Hiver 2017 : Le Bilan

L’hiver est une saison que j’aime bien, car il y fait frais, ce qui aide à la conservation des surgelés en rentrant des courses. Incidentellement, c’est aussi la saison dont la fin s’observe le plus directement, au fil de la fonte des neiges. Enfin, pas vraiment parce qu’il y a plein de pays où il ne neige pas des masses et où le peu qui tombe ne tient pas. Et à ce que j’ai cru comprendre c’est de ma faute pour avoir laissé la lumière de ma chambre allumée. Désolé pour ça. Où en étais-je ? Ah oui, la fonte des neiges. D’ailleurs, une minute, je reviens, faut que je récupère mes surgelés dans le jardin.

Là où je voulais en venir avec cette tentative de lyrisme mort-née, c’est que l’hiver est une saison de fin. Fin de l’année, et fin avec elle d’un cycle créatif. Les séries annuelles font leur mue, le petit paquet de séries à deux cours lancées cet automne arrive à son terme, et un certain nombre de séries qui ont fait parler d’elles l’année dernière viennent ici aider à la clore, cette foutue année. En effet, un paquet de séries dont j’ai déjà parlé à travers des bilans antérieurs reviennent ici nous souhaiter leurs vœux, et de ce fait j’ose espérer arriver à rédiger un bilan un poil plus compact que d’habitude. Ne vous inquiétez pas, vous en aurez sans doute quand même de quoi lire jusqu’à l’été.

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Mais trêve de broderies introductives, bienvenue pour le bilan anime de l’hiver 2017. Si jamais quelques nouveaux lecteurs se sont échoués sur ce blog de perdition depuis le dernier, il est temps de présenter les habituelles règles de ce post trimestriel. Ici, je trie les séries de la saison passée, de la pire à la meilleure, dans l’espoir de vous présenter un peu tout ce qu’on a pu voir cette saison, et de faire sortir du lot les séries les plus méritantes.

Malheureusement, ne disposant pas encore de la technologie permettant de calculer la valeur objective des choses, je suis contraint à employer mes propres goûts, une technique certes rudimentaire mais qui a son petit charme désuet. Je n’ai aucune prétention à faire la liste ultime de la saison, et ce n’est pas parce que j’en ai vu beaucoup que j’ai nécessairement plus raison que vous ou qu’un autre sur le sujet. Qui plus est, je me retrouve souvent à devoir comparer des séries qui n’ont rien en commun, donc ne vous fixez pas sur l’ordre du classement, lisez plutôt le texte.

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Liseeeeeez.

Je conserve la même règle que d’habitude : je ne parle que de séries dont j’ai vu l’intégralité des épisodes sortis cette saison, et je ne juge les séries plus longues que sur le cour présent. Enfin, ce bilan est avant tout consacré aux séries télé de la saison, mais vous pourrez aussi y trouver deux séries ONA et un TV special, parce que c’est comme ça.

Dernière chose à évoquer avant de commencer à charcuter la bête : les fourchettes de qualité dans le classement. Les séries placées 1 à 7 sont des séries que je vous recommande vraiment à tous sans la moindre hésitation, de 8 à 21 c’est recommandé mais avec un « mais », de 22 à 47 je ne vous les les recommande pas mais elles peuvent vous intéresser si vous avez grave la dalle et un peu de tolérance à la daube, et à partir de 48 c’est juste non. Dans mon premier brouillon du classement j’étais parti pour saquer bien plus de séries que ça, mais que voulez-vous, je suis team tolérance, et c’est un maux sans remède.

Les absents

Mais avant de commencer il faut parler des séries qui ne seront pas dans le bilan, histoire de ne pas vous laisser attendre de voir des séries que je n’évoquerai en fait pas. Déjà, aucune série longue que je n’aie pas déjà évoquée dans les bilans ne sera présente, vu que j’ai préféré consacrer mon temps à rattraper tout Gintama. Du coup, toujours pas de Gundam, toujours pas de Precure, toujours pas d’Aikatsu!, toujours pas de Detective Conan, toujours pas de One Piece, etc. Mais je les aurais, un jour. Je les aurai.

Sinon, je noterai par politesse les absences de Nananin no Ayakashi: Chimi Chimi Mouryou!! Gendai Monogatari, Inazma Delivery, Sentai Hero Sukiyaki Force, Pikaia!!, Gan Gan Ganko-chan, Yukai no Animal Bus, Akita Kenritsu Iburi Gakkou Chuutou-bu et de quelques autres du même genre que je sais pas trop dans quelle saison ranger.

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Mais la vraie absence notable à marquer, c’est celle de ChäoS;Child. Après un long temps d’hésitation, j’ai décidé de ne pas regarder la série, pas par manque de temps mais parce que je n’ai pas eu l’occasion de lire le visual novel, et que les retours que j’en ai eu étaient de toute façon assez peu encourageants. Je ne suis pas contre le fait de regarder des adaptations de mauvaise facture, mais dans le cas d’une œuvre à twist bien réputée dans ce genre, il me semble dommage de se gâcher le scénario et se forçant à regarder un produit ne lui faisant pas honneur. J’ai appris ma leçon avec Grisaia no Kajitsu, je ne tiens pas à reproduire l’erreur. Mais si vous l’avez vu, n’hésitez d’ailleurs pas à donner vos impressions en commentaire, pour compléter un peu ce billet !

Sur ce, les préparatifs sont finis, il ne nous reste plus qu’à parler d’anime.

#62: Hand Shakers

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GoHands | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Titre Crunchyroll : Hand Shakers

Il est des séries moches. Mal animées, péniblement réalisées, pleines de still frames et autres cache-misères. C’est mon pain quotidien, nécessairement, vu tout ce que je m’enfile. Mais il y a être moche, et être irregardable. Hand Shakers est une de ces rares séries qui font indubitablement partie de la seconde catégorie. Car pourquoi juste irriter la vue et l’ouïe quand on peut s’en prendre directement à l’oreille interne ?

Mais reprenons du début. Hand Shakers nous impose comme protagoniste Tazuna, un lycéen doué en mécanique qui fait des petits boulots çà et là. Un jour, allant à un job dans un établissement de recherche d’une université, il trouve une fille de son âge visiblement dans un état comateux. Curieux, il s’approche, sans doute prêt à nous offrir un petit moment Shinji, mais ce n’est pas de bol : quand il effleure la main de la fille, celle-ci se réveille, une voix désincarnée se met à lui causer, et la pièce dans laquelle il était devient le théâtre des exactions d’un ingé lumière psychopathe sous acides. Enfin, sans l’ingé lumière.

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Mais la luminothérapie de l’enfer est loin d’être son seul souci, car le garçon est désormais un Hand Shakers, et il va devoir se battre en duo avec sa jeune partenaire muette contre d’autres Hand Shakers pour obtenir le droit de se retrouver face à Dieu et de faire un vœu. Là commence donc un cycle de batailles contre d’autres Hand Shakers pour libérer la jeune fille de sa condition. En effet, alors que les Hand Shakers vaincus perdent normalement juste leurs pouvoirs, celle-ci mourra si elle perd dans le Ziggurat (le monde de l’ingé lumière imaginaire).

Sans transition aucune : les studios d’animation aiment avoir leurs particularités visuelles qui les distinguent de la masse des autres studios, afin de se faire mieux voir des comités de production. GoHands n’est pas étranger au fait, et essaye depuis quelques années d’imposer à ses productions des filtres numériques colorés invasifs et de plus en plus dégueulasses. La série K n’était déjà pas un modèle de subtilité, avec ses filtres changeant de teinte selon les camps à l’écran (« Y’a les rouges à l’écran ? On met du rouge. C’est les bleus ? On met du bleu. »), mais Hand Shakers semble être la culmination d’un travail de sape numérique qui semble croire bien faire mais ne fait vraiment rien de bien.

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Et je ne dis pas « travail de sape » comme ça, car il y a vraiment du boulot là-dedans. L’animation à proprement parler de la série n’a rien de honteux, elle pourrait même être plutôt bonne. Seulement voilà, noyée sous un déluge d’effets nauséabonds, celle-ci se voit reléguée à l’arrière-plan, derrière des chaînes en CG immondes, des mouvements de caméra semblant à peine storyboardés et des effets spéciaux allant au-delà de l’ignoble. Au départ, je voulais vous dire de ne pas regarder Hand Shakers, pour votre bien, mais en fait non. Faites-vous vacciner : regardez la première minute.

Mais si l’aspect visuel de la série est effectivement atroce, c’est loin d’être le seul défaut de la série. Je pourrais faire un podcast entier, en 12 épisodes d’au moins une heure, consacré à identifier tout ce qui ne va pas dans ce merdier, donc abrégeons. Les personnages sont insupportables, leurs tics vocaux sont extrêmement énervants, les scènes dans le monde réel sont d’un chiant fini, les seins de la déléguée de classe de Tazuna n’ont AUCUN sens, l’OST n’est pas mauvaise mais tourne beaucoup en boucle, le scénario pompe Fate/stay night sur pas mal de points, il y a plein de cuts longs réutilisés à répétition (comme dans K)…

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Non, vraiment, s’il n’y avait pas eu l’OP et l’ED, je pense que je pourrais honnêtement dire qu’il n’y a rien dans cette série qui ne soit pas insupportable. Les pires croutes de 2016 se voient d’office enterrées par l’abyssale contre-qualité de Hand Shakers. Je préfère revoir Qualidea Code cinq fois de suite que de revoir Hand Shakers. Je préfère revoir Mayoiga trois fois que de revoir Hand Shakers. Je préfère revoir Bloodivores deux fois que de revoir Hand Shakers.

Sérieusement. Ne me faites pas retoucher à Hand Shakers. Plus jamais ça.

#61: Forest Fairy Five

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6Jigen Animation | 13 épisodes de 14 minutes | Album illustré

Titre Crunchyroll : Forest Fairy Five

Voilà une série qui aurait pu me passer sous le nez, si de gentils camarades ne m’avaient pas rappelé sur Twitter que ça existait. Vous n’imaginez pas à quel point je leur suis reconnaissant. Et veuillez continuer à ne pas l’imaginer.

Forest Fairy Five nous présente donc le monde des fées, insouciantes créatures mi-champignon mi-célébrités japonaises en passe de faire leur réhab, qui existe en parallèle du monde des humains. D’épisode en épisode, ces fées ne vont rien accomplir de particulier sinon parler entre elles ou parler à des humaines à travers des anneaux féériques, en permanence dans un état de perchéité extrême.

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La série se présente sous la forme de semi-épisodes en 3DCG, et d’emblée on est frappés par le manque de détail des modèles et la piètre qualité de l’animation. Au moment où j’écris ce texte, je suis toujours incapable de vous dire exactement comme ça a été animé. On dirait que ça a été mal motion-capturé à partir de vieux robots humanoïdes : c’est trop mal rendu pour être animé à la main mais les mouvements sont trop simples et mécaniques pour être juste mal motion-capturés à partir de vrais humains. Et comme si ça ne suffisait pas, la série se paye une foule d’effets de brillance et autres rendant le tout très dur à regarder.

Mais une fois de plus, il n’y a pas que la technique à lui reprocher : les doubleuses semblent avoir été enregistrées à travers Skype, les blagues sont nulles de chez nul, les décors clippent, des fois on dirait de l’impro sauf qu’elles ne savent pas faire (cela dit elles ne savent pas non plus faire quand elles ont un texte)… Perchée à des milliers de kilomètres au-dessus du sol, la série a su en faire rigoler, mais à moins d’avoir de grandes quantités d’alcool dans le sang et quelques bons amis avec qui partager ça, je ne peux pas décemment vous inciter à regarder ça, et même là, il y a sans doute de meilleures choses à faire que ça. Genre, regarder un débat politique ensemble. Ou, faire un Monopoly où tu t’aperçois au bout d’une heure qu’il y a pas assez de billets dans la boîte. Ou faire une partie de loup-garou à deux.

#60: Yami Shibai 4th Season

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ILCA |13 épisodes de 5 minutes | Original

Titre Crunchyroll : Yamishibai: Japanese Ghost Stories 4

Je vous avais déjà parlé de la série à l’occasion de sa troisième saison l’hiver dernier, Yami Shibai revient pour tenter de continuer à nous donner de nouvelles raisons de ne pas sortir le nez chez nous, loin de tous bus maudits et autres stations de métro hantées. Pour rappel, la série nous présente des petites histoires d’horreur indépendantes entre elles, en empruntant le contexte du kami shibai, un art du spectacle populaire japonais aujourd’hui quasiment disparu.

Cette quatrième saison s’offre de nouvelles particularités. Déjà, le narrateur de la série est désormais doublé par une personne différente à chaque épisode, ce qui nous vaut quelques narrateurs très peu compétents. Autre idée : intégrer dans la série des séquences filmés, ce qui n’a pas vraiment de raison d’être à mes yeux mais n’est pas non plus un vrai défaut, c’est juste là.

Non, le vrai problème, c’est que cette nouvelle saison se paye des histoires dont la chute est systématiquement foirée, quand il y en a une. Personnellement, en tant que chochotte de compet’, tenant le record mondial de speedrum de Amnesia: The Dark Descent et de Slender avec 0 minutes au compteur sur les deux cumulés, je peux affirmer que pas une seule histoire de cette saison ne m’a fait frémir un sourcil. Et pour une série d’horreur, je pense qu’il ne peut pas y avoir pire défaut.

#59: Idol Jihen

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MAPPA & Studio VOLN | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Titre Crunchyroll : Idol Incidents

Tiens donc, voilà une autre série pour rejoindre Cheating Craft, de la saison précédente, dans la famille grandissante des séries qui auraient pu être drôles si elles avaient pas été écrites par des gens très bêtes. Eh oui, j’anticipais avec le sourire Idol Jihen et son synopsis débilo-génial, et je n’y ai au final trouvé qu’une série débile.

Idol Jihen nous parle d’un Japon où parmi les députés de la Diète (le parlement japonais) se trouvent des idols politiciennes. On y suit principalement Natsuki Hoshina, une lycéenne venant de la campagne qui se fait recruter par un parti d’idols politiciennes pour son énergie et devient donc directement députée à l’âge mûr de 16 ans. Elle va donc participer aux activités politiques traditionnelles, qui sont bien entendu, principalement, danser et chanter. Eh oui, la politique c’était juste pour rire, en fait tout ce qu’elles font de concret, c’est des concerts. Et installer un vieux télescope sur le toit de la Diète pour permettre aux gens de regarder les étoiles. Ça c’est de la politique.

Et pour leur servir de contrepartie politique, on a le droit à l’amusamment nommé parti Rougai, un parti de parfaits salopards qui ne font que se remplir les poches avec la politique. Ainsi, pendant une bonne partie de la série on voit à chaque épisode le parti Rougai en train de mettre le dawa, et les idols finir par leur ouvrir les yeux aux vertus de l’amour par le chant et la danse. Si la série parvient une ou deux fois à toucher à des vrais sujets (notamment l’épisode sur l’école de quartier qui ferme, qui se termine en Maman je m’occupe des méchants), elle aborde tous ses sujets, sérieux ou non, avec une égale naïveté hautement énervant.

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Et comme d’hab quand il y a de la politique japonaise, on a le droit a un clone de Koizumi, c’est marrant.

Et ça, c’est avant que le vrai scénario ne se mette en place dans le dernier tiers de la série, et n’enchaine les développements sur-débiles. Genre, on va dire que le Premier Ministre du Japon va venir sur scène pendant un concert d’idols pour dire que les idols c’est vraiment toutes des pourries, et puis toujours sur scène il va proposer une loi contre les idols politiciennes, et quand personne dans le public ne réagira (les gens étant probablement trop occupés à chercher la caméra cachée pour prêter attention à ce qu’il racconte), celui-ci en conclura « Je vois que j’ai votre approbation ». Je pourrais encore développer longtemps, mais vraiment, Idol Jihen est une série qui n’a aucun sens, qui survole son sujet à hauteur de stratosphère, et qui se paye le luxe de se terminer sur un arc où les politiciennes luttent pour sauver leur propre poste en brisant la loi qui vient d’être votée. NOR-MAL.

Ensuite, l’animation est sans éclat, la réalisation n’est rien de spécial mais les chansons sont plutôt sympa. Mais dans tous les cas, il faut bien dire que je trouve qu’une série qui substitue à la politique un divertissement est, surtout ces derniers temps, particulièrement malvenue.

#58: Shounen Ashibe: Go! Go! Goma-chan

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Bridge | 32 épisodes de 9 minutes (quatrième cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : Shônen Ashibe Go! Go! Goma-chan

Le run 2016 de cette série courte à diffusion irrégulière se termine sur six épisodes pas bien plus mémorables que ceux qui ont précédé. Plus la série avance et plus je trouve les gags prévisibles et la série ennuyeuse à suivre. La suite est déjà en cours de diffusion, et je vous avoue que je n’ai pas hâte de m’y mettre.

Oui, c’est un peu tout ce qu’il y a à en dire.

#57: Spiritpact (Ling Qi)

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Haoliners Animation League | 10 épisodes de 24 minutes | Manhua web

Titre Crunchyroll : Spiritpact

Une nouvelle saison, une nouvelle adaptation de manhua web par Haoliners. Las, je le suis, mais fermé à la discussion, jamais. Or, la prémisse du pauvre mec qui se fait tuer dans un accident de la route et devient l’esprit servant d’un puissant exorciste, ce n’est pas d’une originalité folle de chez folle, mais ça me va. Malheureusement le reste de la série se tourne très vite vers des intrigues internes à l’illustre famille de l’exorciste, intrigues que je trouve passablement inintéressantes et mal foutues. Et malheureusement, il y a assez peu à voir hors de ça pour sauver la série de l’inintérêt, entre un humour pas terrible et une animation d’une certaine laideur.

On notera aussi que la série fait très peu subtilement du pied à son public cible en mettant de vrais morceaux de yaoi dans son yaourt blanc. Ça ne va jamais jusqu’au bout, mais la série est assez insistante sur cet aspect, donc si ça ne vous plaît pas, eh bien, ne vous y intéressez pas. A part ça, si vous êtes vous-même masochiste en série et que vous vous êtes tapé toutes leurs autres productions du studio, la série est tout à fait dans la même ligne que les autres productions Haoliners (To Be Hero excepté), mais ce n’est clairement pas la pire. Si un jour j’en viens à faire une Super Haoliners Battle, je mettrais celle-ci un peu en-dessous de Hitori no Shita: The Outcast. Espérons toutefois qu’un tel jour ne vienne jamais.

#56: Chiruran: Nibun no Ichi

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LandQ studios | 12 épisodes de 2 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Chiruran 1/2

Voilà une adaptation un peu particulière pour Chiruran, qui est un manga d’action historique seinen tout ce qu’il y a de plus classique, et qui se retrouve ici avec une adaptation en comédie au format court avec des personnages chibi-isés. On y suit la vie quotidienne des membres du Shinsengumi tels qu’ils sont décrits dans le manga (du moins c’est ce que je déduis, n’ayant pas lu ce dernier). Malheureusement, la série a le simple défaut d’être très peu drôle, n’arrivant jamais à trouver le bon rythme pour faire bien passer ses gags. Restent deux épisodes, le 6 (animé et réalisé en solo par Takato Kamimura) et le 11, qui profitent d’une animation méritant le coup d’œil, ce qui est déjà pas si mal pour une série qui aurait été sans ça absolument dénuée d’intérêt.

#55: Trickster: Edogawa Ranpo « Shounen Tanteidan » yori

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TMS Entertainment & Shin-Ei Animation | 24 épisodes de 23 minutes (second cour) | Original (roman)

Non licencié en France

La saison passée, je classais cette série à la 44ème place en estimant que la série donnait l’impression de pouvoir faire un second cour vraiment intéressant, oubliant un peu au passage les règles que je m’impose pour ces classements. Eh bien malheureusement, le miracle n’aura pas eu lieu. Douze épisodes plus tard, Trickster a continué à s’enfoncer dans des problèmes techniques de plus en plus présents, la série ayant certains des cuts / épisodes les moins bien animés de toute la saison.

Et le gros problème, c’est que le scénario lui aussi s’effondre progressivement dans des incohérences et des idioties d’écriture de plus en plus présentes. Malgré tout, quelques plans çà et là viennent faire preuve d’un peu d’originalité et me rappeler pourquoi j’y crois un peu. Quoi qu’il en soit ça ne peut en aucun cas sauver la série : c’est mauvais, et c’est regrettable.

#54: One Room

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TYPHOON GRAPHICS | 12 épisodes de 4 minutes | Original

Titre Crunchyroll : One Room

Oh non ! Toi, [ton_nom], tu vivais ta vie tranquillement jusqu’ici, dans ton quartier de [ton_quartier]. Mais c’était sans compter sur l’arrivée dans ta vie de trois jeunes filles locales qui vont rentrer dans ton cœur et dans ton appart (dont tu ferais mieux de changer la clé au cas où), dans un ordre non-chronologie et plus ou moins parallèle parce que les omnibus ça marche comme ça. Comment peux-tu t’en sortir, toi qui n’a jamais parlé à d’autres filles que celles en polychlorure de vinyle et acrylonitrile butadiène styrène qui trônent sur tes étagères ? Tu vas voir, t’as rien à faire, on va te montrer. *solo de trompette le moins motivé du monde*

C’est en tout cas probablement comme ça qu’une publicité pour One Room serait. One Room, c’est donc un anime court à la première personne qui propose, comme indiqué ci-dessus, de « vous » faire rencontrer trois filles, dont une jeune fille d’à côté, une petite sœur et une jeune femme qui tente sans succès de devenir chanteuse. Le chara-design original de Kantoku aidant, la série s’avère pas désagréable à l’œil.

Seulement voilà, faire un anime à la première personne et parfois un peu oublier que la caméra est censée correspondre à la vue du protagoniste, ça arrive, mais One Room pousse le bouchon un peu loin, à tel point qu’on s’aperçoit très vite que l’anime n’a aucune idée de ce qu’il essaye de faire. En tentant de faire des histoires (généralement romantiques) un peu plus développées que celles d’un anime à la première personne moyen, celui-ci se retrouve à moitié storyboardé comme un anime classique du genre (de moyenne facture et pas mal porté sur le fanserv) pour mettre en scène ses histoires creuses comme des matriochkas vides. Ainsi s’il y a un boule à voir, la caméra sera là, et peu importe que le protagoniste soit censé être toujours en face de la demoiselle (référez-vous au trio d’images plus haut pour voir ça). On arrive au summum du délire quand on se retrouve avec un plan qui nous montre le décolleté d’une héroïne… à partir du regard de la fille. Bref, s’étant complètement perdu en tentant de s’asseoir sur plusieurs chaises, One Room se retrouve le cul par terre, et c’est bien fait pour lui.

#53: Reikenzan: Eichi e no Shikaku

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Studio Deen | 12 épisodes de 24 minutes | Web novel

Non licencié en France

Vous, que feriez-vous si une vilaine secte promettait monts et merveilles aux gens de votre village tout en leur soutirant leur argent ? Chercher des preuves des méfaits de ladite secte pour convaincre les villageois qu’ils se font enfler ? C’est pas la came de Ouriku, notre protagoniste, qui décide plutôt de massacrer tous les gens de la secte sous les yeux des villageois. Zut alors, maintenant les gens ne m’aiment plus, que faire ? Je n’ai qu’à créer une nouvelle secte avec laquelle on leur soutirera aussi leur argent parce qu’ils sont trop cons, tout en activant une magie interdite qui raccourcira leur espérance de vie tout en leur accordant une portion de ce qu’ils désiraient !

C’est sur cette base qui me semble plus que douteuse que part cette seconde saison de Reikenzan, un an après la diffusion de la première. Celle-ci souffre des mêmes problèmes qu’avant, bien qu’elle soit à mon sens un peu mieux finie et plus intéressante (grâce à un fil scénaristique qui dure cette fois-ci toute la saison). Il n’empêche que ça n’est vraiment pas fou, et que vu qu’en plus aucun simulcasteur n’a voulu de la licence, il n’y a vraiment pas beaucoup de raisons valables de vous embêter à aller voir ça.

#52: Nyanbo!

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Shirogumi | 26 épisodes de 5 minutes (second cour) | Original (manga)

Titre Crunchyroll : Nyanbo!

Vilaine claque sur le museau pour Nyanbo! qui se voit rembarré dans la dernière catégorie du classement, avec le reste des Intouchables, lui qui était pourtant tranquillement sur le pli du deuxième tiers du dernier bilan. Eh oui, car si la petite série inspirée de l’univers de Yotsuba to! est toujours aussi joliment fichue, elle est aussi toujours aussi chiante, et même peut-être plus encore, et ce malgré l’arrivée d’un chat-robot métallique. Or, arriver à être encore plus chiant qu’avant en ajoutant un chat-robot métallique, il faut le faire. Dommage, on aime toujours l’idée, on s’endort toujours devant la série.

#51: Super Lovers 2

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Studio Deen | 10 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : SUPER LOVERS 2

Eh oui, car il n’y avait pas de raison pour que la plupart des autres séries de Deen de 2016 reviennent mais pas celle-là ! On avait vu la première saison le printemps dernier, et il n’y a finalement pas eu de grand changement entre temps. Super Lovers raconte toujours l’histoire d’amour de Haru le grand frère légèrement pédéraste sur les bords et de son petit frère adoptif (mineur) Ren. J’ai toujours autant de mal avec ce que fait la série, même en étant moi-même assez client des bails à la Oreimo. Mettons que c’est fait pour un certain public et évitons d’y penser trop fort.

Alors, quoi de neuf à la maison du bonheur ? Pas grand-chose, cette saison nous montre principalement le retour du cousin prodigue de Haru, Natuso, et le développement de la relation de Haru et Ren. Le truc qui m’a le plus marqué de la saison, c’est en fait le niveau d’ambition visuelle de la série, qui a été revu considérablement à la baisse (et pourtant la première saison n’était pas ouf de ce point de vue-là). Ça nous donne une série vraiment très flemmarde niveau animation avec très peu de mouvement et d’efforts de réalisation. Peu de choses à sauver si vous n’êtes pas client à la base, du coup.

#50: Piace: Watashi no Italian

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Zero-G | 12 épisodes de 4 minutes | Manga web

Titre Crunchyroll : Piace – Watashi no Italian

Je vous en avais déjà parlé dans le pronostic de la saison, Piace: Watashi no Italian est une série qui a pour particularité d’avoir pour character design l’auteure originale du manga. Je ne parle pas là du character design original du manga, mais bien de l’adaptation de ces designs pour l’animation et du travail de supervision de l’animation que ça implique, la dame étant aussi animatrice. On peut se dire que ça a dû être très pratique pour la production. Malheureusement, le résultat final ne montre pas vraiment ça, puisqu’on a le droit ici à une adaptation tout juste fonctionnelle, vraiment pas belle et, à l’instar de l’œuvre originale, franchement médiocre.

Pour faire le pitch (pardon, je voulais dire « la brioche au cœur fondant goût chocolat », pas de marques), Piace raconte l’histoire de Morina, une lycéenne qui se trouve un petit boulot dans une trattoria sur la côte, un petit établissement qui s’avère rempli d’employés colorés. Tout ça est assez peu intéressant de base et très modestement produit, mais en plus l’adaptation saute des éléments, ce qui fait qu’on se retrouve avec quelques bouts du scénario qui n’ont aucun sens dans le tout. Vous aurez beau être bonne pâte, la série ne vaut pas le coup.

#49: Time Bokan 24

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Tatsunoko Production | 24 épisodes de 24 minutes (second cour) | Original

Non licencié en France

Le second cour de Time Bokan 24 nous accueille avec la même chose que la dernière fois, sans grande évolution visible. C’est encore et toujours une série que vous ne pouvez vraiment apprécier que si vous êtes un écolier japonais, donc il est conseillé de passer votre chemin. On notera toutefois dans ce cour un plus gros focus sur la team des méchants, qui est de toute façon bien plus attachante que celle des gentils. La série semble se rendre un peu compte que ses running gags sont nazes, et met moins l’accent dessus, mais ça ne la rend pas pour autant drôle.

#48: Seiren

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Studio Gokumi & AXsiZ | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Titre ADN : Seiren

Vous ai-je déjà dit que je n’aimais pas les omnibus ? Pour rappel, l’omnibus est un format d’anime où la série est divisée en plusieurs arcs, chacun décrivant le développement d’une relation romantique avec une fille différente jusqu’à sa conclusion, sans rapport chronologique entre les différents arcs. D’habitude, je n’aime pas ça parce que ça laisse trop peu de temps pour s’attacher aux personnages et profiter d’une intrigue romantique bien construite. Cela dit, avec quatre épisodes, on commence à arriver à la durée d’un film, donc ça passe, il y a de quoi faire. C’est ce qu’a fait Amagami SS, et ça passait relativement bien.

Et ça tombe bien, Seiren est grosso modo une suite d’Amagami SS, bien que sans rapport scénaristique direct, et dont elle en hérite des codes. Ainsi, comme sa grande sœur, Seiren a le droit à un découpage en arcs de 4 épisodes, avec pas mal de fanservice et plein de filles avec des couleurs de cheveux naturelles. Mais là où j’ai trouvé ce que j’ai vu d’Amagami plutôt fun à regarder, je me suis fait fermement chier devant Seiren. Pourquoi ?

Déjà, les personnages. Le courageux serial bisouilleur d’Amagami laisse ici sa place à un personnage principal qui a une tête, une voix et une attitude de personnage secondaire. Les filles, elles, ne sont pas non plus dingues. La première est sans doute celle qui marquera le plus, avec son attitude fière, auto-satisfaite et provocatrice (c’est d’ailleurs celle dont l’arc aura le droit au plus de fan-service). Elle fait donc de l’ombre à la seconde, qui est une girl gameuse qui a du mal à lire l’atmosphère et à garder la bonne distance avec autrui (notamment avec les garçons). Quant à la troisième, c’est une amie d’enfance, et c’est à peu près tout ce que j’ai retenu d’elle.

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Donc les personnages sont pas ouf, et en plus l’intrigue en elle-même m’a un peu perdu, faute d’intérêt. Si le premier arc est assez simple et direct, les deux autres s’encombrent d’histoires secondaires sans intérêt et nous inondent de mentions de personnages dont je suis infoutu de retenir le nom ou le rôle.  Et l’autre gros problème, c’est que là où Amagami SS est notamment resté dans les mémoires pour quelques scènes d’une excentricité bébête mais fort amusante (le bisou derrière les genoux, tout ça), Seiren garde la bêtise mais perd l’excentricité. Rien ne reste vraiment en mémoire, et il ne nous reste plus que des histoires de romances adolescentes d’un intérêt plus que discutable.

Et en plus cernes-senpai ne fait même pas partie des partenaires potentielles du protagoniste dans cette saison donc je suis dèg comme il faut. Rien que pour ça, je veux une S2, rien à foutre.

#47: KochinPa! Dainiki

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n/a | 24 épisodes de 15 secondes (premier cour grosso modo) | Mascotte

Non licencié en France

C’est le retour de l’anime en 3DCG avec le gimmick le plus vite expiré du monde : KochinPa! et ses épisodes de 15 secondes. J’avais déjà parlé de la première saison l’hiver dernier et le printemps dernier, et très peu a changé : c’est toujours trois mascottes idoliformes qui guettent devant une salle de pachinko en discutant. Le bon vieux running gag qui n’était déjà plus drôle à la fin du premier épisode de la première saison de « oh zut 15 secondes c’est trop court je peux pas tout di- » est de retour, mais il y a aussi de nouvelles vannes méta qui m’ont arraché quelques sourires. On dira que ça ne mange pas de pain.

#46: Onihei

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Studio M2 | 13 épisodes de 24 minutes | Roman

Titre Amazon Prime Video : ONIHEI

Des séries dont on ne sait rien quasiment rien pratiquement jusqu’au début de leur diffusion, il y en a souvent. Pour la saison en cours par exemple, on ne savait quasiment rien de Tsuki ga Kirei deux semaines avant le début de la saison. Ainsi, ça peut donner lieu à des bonnes surprises. Mais ça peut aussi donner lieu à Onihei.

Onihei est l’adaptation d’une saga de romans racontant l’histoire de Heizou Hasegawa, le renommé chef de la force de police d’Edo en charge des larcins. Bénéficiant parmi les bandits d’une réputation de démon, celui-ci est en fait un bonhomme compréhensif et généreux qui offre une seconde chance aux voleurs, qui aide les vieilles dames à traverser la route et qui participe chaque année au Téléthon, pour aider. Bref, un bon gars.

La série elle-même se présente comme un jidaigeki épisodique, où chaque épisode raconte une histoire à peu près indépendante du reste de la série. Et autant les histoires d’épéiste cool qui résout des affaires (pas trop manichéennes) de façon cool c’est cool, et autant j’aime entendre le parler de l’époque tel qu’il est parlé dans la série, autant mon enthousiasme est bien vite retombé. Les histoires manquent un peu de fond et sont un poil prévisibles, mais là n’est pas le problème.

Non, le vrai problème, c’est la technique de la série. Cette première production du Studio M2 a vu sa production largement externalisée (euphémisme pour « je sais même pas si il y a un seul cut d’animation qui est sorti du studio lui-même »), et a en plus eu droit à quelques idées visuelles dramatiquement mauvaises. Hormis les cuts crades dissimulés par des galeries d’effets cheap (et de bonnes doses de flou), les plans 3D immondes et les cuts à peine tweenés, on a eu le droit à une des pires idées du monde : appliquer une vraie texture de peau au visage de certains personnages, une idée qui me renvoie à Fuuun Ishin Dai☆Shogun, une série dont je ne ressors le nom que pour des cas de force majeurs.

Ensuite, étrangement ce sont surtout les premiers épisodes qui souffrent de gros problèmes visuels, le reste de la série se tenant un peu mieux, mais sans jamais devenir jolie, à l’exception de deux ou trois cuts de bonne facture. Si vous êtes vraiment en grosse dèche de séries historiques, encore, vous pouvez lui donner sa chance, mais pour moi les premiers épisodes cassent le deal.

#45: Koneko no Chii: Ponponra Daibouken

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Marza Animation Planet | Pas mal d’épisodes de 12 minutes (second cour) | Manga

Titre Amazon Prime Video : Chi’s Sweet Adventure

Encore un second cour qui ne change rien à la formule existante (et est-il seulement besoin de la changer), référez-vous donc au précédent bilan pour plus de détails sur la série. Celle-ci conserve donc son dynamisme et sa très bonne utilisation de la 3DCG, mais n’échappe toujours pas à ce problème fondamental qui est que les chats sont des connards, et que la très égoïste Chi est bien loin d’y faire exception. Donc si vous aimez les matous, allez-y, et sinon rejoignez-moi dans le camp des haineux qui grimacent quand la chatonne fait tout un tas de conneries dans la maison et que sa famille d’accueil ne la gratifie même pas d’un coup de pied au cul. Ça m’agace et je n’y peux rien.

#44: Fuuka

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Diomedea | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Non licencié en France

Et là on va commencer à penser que je ne suis que rage et haine, mais il me faut préciser quelque chose : je suis l’heureux possesseur d’un ample désamour partiellement injustifié pour l’œuvre de Kouji Seo. Je n’aime pas son trait et j’ai trouvé Suzuka globalement insupportable. Je pense que les premiers tomes de cette merde sont vraiment parmi les pires trucs que j’aie jamais lus. C’est une chose qui, forcément, a influé sur mon jugement de ses œuvres à partir de là. Mais même en tentant d’être honnête, je ne pense pas que Fuuka soit une bonne série. Et attention parce qu’à partir de là il va me falloir SPOILER LE MANGA ET L’ANIME (et Suzuka, mais peu importe ça). Passez votre chemin si vous comptez vous le lire / regarder plus tard, mais sachez dans ce cas que vous ne devriez pas.

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Fuuka est une comédie romantique fan-servicieuse qui rapproche d’une part Yuu Haruna, un lycéen introverti accro à Twitter, et de l’autre Fuuka Akitsuki, la fille des protagonistes de Suzuka, qui est une demoiselle plutôt athlétique et aimant beaucoup la musique. Les deux vont très rapidement développer une relation romantique, quand soudainement à la fin du tome 4, crac boum badaboum camion dans la mouille. Fuuka meurt sur le coup, et à ce moment-là le lecteur que je suis se dit : « putain, j’ai lu 18 tomes de Suzuka pour qu’au final le résultat de cette relation à la con se prenne un trente-six tonnes entre les deux yeux». De plus, on s’aperçoit avec un peu de recul que Seo visait clairement ça dès le début, la relation amoureuse avec Fuuka étant construite de façon très hâtive. La petite tristesse laisse place à la nette impression d’avoir été pris pour un con, mais bon, au moins comme ça la série fonctionne comme un miroir de l’histoire de Suzuka, notamment en ne survolant pas complètement son sujet.

Seulement voilà, Kouji Seo n’assume pas. Ça se voyait déjà dans le manga, mais dans l’anime ça devient très clair puisqu’ici, Fuuka ne rentre pas dans le poids lourd telle une lycéenne courant avec une tranche de brioche dans la bouche pour être à l’heure quand soudainement au coin de la rue paf poids lourd. Non, elle ressort indemne de la presque-collision. L’auteur et le producteur l’admettent, ils voulaient faire une histoire où Fuuka survit. Et si l’intention est compréhensible, le faire véritablement est un désaveu en tant qu’auteur, et le résultat ne peut en être qu’une sorte de fan fiction auto-satisfaisante.

Et encore, si c’était de la bonne fan fiction, je ne fis pas, ça peut tout à fait s’apprécier pour ce que c’est. Le problème est que du coup un certain nombre d’événements qui arrivent normalement à la suite du décès de Fuuka arrivent ici sans la moindre raison valable. La conclusion de l’anime est elle-même assez clichée et daubesque, et me laisse avec l’impression d’avoir vu une série extrêmement creuse, avec des personnages pour qui j’ai à peine de sympathie et qui ne me communiquent rien de concret. Au lieu de devenir un miroir de Suzuka, Fuuka (la série) devient Suzuka, et dans ma bouche vous pouvez être certains que ça n’est pas un compliment.

#43: Puzzle & Dragons Cross

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Studio Pierrot | Plein d’épisodes de 24 minutes (troisième cour) | Jeu vidéo

Non licencié en France

Après deux cours d’action shounen d’une qualité toute relative, Puzzle & Dragons Cross nous revient avec la solution universelle quand un shounen ne sait pas quoi faire : un tournoi. Malheureusement, la technique n’est toujours pas au rendez-vous et les combats restent pour la plupart insatisfaisants à regarder. Pour la plupart, parce que le court se conclut sur un combat Ace contre Lance dont le premier épisode (l’épisode 37) est boosté par une animation de très grande qualité, une qualité que je n’osais plus espérer pour cette série. Ça le fait remonter une bonne poignée de places, mais ça reste globalement pas ouf. On espère quand même que Crunchyroll parviendra à re-débloquer la licence (qui est en ce moment arrêtée à l’épisode 38 sur leur site), pour qu’on puisse avoir la conclusion de ce combat un jour.

#42: Schoolgirl Strikers: Animation Channel

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J.C.Staff | 13 épisodes de 24 minutes | Jeu smartphone

Titre Crunchyroll : School Girl Strikers

Il y a plein de raisons pour vouloir voir une série. Pour un synopsis emballant, pour un teaser plaisant à l’œil, pour la présence de créateurs que vous appréciez au staff, pour un bon opening, pour les memes ou juste par curiosité. Mais Schoolgirl Strikers n’est pas un anime à histoire, un anime à memes ou autres, non, c’est est plutôt ce que j’appellerais un anime à seiyuu. Non pas que ça soit un festival de voix connues, mais celles qui y sont sont clairement le seul argument pouvant vendre la série.

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Un lycée, des dimensions parallèles avec des monstres dedans, des filles appartenant à une organisation secrète qui les combattent. Ça suffira pour le synopsis, maintenant passons au cœur de la boutique : le casting. Ainsi l’équipe principale comprend notamment les voix de Yui Ogura, Kana Hanazawa, Rina Hidaka et Miyuki Sawashiro, et le casting étendu dispose aussi des voix de Rie Kugimiya, Yuu Asakawa, Yuu Kobayashi, Ai Nonaka et d’autres. Un bon crew pour appâter l’otak’ fidèle à ses doubleuses préférées.

Oui, appâter, parce que hormis cet atout, Schoolgirl Strikers n’a pas grand-chose à proposer. Entre un scénario inintéressant quand il n’est pas cliché, des alchimies ratées entre la plupart des personnages et des combats qui n’ont pas énormément à offrir (la série n’est toutefois pas mal animée, il y a du bon dedans), tout ce qui compose Schoolgirl Strikers échappera bientôt à votre mémoire pour disparaître avec toutes les séries éminemment médiocres qui l’ont précédé et qui la suivront. Si vous voulez entendre HanaKana jouer une genki ou Sawashiro doubler une fille responsable typée grande sœur (ce qui est de toute façon un peu son rôle par défaut), vous pouvez tenter le coup, vous n’en sortirez certainement pas traumatisés.

#41: Monster Hunter Stories: Ride On

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David Production | 48 épisodes de 23 minutes (second cour) | Jeu vidéo

Non licencié en France

Encore une série qui nous revient de la saison passée, et encore une série qui n’a fondamentalement pas connu de grande évolution dans sa forme. Toutefois, plus la série progresse et plus on s’aperçoit qu’elle prend dans sa structure la forme d’une vraie adaptation d’un petit RPG traditionnel. Dans ce cour, après l’attaque de leur village natal, Lute, Cheval et leurs amis quittent leur village pour explorer le vaste monde et tenter de résoudre la crise qui se prépare avant qu’il ne soit trop tard, tandis que des tensions se forment au sein du groupe d’amis. Fondamentalement, ça reste la même série, mais la perspective de voir une vraie adaptation d’un RPG traditionnel, avec la structure typique de celui-ci, est pour moi assez enthousiasmante. On pourra relever quelques petites incohérences dans le setting de cette aventure, mais peu importe, l’important c’est le voyage après tout.

#40: Rewrite 2nd Season

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8bit | 11 épisodes de 24 minutes | Visual novel

Titre Wakanim : Rewrite (Saison 1 Arc 2)

Voilà une remontée étonnante d’une dizaine de places pour une adaptation que j’avais plutôt sèchement traitée cet été. Et d’ailleurs je n’en démords pas, Rewrite, en anime, est une mauvaise série qui gaspille un excellent matériau de base. Et en commençant cette seconde saison, je n’étais pas plus enthousiaste que pour la première, sinon moins.

Car oui, Rewrite reste, même dans cette seconde saison qui adapte pourtant deux routes linéaires, un produit bancal et mal branlé. Le premier épisode s’offre le plaisir de spoiler allègrement et gratuitement les fins de quelques routes du visual novel, et lance les spectateurs n’ayant pas lu le VN dans une situation que ceux-ci auront bien du mal à saisir. De problèmes techniques en problèmes de narration, l’anime accumule les tares et va jusqu’à intégrer dans sa réalisation l’écran de choix du VN, ce qui est un choix compréhensible pour l’histoire, mais qui constitue tout de même pour moi un aveu d’échec du format.

Et pourtant. Ça m’énerve profondément que l’opening de la saison ne soit pas le merveilleux Rewrite de Psychic Lover, mais l’avoir en insert song pour la dernière bataille de Sakuya, si mal réalisée soit-elle, ça me touche. Qui plus est, l’anime me fait le sale coup de garder de bonnes cartouches pour la fin, les derniers épisodes s’offrant quelques scènes bien réalisés, ce qui était sur d’influencer mon jugement pour le bilan. Oui, je suis un sale fanboy, mais plus la série se rapprochait de sa fin et plus elle me rappelait les émotions du visual novel, avec la merveilleuse chanson d’ending pour conclure tout ça.

Avec le recul, je vois maintenant un peu ce qu’ils voulaient faire de cette adaptation, ce qui explique la catastrophe qu’était le premier cour de la série. C’est une fois de plus très bancal et ça ne fonctionne pas du tout, mais j’y sens une certaine bienveillance pour la série. Ce second cour est effectivement meilleur que le premier, ne serait-ce que parce qu’il est plus cohérent, mais ça ne justifie pas de regarder la série si vous n’avez pas fait le VN. Ah oui, je ne sais plus si je vous l’avais dit mais…

Lisez Rewrite.

#39: Sengoku Choujuu Giga: Otsu

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ILCA | 13 épisodes de 3 minutes | Original

Titre Crunchyroll : Sengoku Chôjû Giga (Saison 2)

Et malheureusement, encore une série dont le second cour s’avère décevant par rapport au premier, décidemment tout ça est un peu déprimant. Cette seconde saison, je ne peux que la qualifier de « faible ». Je garderai juste en tête l’épisode du manzai pendant le siège, mais à part ça presque aucun épisode ne reste en tête, les blagues se font plus forcées, bref, c’est moins drôle. La série conserve son identité graphique séduisante, mais l’esprit n’y est plus.

#38: ClassicaLoid

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Sunrise | 25 épisodes de 25 minutes (second cour) | Original

Titre ADN : ClassicaLoid

Un peu comme pour Trickster plus haut dans ce post, j’avais fait preuve avec ClassicaLoid d’une certaine indulgence la saison passée en vertu de ses quelques épisodes fun et de ses remixes plaisir coupable, en me disant que dans le second cour ça se bougerait un peu plus. Sauf que non.

Ce second cour est principalement une dose supplémentaire du même ClassicaLoid, avec toujours ses personnages énervants, ses petites intrigues des fois sympa des fois nullos, sa façon de faire avancer le scénario à petits pas sans jamais donner l’impression de bouger, et ses musiques classiques remixées rigolotes. Seulement voilà, à la toute fin de la saison, uniquement dans le dernier foutu épisode, ClassicaLoid devient enfin ce que j’ai toujours désiré qu’il soit, et pardonnez-moi du spoil, on y trouve en vrac : une invasion planétaire d’aliens voulant écouter un concert géant des ClassicaLoid, ceux-ci qui les ignorent complètement, Bach qui claque une pose disco, les personnages principaux qui virent ClassicaLoid, des Itano circus avec des lasers rebondissant contre des buildings, le tout baigné dans une ivresse musicale enjouée. C’était fabuleux et c’était tout ce que je voulais voir de cette série. Merci.

#37: Marginal#4: Kiss kara Tsukuru Big Bang

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J.C.Staff | 12 épisodes de 24 minutes | Projet musical

Titre Crunchyroll : Marginal #4 Kiss Kara Tsukuru Big Bang

Vous voulez que je vous dise ? Je trouvais que ça commençait à manquer de beaux garçons dans ce bilan. Heureusement, voici venir notre quota groupe d’idols au masculin, car que ferait-on sans ? Mais toute ironie mise à part, je trouve effectivement que Marginal#4, si assez classique, est une série plutôt efficace dans son genre.

Marginal#4, c’est donc le nom du groupe d’idols au centre de la série, composé d’Atom, de L, de R (oui, leurs parents les ont vraiment appelés comme ça) et de Rui (ouh le rabat-joie). Leur « truc » à eux, c’est qu’ils veulent « envoyer un baiser à travers l’espace » (allez comprendre), mais à part ça ce sont des idols tout à fait normaux, qui s’entraînent, qui font des jobs en tant que talento (à la télé, au cinéma, etc.), et qui vont au lycée.

La série n’est ni révolutionnaire ni très notable, mais si c’est votre genre de came et que vous n’avez pas de problèmes avec les fins cliché et les chara-designs assez typés (et les sous-entendus un peu tendus entre jumeaux), alors Marginal#4 n’est pas un mauvais choix.

#36: Bonobono (2016)

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Eiken | Une chiée d’épisodes de 6 minutes (quatrième cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : BONO BONO

Comme pour les trois cours précédents, Bonobono est de retour pour toujours plus de calmes après-midis entre animaux de la forêt. Je continue à apprécier la décontraction et l’occasionnelle philosophie de ces petites discussions entre jeunes animaux un peu lents d’esprit. On notera quand même dans ce cour une recrudescence de blagues sur le caca, ce qui est déjà un peu moins mon kiff, mais bon, entendre des petits bestiaux parler de ce qu’est un hobby et pourquoi on le pratique, ou sur ce qui définit l’amitié, moi ça m’éclaircit la vie.

#35: All Out!!

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Madhouse | 25 épisodes de 24 minutes (second cour) | Manga

Titre ADN : All Out!!

Autre série en deux cours, autre petite déception. Là où j’attendais d’All Out!! de nous ramener des matches avec plus d’enjeux, ce second cour commence avec plusieurs épisodes à la suite complètement dénués de rugby, histoire de faire place à un peu plus de développement de personnages. Et tout ça n’est pas mal, c’est même plutôt bien fait, mais le rythme en pâtit sévèrement. Les matchs finissent par arriver, mais uniquement dans le cadre d’un camp d’entraînement, donc, là aussi, peu d’enjeux. Alors certes, ce qui est développé n’est vraiment pas inintéressant et les matchs qui ont lieu sont assez plaisants à suivre, mais il n’empêche que la série peine à véritablement avancer, et du coup on finit deux cours sans avoir entamé le moindre match de tournoi, et sans l’impression d’avoir grandement avance. Pour un anime qui prône le fait de jouer « all out », voilà donc une performance bien modeste.

#34: Koro-sensei Quest!

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Lerche | 12 épisodes de 10 minutes (ONA) | Manga

Titre ADN : KORO SENSEI QUEST

Ansatsu Kyoushitsu c’est fini, mais comme toute licence à succès, des spin-offs et autres produits dérivés continuent à être produits. Et parmi ceux-ci se trouve un manga comique qui se voit ici adapté en anime : Koro-sensei Quest!. C’est l’occasion pour Koro-sensei de devenir le Seigneur du Mal d’ un univers de RPG japonais traditionnel. Devenu trop puissant pour être vaincu par un aventurier quelconque, celui-ci décide d’enseigner à une classe d’apprentis aventuriers, histoire d’avoir des adversaires à son niveau.

Vous l’aurez compris, Koro-sensei Quest! a pour principale raison d’être de transposer autant d’éléments que possible de l’œuvre originelle au contexte d’un RPG à la Dragon Quest. Le procédé peut rappeler Shingeki! Kyojin Chuugakkou, une autre adaptation parodique de manga à succès, qui à l’automne 2015 tentait de faire pareil avec Shingeki no Kyojin et le contexte d’un lycée japonais. J’avais à l’époque trouvé la série insupportable, et si Koro-sensei Quest! fait effectivement la même chose, celui-ci s’en sort un poil mieux.

Forceur et sans grand esprit, l’anime reprend un bon nombre de blagues du manga original, et ajoute aussi ses propres vannes (de qualité variable) et références à l’univers des JRPG. Le résultat n’est jamais très drôle, mais il est tout à fait regardable, les épisodes de dix minutes aidant surement. Si vous avez pas mal d’atomes crochus avec la licence AssClass, ça ne coute rien de lui donner sa chance.

#33: ēlDLIVE

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Studio Pierrot | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre ADN : ēlDLIVE

La montée en puissance du manga publié sur le net nous a apporté quelque chose qui était jusque-là assez rare : des manga intégralement couleur. Et si certains se contentent de couleurs assez simples, d’autres utilisent à fond leur jouet, à tel point qu’on aimerait bien pouvoir leur retirer. Akira Amano fait partie de cette catégorie d’artistes. La mangaka de Katekyou Hitman Reborn! voit en effet dans la possibilité de coloriser sa nouvelle série la parfaite occasion pour garnir celle-ci de larges quantités de mauve pâle, de cyan et de jaune, des couleurs du plus haut bon goût. Le résultat est un manga qui paraît visuellement chargé, et c’est quelque chose que le staff de l’anime a bien noté.

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Mais attaquons l’histoire : ēlDLIVE nous fait suivre Chuuya, un collégien qui a la particularité d’entendre une voix dans sa tête depuis qu’il est tout petit. Un beau jour, celui-ci se voit invité à rejoindre la police spatiale ēlDLIVE, et découvre que la voix qu’il entendait tout ce temps appartenait à un être symbiote présent dans son corps, qui dispose de pouvoirs spéciaux très adaptés à la capture de criminels de l’espace. Dans la police spatiale, il retrouve aussi Misuzu, une camarade de classe qui le traite plus que froidement, et à qui il aimerait bien faire ravaler ses paroles.

C’est en gros le topo. ēlDLIVE est donc un shounen d’action chargé en extraterrestres, et plein de personnages que je trouve pour la plupart assez pénibles (surtout Chuuya, qui est l’habituel protagoniste pathétique qui ne sait pas faire grand-chose). Les combats ne sont pas fous, mais la série n’est pas moche (du moins du point de vue technique, les couleurs c’est autre chose). Le truc, c’est que l’anime tente de se parer d’une réalisation chargée en effets rigolos, notamment des transitions originales qui sont dans un premier temps amusantes mais deviennent bien vite plus agaçantes qu’autre chose.

Mais malgré tout ça et malgré une fin anime-only très prévisible, la série reste un shounen pas trop mal branlé, avec lequel j’ai peu d’atomes crochus mais que je ne jugerais pas mauvais. Et sinon, parce que les petits détails comptent, je voulais vous parler d’une petite scène du premier épisode qui continent un détail intraduisible faisant le lien entre les deux séries de l’auteure. Il y est en effet fait allusion au protagoniste de Reborn!, qui est désormais dans la mafia. Juste après ça, Chuuya rentre chez lui, et on voit qu’il vit dans une boutique spécialisée en muffins, ce qui en japonais se prononce « mafin-ya ». Eh oui, c’est un calembour. Voilà, vous ne pourrez pas dire que vous serez sorti de ce billet sans avoir rien appris.

#32: Sousei no Onmyouji

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Studio Pierrot | 50 épisodes de 24 minutes (quatrième cour) | Manga

Titre Crunchyroll : Twin Star Exorcists

Pourtant sur la pente descendante dans les trois précédents bilans, l’anime Sousei no Onmyouji aurait-il repris du poil de la bête dans son dernier cour pour se retrouver ici presque à la moitié du classement ? Oui et non, la série ayant continué à gagner en mocheté, et le scénario à se consterner de clichés. Eh bien alors ? Eh bien alors ça ne fait pas tout.

Déjà, l’épisode 46 était l’occasion de ressusciter les animateurs du début de la série pour nous offrir un combat final Roku / Yuuto que l’on qualifiera poliment de « plutôt ouf ». Mais les animateurs revenus pour cet épisode sont bien vites retournés à la terre, car si les épisodes qui suivent bénéficient aussi de quelques bonnes scènes, notamment cette scène tant attendue (clin d’œil, clin d’œil) qui arrive devant de très belles explosions, c’est vraiment à cet épisode que se trouve le climax de l’action de la série.

Maladroitement menée, la série parvient quand même à son terme d’une façon assez satisfaisante, nous rappelant qu’après avoir vu ces cinquante épisodes, on les aimait quand même bien, ces personnages. Certes, Sousei no Onmyouji est une série qui a été très mal gérée et dont plus de la moitié serait à jeter (et c’est gentiment dit), mais je mentirais si je disais que je n’avais pas une vraie affection pour elle.

#31: Kemono Friends

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Yaoyorozu | 12 épisodes de 24 minutes | Projet multimédia

Titre Crunchyroll : Kemono Friends

Le voilà, le phénomène de l’hiver, peut-être même le phénomène de l’année, qui sait, puisque la hype ne semble pas vouloir s’apaiser même un mois après la fin de la diffusion de la série. J’ai déjà dédié à la série un billet expliquant ce qu’était la série, et l’ampleur de son succès. Depuis, Kemono Friends a continué à envahir les zoo japonais (et à les sauver de la faillite au passage), et les projets pour la série se multiplient.

Comme déjà dit dans le billet, Kemono Friends est une série qui souffre de lacunes visibles, que ça soit au niveau de la modélisation, de l’animation, de la réalisation ou du rythme. Mais Kemono Friends a aussi deux assez grandes qualités : son univers, et le comportement des Friends. Côté univers, le parc dans lequel se trouvent Kaban et les autres se révèle très vite être un zoo géant futuriste abandonné par une humanité dont il ne reste plus que des traces. Ce n’est pas un setting qui nous est décrit de façon dramatique, mais par indices et par touches, avant de finir par être plus développé par des logs vocaux dans les derniers épisodes. Ainsi, par exemple, on peut se rendre compte que si les robots guide parlent à Kaban mais ne répondent pas aux Friends qui leur parlent, c’est parce que ceux-ci sont des animaux, et qu’un robot guide n’est fait que pour aider les humains. C’est un détail que le spectateur comprendra bien avant qu’il ne soit expliqué bien plus tard, et qui contribue à nous permettre d’imaginer le setting qui entoure ce parc abandonné.

D’autre part, les comportements des Friends sont un autre point qui mérite notre attention, car il reflète un plaisant travail de documentation. Les actions et attitudes des différents Friends dépendent en effet souvent de leur espèce animale. Par exemple, Serval, ainsi que les autres félins, ne peuvent pas utiliser d’outils, vu qu’ils ne sont pas censés avoir de pouce opposable, donc à la place ceux-ci touchent les objets en faisant des pattes de chat avec les mains. Autre exemple, quand la pingouin empereur s’évanouit, elle reste debout, parce que les pingouins empereur dorment debout. La série regorge de petits détails amusants comme ça.

Malgré tout la série reste bancale et, disons-le vulgairement, assez chiante, je ne nierai certainement pas ça. Mais il n’empêche qu’il y a dans cette série une certaine volonté de bien faire qui la rend bien vite hautement sympathique.

#30: Minami Kamakura Koukou Joshi Jitensha-bu

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J.C.Staff & ACGT | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Minami Kamakura High School Girls Cycling Club

Sur trois séries présentes dans ce bilan à se consacrer au vélo, c’est donc la pauvre Minami Kamakura Koukou Joshi Jitensha-bu qui se trouve être la plus bas classée. Pourquoi donc ? Il ne s’agit jamais que d’un slice of life tout-à-fait innocent parlant du club de cyclisme d’un lycée d’une ville côtière, qu’est-ce qu’il peut y avoir de mal ? Pas grand-chose, après tout regardez le chiffre, Minami se trouve dans la première moitié du classement. Ça ne vous suffit pas comme excuse ? Ok, développons.

Minami Kamakura Koukou Joshi Jitensha-bu est une série slice-of-life calme profitant de jolis décors et d’une assez bonne ambiance. Certains des décors sont même tellement beaux qu’ils me donnent la vague impression d’être des photos très légèrement redessinées, et ne s’intègrent pas forcément très bien dans le tout (je pense surtout aux décors du petit sanctuaire où l’héroïne se retrouve quand elle se perd). Mais pour moi, l’axe de tout slice-of-life traditionnel, ce sont ses personnages. Or, je retiens très peu de choses des personnages de Minami : on a l’héroïne qui a oublié comment faire du vélo, la fille à lunettes qui, euh, porte des lunettes, la tomboy qui disparaît complètement du premier plan une fois qu’elles l’ont récupérée, Fuyune l’ojou-sama, et puis la gaijin qui parle japonais avec un horrible faux accent américain. A part l’histoire de Fuyune avec sa sœur, je ne retiens absolument rien de substantiel de ces personnages, et ça me dérange.

Je ne parviens en fait pas à retirer de Minami quelque chose qui ne soit pas un peu bancal, que ça soit les interactions entre les personnages, la course au lycée, pas bien passionnante, la vilaine 3D quand elles sont sur leur vélo, ou le rythme général de la série. Rien de fondamentalement très grave, mais tout ça fait que même en ayant trouvé la série assez sympathique à suivre, j’en ressors, avec le recul, avec un petit bof. Dommage. Mais par contre les gaijin qui parlent la langue avec l’accent de chez eux très forcé, je croyais que c’était une tare dont on était débarrassés depuis un certain temps, et je ne suis pas heureux d’en retrouver aujourd’hui. Conne chic chaud.

#29: Masamune-kun no Revenge

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Silver Link. | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Masamune-kun’s Revenge

Petit moment de suspension d’humilité : je pense être quelqu’un de plutôt bon pour suspendre mon incrédulité. Des compositeurs qui sont ramenés à la vie dans des cyborgs et qui passent leur temps à faire cuire des gyoza et à faire n’importe quoi ? Ok. Des lycéennes à qui on laisse seules le contrôle de gros navires militaires (armés) ? Sans souci. Des gonzes qui vont affronter des kanji maléfiques dans une dimension alternative à bord de méchasses transformables ? Je ne vois pas le problème. Mais la prémisse de Masamune-kun no Revenge, je ne suis jamais, ô grand jamais, arrivé à y croire.

Masamune Makabe est un jeune homme un tantinet narcissique qui, dans sa petite enfance, a beaucoup souffert des méchancetés et des moqueries des enfants de son âge vis-à-vis de son surpoids. Cherchant la vengeance idéale vis-à-vis de la fille dont la moquerie l’a le plus blessé, il ressurgit des années plus tard après être devenu /fit/ grâce à de nombreux régimes et à des exercices de musculation mille fois répétés. Son objectif : retrouver la fille en question, la faire tomber amoureuse de lui, et au moment où elle confessera son amour, refuser.

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Et, bon, c’est connard mais encore, je comprends la logique. Seulement voilà, la seule approche que ce gros débile a trouvé, c’est de lui-même lui professer son amour et de tourner autour d’elle comme n’importe quel adolescent en chien. Et autant je saisis l’intérêt de la faire tomber amoureuse et de lui briser le cœur quand elle propose, autant si c’est toi-même qui est celui qui attend une réponse, ça devient débile. C’est du niveau du gars qui fait genre qu’il veut faire un check et qui feinte. Sérieusement mon gars, t’as passé des années dans les montagnes à bouffer des graines et à méditer sous des cascades juste pour lui faire le vieux coup du check en blanc ? Comment on peut être aussi puéril ?

Mais le pire c’est que non seulement son plan est pourri, mais en plus le gars n’arrive pas à s’y tenir et se retrouve à l’aider en permanence. Un bon paquet de personnages de la série souffrent ainsi de ce problème de motivations boiteuses, et pourtant les personnages eux-mêmes sont plutôt bien croqués et plaisants. Ensuite, la série est bien rythmée, reste assez fidèle aux chara-designs initiaux de Tiv (la mangaka) sans faire d’exploits niveau technique, est plutôt amusante et même pas désagréable à suivre. Reste cette revanche dénuée de sens qui m’agace profondément et m’empêche d’apprécier plus la série. Comme quoi, la vengeance n’est jamais la solution.

#28: Long Riders!

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Actas | 12 épisodes de 24 minutes (deux derniers épisodes) | Manga

Titre Daisuki : Long Riders!

Et voilà venir une série qui a eu des problèmes cet automne et a dû repousser ses deux derniers épisodes au mois de février, ce qui lui vaut une rapide mention sur ce bilan. Les deux derniers épisodes ne sont rien de particulier mais ils sont de plutôt bonne facture, et me permettent de me rappeler des qualités de la série (tout en me faisant me demander si je n’ai pas été UN POIL sévère la saison dernière) : des personnages sympathiques sinon très originaux, et une connaissance assez pointue de son sujet. En effet, la série nous abreuve régulièrement de petites informations sur le cyclisme, l’entretien d’un vélo et les différents types de courses de vélo, de façon assez didactique sans pour autant être chiante. Dans ces deux épisodes, on a notamment le droit à un parcours de nuit, dans la continuité du reste de la série qui se dévouait déjà à montrer autant d’aspects de la discipline que possible. Ensuite, la série reste un poil chiante, mais sur deux épisodes, j’aurais du mal à dire que je me suis embêté. Ceci explique probablement le saut d’un tiers de classement depuis le dernier bilan.

Et sur ce, tous mes encouragements vont au staff d’Actas, puisqu’ils ont une série sur le feu pour cet été, et que j’aimerais assez qu’ils brisent enfin leur vilain combo (pour rappel, depuis une petite dizaine d’années le studio n’a jamais été capable de tenir un planning de série en entier sans avoir à repousser des épisodes). Cette fois-ci c’est une co-production, donc il y a moyen. Allez, on y croit !

#27: Nanbaka (2017)

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Satelight | 12 épisodes de 24 minutes (ONA) | Manga web

Titre Crunchyroll : NANBAKA

Voilà une série sur lesquelles il y a des choses à dire au niveau de sa diffusion. Vous vous souvenez en effet que la saison dernière, je vous parlais déjà de la série comme de n’importe quelle série télé normale, et en effet, c’en était une. Mais au détour de la nouvelle année, la série a pris à fond le virage numérique : le second cour de la série dit en effet adieu à MBS, Tokyo MX et BS11 et s’est retrouvé diffusé uniquement sur NicoNico. C’est ainsi qu’une série classique est devenue un ONA au d’un cour à l’autre. Reste à savoir si les résultats de cette initiative sont bons pour les producteurs de la série, mais en tout cas il est clair que cette option de partir sur le net ouvre une certaine flexibilité de diffusion. Peut-être se retrouvera-t-on bientôt avec plus de séries qui transiteront de la télé au net ?

Mais revenons au sujet : ce second cour de Nanbaka, après quelques épisodes de comédie nunulle très rigide, s’embarque dans un gros arc de shounen d’action. Alors certes, c’est assez classique et pas forcément bien foutu, mais ce cour de Nanbaka s’est avéré étonnamment plaisant à regarder, que ça soit pour ses personnages excentriques, ses pouvoirs spéciaux étranges ou juste parce que j’aime voir des gens se taper dessus. Le vrai problème que j’ai avec ce cour, c’est surtout que le dernier épisode se termine comme un avant-dernier épisode : les personnages vont affronter le boss final, tout s’apprête à être résolu la semaine prochaine… mais non, la saison se finit là. Vous vous en doutez bien, ça n’est pas très plaisant.

#26: BanG Dream!

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Issen & Xebec | 13 épisodes de 24 minutes | Projet multimédia

Titre Wakanim : BanG Dream

Il est des séries dont le processus de conception est très facile à imaginer, et BanG Dream! en fait partie. J’imagine très bien un producteur, assis dans son fauteuil, clope à la main, en train de contempler le plafond à se demander de quoi sera fait le lendemain et qu’est-ce qu’on mange le midi. « Les idols c’est pas mal, ça se vend bien, mais le marché commence à être pas mal saturé… Que faire ? », songe-t-il. Baissant le regard en direction de la porte close de son bureau, il continue, toujours intérieurement : « Ah oui mais il faut de la musique, ça marche bien les disques d’anisong. Du coup, frais mais quand même avec de la musique, qu’est-ce que… ». Ses yeux parcourent les étagères et s’arrêtent sur un vieux poster roulé dans un coin de la pièce, côté poster vers l’extérieur. La partie du poster qu’il peut voir ne montre pas grand-chose, juste une cymbale, un bout d’un manche de guitare, et une paire de tranches de takuwan. « Mais oui, c’est ça ! », s’écrie-t-il.

Annoncée par un des ses producteurs comme étant la série qui mettrait fin à l’ère des idols pour instaurer une nouvelle ère, non pas l’ère du Stup mais l’ère des groupes de rock, et soutenue par une campagne marketing assez importante au Japon, BanG Dream! est une série qui n’est pas à la hauteur de ses ambitions, ce qui ne l’empêche pas d’être un plutôt agréable moment à passer.

Dans BanG Dream!, on suit donc Kasumi, une lycéenne qui va un peu par hasard se découvrir un amour de la guitare, et qui va rassembler autour d’elle d’autres musiciennes de son âge pour faire un groupe de rock et pouvoir jouer ensemble dans un studio local. Un petit objectif pas simple à accomplir quand on est une débutante complète, mais pas non plus extrêmement intéressant pour le spectateur. Et c’est en fait un peu mon problème avec la série en général : je n’y trouve pas grand-chose d’intéressant.

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Que ça soit dans son slice-of-life manquant un peu de polish ou dans ses performances musicales sans grand impact (l’OP est bien cela dit), BanG Dream! est une série qui peine à marquer. Et c’est dommage, parce qu’il y a une dynamique, il y a quelque chose qui fonctionne quand on regarde la série, mais rien pour m’assurer que je m’en souviendrai une fois que j’aurai posté ce bilan et que je serai passé à la saison prochaine. Certainement pas désagréable à regarder, BanG Dream! manque en fait juste d’éclat.

#25: Chain Chronicle: Haecceitas no Hikari

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Telecom Animation Film & Graphinica | 12 épisodes de 24 minutes | Jeu smartphone

Titre Crunchyroll : Chain Chronicle (Série TV)

Qu’une série animée commence in medias res en plein combat final, ce n’est pas exactement quelque chose de neuf. Plein de séries le font histoire de titiller le spectateur avec un aperçu du final avant de revenir au point de départ de l’histoire. Que ce combat final soit bel et bien le début chronologique du récit, c’est déjà plus rare. Chain Chronicle est en effet une série qui commence par un combat de boss final, combat que les héros vont perdre. Le héros est blessé, ses alliés se dispersent à travers le royaume, et le méchant roi a gagné. C’est ce qui semble au départ être l’angle de la série : un récit qui va suivre le héros d’un RPG après sa défaite face au grand vilain.

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En effet, la série évoque directement tout un tas de RPGs japonais, que ça soit dans ses codes narratifs, sa structure ou tout simplement le design de ses personnages et de son univers, qui à titre personnel m’évoque largement celui des plus récents jeux Fire Emblem. L’univers de Chain Chronicle est à la fois assez classique pour être directement compréhensible de tous sans présentation explicite, et assez bien designé pour avoir sa petite touche, faible mais existante. Et quand je vous dis que l’univers ne nécessite pas d’explication, ce n’est pas pour de rire, car quasiment rien ne nous est expliqué du tout, et très peu de personnages sont véritablement développés (alors que pourtant il y en a la dose).

On semble donc au départ se diriger vers une exploration du thème de ce que peut faire un héros qui prend cher face au grand méchant, mais ça ne dure qu’un temps. Après quelques épisodes de doute, le héros se décide à monter une nouvelle campagne contre le vilain, et recrutera au passage un autre jeune ayant le potentiel d’être un héros, et puis ça repart comme en 40. A partir de là le scénario se développe de façon assez clichée, avec notamment un héros qui va devoir affronter ses ténèbres intérieures de façon littérale. Je trouve que le fait de ne pas présenter la plupart des personnages plus que de nécessaire a une sorte de sens, mais du coup en contrepartie on a du mal à se sentir impliqué dans tout ça tant on manque de connexions avec ceux-ci.

L’une des grandes qualités de la série, ce sont ses combats, majoritairement animés en 3DCG d’assez bonne facture, et avec des effets biens rendus. La série est très orientée combat et ne déçoit que peu de ce côté-là. Alors certes, tout ça est un peu cliché (plus on approche de la fin de la série et plus ça l’est), et le thème de départ de la série est sous-exploité, mais Chain Chronicle est une série d’action assez bien rythmée et plutôt chiadée, et au final on ne lui en demande pas tant que ça de plus.

#24: Choboraunyopomi Gekijou Dai San Maku Ai Mai Mii: Surgical Friends

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Seven | 12 épisodes de 4 minutes | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : Ai-Mai-Mi Surgical Friends

Ah. Ai Mai Mii, troisième saison. Voilà quelque chose de différent. Pour résumer, Ai Mai Mii est une série courte qui a pour première particularité d’être intégralement réalisée et animée en solo (pour ce qui est de l’animation clé) par Itsuki Imazaki, qui est quelqu’un que l’on peut qualifier sans souci de grand malade. Ai Mai Mii, en soit, c’est une série d’une créativité inquiétante où trois jeunes filles… vivent… des choses. Des fois elles se font bouffer par des gros monstres, des fois elles sauvent le monde, des fois leur monde se fait conquérir par une armée de dauphins, des fois il ne se passe rien de concret, des fois elles s’urinent dessus en dansant, des fois l’une d’entre-elles devient une licorne pyromane tentant d’assassiner sa seiyuu préférée parce que celle-ci n’est plus vierge. C’est Ai Mai Mii.

Si vous me demandiez si c’est une bonne série, je serais dans l’obligation de vous demander de reformuler la question. Ai Mai Mii est un spectacle tordu mais étrangement fascinant, qui peut sauter de l’humour le plus crado de la terre à des flashbacks complètement bidons mais très joliment animés sur plusieurs épisodes. C’est une série qui n’a véritablement aucun sens,  imaginée par des créateurs non accompagnés d’un adulte responsable, et somme toute je suis assez content qu’elle existe.

#23: Tales of Zestiria the X 2nd Season

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ufotable | 13 épisodes de 24 minutes | Jeu vidéo

Titre ADN / Daisuki : Tales of Zestiria the X

Sans grands changements de forme ou d’écriture depuis son premier cour, la série nous développe ici tout particulièrement le personnage de Rose, mais pas que. Elle conserve un rythme assez élevé qui ne l’empêche toutefois pas de faire l’impasse sur certains points plus ou moins importants de l’histoire. C’est quelque chose qui se ressent tout particulièrement quand on voit les deux principaux vilains secondaires de la série disparaître sans qu’ils ne soient jamais développés plus que ça ou qu’on n’apprenne jamais leurs véritables intentions (notamment celui doublé par Koyasu, dont je ne sais même pas pourquoi il existait). Ni intéressante ni véritablement chiante, l’histoire de Tales of Zestiria atteint dans son dernier épisode (sorti en retard de presque un mois) une conclusion pas plus marquante que ça.

Mais ça n’est pas si important, car pour moi l’attrait de la série, c’est en bonne partie son aspect visuel. La série continue à bénéficier du même travail de post-prod dont a bénéficié le premier cour, pour le meilleur comme pour le pire (la fumée de la malveillance, berk, et les dragons en CG restent extrêmement mal intégrés dans la série). Plutôt pas mal storyboardé, l’anime dispose de tout un petit tas de jolies scènes et de beaux plans, bien que les combats eux-mêmes ne soient pas toujours passionnants. A titre personnel c’est une série que j’ai apprécié regarder, ne serait-ce que pour certaines histoires secondaires (celle de Rose notamment) et pour sa « finition ufotable », si je puis dire, même si elle ne restera certes pas dans les annales du studio.

#22: Heybot!

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Bandai Namco Pictures | Pas suffisamment d’épisodes de 24 minutes (second cour) | Original

Titre Crunchyroll (en VOSTA) : HEYBOT!

Le plus dur quand vous essayez de défendre une série que vous êtes à peu près le seul dans votre tranche d’âge à aimer, c’est quand cette série a un coup de mou et que vous vous retrouvez à faire « mais si c’est bien, enfin d’habitude c’est mieux, je vous jure ». C’est assez gênant. Eh bah là, c’est pour ma gueule.

Oui, ce second cour de Heybot! est plus faible que le premier et s’offre quelques épisodes un poil gênants (notamment celui où ils font un featuring d’un vrai groupe de manzai, qui est atterrant). Malgré tout, la série continue de sortir des épisodes très drôles, et qui plus est elle fait enfin intervenir à l’écran quelques acteurs du fil rouge plus sérieux qu’on ne faisait qu’entrevoir jusque-là. Mais pas d’inquiétudes, car sérieux Heybot! ne parvient jamais à l’être vraiment, et ne tente d’ailleurs jamais de l’être. La série reste une comédie improbable qui bien que plus faible cette fois-ci continue à bénéficier de mon indicible affection.

#21: Aggressive Retsuko

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Fanworks | Plein plein d’épisodes de 1 minute (quatrième cour) | Mascotte

Titre Sanrio (pour la mascotte, la série n’est pas licenciée en France) : Aggretsuko

L’office lady à poils doux est de retour pour toujours plus d’histoires et de frustrations qui sentent terriblement le vécu. L’idée n’a pas changé depuis le début de la série le printemps dernier : c’est une série qui parle d’une panda roux qui a un boulot pas terrible dans une boîte quelconque et qui subit les habituels tracas du boulot et de la vie. Sa solution pour évacuer la frustration : chanter dans sa tête du death metal.

Ça reste très drôle, les situations sont cette fois un peu plus variées et je ne peux que continuer à apposer à la série mon label « vous devriez vraiment regarder ». Dommage que la série ne soit pas disponible où que ce soit en occident, vraiment, parce que je suis convaincu que ça peut toucher plein de gens.

#20: Akiba’s Trip The Animation

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Gonzo | 13 épisodes de 24 minutes | Jeu vidéo

Titre Wakanim : Akiba’s Trip

Et le top 20 s’ouvre ainsi sur un improbable OVNI, étrange à tout un tas de niveaux. Akiba’s Trip raconte l’histoire de Tamotsu, un otaku fréquentant régulièrement Akihabara pour profiter des bienfaits du lieu. Mais les bienfaits ne sont pas tout ce qui se cache dans le quartier des perversions bidimensionnelles, car dans l’ombre rôdent aussi des sortes de vampires, agressant au hasard de pauvres gens pour en faire leurs servants. Quand Tamotsu manque de perdre la vie aux mains d’une de ces créatures de la nuit, c’est l’intervention de Matome, jeune femme disposant aussi de pouvoirs vampiriques, qui le remet en service. Désormais à moiti vampire, Tamotsu va devoir lutter pour sauver Akiba des menaces qui y rôdent.

Jusque-là ça pourrait paraître presque sérieux, mais rassurez-vous : ça ne l’est nullement. La série est en effet prétexte à faire autant de fan service que possible, mais attention, je n’entends pas par-là forcément le fan service auquel vous pensez. Certes, il y a de la nudité, et il n’y en a pas peu, puisque dans la série, pour vaincre les pseudo-vampires, il faut les déshabiller, mais ça n’est pas ce fan service qui m’intéresse ici.

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En effet, Akiba’s Trip est surtout l’occasion de faire d’épisode en épisode tout un tas d’hommages à la culture otaku sous toutes ses formes et à travers ses nombreux types de fandoms. Ainsi l’anime a-t-il des épisodes parlant de montage d’ordinateurs, de radiophonie, de répliques d’armes, de maid cafés, de matériel audio, mais aussi de tournois de jeux de cartes à collectionner, de salles d’arcade, de matches de catch, etc. Certes, ces thèmes ne sont parfois qu’un point de départ avant de partir dans des grands délires permettant l’apparition du sacro-saint monster of the week, mais il transpire d’Akiba’s Trip la louable intention de rendre hommage à la culture otaku dans sa diversité, sans jamais s’empêcher de lâcher quelques piques bien senties, bien entendu.

Malgré cette intention louable, Akiba’s Trip est une série un peu boiteuse, et clairement elle ne se vaut pas d’épisode en épisode tant l’intérêt de ceux-ci varie. Du point de vue visuel aussi, on voit que la série privilégie l’expressivité à la constance, ce qui donne une série rigolote à voir et constellée de jolis sakugas, mais manquant parfois de polish de ce point de vue. C’est une observation qu’on peut d’ailleurs étendre au reste de la série : sur la longueur elle est pleine de faiblesses, de persos relous, de trucs qui ne marchent pas, mais elle sait créer de petits moments de gloire, des références bien trouvées et bien exploitées, des blagues bien senties et autres qui font qu’on lui pardonne. Akiba’s Trip est en fait une belle pochette surprise pour otakus, souvent bizarre, pas toujours avouable, mais pleine de bonne humeur, et dont on en ressort avec le sourire.

#19: Nyanko Days

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EMT² | 12 épisodes de 2 minutes | Manga (4-koma)

Titre  Crunchyroll : Nyanko Days

Amis du mignon, halte-là, j’ai de la bonne came pour vous. Nyanko Days nous parle de Yuuko Konagai, une lycéenne timide et introvertie, qui n’arrive pas à se faire des amies. Heureusement pour elle, Yuuko a son petit oasis personnel : ses trois petites chatonnes, Maa, Rou et Shii. Mais un jour, alors qu’elle se balade avec ses trois chattes en ville, elle croise la fille la plus populaire de sa classe, qui elle-même adore les chats.

Nyanko Days est une série mignonne jusqu’au niveau moléculaire. Les chatonnes partiellement anthropomorphisées de la série ont des comportements mi-humains mi-animaux très charmants, et même les personnages humains sont choupi tout plein. Et là je me rends compte qu’il est extrêmement difficile de parler d’une série dont l’atout premier est son aspect mignon. Alors certes la série est un peu drôle, du genre qui fait bien sourire, mais ça reste avant tout une série à regarder entre deux réunions pour voir des petites bestioles avec des oreilles de chat faire des trucs mignons, et où on sort de chaque épisode avec l’âme remise à neuf. Si vous avez un jour besoin d’une petite dose de bonne humeur format apéritif, souvenez-vous que Nyanko Days sera toujours là pour vous sauver votre soirée.

#18: Little Witch Academia

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Trigger | 25 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Original

Titre Netflix : L’académie des petites sorcières

Vous m’avez déjà entendu parler du mouvement de l’industrie de la japanimation de la télé vers le cinéma et le net, ce qui est une véritable tendance actuelle. Que dire, alors, du mouvement inverse de Little Witch Academia ? Après deux court-métrages dont un issu du financement participatif, la série de Yoh Yoshinari se retrouve enfin avec un format de série traditionnelle, l’occasion d’enfin développer plus en profondeur son univers. Un développement attendu par les fans, mais est-ce que Little Witch Academia a en elle une histoire qui vaille le coup d’être racontée en 25 épisodes ? Pour l’instant, dur à dire.

Pour rappel, Little Witch Academia nous fait suivre les aventures d’Akko, une jeune sorcière pas bien douée qui vient apprendre la magie dans une académie spécialisée. Son rêve, c’est d’arriver au niveau de Shiny Chariot, une sorcière qu’elle a vu en spectacle durant son enfance, et dont la performance l’a profondément marquée. La série conserve tous les personnages présentés dans les films, mais reprend son intrigue du départ, tout en introduisant quelques éléments inédits, dont un jeu de cartes à collectionner Shiny Chariot, qu’Akko conserve en tout temps sur sa personne.

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Toutefois, peu de vrais développements sont à attendre de ce premier cour, qui s’amuse surtout à nous offrir des épisodes auto-conclusifs avec de petites histoires généralement sans grandes conséquences, amusantes sans plus. On peut toutefois y voir les premiers développements de quelques fils rouges, ainsi que l’apparition très inattendue d’un personnage masculin (nommé Andrew) pour lequel il est fort possible qu’Akko développe un intérêt romantique. D’ailleurs, parlons-en, Andrew est un personnage qui me dérange un peu. Certes, il menace un très bon pairing, mais surtout c’est un personnage qui ne semble pas du tout appartenir à l’univers de la série, que ça soit au niveau de son apparence ou de sa personnalité. Sans doute qu’à force de côtoyer Akko et les sorcières il arrivera à mieux s’adapter à l’ambiance de la série, mais en attendant, je trouve qu’il fait un peu tâche dans tout ça.

Mais même sans avoir encore développé un scénario d’une grande envergure, Little Witch Academia parvient à conserver notre intérêt avec son animation labellisée Trigger, mélangeant moments d’indolence rigolarde et amour de l’animation de caractère. Car à l’instar du fromage du bled, la (bonne) animation de Little Witch Academia sait avoir du caractère, avec des personnages très expressifs et quelques cuts d’action vraiment remarquables. L’intérêt de la série vacille d’un épisode à l’autre, mais il est impossible de dire de la série qu’elle n’est pas inventive, et son ambiance magico-occidentale reste invariablement attirante.

#17: Chou Shounen Tanteidan NEO

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DLE | 13 épisodes de 4 minutes | Original (roman)

Non licencié en France

Eh non, monsieur Trickster, vous n’avez pas le monopole de la réinterprétation libre du Shounen Tanteidan d’Edogawa Ranpo. Ainsi cet anime court propose aussi une histoire où se font face d’un côté un groupe de jeunes détectives mené par Kogoro Akechi, et de l’autre côté le mystérieux voleur aux vingt visages (« kaijin nijuu mensou », y’a pas de traduction exacte qui marche bien donc faites avec). La comparaison entre les deux séries s’arrête là, car là où la série Trickster se prend les pieds dans une intrigue complexe et mature dont elle-même n’a pas le plein contrôle, Chou Shounen Tanteidan NEO est une série qui cherche avant tout à être fun. Et qui y arrive.

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Ainsi, l’histoire ne va pas bien plus loin que ça : Akechi et ses gamins sûrs sont à la poursuite du criminel aux vingt faces et de son associée, l’élégante femme chat (« neko fujin », doublée par Kana Hanazawa). La plupart des épisodes consistent d’une nouvelle manigance improbable de l’homme aux vingt faces, qui va tenter de neutraliser l’équipe des détectives tour à tour en leur envoyant des cigales robotiques super bruyantes, en les forçant à poser comme des chaises, ou tout bêtement… en rachetant le studio qui anime la série.

C’est assez con, c’est franchement drôle, et pour ne rien arranger la série bénéficie d’une certaine créativité visuelle qui la rend franchement agréable à regarder. Dernière mention pour Shinichirou Miki qui interprète le narrateur de la série en roue libre totale, un délice à entendre.

#16: Yowamushi Pedal: New Generation

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TMS Entertainment | 25 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Manga

Titre Crunchyroll : Yowamushi Pedal New Generation

Le troisième et dernier anime de vélo de la saison, c’est bien entendu ce bon vieux shounen sportif qu’est Yowamushi Pedal. Je vous en avais déjà parlé dans un billet dédié, auquel je vous invite à vous référer si vous êtes curieux de savoir ce qu’est cette série et pourquoi vous devriez vous enfiler une soixantaine d’épisodes avec des gens qui font du vélo.

J’ai aussi parlé de New Generation dans le post suscité, mais il ne serait pas de trop de rappeler ce que j’en pense. On a affaire ici à un cour de transition, où les lycéens qui étaient en troisième année pendant les précédentes saisons tirent leur révérence pour laisser la place à des jeunes prometteurs. Les nouveaux persos et les changements amenés ici ne semblent pas forcément tous intéressants au premier abord, mais si les précédentes saisons de Yowamushi Pedal nous ont appris quelque chose, c’est que si des persos ont une sale gueule c’est pas pour autant qu’ils ne peuvent pas se révéler complètement badass en pleine course.

L’idée est donc bien de faire la transition et surtout de faire monter l’attente de l’Inter-High, et à ce titre ce cour ne se plante pas. Par ailleurs, il y a quelque chose d’excellent qui se passe dans ce cour, que je me dois de signaler : un personnage secondaire rigolo qui décide de serrer les dents et de tenter de s’extraire de son statut de boulet de la bande, en prouvant que lui aussi peut faire de grandes choses, et qu’il peut tout donner et devenir un membre à part entière de l’équipe. C’est une storyline qui s’étend sur plusieurs épisodes et que je trouve extrêmement enthousiasmante et poignante, et c’est quelque chose de suffisamment rare et cool pour être proprement signalé et grandement salué.

#15: Gintama.

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Bandai Namco Pictures | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Gintama (Saison 4)

On passe d’un long shounen à l’autre avec la nouvelle saison de Gintama qui vient ouvrir le top 15 de ce bilan. Là aussi, j’ai dédié un billet à la licence, où je vous présente et tente de vous convaincre de lire et de voir Gintama, parce que c’est une série énorme, et pas seulement en terme de nombre d’épisodes.

Cette (première, il faut espérer) cuvée 2017, se distinguant par la présence d’un point dans son titre, s’attelle à nous présenter un seul long arc de la série : la bataille sur la planète Rakuyo, arc globalement sérieux dont la conclusion nous ouvre les portes du dernier arc du manga. Mais ce n’est pas parce que l’arc est sérieux que la saison n’est pas drôle, les combats contre les trois capitaines du Harusame étant notamment l’occasion de quelques moments de gloire comique.

Cela dit, plus on avance et plus l’anime se concentre sur le sérieux, nous offrant quelques flashbacks et des combats pas bien fous. En effet, autant en parler tout de suite, cette saison de Gintama est très loin de faire partie des plus belles de la série, l’animation ne tenant vraiment pas la distance. Qui plus est, je dois vous avouer que la storyline de la situation familiale de Kagura, qui est ici longuement développée et y trouve une sorte de conclusion, ne me passionne pas. Il n’empêche, la saison a ses grandes scènes et jouit sans problème de l’ « esprit Gintama » qui rend la série aussi attachante depuis toutes ces années.

#14: Urara Meirochou

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J.C.Staff | 12 épisodes de 24 minutes | Manga (4-koma)

Non licencié en France

Je vous disais plus haut que ce qu’il y a de plus important pour moi dans un slice of life, c’est les personnages, et c’est un avis que je maintiens. Toutefois, un contexte original peut être un gros plus. Banco pour Urara Meirochou, qui nous amène à Meirochou, une ville pittoresque où vivent de nombreuses Uraras, des filles pratiquant les arts de la divination. On y suit tout particulièrement Chiya, une jeune fille élevée proche de la nature, et qui va tenter de faire carrière à Meirochou afin d’y trouver sa mère, qu’elle n’a jamais connu. Elle y rencontre rapidement trois autres jeunes filles, avec qui elle va commencer son apprentissage.

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Urara Meirochou est donc un slice of life qui s’intéresse au domaine de la divination, un thème rassemblant tout un tas de traditions d’origine diverse, expliquant l’allure sans nulle autre pareille de la ville. La série suit la vie quotidienne et la progression de l’apprentissage des héroïnes, qui développent vite des liens d’amitié forts entre elles. Les différentes personnalités des filles marchent bien les unes avec les autres, et il me faut signaler que Chiya, du fait de sa nature un poil sauvage, a l’amitié un tantinet tactile. Ainsi la série s’offre-t-elle de récurrentes poussées de fan service, donc notez que si ça n’est pas votre came, Urara Meirochou n’est pas une série pour vous.

C’est un peu la seule vraie contre-indication que j’ai à exprimer au niveau d’Urara Meirochou, car à part pour ça c’est un slice-of-life bon esprit très bien foutu, plutôt drôle, assez bien animé et avec un bel univers qui lui est propre. La série se termine sur l’examen permettant aux quatre jeunes filles de tenter de passer au prochain niveau de leur apprentissage, et je dois vous avouer que sans raison particulière j’ai commencé à me lasser un peu de la série dans ces eaux-là. Mais en vrai, si vous aimez les cute girls doing cute things, Urara Meirochou est sans le moindre doute une bonne série à vous conseiller.

#13: Ao no Exorcist: Kyoto Fujouou-hen

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A-1 Pictures | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre ADN : Blue Exorcist – Kyôto Saga
Titre Daisuki : Blue Exorcist Kyoto Saga
Titre Wakanim : Blue Exorcist: Kyoto Saga

Si vous me demandiez un jour dans la rue quels sont les plus graves problèmes de l’humanité, je vous répondrais probablement « la guerre, la pauvreté, le cancer, la non-popularité de Kozue Amano en France et les fins anime-only ». Heureusement, l’humanité fait des progrès, et de nos jours les fins anime-only se font de moins en moins fréquentes (il me semble), le ciel soit loué. L’une des raisons probables de la disparition progressive de ce fléau, c’est qu’au moment de faire une suite, on est bien emmerdés. Il se trouve que la saison 1 d’Ao no Exorcist s’est justement finie sur une fin originale. Du coup, que fait la saison 2 ? Elle soulève le tapis, et elle balaye tout ça dessous.

En effet, Ao no Exorcist: Kyoto Fujouou-hen reprend comme si la fin originale de l’anime n’avait jamais eu lieu, dans un climat émotionnel que les spectateurs qui n’ont pas lu le manga seront sans doute incapables de s’expliquer. Pour rappel, Ao no Exorcist, c’est l’histoire de Rin Okumara, un garçon qui découvre un jour qu’il est le fils biologique de Satan. Au lieu d’appeler France 2 pour proposer le sujet pour Toute une histoire, il décide de devenir exorciste comme feu son père adoptif afin de pouvoir aller talocher Satan.

L’arc qui est ici adapté amène nos protagonistes à Kyoto, où une sombre affaire d’artefacts démoniaques se déroule au sein du temple où ils logent. L’arc est en soi plutôt intéressant et développe plusieurs storylines assez bien écrites, avec de bonnes scène de combat. L’adaptation ne déçoit pas non plus : assez bien animée avec d’occasionnels très bons cuts d’action (notamment au niveau de l’animation des effets), la série profite aussi toujours des soins de Hiroyuki Sawano pour la musique.

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Alors certes, le rythme est poil plan plan, certes, les scènes hors-combat sont moins travaillées que dans la première saison, certes, le père Shirou n’a plus le même doubleur pour une raison que je ne parviens pas à saisir, mais peu importe. Le vrai truc qui compte, c’est que le dernier épisode a comblé mon petit cœur de gars qui ADORE quand les personnages secondaires développent une relation romantique entre eux. La scène est très choupi et très marrante, et moi ça me ferait pardonner n’importe quoi.

#12: Demi-chan wa Kataritai

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A-1 Pictures | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Freaky Girls

Dans cette saison d’hiver particulièrement diverse au niveau des genres de séries diffusées, je ne sais pas ce qu’il faut penser du fait que l’une des séries ayant le personnage principal le plus badass soit un slice-of-life lycéen. La réponse est probablement « rien », d’autant qu’être doublé par Junichi Suwabe, c’est un peu de la triche.

Mais on s’éloigne du sujet. Demi-chan wa Kataritai est effectivement un slice-of-life se déroulant dans un lycée japonais tout ce qu’il y a de plus classique. Ce qu’il y a de moins classique, c’est que parmi les élèves de ce bahut se trouvent une vampire, une dullahan et une yuki-onna (un spectre d’apparence féminine qui convoque le froid). Les trois ont un peu de mal à s’intégrer dans leur classe du fait de leurs particularités plus ou moins visibles, mais heureusement pour elles il y a dans le corps enseignant Tetsuo Takahashi, un prof de SVT possédant un intérêt sans bornes pour les demis, ces filles disposant de caractéristiques de créatures folkloriques.

Ainsi, Tetsuo va, au fil de discussions, apprendre à connaître ses élèves et les aider à comprendre leurs particularités et à vivre avec. Le parallèle entre les inquiétudes des demis et celles d’adolescents normaux n’est pas difficile à faire : la découverte du corps, la difficulté de s’intégrer, la peur d’être différent, tout ça fait partie des années adolescentes de tous, et la série traite en filigrane de ces sujets. Mais ce qu’est fondamentalement Demi-chan wa Kataritai, ça reste un slice-of-life amusant et joyeux, riche en personnages sympathiques, dont une adorable prof de maths tentant tant bien que mal de contenir ses pouvoirs de séduction innés, provenant de sa nature de succube.

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A-1 Pictures a là produit une adaptation du manga à laquelle je n’ai aucun reproche à faire, mais qui n’est pas non plus exceptionnellement brillante. La traiter de purement fonctionnelle serait toutefois trop sévère, certains plans de la série faisant preuve d’une agréable conscience spatiale. Ce n’est pas la série de la saison, mais c’est un slice-of-life pertinent et amusant, et ne serait-ce que pour la prof de maths, je vous le conseille sans problèmes.

#11: Tiger Mask W

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Toei Animation | Pas assez d’épisodes de 23 minutes (second cour) | Original (manga)

Non licencié en France

La dernière-née des séries longues de Toei Animation entre dans son second cour plus schizophrène que jamais. Enfin, non, techniquement le terme n’est pas « schizophrénie », on parle plus ici de « trouble dissociatif de l’identité ». Malheureusement, « plus troublée dissociativement de l’identité que jamais », ça ne fonctionne pas des masses, donc excusez-moi de l’approximation, amis troublés et dissociés. Et vous aussi.

Qu’entends-je par-là ? Comme je vous l’avais dit la dernière fois, Tiger Mask W est une série de catch vraiment bien foutue mais qui souffre un peu d’un manque de constance d’un épisode à l’autre. Or, une plus grande liberté encore semble avoir été accordée aux scénaristes de la série, ce qui a eu pour effet de creuser encore l’écart, jusqu’à un point tout bonnement improbable. Rendez-vous compte : Tiger Mask W est une série dont certains épisodes lui vaudraient aisément le top 10 de ce bilan, et dont d’autres méritent le bottom 5, genre entre Yami Shibai 4 et Forest Fairy Five.

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Mais pourtant si Tiger Mask W souffre de quelques épisodes nuls et que je souhaiterais non avenus (genre l’épisode 16, avec les mexicains, qui est gênant de bout en bout), dans ce cour encore c’est le bon qui domine assez largement. Et quand Tiger Mask W est bon, il ne fait pas semblant. Déjà, la série bénéficie de combats au corps à corps souvent très bien animés, bien mis en scène, et où l’impact de chaque coup est souligné comme il se doit. Quand un bonhomme rencontre un lariat, on voit et on entend la violence du choc, et c’est quelque chose de très satisfaisant à voir, du moins tant qu’on n’est pas le bonhomme en question.

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Et qui plus est si certains des scénaristes de la série ont clairement besoin de longues vacances, celle-ci est capable de nous offrir quelques vraies bonnes idées pour des fillers, dont une que j’ai très envie de vous spoiler mais que d’un autre côté j’ai très envie que vous découvriez par vous-même. Bah, si vous ne voulez pas être spoilés passés à la prochaine série du classement, et pensez à mater Tiger Mask W en sortant.

Dans l’épisode 18, on retrouve un duo de catcheuses avec qui la manageuse de Tiger, Haruna, avait précédemment fait connaissance. Malheureusement, l’une des deux s’effondre en plein entrainement peu avant un gros match, et ne peut plus participer. Immédiatement, Miss X, la responsable de la branche japonaise de l’association de catch des méchants, arrive pour leur mettre la pression en leur disant que si elles annulent leur match au dernier moment, il va y avoir cher à payer en indemnités. Haruna, entendant ça, lève la voix et déclare que le match aura lieu. Twist, il s’avère que la petite et pas très impressionnante Haruna utilise régulièrement le matériel d’entraînement de Tiger dans son dos, et qu’elle a des abdos en acier trempé.

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Quand Miss X apprend que Haruna va participer au match à la place de la catcheuse manquante (sous un pseudonyme et avec un masque de tigresse, pour que Tiger et son oncle ne la captent pas), elle décide d’elle-même participer au match afin de régler ses comptes avec elle. Le combat qui en résulte n’est pas très impressionnant, mais assez crédible et follement enthousiasmant. J’adore l’idée, et j’espère qu’ils vont continuer à lui faire faire des combats. Et si à l’avenir elle rejoint la storyline principale en tant que catcheuse, je peux vous dire que la série ira direct dans le top 10 de la saison où ça arrive, ça c’est couru d’avance.

#10: Nobunaga no Shinobi

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TMS Entertainment | 26 épisodes de 4 minutes (second cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : Nobunaga no Shinobi

D’une très bonne série de la saison passée à une autre, voici venir le second cour de Nobunaga no Shinobi, une fois de plus pour ouvrir le top 10 du bilan. On y suit toujours Chidori, la jeune ninja accompagnant Nobunaga dans sa conquête du Japon féodal.

C’est un cour où un changement progressif de ton s’opère. Après un premier cour très axé comédie et mise en place des personnages principaux, ce second cour a dans l’idée de faire plus sérieusement avancer le scénario, qui suit (il me semble) fidèlement la véritable conquête du vrai Japon par le vrai Nobunaga. Ainsi la série, bien que restant indiscutablement comique et choupi, devient à mon goût un ton plus sérieux, le scénario limitant les chances d’intervention de Chidori. C’est un autre type de plaisir, et c’est certes éducatif, mais du coup ça me fait déjà imaginer ce qui se passera quand on en arrivera à Honnouji, et d’avance j’en ai le cœur fendu.

#9: Youjo Senki

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NUT | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre Crunchyroll : Yôjo Senki – Saga of Tanya the Evil

Vous remarquez pas un truc, là ? J’avais comme l’impression d’un manque dans les séries traitées dans ce bilan jusque-là, et là je viens de saisir d’où ça venait : on n’a pas encore vu une seule adaptation de light novel. Youjo Senki, en neuvième place, est en effet l’adaptation de light novel la moins bien classée du bilan. Et, autre remarque, devinez quoi ? Les deux seules adaptations de light novel classées dans ce billet sont toutes deux des histoires d’isekai, des histoires où un personnage principal se retrouve éjecté de force dans un monde parallèle. Autant pour la richesse du média.

Youjo Senki nous raconte donc le triste sort d’un chef des ressources humaines d’une grosse boîte qui se retrouve poussé sur les rails d’un métro par un homme qu’il vient de licencier un poil sèchement. En effet, notre protagoniste est par nature très froid, d’un rationalisme et d’un pragmatisme fleurant la psychopathie, et farouche adepte du darwinisme social. Cet homme qu’il a viré a jugé son comportement pas très correct, et l’a donc aimablement poussé sous un métro pour lui communiquer son mécontentement. Mais alors que notre valeureux protagoniste est en route pour un tête-à-tête avec les rails, le temps se fige, et une présence invisible se manifeste, dans une scène que je trouve par ailleurs particulièrement intéressante dans sa réalisation. La présence s’identifie : « toc toc, oui bonjour c’est Dieu, j’espère que je ne vous dérange pas, auriez-vous du temps à m’accorder, j’aimerai qu’on parle de votre foi ».

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Eh oui, « Dieu » s’est dit qu’il serait de bon ton d’interrompre l’ultime salto avant de notre protagoniste pour lui faire un sermon. Vraiment, il est juste là pour lui dire que, holala, les humains c’est vraiment trop des connards, et que surtout lui en particulier (ce en quoi il n’a pas tort). Notre protagoniste, à l’aise dans ses derniers moments comme s’il était dans son canapé, lui répond qu’il est athée et qu’il ne reconnaît pas l’existence d’un dieu (et décide du coup de renommer la présence « Être X »). Mauvaise idée : l’Être X apprécie moyen qu’on se foute de sa gueule, et décide donc de réincarner l’homme dans un monde où la vie est bien plus dure, pour voir si ça lui apprendra la foi.

C’est ainsi que naît Tanya Degurechaff, une petite blonde orpheline qui est donc la réincarnation de ce chef des ressources humaines, dont elle conserve intégralement les mémoires et la personnalité. Le monde dans lequel elle vit est un monde en guerre, et la nation où elle est née ressemble étrangement à l’Allemagne du fin de la première guerre mondiale (l’idée de l’Être X étant que tant qu’à l’envoyer dans un monde en guerre, autant l’envoyer dans le camp qui est destiné à perdre), avec de la magie en plus. Mais il en faut plus pour faire chier Tanya, qui va décider de faire exactement la même chose que dans sa dernière vie : une belle carrière.

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Dans Youjo Senki on suit donc cette petite fille qui va progressivement monter en grade dans l’armée d’une nation méritocratique, par tous moyens à sa convenance, au nez des militaires plus âgés et aux dépends des vies de ses ennemis et de ses subordonnés. C’est une série où la morale n’est pas une notion très importante, et dont il se dégage un sombre plaisir quelque peu comparable à celui d’un Death Note : on prend plaisir à voir un personnage principal très calculateur, un bon gros salopard, parvenir à ses fins. Toutefois là où dans Death Note on peut facilement identifier un camp de « gentils », Youjo Senki n’est jamais manichéen, et si Tanya s’inquiète peu de savoir combien de décès elle occasionne, elle n’agit jamais gratuitement. S’il fallait la décrire en deux mots, Tanya est purement et simplement l’incarnation parfaite de l’alignement lawful evil de Donjons & Dragons, ça suffit assez bien à décrire son caractère.

Du coup, Youjo Senki est vraiment une série que je trouve très fun à suivre (ce qui explique en grande partie son placement dans ce classement), mais qui, dû aux parallèles qui sont très faciles à faire avec les événements réels dont la série s’inspire, se retrouve souvent à danser sur une très fine glace. Pour apprécier la série, il faut vraiment séparer cette pseudo-Allemagne de la vraie Allemagne des guerres mondiales (oui parce qu’il y a aussi un peu de seconde guerre mondiale dans Youjo Senki). Ce n’est pas pour rien qu’au dernier épisode, ENTRE l’avant-dernière scène et le générique de fin, on a le droit à un bon gros message à la « hopopop mesdames et messieurs n’oubliez pas que ceci est de la FICTION et que tout ce à quoi vous pensez en ce moment est purement fortuit ». Youjo Senki est une série à laquelle ses inspirations s’avèrent finalement plus nuisibles qu’autre chose sur le long terme, et qui aurait sans doute mieux fait de prendre un contexte moins inspiré du réel pour l’histoire qu’elle raconte.

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A part tout ça, Youjo Senki est une série techniquement inégale. On l’en excusera volontiers vu que le studio qui l’a produite est tout jeune, mais il n’empêche que la série manque de couleurs (ce qui est cela dit justifié) et tombe fréquemment dans le pas beau. Ça ne l’empêche toutefois pas de profiter d’un nombre respectable de scènes d’actions très bien animées, avec notamment quelques explosions particulièrement bien léchées. Enfin, je trouve que la réalisation parvient assez bien à croquer Tanya par l’image, même si ce sont les scènes de discussion avec l’Être X qui profitent sans le moindre doute de la réalisation la plus intéressante. Dernière chose, je tiens à noter que cette série est une orgie de seiyuu que j’adore, ce qui n’arrange absolument rien à l’affaire (Aoi Yuuki, Saori Hayami, Shinichirou Miki, Houchuu Ootsuka et Takaya Hashi, notamment).

En tout et pour tout, c’est une série qui aura vite fait de déranger et qui n’est pour ça pas à mettre entre toutes les mains. Notamment, je trouve le premier épisode assez bête et mauvais, il donne une mauvaise impression de la série, donc si vous vous êtes arrêtés là, essayez de continuer. Toutefois, si vous rentrez dedans, Youjo Senki est une série prenante, porteuse d’un mauvais esprit tout à fait assumé, et très satisfaisant.

#8: Gabriel DropOut

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Doga Kobo | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Gabriel DropOut

On passe d’une vilaine fille à une autre pour parler de Gabriel DropOut, le Doga Kobo de la saison. On y suit l’éponyme Gabriel, une ange sortie major de sa promo au collège des anges, qui vient vivre sur Terre, au Japon. Malheureusement pour ceux qui avaient de grands espoirs en elle, celle-ci a vite fait de perdre de son angélisme quand elle découvre sur Terre les free-to-play. Désormais corrompue jusqu’à la moelle, celle-ci est désormais une flemmarde de première qui passe son temps à faire des nuits blanches sur des meuporgs.

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Par coïncidence, dans son lycée se trouvent d’autres lycéennes pas tout à fait humaines : Vignette la démone qui à l’inverse de Gabriel est incapable de mal agir, Satanichia la démone chuuni, et Raphiel l’ange sadique doublée par Kana Hanazawa. Vous l’aurez compris, Gabriel DropOut est une comédie avec un casting excentrique comme on aime.

Comme il est coutume pour les slice-of-life de l’écurie Doga Kobo, Gabriel DropOut profite d’une bonne animation très cartoon, pleine de rebonds et de petits gags d’animation. Quitte à parler du studio, je pense pouvoir dire que la série n’est pas vraiment la mieux animée des séries du studio, mais elle compense ça avec une collection d’anime girl faces en or brut, ce qui est une qualité qui pour moi équivaut à me passer une mallette de billets par-dessous la table. Certes, Gabriel DropOut n’est pas non plus hilarant et a quelques blagues dont les chutes ne marchent pas trop bien, mais je m’en fous, y’a des filles animées qui ont des visages rigolos, ça va à la huitième place. C’est comme ça.

#7: Kono Subarashii Sekai ni Shukufuku wo! 2

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Studio Deen | 10 épisodes de 24 minutes | Light novel

Non licencié en France

Eh oui, la seconde (et donc la mieux classée) adaptation de light novel mode isekai n’est autre que la seconde saison de l’hilarant Kono Subarashii Sekai ni Shukufuku wo!, qui avait hérité il y a un an d’un billet dédié et d’une première place bien méritée au bilan de l’hiver dernier. Référez-vous donc au billet pour savoir ce qu’est la série et pourquoi vous devriez vraiment la regarder (spoiler : parce qu’elle est très très drôle), car ici on va seulement parler de cette seconde saison.

Eh bien vous serez surpris, mais si la série se retrouve « seulement » à la septième place pour cette seconde saison, ce n’est pas pour son animation, qui ne s’est pas fait remarquer en bien par la plupart des fans de la série. Non, c’est juste parce que j’ai trouvé la saison moins drôle que la première. Il y a quand même plein de bonnes vannes, des situations bien drôles et Kazuma est toujours aussi hilarant, mais globalement j’en sors un poil déçu de ce point de vue-là, c’est un peu dommage.

Mais du coup, je pourrais passer à la suite, mais profitons-en pour en parler, de cette animation. En effet, cette saison s’est fait un peu remarquer pour une animation assez inconsistante. A titre personnel, je ne considère pas l’animation de cette seconde saison de KonoSuba mauvaise. Clairement, l’idée ici était de mettre l’accent sur le mouvement et l’expressivité des personnages (et par expressivité, je veux dire « avoir des têtes rigolotes »), ce qui amène une animation plus libre, moins contrainte, et moins corrigée à la supervision. Le résultat de cette approche, on peut notamment le voir dans l’opening de la série, ici en version blu-ray, prouvant bien que cette approche est tout à fait volontaire.

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Si je suis d’accord pour dire que certains cuts ont vraiment une tête trop bizarre pour ne pas sortir le spectateur du délire et auraient dû être plus corrigés, je ne peux pas laisser dire que la série est juste « mal animée ». Même hors des gros sakugas, comme ceux de l’excellent dernier combat de la série, KonoSuba 2 a plein de bonnes choses à montrer, et pour ce qu’elle a tenté de faire à ce niveau, je lui offre ma bénédiction.

#6: ACCA: 13-ku Kansatsu-ka

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Madhouse |12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Wakanim : ACCA

Depuis l’année dernière, j’ai une petite théorie qui gagne en poids à chaque nouvelle série que je regarde. Je pense que Kenjirou Tsuda, seiyuu de son état, est capable d’omniprésence. Déjà présent l’année dernière dans au bas mot une trentaine de séries, l’acteur continue à multiplier les rôles malgré le silence des médias, à tel point que je ne pense pas qu’il soit humainement possible de faire rentrer autant de séances d’enregistrement dans un emploi du temps en l’intervalle d’une année. Ainsi, je le pense capable d’omniprésence. Et, comme par hasard, dans ACCA, Tsuda double justement un personnage qui est partout où le personnage principal est. Coïncidence ? Je ne pense pas.

Mais très de sottises, ACCA: 13-ku Kansatsu-ka pose son récit dans un royaume imaginaire composé des 13 districts clairement séparés. Pour surveiller tout ce beau monde existe l’ACCA, une organisation tentaculaire qui dispose de branches dans chaque district, et d’un QG qui est en charge de superviser ces branches. Jean Otus, lui, est inspecteur au QG de l’ACCA, et voyage donc régulièrement pour faire des inspections de routine dans les branches de chaque district. Mais la routine se trouve un peu perturbée quand Jean voit soudainement la régularité de ses inspections augmenter fortement et que des rumeurs se mettent à circuler, à l’aube du centième anniversaire de la fondation du royaume.

ACCA est une série qui mélange complots, espionnage et quelques twists dans une trame scénaristique assez bien écrite, à laquelle je reprocherais juste une fin un poil faible. Notons, car c’est important, que l’adaptation d’ACCA fait partie de ces trop rares séries qui adaptent intégralement le matériau d’origine (bien qu’en omettant quelques chapitres). Ça nous donne une série qui est complète et qui termine tout ce qu’elle entreprend, ce qui est particulièrement appréciable.

Mais en vérité, les deux plus gros atouts de la série à mes yeux sont son univers et son ambiance. Parlons d’abord de l’univers : ACCA se passe dans un royaume composé de districts très différents, ayant tous leur propre culture et leur propre niveau de développement. Au cours de l’histoire, Jean va devoir visiter tous ces districts, parfois très rapidement, mais la série parvient toujours à croquer distinctement chaque région, que ça soit à travers ses décours, les costumes des habitants ou d’autres détails. On voit aussi dans la série un certain focus sur la nourriture, qui est un aspect central de la mise en scène. Le tout contribue à créer un univers complet et concret qui ne demande pas d’être développé dans de longues explications orales : les images suffisent.

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L’autre aspect, c’est donc l’ambiance de la série, qu’on pourrait même étendre à l’œuvre de l’auteure : c’est l’ambiance Natsume Ono. La mangaka, déjà connue notamment pour Saraiya Goyou, signe encore ici une œuvre empreinte d’un calme posé et un peu poseur. Jean, tout particulièrement, est un personnage très flegmatique, toujours vif mais jamais hâtif, dont l’attitude se complète par sa consommation de cigarettes (qui est d’ailleurs un point central de l’intrigue).  Profitant d’une réalisation occasionnellement bien inspirée, ACCA est en somme une série classe et composée qui déroule en un cour une intrigue intéressante avec un sens du rythme qui lui est propre.

#5: Ryuu no Haisha

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Khara | 2 épisodes de 46 minutes (Special) | Original

Non licencié en France

Connaissez-vous les Nihon Animator Mihonichi, ou Japan Animator Expo ? Si ce n’est pas le cas alors je vais être dans l’obligation de vous renvoyer à ce billet, mais pour résumer, c’est un projet composé de 35 courts-métrages produits par le studio Khara (oui, celui de Hideaki Anno). Le premier de ces courts-métrages était intitulé Ryuu no Haisha, et c’est lui qui a servi de base à l’histoire du téléfilm animé dont je vais vous parler ici.

Ryuu no Haisha parle de gens que l’on nomme les dentistes du dragon, pour une raison assez claire : ils vivent dans un dragon titanesque, et leur tâche est de s’occuper de l’entretien de ses dents. Tandis que sur terre fait rage une longue guerre, Nonoko, jeune dentiste du dragon, trouve un jour sur une dent un jeune homme fraichement ressuscité, signe annonciateur d’un désastre à venir.

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La première partie du téléfilm se consacre avant tout au devoir de dentiste du dragon, un devoir que le jeune homme, nommé Bell, va devoir lui-même apprendre aux côtés de Nonoko (qui est la fille du court-métrage, court-métrage qu’il n’est pas nécessaire de voir pour comprendre l’histoire, mais qui est un plus). Cette partie est d’assez loin la plus importante, car on y découvre un contexte véritablement inédit : la vie sur les dents du dragon est pareille à nulle autre chose que j’aie pu rencontrer dans une œuvre de fiction (à part les montagnes-dents dans Pyjama Sam : Héros du Goûter, mais mettons ça de côté).

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Et ça n’est pas seulement du point de vue visuel : les dents du dragon sont aussi un lieu sacré, étant considérées comme une sorte de frontière avec l’autre monde. La mort est en effet très présente dans la vie des dentistes du dragon : dès le moment où ils deviennent dentistes, ceux-ci sont confrontés à une vision de leur propre trépas. Les dentistes sont tous conscients de la façon dont ils vont mourir, et l’acceptent tout en continuant à entretenir les dents qui sont censées héberger les âmes des défunts. La thématique de la mort est ainsi très présente dans le film, et notamment dans cette partie, qui amène aussi avec elle des thèmes religieux.

La seconde partie du téléfilm, elle, s’intéresse plus à la guerre dont on connaissait l’existence sans jamais l’avoir trop vue. Concrètement, l’intrigue va se résumer à tenter de récupérer une dent tombée du dragon, tout en empêchant de méchants soldats d’en profiter pour venir mettre hors d’état de nuire le dragon. Je trouve personnellement que l’intrigue de cette partie manque un peu d’intérêt et d’intelligence, mais c’est aussi la partie qui fait le plus « film », avec un méchant et de jeunes héros qui vont tenter de résoudre la situation à leur manière. C’est pas mal, mais c’est pas fou.

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Point technique avant de passer à la suite, la première partie du film est vraiment très belle : superbes décors, animation pleine de vie, et bien réalisée pour ne rien arranger. La seconde partie est handicapée par une utilisation plus fréquente et plus visible de 3DCG, mais compense en nous offrant une séquence un chouia abstraite absolument magnifique. Au final, ce Ryuu no Haisha part d’une excellente idée, et s’il a un peu de mal à trouver une bonne histoire à raconter pour la mettre en valeur, il n’en est pas moins un très beau et assez fascinant moment d’animation.

#4: Kuzu no Honkai

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Lerche | 12 épisodes de 23 minutes | Manga

Titre Amazon Prime Video : Scum’s Wish

Et c’est au pied du podium qu’on retrouve le Noitamina de la saison, le fameux Kuzu no Honkai qui a un peu fait parler de lui ce début d’année. Adaptant en intégralité le manga de Mengo Yokoyari, l’anime nous narre la relation de Hanabi Yasuraoka et Mugi Awaya, deux lycéens semblant former le couple parfait. Mais en vérité, Hanabi est amoureuse de son professeur, un jeune homme qu’elle connaît depuis qu’elle est toute petite, et Mugi est amoureux d’une jeune prof de musique qu’il a connu quand elle donnait des cours particuliers à domicile. Des amours impossibles qui plongent les deux adolescents dans un profond désespoir, ceux-ci décidant alors de tenter d’oublier ensemble leur solitude respective dans une relation factice et sans amour où ils peuvent trouver un exutoire à leurs hormones adolescentes.

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Le tableau des complexes sentiments amoureux qui parcourent la série ne s’arrête toutefois pas là, et sans forcément aller dans les extrêmes d’un Oyasumi Punpun, Kuzu no Honkai sait rajouter à chaque épisode une nouvelle couche de sentiments inavoués et de relations tuées dans l’œuf, pour toujours plus de bonne humeur. Les personnages principaux sont amplement développés, leurs personnalités sont compréhensibles et leurs relations crédibles. Malgré son apparence un peu typée shoujo, dans Kuzu no Honkai bat un cœur de seinen qui ne souhaite pas enjoliver les choses. C’est même tout le contraire, le but de la série étant clairement de montrer les relations amoureuses dans tout ce qu’elles ont de moins plaisant, dans toute leur nuance, dans tout ce que les manga de romance ne montrent que trop rarement.

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Mais alors, pourquoi pas le podium, si la série est si bien que ça ? Le problème que j’ai avec l’anime, c’est avant tout une réalisation qui se foule pas.  Reprenant le manga à peu près case par case, la série va jusqu’à utiliser ça comme seule vraie originalité de réalisation (en incluant directement des cases à l’écran). Au début le gimmick est amusant, mais bien vite on s’aperçoit que ça n’est porteur d’aucun sens particulier et qu’il ne s’agit en fait que d’une facilité de réalisation, et on commence à déchanter.

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En anime, Kuzu no Honkai reste ainsi en tout temps captif des chaines de son format original, et c’est extrêmement dommage. Des scènes qui auraient pu être sublimées par une juste dose de mouvement ou des idées nouvelles restent ici contraintes à leurs gros plans fixes et à leur animation minimale. Cheap, ça l’est, dommage, ça l’est plus encore. Ainsi, si je mets la série aussi haut, c’est surtout pour la qualité de l’œuvre originale et pour être arrivé à produire en série animée une histoire de ce genre, plus que pour la série télé en elle-même, qui n’offre qu’une très faible valeur ajoutée en tant que série animée.

#3: Kobayashi-san Chi no Maid Dragon

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Kyoto Animation | 13 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Miss Kobayashi’s Dragon Maid
Titre Wakanim : Kobayashi’s Dragon Maid

Et justement, voici venir l’exact inverse : une histoire initialement sympathique qui se retrouve propulsée à des hauteurs qui lui étaient alors inconnues par un staff talentueux. Kobayashi-san Chi no Maid Dragon est à la base un manga de Cool Kyoushinja, connu aussi pour le fort sympathique Danna ga Nani wo Itte Iruka Wakaranai Ken, qui parle de Kobayashi, une jeune femme vivant seule et qui gagne son pain en tant que développeuse software. Une nuit un peu trop arrosée, elle rencontre une dragonne, vient à son aide et tape la discut’ tranquilou, lui proposant finalement de venir vivre chez elle en tant que maid. Truc de ouf, la dragonne accepte. Ainsi commence la vie de Kobayashi avec Tohru la soubrette dragonne anthropomorphe. D’autres dragons, s’étant aussi enfuis pour diverses raisons de leur monde, viendront bien vite rejoindre la série pour former un large casting de personnages au design parfois plus que discutable.

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Au vu des premiers épisodes, on pourrait croire que la série est plutôt une comédie, mais ne vous laissez pas avoir par les images de dragons à gros seins qui font des trucs funs : Kobayashi-san Chi no Maid Dragon est avant tout un slice-of-life avec une sensibilité. Ce n’est pas quelque chose de propre à l’anime, Kobayashi-san étant déjà en manga une série qui parle un peu du sentiment d’appartenance, et du fait d’avoir sa place à soi, un chez-soi, une famille, à travers tous ces dragons qui vivent (forcés ou volontairement) un exil de leur monde d’origine, qui sont pour ainsi dire déracinés, et qui tentent de trouver quelque chose à faire ou quelqu’un avec qui vivre.

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En anime, Kobayashi-san prend les bonnes idées du manga et le retravaille à sa sauce. Si la comédie fait toujours partie intégrante de la série, le staff s’occupe de rajouter en permanence des détails soutenant les thèmes de la série. Progressivement, le couple Kobayashi-Tohru devient de plus en plus naturel, jusqu’à ce qu’à la fin les deux semblent avoir toujours vécu ensemble : quand Tohru disparaît soudainement, elle laisse un grand trou que Kobayashi ne parvient plus à combler seule. Si la série se conclut sur Kobayashi qui va présenter Tohru à ses parents, ça n’est sans doute pas une coïncidence.

De même, Kanna, la jeune dragonne qui vient vivre avec Kobayashi et Tohru deviendra bien vite une présence en tous points identique à celle d’une véritable fille (au sens filial du terme) : on la couche tôt, on lui achète ses fournitures de classe, et on se dégage une journée de congés pour aller la voir pendant la journée sportive de l’école. Et au-delà du foyer de(s) Kobayashi, j’ai particulièrement aimé la moitié d’épisode consacrée à Fafnir, le dragon solitaire qui se retrouve à vivre chez Takiya (un collègue otaku de Kobayashi), avec qui il se trouve des intérêts commun, et qui en très peu de mots développe progressivement une certaine affection pour cette relation à la base purement fonctionnelle mais sous-tendue d’une vraie compréhension mutuelle.

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Mais Kobayashi-san est aussi ce qu’elle semble être au premier abord : une série bien animée avec des dragons à forme humaine qui font des trucs marrants. Autant l’humour de la série fonctionne assez peu sur moi, autant je suis forcément sensible aux matchs de balle au prisonnier supersoniques, aux combats de dragons massifs et à toutes sortes de petits délires permettant à des animateurs d’action d’étirer leurs ailes. Certes, j’y préfère ses moments d’animation laissant la part belle à un « jeu d’acteur » efficace et ses storyboards riches en détails amusants. Kanna, notamment, devient au fil de la série la star du second plan, celle qui est toujours en train de faire autre chose pendant que d’autres personnages discutent sérieusement à l’écran, comme tout enfant qui s’en tape des discussions des adultes. Mais c’est une série peu avare en contenu, et chacun est en mesure d’y trouver de quoi se contenter, qu’il ait envie de réfléchir ou pas à ce qu’on lui montre. Venez la voir, et retirez-en ce qui vous plaît, Kobayashi-san est une série suffisamment riche et bien conçue pour satisfaire tout un chacun.

#2: 3-gatsu no Lion

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Shaft | 22 épisodes de 25 minutes (second cour) | Manga

Titre Wakanim : March comes in like a lion (Saison 1 Arc 2)

Je l’ai aimée fort la saison passée et je continue à l’aimer fort : 3-gatsu no Lion est un délice. Pour rappel, la série adapte aussi fidèlement que créativement le manga de Chica Umino sur un jeune et solitaire joueur de shogi professionnel.

Si ce second cour dispose à mon goût d’un peu moins de scènes mémorables que le premier, il reste d’excellente facture. Une fois de plus, Kenjirou Okada (le véritable réalisateur de la série, Shinbou n’étant toujours là qu’en nom) réalise ici une série qui se sert clairement du « style Shaft » sans jamais trop en faire, préférant les légères inclinations de tête aux torsions de nuques qu’on connaît du studio. On note aussi que la série dispose toujours de cette ambivalence de ton, entre la calme pensivité de Rei et la joyeuse hyperactivité des sœurs Kawamoto, pour deux rythmes qui finalement fonctionnent assez bien l’un avec l’autre. Enfin, je tiens à dire que finir cette première saison sur l’excellent chapitre flash-back Fighter est un choix pur et parfait, qui à lui seul décuple ma hâte de voir arriver la prochaine saison qui est d’ores et déjà annoncée.

#1: Shouwa Genroku Rakugo Shinjuu: Sukeroku Futatabi-hen

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Studio Deen | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre ADN : Le Rakugo ou la vie 2

Ni la plus parfaite ni celle qui restera le plus longtemps dans les mémoires de la saison, Shouwa Genroku Rakugo Shinjuu est pourtant une série que je n’ai eu absolument aucune hésitation à placer au sommet de ce classement. Parfaite, elle ne l’est pourtant pas. En fait, ce n’est ni la mieux animée, ni la mieux réalisée, ni celle qui marquera le plus les esprits cette saison. Et pourtant, elle est indubitablement la série la plus forte et la plus importante de cet hiver.

Shouwa Genroku Rakugo Shinjuu: Sukeroku Futatabi-hen est la seconde et dernière saison de la série, la première ayant été diffusée il y a un an, et ayant déjà fait l’objet sur ce blog d’un billet et d’une seconde place dans le bilan de l’hiver dernier. Pour résumer, la série nous présentait l’histoire de deux conteurs de rakugo, le rakugo étant un art du spectacle japonais qui ressemble, de très loin, à un one-man show. La première saison nous introduisait alors les personnages et l’art du rakugo, et nous présentait l’histoire du maître Yakumo Yurakutei VIII au cours d’un long flashback débutant aux alentours des années 40.

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Cette seconde saison commence, elle, directement après l’épilogue de la première saison, soit dix ans après le début de l’apprentissage du personnage principal, jusque-là nommé Yotarou. Celui-ci devient alors à son tour maître, ce qui lui fait hériter d’un nouveau nom que je n’utiliserai pas ici afin de ne pas vous perdre. C’est une saison où l’on voit se terminer la carrière du maître Yakumo, désormais vieux et fatigué, et où s’opère véritablement un passage de bâton sur plusieurs générations.

Mais tout ça n’a pas beaucoup de sens si vous n’avez pas vu la première saison. En effet, Shouwa Genroku Rakugo Shinjuu est une série qui a à cœur quelques thèmes principaux qu’il faut avoir vu le flashback pour saisir. Le rakugo est en effet un art populaire traditionnel japonais qui, dans le Japon d’après-guerre, perd peu à peu sa légitimité face à la poussée des nouvelles cultures populaires, l’arrivée de la télévision et autres phénomènes qui font se vider progressivement les salles. En complément, on a le droit tout le long de la série à une confrontation entre les conteurs en faveur d’une modernisation de cet art, là où d’autres insistent que l’aspect traditionnel est partie intégrante de l’identité de celui-ci, et qu’un rakugo qui tenterait de s’adapter à son époque ne serait alors plus rakugo.

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Ces problématiques sous-tendent la série le long d’une histoire se déroulant sur presque 80 ans. Les générations de conteurs se renouvellent et le Japon évolue autour d’eux. Dans cette seconde saison, le vieux maître Yakumo est alors l’un des derniers conteurs de rakugo de l’ère Shouwa, et celui-ci qui persiste à dire qu’il souhaite emporter dans sa tombe le rakugo, ne simplifiant pas les choses. Il y a, à mon avis, un peu de Sennen Joyuu (Millenium Actress) dans Shouwa Genroku Rakugo Shinjuu, dans la manière dont les deux œuvres rendent hommage à leurs arts respectifs et aux périodes qu’ils ont traversé.

Mais comme j’essayais de vous le dire un peu plus haut avant d’être interrompu grossièrement par moi-même, cette saison est aussi l’occasion de développer le personnage de Yotarou, qui va faire face à ses dernières grosses hésitations en tant qu’homme et en tant qu’artiste, fonder sa famille et prendre ses responsabilités. Si Yakumo était le personnage principal de la première saison, son âge et sa condition de santé le forceront bien vite à se mettre en retrait par rapport à son ancien disciple. Le personnage est d’ailleurs interprété à merveille par un Akira Ishida qui se transcende en tant que doubleur, conférant au personnage vieilli et fatigué de Yakumo une voix qui reflète à la fois toute sa lassitude et toute son intelligence. Il est en fin de vie, il le sait, le spectateur le sait, mais ça ne l’empêchera pas de partir (en tant qu’artiste) sur une scène d’une beauté et d’une tension rare. Si la saison est indubitablement celle de Yotarou, et que celui-ci a d’ailleurs le droit à une merveilleuse scène de colère très bien interprétée, Yakumo reste éternellement au cœur de la série.

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Alors certes, Shouwa Genroku Rakugo Shinjuu a ses faiblesses techniques et réussit moins bien quelques scènes, certes la série commence à faire intervenir le surnaturel d’une façon qui, je trouve, manque de subtilité, mais cela n’amoindrit en rien la générosité d’une série qui va jusqu’au bout de ses thèmes et de son scénario, et qui nous gratifie régulièrement de scènes inoubliables soutenues par d’excellents acteurs au sein d’une longue fresque représentant un art méconnu de nous autres occidentaux et les artistes qui l’ont fait et le font vivre.


Voilà qui conclut ce long bilan de l’hiver, long, certes, mais moins long que le bilan précédent, ce qui est quelque chose dont je suis plutôt content. Des rabat-joie viendront me dire que le fait qu’il soit plus court d’une douzaine de séries aide. A ceux-là, je répondrais qu’ils sont rien que des rabat-joie, d’abord.

C’est donc tout pour cette saison, je peux enfin mettre l’hiver derrière moi et commencer à m’attaquer aux nombreuses séries que me réservent ce printemps qui me semble fort enthousiasmant. Mais, ça, ce sera après un bon gros dodo des familles, parce qu’il n’a pas que les anime dans la vie : il y a les polochons aussi.

4 réflexions sur “Hiver 2017 : Le Bilan

  1. Ça serait long de commenter un tel pavé que je n’ai parcouru encore qu’en travers pour le moment mais déjà beaucoup de titres pour lesquels je suis d’accord sur ton ressenti qu’il s’agisse des trois excellents membres du podium (Rakugo m’ayant à nouveau fortement marqué), ou des titres plus contrastés comme Zestiria et Rewrite.
    Bien sûr beaucoup de titres qui ne me parlent pas vu que tu es assez fou pour presque tout suivre là où je me limite qu’à environ 20 titres 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Ping : [10 ans] Quelle est l’oeuvre japonaise la plus sous-estimée ? – Néant Vert

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