Tsurezure Children – Le Durarara!! de l’infarctus

Quel plaisir que de lire ou de voir un bon thriller bien construit avec des scènes d’action tendues et des dialogues pleins de mordant. Mais des fois, ce n’est pas de ça qu’on a envie : on veut des explosions dénuées de sens, du kung fu approximatif et des villains proto-fachisto-gangstero-satanistes débiles qui se font découper en deux. Et pour la romance, c’est pareil. Des fois on ne veut pas 200 chapitres d’hésitations, de pendentifs, de malentendus, de tromperies et de secrets douloureux. Des fois on veut juste de l’amour réciproque, des confessions qui marchent, de la tendresse, des bisous et pas trop d’embrouilles. Des fois, on a besoin de Tsurezure Children.

Lancé en 2012, le manga a une généalogie un poil étrange, puisque le manga était à la base juste une série de 4-koma sans nom postés gratuitement sur le net par l’auteur (et trouvables ici), Toshiya Wakabayashi, rencontrant un certain succès. Bon bail pour un auteur qui jusque-là aura enchaîné les séries courtes, passant alors d’éditeur en éditeur (Houbunsha en 2009, Square Enix en 2012, ASCII en 2013), puisqu’il parvient ainsi à se caler en 2014 une place dans le Shounen Magazine de Kodansha. Enrichie à l’occasion de tout un tas de nouveaux chapitres, la série atteint ainsi son plein potentiel sous son nouveau titre de Tsurezure Children.

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Le concept ? Il est simple. Le premier tome de Tsurezure Children se compose d’une suite de petites histoires présentant des amours bourgeonnants, ou florissants : coups de foudre réciproques, confessions réussies, baisers soudains. Chaque couple a sa couleur et sa façon de faire, mais l’idée reste de présenter une série de nouveaux couples et de futurs couples heureux, dans un pur esprit d’iyashikei.

Pour rappel, l’iyashikei est un genre (je dirai même plutôt méta-genre, mais l’heure n’est pas aux pédanteries) que l’on peut traduire littéralement et explicitement en « genre qui soigne ». Est iyashikei toute histoire destinée essentiellement à offrir à son récepteur des sentiments positifs, à soigner son cœur fourbu de consommateur d’œuvres déviantes. Généralement subordonné au genre slice-of-life, l’iyashikei atteint sa quintessence dans des séries comme Aria ou Yotsuba to!, que je ne peux que conseiller à absolument tous.

Et effectivement, le premier tome de Tsurezure Children fait dans le pur iyashikei : on passe d’un couple mignon à un autre, c’est adorable à en donner des coups de poing dans son matelas, c’est insoutenablement charmant. Pas de twists après ça, mais on apporte des nuances au genre. Déjà, les omake du premier volume nous font comprendre que tous ces couples font en fait partie du même lycée, et qu’ils interagissent quotidiennement ensemble. Rassurez-vous, très peu de délires de triangle amoureux dans le tas (et les quelques qui existent semblent aller vers une résolution heureuse pour tous). Non, l’idée c’est que les personnages puissent se donner des coups de pouce et des conseils les uns aux autres.

Et du coup à partir du second tome, on met l’aspect « découverte d’un nouveau couple mignon » de côté (même s’il en apparaît régulièrement de nouveaux), et on passe à l’entretien et au développement des relations amoureuses existantes ou futures. Là, l’iyashikei devient secondaire à la romance, puisque tout ne se passe pas toujours bien, même si les trucs vraiment pas terrible sont rares et que la positivité finit toujours par triompher. Mais en vous parlant de tout ça je ne vous vends pas vraiment le principal atout de la série. Non, c’est pas les têtes que peuvent faires les personnages, même si c’en est un autre gros atout. Non, je veux tout simplement parler des personnages, ou plutôt de leur combinaison.

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Petite compilation de cases du premier tome, pour la science.

Les couples (futurs comme existants) d’amoureux ont des alchimies excellentes, et ce sont vraiment eux qui vendent la série. On a le président du conseil des élèves qui sort avec la délinquante en se plaisant à la taquiner sur le personnage qu’elle tente de se donner, les amis d’enfance qui font entre eux des plaisanteries qu’eux seuls comprennent mais arrivent pas à faire progresser sérieusement leur relation, la chef du club de judo qui tombe folle amoureuse du chétif nouveau membre, la fille bien sous tous rapports qui veut aller faire du rock avec le mec avec qui elle n’arrête pas de s’embrouiller, la timide qui devient beaucoup plus proactive à partir du moment où elle parvient à sortir avec le sportif stoïque qui se retrouve du coup un peu largué… Les situations savoureuses ne manquent pas, et dites-vous bien que la façon dont je les présente ne leur rend pas du tout honneur.

Mais on a aussi des personnages qui ressortent même sans leur binôme, comme Patricia la gaijin riche en caractère qui a tout particulièrement des problèmes avec le sens du mot « sushi », Katori le senpai poseur mystique qui apparaît de nulle part pour venir en aide aux couples avec une assurance presque incongrue, ou encore le copain de l’otaku qui se montre d’une aide digne du prix du bro d’or 2017… Malheureusement tous ne sont pas au même niveau, certains personnages masculins étant sans caractéristiques particulièrement reconnaissables, et très vite confondus.

Bref, pourquoi je vous parle de Tsurezure Children ? Déjà, bien entendu, parce que l’adaptation en anime va commencer dans deux semaines et que je pense qu’il est de votre devoir d’être devant, à défaut de pouvoir lire le manga. Et ensuite, parce que c’est une série d’un charme fou. Combinant des doses improbables d’expressions faciales excellentes, de relations à en mourir d’amour et de bonnes petites blagues, la série fait partie de celles qui se lisent sans faim, ou presque (vu que les petites embrouilles de couple reposent beaucoup sur des malentendus ça peut fatiguer un peu de ce côté-là). Evidemment ça peut produire l’effet inverse de vous donner envie de vous défenestrer, mais vous vous connaissez sans doute mieux que moi pour savoir si ça passe pour vous.

Et enfin et surtout, parce que c’est une bouffée d’air frais dans le genre de la romance, où on est habitués aux relations qui prennent des plombes à commencer ou à aller au-delà de l’idée de sortir ensemble. Là, comme on alterne les couples formés et ceux en cours de formation, on ne reste pas bloqués dans un pattern, et même quand on reste sur un couple, en général, les progrès de leur relation sont vite visibles. L’auteur a parfaitement compris ce qui peut énerver dans une romance et fait de son mieux pour nous offrir quelque chose d’aussi satisfaisant que possible. Mission clairement réussie pour moi.

Voilà, c’était un petit post pour partager mon coup de cœur pour Tsurezure Children avant de vous lâcher tout bientôt le pronostic de la saison prochaine (et il serait temps, vu qu’elle arrive dans à peine deux semaines). Du coup, à tout bientôt !

2 réflexions sur “Tsurezure Children – Le Durarara!! de l’infarctus

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