés de ses récentes expéditions cyclo-propulsées. C’est donc ça, la puissance de la #PASSION.

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Et coïncidence, ou plutôt conséquence naturelle, Yowamushi Pedal est une histoire de passion. C’est avant tout l’histoire de Sakamichi Onoda, un jeune otaku qui rentre au lycée. Presque tous les clichés sont là : maigrichon, lunetteux, timide, sans amis, méfiant à l’encontre des sportifs, incapable de voir si ce qu’il aime intéresse son interlocuteur, il remplit facilement deux ou trois lignes au grand bingo des clichés sur les nerds (et probablement les deux diagonales aussi). Il n’avait pas trop de copains partageant ses passions au collège, mais au lycée il sait qu’il y a un club de mangasse où il pourra calmer sa soif de partenaires de discussion.

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Pas de bol, ledit club a fermé, faute de membres. Mais Onoda a une autre particularité : toutes les semaines depuis des années, il va en vélo à Akihabara (à 60km de Chiba, où il vit), sur un vélo hollandais que sa mère a fait modifier pour qu’il ne puisse pas aller trop vite. De fil en aiguille il va se faire repérer par le club de cyclisme, comprendre son talent et se découvrir un intérêt inattendu pour ce sport. A partir de là, lui et ses camarades vont faire ce que tout japonais raisonnable doit faire quand il est dans un club lycéen de sport : tenter de devenir le meilleur du pays.

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Mais là vous vient une question : c’est pas chiant, le cyclisme ? En effet, si vous regardez le Tour de France, il est bien possible que ça soit plus pour regarder les paysages et entendre Paulo la science lire ses fiches Wikipédia que pour savoir qui de l’équipe Sofitel ou de la team Rectifrice sortira gagnante. Mais vous vous doutez bien que le sport a bien plus d’intérêt quand il est vécu du côté des cyclistes que du côté des caméras de France 3.

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Et les événements pré-course sont garantis 100% sans Gérard Holtz.

Le cyclisme sportif, tel que pratiqué dans Yowamushi Pedal, est un sport d’équipe, prenant place sur de longs tracés. Ainsi, plutôt que des longues batailles, les courses de Yowamushi Pedal prennent la forme de grandes guerres composées de suites d’affrontements, que ça soit pour rattraper du retard ou pour tenter de prendre un objectif. Et si chaque course au sommet, chaque sprint, chaque remontée de peloton est mémorable, ces batailles ne font que rendre la course dont elles font partie plus mémorable. Et Watanabe sait faire en sorte qu’il se passe toujours quelque chose d’intéressant dans ses courses.

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Mais si Yowamushi Pedal est un bon manga sportif, ce n’est pas seulement parce qu’il parvient à donner un vrai attrait au sport, mais parce qu’il a son propre style. Déjà, et ça doit se remarquer tout de suite en voyant les images qui illustrent ce billet, les personnages de Watanabe ont des designs assez particuliers, allant du rigolo au carrément chelou. Sachez pourtant que vous avez là affaire à des personnages au chara-design amplement retravaillé, parce que les premiers tomes du manga, ils sont pas simples à vendre.

Mais dessin mis à part, Watanabe sait faire des personnages a priori très ridicules qui au fur et à mesure de leurs accomplissements gagnent énormément en charisme, un charisme pourtant totalement invisible au premier abord (Kinjou et ses lunettes de soleil façon Horatio Caine, Fukutomi et sa FORCE, Shinkai et son « démon », Makishima et… tout ce qui le compose). Je ne sais pas vraiment comment il fait, quelle est sa recette exacte, mais presque tous les personnages récurrents de Yowamushi Pedal parviennent à être vraiment mémorables (en bien), et ça c’est une vraie force.

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Mais ce n’est pas sa seule qualité, car pour moi ce qui fait le charme de la série, c’est son aspect nekketsu qui part occasionnellement dans le domaine de l’absurde. Ainsi si la série met avant tout en avant le pouvoir de la volonté et de la camaraderie qui permet de relever tous les défis (et le fait extrêmement bien, quand un cycliste se surpasse la série sait très bien le mettre en valeur), elle semble ne pas arriver à distinguer la frontière entre le balèze mais possible et le franchement fantaisiste. Mais finalement, Tadokoro qui fait gonfler ses poumons comme des ballons de baudruche pour sprinter, Onoda qui accélère de façon significative quand il chante une anisong en pédalant, Midousuji qui a le menton à quelques centimètres du bitume en pédalant, Makishima et sa façon très… audacieuse de grimper, ce sont autant d’éléments un peu débile mais marrants qui arrivent à se glisser dans la série en nous faisant volontiers consentir à suspendre notre incrédulité.

Et le fait que Yowamushi Pedal soit un tantinet irréaliste contribue à rendre le manga encore plus haletant et riche en suspense, car après tout, si quelqu’un est capable de remonter de la dernière place à la tête de la course en montée puis de tirer son équipe à travers le reste de la montagne seul, tout peut arriver. Hormis toutes ces caractéristiques qui lui sont propres, Yowamushi Pedal est un shounen sportif bien construit, avec des phases d’entraînement intéressantes, riche en flashbacks utiles mais pas excessifs, en métaphores visuelles et en adversaires redoutables. En somme, si vous aimez les shounen sportifs, tentez-le même si le style graphique ne vous tente pas trop au premier abord, et si vous n’aimez pas ça, ne tentez pas, je ne vois pas la série vous faire changer d’avis.

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HIME ! HIME ! SUKI SUKI DAISUKI HIME ! HIME ! KIRA KIRARI-IN !

Dernier point, j’ai déjà un peu parlé du trait de Watanabe pour ce qui est du manga (notez d’ailleurs qu’il s’améliore plutôt rapidement par la suite donc le manga reste très agréable à suivre), mais quid de la série animée ? Les deux premières saisons retranscrivent, en l’espace de 62 épisodes, les événements du manga jusqu’au volume 27, nous montrant l’entraînement de l’équipe de Sohoku puis la compétition nationale de cyclisme inter-lycées, l’Inter High. L’anime ne se cache pas vraiment d’utiliser de la 3D franchement pas très belle pour pas mal de scènes, mais l’adaptation est fidèle, bien composée et bien rythmée, et se regarde extrêmement bien. La série a aussi eu droit à quelques films pas vraiment mémorables, donc deux récaps avec de nouvelles scènes et sympathique une histoire inédite.

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Mais si je vous parler de Yowamushi Pedal aujourd’hui c’est bien entendu parce que la troisième saison a commencé cette saison. Sous-titrée New Generation, celle-ci prend directement la suite du dernier épisode de Grande Road (la seconde saison) et nous montre ce qu’il advient du club de cyclisme de Sohoku après la fin de l’Inter High, avec le départ de ceux qui sont en troisième année et l’arrivée de nouvelle recrues, les prises de responsabilité, le besoin de changer, etc. Plutôt que des grandes courses, New Generation nous offre plein de petites escarmouches qui s’enchainent assez rapidement, et met en place pas mal de choses qu’on a hâte de découvrir une fois le grand moment venu. Ce n’est pas aussi passionnant que les deux premières saisons mais ça promet un Inter High de haut niveau.

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Notez que comme je l’ai dit, New Generation prend très directement la suite de Grande Road, comme si le dernier épisode de GR avait été diffusé la semaine d’avant, donc évitez d’essayer de commencer directement par cette saison. Comme les équipes changent et le casting se renouvelle un peu (ainsi que l’indique le sous-titre de la saison), je pense qu’il est possible de la regarder sans avoir vu les deux précédentes, mais vous allez manquer plein de choses, donc je le déconseille.

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Et puis surtout ça vous ferait passer moins de temps en compagnie de Midousuji, ce qui serait franchement dommage. (non ce n’est pas ironique)

Et sinon dans le domaine des détails on peut noter que New Generation a vite fait de virer Gekijouban Yowamushi Pedal du canon : non seulement l’histoire de Makishima a droit à sa conclusion originale (celle du manga, pas celle du film donc), mais en plus un des nouveaux personnages de New Generation a le même seiyuu que l’adversaire principal du film (Mamoru Miyano, que vous connaissez notamment pour Masaomi dans Durarara!! et Okabe dans Steins;Gate). Une façon comme une autre de dire que le personnage n’a pas de grandes chances de revenir sur scène.

J’ai fait le tour de ce que j’avais à dire, en espérant avoir attisé votre curiosité pour la série. Notez que si j’ai pas mis d’images du manga (à part les vilaines têtes des personnages des premiers tomes), ce n’est pas parce qu’il est moche, il a la pêche qu’il faut et le gars Watanabe sait dessiner de pures scènes. J’aime le manga comme l’anime, c’est juste que c’était plus simple pour moi de mettre des screenshots des séries et des films. La semaine prochaine, puisqu’on est dans le dernier mois de la saison, ça va enfin être l’heure de faire le pronostic du printemps chargé qui s’en vient. Bonne semaine à vous !

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