Été 2017 : Le Bilan

Il est amusant de penser que, si l’introduction est là où vous commencez (normalement) à lire ce billet, elle est en l’occurrence cette fois la dernière partie à avoir été écrite. En effet, dans un souci de productivité, il a été jugé plus malin de se mettre à écrire directement plutôt de se casser la tête pendant une heure à trouver une introduction. Et pourquoi je vous en parle ? Parce que je trouve ça intéressant de montrer un peu les coulisses de l’écriture de ce bilan. Et certainement pas parce que je ne trouvais décidément aucune idée de comment introduire un billet parlant de l’été le 20 novembre, alors que de la neige était en train de tomber dehors.

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Vous moquez pas, il y a des raisons tout à fait valables au fait que ça sorte aussi tard.

Vous commencez peut-être à connaître la musique puisque ça fait deux ans que je fais ces bilans, donc enchaînons : nous allons ici parler de la saison d’été de l’animation japonaise. Vous vous souvenez peut-être que pour le pronostic de la saison, j’avais été assez enthousiaste, plein d’espoir, presque optimiste. Mais le futur a refusé de changer, la malédiction de l’été a à nouveau frappé, et on sort de cette saison avec pas un ratio de bonnes séries pas dingue. Mais des bonnes séries, il y en a, et des choses à en dire, il y en a au moins autant. Alors avançons.

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Pour ceux qui ne connaissent pas le concept, ce bilan a pour objectif de vous présenter, de façon aussi exhaustive que possible (mais pas forcément très objective), les séries animées japonaises diffusées cette saison, de vous dire ce que j’en retire et d’essayer de les classer de la moins bonne à la meilleure. Bien entendu, les séries traitées peuvent être très différentes les unes des autres en genre, en ton et en format, donc malgré tous mes efforts, le classement tout seul n’a pas forcément de sens. Ainsi, n’hésitez pas à lire aussi ce que j’en dis pour savoir ce que ça vaut concrètement. Ou, mieux encore, à regarder la série et à vous faire votre propre avis.

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Ne soyez pas de vils haters, et je vous aimerai peut-être un jour comme ces deux-là s’aiment.

Enfin, un petit rappel des termes et conditions de ces bilans : je ne parle que de séries que j’ai vu du premier au dernier épisode (et si la série n’est pas finie, jusqu’au dernier épisode diffusé en date du 30 septembre). Par ailleurs, dans le cas de séries ayant commencé leur diffusion avant cet été, je ne les jugerais et classerai qu’en fonction des épisodes de cette saison. Voilà qui couvre un peu tout, on va pouvoir passer aux 68 séries de ce bilan (dont une série ONA).

Mais d’abord, je voudrais vous donner un référentiel utile pour apprécier ce bilan, une petite stratification des séries présentées. Tout bêtement, les séries #1 à #7 sont celles que je vous recommande sans hésiter, celles de #8 à #20 sont celles que je recommande mais pas forcément à tout le monde, celles de #21 à #61 sont des trucs que je ne recommande pas vraiment mais qui ont de l’intérêt, et celles qui restent, vous pouvez les oublier. Dernier rituel à honorer avant de passer aux choses sérieuses, saluons les séries qui ne seront pas présentes dans ce bilan

Les absents

Comme d’habitude, je n’ai pas trouvé le temps de rattraper toutes ces séries longues que j’aimerais regarder, donc aucune série n’ayant commencé sa diffusion avant cet été ne sont dans le bilan à part celles qui étaient déjà dans le précédent bilan. En gros, pas de Pokémon, pas de Detective Conan, pas de One Piece, pas d’Aikatsu!, pas de Dragon Ball Super et d’autres, et si vous êtes déçus qu’ils ne soient pas dans ce bilan, dites-vous bien que j’en suis plus triste encore. Un jour, j’aurais un mois à consacrer à me marathoner tout Precure et je serai aux anges, mais le jour n’est pas encore venu.

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Eh oui, il y a des trous dans ce billet.

Quant aux séries qui ont effectivement commencé cette saison mais que je n’ai pas trouvé de moyen de voir, elles ne sont pas trop nombreuses cette fois-ci puisqu’il y a juste Marvel Future Avengers, Catchy-kun no Nice Catch!, PJ Berri no Mogumogu Munyamunya Season 2, Hinomaru!, Yura Yura Suizokukan, Yukai na Animal Bus 2nd Season, Fuwafuwa Hour: Pui Pui & Muu Muu et Stone Age. Qui plus est, notez que je ne traite pas non plus The King of Fighters: Destiny parce qu’il s’agit d’un ONA chinois (et que ça me faisait pas envie, surtout), et que Dream Festival! R sera traité cet automne parce que même si la moitié de ses épisodes sont sortis cet été sur Crunchyroll, sa diffusion télévisée a véritablement commencé début octobre.

Les bornes sont posées, la route est devant nous, on est partis pour un petit road trip estival.

#68: Musekinin Galaxy☆Tylor

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Seven | 12 épisodes de 4 minutes | Original (light novel)

Titre Crunchyroll : The Irresponsible Galaxy Tylor

N’allez pas me demander d’écrire une thèse sur le sujet, mais je pense qu’il existe une sorte de fascination autour de la nullité. Parfois plus même que l’on aime mettre en avant des créations de qualité exceptionnelle, on adore mettre en avant le mauvais et le risible. De la culture du kusoge au Japon à la sortie prochaine de The Disaster Artist aux États-unis, c’est un fait qui traverse cultures et frontières : le nul est charmant, le mauvais, attachant. Mais même le mauvais a sa fierté, et les séries que j’aime à placer en dernière place de mes bilans ont généralement le mérite d’avoir essayé quelque chose. Ce n’est pas, ici, le cas.

Musekinin Galaxy☆Tylor est une série courte qui reprend à vil dessein le nom de l’honorable série Musekinin Kanchou Tylor de 1993. Tentant de réinterpréter à sa sauce des personnages et des gimmicks qu’elle ne fait même pas l’effort minimal d’essayer de comprendre, la série nous crache au visage douze épisodes aussi mal écrits qu’ils sont animés et doublés. On y suit une sorte de descendant de Tylor qui rencontre une descendante d’Azalyn, avec qui il va partir à l’aventure. La reste, j’ai préféré oublier.

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Vous voyez, je n’ai pas vraiment grand-chose d’autre à en dire tant il n’y a rien à en tirer. Gênante à regarder de part en part, la série se paye en prime l’ultime ridicule d’un récapitulatif des événements de la série originale… avec ses propres visuels, hideux – et en en profitant pour vous spoiler la fin, si vous n’aviez pas lu les light novels (et non, il n’y a pas prescription, arrêtez avec ça). Bref, que vous ayez vu la série de 1993 ou pas, Musekinin Galaxy☆Tylor est une croûte pénible et inintéressante, et ça m’attriste un peu de devoir commencer ce billet par-là.

#67: Clione no Akari

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drop | 12 épisodes de 9 minutes | Roman web

Non licencié en France

On reste dans le domaine des anime courts avec une série qui semblait pourtant partir de bien meilleures intentions, et sans doute même de trop bonnes intentions. Clione no Akari nous raconte en effet l’histoire de Minori, une jeune fille dont la vie n’est décidément pas follement joyeuse : victime de harcèlement constant par ses camarades de classe (de l’ijime), elle est aussi maladive et orpheline. Mais dans sa classe, il y a deux autres enfants qui, s’ils n’osent pas se lever pour s’opposer au harcèlement qu’elle subit, lui sont sympathiques. Elle va se lier d’amitié à eux avant de disparaître un beau jour, admise sans prévenir dans un hôpital d’une autre ville.

Tout ça, mis en scène et écrit avec intelligence, aurait tout à fait pu donner une série touchante et émouvante. Il n’en est toutefois rien puisque la série a décidé de suivre la voie modérément supportable du mélodrame bavard. Toute la narration se fait à travers les états d’esprit pseudo-lyriques des deux amis de Minori, tous deux trop occupés par leur mélancolie imagée et leur autoflagellation passive pour faire quoi que ce soit de constructif. Pour ne rien arranger, la série est particulièrement lente à s’installer (la disparition subite de Minori, qui est dans le synopsis officiel de la série, ne survient en fait qu’à l’épisode 8), ce qui rend l’expérience de visionnage plus éprouvante encore.

Histoire de compléter le tableau des bien trop nombreuses tares de la série, il faut aussi dire que presque tous ses personnages sont doublés par des jeunes célébrités japonaises (des talento) sans la moindre expérience de doublage, et que ça s’entend. Bref, mal réalisée, mal jouée, mal écrite, et laide en prime de ça, Clione no Akari est une série qui tente de sortir les violons pour un oui ou pour un non, et qui pourtant n’a même pas les moyens de louer l’archet.

#66: Battle Girl High School

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Silver Link. | 12 épisodes de 24 minutes | Jeu smartphone

Titre ADN : Battle Girl High School

Si l’habit n’est pas censé faire le moine, il faut bien dire qu’il peut être un indice. En effet, comme pouvait le laisser prévoir son titre, Battle Girl High School n’est pas une série d’une originalité folle. D’ailleurs, elle n’est tellement pas originale que je vais avoir du mal à vous dire quelque chose de neuf tant la série ressemble comme deux gouttes d’eau à Schoolgirl Strikers: Animation Channel (#42 du bilan de cet hiver).

Pour s’économiser à tous du temps, faisons la liste des similitudes : adaptation de jeu smartphone, casting féminin bien trop large, combats en équipe contre des envahisseurs impersonnels venus d’ailleurs, une héroïne qui vient d’on-ne-sait-où-mais-qui-en-sait-plus-sur-les-méchants-qu’elle-ne-devrait… En vérité, s’il n’y avait pas eu les deux-trois derniers épisodes, je serais sans nul doute sorti de Battle Girl High School sans l’ombre d’un souvenir précis d’aucune de ses héroïnes ou de ce qui s’est passé dans le moindre de ses épisodes. On en est à ce niveau-là d’insipidité. Pre-mâché, pré-écrit, pré-visionné et pré-visible, Battle Girl High School est d’une médiocrité totale, et ne parvient en douze épisodes jamais à justifier sa propre existence.

#65: The Reflection

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Studio Deen | 12 épisodes de 25 minutes | Original

Titre Crunchyroll : The Reflection

Peut-être faudrait-il finir par laisser Stan Lee tranquille, un jour. À 94 ans, le co-créateur de la plupart des personnages les plus importants de l’univers des comics Marvel a probablement mérité une retraite calme, et un peu de tranquillité, sans qu’on vienne lui proposer toutes les trois secondes de signer de son nom tout un tas de projets dont il n’a probablement que foutre, dont des projets japonais tels que la sympathique série animée Heroman, mais encore ce The Reflection.

Dans le monde de The Reflection, un événement éponyme donne à tout un tas de gens des pouvoirs spéciaux. Les années passent, et dans la société apparaissent des tensions, et un sentiment partagé de rejet de ces mutants qu’on nomme les « reflected ». La série elle-même suit la journaliste Eleanor Evans, une reflected qui fait de son mieux pour que ça ne se sache pas, alors qu’elle suit le mystérieux reflected X-On, qui traque sa némésis à travers les États-unis.

« Inspirée » librement et largement des X-Men de ce même Stan Lee, The Reflection est une série qui ne s’illustre ni par son dynamisme ni par la cohérence de son scénario, riche en clichés provenus autant de la bande-dessinée américaine que japonaise. S’il aborde certains thèmes sans trop se foirer (la parenté, notamment), l’anime finit par se vautrer dans un manichéisme ridicule (« alors les gens qui ont été touchés par la lumière durant la Reflection c’est les gentils et ceux qui ont été touchés par la fumée sombre c’est les méchants et puis c’est tout ») et une fin dépourvue de sens ou d’intérêt, ce qui serait encore acceptable si elle n’était pas handicapée par une technique véritablement affreuse.

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Tentant d’obtenir une esthétique comic book, la série camoufle mal sous ses lignes épaisses une grande quantité de dessins de très mauvaise qualité et de 3D mal intégrée. On remarquera cela dit un certain effort accordé aux effets spéciaux (notamment le feu), appréciable à défaut de sauver la mise. Finissons sur un point musical : la série bénéficie d’une bande-son composée par le respectable Trevor Horn, comportant une très sympathique fausse chanson des années 80 intitulée Sky Show, dont on ne se lasse pas malgré son matraquage dans la première moitié de la série. Le côté obscur de l’aspect musical de la série, c’est le groupe d’idols 9nine, qui se voit inséré dans la série au chausse-pied, dans une très embarrassante tentative de promotion. Que les idols se rassurent toutefois, ça ne sera pas de leur faute si vous trouvez The Reflection franchement gênant à regarder.

#64: Netsuzou TRap –NTR–

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Creators in Pack | 12 épisodes de 9 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Netsuzô Trap -NTR-

Si les trois lettres « NTR » ne vous évoquent rien d’autre que le nom d’un diffuseur public néerlandais, vous vous apprêtez à découvrir quelque chose de marrant. Mais avant ça, en guise d’indice, le synopsis : Yuma et Hotaru sont deux amies d’enfance. Hotaru passe de copain en copain depuis un bout de temps, tandis que Yuma est avec son premier petit ami, et est forcément un peu nerveuse. Elle va donc demander conseil à sa meilleure amie… qui va sauter sur l’occasion pour lui faire des papouilles pas très très consenties.

NTR est une abréviation qui désigne en fait le « netorare », ce qui se traduit littéralement dans la langue de Madame Bovary en « adultère ». Plus spécifiquement dans les fandoms otaku, le netorare est un fetish relatif au fait de tromper son partenaire et de lui montrer l’acte sexuel adultère, si possible en le regardant dans les yeux, et dans un état avancé d’extase. Ceux qui parviennent à se projeter sur le personnage du trompeur peuvent trouver ça bien, et ceux qui ne peuvent pas s’empêcher d’avoir de l’empathie pour le personnage du trompé n’ont généralement pas le même avis. Dans tous les cas il faut de tout pour faire un monde, et j’imagine que l’existence de fans de netorare doit donc être une nécessité pour l’équilibre de l’ordre cosmique, auquel cas on les en pardonnera.

Bref, Netsuzou TRap raconte l’histoire de Yuna et de sa réaction à la découverte progressive de l’affection que Hotaru lui porte. Mais comme on n’a jamais assez d’un seul mauvais délire, il n’y a pas que de la tromperie dans cette série, mais aussi du harcèlement, de l’agression sexuelle, de la violence physique, et tout un tas de bonnes choses que… Non, désolé mais c’est non. Même si c’est votre kiff, la série est assez bancale visuellement, et il y a de meilleures séries ecchi qui sortent régulièrement, tout comme il y a de bien meilleurs hentai avec ces tags qui sortent régulièrement. Votre appréciation de la série dépendra forcément de vos kinks, mais à titre personnel j’ai trouvé le discours de la série assez insupportable (même si ça se finit bien, techniquement), donc ça n’ira pas plus haut que ça dans ce bilan.

#63: Jigoku Shoujo: Yoi no Togi

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Studio Deen | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Titre Wakanim : Jigoku Shoujo Yoinotogi

La rumeur parle d’un site internet qui, si tu y accèdes à minuit pile, te permet de rencontrer la fille des enfers, Ai Enma, qui pourra envoyer la personne de ton choix au purgatoire. Voilà le concept de Jigoku Shoujo. Les saisons ont passé et les technologies ont évolué avec, mais l’idée reste la même. Chaque épisode des trois premières saisons de Jigoku Shoujo raconte l’histoire d’une personne avant qu’elle n’utilise Jigoku Tsuushin (le fameux site), et les mauvais délires y sont monnaie courante. Si on ne peut pas dire que la série soit une grande source d’optimisme pour ses spectateurs, elle a toujours été très douée pour mettre en scène la détresse humaine, et assez fascinante dans sa représentation de ce que l’humain peut avoir de pire. Chaque nouvelle saison présentait alors un angle et un fil rouge différent autour de ces histoires indépendantes, et si aucune n’était sans défaut, chacune avait un intérêt particulier.

On en arrive à cette quatrième saison, qui nous présente une étrange jeune fille qui vient se mêler des affaires d’Ai et de ses compagnons. Si ce fil rouge ressemble initialement à celui de Jigoku Shoujo Mitsuganae (la troisième saison), on pouvait s’imaginer qu’il parviendrait à développer autre chose. Et en effet, au bout du sixième épisode, la série prend une position scénaristique opposée à celle de Mitsuganae (de façon franchement absurde)… et se termine comme ça. Eh oui, Jigoku Shoujo: Yoi no Togi se termine avec son sixième épisode, les six autres épisodes étant des rediffusions (trois de la S1, une de la S2 et deux de la S3, qui sont d’ailleurs plutôt bien choisis).

Alors, d’accord, la saison ne fait vraiment que six épisodes et le fil rouge est daubé, mais qu’en est-il des histoires individuelles ? Pour le coup, les histoires présentées s’inscrivent dans la droite lignée des mauvais délires habituels de Jigoku Shoujo, et le troisième épisode tout particulièrement est possiblement l’un des plus violents que la série dans son ensemble a à proposer. J’aime pas ça, mais je pourrais valider… si la série était fonctionnelle d’un point de vue technique. Seulement voilà, la série est hideuse (l’épisode 3 est justement particulièrement mal animé), donnant au tout un air ridicule malvenu étant donné le ton de la série. Bref, voilà une saison de l’effort minimum sur tous les plans, et c’est bien dommage.

#62: Skirt no Naka wa Kedamono Deshita.

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Magic Bus | 12 épisodes de 5 minutes | Manga

Non licencié en France

Après Souryo to Majiwaru Shikiyoku no Yoru ni… à la saison passée, l’initiative de mettre à la télévision du hentai hâtivement camouflé se poursuit avec ce Skirt no Naka wa Kedamono Deshita., qui est une fois de plus une adaptation d’un josei un peu borderline. On y suit la jeune Shizuka, qui n’est pas très à l’aise avec les hommes, mais va faire la rencontre d’une belle femme nommée Ryou. Ryou lui faisant des avances, Shizuka s’imagine que celle-ci est lesbienne, et somme toute ça ne la dérange pas. Seulement voilà, comme dit la fable : « mère-grand, que vous avez une grande protubérance au niveau de l’entrejambe ».

Une fois de plus, il s’agit littéralement d’une série hentai (diffusée sur Internet en version complète, avec des scènes de sexe explicites), diffusée à la télévision sans les scènes de touche-touche sous la couette. Malgré ça, je dois en l’occurrence avouer que j’ai plutôt plus d’affection pour cette série que pour Souryo, puisque si la relation de Shizuka et de Ryou ne commence pas vraiment sous le signe du consentement, elle évolue de façon plutôt mignonne vers une relation « normale ». De plus, par rapport à Souryo, les scènes de sexe de SukaKeda sont considérablement plus contextualisées, ce qui mine de rien change pas mal de choses.

Malgré tout, si j’ai qualifié la relation de « mignonne », je parle là sous le prisme de la logique de hentai, et la série n’ayant clairement pas vocation à être appréciée comme une romance classique, mais en tant que hentai avec une histoire. Qui plus est, je n’ai pas parlé de l’aspect technique de la série, mais vous savez que quand le/la character designer de la série choisit de se faire appeler ななし (« anonyme », en français) dans le générique, c’est que vous n’avez pas affaire à un chef d’œuvre.

#61: 100% Pascal-sensei

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OLM | Une masse d’épisodes de 12 minutes (second cour) | Manga

Non licencié en France

Entrée la saison dernière à la 59e place du bilan du printemps, 100% Pascal-sensei continue à être une série comique à destination exclusivement d’un public très jeune, avec son humour bruyant et pas très drôle qui risque fort de vite taper sur le système des adultes. Pour être parfaitement honnête j’ai trouvé ce second cour un poil plus drôle que le premier (certains événements des vacances d’été étaient plutôt fun), mais globalement le niveau humoristique de tout ça reste assez affligeant. Cela étant dit, dédicace à Rajah-sensei, l’intermittent turc qui est de retour pour le nouvel ending de ce cour, et qui fait un travail ingrat pour lequel j’espère qu’il est grassement récompensé.

#60: Ikemen Sengoku: Toki wo Kakeru ga Koi wa Hajimaranai

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TMS Entertainment & Jinnis Animation Studios | 12 épisodes de 4 minutes | Jeu smartphone

Titre ADN : IKEMEN SENGOKU

Que voulez-vous que je pense d’un anime où un garçon de notre époque nommé Sasuke se retrouve transporté à l’ère Sengoku et devient ninja ? Franchement ? Eh bien, franchement, pas grand-chose.

En effet, Ikemen Sengoku est une petite comédie en 3DCG qui peine à laisser une impression durable. On y suit donc ce garçon qui va fréquenter différents généraux et figures importantes de l’ère Sengoku, telles que Nobunaga Oda, Masamune Date, Ieyasu Tokugawa et compagnie, et va leur présenter des concepts de son époque, tels que le rap ou le jeu de la pastèque, tout en tentant d’empêcher la guerre qui s’en vient. C’est léger, ça fait du pied sans équivoque à son public cible, le dernier épisode est marrant, bref, ce n’est pas désagréable à regarder, mais je doute que vous y repenserez une fois fini.

#59: Hajimete no Gal

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NAZ | 10 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : My First Girlfriend is a Gal

L’histoire émouvante de Junichi, un garçon qui, afin de perdre son pucelage, décide d’aller implorer la gyaru locale de sortir avec lui. Coup de chance, elle accepte, mais va en profiter pour jouer avec ses attentes et s’amuser de ses réactions. D’autres filles s’y mêlent et, oh là là, ça devient un harem.

Aussi gênante dans le fond que dans la forme, Hajimete no Gal est une série d’un bêtise crasse, d’une laideur terminale et d’une absence de goût certaine. Sans parler du design de ses personnages (notamment Nene, qui montre qu’elle mérite son nom en réussissant le trick shot mammaire de l’année dans l’opening), la série nous offre une dose non négligeable de scènes ecchi rendues plus embarrassantes encore par une censure extrêmement visible, aux couleurs de la série. On pourrait aussi parler du pote lolicon de Junichi, qui est franchement inquiétant, mais je pense que vous pouvez déjà voir le problème : ce n’est ni plus ni moins qu’une sorte d’American Pie à la sauce otaku, et vous n’avez pas besoin de regarder la série pour savoir que ça n’est pas une bonne idée.

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Cela étant dit, la série se permet occasionnellement d’avoir la blague juste, et ça m’attendrit un peu. Le copain à lunettes de Junichi qui vient cosplayé en Kirito de Sword Art Online pour impressionner les filles ? C’est stupide, ça me fait rire, j’approuve. Qui plus est Junichi est doublé par Shintarou Asanuma, le doubleur de Tsuda dans Seitokai Yakuindomo, ce qui lui permet de s’offrir une petite répartie pas dégueulasse. En plus, la série a la bonne idée de se finir sur un petit arc où Junichi réalise qu’il voyait beaucoup trop sa petite amie comme un simple objet sexuel et décide de remettre les choses à plat, ce qui sans excuser le reste de la série lui rend un petit capital sympathie. Bref, si vous parvenez à ne pas être dérangé par l’épaisse couche gluante de mauvaises idées qui entourent Hajimete no Gal, vous pouvez encore y trouver les traces d’une comédie romantique qui aurait peut-être pu avoir du potentiel. En l’état, ça reste une purge à regarder, cela dit.

#58: Kaito x Ansa

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Tengu Kobo | 12 épisodes de 8 minutes | Original

Non licencié en France

Les grands esprits derrière Nazotokine (#68 sur 75 l’hiver dernier) sont de retour, et on ne pouvait que craindre ça. Et pourtant.

Comme Nazotokine, Kaito x Ansa est un anime qui demande à ses spectateurs de résoudre avec lui différentes énigmes pas terribles. Là où Nazotokine était assez peu (et mal) scénarisé et proposait une énigme tous les deux épisodes, Kaito x Ansa innove un peu en nous offrant une trame scénaristique claire : ils doivent résoudre une quinzaine d’énigmes en cinq heures sans quoi leur ville sera détruite. Forcément, avec autant d’épreuves et vu le nombre d’épisodes, le rythme augmente aussi, et on passe à une énigme par épisode.

Cela étant dit, l’anime demande moins clairement à son spectateur de résoudre les énigmes avec lui, et se contente de nous abreuver de blagues plus ou moins douteuses et de références otaku bien senties, ce qui a l’étrange effet de rendre la série bien plus supportable que son prédécesseur, bien que mon faible niveau de japonais ne m’ait pas forcément permis de comprendre tout ce qui se passe. Les mascottes restent relou, l’animation reste minimale, mais au moins ça se regarde, et c’est déjà un joli pas en avant.

#57: Konbini Kareshi

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Studio Pierrot | 12 épisodes de 24 minutes | Projet multimédia

Titre Crunchyroll : Konbini Kareshi

Dans l’univers étendu des décisions marketing discutables, l’idée de produire, en collaboration avec la chaîne de supérettes (des konbini) Lawson, un anime qui s’appelle Konbini Kareshi récupère une sorte de palme de l’audace. Mettre directement le nom du produit qu’on essaye de promouvoir dans le titre, c’est osé. Peut-être, cela dit, que ça sera un succès sur le long terme, et que l’on verra un jour apparaître des séries intitulées « Koi no aspirateur qui ne perd pas l’aspiration » ou « Boku to réparation offerte si l’impact est plus petit qu’une pièce de un euro no Monogatari ». L’avenir est radieux.

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Konbini Kareshi est en fait une série qui suit le développement de deux relations amoureuses, au sein d’un lycée parfaitement normal, à proximité duquel est situé un konbini. Les personnages ne sont pas excentriques ou quoi que ce soit, et la série tente clairement plutôt de nous offrir une histoire assez réaliste et naturelle, à la façon d’un Tsuki ga Kirei. Seulement voilà, la série n’a ni l’écriture, ni la direction artistique, ni même la qualité d’animation minimum nécessaire à ne serait-ce que s’approcher de la qualité d’un Tsuki ga Kirei. Être visuellement plat et maladroitement réalisé, c’est une chose, mais être mal animé au point où on n’arrive pas à savoir si un personnage est ému ou fait une attaque (dans une situation ou les deux sont plausibles), c’en est une autre.

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Cela étant dit, l’une des deux relations amoureuses, qui se lie entre le copain exubérant du protagoniste et sa déléguée de classe à lunettes (doublée par Rie Kugimiya, la rédaction valide), est particulièrement charmante et pas mal construite du tout. La romance principale n’a pas cette chance et tente en plus assez maladroitement de justifier le titre de la série, sans vraiment convaincre. Je reste également un poil déçu de ne pas en avoir vu plus des quelques autres couples que l’on aperçoit dans l’ending, et qui finalement interviennent très peu dans la série. Il n’empêche, c’est pas terrible, mais la sympathie est là.

#56: Yami Shibai 5th Season

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ILCA | 13 épisodes de 5 minutes | Original

Titre Crunchyroll : Yamishibai: Japanese Ghost Stories 5

De saison en saison, TV Tokyo continue à produire des petites séries pas-très-animées d’horreur, et si vous suivez ces bilans depuis un certain temps, vous savez que c’est rarement très bon. En l’occurrence, voici venir la cinquième instance de Yami Shibai, avec ses contes horrifiques et, encore une fois, un nouvel angle. Cette cinquième saison a en effet l’idée intéressante de s’intéresser avant tout à des personnages féminins. Chaque histoire tourne autour d’une femme ou d’une fille, et si les hommes restent présents ils n’ont généralement droit qu’à des rôles secondaires.

Or, je ne sais pas si c’est relié, mais cette saison s’avère être en fait de plutôt bonne qualité dans son genre, avec des histoires qui ont plutôt de bonnes chutes, et qui font parfois effectivement frissonner. Alors certes, certains épisodes manquent un peu de sens, et la série n’est en fait presque pas animée du tout, mais dans la moyenne de ces petites séries d’horreur, c’est plutôt pas un mauvais cru, qui bénéficie en plus d’un excellent ending, puissant et glaçant.

#55: Shoukoku no Altair

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MAPPA | 24 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Manga

Titre Prime Video : Altaïr

Fraîchement parvenu au statut de pacha, Mahmut fait partie des figures les plus importantes de la stratocratie de Türkiye, un état menacé par les ambitions de conquêtes de l’empire Balt-Rhain. L’idéaliste Mahmut va rapidement faire face à des embûches, mais va continuer sans arrêt à tenter d’obtenir la paix qu’il désire tant, par tous moyens à sa disposition. D’affaires de cour en batailles sanglantes, le manga de Kotono Katou met en scène avec style l’affrontement de stratèges qui confronte Mahmut au machiavélique Louis de Balt-Rhain.

Tout ça est plutôt appétissant, et effectivement le manga est de très bonne facture, mais malheureusement on est ici réunis pour parler d’anime, et l’anime est effectivement une toute autre bestiole. Aussi maladroitement produite que réalisée, l’adaptation de Shoukoku no Altair tente de faire rentrer beaucoup trop de scénario en trop peu de temps, et en devient confuse et bancale. Ceux qui parviennent à passer les deux premiers épisodes (qui sont à mon avis les plus ratés) seront, eux, accueillis par un visuel manquant gravement de finition quand il n’est pas carrément laid. C’est malencontreux, mais avec trois séries prévues pour la même saison, ça m’aurait plus étonné que MAPPA s’en sorte sans accident.

#54: Enmusubi no Youko-chan (Huyao Xiao Hongniang)

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Haoliners Animation League | 24 épisodes de 25 minutes (premier cour) | Manhua web

Titre Crunchyroll : Fox Spirit Matchmaker

Pour se simplifier les choses et puisque les stigmates sont là, commençons par l’habituel ensemble de critiques applicables à presque toutes les séries Haoliners : Enmusubi no Youko-chan est une série fondamentalement handicapée par une animation démissionnaire, un scénario brouillon et des tentatives malencontreuses de compenser ses faiblesses par un humour pas dingue. En ce sens, Enmusubi no Youko-chan est comparable à SpiritPact ou Gin no Guardian, ses déshonorables prédécesseurs. Seulement voilà, Enmusubi no Youko-chan a quelque chose qui me plaît : une bonne idée.

Imaginez-vous qu’il existe, dans le monde, des créatures surnaturelles avec une apparence humaine et une espérance de vie dépassant très largement celle des humains (appelons-les « youkai » pour simplifier, même s’ils n’en sont pas forcément). C’est cool, jusqu’à ce que des relations amoureuses se forment entre humain et youkai. Et là on a un problème, qui est que l’humain du couple va bien vite finir par mourir, alors que le youkai va continuer à vivre encore pendant des siècles. C’est triste. On n’aime pas ça. Ainsi, Enmusubi no Youko-chan nous parle d’une jeune fille provenant d’un clan de kitsune ayant traditionnellement pour tâche de renouer les relations de ces youkai au cœur brisé avec la réincarnation de leur être cher. Elle va donc systématiquement aller chercher l’humain qui s’est réincarné, et l’aider à retrouver ses souvenirs de sa vie passée pour ainsi continuer sa vie de couple avec le youkai.

L’idée est plutôt intéressante et, pour changer, pas trop mal utilisée, même si la série reste bien entendu empêtrée dans les soucis que j’ai énuméré plus haut. Clairement, ce n’est pas un bon anime, mais rien que l’utilisation de cette idée lui confère un certain capital sympathie, que je n’avais jusque-là jamais trouvé à une série Haoliners normale. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai envie de voir le second cour, mais c’est un premier pas en avant.

#53: Shounen Ashibe: Go! Go! Goma-chan 2

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Bridge | Tout plein d’épisodes de 9 minutes (second cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : Shônen Ashibe Go! Go! Goma-chan

La nouvelle série tirée du 4-koma de Hiromi Morishita continue son petit bout de chemin sans déranger personne, mais sans non plus évoquer beaucoup d’intérêt à l’œil avisé du spectateur. Cela étant dit, l’épisode consacré au festival est étrangement intelligent, dans un autre registre que celui de la comédie, venant agréablement compenser les autres épisodes de ce cour, qui étaient pour leur part franchement médiocres.

#52: Vatican Kiseki Chousakan

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J.C.Staff | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre ADN : Vatican Miracle Examiner

L’idée était bonne : prenons deux prêtres particulièrement malins, et demandons-leur d’aller enquêter à travers le monde sur des miracles auto-déclarés, pour vérifier s’il s’agit effectivement de miracles. Malheureusement, ce qui aurait pu être un fascinant thriller à deux pas de la frontière du fantastique se révèle bien vite écrit et réalisé avec une grande maladresse. Pas forcément incohérente, bien que souvent un poil trop rapide pour mettre l’emphase appropriée sur des moments importants, la série finit bien vite par perdre toute l’empathie de son spectateur, qui ne finira plus qu’y voir qu’un Scooby-Doo sur-dramatisé et sous-intéressant.

On pourrait continuer sur le thème des défauts, mais prenons aussi un peu de temps pour faire le procès à décharge. En vérité, la plupart des arcs de la série bénéficient de certaines des qualités qui font les bons nanards, ce qui les rend plutôt amusants à suivre, à défaut d’être mieux que ça. Les épisodes plus personnels (comme le dernier) tombent eux dans la faille de l’écriture maladroite des personnages et ne parviennent pas à éveiller le moindre intérêt, mais au moins il est indéniable qu’on peut s’amuser en regardant cette série.

#51: Koneko no Chii: Ponponra Daibouken

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Marza Animation Planet | 51 épisodes de 12 minutes (quatrième cour) | Manga

Titre Prime Video : Chi’s Sweet Adventure

Dernier cour pour la troisième série consacrée à la petite chatonne de Kanata Konami, et si j’apprécie un peu la série, je dois dire qu’on voit qu’il était temps que ça parte en pause, ce dernier cour étant bourré de récapitulatifs assez peu élégants, dont un demi-épisode qui nous montre le voyage de Chi à Paris pour la Japan Expo (en live action, donc, avec un stagiaire sous-payé costumé en Chi). À ce titre, j’aimerais demander à ceux qui étaient là pour le spectacle de Chi à JapEx : ils ont vraiment dansé sur l’opening de cette saison, celui interprété par Perfume ? Parce que les mouvements de la danse n’ont pas l’air du tout de correspondre à la musique qu’on entend.

#50: Hitorijime My Hero

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Encourage Films | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Non licencié en France

Mise en contexte : Hitorijime My Hero est un spin-off d’un shounen-ai en un tome intitulé Hitorijime Boyfriend. Si dans Hitorijime Boyfriend on suit le développement de la relation amoureuse d’un garçon nommé Kensuke avec un ancien ami d’enfance, dans Hitorijime My Hero on suit le développement de la relation qui liera un ami de Kensuke avec son grand frère (celui de Kensuke). Et pour ne rien simplifier, le grand frère est aussi le professeur de maths de Kensuke et de cet ami nommé Setagawa. Quand la police n’est pas là, les souris font des galipettes.

Concrètement, la série commence par nous offrir assez rapidement une adaptation de Hitorijime Boyfriend avant de se plonger vraiment dans l’adaptation de Hitorijime My Hero, ce qui me semble être une décision tout ce qu’il y a de plus raisonnable. Si l’intrigue est pétrie par les clichés du genre shounen-ai, la série a cela dit le bon goût de se poser une ou deux questions intéressantes et de prêter pas mal d’attention aux habitudes des personnages, contribuant à donner à la série un certain réalisme pas désagréable. Malheureusement assez laide et occasionnellement assez bête, la série ne parvient toutefois jamais à se tirer des limites de sa niche, et ne se montre pas assez divertissante pour compenser ça.

#49: Tomica Hyper Rescue Drive Head: Kidou Kyuukyuu Keisatsu

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OLM | Beaucoup d’épisodes de 24 minutes (second cour) | Jouets

Non licencié en France

Lancée la saison passée (et placée #48 sur 65 du bilan du printemps), Tomica Hyper Rescue Drive Head: Kidou Kyuukyuu Keisatsu continue son petit bout de chemin. Pour rappel, on y suit des enfants qui montent dans des méchas spécialisés dans la lutte contre les catastrophes et le secourisme. Les méchas y sont cool mais les personnages sont toujours assez mal animés. Dans ce second cour, l’équipe Hyper Resue parvient à repousser la première menace organisée qui leur fait face, mais découvre que, comme par surprise, quelque chose de plus inquiétant encore semble opérer dans les ténèbres. Un petit récap, des méchas qui ont le droit à des nouvelles formes, quelques épisodes à la résolution improbable, voilà ce qu’on peut retrouver dans cette douzaine d’épisodes qui n’ont rien de particulièrement fou à proposer mais restent assez sympathiques à regarder, dans leur genre.

#48: PriPri Chii-chan!!

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OLM | Plein d’épisodes de 12 minutes (second cour) | Manga

Non licencié en France

On reste dans les séries longues pour public jeune avec la suite de l’adaptation du manga de Hiromu Shinozuka. Et si j’apprécie toujours regarder de nouveaux épisodes avec des garçons qui s’amusent dans des gros méchas, je suis un peu moins sensible aux charmes de PriPri Chii-chan!!, ses couleurs allant du rose pâle au vert Stabilo, et ses petits personnages avec des façons de parler agaçantes. Malgré tout, PriPri Chii-chan!! est un anime très propre techniquement et tout à fait sympathique, et qui a tout pour plaire au public de jeunes filles auquel il se destine. Et, en bonus, l’ending met une misère à beaucoup d’anime d’idol récents, sans vouloir dénoncer.

#47: Saiyuuki Reload Blast

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PlatinumVision | 12 épisodes de 23 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Saiyuki Reload Blast

Quatrième série télévisée adaptée de la saga de Kazuya Minekura, elle-même librement inspirée de La Pérégrination vers l’Ouest (comme Dragon Ball, oui), Saiyuuki Reload Blast adapte le plus récent arc du manga, qui voit nos quatre larrons enfin arriver en Inde. Pour rappel, ils sont censés aller à l’ouest pour mettre fin aux tentatives de résurrection de Gyuumaou, des expériences qui, en prime d’avoir comme possible conséquence la résurrection d’un démon très méchant, fichent le dawa à travers le continent. Ces quatre larrons sont le prêtre fumeur et colérique Genjou Sanzou, le paisible Cho Hakkai, le dragueur Sa Gojou et le simplet Son Gokuu. Ils boivent, ils fument, ils défoncent des méchants et ils continuent leur road trip, bref, ils incarnent la coolitude à travers l’Asie centrale.

Et que dire de cette nouvelle série, sinon qu’elle poursuit la baisse progressive de qualité des adaptations de Saiyuuki ? Prenant place après Saiyuuki Reload Gunlock, dont la fin anime-only occultait un événement très important dans la continuité de la série, Reload Blast tente sans grâce de recoller les ponts, et en profite pour nous offrir une énième adaptation de Saiyuuki Gaiden (rushée, en plus), pour faire du remplissage. Et, c’est triste à dire, mais même ce qui est effectivement adapté du manga n’est pas terrible, souffrant d’une animation extrêmement fixe qui ne se voit pas arrangée par des effets spéciaux d’une grande laideur (tâches de sang en CG, tremblements d’écran incessants…). On continue à regarder pour la belle voix de Toshihiko Seki et pour voir les UraSai en fin d’épisode, mais c’est un peu dommage tout ça.

#46: Bonobono (2016)

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Eiken | Pas assez d’épisodes de 6 minutes (sixième cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : BONO BONO (Saison 2)

Bonobono est toujours là, et il continue à être un rendez-vous hebdomadaire consacré à vous offrir un peu de paix d’esprit en vous montrant des animaux de la forêt qui discutent et qui réfléchissent à des trucs. C’est cool, vraiment. Haut fait à noter pour ce cour : le retour du papa ours, qui nous amène un peu d’action au second plan, sans pour autant perturber le calme de la série.

#45: Monster Strike Anime

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XFLAG Pictures, Yokohama Animation Lab & SANZIGEN | 23 épisodes d’environ 14 minutes (ONA, second cour) | Jeu smartphone

Titre Crunchyroll : Monster Strike (Saison 2)

La seconde saison de Monster Strike se poursuit sans rien changer à sa nouvelle formule. J’en avais parlé il y a trois mois avec le début de cette seconde saison (#38 sur 65 au précédent bilan), mais la nouvelle formule, qui se concentre sur une sorte de monster-of-the-month sans véritable développement scénaristique et sans développer l’univers, ne me satisfait pas pour plein de raisons que vous pouvez aller relire. Aucun changement dans le second cour, donc, et on espère voir ça changer un peu dans la troisième saison qui a d’ores et déjà commencé. Cela étant dit, je tiens à préciser que les combats eux-mêmes restent franchement très bien fichus, donc ça reste un divertissement pas déplaisant à suivre. Ça laisse sur sa faim, mais ça se regarde.

#44: Nana Maru San Batsu

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TMS Entertainment | 12 épisodes de 23 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Fastest Finger First

Shiki Koshiyama est un jeune garçon réservé qui, pendant la plus grande part de son enfance, a passé son temps à la bibliothèque, passant de bouquin en bouquin. Bref, il est un peu comme vous et moi, sauf que lui a décidé de lire même les livres sans images. À sa première journée au lycée, il fait la découverte d’un étrange club : le club de quiz. Il va de surprise en surprise quand il découvre que le quiz n’est pas qu’un loisir pour les petits vieux qui aiment voir s’agiter des cartons jaunes, mais aussi une discipline demandant rapidité, discernement et un certain esprit sportif. Bref, pour lui qui n’a à son nom que les connaissances qu’il a accumulées, c’est une chance d’avoir une jeunesse remplie de passion et de dépassement de soi.

Vous l’aurez compris, Nana Maru San Batsu n’est ni plus ni moins qu’un anime sportif où les joueurs ne bougent pas leurs jambes et leurs bras, ce qui ne nous étonnera plus quand en 2028 on aura le droit à la quatrième saison d’un anime d’e-sport centré sur des compétitions de PlayerUnknown’s Battlegrounds. Bref. En tant qu’anime sportif, ça a tout pour me plaire… Sauf que c’est malheureusement assez mal fichu. Doté d’une animation défaillante et de personnages principaux assez mal doublés (Mari, tout particulièrement), la série franchit de plus en plus fréquemment la frontière du ridicule au fur et à mesure qu’elle s’approche de ses derniers épisodes. Certes, la série reste intéressante et pas bête du tout, et son sujet a le mérite de l’originalité, mais ses quelques défauts l’empêchent d’être véritablement fonctionnelle, et c’est bien dommage.

#43: Puzzle & Dragons Cross

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Studio Pierrot | Une infinité d’épisodes de 24 minutes (cinquième cour) | Jeu vidéo

Non licencié en France

Il y avait beaucoup de choses auxquelles j’aurais pu m’attendre pour ce nouveau cour de PazuDora Cross, mais un opening de Porno Graffitti, j’avoue que je n’y avais pas pensé. Passé la bonne surprise du nouveau générique, Puzzle & Dragons Cross continue son intrigue en faisant quelque chose de très original : un nouveau tournoi. Oui oui, un second. Celui-ci est toutefois beaucoup moins bien construit que le premier, et sert surtout à nous amener à la révélation du complot des méchants, une révélation qui est d’ailleurs assez maladroitement effectuée. Comme une sorte de tradition pour cette série dont l’animation n’est habituellement rien de très glorieux, le tournoi se termine par un combat Ace contre Lance franchement cool, bien qu’un poil court. Je reprocherais aussi à ce cour quelques petits problèmes de rythme, mais globalement on reste au niveau de qualité habituel de la série, qui reste sympathique à suivre sans jamais être beaucoup plus que ça.

#42: 18if

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Gonzo | 13 épisodes de 24 minutes | Projet multimédia

Non licencié en France

S’il y a bien quelque chose que 18if existe pour prouver, c’est que la supervision, c’est aussi un job. Un anime tel que Space☆Dandy peut certainement être vu comme une collection de contributions impressionnantes de certains des créateurs les plus fascinants de l’industrie, mais sans un bon superviseur, la série aurait pu ressembler à 18if.

En effet, 18if est une série où chaque épisode est prise en charge par un réalisateur différent, qui a visiblement eu carte blanche pour choisir le ton, le style, l’histoire, bref, tout, y compris la responsabilité de gérer leur planning. On leur a confié le job, on s’est barré faire autre chose, et en revenant quelques mois plus tard, à la deadline, pour récupérer le master, on s’est aperçu que presque rien n’était fini. Presque.

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De base, 18if est une série qui suit un garçon nommé Haruto, qui est bloqué dans ses propres rêves. Mais il n’est pas seul dans ce monde, puisqu’y résident aussi dix sorcières, qui sont autant de demoiselles bloquées dans leurs rêves par ce que l’on appelle le syndrome de la belle au bois dormant. Chacune a construit autour d’elle son propre monde, qu’elle contrôle à volonté, et dans laquelle elle se cache pour échapper à la réalité du monde. Haruto va devoir aller à leur rencontre et les convaincre de se réveiller afin de pouvoir lui-même trouver une façon de se réveiller de son sommeil.

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Ainsi, les mondes de toutes ces sorcières sont autant d’excuses pour explorer différents styles et différentes ambiances. Globalement, le constat est le même pour la plupart de ces épisodes : c’est très laid, pas très bien écrit, et pas très original, malgré quelques idées. C’est pourtant bien dans ces épisodes individuels que réside l’intérêt de la série, puisque le fil rouge n’est pas dingue (même si la fin de la série est amusante). Même sans être particulièrement original, l’épisode 3, lui, parvient à nous offrir une histoire romantique assez réussie et touchante. L’épisode 10, réalisé par le légendaire Kouji Morimoto (fondateur du studio 4°C, aussi censé être le superviseur en chef de la série), se présente, lui, plutôt comme une expérience visuelle à part, avec sa direction artistique captivante et son animation clairement en marge de tout ce qui est présenté dans la série.

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Mais la vraie perle qui se cache dans 18if, c’est son épisode 7, intitulé « Soshite Daremo Inai… » (« Et maintenant il ne reste plus personne » en français), réalisé par Kouichi Chigira (Full Metal Panic!, Last Exile). Commençant comme un conte de fée réunissant trois enfants avec des positions sociales très différentes, l’épisode nous montre l’évolution de leur amitié et leur sort final au sein d’un univers visuellement fascinant, empreint de vie et d’idées fraîches, qui prend aux tripes par surprise et se montre maîtrisé de bout en bout, jusqu’à une fin de rêve d’une mélancolie déchirante, sublimée par un générique de fin qui scande qu’il ne reste effectivement plus personne. Je serais incapable de vous en décrire exactement le scénario, mais l’épisode en lui-même est une merveille, que je vous enjoins à aller regarder immédiatement, même si vous n’avez pas l’intention de regarder la série autour. Si la série avait juste été cet épisode, elle se serait retrouvée sur le podium de ce bilan. Mais voilà, c’est un bien gros « si ».

#41: Centaur no Nayami

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Emon Animation Company | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : A Centaur’s Life

Imaginez que l’humanité, au lieu d’avoir évolué avec quatre membres, aie évolué avec six. Ces deux membres supplémentaires peuvent se manifester de plusieurs façons différentes : sous la forme d’ailes, de jambes supplémentaires, de nageoires, de cornes, etc. Ça nous donne une société avec des centaures, des anges, des satyres, des démons, des sirènes, et ainsi de suite, qui font tous partie de la race humaine. Et maintenant imaginez l’Histoire d’une humanité avec des variations physiques aussi importantes, et imaginez la société qui en résulterait aujourd’hui. Voilà le concept de Centaur no Nayami.

Si le manga de Kei Murayama se concentre principalement sur un groupe de lycéennes, centré sur la centaure Himeno, il est en fait un grand bac à sable dans lequel l’auteur se plaît notamment à parler de différence et de discrimination sous tout un tas d’angles, que ça soit en restant dans l’entourage proche de Himeno ou en partant très très loin, dans des mondes parallèles ou quatre-vingt ans en arrière, dans les heures les plus sombres de l’Histoire. J’avoue ne pas être fan de la façon dont le manga saute régulièrement du coq au centaure, mais c’est une question de goût.

Car oui, je parlais bien là du manga, et non pas de l’anime, qui souffre d’une technique défaillante et de quelques mauvaises idées, comme celle d’adapter une scène qui se passe dans la ville des sirènes, qui entraîne une censure en masse avec force rayons de lumière, ce qui est non seulement ridicule à voir mais aussi en opposition directe avec ce qui est évoqué dans la scène. Malgré ça, la série conserve les atouts de départ du manga, et si je ne suis pas convaincu de l’intérêt de l’adaptation, je ne peux pas dire que vous auriez tort de regarder ça. Vous contribuerez peut-être à une statistique permettant de montrer aux ayants-droit, pour notre plus grand bien à tous, que les monster girls ont le vent en croupe.

#40: Dive!!

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Zero-G | 12 épisodes de 23 minutes | Romans

Titre Prime Video : DIVE!!

Le club de plongeon Mizuki Diving Club est sur le point de fermer ses portes à la suite du décès de son généreux bénéficiaire. Seule chance de survie pour le club : parvenir à envoyer un de ses membres aux Jeux olympiques de 2020. Ce n’est bien entendu pas une mince affaire, et pour y parvenir le club va recruter une nouvelle entraîneuse aux méthodes plutôt spartiates.

Sur le papier, Dive!! n’est rien de très nouveau, sinon pour son choix de sport, puisque c’est à ma connaissance le premier anime sportif à parler de plongeon acrobatique. On pouvait même s’inquiéter de ce que ça donnerait, la série étant produite par le studio Zero-G pour la case noitaminA, ce qui n’est pas sans rappeler Battery, qui n’était pas exactement une bonne expérience. Heureusement, Dive!! s’en tire un peu mieux avec une recette assez traditionnelle, quelques personnages sympathiques et une quantité importante mais pas excessive de drame pas trop cliché.

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Malheureusement, Dive!! a un problème majeur, qui est qu’il met assez mal en valeur son sport, avec une animation en deçà de ce dont la série aurait besoin pour être pleinement fonctionnelle. On voit assez rarement les plongeons en entier, et ils sont tout aussi rarement impressionnants, ce qui est plutôt problématique quand on tente de nous intéresser à une discipline qui n’est pas forcément la plus populaire qui soit. De plus, si on appréciera le modeste travail sur les ombres pour représenter les musculatures des plongeurs, on aimera par contre moins l’idée de leur coller sur le corps des reflets bleus hors-sujet (censés représenter le reflet de l’eau mais apparaissant de façon plus ou moins aléatoire sur le corps des plongeurs). Cela étant dit, pour un amateur d’anime de sport, ça n’est pas désagréable à regarder, mais si vous êtes en manque de Free!, par exemple, la différence de qualité risque de vous faire grincer des dents.

#39: Monster Hunter Stories: Ride On

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David Production | Bientôt trop d’épisodes de 23 minutes (quatrième cour) | Jeu vidéo

Non licencié en France

Arrivant au bout des 48 épisodes qui étaient initialement censés composer l’ensemble de la série, Monster Hunter Stories: Ride On conclut en fanfare le grand arc scénaristique entamé il y a un an. Lute développe pendant ce cour une nouvelle attaque particulièrement réussie visuellement, qui devient bien vite une scène de stock footage, mais que l’on a toujours plaisir à revoir. Ne proposant au final rien de très original malgré quelques scènes particulièrement bien animées aux épisodes 47 et 48 (et des décors toujours étonnamment cools), l’intrigue de l’anime atteint quand même un terme tout à fait satisfaisant, et tout serait pour le mieux si la décision n’avait pas été prise de continuer la série. En effet, le début du nouvel arc est vraiment très faible, et j’ai bien peur qu’à partir de là la série ne commence à plonger, niveau intérêt.

#38: Jikan no Shihaisha

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Project No.9 | 13 épisodes de 24 minutes | Manga web

Titre Crunchyroll : CHRONOS RULER

De tous temps, l’homme a désiré pouvoir contrôler le temps, notamment pour aller regarder les réponses aux examens pendant les examens, ou pour s’accorder tranquilou douze heures de dodo supplémentaires. De tous temps, l’homme a été déçu de voir que, quand il claquait les doigts, le temps ne se figeait en fait pas. Heureusement, l’animation japonaise sait rattraper les échecs de la réalité, et justement dans Jikan no Shihaisha, on suit une paire de Chronos Rulers, des gars qui sont capables de contrôler le temps d’une chose en particulier (un élément, un type d’objet) pour s’en servir pour se battre. Certes, c’est pas The World, mais c’est déjà ça.

D’autant que les Chronos Rulers n’ont pas que ça à faire, puisqu’ils doivent s’occuper de lutter contre les Horas, des êtres maléfiques qui se nourrissent du temps des humains. C’est grosso modo le topo de ce shounen d’action assez standard qui met en scène un jeune homme et son père, Victor, qui s’est malheureusement fait voler son temps par un Horas coriace, et qui du coup se retrouve plus jeune que son fils. Si l’animation de la série n’a rien de très fou, avec une qualité d’animation en chute et une 3D assez voyante, elle tente de compenser ça par quelques efforts de stylisation louables. Si j’ai, vers la fin de la série, particulièrement apprécié la dernière scène avec la mère de Victor et toute la confrontation avec Eiks (plutôt grâce au fait qu’il soit doublé par inénarrable Jouji Nakata que pour autre chose), je dois dire que j’en ressors sans un souvenir durable, et c’est un peu dommage, mais je n’ai pas non plus l’impression de m’être fait voler mon temps.

#37: Nora to Oujo to Noraneko Heart

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W-Toon Studio & DMM.futureworks | 12 épisodes de 4 minutes | Visual novel

Titre Crunchyroll : Nora, Princess, and Stray Cat

Dans la droite lignée d’un Wagamama High Spec, Nora to Oujo to Noraneko Heart se pose la question suivante : « pourquoi faire une vraie adaptation quand on peut simplement faire un petit truc rapide pour présenter les personnages ? ». Une question légitime pour un visual novel qui, de par sa nature d’eroge, repose beaucoup sur ses personnages, notamment féminins. Et, écoutez, je ne trouve pas ça bête du tout, et j’irai jusqu’à qualifier l’anime de demi-succès.

Dans le visual novel original, le protagoniste, Nora, rencontre dans un parc une jeune fille nommée Patricia of the End, qui s’avère être une princesse de l’autre monde, venue dans le monde des vivants pour mettre un terme à toute cette histoire d’humanité. Prise de surprise par toute la vie qui se trouve dans ce monde, elle se trouve mal en point, et Nora va donc la prendre en charge pour l’aider à se remettre. Elle tombe donc bien logiquement amoureuse de lui, mais bien entendu elle n’est pas la seule fille autour de lui.

Sauf que, dans l’anime, Nora se retrouve transformé par erreur en chat, qui ne fout rien de part en part de la série. Non, on a purement affaire ici à une comédie avec un haut débit de bêtises à la minute et un peu d’ecchi. C’est assez con, et c’est tout aussi drôle : dans un épisode on a des kaijuu qui affrontent un mecha-employé-de-superette géant, dans un autre épisode on observe des chèvres (genre, des vraies chèvres, filmées) doublées par les filles de la série, dans encore un autre épisode la série prend la forme d’un visual novel d’enquête amateur… C’est n’importe quoi, c’est souvent drôle, et je dois dire que l’épisode sérieux que s’accorde la série fonctionne assez bien. Pourquoi, du coup, est-ce à mon avis juste un demi-succès ? Parce qu’on ne retient pratiquement aucun des personnages (qui sont juste rapidement présentés au tout début et trop nombreux), ce qui est, vous l’avouerez, un poil contre-productif étant donné l’objectif du binz.

#36: Tenshi no 3P!

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Project No.9 | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre Crunchyroll : Tenshi no 3P

Vous souvenez-vous de Ro-Kyu-Bu! ? Sinon, un petit rappel s’impose : il s’agit d’un light novel de basket-ball mettant en scène une équipe d’écolières, supervisées par un lycéen avec des tendances un poil inquiétantes. La série a eu le droit à deux adaptations en séries télévisées, et on s’en souvient notamment pour son fan-service loli suffisamment excessif pour en être drôle. D’autres diront simplement que la série est juste malsaine, ce qui n’est pas mon avis mais mérite mention pour avoir une rapide vue d’ensemble de la chose. L’auteur de ce light novel se nomme Sagu Aoyama, et c’est aussi l’auteur de Tenshi no 3P!.

Car si j’ai parlé de Ro-Kyu-Bu!, c’est notamment parce que les deux séries partagent un bon nombre de points communs. Avant tout, Tenshi no 3P! est l’histoire d’un groupe d’écolières qui demandent de l’aide à un lycéen qu’elles respectent afin qu’il les aide à se développer, sauf qu’il n’est ici pas question de basket-ball, mais de musique. Les trois filles souhaitent en effet créer un groupe de rock, et elles demandent donc de l’aide à Kyou, un hikkikomori qui possède une petite réputation en tant que producteur de morceaux de vocaloid.

Ce qui est à la fois la qualité et le défaut principal de Tenshi no 3P! par rapport à Ro-Kyu-Bu!, c’est avant tout que c’est une série moins débile. Sans être non plus vraiment sérieuse, elle traite de certains sujets avec un soin inattendu, notamment les thèmes de l’isolation et de la peur du regard de l’autre (autant pour l’hikkikomori Kyou que pour les trois fillettes), et se montre même parfois assez subtile, avec par exemple un premier épisode assez finement réalisé. Le problème, c’est que du coup, quand la série nous lâche du fan-service (ce qu’elle fait beaucoup moins que RKB!, mais qu’elle fait quand même occasionnellement), la différence rend ces scènes autrement plus dérangeantes.

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De façon générale, la série est principalement un slice-of-life consacré au développement du groupe de rock de ces trois écolières sous la supervision de Kyou. C’est riche en filles qui font des trucs mignons et des bruits mignons, et c’est globalement regardable pour tous les publics, bien que pas forcément passionnant. Il n’empêche que si l’idée était de faire une série un peu plus fine que RKB!, il aurait peut-être fallu laisser carrément tomber les idées grasses.

#35: The Snack World

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OLM Digital | Pas assez d’épisodes de 23 minutes (second cour) | Projet multimédia

Non licencié en France

Si la série tirée du projet multimédia de Level-5 continue d’employer la structure que j’ai décrite dans le précédent bilan, où elle était classée #33, elle a su surprendre en n’ayant pas peur de faire avancer son intrigue, autant scénaristiquement que géographiquement. Au revoir le roi, au revoir princesse Melora, une première confrontation avec le cruel Vinegar Kahn a eu lieu, et nos héros se trouvent désormais dans une ville à proximité de son palais. Personnellement, je continue à bien apprécier la série, avec son humour gamin qui fait mouche, son rival-cool-qui-est-en-fait-vraiment-un-chic-type, son zombie en anko, son inspecteur culturiste et tout le toutim. Allez, continuez d’en produire des épisodes, c’est de la bonne came.

#34: Koi to Uso

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LIDENFILMS | 12 épisodes de 24 minutes | Manga web

Titre Wakanim : LOVE and LIES

Imaginez une société où l’on calcule pour vous, de votre entrée à l’école primaire jusqu’au lycée, la personne du sexe opposé avec qui vous serez la plus compatible à travers le pays, pour que, le jour de vos 16 ans, vous obteniez une lettre vous donnant tout simplement le nom de la personne que vous allez épouser. Utopique ? Pas trop pour Yukari, un garçon de 15 ans qui est, depuis sa plus tendre enfance, amoureux de sa camarade de classe, Misaki, et qui n’a aucune envie d’être marié à quelqu’un d’autre qu’elle. La veille de son seizième, il décide de déclarer sa flamme à Misaki, puisque après tout, foutu pour foutu, autant partir avec panache. Twist à Saint Tokyo : il s’avère que cet amour était réciproque. Alors que les deux baignent dans leur bonheur, un SMS vient le ramener sur Terre : il est minuit, il a maintenant seize ans, et son épouse désignée n’est bien entendu pas Misaki.

Fort d’un concept assez original, Koi to Uso accroche facilement l’intérêt, mais ne parvient pas forcément à rester aussi marquant par la suite. De son état d’adaptation d’un manga en cours, l’anime souffre du manque d’une conclusion satisfaisante, que ses qualités ne parviennent pas forcément à compenser. Pas spécialement drôle ni spécialement bien animé (c’est d’ailleurs un point sur laquelle la série perd en qualité au fil des épisodes), avec un personnage principal franchement tête-à-claques, la série manque finalement d’arguments suffisamment forts pour la distinguer de la masse des autres séries du genre, mis à part quelques anime faces rigolotes. Cela étant dit, sans mentir, j’accueillerais avec plaisir l’annonce d’une seconde saison.

#33: Isekai Shokudou

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Silver Link. | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre Crunchyroll : Restaurant to Another World

Il est étrange de voir que dans un genre aussi riche en possibilités que l’isekai (c’est-à-dire l’aventure dans un autre monde), les séries qui parviennent à obtenir une adaptation en animé soient aussi peu variées dans leur angle d’approche du genre. Isekai Shokudou nous offre donc une bouffée d’air frais avec son idée : raconter les histoires que l’on peut entendre dans un restaurant qui, tous les samedis, se retrouve connecté à tout un tas d’endroits d’un monde de fantasy. Le protagoniste principal du récit, le chef du restaurant, ne met à aucun moment un pas dans le fameux isekai : ce sont les indigènes (humains, nains, elfes, fées, homme-lézards, dragons quasi-omnipotents, etc.) qui viennent à lui, et ça suffit à nous faire voir du paysage.

Chaque épisode d’Isekai Shokudou nous présente donc un ou deux réguliers du restaurant, leur histoire personnelle, leur culture, les aventures qui les ont menés à trouver ce fameux gourbi voyageur, mais surtout la façon dont ils sont pour la première fois rentrés en contact avec la nourriture de notre monde au sein de ce resto. On découvre donc ce monde de fantasy touche par touche, et en même temps on a le droit à un peu de ce que l’on aime à appeler la pornographie culinaire. On s’épargnerait bien les débats culinaires des clients, qui sont d’un manque de constructivité et d’intérêt assez affligeants, mais à part ça, je n’ai pas spécialement de reproches à faire à son écriture.

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Non, si la série se regarde assez bien et réussit le pari de donner faim, je suis pourtant obligé de dire que son exécution est plus discutable, surtout avec son animation progressivement à la dérive. Les derniers épisodes deviennent effectivement vraiment gênants à regarder (sans parler des scènes juste mal composées comme celle où l’elfe court au milieu des cerfs), ce qui s’explique probablement par le temps de production inhabituellement court auquel a eu le droit la série. Les cuts en gros plan de la série restent agréable à regarder, mais je reprocherais aussi à la série de présenter ses plats de façon assez terne, ce qui est assez dommage pour une série comme ça.

#32: Youkai Apart no Yuuga na Nichijou

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Shin-Ei Animation | 26 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Light novel

Titre Crunchyroll : Elegant Yokai Apartment Life

La vie n’est pas cool avec Yuushi. Ses parents étant décédés quand il était en première année de collège, il décide de devenir indépendant aussi vite que possible afin de ne pas être un poids pour l’oncle qui l’a pris en charge. Ainsi, quand vient le temps d’entrer au lycée, il s’apprête à emménager dans une résidence pour étudiants. Pas de bol, la résidence brûle. Avec ses maigres économies, il galère donc à trouver une chambre, jusqu’à en trouver une avec un tarot plus que correct, et qui semble même un peu trop belle pour être vraie. Il y avait effectivement un truc : la résidence en question est hantée par tout un tas de youkai. Il emménage, et apprend à connaître les autres résidents, youkais comme humains, et il s’y plaît tant qu’il commence à avoir du mal à se passer de la chaleur de ce petit bout de maison.

Je ne vais pas vous mentir : j’ai un peu de mal à savoir ce que je pense de cette série, qui alterne entre des épisodes particulièrement bien écrits (tout ce qui a rapport au « copain » relou de Yuushi est assez finement mis en place, par exemple) et d’autres d’une naïveté vue et revue. Visuellement dépourvue d’ambition (ça ressemble à une pique déguisée mais même pas, la série est effectivement très économe de moyens mais consistante, ce qui est une approche tout à fait valide), Youkai Aprat no Yuuga na Nichijou s’avère néanmoins assez sympathique à suivre, sans que je parvienne à mettre le doigt sur ce qui m’y plaît exactement.

#31: Kyoukai no Rinne 3rd Season

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Brain’s Base | 25 épisodes de 24 minutes (second cour) | Manga

Titre ADN : Rinne 3

Les joyeux crétins de la dernière série en date de madame Rumiko Takahashi (Ranma ½, Inuyasha, etc.) sont de retour pour finir une troisième saison en faisant quelque chose qui ne leur ressemble pas : faire avancer le scénario. En effet, on retrouve enfin, dans ce sixième cour de Kyoukai no Rinne, un personnage qui était jusque-là porté disparu, qui va donc rejoindre le casting de personnages récurrents de la série, et c’est franchement très cool, d’autant qu’on ne le voyait pas forcément venir. On y fait aussi une autre découverte intéressante : il semblerait que le français soit maintenant des runes anciennes. À part ça, cette troisième saison de Kyoukai no Rinne reste franchement mal tenue du point de vue technique, mais elle conserve aussi ses qualités, telles que Sakura Mamiya, son humour intemporel, Sakura Mamiya, son casting sympathique, Sakura Mamiya, et tout ça. Une saison quatre ? Je dirais pas non.

#30: Katsugeki/Touken Ranbu

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ufotable | 13 épisodes de 24 minutes | Jeu browser

Titre Wakanim : Katsugeki TOUKEN RANBU

Permettez-moi une courte parenthèse, mais en ce moment je joue pas mal à Fate/Grand Order. Vous savez, ce jeu mobile où l’on part à l’aventure pour corriger les irrégularités causées à travers l’histoire humaine par des méchants mal intentionnés. Du coup, quand je vois ufotable produire une série où on envoie des Serv-… des bonhommes surnaturels corriger l’histoire du Japon que des méchants cherchent à altérer, et connaissant l’histoire d’ufotable avec la licence Fate/, je ne peux m’empêcher de voir dans ce Katsugeki/Touken Ranbu un gigantesque appel du pied, qu’il n’est cela dit sans doute pas.

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Parenthèse fermée, Katsugeki/Touken Ranbu aborde le même univers que la série Touken Ranbu: Hanamaru diffusée l’automne dernier, mais avec un tout autre angle. Là où Hanamaru montrait surtout la vie quotidienne des garçons-épées dans leur base, Katsugeki se concentre sur leurs missions à travers l’histoire japonaise pour empêcher les TimeSpl-… les soldats de l’armée rétrograde d’altérer le cours normal des événements. Il est donc question d’aller dans le passé, de latter des bonshommes pas très bavards, et de rentrer à la maison en s’assurant que les cibles à protéger ont été bien protégées. La subtilité est que les garçons qui partent en mission sont en fait les incarnations physiques d’épées célèbres de l’histoire japonaise, ce qui fait qu’en mission il n’est pas impossible que certains rencontrent ceux qui étaient leurs propriétaires.

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Katsugeki/Touken Ranbu ressemble, pour moi, à une synthèse de la production récente d’ufotable : c’est une série avec pas mal de combats assez bien chorégraphiés et bien animés, une ambiance plutôt bien mise en place, mais handicapées d’une part par un festival d’effets numériques pas toujours bien contrôlés et de l’autre par une approche assez froide de ses propres personnages. L’empathie a du mal à passer pour ces bonhommes dont on connaît à moitié l’histoire et qui ne se détendent que rarement, et on finit assez vite par ne plus vraiment s’intéresser à ce qui leur arrive. Pour tout dire, à un moment les personnages se font assez largement battre, et à titre personnel je m’en suis complètement battu les steaks. Cela dit, tout ça tient probablement à un seul gros point faible du scénario : la série n’a pas de vrai antagoniste, juste des hordes sans fin de goules sans personnalité. C’est simple, mais fatal.

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La série reste agréable à suivre ne serait-ce que pour sa qualité visuelle et ses quelques vraiment bons combats, mais je dois bien dire que je ne me suis jamais senti concerné par ce qui s’y passait. Cela étant dit, je trouve amusant d’avoir choisi comme personnages principaux les deux épées de Toshizou Hijikata, là où Hanamaru se concentrait sur les deux épées de Souji Okita.

#29: Knight’s & Magic

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8bit | 13 épisodes de 25 minutes | Light novel

Titre Wakanim : Knight’s & magic

Retournons dans de l’isekai avec un concept simple : un ingénieur de génie, qui est aussi un otaku fan de mecha, passe un jour sous les roues d’un quelconque véhicule. Sans raison précise, il se voit réincarné dans un monde de fantasy, et quelle n’est pas sa joie quand il découvre qu’il existe, dans ce monde, des mechas géants magiques. Ernesti Echevalier (puisque c’est désormais son nom) va donc faire tout son possible pour pouvoir piloter un mecha dès qu’il peut.

Knight’s & Magic est, en soi, un isekai assez banal et pas forcément bien foutu : la réalisation est faible, la narration poussive, et la technique de la série n’est généralement pas folle, à part pour les combats qui bénéficient d’une 3D pas trop mal et les décors qui peuvent être assez jolis. Seulement voilà, l’enthousiasme d’Ernesti à construire des mechas, les analyser, les réparer et leur ajouter des fonctionnalités supplémentaires en ignorant les limites de la logique commune de ce monde, est communicatif. Il s’avère que, voir un gars qui accomplit ses rêves les plus fous en construisant des gros robots dans un monde de magie, c’est juste intrinsèquement cool. Certes, dès que la série s’éloigne de toute la partie « viens on fait des robots, ouaaaaaais », c’est souvent un peu moins intéressant et moins bien fichu, mais la série n’est jamais moins qu’un divertissement compétent et plaisant.

#28: Keppeki Danshi! Aoyama-kun

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Studio Hibari | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Keppeki Danshi! Aoyama-kun

Aoyama est un jeune footballeur de génie, mais il a un petit souci : il est germophobe, ce qui le force à jouer et à se comporter de façon à ce qu’il évite de se salir. Une comédie avant d’être une série de sport, Keppeki Danshi! Aoyama-kun s’intéresse moins à l’impassible Aoyama qu’aux autres membres du club de foot et de sa classe, et à la façon dont ils tentent d’interagir avec lui. On retiendra tout particulièrement Moka, la timide manager du club de foot qui protège Aoyama de ceux qui voudraient le salir avec sa fidèle batte cloutée avec des stickers mignons.

Comme je l’ai déjà dit, dans la série, la comédie prend le pas sur le sport, et si on y voit quelques matches sérieux, la plupart des épisodes sont avant tout comiques. Ce n’est pas un défaut, mais c’est par contre une bonne chose de le savoir avant de se lancer dans la série, histoire d’éviter les déceptions. Les matches eux-mêmes sont rarement très intéressants, même si la série bénéficie d’une animation qui, si elle est économique dans ses meilleurs moments, montre un certain amour des smears, plus que louable. Cela dit, Keppeki Danshi! Aoyama-kun n’est jamais vraiment hilarant non plus, et même parfois un peu prévisible. Là où elle compense, c’est avec un casting, surtout féminin (elles sont toutes adorables à leur façon, holala), haut en couleurs et assez réussi. Et après tout, c’est bien normal, pour un sport d’équipe, que ça soit les copains qui sauvent la mise.

#27: Boruto: Naruto Next Generations

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Studio Pierrot | Une quantité inconnue d’épisodes de 24 minutes (second cour) | Manga

Titre ADN : BORUTO – NARUTO NEXT GENERATIONS

Au programme de ce second cour de Boruto : la fin réussie du premier arc de la série, quelques épisodes filler, et puis l’adaptation tant attendue des chapitres Gaiden de Naruto, couvrant l’histoire de Sarada et de sa relation compliquée avec son paternel. Sans aller jusqu’à des sommets de finesse non plus, la série adapte de façon plus que correcte cet arc, et nous offre en prime à l’épisode 23 l’une des scènes d’actions les plus spectaculaires de la saison avec un affrontement Sakura / Shin assez énorme.

Malheureusement, l’arc suivant, donc on a eu les premiers épisodes dans ce cour, s’annonce d’ores et déjà moins enthousiasmant, mais bon, c’est quelque chose dont on reparlera dans trois mois.

#26: Aho Girl

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Diomedea | 12 épisodes de 13 minutes | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : Aho Girl

Akuru est un bon élève, quoique un peu coincé. Yoshiko est une idiote, complètement insouciante, assez bruyante et par ailleurs amoureuse d’Akutsu. Aho Girl est leur histoire. Vous l’avez compris, les amateurs de subtilité peuvent ici passer leur chemin puisqu’on a là affaire à l’adaptation d’une nouvelle comédie romantique de Hiroyuki, l’auteur de Mangaka-san to Assistant-san to, mais aussi de quelques célèbres doujins basés sur l’univers de Type-Moon, qui n’étaient pas non plus caractérisés par leur subtilité.

Pour parler d’Aho Girl, il faut avant tout parler d’une des bases de l’humour japonais actuel, qui est le manzai. Je ne parle pas ici du pokémon mais bien d’un style de comédie impliquant deux comédiens : un « boke » (un idiot) et un « tsukkomi » (un personnage rationnel). L’idée est que le boke va dire quelque chose d’erroné ou de stupide, et que le tsukkomi va prestement le corriger. Le modèle se prête à un peu tout, des quiproquos aux jeux de mots foireux, et est appliqué un peu partout. Si vous avez déjà vu un anime un tant soit peu comique, il est très peu probable que vous n’ayez pas été confronté à ça sous une forme ou une autre. Ici, Hiroyuki prend donc la base de ce type de comédie, et crée ses deux personnages principaux sur cette base-là. C’est, une fois de plus, d’une subtilité plus que discutable.

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Aho Girl est donc une comédie romantique (un peu) qui laisse libre court aux blagues les plus débiles auxquelles aie pu penser Hiroyuki, et si tout n’est pas drôle (les répliques d’Akutsu sont notamment souvent très basiques), la série cache en son sein tout un tas de blagues très exagérées et autres références qui font mouche. Une fois de plus, c’est très excessif et pas bien fin, donc il ne serait pas étonnant qu’un bon nombre de gens n’accrochent pas du tout. Cela étant dit, l’adaptation est d’une facture plus que correcte, assez bien rythmée et bien animée, et si je trouve que le dosage de blagues nulles par rapport aux blagues drôles est plutôt sur la pente ascendante au fur et à mesure qu’on s’approche de la série, ce n’est là qu’une question de goût. Testez pour voir, les épisodes ne sont de toute façon pas bien longs, et vous verrez tout de suite si vous accrochez ou pas.

#25: Kakegurui

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MAPPA | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Netflix : Kakegurui

Vous vous en souvenez peut-être, j’avais, dans mon pronostic de l’été, parié sur la qualité de l’adaptation en anime de Kakegurui. Et, visiblement, j’ai perdu. Mais c’est aussi ça, le fun des paris.

Kakegurui est une série qui raconte l’arrivée d’une nouvelle étudiante à la prestigieuse académie privée Hyakkaou. La particularité de l’académie ? Tout y tourne autour des jeux d’argents. Les gagnants montent dans la hiérarchie de l’école, tandis que les perdants peuvent se voir réduits au rang d’animaux de compagnie. Mais la petite nouvelle, Yumeko, cache bien son jeu, puisqu’elle est en fait accro aux paris risqués, et plutôt douée pour les remporter. Le manga est une très (mal)saine lecture, que je vous recommande fortement, et en vérité l’anime n’est pas non plus mauvais (il est quand même en 25e place, c’est pas dégueu non plus) : il conserve la qualité de l’écriture du manga, son suspense, la folie de ses personnages, et renforce ça avec le très convaincant jeu de Saori Hayami et de ses petits camarades. Oui, mais.

Si en termes d’animation pure, Kakegurui parvient à ne pas trop souffrir sur la distance, il doit avoir recours à quelques vilains procédés, dont l’utilisation de 3D mal dissimulée pour montrer les mains des personnages quand ils manipulent des cartes. Mais là n’est pas franchement le problème, même si c’est dommage. J’ai plutôt des problèmes avec la façon dont l’anime tente de se rendre encore plus perturbant, par exemple avec des effets comme la très laide façon dont la série représente les yeux injectés de sang des personnages, mais aussi toute sa sur-sexualisation.

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Le manga présente déjà un parallèle assez évident entre l’excitation des parieurs et une excitation sexuelle sous-tendue, et l’anime décide de relâcher le robinet à fluides corporels. Ce qui restait relativement discret dans le manga prend alors dans l’anime une toute autre dimension, jusqu’à rendre celui-ci parfois franchement vulgaire (et croyez-moi, je n’aime pas utiliser ce mot). Si vous voulez une preuve concrète de cette tendance, regardez juste l’ending, qui est une simple suite de plans culotte et de plans seins parfaitement gratuits. Franchement, c’est gentil mais non merci, y’avait vraiment pas besoin de ça.

#24: Sakura Quest

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P.A. Works | 25 épisodes de 24 minutes (second cour) | Original

Non licencié en France

À défaut d’avoir trouvé une solution miracle au problème de l’exode rural japonais, les filles de Sakura Quest continuent à faire de leur mieux pour tenter de ramener un peu de vie à leur village. Malheureusement, les problèmes que j’évoquais dans le précédent bilan, où la série avait eu le droit à une quinzième place honoraire, sont toujours là, et Sakura Quest a continué ne pas vraiment m’intéresser, de la visite des gaijins à la recherche des reliques (qui vient d’ailleurs justifier de façon amusante le titre de la série). L’anime traite son sujet avec respect et nuance, et ça se comprend quand on sait que le studio P.A.Works se situe lui-même en campagne, mais l’enrobage, la série elle-même, ne parvient jamais à me convaincre vraiment. En quelques mots, je me suis fait bravement chier. Mais bon, les personnages sont plutôt sympathiques, la fin est mignonne et la réponse donnée à la question principale de la série est empreinte d’un réalisme mélancolique appréciable.

#23: Hina Logi: From Luck & Logic

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Doga Kobo | 12 épisodes de 24 minutes | Jeu de cartes à collectionner

Titre Wakanim : Hina Logic – from Luck & Logic

Voilà une série que j’ai vu arriver avec une très grande méfiance, du fait de sa parenté avec l’extrêmement médiocre série d’action Luck & Logic. Coup de bol, ce Hina Logi n’a finalement pas grand-chose à voir avec cette dernière, puisqu’il s’agit d’un slice-of-life avec des tendances très cartoon. On y suit l’arrivée dans une académie champêtre de Lion, la naïve princesse d’un petit pays slave. Elle y fait la connaissance de Nina, une jeune fille plutôt réservée avec qui elle va forger une profonde amitié.

Mignonne toute plein, la série se montre très généreuse en termes de visages marrants, de mimiques exagérées et autres explosions cartoon. C’est aussi une série où on peut voir, au troisième épisode, un daron se pointer à l’académie sur le dos d’un missile, vêtu d’une armure de chevalier, ce qui, je pense, vaut tous les argumentaires du monde. Par ailleurs, si vous aimez le yuribait, vous serez ici largement servis.

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Du coup, qu’est-ce que je lui reproche, qui m’empêche de la recommander ? Tout simplement, tous les épisodes ne sont pas aussi fun que ce que j’ai pu décrire, et pendant un certain temps la série donne l’impression de ne pas savoir dans quelle direction elle veut aller. Ce n’est pas un slice-of-life d’exception, mais si vous êtes fan du genre, ça peut carrément être de la bonne came pour vous.

#22: Pikotarou no Lullaby Lullaby

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DLE | 9 épisodes de 3 minutes | Original

Titre Crunchyroll : Pikotaro’s LULLABY LA LA BY

Vous connaissez peut-être Pikotarou pour la chanson PPAP (Pen-Pineapple-Apple-Pen). Personnellement, je trouve cette chanson insupportable, et bien qu’elle ne fasse que 45 secondes, je ne pense pas en être jamais venu à bout. Le décor est posé, parlons maintenant de Pikotarou no Lullaby Lullaby.

Il s’agit en fait d’une série de petit sketchs faits à deux mains, reprenant des contes de fées plus ou moins connus. Côté dessin et réalisation, on retrouve le grand malade derrière Onara Gorou, Takashi Taniguchi, tandis que Daimaou Kosaka (aka Pikotarou) se charge du doublage et de l’improvisation. Le résultat, comme on pouvait s’y attendre, est extrêmement débile, et franchement drôle (bien que vraiment variable d’un épisode à l’autre). C’est fou ce qu’on peut faire avec une feuille blanche, des feutres et une baignoire de coke, quand même.

#21: Isekai wa Smartphone to Tomo ni.

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Production Reed | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre Crunchyroll : In Another World With My Smartphone

Pour s’excuser de l’avoir foudroyé à mort par erreur, Dieu décide de régler les choses à l’amiable avec Touya Mochizuki, en lui offrant une petite réincarnation dans un monde parallèle, avec en prime l’option d’emmener avec lui l’objet de son choix (son smartphone). Ça semble être une offre tout à fait honnête, et c’est même plus que ça, puisque Touya s’aperçoit bien vite que le corps que Dieu lui a rendu est en fait absolument craqué, le rendant par exemple capable d’utiliser naturellement n’importe quel type de magie au monde. Combinés avec son astuce naturelle et son téléphone, ces pouvoirs font de lui un personnage qui dispose d’un avantage complètement injuste sur tous ses ennemis potentiels.

Votre première réaction sera probablement de trouver ça débile, et vous aurez raison. Isekai wa Smartphone to Tomo ni. est un anime qui se fait plaisir à passer au bulldozer à travers les lieux communs du genre isekai avec son protagoniste craqué, et c’est en fait assez jouissif à regarder. Mais il ne fait pas les choses comme l’excellent One Punch Man, par exemple. Déjà, Isekai wa Smartphone to Tomo ni. ne joue pas avec les clichés de son genre : il met les pieds en plein dedans, et il s’en bat la race. Et de plus, Touya ne dispose pas bêtement de capacités physiques extraordinaires : il se sert avant tout de sa capacité craquée à se servir de tous les types de magie possibles pour exploiter leur fonctionnement. Pour prendre un parallèle assez cohérent avec l’univers de l’anime, ce n’est pas comme s’il jouait en god mode, mais plutôt comme s’il était un très bon speedrunner se servant de gameplay émergent pour tout résoudre en un clin d’œil.

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Ce faisant, Touya peut maîtriser les opposants les plus coriaces sans trop d’efforts, il peut intercepter des armées seul juste en tripatouillant son smartphone et en récitant une incantation, il peut forcer des dragons millénaires à baisser les yeux devant lui, et il réunit derrière lui sans le savoir un harem d’une demi-douzaine de filles (on apprécie d’ailleurs de constater qu’une de ces filles semble avoir le même plan en tête que Momo de To Love-Ru). C’est très con… mais l’espace d’une douzaine d’épisodes, on pardonne sans le vouloir, trop amusés par la perspective de voir se continuer l’aventure de ce protagoniste que rien ni personne ne semble être capable d’arrêter, et que, du coup, rien n’inquiète. Ah, notez que l’anime n’est pas très beau et a quelques trous de scénario. Mais franchement, peu importe, la série a beau être parfois consternante à sa façon, elle reste un plaisir qu’il serait dommage de bouder.

#20: Aggressive Retsuko

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Fanworks | Vraiment beaucoup d’épisodes de 1 minute (sixième cour) | Mascotte

Titre Sanrio (pour la mascotte, la série n’est pas licenciée en France) : Aggretsuko

Sixième cour déjà pour Aggressive Retsuko, et la formule continue à marcher. Pour rappel, il s’agit de petites tranches de la vie d’une office lady japonaise (qui est aussi, accessoirement, un panda roux) qui aime évacuer sa frustration en chantant du death metal. On la suit de semaine en semaine dans des situations qui sentent à fond le vécu, c’est drôle, on aime, et on continue à regretter que Sanrio ne mette pas ça sur YouTube avec des sous-titres anglais, parce que je suis sûr et certain que ça parlerait à énormément de monde. Pas grand-chose de spécial à signaler sur ce cour sinon qu’on a eu moins de scènes au travail, ce que je trouve un poil moins fun, mais ça serait franchement du chipotage. C’est toujours indéniablement de la vraie bonne came, et si vous êtes en mesure de regarder la série d’une façon ou d’une autre, je vous la conseille fort.

#19: Action Heroine Cheer Fruits

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Diomedea | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Titre ADN : Action Heroine Cheer Fruits

Et attention parce que là on passe à quelque chose d’important : un petit coup de cœur perso, complètement inattendu. À première allure, Action Heroine Cheer Fruits ne paye pas de mine. Pour revitaliser son village et sauver la salle des spectacles qu’a fait construire son grand-père, la jeune Misaki est prête à tout, mais il lui manque une idée. C’est alors qu’elle surprend deux de ses camarades de lycée en train de tenir un spectacle pour les enfants du village. Ce spectacle, c’est un hero show, un spectacle que l’on pourrait comparer à une représentation de tokusatsu en live. Vous savez, le genre où un méchant demande à un enfant de venir sur scène pour jouer le rôle de l’otage avant d’être battu par le gentil, sous les acclamations des bambins. Elle tient son idée : elle va monter avec elles et avec d’autres amies un groupe d’héroïnes locales.

La série va donc suivre ce groupe d’amies alors qu’elles développent leur troupe de spectacle, au fur et à mesure des recrutements d’actrices supplémentaires, des fabrications de costumes, des ventes de goodies, des problèmes de propriété intellectuelles et autres tracas et succès que ce genre d’entreprise peut rencontrer. Bon, concrètement, c’est Sakura Quest mais en bien.

Cela étant dit tout n’est pas bon dans la série, et on note notamment que le scénariste a dû être un poil trop enthousiaste, puisqu’il a clairement fallu faire quelques coupes et donner quelques coups d’accélérateur malchanceux par endroits afin de tout faire tenir. Je lui reprocherai aussi, dans le dernier épisode, de beaucoup trop se concentrer sur ce qui se passe sur scène et de ne pratiquement jamais montrer le public, ce qui est contraire à l’esprit de la série, d’une part, et de ces spectacles, de l’autre.

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Cela étant dit, la série brille quand même par sa plus grande réussite : un casting de personnages débordant de sympathie, avec des interactions tordantes et des mimiques adorables, à un point où je trouve la série assez comparable à un Love Live! dans sa façon de faire du slice-of-life. Les personnages eux-mêmes sont vraiment réussis, entre Akagi la jeune fan de tokusatsu qui tourne au 220, Shimura l’ojou-sama qui ne recule devant rien pour essayer de rivaliser avec Akagi et Momoi la fille du patron d’une entreprise de construction qui a une licence en maniement d’explosifs et n’hésite pas à s’en servir pour impressionner sa senpai. Les quelques défauts de la série s’estompent vite face à toute la sympathie que la série parvient à générer, et on en sort avec un bon sourire et des bons souvenirs, et l’envie d’une seconde saison pour toujours plus de lycéennes qui se battent dans des costumes en PVC.

#18: Shingeki no Bahamut: Virgin Soul

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MAPPA | 24 épisodes de 24 minutes (second cour) | Jeu smartphone

Titre Prime Video : RAGE OF BAHAMUT : VIRGIN SOUL

Après un premier cour en 11ᵉ place du bilan du printemps, Shingeki no Bahamut: Virgin Soul a continué à être un divertissement compétent mais lacunaire. Ce nouveau cour est en effet notamment entaché par une perte de qualité visuelle globale. Attention, tout n’est pas à jeter, et Bahamut reste riche de belles pièces d’animation, dont un combat très réussi entre deux dragons, mais ce qui se trouve entre chaque grand moment perd très clairement en tenue (et la 3D se fait plus présente et moins bien cachée). Là où la fin de la bataille qui concluait le premier cour montrait que le staff en avait encore sous la pédale, la dernière bataille montre qu’il était temps que la production se termine.

Par ailleurs, je reprocherais à la série d’être un peu rapide à pardonner les actions de Charioce, oubliant légèrement de justifier ces petits soucis de guerre initiée contre les dieux et d’esclavage des démons au nom du sacro-saint « on a pas le temps d’expliquer, je vous fais la version courte où rien n’est expliqué, okay ? ». C’est dommage, mais dans l’ensemble Shingeki no Bahamut: Virgin Soul reste une série assez cool à regarder, avec des dragons et des explosions, et on ne lui en demandait pas forcément plus.

#17: Gamers!

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Pine Jam | 12 épisode de 24 minutes | Light novel

Titre Crunchyroll : Gamers!

Autre registre, autre bonne surprise, Gamers! est une comédie romantique somme toute assez classique mais qui sait se mettre en valeur. Tout ça tourne autour de Keita Amano, un lycéen plutôt solitaire fan de jeux vidéo, qui se voit un jour invité par Karen Tendou, la plus jolie fille du lycée (elle-même fan de jeux vidéo), à rejoindre son club de jeu vidéo. Ce qu’il refuse, les pratiques du club ne correspondant pas à sa propre façon d’apprécier son loisir. Karen, sans surprise, ne le prend pas super bien, et va même commencer à faire une fixette pas très saine sur Keita.

Gamers! est une comédie romantique qui connaît ses clichés, et qui, sans les éviter, sait jouer avec. Par exemple, la série repose beaucoup sur des quiproquos, qui sont pourtant habituellement une astuce scénaristique de la pire race dans les comédies romantiques, mais qui dans Gamers! vont tellement loin que ça en est drôle, grimpant dans les tours jusqu’à une scène paroxysmique à la fin du sixième épisode, où chaque personnage est tellement perdu dans sa mauvaise compréhension de ce que les autres pensent que plus rien n’a de sens, et que l’improbable se produit.

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Malheureusement, après cette scène formidable, je trouve que le soufflé retombe un peu (et le fait est que les quiproquos persistent à me taper sur les nerfs), mais la série reste toujours sympathique avec ses personnages qui font des pures têtes, ses références pas trop lourdes, sa variété visuelle (qui tend à baisser alors que la série perd un peu en qualité d’animation), ses surprises et ses petits débats sur quelques aspects du jeu vidéo qui vous parleront sans problème si c’est un loisir auquel vous aimez vous adonner. Bien qu’inégale, avec son climax en plein milieu de saison et ses quelques lourdeurs, Gamers! reste une comédie romantique plus que distrayante, et que je vous conseille sans problème si c’est votre délire.

#16: Youkoso Jitsuryoku Shijou Shugi no Kyoushitsu e

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Lerche | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre Crunchyroll : Classroom of the Elite

Vu de loin on dirait un documentaire sur l’éducation au Japon, mais il n’en est rien, Youkoso Jitsuryoku Shijou Shugi no Kyoushitsu e est une série à suspense où les élèves d’un lycée très sévère complotent les uns contre les autres pour choper des points et faire échouer les autres. Un documentaire sur l’éducation au Japon, donc.

Pour être spécifique, la série se déroule dans le lycée Koudo Ikusei, un prestigieux établissement public d’où les élèves peuvent sortir avec la certitude d’être admis dans une grande école et de décrocher le job de leurs rêves. Ce lycée, situé sur une île artificielle, a un fonctionnement un peu particulier, puisqu’il attribue chaque mois à ses élèves des points avec lesquels ils vont devoir vivre, sachant que tout peut s’acheter sur l’île avec des points, tant qu’on reste dans le cadre de la légalité. Le truc, c’est que l’attribution de ces points dépend de la performance des étudiants. Kiyotaka Ayanokouji, le flegmatique protagoniste de la série, se retrouve dans la classe D, la plus faible du lycée, et va devoir collaborer avec ses camarades de classe afin de gagner des points et peut-être un jour prendre la place privilégiée de la classe A.

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Bien tenu, riche en manigances et en personnages qui cachent bien leur jeu (à commencer par le personnage principal), Youkoso Jitsuryoku Shijou Shugi no Kyoushitsu e est en vérité un divertissement très sympathique, à défaut d’être génial (les affrontements de cerveaux de la série n’étant pas non plus à un niveau incroyable de malice). Si je lui reprocherai un fan-service un peu trop présent, quelques petits sauts scénaristiques voyants dans son adaptation et un dernier arc un peu poussif, la série se conclut sur un petit twist assez aguicheur, qui donne forcément envie d’en voir plus.

#15: Princess Principal

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Actas & Studio 3Hz | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Titre Wakanim : Princess Principal

Situé dans une Angleterre post-seconde révolution industrielle qui aurait été divisée en deux (entre le Commonwealth et le Royaume) par une révolution et un mur, Princess Principal pose la question cruciale suivante : « si on peut faire du cute girls doing cute things avec des opératrices de tanks, pourquoi on ne pourrait pas le faire avec des espionnes ? ». La réponse a été trouvée : on peut.

Dans Princess Principal, on suit donc un groupe d’espionnes du Commonwealth ayant infiltré un lycée de l’autre côté du mur afin de mener à bien une opération visant à faire disparaître une princesse du Royaume pour lui substituer une espionne à eux. L’opération se voit toutefois suspendue indéfiniment quand, grillant la manœuvre, ladite princesse se propose d’elle-même de servir d’espionne pour le Commonwealth.

Prenant un très bon départ, Princess Principal est une série principalement composée de petites opérations durant un épisode chacune, permettant de mettre en place l’univers de la série et l’histoire de ses protagonistes. Malheureusement, la série se plaît tellement à mettre en scène ces petites missions qu’elle en oublie un peu son fil rouge, perdant de vue le développement de certains points centraux de son intrigue (rip le duc de Normandie, on t’a vu pendant un épisode et c’était tout), et se terminant sur une non-fin assez scandaleuse. Par ailleurs, si j’aime l’idée de la série de faire du CGDGT dans le domaine de l’espionnage, celle-ci souffre régulièrement d’une certaine friction entre son sujet et les codes de son genre, avec des héroïnes qui reculent rarement devant l’idée de sacrifier la précaution que leur job implique pour une naïveté et, parfois, une exubérance guère à-propos.

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Cela étant dit, et malgré quelques sérieuses œillères scénaristiques, la série peut s’apprécier simplement comme la somme de ses épisodes individuels, au fur et à mesure des missions baignées dans l’ambiance bien particulière de cette Angleterre alternative, et illustrée par la musique de l’excellente Yuki Kajiura. Il y a pour moi un gros potentiel gâché dans cette série, et c’est assez frustrant, mais on peut toujours espérer qu’une seconde saison vienne rattraper ces errances.

#14: Heybot!

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Bandai Namco Pictures | 50 épisodes de 24 minutes (quatrième cour) | Original

Titre Crunchyroll (en VOSTA) : HEYBOT!

Il y a des au-revoir qui font plus de mal que d’autres. Heybot!, c’est avec une grande peine que je dois te dire adieu. Tu auras été jusqu’au bout de ton absurde jusqu’au-boutisme, brisé un nombre incalculable de quatrièmes murs, et fait des blagues de pet une forme d’expression à part entière. Arrivant au terme des cinquante épisodes qui lui étaient échus, Heybot! conclut avec ce cour son intrigue insensément complexe à base de loops temporels et d’affrontement d’entités galactiques, sans jamais perdre de vue sa raison d’être : les blagues débiles.

Mais je pense que le plus bel hommage qu’on puisse faire à Heybot!, c’est son propre dernier épisode, où l’anime se juge lui-même coupable d’être débile au point de faire fondre le cerveau des enfants, et décide donc de s’auto-condamner à devenir un dessin animé sain pour une jeunesse saine, ce qui entraîne encore d’autres soucis galactiques, un twist final stupide et encore plus d’absurdité. Cette série aura été raide dingue de part en part, et elle me manquera.

#13: Mahoujin Guru Guru (2017)

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Producton I.G | 24 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Manga

Titre Crunchyroll : Magical Circle Guru-Guru

Les parodies de RPG ne sont pas vraiment des œuvres dont on vient à manquer ces derniers temps. Cela dit, toutes ces séries vont devoir s’adresser à Mahoujin Guru Guru avec le respect qui est dû aux aînés, puisque ce nouvel anime est en fait la troisième adaptation en série télé du manga comique de 1992 de Hiroyuki Eto. La (très sympathique) première adaptation du manga, en 1994, faisait 45 épisodes, tandis que la (moins bonne) seconde série, intitulée Dokidoki♡Densetsu: Mahoujin Guru Guru, ne durait que 38 épisodes. Or, figurez-vous qu’en l’espace de 12 épisodes, cette nouvelle adaptation a déjà couvert la plupart du matériel déjà couvert dans les deux précédentes adaptations combinées. Eh oui.

Mais reprenons du début : Mahoujin Guru Guru nous raconte l’histoire d’un monde de fantasy où est revenu à la vie le seigneur du mal, Giri. Dans un petit village paumé vit Nike, un garçon que son père, trop frustré de ne pas avoir eu un seigneur du mal à affronter quand il était gamin, a entraîné pour devenir un héros à sa place. Nike se voit donc envoyé bien malgré lui à l’aventure, et va prendre pour compagnonne de route la charmante Kukuri, dernière héritière des secrets de la magie Guru Guru, qu’elle ne maîtrise en fait pas des masses.

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La série met donc en scène leurs aventures, qui suivent les codes des RPG japonais les plus classiques auxquels vous ayez pu jouer, tout en leur insufflant une dose bien sentie d’un humour allant du parodique à l’absurde, et qui fait très souvent mouche. Cela étant dit, comme précédemment évoqué, la nouvelle adaptation va extrêmement vite, ce qui rend un certain nombre de vannes difficiles à capter, et éjecte par ailleurs un certain nombre de running gags qui faisaient le charme de la série (rip les fées Sappari).

Heureusement, l’anime compense par une animation solide mais qui ne tient pas en place, riche de toutes ces variations de style dont on sait Ikehata Iroshi amateur, et reste quand même vraiment drôle. Voyez surtout dans mes petites critiques mon âme de jeune vieux con conservateur qui a vraiment beaucoup aimé la première adaptation. En vrai, Mahoujin Guru Guru cuvée 2017 est une très bonne comédie, soutenue par une animation excellente et une OST sympa (avec des bouts de space ambient à la Jean-Michel Jarre dedans, allez comprendre). Riche d’un gros capital sympathie, la série a déjà entamé son second cour, et je sens déjà que je vais être triste quand ça va se finir.

#12: Boku no Hero Academia 2nd Season

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Bones | 25 épisodes de 24 minutes (second cour) | Manga

Titre ADN : My Hero Academia Saison 2

Après l’excellent arc du tournoi des sports qui avait valu à l’adaptation du très bon shounen de Kouhei Horikoshi la cinquième place de mon précédent bilan, voilà un second cour qui me laisse un peu plus mitigé, retombant dans d’importants problèmes de rythme, avec par exemple certains épisodes prennant cinq à sept minutes à se remettre en place avec des résumés des épisodes précédents et autres.

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Dans cette douzaine d’épisodes, on retrouve les stages des élèves de la classe 1-A chez des héros professionnels, ce qui inclut non seulement l’arc de Stain, mais aussi un amusant épisode original consacré à la batracienne favorite des fans, et puis une série d’examens pratiques où les étudiants se voient confrontés à leurs professeurs. Avec ce cour, la série retourne pour moi au niveau d’intérêt de la première saison, mais se présente surtout comme un cour de transition vers la prochaine saison, qui est d’ores et déjà annoncée, et que je ne cacherais pas que j’ai hâte de pouvoir regarder.

#11: Re:Creators

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TROYCA | 22 épisodes de 24 minutes (second cour) | Original

Titre Prime Video : Re:CREATORS

Voilà une série que, normalement, j’aurais recalé de quelques places pour avoir, dans son second et dernier cour, largement perdu en rythme et en qualité visuelle. Effectivement, cette seconde moitié de la nouvelle série du studio TROYCA a annoncé la couleur en s’ouvrant sur un récap un peu disgracieux (heureusement sauvé par les commentaires de Meteora qui partent complètement en méta assumé quand elle doit parler d’Altair), et en passant la moitié de l’été à montrer des personnages se préparer pour la « confrontation » finale. Je pourrais sanctionner ça. Mais.

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Re:Creators conserve, d’abord, la malice et la facétie qui m’avait tant plu la saison passée, en ayant par exemple l’idée osée de manifester dans le monde réel un personnage féminin d’un eroge, ce qui s’accompagne des implications que vous pouvez imaginer. Cette addition au casting est du coup forcément suivie de celle de son créateur, un jeune homme excentrique et un peu spécial (pour être poli), doublé par le génial Jun Fukushima, et nommé, tout à fait innocemment bien sûr, Nishio Oonishi.

Mais si Re:Creators est doté d’une intrigue qui sait jouer avec (et de) ses spectateurs, il brille pour moi surtout par la pure sympathie qu’il est capable d’inspirer pour ses personnages. À travers des épisodes plus « mous » et montrant simplement les scènes de vies des personnages fictifs et de leurs créateurs qui se préparent pour la grande soirée, elle parvient à faire ce que beaucoup de séries n’arrivent jamais à faire, et de leur donner une once de réalité (ce qui est par ailleurs tout à fait raccord avec le concept de la série) : ces personnages qui découvrent notre monde s’y habituent et se trouvent une place, si temporaire soit-elle. Certains se découvrent des goûts qu’ils ignoraient, d’autres se trouvent des passions, et aucun ne reste figé dans la coque qui les limitait en tant que purs personnages de fiction.

Mais ce que je veux dire, là, avec mes mots abstraits, c’est que la série m’a fait aimer ses personnages, et souffrir un peu d’en voir certains connaître un funeste sort. Le scénario a certes ses trous, l’animation a clairement faibli, tout n’y était pas intéressant, mais Re:Creators m’a parlé, et c’est un anime que je suis content d’avoir vu.

#10: Ballroom e Youkoso

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Production I.G | 24 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Manga

Titre Prime Video : Bienvenue au bal (Welcome to the Ballroom)

Tatara est un garçon qui, alors qu’il a presque fini ses années de collège, n’a toujours pas la moindre idée de ce qu’il veut faire de sa vie, ni quoi que ce soit qui le passionne. Heureusement pour lui, la force des choses l’amène à la rencontre du monde de la danse de salon, qui aura vite fait de le fasciner et de lui donner envie de s’y donner à fond. Comme tout shounen sportif qui se respecte, Ballroom e Youkoso est fait de découvertes, de rencontres de rivaux et autres compétitions, au sein desquelles évoluent un petit casting de danseurs pleins de caractère (parfois un peu trop).

La série est dans un premier temps soutenue par une réalisation de qualité et une animation qui n’est pas en reste, en plus d’une très bonne bande-son de Yuuki Hayashi. À l’instar du manga, l’anime met en scène des personnages à l’anatomie souvent très exagérée afin d’accentuer l’intensité du mouvement et de la posture, ce qui pourra cela dit perturber certains spectateurs moins habitués à ce genre d’effets de style. Bon, d’accord, ils ont des nuques vraiment très longues parfois quand même, j’avoue. Dans tous les cas la série nous réserve tout un lot de scènes particulièrement intenses en mouvement, et d’une grande expressivité, qui en font une série sportive particulièrement intéressante à suivre.

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Malheureusement cette intensité n’est pas constante, et Ballroom e Youkoso souffre de quelques problèmes dans la composition de ses scènes de danse, qui sont à mon sens trop entrecoupées (avec des plans foule, des plans sur les autres personnages et autres), et l’on voit trop rarement une séquence de danse longue et ininterrompue. Pour faire une comparaison qui parlera à tout le monde, si Yuri!!! on Ice n’avait pas les reins pour assumer ce choix, il a tout de même fait le pari de faire des cuts de patinage longs et ininterrompus, un choix tout particulièrement pertinent dans un sport artistique où l’on juge une performance complète et non pas une seule action qui marque un point (comme dans un sport de ballon).

Qui plus est, l’animation de Ballroom e Youkoso n’est pas non plus irréprochable, la production semblant éprouver de plus en plus de difficultés jusqu’à un épisode 10 vraiment très médiocre, bourré de plans foule et de bouche-trous pour éviter d’avoir à animer des danseurs. C’est dommage, et si la série reste à mon avis très intéressante et plaisante à regarder, j’espère que cette baisse en qualité ne va pas se poursuivre dans le prochain cour.

#9: Fate/Apocrypha

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A-1 Pictures | 25 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Light novel

Titre Netflix : Fate/Apocrypha

Si vous avez vu une adaptation de Fate/stay night ou celle de Fate/Zero, vous savez ce qu’est une guerre du Graal. Sinon, voilà une rapide explication : il s’agit d’une bataille royale où sept mages, nommées Masters, se voient chacun attribuer par le Graal les services d’un Servant. Le survivant aura le droit de demander à ce que le Graal exauce son souhait. Quant aux Servants, il s’agit grosso-modo d’incarnations de héros légendaires sous la forme de familier, chaque Servant correspondant à une classe de spécialisation particulière.

Fate/Apocrypha prend place dans un univers parallèle par rapport aux séries précédemment évoquées (vous n’avez donc pas besoin de les avoir vus pour en profiter), où le Graal en question a été réquisitionné pendant la seconde guerre mondiale par la famille Yggdmillennia, au grand mécontentement de l’Association des Mages. Du temps est passé, et il est l’heure d’une nouvelle guerre du Graal. Seulement, puisque celui-ci est entre les mains de la famille en question, et que du coup tout ça n’a pas l’air très très juste, le Graal décide de changer un peu ses règles, et de mettre en place une Grande Guerre du Graal, qui verra s’affronter sept mages de la famille Yggdmillennia et sept mages de l’Association des Mages, sous la supervision d’un Servant spécial, de classe Ruler, qui est en l’occurrence Jeanne d’Arc.

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En proposant un twist intéressant par rapport à la formule originale de la série, Fate/Apocrypha évite quand même les chausse-trappes que pouvait présenter une intrigue comme ça, en évitant par exemple d’avoir quatorze vrais Masters en jeu (ce qui aurait sans doute rendu le tout bien plus dur à suivre). Autre choix étonnant mais pas forcément bête : aucun mystère n’est fait ici sur les identités des Servants, alors que c’était un des principaux points d’intrigue du Fate/stay night originel. Non, l’intrigue ici tourne ici non seulement autour de la résolution de la Grande Guerre du Graal, mais aussi, et peut-être surtout, autour des différentes irrégularités qui entourent cette guerre d’un genre nouveau.

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Si la série met, à mon avis, un peu trop de temps à se mettre en place et à monter dans les tours, elle sait se montrer réjouissante dès qu’on en vient aux armes, avec une animation particulièrement forte pour les combats, entre l’incroyable nervosité des mouvements de Mordred, les explosions infernales qui accompagnent chacune des attaques de Karna, ou encore l’impact de chaque mouvement de Spartacus. Dans tous les cas, le premier cour se finit sur un événement qui va radicalement changer la forme de cette guerre à partir de là (et je me demande dans quelle direction ça va partir), et j’ai hâte d’en voir plus. Et, si je puis me permettre de rajouter sur la table un argument important : Mordred est absolument adorable.

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A, do, rable.

#8: Sagrada Reset

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David Production | 24 épisodes de 25 minutes (second cour) | Light novel

Titre ADN : SAGRADA RESET

Je serai peut-être seul sur le coup, mais je tiens à insister sur ce point : Sagrada Reset est une très bonne série. Je l’avais dit pendant le précédent bilan (où la série s’était classée #9), c’est une série captivante pour quiconque se donne la peine de rentrer dedans, et le second cour n’est pas venu me faire mentir.

On y retrouve toujours Kei, le maître des ruses lui-même, qui continue à résoudre les problèmes de la petite ville de Sakurada, cette ville où tout un chacun a la chance d’avoir un pouvoir spécial. Enfin, « chance », tout le monde n’est pas de cet avis, puisque dans ce cour, Kei va devoir faire face à un complot visant à effacer tous les pouvoirs de Sakurada. Si je trouve l’arc des rêves, au début de ce second cour, un peu difficile à suivre, je dois dire que l’arc final qui tourne autour de ce complot est particulièrement bien ficelé, et que le plan de Kei pour piéger son adversaire est encore un cran au-dessus de ce qu’on a pu voir jusqu’ici.

Cela étant dit, Sagrada Reset reste fidèle à elle-même, et n’est donc visuellement pas plus attirante qu’elle l’était à son premier cour (mais pas moins non plus, du point de vue technique la série est parfaitement stable). Autre problème que vous pourriez avoir avec la série : ses personnages sont assez peu émotionnels, et très stables psychologiquement, ce qui risque de vous donner assez peu d’empathie pour eux. Et effectivement, la série montre ces personnages dotés de capacités surhumaines comme des personnages parfois presque inhumains tant ils sont adaptables, calmes et réfléchis. C’est un angle que je persiste à trouver captivant, mais c’est un point de vue tout à fait personnel, et je ne serais pas surpris d’apprendre que quelqu’un aurait trouvé ça, au contraire, tout à fait détestable. Cela étant dit, tentez votre chance. Venez visiter Sakurada, laissez-vous captiver par ses jeux d’échecs mentaux à trois dimensions, et restez pour voir ces surhumains s’humaniser en découvrant le sens de leurs propres sentiments.

#7: Nobunaga no Shinobi: Ise Kanegasaki-hen

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TMS Entertainment | 26 épisodes de 4 minutes (second cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : Nobunaga no Shinobi (Saison 2)

Pour son quatrième et dernier cour consécutif, Nobunaga no Shinobi continue à être une excellente et adorable série courte comique, où, comme le suggère le titre, on suit les conquêtes du célèbre Nobunaga Oda à travers les yeux de la jeune et très talentueuse shinobi qu’il a pris sous son aile. Cette partie de la série connaît malheureusement un petit coup de moins bien niveau animation, avec une retraite de Kanegasaki vraiment pas ouf de ce point de vue.

Mais si la série avance ici dans un registre plus sombre et dramatique, elle ne perd jamais de vue sa nature de comédie, et se montre plus que capable pour assurer le passage d’un registre à un autre. Je repense à ce sujet à une certaine scène impliquant Nobunaga, en fin de saison, qui montre à qui avait besoin de le voir que, même dans une série courte et dense, il y a moyen d’offrir quelque chose de puissant.

#6: Tsurezure Children

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Studio Gokumi | 12 épisodes de 14 minutes | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : Tsuredure Children

Si le nom de Tsurezure Children ne vous dit rien, je vais être dans l’obligation de vous rediriger séance tenante vers ce petit billet qui explique au mieux ce qu’est la série et ce qu’est son attrait. C’est lâche, mais ça m’évite d’avoir à me répéter, et finalement tout le monde y gagne. Si si, je vous assure.

Concentrons-nous donc sur l’adaptation en anime de cet adorable manga. Assez bien tenu de part en part (je pourrais chipoter, je ne le ferai pas), l’anime fournit à qui les veut une bonne grosse dose de visages avec des expressions tordantes et/ou adorables, de situations craquantes et d’un peu tout ce que le manga a à proposer, de façon au moins fonctionnelle, et avec un ou deux grands moments rajoutés. Cela étant dit, Patricia est à peine dans l’anime (juste pendant deux scènes qui ne sont même pas centrées sur elle), et la présidente du comité de discipline étudiante n’y est pas du tout, ce qui me blesse profondément. Pas de top 5 pour Tsurezure Children, du coup. C’est rude mais c’est comme ça.

#5: Teekyuu 9

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Millepensee | 12 épisodes de 3 minutes | Manga

Non licencié en France

Le ciel a répondu à nos prières : une neuvième saison de Teekyuu est parmi nous, et je dois bien dire que c’est la meilleure saison depuis, pfouu, au moins Usakame.

Blague à part, qu’est-ce que Teekyuu ? C’est un anime de tennis qui parle d’absolument tout sauf de tennis, une comédie très très condensée qui, pour compenser le fait que ses épisodes durent deux minutes chaque (plus opening et ending), balance à rythme ahurissant suffisamment de vannes pour remplir un épisode de 24 minutes. C’est toujours très con, c’est souvent très drôle, et je dois dire que cette neuvième saison est franchement la plus constamment drôle depuis un bout de temps. Quoique, peut-être que Usakame…

#4: Senki Zesshou Symphogear AXZ

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Satelight | 13 épisodes de 24 minutes | Original

Non licencié en France

Je suis un peu dans l’embarras quand vient le moment de trouver une façon de présenter Senki Zesshou Symphogear. Car rien, rien ni personne ne présente mieux Symphogear que Symphogear. C’est désormais devenu une coutume : une bonne saison de Symphogear commence toujours par une scène d’action folle, histoire de donner le ton. Après la saison 3 et son coup de poing dans le K2, cette quatrième saison ouvre les hostilités avec nos trois Symphogear préférées qui partent affronter une armée dans une jungle sud-américaine. Ça peut avoir l’air petit joueur, ça l’est beaucoup moins quand les filles commencent à avancer en déviant des obus à coups de poing, à déchirer des tanks à mains nues et à sauter de missile en missile pour détruire un vaisseau spatial ennemi avec une épée de la taille d’un immeuble. Le tout sans jamais s’arrêter de chanter. Bienvenue dans Symphogear.

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Sans vous raconter le détail du scénario, le concept est le suivant : les Symphogear sont des jeunes filles qui luttent principalement contre des anciens aliens à l’aide d’artefacts dont elles libèrent le pouvoir en chantant. Chaque fille a son propre genre musical et son propre style de combat, et la série se caractérise par un amour des scènes d’action excessives, des chansons cool, du « toujours plus haut » (et du yuribait, mais c’est une autre question).

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Alors qu’est-ce que cette saison a dans son petit panier ? Des illuminati qui contrôlent le monde dans l’ombre depuis l’aube des temps, un fabuleux alchimiste exhibitionniste doublé par Miki Shinichiro (<3 ❤ <3), du meurtre de dieux, une attaque nucléaire lancée par vous-ne-devinerez-jamais-quel-pays contre le Japon, des explosions folles dans tous les sens, quelques nouvelles chansons vraiment énormes (Shintou –Ewigkeit–, la chanson à trois voix de l’épisode 12, quelle merveille), du sakuga qui tâche, encore plus de yuribait, et du fun à ne plus savoir qu’en faire.

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Entendons-nous : Symphogear n’est pas une série d’une grande intelligence. Qui plus est, la série a comme d’habitude un ventre creux où les héroïnes cherchent une façon de se power-up pour affronter la nouvelle menace (même si cette saison à la gentillesse d’éviter de s’empêtrer dans du drame pas bien utile comme pouvaient le faire les précédentes), et les nouvelles rivales des Symphogear ne sont pas toutes de très bon goût (Cagliostro est appelée à la barre). Mais quand Symphogear AXZ part, il part très loin, au-delà des frontières de la raison, et il est tout bonnement impossible de ne pas en vouloir plus, à moins de détester le fun. Vous ne détestez pas le fun, si ?

#3: New Game!!

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Doga Kobo | 12 épisodes de 24 minutes | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : NEW GAME!!

Seconde saison de l’anime sorti l’été dernier, New Game! est toujours un slice-of-life consacré au quotidien d’un studio de développement de jeux vidéo japonais (qui n’emploie d’ailleurs que des femmes). Pas de grand changement à ce niveau-là, l’anime profite toujours d’une animation charmante et très expressive, digne de ce qu’on attend habituellement des productions du studio Doga Kobo, d’un casting de personnages hauts en couleurs et d’une bonne petite dose d’humour. Mais là où la première saison montrait l’arrivée d’Aoba à Eagle Jump (le studio) et son évolution au fil du développement d’un jeu, cette seconde saison n’hésite pas à lui faire faire un grand pas en avant.

En effet, avec l’expérience de ce premier développement sous la ceinture, Aoba va tenter sa chance pour dessiner des character designs pour le prochain jeu du studio… et se voir effectivement attribuer le rôle de character designer (avec la supervision de la character designer qu’elle respecte). Fini donc le temps de l’innocence, voici venir les responsabilités. Et là où New Game!! marque pas mal de points, c’est en traitant très bien les questions d’inquiétudes professionnelles et personnelles de ses protagonistes. À titre personnel, je dois dire que cette nouvelle saison m’a un peu fait bader, mais le ressenti est purement personnel. Non, vraiment, jetez-vous sur les deux saisons de New Game! si vous aimez le genre et/ou le sujet, c’est une série dont vous avez toutes les chances de ressortir avec le sourire, mais qui n’est pas pour autant superficielle.

#2: Owarimonogatari 2nd Season

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Shaft | 2 épisodes de 44 minutes et 1 de 66 minutes | Light novel

Titre Wakanim : Owarimonogatari Saison 2

Monogatari est de retour sur les petits écrans après une bien trop longue absence d’à peine deux ans, et c’est un petit événement. Non pas une série mais une suite de trois épisodes spéciaux d’environ une heure, cette « seconde saison » vient apporter résolution et conclusion à bien des questions laissées jusque-là en suspens. Notez que je vais essayer d’éviter de trop spoiler, mais que pour avoir un minimum de choses à dire je vais bien être obligé de le faire un peu, donc par sécurité je vous conseille de regarder toute la série, incluant Koyomimonogatari. Et je ne dis pas ça juste parce que vous devriez vraiment regarder toute la saga Monogatari si c’est pas déjà fait, hein.

Bref, le premier « épisode », Mayoi Hell, est complètement en zone spoiler donc je ne vais pas en dire grand-chose, sinon qu’il nous offre une fascinante traversée des enfers, jonglant avec les styles, les souvenirs et les questions. Cet épisode finit par nous amener à une discussion assez longue que vous aurez peut-être du mal à vraiment saisir si, comme moi, vous n’avez qu’un souvenir vague de Tsukimonogatari, avant de s’achever sur une conclusion d’un culot réjouissant.

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Le second épisode, Hitagi Rendez-vous, nous ramène vers des sujets plus terre à terre, puisqu’il nous présente exactement ce que son titre laisse entendre : un rencard entre notre brave Arararagi, et sa petite amie Hitagi Senjougahara. Contenu, calme, l’épisode discute de leur relation et de leur futur, en étant interrompu à mi-chemin par un rendez-vous un peu moins désirable, au sein d’un rêve. L’épisode dans son ensemble n’est à mon avis pas captivant, mais Hitagi tient bien le show, et l’anime occupe l’espace avec son habituelle habilité de composition. N’étant personnellement pas fan de Hitagi, je dois avouer que j’ai trouvé le temps un poil long, mais il était prévisible que cet épisode soit le calme avant la tempête finale de la confrontation avec Ougi, donc ça ne me dérange pas.

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Et effectivement, le troisième épisode, Ougi Dark, est celui où l’on va enfin conclure ce qui doit être conclu et résoudre ce qui doit être résolu. Là, Owarimonogatari nous démontre encore l’habilité de NisiOisiN à faire se sortir ses personnages des bourbiers conceptuels fantasmagoriques dans lesquels il les a fourrés, avec une logique un peu tordue mais jamais sortie de nulle part. La première moitié de ce dernier long épisode est donc consacré à tout l’exposé autour de la solution aux problèmes d’Ararararagi, tandis que la seconde moitié fait intervenir la star éponyme de l’épisode, pour une petite discussion en tête-à-tête qui, sans être complètement à la hauteur de mes attentes, fait preuve de la finesse et la malice qu’on attend de la série.

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Au final, si je trouve cette « seconde saison » un poil inégale (l’épisode le plus fort étant pour moi le premier, et le dernier épisode venant à montrer quelques faiblesses techniques), elle n’en est pas moins la digne conclusion (à l’heure actuelle) de la série d’exception qu’est Monogatari, avec ses personnages uniques, sa mise en scène incroyablement expressive et son écriture qui n’a de cesse de jouer avec son public.

#1: Made in Abyss

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Kinema Citrus | 12 épisodes de 24 minutes et 1 de 48 minutes | Manga

Titre Wakanim : Made in Abyss

Il existe dans le monde, une gigantesque crevasse ouverte au milieu de l’océan, que l’on appelle l’Abysse. D’une profondeur inconnue et sous la domination totale d’une nature hostile, elle est une source sans fin de mystères, et chaque jour s’y risquent de nouveaux aventuriers, avides de découvertes et de gloire. Sur l’île qui entoure le titanesque Abysse réside Riko, une jeune fille qui partage le même rêve que tous ces aventuriers qui ont avant elle perdu leur vie dans le gigantesque gouffre. Un jour, en explorant les premiers niveaux de l’Abysse, elle fait la rencontre d’un jeune garçon nommé Reg, qui semble être par ailleurs un robot, et qui pourrait bien être la clé lui permettant de partir explorer l’Abysse par elle-même, pour retrouver sa mère.

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La série nous présente donc le départ de Riko et Reg pour cette aventure qui a de grandes chances d’être sans retour. L’Abysse étant organisée par strates et chaque strate abritant un biome différent, un des grands intérêts de la série est de nous faire régulièrement découvrir de nouveaux décors, une nouvelle végétation, une nouvelle faune, et surtout les dangers qui viennent avec. Car oui, plus on progresse dans l’Abysse et plus nos protagonistes sont soumis à rude et cruel traitement. Plus ils progressent et plus il est impossible de remonter, les poussant plus loin encore dans un monde qui ne fait que les rejeter. Qu’ils y perdent leur innocence ou leur vie, s’ils ressortent un jour de cet abysse, ils ne seront plus des enfants.

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Profitant de superbes décors et d’une très bonne animation, la série réussit à merveille à installer toutes ses ambiances, avec le soutien d’une très bonne bande-son. D’une certaine façon, Made in Abyss m’évoque le film Akira, non pas du point de vue scénaristique (bien que les œuvres aient une affection commune pour le body horror) mais pour l’attention qu’il porte à son esthétique forte, violente et unique.

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Suffisamment riche et bien exécutée pour être appréciée sous une infinité d’angles, Made in Abyss peut par exemple aussi être vue comme une ode à la nature, avec l’Abysse comme dernier point de résistance à toute forme de civilisation, mettant régulièrement en opposition la cruauté de la nature avec celle de l’homme. On pourrait même voir dans son approche un peu particulière de la nudité un autre signe de ça. Made in Abyss est en tout cas une série superbe et captivante, et il n’est pas étonnant que dans cette saison, elle ait véritablement fait son trou.


Après avoir osé une vanne pareille, j’aurais probablement dû juste terminer le billet sans dire un mot de plus, mais ça n’aurait pas été poli. Merci d’avoir lu, ou en tout cas d’avoir scrollé jusqu’en bas. J’espère, bien sûr, que ce bilan vous aura permis de découvrir quelques séries qui avaient échappé à votre attention, ou que vous vous retrouverez dans certains des avis que j’ai ici émis. N’hésitez pas à me donner votre propre classement de la saison en commentaire, d’ailleurs, puisque je serais assez curieux de savoir ce que vous avez pensé de la saison.

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Même Vlad aime les commentaires constructifs.

C’est tout ce que j’avais à dire. Pour cet automne, on va essayer de ramener le délai de parution du bilan à la normale, a priori ça devrait être jouable mais rien n’est sûr. Quoi qu’il en soit, bonne journée, soirée, ou même nuit si vous lisez particulièrement lentement, et à dans trois mois pour un autre bilan.

Une réflexion sur “Été 2017 : Le Bilan

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