Printemps 2017 : Le Bilan

Le printemps est une saison d’éclosion, ce qui n’est ni plus ni moins que la célébration la plus éclatante qui soit de la fin d’un cycle et du début d’un autre. Les fleurs sur les arbres, les boutons d’acné sur le visage des adolescents, les paires de chaussures laissées au bord d’un pont par des salaryman désespérés, tout est en fleur. Et pourtant, dans ce contexte où l’avait bien besoin de quelques fleurs, entre la radicalisation des nombres entiers, le manque de Corée dans votre petit déjeuner, la lutte de la vie chère contre nous et la sortie consécutive de beaucoup trop de jeux japonais cool, eh bien l’industrie de l’animation japonaise a quelque peu fleuri en biais. PS : notez que j’ai écrit la vanne sur la Corée avant que Trump ne brandisse sa quéquette nucléaire en direction du soleil matinal, pourvu que je nous aie pas jinxé un truc important.

En effet, si la saison a été riche en surprises, la majorité d’entre elles n’étaient pas du genre qu’on accueille les yeux écarquillés de surprise et les bras hésitamment ouverts. Animation dépourvue d’ambition, réalisation aux abonnés absents, adaptations finies à l’urine, scénarios écrits sur un coin de nappe après avoir débouché l’alcool de poire, il y avait de quoi faire dans la grande famille des séries qui auraient pu être bien si elles ne l’avaient pas pas été. Par rapport au printemps dernier, on a gagné une douzaine de séries de plus en termes de quantité, et on en ressort avec une dizaine de moins niveau qualité. Faut-il y voir cause et effet ? La réponse est bien entendu « oui, mais pas que ».

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Mais trêve de néfastes pensées, car comme j’ai pu le laisser entendre il y a aussi eu de bonnes surprises, et que je suis là pour vous parler un peu de tout ça afin que vous puissiez voir ce que vous avez pu manquer de bien cette saison. Pour rappel, ce billet a pour vocation de vous présenter de façon aussi exhaustive que possible (mais pas tout à fait exhaustive, on y viendra) toutes les séries de la saison, d’en parler, et de tenter de les classer de la moins bonne à la meilleure.

Le classement est basé en partie sur mon opinion subjective, et en vient souvent à mettre dans la balance des séries qui n’ont à peu près rien à voir, ainsi toute prétention de cohérence absolue serait fortuite. Toutefois ce classement a été pas mal réfléchi (autant que faire se peut) et a donc un sens, si ce n’est qu’indicatif. Pour approfondir ce que le classement ne fait que suggérer, lisez donc ce que j’en dis. Notez aussi que pour les séries longues ou les suites de séries dont j’ai déjà parlé dans un bilan, je ne vais pas représenter ce que c’est, mais je mettrai un lien pour vous permettre d’accéder rapidement au bilan où j’en parle.

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Rappel des critères : je ne parle ici que de séries que j’ai vues en intégralité. Si la série n’est pas finie, j’en ai vu l’intégralité des épisodes sortis au 30 juin (date où le cour du printemps se termine). De plus, si la série était déjà diffusée avant cette saison, je ne jugerai là la série que sur les épisodes sortis ce printemps. C’est à peu près tout ce qu’il y a à dire, on va pouvoir se lancer sur les 65 séries de la saison (dont une série ONA), mais avant ça, deux étapes.

La première étape, c’est de vous donner des fourchettes pour mieux apprécier le classement de ce bilan, qui est d’ailleurs à prendre avec des baguettes, ce qui ne facilite pas le choix des couverts. Tout simplement, les séries #1 à #8 sont à regarder absolument, les séries  #9 à #21 vous sont fortement recommandées par mes soins mais avec un « mais », les séries #22 à #58 ne sont pas recommandées mais peuvent vous intéresser, et au-delà c’est poubelle. Et la seconde étape ? C’est de parler des séries qui ne seront pas présentes dans le bilan (parce que je ne les ai pas vues), histoire de vous éviter la mauvaise surprise de ne pas trouver dans ce bilan la série que vous cherchiez.

Les absents

Avant tout, et comme toujours, aucune série n’ayant commencé sa diffusion avant ce printemps et que je n’aie pas déjà évoquée dans le précédent bilan ne sera présente dans ce bilan. Pour les citer, ces quelques séries longues qui sont effectivement présentes sont Aggressive Retsuko, Bonobono (2016), Heybot!, KochinPa! Dainiki, Koneko no Chii: Ponponra Daibouken, Little Witch Academia, Monster Hunter Stories: Ride On, Puzzle & Dragons Cross, Tiger Mask W et Yowamushi Pedal: New Generation. Donc toujours pas de One Piece, de Precure, de Detective Conan ni d’Aikatsu! ou des autres. J’adorerais avoir le temps de rattraper ces séries très longues, mais je ne l’ai pas eu cette saison (et je ne risque pas de l’avoir non plus la saison prochaine). Un jour, sans doute, mais pas tout de suite.

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Quant aux nouvelles séries de la saison que je n’ai pas pu voir, ce sont pour le coup pas mal de séries longues qui se relancent au printemps, comme il est coutume de le faire. Ainsi, pas de YuGiOh! VRAINS, pas d’Idol Time PriPara, pas de Beyblade Burst God, pas de Future Card Buddyfight Battsu, pas de Duel Master (2017), de Furusato Meguri: Nippon no Mukashibanashi, et pas de Rilu Rilu Fairilu: Mahou no Kagami. A part ça, pas non plus d’Akindo Sei no Little Peso, pas de « Eikou Naki Tensai-tachi » kara no Monogatari, pas de Dappys, pas d’Otoppe, pas de Washimo, pas de Neko no Robu, pas de Buppu na Mainichi, pas de Neko to Mata, pas de Deeky & Darina, pas d’Otona no Ikkyuu-san S2, pas de High&Low G-sword, pas de Ponkotsu Quest: Maou to Haken no Mamono-tachi 2017, pas de Panpaka Pants o New-san et pas de Neko no Rob. Voilà, la partie chiante est passée, on peut enfin passer pour de bon au bilan !

#65: Clockwork Planet

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Xebec | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre ADN : ClockWork Planet

Entre ça et Hand Shakers à la précédente saison, on va finir par croire que j’ai quelque chose contre les engrenages. Du tout, mais à force de voir des séries nulles qui exploitent ce thème visuel, je finis par me dire que le jour où on annoncera une version anime du Modern Times de Chaplin, je devrai me méfier. Mais là où Hand Shakers était rendu irregardable par une accumulation d’effets de manche numériques du plus mauvais effet, Clockwork Planet nous fait le bel honneur d’être suffisamment intrinsèquement moche pour ne pas avoir besoin de ça.

Mais avant de mettre les mains dans le cambouis, voyons à quoi on a affaire. Clockwork Planet est à la base un light novel écrit à deux mains par Yuu Kamiya (No Game No Life) et Tsubaki Himana, et fort joliment illustré par Shino (aussi illustratrice de Kami-sama no Inai Nichiyoubi). Ça part sur une idée de setting assez tentante : la planète Terre est arrivée à la fin de sa vie, et un ingénieur légendaire parvient à la réparer en utilisant exclusivement des pièces d’horlogerie, et notamment des engrenages. Pourquoi pas, ça peut être intéressant. Sauf que.

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Un millénaire plus tard, on suit le jeune Naoto Miura, un jeune fan de machines chez qui arrive, tombant littéralement du ciel, une automate en panne. Employant son sens de l’ouïe extrêmement développé, il parvient à la réparer, et découvre qu’elle est en fait un robot unique créé par celui qui a réparé la planète. Cette automate nommée RyuZU va lui jurer fidélité, et les deux vont se retrouver impliqués avec une ingénieure nommée Marie dans la mise à mal d’un grand complot. Ce petit groupe va par la suite continuer à faire un bout de chemin ensemble, puisque de toute façon ils sont désormais considérés comme de dangereux terroristes.

Mais plutôt que les complots, ce sont les clichés que Clockwork Planet s’adonne à accumuler dans un scénario indigent tenu par des protagonistes aussi relous que peu charismatiques et mal chara-designés. Cheum à l’intérieur comme à l’extérieur, le jeune Naoto est un pervers bruyant extrêmement pénible, tandis que Marie est une énième tsundere violente à couettes sans traits de caractère véritablement uniques ou intéressants. Comme Naoto est un pervers (envers les automates, uniquement), ça veut bien entendu aussi dire que la série abonde d’un fan service aussi mal branlé qu’absolument fortuit, arrosé de bonnes doses de mauvais goût. A ce sujet, je tiens à porter à votre attention ce personnage : Vermouth, un soldat automate transplanté dans un corps de robot-pute, qui jure comme un charretier et tente de sortir des punchlines misérables, et représente un sommet étincelant de l’insupportable dans une série qui était pourtant déjà bien garnie.

Mais une mauvaise histoire peut toujours trouver un salut dans les mains d’un staff compétent. Or, si cette série se retrouve à la dernière place du bilan, vous imaginez bien que ça signifie que ces gens compétents ont réussi à éviter d’avoir à participer à ce projet damné. Souffrant d’un chara-design massacré, les personnages parviennent à être moches même quand ils ne sont pas dessinés off-model, ce qu’ils sont rarement. Animation, storyboard, finition, rien n’est fait correctement, et tout ça parvient à rendre la série tellement mauvaise qu’elle en serait drôle si on n’en avait pas déjà marre au bout du premier épisode.

On pourrait prendre son temps à décomposer pourquoi ce qui ne va pas dans la série ne va pas, mais ce serait perdre son temps. Clockwork Planet est une série laide et conne, mal réalisée, mal animée, mal interprétée et généralement exécrable, qu’il convient de ne pas regarder, sauf pour l’ending d’After the Rain (mal animé, mais que le son compense amplement). On conclura avec une pensée à l’épisode final qui semble donner à la série la morale suivante : « si t’es un génie tu peux tout faire (même des trucs qui relèvent clairement de la magie plutôt que de l’ingénierie), et si tu ne l’es pas tu sers à rien ». Une idée à laquelle les créateurs du projet semblent s’être faits.

#64: sin: Nanatsu no Taizai

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Artland & TNK | 12 épisodes de 24 minutes | Figurines

Titre Crunchyroll : sin Nanatsu no Taizai

Le grand rival de Clockwork Planet dans la bataille des plus gros nanars de la saison, sin: Nanatsu no Taizai n’a pas à rougir de sa pénultième place dans ce bilan, car ce n’est pas moins un torchon que son adversaire. Son seul « défaut », c’est d’être plus « drôle » que Clockwork Planet. Le nombre de guillemets à mettre autour de « drôle », je vous laisse en décider une fois que vous aurez fini la lecture de mon blabla sur la série.

Tiré d’une franchise multimédia de Hobby Japan (entreprise à laquelle on doit aussi Queen’s Blade), l’anime sin: Nanatsu no Taizai nous raconte l’histoire de Lucifer, ange déchu pour avoir défié Dieu. Elle tombe en enfer, et se dit que pour le fun, elle va conquérir les enfers en prenant la tête des Sept Péchés Capitaux, sept démones très puissantes. Prank’d, ça se passe mal quand Bélial (représentant l’orgueil) s’équipe d’une armure composée en tout et pour tout de deux gigantesques épaulières et de trois petites bandes de tissus servant à cacher ce à quoi vous pensez, et la dégage de là. Lucifer, pour prendre sa revanche, décide d’aller traquer tous les autres Péchés Capitaux avant de retenter sa chance, et sera accompagnée dans sa quête de Leviathan, sa groupie qui a pour tout sous-vêtement un pansement (un seul), et de Maria, une fille à gros seins normale qui se retrouve forcée à la suivre. A partir de là, on va donc suivre Lucifer à travers différents affrontements sans queue ni tête avec les Péchés Capitaux, saupoudrés de monologues dépourvus de sens et réalisés avec une absence choquante de talent ou de raison.

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Si les screenshots et mes quelques descriptions vestimentaires ne vous en ont pas déjà convaincu, laissez-moi vous l’apprendre : sin: Nanatsu no Taizai est une série ecchi, qui alimente son public de grandes doses de fan-service décérébré. En effet, les différentes filles vont toutes se retrouver régulièrement seins nus et plus si affinités (le tout étant largement censuré par-dessous la jambe dans la version qu’a récupéré Crunchyroll), et dans diverses situations sexuelles sorties de nulle part, généralement dépourvues de toute notion de consentement. Maria se retrouve violée par Leviathan, Lucifer subit au fil des épisodes toute une variété de sévices, bref, c’est la fête du slip, sans slip.

On pourra dire que les doses de fan-service de sin: Nanatsu no Taizai n’ont rien de choquant pour une série de ce genre. Certes, mais l’anime semble se donner pour mission de régulièrement repousser les limites du mauvais goût, jusqu’à faire passer un spectacle de Bigard pour une récitation d’Apollinaire. Ce n’est pas véritablement représentatif parce que c’est à peu près le pire passage de la série de ce côté-là, mais je garde en tête la scène vers la fin de la série où la petite Beelzebub se retrouve ligotée et forcée par des hommes nus et obèses à manger une saucisse infinie avec des larmes dans les yeux. Elle explique à Lucifer, qui tente de la sauver, que celle-ci devrait continuer son chemin et que de toute façon ça va parce qu’elle l’a plus ou moins mérité. La malaise-o-mètre explose le putain de plafond.

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C’est. Une. Saucisse.

Mais là je vous parle d’un extrême, que sin: Nanatsu no Taizai atteint de temps en temps mais pas tout le temps non plus. La plupart du temps, la série invite plus au rire moqueur qu’au grincement de dents, et pas que dans les scènes de fan-service. Plus la série progresse et plus celle-ci pète de boulons. Les affrontements avec les Sept Péchés Capitaux ont de moins en moins de sens, les monologues sortis de nulle part de Lucifer aussi, la cohérence en prend de plus en plus cher pour son grade, et sin: Nanatsu no Taizai finit par être de plus en plus appréciable en tant que pur nanar débile.

On peut aisément rire de la bêtise de la série, comme par exemple de l’épisode 5 qui parle des doutes en tant qu’artiste de la démone de la mélancolie (qui est aussi chanteuse) et de la difficulté d’une certaine décision pour Lucifer, un épisode tellement mal réalisé qu’il rend tout ça extrêmement ridicule. Et surtout, que dire de cette scène incroyable vers l’épisode 10 où Lucifer, en marche vers la porte des Enfers, se retrouve dans une cour de justice à juger la juge pour pêché d’orgueil, puis sans transition combat au-dessus du Pacifique un avion de chasse équipé d’une bombe atomique, puis toujours sans transition se retrouve à la plage à bitcher sur les nanas en bikini. Clairement écrite et réalisée sous crack, la série est d’une débilité amusante qui lui vaut d’échapper à la dernière position.

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Forcément, des tentacules. C’était clairement nécessaire. Bien entendu.

On notera que le premier épisode de la série bénéficie d’une moitié d’épisode vraiment plutôt bien animée, ce qui est déjà pas mal. Quelques autres cuts sortent un peu du lot mais globalement la technique de la série ne vient nullement l’aider (le récap au bout du quatrième épisode, c’est mauvais signe en général). Tant qu’à faire, signalons les endcards qui réunissent quelques gros noms du hentai dont Hisasi, ShindoL ou encore Z-Ton, mais aussi Hidari qui devait s’être perdu dans le coin. Parfois répugnante et parfois amusante, sin: Nanatsu no Taizai est en tout cas une série dépourvue de sens ou de raison, un nanar absolu qui ne peut être regardable que si on ferme les yeux sur un paquets de trucs, mais qui a au moins le mérite de nous offrir un petit aperçu de ce qu’est l’enfer.

#63: Room Mate

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TYPHOON GRAPHICS | 12 épisodes de 4 minutes | Original

Titre Crunchyroll : Room Mate

Et, pure coïncidence, on évoquait justement Hidari, on va devoir en parler un peu, car là où One Room (#54 cet hiver) avait pour character designer original Kantoku, la série parallèle Room Mate a Hidari. Illustrateur à succès (dont on ne connaît ni l’identité ni le sexe, ce dit en passant), il a notamment fourni ses crayons au service des light novels Sasami-san@Ganbaranai et de la trilogie Tasogare de la saga Atelier. Son style fin et clair est très facilement reconnaissable et extrêmement appréciable, et vous avez pu en voir des exemples récemment dans Fire Emblem Echoes. Je vous conseille de faire un petit coup de Google Images pour vous représenter la chose. Puis de jeter un coup d’œil à ce screenshot de Room Mate. Qui est, à peu de choses près, le seul screenshot présentable de la série.

Pour résumer, Room Mate, c’est comme One Room, mais en beaucoup moins bien. La principale différence visible est que là où One Room vous présentait consécutivement trois jeunes demoiselles (dans des arcs séparés), Room Mate vous met face à trois jeunes damoiseaux simultanément, qui viennent vivre dans le manoir dont vous êtes le ou la propriétaire. Pourquoi pas, en tout cas l’idée de faire deux versions du concept est sympathique. Oui, mais.

Déjà, One Room avait le problème d’être un anime à la première personne qui oubliait parfois qu’il était à la première personne. Room Mate amplifie le problème, car à ce niveau-là le personnage principal semble être capable de projection astrale : très souvent on voit consécutivement les trois garçons, qui sont tous trois à des endroits opposés du manoir. La série oublie complètement que le point de vue du spectateur est censé être celui du personnage principal, et nous déstabilise complètement car on en vient vite à ne plus savoir où est le personnage principal, ou même qu’il existe. Du coup, quand l’anime tente de vous faire comprendre que le personnage fait quelque chose ou se déplace, la moitié du temps on ne capte pas tout de suite ce qui se passe.

Et puis pour revenir à des problèmes plus terre à terre, la série est extrêmement creuse, très cliché, encore plus fan-servicieuse que One Room et, faut-il le dire, vraiment très moche. Je n’hésiterais pas à dire que c’est une insulte faite aux designs de Hidari tant le résultat est dépourvu de la moindre personnalité. One Room avait au moins le bon goût de mettre en avant la patte de Kantoku. Là, c’est juste une vilaine plaisanterie qui n’aurait jamais dû être.

#62: Souryo to Majiwaru Shikiyoku no Yoru ni…

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Seven | 12 épisodes de 4 minutes | Manga

Non licencié en France

Je vais avoir besoin de faire appel à des historiens de l’animation japonaise pour m’aider à soutenir cette affirmation, mais il me semble bien que Souryo to Majiwaru Shikiyoku no Yoru ni… est la première série TV animée à être aussi un hentai. Alors, certes, ce n’est pas les deux à la fois, car n’est véritablement hentai qu’une version qui n’a été diffusée que sur le net. A la télé, c’est juste une série courte moche où les scènes de sexe sont remplacées vite fait mal fait par des scènes comiques pas vraiment animées ou par des séries d’illustrations accompagnées de phrases dites en ASMR par les seiyuu masculins de la série.

Pour la petite histoire, ça parle d’une jeune femme qui retrouve, lors d’une réunion d’anciens élèves, un vieux crush. Surprise, il est devenu prêtre, zut alors. Mais quelle surprise pour elle de découvrir, une fois raccompagnée, que ce n’est pas parce qu’il est prêtre qu’il est tenu de garder son froc. Le lendemain, le bonhomme l’emmène chez ses parents, déclare qu’elle est sa fiancée, et la fait vivre avec eux. Mettons, je ne m’attarderai pas trop sur le peu qu’on puisse voir du scénario (puisqu’il y en a un, vu que c’est à la base adapté d’un manga shoujo). On voit notamment que la fille se sent concernée par ses responsabilités en tant que future femme du prêtre. Mais il y a aussi là-dedans des trucs de hentai vraiment cons, comme quand le gars veut baiser devant son frère, dans le couloir, histoire de lui prouver que la fille est bel et bien à lui.

Premier problème : c’est moche comme un hentai, et là je parle plutôt des moins bons. Second problème : chaque épisode durant 4 minutes (dans la version non-censurée), les scènes de sexe sont vraiment trop courtes. Du coup, à cause de ce format bâtard, on se retrouve avec une série qui n’a vraiment qu’extrêmement peu d’intérêt, à la fois en tant que série et en tant que hentai. On saluera quand même l’idée, même si je vois déjà venir les successeurs de cette initiative, et que ça ne me réjouit pas des masses.

#61: Yousei Land Mukashibanashi

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6Jigen Animation | 12 épisodes de 14 minutes | Album illustré

Titre Crunchyroll : Forest Fairy Five ~Fairy tale~

Personne n’en voulait, ils l’ont fait quand même : Forest Fairy Five (#61 cet hiver) a eu droit à une seconde saison, probablement décidée d’un haussement d’épaules lors d’une réunion, et que voici. Un changement majeur de la formule : la série s’axe désormais principalement autour de réinterprétations libres de divers contes du folklore japonais. Fait surprenant, grâce à ça, les fées semblent avoir un semblant de texte, ce qui fait qu’elles patinent beaucoup moins dans la salade et que, à mon grand effarement, il y a même eu quelques blagues qui m’ont fait rigoler. Ensuite, ça reste moins joli qu’un YouTube Poop d’une mauvaise vidéo GMod, c’est très mal joué, très random et j’ai toujours autant de mal à garder mon regard sur l’écran plus de trente secondes, mais c’est toujours ça de pris. Si la troisième saison peut ne jamais sortir, j’en serais en vérité fort aise.

#60: Gin no Guardian

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Haoliners Animation League | 12 épisodes de 13 minutes | Manhua web

Titre Crunchyroll : The Silver Guardian

Tandis que revoici le Davilex de l’animation japonaise, j’ai nommé Haoliners Animation League. Pour rappel, il s’agit de cette société chinoise qui coproduit quelques séries pas terribles à travers sa filiale japonaise Emon, et à part ça se charge principalement de produire des séries chinoises qui seront par la suite réadaptées sommairement et localisées pour une diffusion au Japon. Gin no Guardian fait partie de la première catégorie, mais tend, étrangement, à partager les défauts des séries de la seconde. En effet, Gin no Guardian n’est ni plus ni moins qu’un ersatz chinois de Sword Art Online, en VRAIMENT mal écrit.

On y suit Suigin, un étudiant sans le sou qui aime passer son temps à jouer à un MMORPG free-to-play, où il est devenu un joueur légendaire autant pour son skill que pour la tête daubée de son perso. Il y fait la connaissance de l’avatar de l’idole de son lycée, et puis ensuite des tas de choses arrivent, le jeu ferme, un nouveau jeu révolutionnaire le remplace, et Suigin va devoir jouer à ce nouveau jeu pour sauver ladite fille, qui est captive de méchants.

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J’ai tenté de vous la faire courte afin de garder un peu de cohérence dans ce récit. En effet, comme un bon nombre de productions Haoliners, Gin no Guardian est une série qui n’a ni queue ni tête et ne semble jamais savoir ce qu’elle veut faire. Plus occupé à caser des scènes clichées dans son script qu’à écrire une storyline viable, l’auteur du manhua original (ou la scénariste de l’anime, je ne sais à qui est la faute) n’arrive en effet jamais à proposer un quelconque enchaînement d’événements cohérent ou original.

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Il n’y a pas de limites au nombre de choses qu’on pourrait reprocher au scénario de la série tant toute notion de rythme en est absente, tant la série se termine n’importe où, et tant tout ça n’a aucun sens. Le jeu révolutionnaire, tel qu’il est présenté, ressemble plus au pay-to-win ultime qu’à autre chose (et pourtant tout le monde trouve ça génial), le personnage arrive à rattraper une voiture en vélo sur le périph, la mascotte inutile meurt sans raison, une méchante se fait à un moment battre parce que le protagoniste utilise sa capacité contre elle alors qu’il n’est pas censé avoir cette capacité, la liste est encore longue, et je vous passe les réactions incompréhensibles des personnages et les éléments de la série qui ne servent absolument à rien.

Petit point technique : quelques cuts pas trop mal sont à signaler au milieu de cet anime qui n’est dans l’ensemble vraiment pas bien beau. Dernier point à évoquer, Suigin est doublé par un Jun Fukuyama à qui on semble avoir demandé de faire un best of de ses meilleurs rôles, contribuant plus encore à faire de cette série un grand patchwork de n’importe quoi, visiblement composé procéduralement.

#59: 100% Pascal-sensei

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OLM | D’ores et déjà trop d’épisodes de 12 minutes (premier cour) | Manga

Non licencié en France

Il est jaune, il est excentrique et il sert de professeur à une classe un peu particulière, c’est, c’est, mais oui, c’est Pascal-sensei ! Créature étrange venue d’on-ne-sait-où pour toucher un salaire de fonctionnaire en travaillant comme maître d’école, Pascal-sensei est une mascotte jaune cheloue à la personnalité très instable et aux mœurs plus que discutables, n’hésitant notamment pas à piquer la thune de ses élèves.

100% Pascal-sensei est en fait une comédie employant pas mal d’humour absurde, qui, par le biais d’exagération d’une lourdeur sans pareille, de tsukkomi très bruyant et de personnages globalement bien relous, nous enfonce dans la gorge des gags souvent très nuls et fréquemment prévisibles. De plus, chaque épisode est divisé en plusieurs segments, dont certains, intitulés Perfect Plate, se déroulent dans un monde de fantasy avec des Pascal alternatifs, parce que pourquoi pas. Alors, certes, quelques gags m’ont fait rire (dont un où un personnage se chie dessus, voyez mon échelle de valeur de l’humour), et qui plus est la série prend la peine d’être franchement bien tenue visuellement, mais en somme l’ending de la série en live action avec un pauvre monsieur indien forcé à dire des conneries illustre très bien ce qu’est l’anime dans son ensemble, à savoir gavant, gênant et irritant. A réserver à un public d’enfants, et encore, même là vous feriez mieux de leur trouver quelque chose de bien à regarder à la place.

#58: Warau Salesman New

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Shin-Ei Animation | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Warau Salesman NEW

Petit pas chassé latéral hors de la diégèse de cette folle suite de critiques et de fines analyses (j’ai bien parlé d’une blague de caca il y a genre dix lignes ? juste pour savoir), parlons un peu du méta de ce bilan avant de continuer. Voyez-vous, quand je classe ces séries je prends certes en compte ma propre appréciation de la série en tant que facteur majeur, mais mon amour ni ma haine ne sont aveugles. Même les séries que je n’aime vraiment pas ont des qualités, et même celles que j’adore ont des défauts, il faut les prendre en compte, je les prends en compte. Ce qui nous amène à Warau Salesman New, une série que je trouve profondément et fondamentalement détestable… mais qui est pas mal foutue.

Warau Salesman est un manga de la fin des années 60, dessiné par Fujiko Fujio A, l’une des moitiés du duo qui a créé Doraemon. On y suit Moguro Fukuzo, un vendeur ambulant au faciès caractéristique qui aborde des gens pour leur proposer de l’aide, aide qui finira inévitablement par leur revenir dans la gueule. Parfois définie comme une comédie noire, parfois comme un drame, parfois comme une série d’horreur, c’est une série à laquelle je n’arrive pas à donner un genre… principalement parce que je n’en saisis pas l’intérêt.

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Soyons un peu plus précis : chaque histoire de Warau Salesman se concentre sur un ou une japonais(e), qui va rencontrer Moguro, généralement se voir offrir ou proposer quelque chose par ce personnage suspect, et puis qui va voir sa vie inévitablement pourrie par les choix qu’il aura fait. En principe, Moguro punit ceux qui lui mentent, le trahissent ou ne respectent pas ses consignes, mais en fait pas toujours. Des fois il punit sans raison valable, des fois il arnaque ses clients, bref, il n’y a pas de règle claire qui soit respectée, l’idée de base étant juste de voir une personne ruiner sa vie en faisant un mauvais choix induit par une envie plus ou moins éphémère.

Le truc qui m’énerve, c’est vraiment que l’anime est une série de petits contes dont la morale est systématiquement pétée. Les victimes de Moguro, car pour moi ils en sont victime, sont des fois des connards mais sont le reste du temps des gens tout à fait innocents, vivant dans des environnements humains parfois toxiques, qui voient leur vie ruinée par une simple petite erreur qui aurait été anecdotique sans l’intervention de Moguro. Et, pour revenir sur ce point, je ne vois pas l’intérêt de la série car les histoires ne sont pas ouf et leurs conclusions sont en prime souvent assez prévisibles. En somme, ce n’est ni horrifique ni comique, juste énervant, à moins de kiffer de voir des histoires se finir sur des divorces, des familles en pleurs, et autres réjouissances du genre.

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Au risque de vous donner envie de le voir, oui, il y a un épisode où un mec normal devient Waluigi.

Mais, le fait est, la série profite d’une réalisation tout à fait intéressante, avec des storyboards créatifs (notamment pour les scènes au Ma no Su, le mystérieux bar où va régulièrement Moguro), des idées de mise en scène, des changements de teintes ajoutant de la tension aux scènes et autres petites choses qui montrent une vraie implication artistique. Et d’ailleurs, la série bénéficie, comme par exemple un Panty & Stocking with Garterbelt, d’une production gérée par moitiés d’épisode : chaque histoire tient dans une moitié d’épisode qui est réalisée et animée complètement à part de l’autre. Forcément, ça permet de laisser beaucoup de place à la créativité, mais ça serait forcément mieux si ça n’était pas restreint par une structure scénaristique rigide et peu intéressante. Ce qui ne trompe pas, c’est par exemple l’excellent opening, aussi réussi musicalement que visuellement, mais je retiendrai aussi une histoire assez touchante et qui fonctionne vraiment bien malgré une chute bof, qui est celle du grand-père à qui son petit-fils manque. Dernier bon point, les victimes de Moguro (surtout les hommes) sont souvent doublées par de bons seiyuu, et ça je ne peux qu’apprécier.

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Bref, si je n’aime clairement pas ce Warau Salesman New, je ne peux que constater ses réelles qualités, et si l’on prend en compte la possibilité que des gens parviennent à détecter dans la série quelque chose que je n’arrive pas à y voir, je ne pouvais pas décemment placer l’anime au fond du fond du classement. Il sera donc seulement au fond de la fourchette suivante du classement, un châtiment bien léger pour une série où le vol d’un carreau de chocolat peut vous garantir la damnation éternelle.

#57: Shounen Ashibe: Go! Go! Goma-chan 2

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Bridge | Quelques épisodes de 9 minutes (premier cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : Shônen Ashibe Go! Go! Goma-chan

La nouvelle série animée adaptant ce manga 4-koma de la fin des années 80 est de retour cette année après un premier run de 32 épisodes (dont le premier cour était #41 le printemps dernier), avec un nouveau set de génériques, et peu d’autres changements notables. L’opening est visuellement très travaillé, on y retrouve l’animation 2D créative qu’on peut retrouver au détour de quelques trop rares épisodes de la série, malheureusement la musique n’est pas terrible. A part ça, ça reste une comédie destinée aux enfants, pas bien drôle et souvent prévisible mais facile à regarder. Rien à signaler d’autre, vraiment.

#56: Kabuki-bu!

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Studio Deen | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre ADN : Kabukibu

Shouwa Genroku Rakugo Shinjuu nous a montré que les arts traditionnels japonais étaient une matière première pleine de potentiel pour créer des séries fascinantes. Kabuki-bu! nous rappelle que ce n’est pas à la portée du premier glandu venu.

Kurogo est un lycéen passionné de kabuki qui veut à tout prix fonder un club de kabuki dans son lycée, et tente, avec son meilleur ami Tonbo, de recruter des membres prometteurs. Les anime portant sur des clubs culturels sont une frange importante de la production d’anime, donc pas besoin d’en dire beaucoup plus pour que vous saisissiez ce qu’on va pouvoir trouver dans celui-ci, qui ne fait rien de bien original. Mais pour bien réussir un anime de ce type, il faut généralement bien vendre au spectateur le thème du club. Drame : c’est là le principal problème de la série.

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En effet, le kabuki est un style de théâtre japonais qui est pétri de toute une gamme de règles et de normes bien particulières, et assez peu perméables pour nous autres étrangers (et même pour les jeunes japonais). Pour nous permettre d’apprécier ce qui fait le charme de cet art, on s’attend du coup à se voir expliquer, ou au moins présenter tout ça. Or, si l’anime parle effectivement pas mal de comment on peut faire s’intéresser des jeunes au kabuki, il n’aborde pas du tout ces sujets (le maximum qui soit dit dans ce sens étant « la voix c’est important », merci les gars).

Plutôt que de parler de l’art lui-même, la série se concentre sur la question de comment faire en sorte que le public comprenne mieux l’histoire des pièces de kabuki, une question importante mais qui l’est moins pour nous autres, puisque le japonais ancien employé est de toute façon traduit dans nos sous-titres. La dernière représentation de la série est assez intéressante de ce point de vue, mais de fait, j’en sors quand même sans une meilleure idée de ce qu’est le kabuki et de ce qui en fait l’intérêt, ce qui est extrêmement dommage.

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La best girl n’est pas celle que vous auriez pu croire.

En mettant ça de côté, je dois signaler que Kabuki-bu! version anime a eu le droit à un character design original de CLAMP, qui se retrouve ici pas mal malmené par une animation franchement cracra. Côté écriture ce n’est pas non plus ouf, je trouve par exemple les raisons pour lesquelles les différents personnages rejoignent le club fumeuses tout au plus. Globalement, Kabuki-bu! est une série bien décevante que je n’aurai pris que peu de plaisir à regarder, mais qu’on pourra au moins saluer pour être le premier anime à avoir pour thème principal le kabuki. On espère juste qu’un jour un autre viendra, et que celui-là rendra un meilleur hommage à cet art unique.

#55: iDOLM@STER Cinderella Girls Gekijou

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Gathering | 13 épisodes de 4 minutes (avec autant de bonus web de 2 minutes) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : THE IDOLM@STER CINDERELLA GIRLS Gekijô

La première génération de The iDOLM@STER avait eu le droit à son spin-off chibi sous la forme des excellentes séries Puchimas!, il était donc logique que Cinderella Girls aussi aie le droit à sa série courte rigolote. Ainsi, chaque épisode de Cinderella Girls Gekijou nous présente quelques gags de durée variable, et d’intérêt au moins aussi variable. Là où Puchimas! avait une sorte de concept, Gekijou n’est destiné qu’à faire apparaître autant d’idols que possible dans des situations plus ou moins drolatiques, et souvent plutôt moins que plus.

C’est une série fan-service, dans le sens où le but est de caresser dans le sens du poil les fans de chaque idol, et sur ce point je ne peux pas dire que ça soit vraiment un échec (les gags avec Ranko, surtout celui où elle doit réciter des lignes mielleuses, m’ont eu). D’un point de vue comique, ça reste toutefois très faible, et quand vos Cinderella Girls préférées ne sont pas à l’écran (ce qui arrivera la plupart du temps, logiquement), il est fort possible que vous vous emmerdiez fermement.  On notera quelques tentatives de faire des scènes un peu plus longues et un peu différentes à certains moments, dont une scène de slice-of-life au hanami, appréciables variations, mais insuffisantes pour apporter à cette série courte un semblant de substance. Enfin, notez que si comme moi vous ne connaissez les Cinderella Girls que par la série animée, vous risquez de ne pas connaître tous les personnages, vu que la série est clairement destinée essentiellement aux joueurs du mobage.

#54: World Fool News Part II

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CoMix Wave Films | 12 épisodes de 10 minutes | Original

Titre ADN : World Fool News Saison 2

La gaudriole et la presse sont des domaines dont la proximité a plus d’une fois porté fruit. L’actualité se partage plus aisément quand mêlée à un peu d’humour, et l’humour fonctionne mieux quand il est basé sur de l’actualité. Toutefois, il n’est pas de formule infaillible dans le domaine du lol, et World Fool News tombe dans un des angles morts de cette théorie fort élaborée, qui est que si c’est mal fait, bah, c’est pas terrible.

World Fool News est un anime qui était à la base une série ONA, puis a été adapté sans trop de retouches (mais avec plus de contenu) pour la télé, et sort ici sa deuxième saison. On y suit les péripéties de Takahashi au sein du journal télévisé où il s’est vu « promu », un journal réputé pour son excentricité, et qu’il coprésente désormais avec sa collègue Shimohira.

La série nous montre quelques émissions de World Fool News  (le journal en question) avec leurs infos un peu bizarres et leurs invités quelque peu désaxés, et nous conte aussi quelques situations qui surviennent dans les studios et en-dehors. Lors de cette saison, on voit aussi progresser le début de relation qui se forme entre Takahashi et Shimohira, et on a aussi le droit à un autre fil rouge en la présence d’un présentateur d’un autre journal qui semble avoir de sombres intentions. Un programme bien rempli, donc.

Sauf que voilà, World Fool News est une comédie, et quand une comédie n’est pas vraiment drôle, eh bien, c’est dur, d’autant que la série n’a pas grand-chose d’autre à quoi se rattraper, entre son animation en 3D cel-shadée fonctionnelle, son rythme lent et son jeu d’acteur amateur (et son tiers de casting qui a été complètement oublié mais qui est toujours dans le générique depuis l’ONA). Pour être tout à fait franc je pense que cette seconde saison est un poil plus drôle que la première (ce qui n’est pas beaucoup dire), mais elle se paye de luxe de s’offrir un épisode récapitulatif tranquilou en milieu de saison, quelque chose d’assez pénalisant pour une série déjà un peu chiante en temps normal.

#53: KochinPa! Dainiki

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n/a | 24 épisodes de 15 secondes (second cour) | Mascotte

Non licencié en France

KochinPa! (#47 cet hiver), c’est toujours cette comédie en épisodes de 15 secondes qui sert à faire la promotion d’une chaîne de casinos. Il y a un peu d’humour débile, un peu d’humour meta, ça ne pisse vraiment pas haut mais ça mérite au moins que j’y consacre ces quelques lignes.

#52: Sekai no Yami Zukan

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ILCA | 13 épisodes de 5 minutes | Original

Titre Crunchyroll : Sekai no Yamizukan

Décidément, le filon des anime courts d’horreur à peine animés semble être porteur, on va bientôt finir par en avoir un par saison pour de bon. Pour le coup, Sekai no Yami Zukan pousse l’idée jusqu’au bout puisque la série n’est carrément pas animée du tout : c’est juste une suite d’images fixes avec des petits effets de zoom et autres pour faire passer la pilule. Mais ce n’est pas pour autant que c’est tout nul, car cette petite série a le mérite de la créativité.

Première caractéristique intéressante, chaque épisode est dessiné dans un style bien particulier (des styles qui sont d’ailleurs souvent assez occidentaux) et présente une petite histoire d’horreur avec souvent un twist assez original ou un monstre qui a de la gueule. Certes, tous les styles ne sont pas jolis (loin de là) et la peur n’est clairement pas là, mais le résultat a de l’intérêt. Enfin, je me dois d’évoquer rapidement le cas d’un épisode qui est en fait un roman-photo, et qui implique un clown tueur : c’est involontairement drôle, et j’aime beaucoup ça.

#51: PriPri Chii-chan!!

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OLM | Pas mal d’épisodes de 12 minutes (premier cour) | Manga

Non licencié en France

Diffusé dans le même créneau horaire que 100% Pascal-sensei, PriPri Chii-chan!! est en quelque sorte son équivalent destiné aux filles, mais il s’en distingue en étant en fait pas mal foutu. Adaptée d’un manga de Hiromu Shinozuka (auteure de Mirumo de Pon!), la série nous parle de Yuuka, une jeune fille qui ne peut s’empêcher de venir au secours de tout un chacun. C’est ainsi qu’elle finit par recueillir une petite alien, qu’elle nomme Ucchan, et un petit être provenant de l’intérieur de la terre, qu’elle nommera Chii-chan. L’anime suit leurs vies quotidiennes, sachant qu’à chaque épisode les petites créatures vont utiliser une invention d’Ucchan nommée le PriPri Shot, qui permet de convoquer un gadget adapté selon la situation. Ce que ça veut dire, c’est que grosso merdo c’est un Doraemon pour les filles.

L’anime a le mérite d’être franchement bien tenu visuellement, mais sinon c’est une comédie pour petites filles qui n’est franchement pas très drôle, sans doute plaisante pour son public cible, mais pas recommandable pour un public adulte.

#50: Love Kome: We Love Rice

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Encourage Films | 12 épisodes de 4 minutes | Original

Titre Crunchyroll : Love Kome – We Love Rice

Instant langues étrangères et narratologie, qu’est-ce qu’un « high concept » ? C’est une œuvre qui peut être facilement résumée de façon très concise. Un merci à monsieur Concombre Masqué pour ce terme fort utile, qui va me permettre d’introduire assez facilement Love Kome. Il s’agit d’un anime où des garçons personnifiant des espèces de riz vont devoir organiser un spectacle d’idols pour sauver leur lycée de garçons-riz, qui est menacé par le blé qui prend une place de plus en plus importante dans l’agriculture japonaise aux dépends du riz. Peut-être va-t-il falloir déposer « really high concept », maintenant.

Love Kome est donc grosso modo un anime d’idols avec un garçon plein d’énergie qui va tenter de former un groupe d’idols pour organiser son propre Harvest Show, le fameux spectacle d’idols (dont la nature est d’ailleurs un peu confuse) qui leur permettra de rabattre le caquet des garçons-blé.

Vous l’aurez bien compris, c’est un anime vraiment perché, qui n’est pas vraiment aidé par le fait qu’une grande partie de ses dialogues soient bourrés de calembours intraduisibles (et intraduits) sur le thème du riz et de l’agriculture. Même si vous n’êtes pas en mesure de saisir ces subtilités, l’anime pousse l’aspect cliché des anime d’idols et joue sur sa propre absurdité, avec quelques gags qui font mouche dans tous les cas. Pas un mauvais moment à passer, mais sa technique franchement faible et le manque de cohérence de son scénario le condamnent à l’anecdotique.

#49: Koneko no Chii: Ponponra Daibouken

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Marza Animation Planet | Plein plein d’épisodes de 12 minutes (troisième cour) | Manga

Titre Prime Video : Chi’s Sweet Adventure

Le titre de l’anime nous teasait une grande aventure, et dans ce troisième cour on en voit enfin la truffe, puisque Chii et ses petits amis vont lors d’un court arc partir à l’aventure en ville. Globalement, et malgré un récapitulatif intempestif, la série nous offre quelques moments très amusants et vraiment bien storyboardés, notamment dès que Chii est à l’extérieur (je retiens par exemple la grimpette sur l’arbre, et le début de l’aventure en ville). Depuis le début de la diffusion de la série cet automne (où elle était déjà #49, pure coïncidence), Koneko no Chii: Ponponra Daibouken reste une série fort bien tenue et amusante, particulièrement adaptée pour un public d’enfants, et qui a toujours toute une gamme de gags qui m’agacent bien mais qui ne vous dérangeront pas forcément si vous aimez beaucoup les chats.

#48: Tomica Hyper Rescue Drive Head: Kidou Kyuukyuu Keisatsu

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OLM | Pas mal d’épisodes de 24 minutes (premier cour) | Jouets

Non licencié en France

On reste dans le domaine des anime pour enfants avec quelque chose de destiné à un public plus âgé de quelques années, puisqu’il y est question de gros mechasses. Tomica Hyper Rescue Drive Head: Kidou Kyuukyuu Keisatsu raconte les péripéties d’une brigade de secourisme montée sur mecha, dont tous les pilotes sont des enfants parce que la technologie en a voulu ainsi. Ainsi, dans la plupart des épisodes les personnages ne lutteront pas contre des monstres ou des méchants, mais contre la fureur de la nature et la négligence de l’homme, ce qui est, je trouve, une franchement bonne idée. Ça n’empêche pas toutefois la série, vers la fin de ce cour, de se trouver un vrai méchant pour mettre un peu d’action dans tout ça.

C’est donc une série assez sympathique et qui comble une certaine demande (à savoir l’anime de mecha léger monster-of-the-week facile à regarder), et qui dispose de mechas assez stylés (qui sont tous des Transformers de véhicules d’intervention d’urgence, donc mecha policier, mecha pompier et mecha urgentistes). Mais tout n’est pas rose, et la série est notamment bien handicapée par une 2D vraiment cheum, une action pas toujours intéressante et quelques running gags relous. Du coup, si vous avez besoin d’une série de ce type, vous êtes au bon endroit, mais sinon, on ne vous en voudra pas de passer votre chemin.

#47: Hinako Note

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Passione | 12 épisodes de 24 minutes | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : Hinako Note

Si vous êtes venus lire ce que j’ai à dire sur un thriller avec un anti-héros qui tue de sang-froid nombre de gens à travers le monde par le biais d’un carnet magique, je suis au regret de devoir vous dire que vous avez vraiment très mal lu le premier terme du titre de cet anime. Mais je ne peux que vous comprendre, car Hinako Note est un titre trompeur à bien des égards. En effet, si celui-ci semble au premier abord avoir tout d’une plaisante adaptation de slice-of-life du Manga Time Kirara, il n’en est rien, car le manga provient en fait du Gekkan Comic Alive. Trahison, j’invoque ton nom.

Hinako Note raconte l’histoire de Hinako, une jeune fille très timide née à la campagne, qui désire faire du théâtre pour combattre cette timidité maladive qui lui fait faire l’épouvantail dès qu’elle est trop intimidée. Elle emménage à Tokyo, et va bien vite découvrir que le club de théâtre de son bahut est en fait fermé. Pas de souci, avec les amies qu’elle s’est faite là où elle loge, celle-ci va décider de former une troupe de théâtre.

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Perfection.

Hinako Note a le mérite de ne pas mentir sur la marchandise et de vraiment développer le sujet dont il a décidé de parler, à savoir le théâtre. Un peu trop, même. Car si Hinako se retrouve développée normalement, ses autres amies, elles, n’ont pas le droit à cet honneur, incluant la charmant Kuina, une jeune fille littéraire qui aime bien croquer des pages de bouquins à l’occasion. Tout ce casting est souvent présent à l’écran mais jamais travaillé en profondeur, et du coup on ne retient que très peu de choses de ces filles. Je ne peux que trouver ça dommage pour un slice-of-life, genre qui a tout particulièrement besoin de bons personnages pour fonctionner. Alors oui, il y a de bonnes alchimies entre les personnages, et on sourit gentiment devant les scènes un peu comiques (mais souvent clichées) de la série, mais l’impression de regarder quelque chose de très superficiel subsiste, et on en vient à se faire chier.

Qui plus est, la série a pour moi un plus gros problème, c’est qu’elle est très riche en fan-service. Hinako a un corps fort bien développé, et la série ne se prive pas d’en faire profiter le spectateur dès que l’occasion s’en présente. Le fan-service n’est pas mauvais en lui-même (je dois bien dire que les endcards sont pas mal sur ce point) même si ce n’est pas la subtilité qui semble étouffer les créateurs de la série : et hop un petit peu de boule, et hop un boob bounce, et hop une pose sexy, c’est gratuit prenez-en. Mais voilà, ce fan-service envahissant me semble rentrer en conflit direct avec l’esprit de la série et son ambiance bon enfant, très « girls only ». Là où c’est vraiment trop, c’est quand ça va jusqu’à donner une poitrine très développée à la prof de théâtre de Hinako… qui est censée avoir 9 ans. Quel est. Le. Nique.

Cela étant dit, si vous pouvez apprécier la série malgré ces deux défauts importants, Hinako Note est un divertissement potable, avec quelques idées drôles et, surtout, la présence fort appréciée de Kuina. Si une seconde saison vient à exister, j’exige qu’on développe son personnage, car elle le mérite grandement.

#46: Monster Hunter Stories: Ride On

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David Production | 48 épisodes de 23 minutes (troisième cour) | Jeu vidéo

Non licencié en France

Dans son troisième et avant-dernier cour, Monster Hunter Stories: Ride On (qui a commencé en #61 cet automne) poursuit sa route en tant que shounen d’action dédié à un public jeune. Lute continue à explorer de nouveaux endroits et à purifier des roches sacrées, tandis que son rival poursuit son processus de Sasuke-isation. J’apprécie toujours le scénario simple, digne d’un RPG classique, de la série, avec ses quelques petits twists, et ce malgré quelques petites bêtises. En somme, rien de bien méchant à signaler par rapport à la saison dernière, c’est toujours une assez bonne série pour des enfants, et un passe-temps pas forcément désagréable pour les autres.

#45: Berserk 2nd Season

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GEMBA & Millepensee | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Berserk (Saison 2)

Voilà que la seconde saison de la nouvelle adaptation en anime de la légendaire saga Berserk se retrouve un peu mieux placée que la première saison ne l’avait été cet été. Faut-il y voir une hausse en qualité ? Que nenni ! La série est toujours moche à pleurer et vraiment mal réalisée, mais.

D’une part, il faut bien dire que malgré la qualité désastreuse de cette adaptation, on parvient quand même à apercevoir sous la crasse la grande qualité narrative de l’œuvre phare de Kentarou Miura. Il faut aussi dire que l’utilisation presque excessive des dernières insert songs de Susumu Hirasawa dans les combats (je parle de Hai yo et, il me semble, Ash Crow) doit aider, ça n’est absolument pas subtil, mais ça marche forcément. D’autre part, c’est un arc important de la série qui est adapté, un arc qui donne tout son sens au titre du manga et continue à développer les thèmes centraux de la série. C’est aussi un arc dont j’avais, il faut le dire, une mémoire un poil diffuse, que l’anime m’a permis de retrouver. Et autant pour découvrir Berserk je ne vous conseillerais jamais de commencer par cette adaptation, autant pour se remémorer la série, ça passe. C’est dommage, mais ça passe.

#44: Makeruna!! Aku no Gundan!

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Tatsunoko Production | 12 épisodes de 5 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Makeruna!! Aku no Gundan!

On ne pourra pas dire que dans l’industrie de l’animation japonaise, les plus anciens studios sont les plus conservateurs. En effet, Makeruna!! Aku no Gundan!, produit par le vénérable studio Tatsunoko Pro, est un anime qui a la particularité d’être intégralement animé de façon numérique. Comme on peut le voir dans les crédits de la série, les animateurs ont la charge de leurs cuts de bout en bout, de l’animation clé à la coloration de la séquence finie en passant par les intervalles. C’est quelque chose qui est permis par l’utilisation d’outils informatiques appropriés, là où habituellement ces tâches restent très divisées (même pour des cuts faits intégralement ou en partie en numérique). Le résultat est une série avec un visuel très chaleureux et léché, plein de personnalité et très agréable à l’œil.

Quant au contenu à proprement parler de l’anime, Makeruna!! Aku no Gundan! est un manga comique créé par Sora Tokui (qui est, fun fact, la seiyuu de Nico de Love Live!) qui suit un trio d’envahisseurs venus envahir la Terre et qui se retrouvent un peu dépassés par les événements. Malheureusement, la série n’est franchement pas bien drôle (les gags n’ont rien de rare), ce qui est, vous l’admettrez, un défaut, pour une comédie.

#43: Puzzle & Dragons Cross

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Studio Pierrot | Une grande quantité d’épisodes de 24 minutes (quatrième cour) | Jeu vidéo

Non licencié en France

Les épisodes se suivent et ne se ressemblent plus dans Puzzle & Dragons Cross. Le tournoi lancé dans le précédent cour étant terminé, le status quo se retrouve pas mal chamboulé, avec la montée de tensions raciales et l’entrée en jeu d’un groupe terroriste suprématiste. La série n’est pas forcément dotée d’un rythme fou, mais je trouve intéressante la façon dont elle met en scène (pour un jeu public, bien entendu) l’évolution progressive de cette situation. Si la série reste plan-plan sur le plan technique, on signalera l’existence une scène en fin de cour extrêmement bien faite, soulignant fort bien un triste événement. Fondamentalement, Puzzle & Dragons Cross reste un shounen d’action pas incroyable (c’est pas pour rien qu’il a commencé à la 59e place l’été dernier), mais il continue à montrer de bonnes choses et à me donner envie de suivre l’aventure jusqu’au bout.

#42: Bonobono (2016)

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Eiken | Beaucoup d’épisodes de 6 minutes (cinquième cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : BONO BONO

Rien de spécial à signaler, Bonobono (#46 au début de sa diffusion le printemps dernier) est toujours une série attachante sur une loutre perchée un tantinet philosophe qui parle avec ses amis de la forêt, et j’aime toujours autant regarder ça. D’ailleurs, je trouve que ce cour dispose de quelques épisodes plus complets que d’habitude, dont celui sur Glouton et son père. De plus, on doit signaler un petit coup de foreshadowing qui nous a été offert au sujet de papa ours, un personnage qui habituellement dans Bonobono est annonciateur de progression scénaristique. Si avec ça vous êtes pas hypés…

#41: Dungeon ni Deai wo Motomeru no wa Machigatteiru Darou ka Gaiden: Sword Oratoria

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J.C.Staff | 12 épisodes de 25 minutes | Light novel

Titre Wakanim : Danmachi: Sword Oratoria

Idée étrange d’adapter ce spin-off de DanMachi au lieu de nous offrir une seconde saison pour tenter de souffler sur les cendres de la ficelle-mania. Néanmoins on prendra ce qu’on a, et ce qu’on a, c’est donc une série dérivée de l’histoire originelle de Dungeon ni Deai wo Motomeru no wa Machigatteiru Darou ka, série de light novels adaptée à l’écran il y a deux ans (déjà), et dont j’avais parlé dans le premier billet de ce blog, que vous pouvez aller vérifier pour vous rafraîchir la mémoire sur la série.

Sword Oratoria couvre à peu près la même période de temps, mais du côté de la familia de Loki, et plus particulièrement du personnage d’Ais Wallenstein et de celui de la jeune mage elfe Lefiya. Ainsi, tandis que la familia de Loki se concentre sur sa propre quête, on peut de temps en temps entrevoir des indices de la progression de l’intrigue principale, ce qui est plutôt amusant. Cela étant dit, l’anime ne prend pas la peine de remettre en place des concepts importants précisés dans la série originale, donc si vous allez directement sur Sword Oratoria vous courrez le risque d’être un peu perdus. Il faut aussi bien noter que de voir du côté d’Ais la façon dont elle se trouve attirée par Bell donne une pointe de ridicule assez nouvelle à la chose.

Mais oublions l’original, en soit, de quoi parle Sword Oratoria ? D’Ais, qui, coincée au niveau 5 depuis un certain temps, se retrouve plongée dans le doute par son absence de progression, et aussi de Lefiya qui cherche à la fois à se séparer de son statut de boulet pour ses coéquipiers et à recevoir de l’affection de sa senpai adorée (Ais). Et autant les interrogations d’Ais sont crédibles, compréhensibles et pas mal développées par la série, autant tout ce qui concerne Lefiya n’a pas vocation à accomplir grand-chose d’autre que d’agacer, surtout au long de premiers épisodes franchement chiants.

Du point de vue technique, la série pointe dans le okay, jamais quoi que ce soit de ouf malgré quelques sympathiques cuts d’action. Dans l’ensemble, c’est une série qui m’a assez peu accroché mais qui n’est pas fondamentalement mauvaise, et qui vous plaira sans doute si vous êtes fan de l’univers de DanMachi.

#40: Renai Boukun

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EMT² | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Love Tyrant

J’avais parlé des nombreuses déceptions de la saison en introduction de cet article, et je dois dire que Renai Boukun est pour moi l’une des plus inexplicables de celles-ci. A la base un manga de Megane Mihoshi, la série raconte l’histoire de la rencontre d’un lycéen nommé Seiji avec une fille nommée Guri, qui est en possession d’un étrange carnet. Pas un Death Note, pas un Hinako Note, mais un Kiss Note, carnet qui rendra follement amoureuses deux personnes dont les noms sont écrits ensemble dessus (si celles-ci s’embrassent rapidement après). Une chose en entraînant une autre, il découvre que Guri est un ange, que la fille qu’il aime au lycée est une pure yandere qui en pince pour lui, et que celle-ci a une stalkeuse (qui s’avère être la sœur de ladite yandere). Et une chose en amenant une autre, il va se retrouver en couple avec ces trois filles malgré lui. Et ensuite, les choses dégénèrent (oui parce que là encore ça allait).

Renai Boukun est donc, vous l’aurez compris, une comédie romantique délirante et qui ne se soigne pas vraiment. Sur le papier, j’aime beaucoup, malgré un protagoniste principal extrêmement exaspérant. En l’occurrence, c’est surtout l’exécution qui pèche : la série souffre d’une réalisation plate et parfois maladroite, ainsi que d’un choix de couleurs assez agressif, l’animation étant ok tout au plus. Le rythme de la série est un poil lent, mais globalement, je ne trouve pas que ces tares justifient complètement le manque de plaisir que j’ai eu à regarder la série, malgré quelques blagues qui m’ont fait ricaner (et Stolas est bien entendu au-delà de tout le game). Quel est le grain de sable qui est venu stopper net les rouages de mon fun ? Je n’en sais trop rien, et ça m’agace, mais ça ne m’agace pas autant que le fait de ne pas avoir pu apprécier pleinement une série aussi fun sur le papier. Ça n’empêche, cela dit, que vous pourrez peut-être l’apprécier plus que moi.

#39: Zero kara Hajimeru Mahou no Sho

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White Fox | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre Wakanim : Grimoire of Zero

J’avais précédemment vu d’un œil quelque peu méfiant l’annonce de ce Zero kara Hajimeru Mahou no Sho, diffusé un an pile après Re:Zero kara Hajimeru Isekai Seikatsu, qui était produit par le même studio. Après visionnage, cela dit, je dois dire que même si lien il y a (et il y a probablement), ça n’a pas grande importance puisque Zero kara Hajimeru Mahou no Sho est une série de light novel qui n’a de toute façon pas grand-chose à voir, à commencer par le simple fait qu’il n’y soit pas question d’isekai (terme désignant tout ce qui a trait à un monde parallèle).

Dans la série, on suit les tribulations de la très puissante sorcière Zero et d’un mercenaire à moitié animal, dans un monde de fantasy où les chasses aux sorcières et les raids de sorcières ne font qu’ajouter à une tension presque omniprésente parmi les humains. La première moitié de la série est assez lente et se concentre sur la fondation de liens de confiance entre Zero et le mercenaire, et sur l’exploration douce-amère (car impuissante) de ce monde où racisme et esclavage sont monnaie courante. La seconde moitié, elle, se concentre plus sur la découverte des secrets de ce monde (avec quelques petits twists bien sentis) et sur des tentatives de mettre fin à tous ces conflits.

En vérité, Zero kara Hajimeru Mahou no Sho est une série assez agréable à suivre, mais sans plus, à cause d’un rythme pas bien dingue et d’une réalisation et une animation fonctionnelles tout au plus. Zero est marrante, la drôle d’équipe qui se forme dans le dernier tiers de la série est amusante, le scénario est pas inintéressant, bref, ce n’est rien de fou mais ça se regarde sans déplaisir véritable, et je n’en demandais pas nécessairement plus.

#38: Monster Strike Anime

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XFLAG Pictures, Yokohama Animation Lab & SANZIGEN | Un tas d’épisodes de 14 minutes (ONA, premier cour) | Jeu smartphone

Titre Crunchyroll : Monster Strike (Saison 2)

Le fort sympathique shounen d’action Monster Strike reprend du service pour une seconde saison sous-titrée Anime (allez comprendre), qui apporte plusieurs nouveautés pas toutes bienvenues. Mais avant ça, petit rappel : Monster Strike nous conte l’histoire de Ren, un adolescent qui revient vivre dans sa ville natale et fait la découverte d’un jeu smartphone en réalité augmentée (à première vue) nommé Monster Strike. Il se forme une équipe d’amis et parvient à résoudre une certaine crise. La seconde saison remet les choses à plat et ajoute un nouvel élément de setting par le biais de deux épisodes spéciaux qu’il est à mon avis essentiel de regarder avant de se lancer dans cette seconde saison où Ren et ses amis vont devoir lutter contre des invasions de monstres intempestives.

J’ai parlé de nouveautés plus haut, revenons-y. Déjà, les personnages principaux sont désormais intégralement en 3D. Les modèles de la série sont plutôt bien faits et assez expressifs, donc votre appréciation dépendra pas mal de votre capacité à accepter le changement. Second point : l’apparition d’un nouveau personnage, une gaijin nommée Mana, qui se ramène avec des running gags RE-LOU plein ses valises, et apporte à une situation romantique qui ne semblait pas prête à évoluer une nouveauté : un triangle amoureux.

Vous l’aurez compris, la plupart des nouveautés ne sont pas terribles. Par exemple, Genma est désormais un personnage récurrent, toujours doublé par un Kenjirou Tsuda à qui on a visiblement dit cette fois « on a vu que tu faisais bien les persos délirants alors vas-y, mets-en des tétra-caisses ! ». Moins bien écrite et moins bien réalisée, la série ne se préoccupe en fait plus de rien d’autre que de ses personnages principaux, et considère que le reste n’existe pas : la famille de Ren a intégralement disparu du binz, des monstres apparaissent en ville mais les badauds ne s’en étonnent jamais trop, bref, ça s’est énormément simplifié, et l’intrigue présentée dans ce premier cour est bien trop faible pour excuser ça.

On pourrait continuer sur les défauts de cette seconde saison, mais je pense que vous voyez le tableau : c’est pas top. Il n’empêche, la série garde quelques combats sympas, une ambiance qui marche et quelques idées fun, et le fait que les épisodes ne fassent qu’une petite quinzaine d’épisodes aide à ce que la série se regarde sans trop de soucis.

#37: Rokudenashi Majutsu Koushi to Akashic Records

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LIDENFILMS | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre Crunchyroll : Akashic Records of Bastard Magic Instructor

Alors. Je veux éviter d’énoncer des généralités sur les light novels et leurs clichés. Mais à un moment, va falloir m’aider, là.

Rokudenashi Majutsu Koushi to Akashic Records raconte l’histoire d’un keum qui arrive dans un nouvel environnement et qui cache sous des apparences d’incompétence un pouvoir un peu « en marge », est en fait très balèze, et a un passé plus ou moins sombre qui ne tardera pas à remonter à la surface. Ça ne vous rappelle rien ? Tant mieux pour vous, moi si. En l’occurrence, le nouvel environnement en question est une académie de magie prestigieuse, où le gars va enseigner la magie à sa propre façon, développer des liens forts avec ses élèves, repousser des attaques terroristes et renouer le contact avec ses sombres origines.

Cliché jusqu’à la moelle, Rokudenashi Majutsu Koushi to Akashic Records l’est indubitablement. Or, si la série n’est ni particulièrement bien fichue ni bien interprétée (le rire de maniaque du personnage principal sonne tellement faux, mon dieu), elle s’avère être extrêmement regardable à partir du moment où vous posez votre cerveau sur vos genous avant de lancer la vidéo. Je pourrais soulever d’autres problèmes (en vrac, les tenues des élèves côté féminin, la neotsundere-ité de l’héroine, etc.), mais franchement je n’en ai pas envie. RokuAka est un divertissement agréable et jamais vraiment pénible, Re=L est fun, l’opening est du Konomi Suzuki (même si c’est pas du très bon Konomi Suzuki), donc je lui appose sans problème mon sceau « daijoubu à regarder ».

#36: Twin Angel Break

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J.C.Staff | 12 épisodes de 24 minutes | Machines à sous

Titre Crunchyroll : Twin Angels BREAK

Twin Angel Break est la suite de Kaitou Tenshi Twin Angel: Kyun KyunTokimeki Paradise!!, un anime de 2011 adapté d’une série de machines à sous. J’espère qu’avec ça, le décor est bien posé.

Blague à part, et si on oublie son titre très coloré, la première série Twin Angel était en fait bien plus cool qu’on aurait pu croire au premier abord, et apportait quelques twists intéressants à la formule classique du mahou shoujo, dans un tout riche en fan-service pas bien malin et en petits délires variés. La suite n’est pas aussi fun, autant vous le dire tout de suite, mais elle en garde une petite partie de l’esprit.

Dans Twin Angel Break, on suit deux collégiennes qui héritent du pouvoir des Twin Angel et vont devoir se battre pour empêcher des méchants de s’emparer de l’énergie des braves gens, mais aussi dans le but de sortir du coma leur deux prédécesseuses, celles-là mêmes qui étaient les héroïnes de Kyun KyunTokimeki Paradise!!. Comme c’est du Twin Angel, il y a des ennemis plus ou moins loufoques, des situations et des personnages un peu décalés (un concert d’idols où les idols découpent du poisson pour faire du sashimi, voilà quoi), bref, tout ça se prend modérément au sérieux.

Malheureusement, si la série est globalement bien agréable à regarder, beaucoup moins orientée fan-service que la série précédente, et offre quelques twists, elle n’a pas la créativité de la première. Quelques petites ombres viennent aussi obscurcir le tableau, dont une méchante assez random et pas de très bon goût, ou encore quelques épisodes un poil chiants. Il n’empêche, la série a un certain charme et se regarde avec un plaisir que je ne nierai pas. Certes, Kyun KyunTokimeki Paradise!! 2: Electric Boogaloo, ça aurait eu plus de gueule, mais il va falloir se faire une raison.

#35: Tsugumomo

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Zero-G | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Tsugumomo

Si vous ne connaissez pas de nom Tsugumomo, c’est plus ou moins normal, et en même temps pas tant que ça. Le manga est publié au Japon depuis dix ans et connaît une certaine popularité sur Internet, où il est connu comme un manga aussi bien dessiné que généreux en fan-service. Et il est extrêmement bien dessiné (genre, voilà quoi).

Dix ans ont passé, la série est désormais adaptée en anime, et forcément ce Tsugumomo qui est passé sur les petits écrans japonais est, à tous égards, un Tsugumomo en version « houlà, on va rester tranquilles ». Le fan-service est réduit à la serpe (il reste quelques scènes, mais recadrées pour qu’on ne voie rien de grave), et l’anime est produit avec une ambition modeste, donc les gros combats magistralement dessinés du manga perdent forcément en grade au change.

Pour parler de l’histoire (parce qu’il serait temps), Tsugumomo raconte la vie de Kazuya, un lycéen qui découvre lors d’une mésaventure que l’obi qu’il tient pour un mémento de sa mère est en fait un tsukumogami (c’est-à-dire un objet qui a gagné une âme), qui prend la forme d’une jeune femme nommée Kiriha. Avec elle, il va apprendre à lutter contre les Amasogi, des objets infectés par de forts sentiments négatifs humains.

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Le manga est franchement un peu écrit avec le cul mais est tellement superbe que je lui pardonne (balancez « tsugumomo manga » dans Google Images, vous allez voir des choses). Du coup, que reste-t-il dans une adaptation volontairement au rabais de Tsugumomo ? Un shounen d’action potable, ni plus ni moins : quelques scènes sont pas mal foutues, et puis globalement les divers Amasogi apportent à l’anime une variété très appréciable d’épisode en épisode. C’est sûr, ça aurait été mieux animé par Bones, mais animer des seins gargantuesques de femme-corbeau, ça semble pas les faire kiffer. Tant pis.

#34: Fukumenkei Noise

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Brain’s Base | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre ADN : Fukumenkei Noise

Comme disait un grand poète, « Toute la musique que j’aime, elle vient de là, elle vient du blues. ». Mais si ce poète dont le nom m’échappe se servait sans doute de sa mélancolie pour écrire ses poèmes sur la condition de l’humain qui n’a pas une seconde paire de lunettes offerte, les personnages de Fukumenkei Noise semblent plutôt puiser sur un sentiment de frustration et de colère qui a tendance à les faire régulièrement péter les plombs, ce qui a le don de me taper sur le système.

Fukumenkei Noise raconte l’histoire d’une lycéenne nommée Nino qui a fait dans son enfance la rencontre de deux garçons successivement. Éprise de l’un et éprise des chansons que composait l’autre, elle les a vu tous les deux disparaître nul-ne-sait-où. Pince-sans-rire et quelque peu renfermée, elle fait vite au lycée la connaissance des membres du club de light music, qui s’avèrent être aussi, en secret, les membres d’un groupe de rock alternatif qui monte, nommé In No Hurry to Shout. C’est là qu’elle retrouve le garçon dont elle aimait chanter les chansons, et elle va vite intégrer le groupe tout en continuant à rechercher le premier garçon.

Si c’est à la base un manga shoujo fort bien réputé, je dois avouer manquer d’affection pour la série. Les fréquentes crises de nerfs de Nino, les réactions exagérées et les états d’esprits débiles des uns et des autres participent d’une sur-dramatisation de l’intrigue qui ne trouve pas en moi un client réceptif. Cela étant dit je comprends que bien d’autres semblent adorer la série, donc ignorons ce jugement subjectif, d’autant qu’en vrai j’aime bien Nino pour son aspect pince-sans-rire et obtus très amusant.

Le cœur d’une série centrée autour de la musique est, forcément, la musique. Si c’est foiré, on ne peut rien faire. Et en l’occurrence, j’aime bien les sons d’In No Hurry to Shout, même si visiblement les producteurs ont dû insister fort pour que ça soit du rock vraiment « alternatif », sans trop comprendre ce que c’est, et ont poussé les compositeurs à forcer le trait à tel point que le résultat est finalement plus proche du noise rock. Soit, perso j’aime bien. Cela étant dit, deux aspects sont problématiques. De un : les vocalises de Nino. Comme Nino est censée avoir une voix très marquante et impressionnante, Saori Hayami (son excellente seiyuu) se retrouve poussée à chanter en forçant beaucoup sa voix, ce qui est assez désagréable à écouter (notamment quand elle chante Ah ! vous dirai-je, maman a capella en boucle, mauvais bail). De deux : si les sons d’In No Hurry to Shout sont sympas, il y a à mon avis clairement une dissonance entre ceux-ci et la réaction du public. C’est sympa, mais c’est pas les Queens of the Stone Age non plus, les gars, faut arrêter de vous faire dessus au bout de quatre accords.

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Mais le vrai souci, c’est que la série est vraiment, vraiment cheum. Couleurs, animation, intégration 3D, rien ne va à ces trois étages (encore que, peut-être que c’est subjectif pour les couleurs), ce qui rend la série assez désagréable à regarder, si intéressante puisse-t-elle être. Quand on met tous ces défauts côte à côte, ça donne une addition un poil trop salée pour pouvoir être facilement oubliée.

#33: The Snack World

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OLM Digital | Pas mal d’épisodes de 23 minutes (premier cour) | Projet multimédia

Non licencié en France

S’il y a bien un truc que Level-5 ne laisse pas au hasard, c’est le marketing. Alors que penser d’une série baignée d’une ambiance et de références exclusivement occidentales, avec un style d’animation occidental et dont les premiers épisodes sont introduits par une voix-off anglaise ? Eh bien je ne sais pas trop, vu que la série n’est pas du tout disponible en occident alors que le truc a l’air pratiquement prêt à être livré en l’état à Teletoon (enfin, pas tout à fait, je pense que les génies façon Hard Gay ça risque de pas passer).

The Snack World est une série animée en 3DCG issue d’un projet multimédia annoncé il y a quelques années par Level-5. On y suit Chap, un jeune aventurier dont le village a été détruit par un cruel et puissant marchand. Pour s’acheter des billets de train pour aller chez le méchant avec ses compagnons de route, Mayone la tsukkomi, Peperon le barraqué et Gob-san le vieux gobelin crado, il va toutefois devoir accomplir quelques quêtes qui lui sont données directement par le roi local, qui recherche fréquemment de nouveaux objets rares pour sa capricieuse fille.

Ce fort joli résumé que je vous ai sorti, il vous faudra attendre l’épisode 6 de la série pour pouvoir le sortir, car dans les premiers épisodes on n’a aucune idée de pourquoi Chap remplit des quêtes pour le roi. C’est seulement à partir de la nouvelle introduction, à partir de l’épisode 6, que cette explication bien utile arrive. Cette petite bêtise mise à part, The Snack World est une comédie d’heroic-fantasy qui puise dans le domaine des contes occidentaux, et qui ressemble à une sorte de monster-of-the-week traficoté. L’animation est fluide et irréprochable, l’humour de la série assez varié et globalement réussi, le rythme est correct, le tiers des personnages secondaires semble être doublé par Koyasu (j’en compte quatre ou cinq, pour l’instant), bref, on s’amuse bien, et la série en profite bien entendu pour nous présenter sans trop de lourdeur certains systèmes du jeu The Snack World. Seul vrai souci, quelques running gags lourdauds, somme toute assez excusables.

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Plus haut, je vous disais que c’était une sorte de monster-of-the-week traficoté, pourquoi ? En fait, chaque quête donnée à Chap pourrait être terminée en un épisode, mais nos héros ne sont pas forcément suffisamment malins ou bien informés pour tout de suite comprendre comment s’y prendre. Ainsi, on ne sait jamais vraiment quand la quête va être menée à bien, ce qui ajoute à la série un élément d’imprévisibilité bien appréciable, et qui fait que, même si le fait de ne pas avoir vu l’intrigue avancer du tout dans l’ensemble du cour est un poil inquiétant, on en redemande.

#32: Frame Arms Girl

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Zexcs & Studio A-CAT | 12 épisodes de 23 minutes | Figurines

Non licencié en France

Dans le marketing, j’ai tendance à apprécier l’honnêteté et la simplicité. Frame Arms Girl est une série qui veut vous vendre des figurines : du coup, dans l’anime, on suit une fille qui reçoit des figurines et joue avec. Simple, net, j’apprécie. La fille, nommée Ao, reçoit donc ces figurines nommées Frame Arms Girl, qu’on lui propose de tester en jouant avec, moyennant salaire. Le truc épatant, c’est que ces figurines sont de petites androïdes, qui aiment se battre entre elles et faire des trucs sympa, et qu’Ao va juste superviser tout ça avec plus ou moins de flegme.

La série se présente donc comme un joli petit slice-of-life où Ao interagit avec ses Frame Arms Girl qui sont, elles, en 3DCG. Les modèles 3D ne sont pas mal, mais malheureusement il manque à leur animation une certaine expressivité, ce qui, pour moi, est en fait un gros obstacle à l’appréciation de la série. J’omettrai poliment de parler en détail des scènes de combat dans un espace en 3D, qui sont vraiment moches, parce qu’après tout on est pas là pour charrier.

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Malgré ces faiblesses, Frame Arms Girl est un slice-of-life dont transpire la sympathie, plein de petites idées marrantes et saupoudré de fan-service pour les amateurs de modélisme et les autres. Le principal argument de la série reste pour moi la très expressive Ao, une héroine hautement sympathique et un poil atypique comme je les aime. Certes, dans l’ensemble ça n’est pas un anime très bien fait, le rythme est souvent pas terrible, mais l’ambiance reste et ça en fait pour moi, tout de même, une petite réussite.

#31: Boruto: Naruto Next Generations

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Studio Pierrot | Plein d’épisodes de 24 minutes (premier cour) | Manga

Titre ADN : BORUTO – NARUTO NEXT GENERATIONS

Naruto: Shippuuden a pris fin, mais la succession est directement arrivée en la personne du fils de Naruto, Boruto Uzumaki, un apprenti-ninja qui aime faire ce qui lui passe par la tête au moins autant que son père à l’époque. La série suit son entrée à l’école des ninja, et le lance sur la piste d’un étrange phénomène qui frappe le village caché de Konoha, où des gens perdent soudainement les pédales sans raison apparente.

C’est donc un arc très orienté monster-of-the-week qui ouvre cette nouvelle série dédiée à l’univers du ninja en pyjama, qui souffre d’une intrigue à progression lente et d’un visuel qui en prend progressivement pour son grade. On notera aussi que Boruto: Naruto Next Generations est une série fan-service, dans le sens où presque tous les personnages de l’âge de Naruto ont désormais des gamins, et que l’anime ne se gêne pas pour faire des clins d’œil aux fans du manga dans un peu tous les sens.

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Bien que la série prenne l’agréable initiative de re-présenter les bases de l’univers de Naruto pour les nouveaux fans, si le personnage de Boruto vous intéresse, pour l’instant je vous conseillerais plutôt le film sorti il y a deux ans, qui était vraiment assez réussi (avec notamment une très belle scène de character acting quand Naruto découvre que son fils a triché à l’examen des chuunin). Cela étant dit, ce Boruto: Naruto Next Generations reste un divertissement honnête, et peut se targuer de baser la conclusion de son premier arc sur un petit twist que je n’avais vraiment pas vu venir.

#30: Starmyu 2nd Season

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C-Station | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Titre Crunchyroll : StarMyu

Cette saison, on manquait de vrai anime d’idol, et c’est donc à Starmyu que revient la responsabilité de nous offrir notre petite dose de chant et de danse trimestrielle. Dans cette seconde saison, Yuuta Hoshitani et ses quatre compagnons sont enfin arrivés en seconde année de leurs études à l’académie Ayanagi, prestigieuse académie dont sont sortis les plus grands entertainers du pays. Du coup, bien logiquement, leurs mentors, qui étaient en troisième année à la première saison, ont désormais terminé leurs études. Heureusement, la scénariste de la série a trouvé la bonne excuse pour qu’on puisse les revoir et leur offrir un au revoir dans les règles de l’art: une grande représentation théâtrale, mêlant danse et chant à l’art de la scène, et réunissant les ex-3e année et les nouveaux 2e année.

Mais les places sont limitées pour participer à la pièce, et pendant la majorité de la saison on va donc assister à nombreux entraînements et à des confrontations entre 2e années qui se disputent le même rôle. Il ne se passe à vrai dire dans cette saison pas grand-chose d’exceptionnel, la série se faisant un peu plus dissipée à cause d’un surplus de personnages pas tous utiles. Elle reste toutefois sympathique à regarder et conserve l’élément qui distingue Starmyu du reste : des personnages qui, une fois par épisode, se lancent dans de petites chansons dansées extra-diégétique, des scènes gratuites mais fort appréciables. On notera aussi que les derniers épisodes de la saison, où l’on assiste à la fameuse représentation, sont assez bien fichus, et nous offrent une vraie tension à la fin de l’avant-dernier épisode.

#29: Pikaia!!

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Production I.G & OLM | 13 épisodes de 15 minutes | Original

Non licencié en France

Malheureusement inconnue hors du Japon à cause d’une absence absolue de traduction (officielle ou non) dans la moindre langue occidentale, Pikaia! est une série qu’on pourrait qualifier d’éducative. En effet, à travers une sympathique histoire de science-fiction, l’anime raconte à nos chères têtes brunes ce qu’on pouvait trouver sur Terre durant certaines époques préhistoriques lointaines. La première saison se concentrait en effet sur le Cambrien, et cette seconde saison va permettre à nos héros de visiter des époques un poil plus proches de nous, et un peu plus variées.

Pour replacer le setting, Pikaia! est une série qui se déroule dans une station spatiale orbitant autour de la Terre, Terre qui est devenue inhabitable. Pour trouver une solution à ce problème, le professeur Parker lance un projet visant à explorer les premières ères de la Terre afin de pouvoir analyser les premières formes de vie complexes, et de trouver une façon de ramener de la vie à la planète. Dans cette seconde saison, des changements de poste ont eu lieu au sein de la station, et le responsable du projet est désormais l’ancien assistant de Parker, Morris. Les deux personnages principaux de la première saison sont désormais assistés de leur rivale de l’époque, vont donc pouvoir repartir une fois de plus à la chasse aux shinys au sein de ces ères reculées.

Si je trouve le scénario de cette nouvelle saison un poil moins bien que celui de la première, il me faut saluer la principale nouveauté qui est que, suivant le chemin de la vie sur Terre, les BMS (les armures commandées par les protagonistes) de nos héros vont enfin pouvoir sortir de l’océan et poser un pied à terre. Je ne suis pas du tout spécialiste de la question, mais une fois de plus la série me semble sérieuse et attentionnée dans son attitude documentaire, en tentant de représenter la Terre telle qu’elle était probablement à l’époque sans trop l’enjoliver. C’est agréable, et si on regrette que lors de cette saison il n’y ait que trois ou quatre missions différentes en BMS, on apprécie la variété apportée par cette nouveauté. De plus, et comprenne qui puisse : la série devient à la toute fin un sekai-kei centré sur Pikaia, ce qui me fait doucement rigoler.

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Autre changement, cette fois dans les séquences bonus de Morris, présentes à la fin de chaque épisode et qui servant à chaque fois à expliquer un nouvel élément présenté dans la série, que ça soit une biotechnologie ou une créature préhistorique. Le changement, c’est que dans cette saison il n’y a plus le vrai professeur Parker, celui qui était un vrai universitaire anglais qui nous expliquait à chaque fois des choses avec sa gentille voix inaudible parce que couverte par le doublage japonais. Désormais, on multiplie les scientifiques, les reconstitutions en 3D et autres schémas divers et variés, ça marche mais ça n’a pas le même charme. Bref, la série reste vraiment bien foutue pour les enfants japonais, et même tout à fait regardable pour un adulte.

#28: Ani ni Tsukeru Kusuri wa Nai!

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Fanworks | 12 épisodes de 4 minutes | Manga

Non licencié en France

Le monopole de l’adaptation en anime de manhua n’appartient pas à Haoliners, le ciel en soit loué. Comédie romantique animée avec charme et talent en Flash, Ani ni Tsukeru Kusuri wa Nai! nous raconte l’histoire d’un frère et d’une sœur qui sont tous les deux au lycée. Le frère ainé est un profiteur un peu con, tandis que la petite sœur est une pratiquante d’arts martiaux, dont elle n’hésite jamais à se servir sur son grand frère. Mais si la série joue un peu sur les clichés de la romance incestueuse si chère aux otakus japonais, et si les personnages principaux rappellent fortement Koyomi et Karen Araragi de Monogatari (de la personnalité à l’apparence), l’aspect romantique de la série n’est pas celui que vous pourriez croire : il y est question de l’amour de la jeune sœur pour le meilleur ami de son frère.

Cela étant dit, la série reste avant tout une comédie, bien rythmé, comique mais pas trop, pipou comme il faut, courte, avec un opening par Brian the Sun, et je me vois mal en dire du mal, vraiment. Ça n’est pas incroyable, mais ça se regarde vraiment très bien.

#27: ID-0

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SANZIGEN | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Titre Netflix : ID-0

L’année dernière, au printemps, Netflix s’était mis dans la poche le sympathique Kuromukuro, et cette année aussi le diffuseur / producteur américain a envie d’un peu de mechasse pour fêter le printemps. ID-0 est une série en 3DCG qui nous parle d’un univers où l’extraction minière de météores est une des principales industries de l’espace. La technologie qui rend ça possible est celle des I-Machines, robots où un humain peut transférer un backup de sa conscience pour effectuer des opérations dangereuses dans l’espace. Si l’I-Machine est détruite, l’utilisateur se réveille et la vie continue… à moins qu’il ne soit arrivé quelque chose au corps de l’utilisateur (machine de transfert déconnectée, décès du corps, etc.). Les membres de la compagnie presque-clandestine d’extraction de Grayman sont justement en bonne partie des gens de ce genre, coincés dans une I-Machine pour l’éternité, ce que l’on appelle des Evertrancers.

Cette série originale va principalement nous parler d’un de ces équipiers, l’inidentifiable et mystérieux ID-0, ainsi que de la véritable nature du plus précieux minéral de l’espace. Si le scénario est intéressant et présente pas mal d’idées marrantes, il faut dire qu’il met un peu de temps à vraiment commencer, et se barre vraiment en couille à la toute fin. Pas mal réalisé (j’aime notamment bien les espaces de discussion virtuels), l’anime bénéficie d’un design original signé par l’honorable Range Murata, de goût variable et riche en couleurs pétantes. Quelques discussions intéressantes et quelques scènes d’action cool viennent aussi égayer cette série que je trouve globalement assez riche en bonnes choses mais qui peine à véritablement se trouver une identité cohérente.

#26: Kyoukai no Rinne 3rd Season

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Brain’s Base | Probablement 25 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Manga

Titre ADN : Rinne 3

L’immortelle Rumiko Takahashi est de retour sur les petits écrans japonais pour la troisième saison de l’adaptation de son dernier manga, Kyoukai no Rinne, comédie surnaturelle riche en shinigamis et en arnaques. J’en ai largement parlé au printemps dernier, où la série était alors #20. Pas de grand chamboulement dans cette nouvelle saison sinon l’arrivée d’un nouveau personnage récurrent, une voyante doublée par l’excellente Miyuki Sawashiro. L’humour de la série reste toujours l’humour de Takahashi, qui est un humour auquel on peut ne pas adhérer (j’avoue que ça m’énerve un peu de voir tous ces personnes se nuire les uns les autres sans que ça ne leur apporte forcément le moindre bénéfice), mais le casting reste toujours aussi sympathique, les histoires parviennent à conserver une agréable variété, et bien sûr il y a toujours l’inénarrable Sakura Mamiya, qui témoigne de toutes ces conneries avec sa blaséitude habituelle. Il me faut toutefois le dire, j’ai l’impression que la série s’est pas mal appauvrie niveau visuel : l’animation est parfois indigente, ce n’est pas vraiment moche mais c’est clairement paresseux graphiquement, et c’est un peu dommage.

#25: Atom: The Beginning

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Production I.G, OLM & Signal.MD | 12 épisodes de 25 minutes | Manga

Titre Wakanim : Atom – The Beginning

Remarquée principalement pour un opening doté d’une animation d’une beauté absolue (accompagné d’un excellent morceau d’After the Rain), Atom: The Beginning est une série qui aura eu bien du mal à survivre à la hype de son générique. Pourtant loin d’être inintéressant, l’anime (adapté d’un manga) nous raconte une origin story alternative du célèbre Tetsuwan Atom (Astro Boy) d’Osamu Tezuka. L’idée est la suivante : et si le professeur Tenma (créateur d’Atom) et le docteur Ochanomizu (principal allié d’Atom dans ses aventures) étaient ensemble à la fac ?

Ainsi découvre-t-on dans Atom: The Beginning le labo 7 de l’université de Nerima, occupé exclusivement par ces deux jeunes zigotos, qui continuent à faire des recherches sur la création d’un robot véritablement intelligent. Dans un monde où la plupart des robots sont encore équipés de programmes simples, ceux-ci viennent de créer leur premier robot humanoïde doté d’une IA avancée, A106.

Intéressant dans le fond et exploitant avec soin certains thèmes centraux de l’œuvre de Tezuka, Atom: The Beginning est une série qui souffre surtout d’un assez gros ventre creux où le rythme chute au fil d’épisodes sans conséquence. La belle animation des premiers épisodes a malheureusement un couvre-feu et va devoir rentrer chez ses parents avant la fin de la série, ce qui fait que si l’anime se termine sur plusieurs épisodes d’un tournoi de robo-catch assez réjouissant, ces épisodes se voient grandement rabaissés par l’inévitable comparaison qu’on fera avec les cuts du tournoi présents dans le superbe opening de Bahi JD et de ses potes (et ce malgré un sursaut lors du combat contre Mars). Tout de même intéressante et forte de quelques beaux cuts, la série souffre beaucoup de cette inconsistance à la fois narrative et graphique. Malgré tout, les bonnes choses qui y sont présentées me suffisent à lui octroyer sans problème cette vingt-cinquième place.

#24: Oushitsu Kyoushi Haine

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Bridge | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Ôshitsu Kyôshi Heine

Au royaume des adaptations qui ne rendent pas forcément le meilleur des honneurs à une œuvre vraiment cool, l’anime d’Oushitsu Kyoushi Haine n’est peut-être pas roi mais a au moins une place en conseil des ministres. La série prend place dans le royaume de Glanzreich (très largement inspiré de l’Autriche d’il y a une poignée de centaines d’années), où est convoqué au palais un homme de petite stature nommé Heine Wittgenstein. Celui-ci, doté d’un grand intellect et disposant d’un éventail de compétences extrêmement large, aura pour tâche de servir de tuteur royal pour quatre princes  « à problèmes », pour en faire de dignes héritiers potentiels du trône.

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Le manga, comme l’anime, se penche donc tour à tour sur ces quatre princes qui vont apprendre à faire confiance à cet homme étonnant et empreint de mystère, et travailler sur eux-mêmes, que ça soit par rapport à leur personnalité, leur éducation ou la connaissance de leurs responsabilités en tant que membres de la famille royale. Le manga est fort bien écrit (non, ce n’est pas juste GTO avec un mec classe en guise d’Onizuka) en plus d’être joliment dessiné, et l’anime y est globalement fidèle.

La technique de la série n’est pas folle (le dernier épisode s’est fini à 21 directeurs de l’animation différents, au secours), mais est bien compensée par un fort joli travail de finition sur les couleurs et les ombres. Le vrai problème de la série, c’est que ses producteurs ont jugé bon de donner les rôles principaux à des talento, des acteurs et célébrités japonaises qui n’ont en principe aucune expérience de doublage. Or, autant certains s’en sortent bien (celui de Bruno, notamment), autant d’autres n’ont vraiment pas la même chance. Et je parle là bien du doubleur de Haine, le personnage principal. Si j’apprécie de voir que le personnage ne se soit pas retrouvé avec une voix d’enfant ou, pire, de Yuuki Kaji, le talento qui le joue semble avoir décidé que « personnage calme et posé = il ne faut mettre aucune intonation, du tout, jamais ». C’est assez lourd à écouter, et ça nuit pour moi vraiment à la série.

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Autre remarque, je trouve que l’anime saute à sa conclusion assez subitement, avec un pénultième épisode où les histoires des princes sont squeezées pour rentrer dedans trouver une vague forme de conclusion cohérente, ce qui nous donne des incohérences assez étranges. Je trouve aussi le discours des princes au dernier épisode assez peu convaincant, mais bon. Le fait est que la série est intéressante, a un casting assez attachant et est plutôt plaisante à regarder, mais ces quelques défauts viennent mettre à mal ce qui aurait pu être une série vraiment bien.

#23: Granblue Fantasy The Animation

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A-1 Pictures | 13 épisodes de 24 minutes | Jeu smartphone

Titre Wakanim : GRANBLUE FANTASY The Animation

Vous savez à quoi on reconnaît une production mal gérée ? C’est quand une série se voit décalée sans prévenir une saison plus tard que prévu, et que malgré cette rallonge de temps exceptionnelle elle parvient quand même à se casser la gueule de façon spectaculaire niveau animation. Granblue Fantasy, c’est ça, c’est une série qui avait clairement les yeux bien plus grands que la bouche, et qui pourtant n’avait pas une petite bouche.

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L’anime Granblue Fantasy raconte l’histoire de Gran, un jeune homme vivant dans un monde d’heroic fantasy, et dans la vie duquel l’aventure va entrer par le biais de la découverte en forêt d’une jeune fille mystérieuse nommé Lyria, visiblement recherchée par les gens de l’empire d’Erste. Ceux-ci vont, après une escarmouche, se retrouver à devoir voyager ensemble à travers le monde, à la recherche du père de Gran, qui l’attend sur une île réputée imaginaire.

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L’histoire de la série n’a en fait que peu d’importance, car très classique, et ne trouvant de toute façon pas de conclusion au sein de la série animée. L’important est là plutôt le voyage, et en effet ce qui est plaisant dans Granblue Fantasy, c’est est le sentiment d’aventure, la découverte de nouvelles îles volantes, les combats et tout le toutim. Et pendant un paquet d’épisodes, la série parvient à fonctionner purement grâce à ça : les décors sont superbes, la musiques est belle, l’animation est fine malgré des character designs beaucoup trop détaillés (ce qui est à la fois très beau à voir et absolument insoutenable pour les animateurs), et la série s’offre en plus quelques-unes des meilleures scènes d’action de l’année. La contre-offensive sur Tiamat parmi les débris volants à l’épisode 5 ? Pure merveille. Le dunk de bombe dans la bouche du golem à l’épisode 8 ? Du génie.

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Mais malheureusement toutes les bonnes choses ont une fin, et quand on tente d’être fidèles à des character-designs aussi détaillés, on finit forcément par ne plus avoir le temps pour animer proprement les choses. Ainsi les derniers épisodes (sauf l’épisode 13 qui est un omake et qui avait visiblement était produit avant) se retrouvent-ils perdus dans un océan de cuts finis à la pisse, et véritablement impardonnables. C’est dommage, j’étais prêt à complètement excuser le scénario indigent grâce à la tenue visuelle de la série, mais en l’état je me retrouve sous le coup d’une vilaine douche froide.

#22: Heybot!

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Bandai Namco Pictures | Masse d’épisodes de 24 minutes (troisième cour) | Original

Titre Crunchyroll (en VOSTA) : HEYBOT!

Des comédies, on n’en manque pas cette saison, mais des aussi con que Heybot!, il n’y en a pas des masses. Depuis le début de la diffusion de la série cet automne (où elle avait bénéficié de la 20e place), la série reste un exemple de n’importe quoi qu’il n’est pas simple d’égaler. Une fois de plus, la qualité de la série d’un épisode à l’autre est assez variable (je pense à l’épisode comédie musicale, vraiment faible), mais globalement ce cour s’en sort bien mieux que le précédent, avec par exemple une moitié d’épisode 31 qui fait une parodie hilarante de Mega Man. On y voit aussi le « scénario » « progresser » un petit peu, ce qui est aussi prometteur que triste, car ça me rappelle que la série devra bien finir un jour, et je le déplore.

#21: Aggressive Retsuko

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Fanworks | Plein plein d’épisodes de 1 minutes (cinquième cour) | Mascotte

Titre Sanrio (pour la mascotte, la série n’est pas licenciée en France) : Aggretsuko

On reste dans le domaine des comédies longues et cool que je suis, à ma grande tristesse, le seul à regarder, avec Aggressive Retsuko, la série qui suit une office lady panda roux qui lâche la frustration accumulée au travail en hurlant du death metal. Au printemps dernier, au début de sa diffusion, je l’avais mise en 30e place, et depuis elle me sert de délimiteur à la partie du bilan où on rentre dans les anime que je recommande vraiment. Comme d’habitude, ça sent gravement le vécu, et en plus la série prend la peine de détourner de temps à autres ses propres codes, comme avec le kouhai ou encore l’épisode du mug. Un jour peut-être, Sanrio comprendra qu’il faut absolument sous-titrer tout ça en anglais et le mettre sur YouTube pour que le monde puisse découvrir la série, mais ce jour n’est que trop distant.

#20: Busou Shoujo Machiavellianism

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Silver Link. | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Non licencié en France

Des shounens d’action un peu concons et pas bien réalisés, on en a déjà évoqués pas mal plus haut dans ce classement. Mais voyez-vous, la technique et le scénario ne font pas non plus tout. Bushou Shoujo Machiavellianism se présente sur la piste avec trois arguments qui ont su faire mouche dans mon petit cœur : du style, du fun, et un titre imbitable.

Dans BSM, donc, on suit l’arrivé de Fudou Nomura au sein d’une académie privée un peu particulière, où les filles ont le droit au port d’armes blanches, et s’en servent pour corriger les garçons qui sortent du rang. Parmi elles, les cinq meilleures épéistes occupent le plus statut le plus important de l’école (pensez au conseil des quatre de Kill la Kill, c’est à peu près la même chose), qui leur réserve certains droits, comme celui de décider de qui a le droit de sortir de l’enceinte de l’académie. Nomura étant une forte tête et un garçon qui aime sa liberté (et tient à la garder), il va donc inévitablement vite se retrouver à faire face à l’ensemble de l’académie, à main nues.

L’essentiel de l’anime va donc tourner autour de la bataille de Nomura contre les cinq boss de l’académie (ou même plutôt leur conquête, vu que chaque victoire aura tendance à faire de celles-ci ses alliées), mais aussi de la confrontation de Nomura avec Amou, une jeune femme qui semble régner sur l’académie dans l’ombre, et avec qui il a quelques menus détails à régler.

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Je l’ai déjà dit, mais la série n’est pas bien réalisée, pas plus qu’elle n’est bien animée. Seulement voilà, l’anime est fun à regarder. Nomura est un pur protagoniste de série d’action, disposant d’une large gamme de vannes et de provocations, les épéistes qu’il affronte ont toutes une personnalité bien trempée et bien à elles (dont Kikakujou, qui jure en français et se trimballe avec son dico franco-japonais partout). La série n’est pas non plus trop clichée et s’offre un bon nombre de situations marrantes, bref, je le redis, on s’amuse en regardant ça et on a envie de voir l’épisode suivant. Et franchement, moi, si j’ai déjà ça, je suis content.

#19: Saenai Heroine no Sodatekata

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A-1 Pictures | 11 épisodes de 23 minutes | Light novel

Titre Prime Video : Saekano♭ How to Raise a Boring Girlfriend.flat

L’excellente comédie romantique au bon goût de méta SaeKano est de retour pour une seconde saison attendue, pour ma part, depuis deux ans. Maintenant, si vous connectez ce fait avec cette dix-neuvième place, vous devriez être en mesure de deviner que j’ai été un poil déçu.

Pour rappel, Saenai Heroine no Sodatekata est une comédie romantique centrée sur Tomoya, un otaku qui a pour amies deux créatrices de renom : Eriri Sawamura Spencer, une doujinka talentueuse, et Utaha Kasumigaoka, une autrice de light novel renommée. Un beau jour, il voit en haut d’une colline une belle jeune fille perdant son chapeau, et cette vision qui lui donne l’inspiration de créer quelque chose. Avec l’aide de ces deux créatrices et de cette demoiselle qui s’avère être en fait une fille très ordinaire de sa classe (nommée Megumi Katou), il va donc mettre en marche un projet de visual novel.

La première saison se concentrait surtout sur la création de cette équipe et la pose des bases du projet, tandis que cette seconde saison couvre la fin du projet et ses conséquences. L’une des particularités de la série était d’être une comédie romantique où les personnages, étant eux-mêmes des otakus, étaient conscients des clichés du genre et jouaient avec. Autre aspect fun, le personnage de Megumi, qui est une fille très franche (ce qui donnait lieu à plein de piques très bien senties), était présentée comme une fille manquant d’attrait et presque transparente. Ainsi, la première saison avait un gimmick de storyboarding consistant à la mettre systématiquement juste hors du cadre, gimmick qui est là oublié même si Megumi reste malheureusement jamais au cœur du scénario de la saison (et je suis le premier à le regretter, même si ça fait un peu sens).

Si cette seconde saison conserve des thèmes intéressants (notamment une petite réflexion sur ce que c’est qu’une bonne héroïne), elle pêche fortement par sa narration, ne parvenant souvent pas à bien communiquer ses enjeux (ah bon, la deadline est passée ?), prenant des raccourcis narratifs (hop quelques mois sont passés, merci d’en prendre bonne note), et sombrant dans des questionnements souvent sans queue ni tête (apparemment il y a un problème avec le fait qu’Eriri progresse en tant qu’artiste, mais il y a aussi un souci avec le fait qu’elle ne progresse pas). La scène de la rencontre avec le productrice vers la fin de la série est pour moi un autre raté, avec des réactions exagérées jusqu’au ridicule, et avec en plus la promulgation de l’idée arriérée selon laquelle l’artiste doit se sacrifier, physiquement et mentalement, pour son œuvre. En réponse, un mot : karoushi. Googlez le terme s’il ne vous dit rien.

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CLIN D’ŒIL CLIN D’ŒIL

Bref, problèmes d’ordre scénaristiques mis à part, je regrette aussi de voir que la série perd un peu de son humour à l’approche de la fin du développement, ne nous offrant qu’une poignée de références bien senties (dont une à l’œuvre de Nisio Isin, forcément ça me touche), et assez peu des détournements de clichés qui étaient une grosse partie de ce qui faisait mon affection pour la série. Elle reste toutefois toujours assez bien réalisée et animée très proprement, mais le cœur n’y est plus pour ma part et c’est finalement une saison dont j’ai fini par regarder les derniers épisodes plus par dépit qu’autre chose. Le fait est que ça reste une série assez efficace (selon ce que vous y cherchez) et bien tenue, et que si le thème vous tente vous ne perdrez rien à la regarder, mais c’est pour moi une bien ennuyeuse déception.

#18: Kenka Banchou Otome: Girl Beats Boys

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Project No.9 & A-Real | 12 épisodes de 8 minutees | Otome / Visual novel

Titre Crunchyroll : Kenka Banchô Otome -Girl Beats Boys-

Je crois que je me répète un peu mais les shounen d’action un peu concons, c’est pas comme l’andouillette, blablabla. Certes, mais du coup, que se passe-t-il quand c’est bien fichu ? Eh bien ça peut être très fun, voir figure A.

Kenka Banchou Otome est donc un spin-off otome (si) de la série de jeux de bagarre de voyous japonais Kenka Banchou. Dans cet anime, la jeune Hinako croise dans la rue un garçon qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Celui-ci parvient à la convaincre de prendre sa place au lycée. Ça tourne mal, forcément, puisque son lycée est en fait un bahut fréquenté exclusivement par des délinquants, et où tout un chacun aime bien la bagarre. Ça tourne mal bis : le garçon avec qui elle a échangé sa place est le fils d’une puissante famille de yakuza, ce qui lui garantit d’être la cible de toutes les agressions gratuites que le lycée peut lui offrir. Ça tourne pas si mal que ça : il s’avère que Hinako knows kung fu, et qu’elle est turbo-balèze. Pour le reste, référez-vous au titre de l’anime.

Alors oui c’est un peu con, et à bien y réfléchir je m’aperçois que c’est en fait l’exact inverse de Busou Shoujo Machiavellianism. Sauf que voilà, la série est vraiment bien produite, et se permet des combats d’arts martiaux bien animés et qui se payent le luxe de bien représenter les différents arts martiaux qu’on peut y voir, ce qui est quelque chose de trop rare pour ne pas le signaler. Et pour ne rien arranger, la réalisation est créative, mettant en scène tous les soliloques des personnages au sein de sortes de confessionnaux stylisés, un peu comme si la série était un reportage effectué après les événements. Alors ensuite, certes, la série nous laisse un peu sur notre faim, mais ça n’est que parce qu’on ne peut qu’être enthousiaste en face de cette histoire d’une frêle jeune fille qui casse la gueule de cadors les uns après les autres : on en veut plus ! Mon principal reproche restera toutefois que Hinako ne fonce pas assez dans le tas, préférant généralement discuter avant d’être contrainte à en venir à l’option dite du « lattage de couilles en règles ». Honorable, mais bon.

#17: Yowamushi Pedal: New Generation

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TMS Entertainment | 25 épisodes de 24 minutes (second cour) | Manga

Titre Crunchyroll : Yowamushi Pedal New Generation

Le retour du shounen cycliste où tous les personnages sont de gros poseurs est toujours aussi plaisant à regarder, même si cette saison n’est décidément pas au niveau d’antan. J’en avais déjà pas mal parlé lors du précédent bilan, où elle était à la 16e place. Le fait est que Yowamushi Pedal: New Generation fait beaucoup de foreshadowing en prévision de la quatrième saison d’ores et déjà annoncée, mais qu’au sein de cette saison-ci, elle n’en fait pas grand-chose.

Dans ce cour commence enfin l’Inter-High, et comme la saison ne fait que 25 épisodes (alors que la première en faisait 38), elle se termine assez tôt, avant même la fin du premier jour. Ça reste, je l’ai déjà dit, très sympathique à regarder toutefois, bien qu’un poil tristounet vu que nos héros n’ont pas encore eu l’occasion de bien faire chauffer la gomme.

Cela étant, on ne peut qu’apprécier de voir que la série continue à respecter le sujet que son titre énonce (Yowamushi signifiant « faiblard »), et développe dans les derniers épisodes de la saison, comme à la fin du cour précédent, l’histoire d’un faible qui tente de se dépasser et de lutter contre sa condition de personnage secondaire. C’est bien vu, c’est très cool à regarder, mais j’attends la prochaine saison avec le grand espoir qu’elle nous offre quelque chose de plus trépidant à se mettre sous la dent.

#16: Eromanga-sensei

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A-1 Pictures | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre Wakanim : EroManga Sensei

Est-ce que je vous ai déjà dit ce que je pensais des séries concon ? Non ? Alors retentons.

Eromanga-sensei est une série qui suit un jeune auteur de light novels nommée Masamune Izumi, qui vit seul avec sa demi-sœur, une hikkikomori prénommé Sagiri, dont il est deux ans l’aîné. Un jour, il se rend compte que celle-ci est en fait illustratrice de light novels, et qu’elle est même plus particulièrement l’illustratrice de SES light novels. Travaillant tous deux sous pseudonyme (celle-ci se faisant appeler Eromanga-sensei), ils se redécouvrent ainsi l’un l’autre et vont commencer à renouer leurs liens.

Abrégeons sur ce point, car je dois bien le dire, Eromanga-sensei est une série très con : des personnages aux états d’esprits à progression aléatoire, un personnage principal bien dense, un self-insert évident parfois assez gênant, tout un tas de clichés, etc. Et puisqu’il faut mettre les pieds dans le plat, allons-y : dès le quatrième épisode, Izumi déclare indirectement à Sagiri qu’il est épris d’elle, et si elle lui donne une réponse ambiguë, on voit qu’elle est clairement heureuse de l’apprendre. C’est déjà spécial, mais sachez que la potentielle relation romantique des deux ne progresse pas plus que ça au sein de l’anime. Quand bien même, c’est forcément quelque chose qui va avoir une influence sur votre appréciation de la série, selon si c’est un tag que vous avez blacklisté ou non sur le site au triste panda.

Mais peu importe car voilà, Eromanga-sensei est con comme une chaise, et c’est en fait sa vraie force. Avec un casting riche en personnages sans filtre, qui se comportent vraiment comme ils le sentent, la série se montre riche en situations débiles, échanges malvenus et autres gags pas bien subtils qui marchent vraiment bien. Qu’on apprécie ou pas l’aspect romantique à la one again de cette comédie romantique, le fait est que l’aspect comédie fonctionne à merveille, car on s’y marre franchement. Le gag de la bite au dernier épisode, par exemple, est tordant (j’assume cette phrase complètement), et je dois dire que si je n’ai toujours pas beaucoup d’amour pour Yoshitsugu Matsuoka (le seiyuu d’Izumi), je dois avouer qu’il fait un tsukkomi plus que compétent.

Et pour ne rien arranger, l’anime a le mérite d’être visuellement bien plus que correct. Toujours solide techniquement et avec des décors assez finement dessinés, il bénéficie d’une multitude de cuts de character acting très réussis, notamment pour Sagiri, qui parviennent à donner au personnage une vraie présence (puisque justement, en tant qu’hikkikomori, elle est absente de la plupart des scènes), que ça soit au travers d’adorables danses de joie (pensez aux très bons génériques de la série) ou des scènes un peu plus fines. On signalera aussi que les dessins de Sagiri sont en fait de la main de l’excellente illustratrice coréenne Tiv, plus connue récemment pour son manga Masamune-kun no Revenge. Faut-il le préciser, la série est aussi bien riche en fan-service pas toujours subtil, et c’est un petit euphémisme. En somme, pensez ce que vous voulez du contenu (car il est clairement discutable), mais c’est une série qui a clairement recueilli les efforts de nombreux artistes talentueux, et qui est de ce fait très agréable à regarder.

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Tiv ❤

Cela étant dit, c’est une série con, et du coup quand elle est moins drôle ou moins bien réalisée, vous vous retrouvez avec les yeux fixés sur le plafond (je pense notamment à l’épisode de la plage, qui est vraiment bien nul). Il n’empêche que c’est une série visuellement bien ficelée et globalement drôle à regarder. Que vous en riiez d’un rire moqueur ou d’un rire débile, ça vous regarde, mais tant qu’on se marre, quelle importance, en fait ?

#15: Sakura Quest

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P.A. Works | 25 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Original

Non licencié en France

Pendant que le monde attend avec impatience de savoir si une saison 2 de Shirobako est au programme ou pas, P.A. Works continue sa série des anime dans le monde du travail : après Hanasaku Iroha qui parlait de l’exploitation d’un ryokan (une auberge traditionnelle japonaise) et Shirobako qui abordait donc le fonctionnement d’un studio d’animation, voici venir Sakura Quest, qui s’intéresse à parler de la revitalisation touristique d’une ville de campagne morose.

Sakura Quest, c’est d’abord l’histoire de Yoshino Koharo, jeune femme incapable de trouver un emploi à Tokyo, et qui se retrouve par coïncidence employée pour devenir, pour la durée d’un an, la « Reine » de la petite ville de cambrousse de Manoyama. Elle va y croiser quatre autres jeunes filles avec laquelle elle va travailler d’arrache-pied à trouver et appliquer des idées pour attirer des touristes dans la région.

Là où un Shirobako impose forcément une structure de travail assez concrète et rigide avec laquelle un habile scénariste devra se débrouiller pour garder l’attention du spectateur, Sakura Quest nous présente une approche plus fantasque du travail : les filles errent d’idée foireuse en idée foireuse et passent une bonne partie de leur temps à faire des choses pas bien productives. De fait, la série est assez lente, mais repose sur un casting riche et varié de personnages principaux et secondaires, des thèmes intéressants et clairs (une ville qui se cherche un avenir, des filles qui cherchent leur place dans la société) et une ambiance bien à elle pour nous offrir un fun sage et modéré mais constant, plein de bonnes petites idées mais qui deviendra peut-être pesant si les filles ne se trouvent pas vite un bon projet.

#14: Natsume Yuujinchou Roku

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Shuka | 11 épisodes de 24 minutes | Manga

Non licencié en France

Sitôt la cinquième saison finie (#23 cet automne) que la sixième était annoncée, Natsume Yuujinchou est de retour pour le plus grand plaisir des fans du manga de Yuki Midorikawa. Et si l’exécution de la série n’est pas bien plus éclatante que celle de la dernière saison (on remarque que le studio Shuka ne semble toujours pas avoir la confiance pour assurer 12 épisodes propres de suite), cette nouvelle saison a le bon goût d’adapter des histoires bien plus intéressantes du manga que celles adaptées dans Go.

Un épisode centré sur Reiko (la grand-mère de Natsume), un centré sur un amour impossible entre youkai et humaine, et en général beaucoup d’épisodes posés et mélancoliques qui illustrent à merveille le charme de la série. Pour ne rien arranger, on a le droit à quelques histoires plus longues, qui prennent plusieurs épisodes, et qui les méritent vraiment. Bref, cette sixième saison est un très bon cru de ce que la série fait de meilleur, et c’est une friandise à regarder.

#13: Shingeki no Kyojin Season 2

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Wit Studio | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Wakanim : L’attaque des Titans: Saison 2

Comme je souhaite éviter de spoiler quoi que ce soit d’important, il est un peu dur de parler du scénario de cette nouvelle saison tant attendue de L’attaque des titans. Prenant place peu de temps après les événements de la première saison, elle couvre une possible nouvelle invasion de titans et nous amène à une révélation très importante. Le plus gros atout de la série, à sa voir sa généreuse trame scénaristique, continue à se voir enrichie de nouvelles énigmes qui ne semblent pas prêtes à être résolues de sitôt. La grosse révélation du cour est jouée comme dans le manga (à savoir : étrangement), et quelques flashbacks viennent enrichir le background de quelques persos tels que Christa ou Sasha.

Prenant un certain temps à démarrer, cette saison me rappelle que j’ai en fait assez peu d’atomes crochus avec la série de Hajime Isayama, sa fascination pour le vore, ses personnages secondaires développés juste afin de les faire mourir, son trio de personnages principaux qui n’a pratiquement pas connu de développement depuis les premiers épisodes, son aspect très « edgy », et surtout sa tendance à se dire que l’expressivité, c’est un personnage qui parle avec la voix qui tremble et les yeux écarquillés. Cela dit, j’avoue que si j’ai tendance à trouver le temps long en regardant chaque épisode de Shingeki no Kyojin, je fais là partie d’une minorité, donc tentons de relativiser et de voir les choses peut-être un peu plus objectivement.

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En vérité, la série me semble être au même niveau que la première saison, avec ses quelques tares de rythme (dont un épisode entier où on a juste des keums qui parlent dans un arbre) et sa technique qui prend assez rapidement cher (le titan colossal en 3D très mal intégré, les scènes d’action et/ou de massacre en PowerPoint, etc.), mais avec aussi ce qu’il faut de développement d’intrigue, quelques combats cool, notamment celui de grande ampleur qui survient au second tiers de la série, et quelques scènes bien fichues. Si vous avez aimé la première saison, celle-ci a sans doute toutes les chances pour vous plaire.

#12: Alice to Zouroku

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J.C.Staff | 1 épisode de 44 minutes et 11 de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Alice & Zôroku

Dans ce printemps riche en surprises bonnes comme mauvaises, Alice to Zouroku a l’intéressante particularité d’en être à la fois une mauvaise et une bonne. Surprenante en tout cas, la série nous fait suivre Sana, une jeune fille dotée de pouvoirs très puissants qui parvient à s’échapper d’un établissement où elle était détenue avec d’autres jeunes enfants comme elle. Parvenue en ville, elle croise la route d’un vieux monsieur caractériel nommé Zouroku.

La série animée est à peu près découpée en trois arcs clairs. Le premier, celui de la fuite de l’établissement, voit Sana s’enfuir, rencontrer Zouroku et se battre avec ses poursuivants pour éviter d’avoir à retourner là-bas. C’est un premier arc assez inquiétant pour de mauvaises raisons, qui surprend par une animation très mal corrigée, une 3D vraiment datée, des faux raccords et autres vilaineries qui peuvent prêter à penser qu’on a effectivement affaire à une mauvaise surprise de la saison. Mais que nenni, car non seulement les derniers combats de cet arc sont assez bien storyboardés et plutôt intéressants, mais il reste deux parties tout à fait différentes à la série.

Le second arc commence à l’épisode 6, une fois que les gens de l’établissement sont mis en déroute pour une durée indéterminée. Sana, n’ayant plus de chez-elle, va en venir à vivre chez Zouroku, avec la petite fille de celui-ci, une dénommée Sanae. Zouroku est un vieil homme charismatique (doublé par Akio Ootsuka, ce qui aide, forcément) qui répète souvent qu’il déteste les choses « tordues ». Et une chose tordue, il en a une sous les yeux : si Sana est débarrassée de la menace de l’établissement, elle reste une très jeune fille qui ne sait pas d’où elle vient ou même ce qu’elle est, où elle appartient et si elle a le droit d’appartenir quelque part. Dans cet arc purement slice-of-life franchement adorable et bourré de belles scènes, Zouroku va prendre connaissance du problème et remettre de l’ordre (« détordre », pourrait-on dire) dans la vie de Sana, en lui offrant quelque chose dont elle manquait cruellement.

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Enfin, dans le dernier arc, Sana va trouver une autre fille comme elle, qui va involontairement apporter une menace potentielle à ceux qui lui sont désormais chers. Jugeant que seule elle peut les protéger, elle va tenter de punir ladite fille, ce qui entraine une exploration du pays des merveilles, un monde visuellement plein d’idées et assez captivant à découvrir.

Ainsi, si les premiers épisodes de la série sont assez préoccupants, le reste d’Alice to Zouroku rattrape largement ces faux-pas techniques. Sana est une fillette de moins de dix ans extrêmement crédible et touchante, et les différentes phases à travers lesquelles passe l’anime reflètent assez bien la progression sentimentale du personnage. Zouroku lui-même est un vieil homme de principes, très attachant et qui fait un parfait grand-père ronchon. La série elle-même est riche en scènes et en images marquantes (même hors de Sana, je pense à l’histoire de l’américaine et de son mari), artistiquement réussie, avec de bonnes musiques, à défaut d’être techniquement très propre. Dans tous les cas c’est en fait indubitablement une bonne surprise, et une série comme on aimerait en voir plus souvent, et qui nous parle avec finesse de bien belles choses.

#11: Shingeki no Bahamut: Virgin Soul

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MAPPA | 24 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Jeu smartphone

Titre Prime Video : RAGE OF BAHAMUT VIRGIN SOUL

Après une première série qui a pris pas mal de monde par surprise il y a deux ans de par sa qualité, Shingeki no Bahamut revient avec une suite pas tout à fait directe, sous-titrée Virgin Soul, et centrée sur la jeune Nina, fille de la tribu des dragons. Le monde a changé depuis la fin de Genesis (la première série), et le nouveau roi des hommes a décidé de prendre les choses à bras le corps en menant une guerre contre les dieux et en réduisant les démons en esclavage. Dans cette société nouvelle, les protagonistes de la précédente aventure sont dispersés, et certains ont disparu on ne sait où, tandis que dans la capitale royale, un mystérieux criminel rode en assassinant à tour de bras des marchands d’esclaves. Nina, de son statut de chasseuse de primes, va tenter de mener l’enquête.

C’est donc une nouvelle aventure qui commence dans ce monde d’heroic fantasy considérablement plus sombre que la dernière fois qu’on l’a vu. De découvertes en batailles, les premiers épisodes de la série se montrent bien rythmés et se laissent regarder tous seuls, malgré le caractère simple parfois un peu énervant de Nina. L’animation, bien que pas constante, a aussi plein de belles choses à offrir. Les personnages que l’on connait déjà sont toujours aussi cool, surtout l’excellente Rita, et on s’y retrouve donc bien même si cette saison perd l’aspect buddy movie qui réussissait si bien à Genesis. Toutefois, à partir d’un certain événement, la série perd grandement en rythme et devient assez chiante, même si on peut se réjouir d’y retrouver un excellent personnage. A compter que le rythme de la série revienne à la normale, j’attends avec assez d’excitation de voir ce que le second cour nous réserve.

#10: Re:Creators

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TROYCA | 22 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Original

Titre Prime Video : Re:CREATORS

Trois ans après Aldnoah.Zero, le studio TROYCA s’offre les moyens d’un nouveau projet original, cette fois-ci basé sur un concept de Rei Hiroe, l’auteur de Black Lagoon. Cette histoire, on pourrait en fait la qualifier d’anti-isekai : il n’y est pas question d’un garçon de notre monde qui est expédié dans un autre, mais de personnages d’œuvres de fiction (d’anime, de light novels, de manga et de jeux vidéo principalement) qui se voient expédiés dans le Japon actuel pour le bien des néfastes ambitions d’une mystérieuse femme en uniforme militaire. Toutefois, tous ces personnages n’ayant pas forcément autant envie qu’elle d’amener ce monde à sa perte, certains vont faire leur propre faction et tenter de lutter contre leur kidnappeuse transdimensionnelle. Ça peut sembler un poil bateau à première vue mais, à ma grande surprise, ça fonctionne vraiment pas mal.

Ce postulat de départ original est par la suite exploité avec malice et intelligence (le coup du personnage qui se fait spoiler sa propre vie parce qu’il vient de l’anime et pas du light novel original, je m’en remets pas), et c’est encore une chance puisqu’une grande partie de ce premier cour se compose de débats et d’échanges de théories autour du phénomène qui a permis de rassembler ces personnages dans le monde réel (du coup y’a intérêt à ce que ça tienne la route). Pas de soucis toutefois, le cour dispose aussi de sa dose de combats pas mal foutus, dont le très bon duel opposant Selesia, la protagoniste de light novel mi-fantasy mi-mecha, et Mamika la mahou shoujo (qui découvre alors à sa plus grande horreur l’effet de ses pouvoirs dans un monde où ses adversaires peuvent saigner).

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Protéger.

Bref, ce premier cour de Re:Creators est parvenu à retenir mon attention et à me donner envie d’en voir plus, profitant en plus d’un visuel plutôt propre, d’une bonne bande-son de Hiroyuki Sawano, et évoquant en prime quelques questions intéressantes sur la relation du créateur ou du lecteur / spectateur à la fiction. Tout n’est toutefois pas rose, avec un protagoniste principal clairement à ranger dans la catégorie des gros casse-nœuds, et la présence d’une méchante psychopathe un peu cliché dans le roster. Le plan d’action établi en fin de cour par les personnages pour stopper la grande méchante est assez bien pensé, reste à voir comme tout ça sera exécuté dans le second cour.

#9: Sagrada Reset

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David Production | 24 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Light novel

Titre ADN : SAGRADA RESET

J’aime à décrire cette série comme un mélange inattendu entre Steins;Gate, Monogatari, JoJo’s Bizarre Adventure, Charlotte (en bien) et la situation économique de la Grèce. Malheureusement, les mélanges ambitieux dans ce genre ont la fâcheuse tendance de ne pas recevoir le suffrage de la majorité (comme la pizza hawaïenne). C’est du coup cohérent, puisque presque tout le monde semble avoir ignoré la série, et que ceux qui ne l’ont pas fait semblent l’avoir rapidement droppée. Et autant c’est plus ou moins compréhensible, autant c’est extrêmement dommage. Explications.

Sagrada Reset nous parle de Kei Asai, un jeune homme vivant dans la petite ville de Sakurada, ville qui a une amusante particularité : tous ses habitants disposent de pouvoirs spéciaux. De plus, par on ne sait quel mécanisme, toute personne repartant de la ville perd automatiquement la mémoire (et donc l’usage) de ce pouvoir. Kei, lui, a pour pouvoir une mémoire absolue. Malin et prompt à établir des plans élaborés, il découvre un jour le pouvoir d’une de ses camarades de classe, Misora. Celle-ci est capable de sauvegarder un moment dans le temps, puis dans les trois jours suivants d’effectuer un reset, ramenant le monde à l’état dans lequel il était au moment où elle a sauvegardé (ses souvenirs de ce qui a eu lieu avant étant également reset, bien entendu). Or, le pouvoir de Kei lui permet de garder en mémoire ce qui s’est passé avant le reset. Ceux-ci vont donc en venir à faire équipe et à résoudre ensemble des affaires pour le compte de l’organe administratif pas très net en charge de la gestion des pouvoirs des bonnes gens de Sakurada.

Sagrada Reset est une série qui a de nombreuses qualités (presque toutes relatives à son écriture), mais la première qui me vienne à l’esprit, c’est son utilisation des pouvoirs spéciaux. Non seulement la série est pleine de pouvoirs très créatifs, mais ceux-ci sont toujours utilisés de façon extrêmement intelligente et cohérente. Rien ne sort du chapeau, Kei compose avec les cartes qu’il a pour résoudre toute situation problématique avec finesse, ce qui ne l’empêche pas de recourir parfois à des solutions très extrêmes. Je pense bien sûr à l’incroyable conclusion de l’affaire de la traque du McGuffin, aussi choquante que bien trouvée.

Tant qu’on y est, continuons sur notre lancée : Sagrada Reset est une série très bien écrite et où peu de choses sont laissées au hasard. Ça veut dire que toutes les informations que vous allez voir ou entendre dans la série risquent à un moment à servir à quelque chose, comme autant de fusils de Tchekhov dissimulés en pleine vue, et que donc vous devez être assez attentif, car les épisodes sont denses en informations. Toujours dans cette logique, les personnages ont tendance à être très rationnels, se perdant rarement en éclats d’émotion inutiles, ce qui donne à la série un style très particulier qui peut ne pas vous plaire, mais que je trouve très intéressant.

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Même devant vos tweets ils restent impassibles, c’est dingue.

Le truc qui va le plus rebuter est par contre assez simple : c’est que la série est visuellement très plate. Animée de façon purement fonctionnelle et réalisée de façon minimaliste, Sagrada Reset ne vous offre que de rares jolis plans pour vous nourrir l’œil. C’est un choix étonnant, qui personnellement ne me gêne pas mais fait que, forcément, la série n’est pas extrêmement attirante, et que ceux qui tenteront l’aventure auront vite fait d’abandonner avant même la fin du second épisode. J’ai envie de vous dire, si vous vous sentez prêts à faire avec, tentez d’aller au-delà de cette austérité visuelle, pour découvrir une série extrêmement bien pensée, riche en énigmes et en idées, et où tout semble avoir un sens. Ah, et le personnage de Misora est une kuudere doublée par Kana Hanasawa, ce qui peut carrément vous aider à faire passer la pilule.

#8: Nobunaga no Shinobi: Ise Kanegasaki-hen

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TMS Entertainment | Pas assez d’épisodes de 4 minutes (premier cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : Nobunaga no Shinobi (Saison 2)

Chidori est déjà de retour pour une seconde saison de Nobunaga no Shinobi (#10 au bilan de l’automne dernier). Là où le précédent cour se concentrait un peu trop à mon goût sur les détails de la progression des armées de Nobunaga, ce cour rend la part belle à Chidori tout en continuant à parcourir les personnalités et les batailles marquantes de l’époque, trouvant à mon goût un bien meilleur équilibre que la première saison dans son ensemble à ce niveau-là. Qui plus est, la fin du cour s’offre un étonnamment bon combat ponctué de quelques lignes de dialogue touchantes entre deux vannes.

Bref, Nobunaga no Shinobi continue à péter le game d’un peu tout sans sourciller, et à ce point-là ça n’est presque plus une surprise.

#7: Little Witch Academia

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Trigger | 25 épisodes de 24 minutes (second cour) | Original

Titre Netflix : L’académie des petites sorcières

Après un premier cour sympathique mais limité (#18 au dernier bilan), Little Witch Academia continue à développer ses storylines tout en ajoutant au casting une nouvelle prof de magie au design rappelant à peine une certaine série. Mais si l’anime parvient finalement à ne pas trop mal raccrocher ses wagons, son scénario dans son ensemble ne décolle jamais vraiment.

Ce qu’il faut vraiment retenir de ce second cour, c’est plutôt tout un tas d’épisodes individuels bien plus forts que ce qu’on pouvait trouver jusque-là dans le premier cour, entre l’aventure à l’académie des gentlemen, l’épisode de Constanze, ou bien entendu l’excellent dernier épisode, qui à lui seul fait oublier un grand nombre des errances de la série. Ainsi, si celle-ci est loin d’être au niveau où on aurait pu l’attendre, on en ressort absolument ravi par ce qu’on a vu, et enchanté par l’incroyable sympathie qu’évoque cet univers et cet excellent casting des petites sorcières.

#6: Tsuki ga Kirei

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feel. | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Titre Crunchyroll : Tsuki ga kirei

Si la romance est un thème (et un genre) on ne peut plus commun de l’animation japonaise, il est une sauce à laquelle elle n’est que trop peu souvent arrangée : l’authenticité. Ainsi, dans Tsuki ga Kirei, adieu triangles amoureux, adieu promesses d’enfance ramenées sur la table dix ans plus tard, adieu petites sœurs. Il est ici question de l’ordinaire mais adorable relation amoureuse qui naît entre deux jeunes japonais normaux.

Nous avons d’une part Kotarou Azumi, un garçon timide et passionné de littérature qui aimerait devenir romancier. De l’autre part, nous avons Akane Mizuno, une fille anxieuse (inséparable de sa mascotte anti-stress), membre du club d’athlétisme ainsi que de la classe dudit Kotarou. Au cours d’une activité scolaire, les deux échangent leur adresse LINE (LINE étant une application de messagerie extrêmement populaire au Japon), et vont à partir de là commencer à échanger. Comme le fait très justement remarquer Amo dans son article sur la série, c’est une série moderne qui utilise le smartphone comme ce qu’il est aujourd’hui, à savoir un outil qui permet de développer, et parfois même de créer, des relations qui n’auraient possiblement jamais pu exister ou subsister sans.

Ainsi voit-on petit à petit progresser cette relation amoureuse bourgeonnante avec un enthousiasmante débordant : chaque pas en avant que prend l’un en direction de l’autre provoque en moi l’hilarité que provoquerait chez un fan de football un but de son équipe favorite dans un match important. La réalisation de la série met l’accent sur les détails, et notamment sur les expressions des personnages, leurs temps d’hésitation et autres petits points cruciaux qui font que ceux-ci sont extrêmement crédibles et compréhensibles : on lit sur leur visage ce qui les préoccupe et ce qu’ils aimeraient faire quand ils interagissent directement ou indirectement.

Si ce soin du détail est tout à l’honneur de la réalisation, il faut toutefois préciser que la série est loin d’être sans reproche au niveau visuel : des problèmes de production plus ou moins clairs viennent vite pointer leur nez, mais le truc qui saute vraiment au visage, ce sont les immondes foules en 3D qu’on trouve partout dans la série, et qui sont particulièrement regrettables. Cela étant dit la série conserve toujours des décors très réussis, et cultive un tendresse visible pour l’utilisation d’insert songs pour souligner les meilleures scènes. Ainsi, si la technique n’est pas forcément au rendez-vous, je n’aurais pas de mal à parler de réussite artistique pour désigner cette série qui prouve à quiconque aurait eu besoin de l’entendre qu’il n’y a pas besoin de se distancier de l’ordinaire pour produire quelque chose de beau.

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Dernier point, j’apprécie assez les omake présents à la fin de la plupart des épisodes et montrant les autres relations amoureuses présentes dans la classe, des relations qui ne sont sinon présentes dans la série qu’en toile de fond. C’est à la fois drôle et mignon, mais d’un autre côté rien de tout ça n’arrive à la cheville de l’épilogue du dernier épisode, qui est garanti létal pour les personnes sensibles à l’adorable.

#5: Boku no Hero Academia 2nd Season

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Bones | 25 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Manga

Titre ADN : My Hero Academia Saison 2

De retour un an pile après une première saison franchement décevante (#16 le printemps dernier), l’anime Boku no Hero Academia entame là une seconde saison pas beaucoup mieux rythmée (un peu quand même) mais tellement mieux produite qu’on est tenté de tout lui pardonner. Adaptant l’incontournable arc du tournoi des sports du manga, la série se paye le luxe d’une animation soignée et riche en grands moments.

Et parmi ceux-ci, impossible de ne pas penser à la fin absolument malade du combat contre Todoroki, qui nous est offerte par un Yutaka Nakamura clairement possédé par une force supérieure au-delà de notre compréhension. A l’image de l’arc qu’il couvre, ce cour est un petit festival pour les yeux, que peu de choses viennent entacher.

#4: Tiger Mask W

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Toei Animation | 38 épisodes de 23 minutes (troisième cour) | Original (manga)

Non licencié en France

Restons dans le shounen de baston avec mon petit chouchou récent du genre, la dernière mouture de la licence de catch d’Ikki Kajiwara : Tiger Mask W. Classé #15 cet automne et étant resté dans le top 20 depuis, la série se payait jusque-là autant de très bons épisodes avec de purs combats, que d’autres épisodes à l’autre bout de l’échelle qualitative. Or, si ce troisième et, malheureusement, dernier cour de Tiger Mask W a quelques difficultés à redémarrer, il parvient à sa destination en évitant de nous offrir le moindre épisode honteux sur le chemin. Mais si ce n’était que ça, est-ce que ça mériterait vraiment une place en bas du podium ? Pas tout à fait.

Dans ce dernier cour, un tournoi final est donc organisé pour mettre fin à la rivalité entre New Japan Pro Wrestling et Global Wrestling Monopoly sur le territoire japonais. C’est enfin l’occasion pour Tiger Mask d’affronter à nouveau son ennemi juré, Tiger the Great. Le tournoi est très plaisant à regarder (comme tout le reste de Tiger Mask W), mais n’offre pas non plus quoi que ce soit d’exceptionnel par rapport aux premiers cours (ce qui veut dire que c’est déjà à un très bon niveau)… jusqu’aux deux derniers épisodes.

L’avant-dernier épisode est en effet le théâtre d’un affrontement final d’une férocité et d’une brutalité inouïe, entre deux catcheurs qui vont au bout de leur haine réciproque en enchainant les coups assassins, soutenu par une animation d’une intensité saisissante. Digne des plus grands combats finaux de shounen, cet épisode donne tout pour nous faire croire au combat de deux véritables fauves du ring, cherchant à se neutraliser définitivement l’un l’autre avant que le son de la cloche ne les en empêche.

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Mais ce n’est là que l’avant-dernier épisode. Le dernier épisode, lui, nous offre une excellente conclusion, à la fois comique et très bien sentie, mettant au centre du ring les femmes de la série pour notamment lancer la carrière de Haruna. Mais le fait de voir se conclure cette réjouissante storyline (où Haruna, la manager de Tiger Mask, se met au catch) ne suffit pas : l’épisode se paye le luxe d’un excellent storyboard empli de créativité, et d’une animation très expressive, jusqu’à un combat doté de quelques cuts d’action à couper le souffle. Cet épisode final d’une excellence inattendue est principalement l’œuvre de Koudai Watanabe, un jeune animateur qui monte au sein de Toei Animation. Etant donné l’intelligence et le talent dont il fait preuve pour ce dernier épisode, j’ai très hâte de le voir hériter de son propre projet. En effet, si Toei Animation est certes une grosse machine, le studio offre régulièrement de la place à ses jeunes créateurs pour qu’ils s’expriment et montrent leurs talents. C’est un fait dont cette excellente série témoigne au fil des épisodes, et qui ne pouvait pas rêver meilleure conclusion.

#3: Seikaisuru Kado

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Toei Animation | 12 épisodes (13 avec l’épisode 0) de 24 minutes | Original

Titre Crunchyroll : KADO : The Right Answer

Mais ne raccrochez pas, puisque voici déjà une autre série originale de Toei Animation. Première série du studio à être animée en grande majorité en 3D, Seikaisuru Kado nous raconte l’histoire d’une rencontre du énième type entre l’humanité et un être venu d’ailleurs, vivant dans un gigantesque cube de composition inconnue, qui est apparu sans prévenir au beau milieu des pistes de l’aéroport de Haneda. Travaillant en tant que négociateur pour le ministère des affaires étrangères japonais, Koujiro Shindou va par coïncidence être le premier humain à rencontrer cet être nommé Yaha-kui zaShunina, et servira par la suite d’intermédiaire entre l’humanité et celui-ci. Cet être se propose en effet d’aider la race humaine par le biais plusieurs « cadeaux » successifs, des artefacts défiant les lois de la physique et ouvrant à l’humanité des perspectives nouvelles.

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L’anime nous offre ainsi une approche captivante, d’abord sérieuse et bureaucratique, de la rencontre de l’humain avec une forme de vie inconnue et visiblement supérieure. Rythmé par des discussions et des débats intelligents et régulièrement alimentés par de nouvelles révélations de zaShunina, Seikaisuru Kado nous offre un récit dense et riche en sujets aussi variées que passionnants, malgré quelques maladresses d’écriture (saviez-vous que le Japon était le pays avec le plus de Cœur™ au monde ?). Par exemple, quelles sont les implications des nouvelles technologies offertes par cet « alien » au monde sur l’économie ? Est-ce que l’intervention de cet être supérieur dans les affaires de la Terre est forcément une bonne chose pour l’évolution de l’humanité ? La traduction des idées en une langue provoque une perte de sens, mais quel compromis de sens peut être jugé acceptable ?

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Malheureusement, sur la fin, la série se désavoue quelque peu en établissant un antagonisme qui me semble assez malvenu par rapport aux idées de la série, notamment le concept éponyme de la « bonne réponse ». Shindou propose en effet durant l’épisode 0 (qu’il est assez important d’avoir vu pour apprécier la série, et qui exploite d’ailleurs un amusant parallèle entre son sujet et son exécution, que je vous laisse découvrir) que pour un négociateur, il n’y aie pas de « bonne » réponse. Ainsi, il me semble malvenu de mettre en scène un clair antagoniste, qui a 100% tort, et qui n’était pour moi pas nécessaire à l’intrigue, surtout que ses motivations ont un petit côté « voleur de vaches » assez spécial.

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Malgré cela, la série m’a énormément plu pour son approche très réfléchie des sujets qu’elle aborde, et ce même si on peut se dire qu’un certain nombre d’entre eux sont survolés. Esthétiquement réussie (le Kado, représenté par un mandelbox, est superbe), intelligente, atypique, pleine d’idées, Seikaisuru Kado est une série que j’ai trouvé passionnante à regarder, et qui, si elle ne parvient pas forcément à la réponse que j’aurais attendue, est indiscutablement à voir.

#2: Shuumatsu Nani Shitemasu ka? Isogashii desu ka? Sukutte Moratte Ii desu ka?

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Satelight & C2C | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre Crunchyroll : SukaSuka

Mais la plus belle surprise de la saison, c’est indubitablement cette série qui vient en douce rabattre le caquet de tous ceux qui avaient tendance à se moquer des titres de plus en plus longs des light novels, moi compris. Dans un monde où l’humanité s’est éteinte il y a 500 ans, le récit suit Willem, un homme, héros de la guerre qui a mis fin à son espèce, ayant seulement survécu grâce à une malédiction qui l’a plongé dans un coma magique avant la fin de la guerre. Depuis, la Terre est hantée par d’horribles monstres quasiment invincibles, et les nouvelles races qui ont remplacé l’humanité vivent en sécurité, ou presque, sur des îles flottantes.

Dans tout ça, Willem se voit offrir un poste étrange : il devient le gardien d’un établissement où vivent des jeunes filles de la race des Leprechaun. En vérité, ces filles sont des armes vivantes à la longévité limitée (une quinzaine d’années tout au plus), qui sont désormais les seules à pouvoir encore utiliser les armes enchantées des humains, les Dug Weapons. Ces filles, Willem va devoir gagner leur confiance et les prendre en charge, jusqu’à l’inévitable jour où celles-ci seront envoyées à la guerre, guerre dont elles ne sont pas censées revenir en vie.

La première originalité de Shuumatsu Nani Shitemasu ka? Isogashii desu ka? Sukutte Moratte Ii desu ka?, c’est donc qu’il ne montre pas tant des combattants (Willem étant désormais incapable de manier une Dug Weapon) qu’un parent qui voit ses enfants et ses proches envoyés à la guerre, thématique rare autant qu’intéressante. De ce fait, les batailles contre les monstres sont montrées assez succinctement. Développant avec subtilité un univers touffu (sans mauvais jeu de mot) et visuellement très réussi, la série met au premier plan le développement d’une relation romantique entre Willem et Chtolly, l’aînée de ces Leprechaun, qui se rapproche inexorablement de la fin de sa vie et commence à voir se manifester en elle d’étranges symptômes.

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SukaSuka, pour employer son petit nom, est une série assez posée, visuellement réussie (autant dans ses décors que dans son animation, comprenant aussi de très beaux cuts de combat) et bien réalisée qui parle de guerre autrement, ainsi que de la nature d’un monde qui est la conséquence de ce qui ressemble fort à la bad end d’un J-RPG. Subtile, fraiche et marquante, avec son lot de scènes fortes, c’est une série qui cache quelques twists et qui parvient à merveille à remplir son rôle premier en tant qu’adaptation : nous offrir une histoire qui tient très bien debout tout en nous faisant mourir d’envie de lire le light novel pour découvrir son univers en détail.

#1: Uchouten Kazoku 2

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P.A. Works | 12 épisodes de 24 minutes | Roman

Titre ADN : The Eccentric Family – Saison 2

Un miracle a eu lieu, Uchouten Kazoku a eu droit à une seconde saison, et elle est au moins aussi bien que son aînée. Adaptée du second volume de la série de romans de Tomihiko Morimi (qui est aussi l’auteur de Yojouhan Shinwa Taikei, aka The Tatami Galaxy) et profitant de character designs originaux de l’excellent Kouji Kumeta (Sayonara Zetsubou-sensei, Joshiraku), la série prend la suite directe de la première saison et nous ramène à cette étonnante version de Kyoto, où tanukis et tengus vivent parmi les humains depuis des temps immémoriaux. On y suit le facétieux tanuki Yasaburou, qui passe son temps à s’occuper du vieux tengu responsable de la région et du reste de son excentrique famille, en respectant à la lettre le motto de celle-ci : « une chose amusante est une bonne chose ».

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Uchouten Kazoku, première comme seconde saison, est en fait une série qu’il n’est pas simple de vendre tant elle demande à être vue pour être comprise et appréciée à sa juste valeur. Ce qu’elle vous propose, c’est de découvrir un Kyoto fantasmé, empreint de tradition et de magie, où deux familles de tanuki (qui sont des petits mammifères capables de se transformer en quoi que ce soit, et notamment en humains) se tirent fièrement la bourre et où rivalités et amitiés se tissent au fil des épisodes. Profitant d’une apparence visuelle pleine de caractère et d’une bande-son de grande qualité (le thème du Nidaime, holalalala), la série tire sa force de tout un tas de scènes fortes et composées avec un grand soin, de dialogues interprétés avec entrain et justesse, et d’un casting de personnages hauts en couleurs comme peu d’œuvres peuvent se targuer d’avoir.

Cette seconde saison développe toute une gamme de fils rouges divers et variés qui participent tous ensemble à la composition d’une conclusion très bien amenée. Parmi ceux-ci, on peut citer : le retour du fils prodigue du tengu local, l’élection du Nise-emon, la disparition du traître Souun Ebisugawa, les fiançailles de Yaichirou, le travail sur lui-même de Yajirou, et la nature de l’inquiétant Tenmaya. Aussi riche que la première saison en excellentes scènes, cet Uchouten Kazoku 2 nous emmène des cieux aux enfers (littéralement) et se montre réalisé et animé avec talent, finement écrit et, bien entendu, si incroyablement enthousiasmant qu’il justifie pleinement que je sois aussi dithyrambique à son sujet. Et en bonus, vous savez quoi ? L’épilogue de la série est adorable. Vraiment, vraiment, regardez Uchouten Kazuoku, c’est un plaisir de tous les instants.


Voilà qui sera tout pour cette fois-ci. Les réclamations sont bien entendu à adresser à l’adresse AOL qui suivra peut-être. Blague à part, je me doute que vous n’avez pas forcément le même classement parmi les séries que vous avez vu, et je suis en fait assez curieux de savoir quel est le vôtre. Ainsi, n’hésitez pas à me donner votre classement perso, vos avis ou vos remarques dans les commentaires qui se trouvent pas loin (plus que quelques scrolls vers le bas et vous y êtes).

C’est un peu tout ce que j’avais à dire pour le moment de cette saison. Je vais pouvoir enfin me lancer sur les séries de l’été, qui m’ont l’air pleines de promesses. Je rends l’antenne, à vous les studios, et à dans trois mois pour le prochain bilan, ou à bientôt pour d’autres billets.

3 réflexions sur “Printemps 2017 : Le Bilan

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