Automne 2017 : Le Bilan

La concision, c’est ça.

Et, vous risquez fort de le découvrir au fil des trop nombreuses pages de ce bilan, c’est aussi un concept que votre serviteur maîtrise assez mal, comme il le prouve d’ores et déjà en lançant ce premier vrai paragraphe sur une attaque d’une petite cinquantaine de mots. C’est pourtant également un idéal, pas vraiment un objectif mais tout du moins une aspiration, de ma personne, alors que j’entame ici-même ma trimestrielle pénitence auto-imposée. Malheureusement, si les deux phrases ci-dessus peuvent avoir valeur d’indice, il semblerait que l’on se prépare plutôt à faire dans le long.

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Auskour.

Bref, c’est déjà, ou plutôt enfin, l’heure du bilan des animes de l’automne 2017. Sang et sueur ont été versés en égales proportions, j’ai vu tout ce qu’il m’était possible de voir cette saison, et il est désormais l’heure de rendre ça sur papier électronique. Des bonnes séries, des moins bonnes séries, il y a eu tout et son contraire, et nous allons tailler dans le gras.

Rappelons le concept de ces billets : il s’agit ici de vous présenter les séries animées japonaises diffusées cet automne, de les classer de la moins bonne à la meilleure, et de vous dire ce que j’en ai pensé. Si le classement a tendance à être ce qui tape le plus vite dans l’œil du lecteur, n’oubliez pas que je trie ici des œuvres aux genres, intentions et formats souvent extrêmement différents, et que de ce fait le classement seul n’a pas forcément de sens. Ainsi, lisez donc le texte si le classement vous interloque, et n’oubliez jamais que tout ce qui est proposé ici ne relève que de ma propre perception et de mon propre avis. Ce classement n’a pas plus vocation à l’objectivité qu’il n’est réellement exhaustif, et il n’est objectivement pas exhaustif.

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Arrêtez de m’appeler pour vous plaindre de mes tournures bateau !

Rappelons également le concept derrière ces bilans : je ne parle que de séries que j’ai vues dans leur intégralité, et pour les séries en plusieurs cours, je ne parle ici que des épisodes diffusés entre le 1er octobre et le 31 décembre (donc, par exemple, pour une série qui a eu un premier cour en été, je ne la jugerai ici que sur sa seconde partie, celle qui a été diffusée cet automne). Notez que si le bilan est principalement dédié aux séries télé, il inclut aussi des ONA qui se sont vus simulcastés, et des épisodes spéciaux qui ne font pas partie d’une série mais qui ont été diffusés à la télé japonaise cet automne. Tous formats confondus, ce bilan regroupe en tout 78 animes (dont 77 seulement sont classés), et ce nombre vous permettra sans doute de mieux comprendre mon obsession pour la concision.

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Sans rapport aucun avec le contexte, voici une Chise.

Notez aussi que pour éviter d’avoir à répéter des trucs saison après saison, pour les séries qui n’en sont plus à leur premier cour ou dont j’ai déjà traité une saison antérieure, je vais mettre en lien le bilan où j’en ai déjà parlé, et je vous enjoins à cliquer si vous voulez connaître l’histoire ou les qualités et défauts de ces séries dans les grandes lignes.

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Mais avant d’enchaîner, une dernière précision utile : la stratification des séries, un indice utile pour distinguer le bon grain de l’ivraie sans avoir à lire tous ces mots qui sortent de mon clavier. Pour faire simple, donc, les séries de #1 à #6 sont les immanquables, celles que je recommande à tous. Celles de #7 à #20 sont aussi des séries que je recommande fort, mais pas forcément à tous, pour diverses raisons. Celles de #21 à #68 sont celles que je ne recommande pas forcément mais qui peuvent avoir un intérêt plus ou moins important, et celles qui restent, c’est celles que vous voudriez pas regarder même si vous n’aviez littéralement rien d’autre à faire en attendant le métro.

Vous allez me dire, la troisième partie est gigantesque, et en fait je suis plutôt d’accord, du coup on va la découper en deux : les séries de #21 à #41 sont des séries « pas mauvaises, mais », tandis que les séries de #42 à #68 sont plutôt des séries « pas bonnes, mais ». Si vous trouvez que ça a du sens, ça me fera plaisir. On a presque fini le passage chiant, il ne reste plus qu’un détail à aborder.

Les absents

Eh oui, parce qu’il y a bien des séries que je n’ai pas vu, et qu’il faut bien en parler quelque part. Commençons par les séries au long cours : je n’ai rattrapé pour ce bilan aucune série de plus d’un cour qui n’aie pas déjà été évoquée dans le bilan précédent. Ce que ça veut dire, concrètement, c’est que non, cette fois-ci non plus il n’y aura pas de Detective Conan, de Pokémon, de Precure, de One Piece, d’Aikatsu!, de PriPara, de Dragon Ball Super ou d’autres du même genre. Si vous en êtes désolés, je tiens à dire que je le suis au moins autant.

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On les aime quand même. (attention, une best girl se cache dans ce screen, saurez-vous la retrouver ?)

Quant aux séries de cet automne, je n’ai pas pu voir les suivantes : Yodel no Onna, Cardfight!! Vanguard G: Z, Sylvanian Families: Mini Story, Lalala Lala-chan ★Uchuu ni Muchuu★, Neko no Dayan (2017), Pittanko!! Nekozakana et Inazma Delivery: Dougyousha Attack-hen, ni aucune série chinoise ou coréenne qui n’aie été localisée au Japon (oui, puisque MAL les inclut aussi).

Et avec ça, je nous pense parés pour entamer les choses sérieuses.


#77: Ou-sama Game The Animation

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Seven | 12 épisodes de 24 minutes | Roman web

Titre Wakanim : King’s Game « The Animation »

Tout bon récit demande un bon méchant. Bon, d’accord, peut-être pas « tout récit », Yotsuba to! s’en passera, par exemple. Mais tout récit mettant en scène une opposition ou une compétition demande un opposant de poids. Et si je trouvais en moi l’audace de qualifier ces bilans de récits, alors le méchant en serait probablement le pire anime de la saison. L’anime spectaculairement mauvais est un joyau sur la couronne, qui éclaire les premières pages du bilan de sa lumière crasseuse et permet à ceux qui suivent de briller un tant soit peu plus. L’été dernier, malheureusement, j’ai eu la frustration de n’avoir rien de pire à évoquer que le même-pas-anecdotique Musekinin Galaxy☆Tylor, dont nous avions jusque-là tous et toutes oublié jusqu’à l’existence, et que nous nous apprêtons à oublier à nouveau dès le paragraphe fini. Ainsi, quelle joie n’ai-je pas eu de trouver à ma porte, cette saison, le roi des méchants.

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Écrit vers 2009 sur un téléphone par un dénommé « Pakkuncho », Ou-sama Game est un récit qui nous parle des mésaventures du jeune Nobuaki Kanazawa, un lycéen qui n’a décidément pas de chance. En effet, dans son précédent lycée, lui et ses camarades ont été forcés à participer à un jeu sadique, nommé le Ou-sama Game (littéralement « le jeu du roi »), qui, en se basant sur un jeu de société très connu au Japon, les forçait à obéir à des ordres qu’ils recevaient par téléphone, sans quoi ils risquaient une mort aussi subite qu’inexpliquée. Seul survivant de la tragédie, il rejoint au début de l’anime un nouveau lycée… et là, forcément, le jeu recommence.

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S’il existe, quand on parle d’une très bonne œuvre, l’inquiétude de se montrer trop généreux en superlatifs, je découvre avec Ou-sama Game The Animation que le souci inverse existe. J’ai peur d’en dire « trop » de mal et que cela vous pousse à relativiser excessivement mon propos. Je me contenterai donc du minimum de critiques, en disant que si l’anime est aussi hideux qu’il est bête, il brille avant tout par l’incohérence la plus totale dont il fait preuve de son premier épisode à son dernier. Voulant compresser deux histoires nulles en une à force de flashbacks insérés au chausse-pied un peu n’importe où dans la série, celle-ci se plaît à déverser sur son spectateur des hectolitres de mauvais goût, entre le malaise des agressions sexuelles forcées et l’inintérêt total des scènes d’ultra-violence anxiogènes entre personnages creux et cons comme des meubles de jardin. Puéril, Ou-sama Game l’est, mais on n’y prête attention que quand il est plus ridicule qu’il n’est insupportable.

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Presque recommandable pour des soirées entre amis véritables, si du moins vous êtes prêts à faire passer le pop-corn salé du dégoût avec le coca light de la moquerie, Ou-sama Game The Animation est à mon avis facilement dans le top 3 des pires anime que j’aie jamais vu, devant Hametsu no Mars mais probablement toujours derrière Fuuun Ishin Dai☆Shogun. Et tout ça, c’est avant même de prendre en compte un petit détail que voici.

Rappelez-vous du protagoniste, Nobuaki Kanazawa. C’est un cool kid, apprécié de presque tous dans ses deux classes successives, sympathique (ou du moins présenté comme tel), altruiste, et sujet de l’affection d’un nombre de filles dont j’ai arrêté de tenir le compte après le quatrième épisode. Maintenant, essayez de deviner quel est le vrai nom de l’auteur d’Ou-sama Game, qui a lâché son pseudonyme une fois que son œuvre s’est retrouvée dans les mains d’un éditeur. Un indice : ça commence par Nobuaki, ça finit par Kanazawa, et ça s’écrit avec les mêmes kanji. Oups.


#76: Ame-iro Cocoa Series: Ame-con!!

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EMT² | 12 épisodes de 3 minutes | Manga web

Non licencié en France

Après trois saisons sans vrai intérêt, Ame-iro Cocoa s’offre le plaisir d’une quatrième saison encore moins bien. Faisant suite à la saison in Hawaii qui s’intéressait à une branche fraîchement ouverte à Hawaï du café Rainy Color, Ame-con!! continue à être d’un manque d’intérêt flamboyant. Le pire, c’est quand à un moment la série prend une tangente inattendue dans le méta quand le manager du café décide de collaborer avec des locaux fans d’anime (qui adorent, je vous le donne en mille : Ame-iro Cocoa), ce qui les amène sans raison précise à réaliser un anime ensemble et à participer à une convention d’anime. Si tout ça vous semble très peu cohérent, dites-vous bien qu’en plus de ça c’est gênant à regarder, que les personnages secondaires sont très mal joués, que le tout est assez laid, et pour couronner le tout, que la fin n’a absolument aucun sens. Autant vous dire que j’attends la saison 5 avec impatience.


#75: Dynamic Chord

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Studio Pierrot | 12 épisodes de 24 minutes | Visual novel

Titre ADN : Dynamic Chord

Cette année, deux séries à l’animation très déficiente et sorties d’à peu près nulle part sont devenues cultes au Japon, de façon très différente. L’une d’entre elles est devenue la risée de l’intégralité des fans japonais d’animation, et l’autre est Kemono Friends.

Si vous n’avez pas de temps à perdre à apprendre à connaître tout un nouveau casting de musiciens (ici il ne s’agit pas d’idols mais de rockstars, pour la différence que ça fait), sachez que Dynamic Chord n’a pas non plus de temps à perdre à vous les présenter. Oubliant un peu de présenter ses hideux personnages, l’anime privilégie une suite d’arc scénaristiques sans grand intérêt mettant principalement en scène des rockstars qui disparaissent dans la nature sans prévenir leur manager.

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Je ne pourrais, à vrai dire, pas vraiment vous résumer ce qui se passe dans Dynamic Chord. L’anime partage en effet une caractéristique intéressante avec un certain Forest Fairy Five : celle d’être irregardable. Et ce n’est pas un jugement de valeur mais bien une constatation, puisque je me suis extrêmement souvent inconsciemment retrouvé à ne pas du tout regarder l’écran, ou en biais, et à n’y retourner que par de vifs coups d’œil rapidement déçus.

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Désastre de production intégral de son état, Dynamic Chord sera vite devenu un meme pour des spectateurs japonais qui, y trouvant une sorte de successeur spirituel à Gun-dou Musashi, se seront amusés à répertorier tous ses problèmes d’animation, de direction sonore, de cohérence visuelle et de composition, et croyez-les, ils n’ont pas eu le temps de chômer. Pour nous autres occidentaux, ça restera cela dit juste un énième anime musical sans saveur, juste beaucoup plus moche, et duquel on retiendra surtout d’innombrables scènes de concert qui nous implorent à réfléchir à deux fois à la définition du terme « animation ».


#74: Glamorous Heroes

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drop | 10 épisodes de 6 minutes | Jeu vidéo

Non licencié en France

Pour rester dans la catégorie des animes hideux à un point où rien ne peut les sauver du fond du classement, passons à une série dont je ne comprends littéralement pas l’existence. Glamorous Heroes est en effet basé sur un MOBA chinois nommé 300 Heroes, qui plagie ouvertement des personnages de la moitié des licences japonaises les plus populaires de ces dernières années. Bien loin de s’être vu striké comme il faut, le jeu est donc tout de même arrivé à se retrouver adapté en anime. Par des tocards, certes, mais quand même.

Glamorous Heroes, donc, raconte l’histoire d’un jeune pro-gamer qui tente de retrouver le statut qu’il a perdu quand il s’est vu accusé de dopage. Pour ce faire, il se lance dans le jeu avec une nouvelle équipe et un nouvel avatar. En quelques mots brefs, c’est con comme une brique en carton, c’est très mal doublé, et la série est tellement laide que même les trois premiers cuts de l’opening ne ressemblent à rien (et en plus les personnages plagiés sont pas dedans, même pas drôle…). Et si j’aurais pu finir en ironisant, je préfère dire que le fait que ce genre de projet parvienne à être produit et le fait qu’il sorte dans cet état-là sont une cause et une conséquence aussi intimement liées qu’il est possible de l’être. C’est ainsi qu’casse l’animation, blyat.


#73: Omiai Aite wa Oshiego, Tsuyoki na, Mondaiji.

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Seven | 12 épisodes de 5 minutes | Manga

Non licencié en France

La plate-forme Comic Festa et ses partenaires semblant décidés à garder le cap sur leur idée de produire à chaque saison un nouvel animé court, moitié série télé nulle moitié ONA hentai mal branlé, en gardant les mêmes ingrédients mais en changeant les rôles des personnages, il serait aisé de se dire qu’on pourrait juste en écrire une critique standard à trous, qu’on recopierait à chaque bilan à partir de cette saison. Mais, par respect, on ne fera pas ça. Ou par flemme, choisissez l’option qui vous semble la plus probable.

Omiai Aite wa Oshiego, Tsuyoki na, Mondaiji., ponctuations au placement visiblement aléatoire incluses, est donc une adaptation d’un manga josei qui tutoie le hentai, comme il en existe beaucoup dans le genre. Une fois de plus, on a là un anime court produit par du staff qui bosse principalement, sinon exclusivement, sur du hentai, et qui dans sa version télé nous épargne toutes les scènes impliquant de montrer de les appendices du pêché. Celui-ci nous raconte l’histoire d’une prof de lycée, qui réalise un poil trop tard que son potentiel fiancé est en fait un de ses étudiants.

Comme c’est toujours le cas avec les anime de cette « franchise », on a là : des scènes de sexe sans grand intérêt (les épisodes durent trois minutes dialogues inclus, pour rappel), une animation ultra-médiocre, pas des masses de consentement, une protagoniste principale con comme une chaise de bureau sans dossier, et un ending étonnamment catchy. Hey, je la tiens peut-être, ma critique à trous, là. À voir, en tout cas Omiai Aite […] Mondaiji. est un animé qui n’a pas vraiment plus ou moins d’intérêt que ses grands frères, et qui trouvera à mes yeux ses deux seules grâces dans le fait que leur relation finit par devenir plus ou moins saine (toutes proportions gardées) et dans le fait que le personnage du grand frère de l’élève soit doublé, dans la version « complète », par Jun Fukushima, ce que je ne m’explique pas, mais alors pas du tout.


#72: Boku no Kanojo ga Majimesugiru Sho-bitch na Ken

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Diomedea & Studio Blanc. | 10 épisodes de 24 minutes | Manga web

Titre Wakanim : My Girlfriend Is Too Much To Handle

Des accroches vendeuses, je peux en trouver pour la plupart des animes de ce bilan, mais pour celui-là, allez savoir pourquoi, je ne trouve rien de plus juste que « Une comédie romantique cochonne moins drôle que Hajimete no Gal ». On sait vendre du rêve ou on sait pas, c’est comme ça.

Boku no Kanojo ga Majimesugiru Sho-bitch na Ken est une série qui suit la vie du jeune Haruka après sa confession réussie auprès de sa très sérieuse déléguée de classe, l’élégante Akiho. L’affaire se corse quand Haruka découvre que, sans jamais perdre son apparente quiétude, Akiho est capable de dire à haute voix les plus viles cochoncetés à son bien aimé, et à lui proposer de faire des choses incroyables dans les champs, genre regarder deux papillons, dès que l’occasion se présente. Sa chasteté sera donc mise à rude épreuve, d’autant qu’il est entouré d’amies toutes très au taquet à son sujet.

Mettons, après tout j’adore Seitokai Yakuindomo (qui est composé d’environ 99,9% de blagues de cul, le 0,1% restant peut contenir des arachides, demandez conseil à votre arachidologue), les blagues de cul j’ai rien contre. Seulement voilà, Sho-bitch est d’une lourdeur totale et infinie. À côté de la plaque quand elle n’est pas purement prévisible, trébuchant sur un étrange vocabulaire (arrêtez avec « excite » bon sang, dites « masturbation » ou « sexe » et assumez) quand elle ne foire pas le timing de ses vannes, la série s’encombre aussi de runnings gags de qualité plus qu’aléatoire (je pense notamment aux deux personnages bi de la série, l’une est plutôt drôle tandis que l’autre est terriblement peu drôle et affreusement malaisant à chaque apparition). Je n’accuserais pas la série de n’avoir aucune blague valable (celle du bento, en eyecatch, m’a même plutôt fait rire), mais le tout est noyé dans un tel océan de trucs affligeants que rien ni personne ne peut empêcher cette série de paraître beaucoup, beaucoup plus longue qu’elle ne l’est vraiment, alors qu’elle est en vérité plus courte que la moyenne.

Eh oui, CTB.


#71: Evil or Live

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Haoliners Animation League | 12 épisodes de 24 minutes | Manhua web

Titre Crunchyroll : EVIL OR LIVE

Peut-être que Hibiki aurait aimé se retrouver au service addictologie de l’hôpital Marmottan (c’est à Paris). En effet, fidèle abonné à des FPS en ligne auxquels il joue bien normalement en criant « Crève ! Crève ! Crève ! » et en rigolant comme un détraqué (en plein milieu de l’open space d’un web café), il se retrouve un jour embarqué contre son gré vers un établissement secret où il sera rapidement passé à tabac. Car pas question ici de simple consultations : Hibiki a été envoyé là pour se voir redressé et guéri de sa dépendance à Internet, ou mourir en essayant, comme un tas de jeunes avec lui.

C’est donc dans ce centre de détention a priori pas super légal que va devoir survivre Hibiki, jeune fragile de son état, qui va se retrouver forcé à devenir rapidement une sorte de leader révolutionnaire du pauvre. Mais si Evil or Live nous réserve quelques scènes assez satisfaisantes dans cet ordre d’idées, c’est malheureusement bien tout ce que nous réserve de bien l’anime. Dessiné et écrit avec le cul, l’anime ne se dispensera pas de nous offrir quelques petites gâteries au bon goût de vomi, dont un personnage dont le seul trait de caractère est d’être une dominatrice (au sens BDSM du terme) ou encore une tentative de viol dont Hibiki se rend complice.

Mais je ne parle là que des points les plus notables qui viennent à l’esprit. En vérité, Evil or Live est pété jusqu’à l’os, et s’il pourrait par moment être presque regardable en tant qu’anime de série Z (après tout, qui ne veut pas connaître l’histoire d’un babtou qui après deux semaines à faire des abdos en détention devient une machine de guerre ?), l’envie de le regarder ainsi sera bien vite mise à mal par tout l’aspect visuel de la série. Omettons les expérimentations foireuses du premier épisode, et disons-le tout net : quand un personnage principal arrive à ne même pas se ressembler sur les feuilles de character design, c’est qu’il y a un problème.

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Bref, mauvais de part en part mais presque amusant en tant que tel, Evil or Live sera tout de même par rapport à Ou-sama Game un moindre mal. Cela étant dit, des animes qui se terminent sur l’Internationale, il n’y en a pas tant que ça, et rien que pour ça Evil or Live mérite une petite, toute petite place dans nos mémoires.


#70: 100% Pascal-sensei

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OLM | 36 épisodes de 12 minutes (troisième cour) | Manga

Non licencié en France

Ça y est, au bout de trois cours c’est enfin fini. 100% Pascal-sensei aura donc été pendant trois saisons consécutives une comédie bruyante et pas drôle destinée à un très jeune public, et je ne suis pas triste de la voir s’en aller. Classée initialement #59/65 du bilan du printemps, la série aura continué à flotter dans ces eaux sans jamais faire de vagues. On la félicitera tout de même pour se terminer sur la morale qui suit : « les jeunes, ne plaquez pas tout pour devenir YouTuber ! ». Par rapport à Ame-con!! qui se terminait littéralement sur une fille anonyme qui déclare qu’elle veut devenir la reine des YouTubeuses, je sens qu’on tient là une thématique forte de la fin de l’année 2017.


#69: Wake Up, Girls! Shin Shou

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Millepensee | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Titre Crunchyroll : Wake Up, Grils! New Chapter

L’idée que la licence animée Wake Up, Girls! puisse faire son retour après avoir porté un film littéralement intitulé « Beyond the Bottom » me dépasse. Car si le groupe d’idols qui lui est associé connaît un succès plus que raisonnable au Japon, l’anime, lui, portait encore les stigmates de son association avec son tristement célèbre réalisateur, dont on gagne à entendre de moins en moins parler. Character design renouvelé, staff changé, titre qui signifie « Nouveau chapitre », disparition complète du nom du malpropre au générique (alors que, techniquement, il devrait y être) : la volonté de tourner la page est clairement là, comme si quelqu’un avait pour une quelconque raison besoin de cet anime… peu importe l’état dans lequel il devait sortir.

Mais ne critiquons pas l’anime pour ceux qui l’ont fait (ou ne l’on pas fait) ni pourquoi, on a de toute façon largement de quoi faire sans aller taper dans ces arguments-là. Car une réflexion s’imposera à quiconque regardera quelques épisodes de Wake Up, Girls! Shin Shou : qu’il s’agit de l’anime le plus laid que n’ait jamais produit le studio Millepensee. Oui, le même Millepensee qui a sorti les deux dernières saisons de Berserk. En effet, dans Berserk les personnages bougent occasionnellement, et les sujets sont la plupart du temps visibles à l’écran.

Si je qualifierais sans peine Wake Up, Girls! Shin Shou d’inexplicable désastre de production, ce n’est pas parce que ses causes sont dures à trouver (au contraire), mais parce qu’expliquer ses déficiences ne suffit pas à les visualiser. Mais essayons, en disant que si les plans fixes maladroits sont malheureusement monnaie courante dans le média, WUG! pousse le bouchon encore plus loin en assaisonnant ses cuts statiques d’autres plans encore plus fixes, montrant à qui mieux mieux des bouts de décors photographiés, des bouts de murs en 3D, des bouts de rien, etc. Et c’est sans même compter l’astuce particulièrement peu discrète qu’a l’anime de cacher ses personnages derrières des objets au premier plan : des piles de livres, des ballons, des chats qui dorment, tout passe pourvu qu’on n’aie pas à animer les personnages. Le résultat : beaucoup de scènes de discussion où vous allez en majeure partie voir… du rien.

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Un peu avant d’atteindre le milieu de la saison, on commence à trouver une sorte de plaisir, non pas à suivre l’histoire de ce groupe d’idols qui continue sa carrière tout en portant ostensiblement sur son dos le nouveau groupe du label, mais à essayer d’identifier toutes les méthodes crades qu’emploie l’anime pour nous cacher le fait qu’ils n’ont pas la moitié des dessins dont ils auraient besoin pour finir chaque épisode de la saison. Tout est permis, et laissez-moi vous dire qu’ils ont mis beaucoup plus d’efforts dans ce petit jeu de cache-cache que dans l’animation, à proprement parler, de la série. J’accorderais à Dynamic Chord le bénéfice d’avoir essayé, mais pas à Wake Up, Girls!… qui est de ce fait un anime que j’ai trouvé bien plus fun à regarder. Pour toutes les mauvaises raisons, certes, mais tout comme notre brave Shin Itagaki, on ne peut que faire avec ce qu’on a.


#68: iDOLM@STER Cinderella Girls Gekijou 2nd Season

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Gathering | 13 épisodes de 3 minutes (avec autant de bonus web de 2 minutes) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : THE IDOLM@STER CINDERELLA GIRLS Gekijô

Il y a des animes qui sont difficiles à recommander. « Avez-vous déjà vu tel anime », « appréciez-vous tel genre », « connaissez-vous tel trope », les portes à l’entrée d’une œuvre sont parfois nombreuses et toutes sécurisées avec des verrous différents. Et puis des fois le seul obstacle à votre entrée, c’est est-ce que vous aimez la couleur du paillasson. Pour iDOLM@STER Cinderella Girls Gekijou, ça tombe plutôt bien parce qu’il n’y a pas grand-chose de l’autre côté du paillasson.

En effet, la question que je vous rétorquerais si vous me demandiez si je vous recommande Deremas Gekijou, ce sera tout simplement « est-ce que vous jouez à Cinderella Girls ? ». Si non, alors vous n’auriez aucun intérêt à regarder cette série courte pas vraiment comique et assez hermétique à quiconque ne connaît pas en détail la licence (avoir regardé l’anime de 2015 ne suffit pas, je peux en témoigner). Si oui, alors je peux vous offrir un « bouais » non équivoque et plutôt approprié pour une série qui n’a pas grand-chose de plus à offrir que quelques menus services à ses fans.


#67: Love Kome: We Love Rice 2nd Season

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Encourage Films | 12 épisodes de 4 minutes | Original

Titre Crunchyroll : Love Rice 2

D’aucuns auraient tendance à penser qu’à partir du moment où l’on tient un bon concept, il n’y a pas besoin d’y rajouter quoi que ce soit. C’est visiblement l’avis des créateurs de Love Kome, cet anime court consacré à des idols qui sont en fait des variétés de riz, et que j’avais classé 50e du bilan du printemps dernier. La première saison les mettait donc face à des types de pain, et cette seconde saison ne fait que rajouter un autre adversaire, qui est en fait une nouille, littéralement. C’est une fois de plus aussi limité qu’incompréhensible si vous n’êtes pas en mesure de comprendre tous les jeux de mots japonais sur la bouffe qui parsèment la série. Et même si vous pouvez les comprendre, ce sera avez difficulté que vous vous souviendez de cette parodie de Kimi no Na wa pas très inspirée qui est pourtant l’épisode le plus marquant de cette série sans conséquence.


#66: Inuyashiki

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MAPPA | 11 épisodes de 23 minutes | Manga

Titre Prime Video : INUYASHIKI LAST HERO

Il est des auteurs dont l’œuvre est parcourue d’un message, un thème, d’une intention artistique précise. Hiroya Oku, auteur de Gantz et d’Inuyashiki, est de ceux-ci. Son message est le suivant : « donnez-moi une caméra, je veux faire des films bordel ! ».

Inuyashiki raconte l’histoire d’Ichirou Inuyashiki, col blanc d’une cinquantaine d’années (mais qui en fait au moins vingt de plus) qui ne trouve pas plus de reconnaissance au sein de sa famille qu’à son travail. Sa vie est triste mais ordinaire, jusqu’à ce que, à la suite de la sortie de route d’un vaisseau extraterrestre, il se retrouve vaporisé puis reconstitué sous la forme d’un robot armé jusqu’aux gencives. D’abord inquiété par ce changement de corps, il se rend compte qu’il peut utiliser celui-ci pour faire le bien. Malheureusement, un autre garçon a été pris dans l’accident de vaisseau, et celui-ci décide d’utiliser son nouveau corps pour faire le mal.

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Inspiré par le film d’action américain de la mise en scène de son action au choix de ses thèmes en passant par la technologie qu’il utilise pour produire ses manga, Oku est en fait un auteur assez transparent dans son processus de création, que je vais ici généraliser en me basant sur Gantz et Inuyashiki. On part d’un (bon) concept original qui pourrait être facilement expliqué par un narrateur à la voix grave dans une bande annonce d’une minute trente sur fond de musique de Hans Zimmer, et on le développe un minimum. Ensuite, plutôt que de chercher à suivre un fil scénaristique construit ou à développer ses personnages, on rajoute développement inattendu sur développement inattendu, pour toujours garder le lecteur éveillé. Et au bout d’un moment on essaye de trouver une fin.

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Si le processus, qu’il confirme lui-même par voie d’interview, est simple et devrait être efficace, il a pour effet pervers, en cherchant la scène choc plutôt que la cohérence, et mettant en avant l’événement plutôt que le personnage, à aboutir à des histoires froides, sans finalité, sans intention précise, et où les personnages ne sont presque jamais attachants. Et le truc drôle, c’est que même en cherchant à surprendre le lecteur, Oku finit dans Inuyashiki par ré-exploiter énormément de motifs qu’il a déjà utilisés dans Gantz, en y rajoutant tout juste de quoi en faire ce qu’on pourrait appeler sans gêne, ou presque, le Batman v Superman japonais.

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Ça, c’est le problème que j’ai avec Inuyashiki, manga de son état (en omettant les défauts visuels du manga qui n’affectent pas l’anime). Inuyashiki, anime de son état, simplifie la tâche de sa critique en étant une vilaine cata technique, bringuebalée entre une 3D souvent bancale et une animation 2D médiocre dans ses (rares) meilleurs moments, lestée également par des seiyuu principaux qui ne sont en fait pas des seiyuu (mais qui sont vraiment acteurs), qui ont toutes les peines du monde à raccorder leur jeu avec les émotions qui peuvent traverser les visages de leurs personnages robotiques. Le blockbuster en carton-pâte d’Oku devient alors, dans les mains malheureusement surchargées du studio MAPPA, un anime de série B passablement inintéressant et ouvertement laid, qui ne dit rien, n’aboutit à rien, et y aboutit mal. Je ne lui enlèverai toutefois pas quelques scènes cool (mais laides), qui rendent l’expérience de visionnage d’Inuyashiki supportable à défaut d’être recommandable de quelconque façon.


#65: Dies Irae

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A.C.G.T. | 12 épisodes de 24 minutes | Visual novel

Titre Crunchyroll : Dies irae

Voilà une œuvre avec laquelle j’ai une relation assez particulière, et je pense que ça vaut un peu la peine d’en parler, parce qu’au pire ça me fait une attaque et c’est toujours ça de pris. J’ai en effet tenté de lire la version localisée en anglais du visuel novel original, et je l’ai lâchée au bout de douze heures, parce que c’était simplement trop mal écrit. D’un autre côté, si des confrères respectés partagent cet avis, je trouve également très intéressantes les analyses de l’œuvre qu’ont pu donner certaines personnes que je prends pour plutôt compétentes pour parler de visual novels.

De ces deux points de vue me vient une conclusion : si la traduction du visual novel en reproduit sans souci le sens, elle peine beaucoup plus à transposer le style de la prose de l’auteur. Et quand j’arrive à cette conclusion, je comprends soudainement mieux la réputation qu’a eu pendant des années Dies Irae d’être intraduisible. Peut-être ne l’est-il pas, peut-être est-il effectivement mal écrit, mais j’ai envie de lui laisser le bénéfice du doute, et de prendre mentalement note de revenir sur Dies Irae dans des années, quand mon niveau de japonais me permettra de le lire à un rythme confortable dans sa langue d’origine, avec tous les points que ça vaudra sur ma carte de fidélité du club des hipster.

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Bref. Dies Irae est donc un visual novel sorti en 2007, une méta-fiction grandiloquente de Takashi Masada, illustrée par le très bon G-Yuusuke, et accompagnée d’une excellente bande-son baroque qui s’apprécie à condition de couper le son après la cinquième boucle consécutive. On y suit Ren, un ado placide qui, sous la surveillance passive mais intéressée d’un magicien millénaire, va se retrouver à lutter, accompagné d’une fille-guillotine, contre des nazis magiques centenaires plus vicieux les uns que les autres dans une sorte de battle royale qui mènera à la réalisation du vœu de son vainqueur. Les inspirations sont aussi nombreuses qu’elles sont faciles à tracer, et c’est assez normal. Je ne pourrai du coup pas donner un avis digne de ce nom sur le visual novel, sinon celui-ci : « c’est mortellement long à démarrer ». Pas autant que Rewrite, que j’adore, certes, mais quand même.

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Mais si je n’ai pas grand-chose de plus à dire sur le visual novel, je peux vous parler de l’anime, et vous dire en bien peu de mots que c’est de la chie. Si le début de la série est encore correct (surtout quelques uns des premiers épisodes, qui bénéficient de storyboards parfois étonnamment habiles), ça se barre vite en couille quand l’anime se retrouve à mélanger plusieurs routes sans trop y réfléchir et devient complètement incohérent, infâme sur le plan visuel (les squelettes géants en 3D vilaine, c’est plus funky sur YouTube avec Spooky Scary Skeletons pour accompagner) et se termine sur une non-fin qui s’explique par le format bâtard de l’anime. En effet, celui-ci doit encore comprendre six épisodes OVA, que je ne vous cache pas que je ne regarderai pas (à moins qu’ils soient simulcastés, auquel cas priez pour mon âme).

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Il n’est pas vraiment nécessaire d’en dire plus, la bande-son reprenant sans grande subtilité celle du VN, ce qui est toujours ça de gagné, d’autant que l’anime a le droit à deux génériques complètement raccord avec le style musical de Dies Irae, ce qui n’est, vous le devinez, pas pour me déplaire. Cela étant dit, on notera un détail qui en dit beaucoup sur l’état de la production de la série, qui est qu’elle n’a pas d’ending (la chanson est là, mais visuellement on a juste un fond noir avec les crédits qui défilent, à chaque épisode). Globalement, je dirais que Inuyashiki est plus regardable que Dies Irae (assez largement, même). Mais d’un autre côté, ces deux épisodes que j’ai cité plus haut font preuve d’une bien plus grande créativité que tout ce que l’exécution d’Inuyashiki peut vous réserver, et ici on aime être surpris par ce qu’on voit. Au pire, tirez à pile ou face lequel vous voulez regarder, ou, mieux, regardez un bon anime. Ou au moins un anime médiocre, mais pas ça, quoi.


#64: Shounen Ashibe: Go! Go! Goma-chan 2

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Bridge | 32 épisodes de 9 minutes (troisième cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : Shônen Ashibe Go! Go! Goma-chan

L’adaptation du 4-koma comique de Hiromi Morishita continue son cours, et est toujours aussi peu intéressante à regarder. Je la regardais sans déplaisir pendant son premier cour, au printemps 2016, mais plus les saisons passent et moins ça m’intéresse. Cette fois-ci on notera un épisode amusant qui est celui où ils vont faire des gâteaux avec Peppeppe, ce qui mène à des réactions assez marrantes et originales. Oui, ça tient à ça.


#63: Taishou Mebiusline: Chicchai-san

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Studio A-CAT | 12 épisodes de 4 minutes | Visual novel

Titre Crunchyroll : Taisho Mebiusline Chicchaisan

L’adaptation de l’univers d’un visual novel de plusieurs dizaines d’heures en un série courte (qui en tout dure une demi-heure à tout casser) n’est jamais un exercice facile, et beaucoup tentent l’axe de la comédie, du chibi et de la sympathie. Tellement rares sont ceux qui en ces circonstances tentent de la jouer sérieux et de raconter effectivement leur histoire que je n’arrive, en fait, pas à m’en rappeler d’un seul. Enfin, si, un. Taishou Mebiusline: Chicchai-san. Mais pas exactement.

Taishou Mebiusline est initialement un visual novel boy’s love où l’on suit un jeune homme de l’ère Taishou qui décide de rejoindre la capitale impériale pour aller à l’université. Le jeune homme possède le pouvoir de voir les morts, et ça va le mettre dans tout un tas d’emmerdes. Mais, et c’est là l’originalité de l’anime, il va aussi devenir chibi. Et puis redevenir normal. Et puis des fois il a son chibi dans ses bras. Et ça arrive à d’autres gars aussi.

L’anime donne l’impression d’essayer de s’asseoir à l’aveugle sur deux chaises à la fois, et de finalement poser ses fesses sur une seule, puisque les chibis n’auront aucune importance dans l’histoire, qui présente plutôt sérieusement, vite fait, les enjeux du visual novel. C’est inoffensif et ça se regarde pas trop mal, mais ça n’a pas non plus de qualités vraiment notables qui me permettraient de vous le recommander, et je doute que son univers me reste à l’esprit bien longtemps.


#62: Sengoku Night Blood

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TYPHOON GRAPHICS | 12 épisodes de 24 minutes | Jeu smartphone

Titre Crunchyroll : Sengoku Night Blood

C’est sans la moindre aspérité de ton que l’on peut glisser, par le hasard du classement, de l’adaptation d’un visual novel boy’s love qu’était Taishou Mebiusline: Chicchai-san à l’adaptation de mobage otome qu’est Sengoku Night Blood. Et, l’eussiez-vous cru, il s’agit en fait d’un isekai ! En effet, il est question des aventures de la jeune Yuzuki, qui un beau jour se trouve transportée sans explications dans un monde parallèle ressemblant beaucoup au Japon de l’ère Sengoku. À un détail près : tous les généraux locaux sont soit des vampires, soit des loups-garous, et elle va faire la rencontre d’un peu tous ces grands garçons. Je sais quelle comparaison vous vient à l’esprit immédiatement, et je vous demanderai de la garder à l’esprit le temps de quelques paragraphes.

Du coup, de quoi ça parle, après ce point ? De la rencontre de Yuzuki avec la team Toyotomi, et des différentes mésaventures qui vont la mener à rendre visite à plus ou moins l’intégralité des seigneurs de guerre locaux, des Takeda aux Uesugi, sans oublier les rivaux des Toyotomi, la team Oda. Il y a dans tout ça un enjeu : le sang de Yuzuki semble avoir des propriétés sacrées qui peuvent faire passer les vampires en mode Super Saiyan de la Canine (ils deviennent blonds et tout), ce dont chacun des clans peut avoir besoin pour éventuellement mettre la pétée à ses rivaux, et lutter contre les trash mobs locaux, des créatures d’origine inconnue nommées les Yakuma. Et de ce fait, elle va se retrouver à faire le tour complet des châteaux de la région, et à faire le ménage dans le grenier de tous ces messieurs aux manières profondément ancrées dans les stéréotypes de l’otome game.

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Le fait est, je n’ai pas forcément de problèmes avec les voyages peu palpitants de cette cruche de Yuzuki, qui est d’ailleurs accompagné par un tanuki qui peut se transformer en pot, pour lui tenir compagnie niveau poterie. Non, le problème que j’ai avec l’anime, et là je vous demanderai de vous rappeler de la comparaison évoquée quelques lignes plus haut, c’est qu’il est à peu près TOUT LE TEMPS inondé de filtres colorés du plus mauvais goût, le plus courant étant celui avec des couleurs, je vous le donne en mille, crépusculaires. Ça peut sembler anodin, mais couplé à des storyboards très faibles et un univers relativement vaste (comprendre : plein de persos, partout, de tous les clans), ça rend le tout assez difficile à regarder, fréquemment agressif à l’œil, et globalement bien plus déplaisant à voir qu’il ne l’aurait sans ça été.


#61: Onyankopon

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Kyotoma | 12 épisodes de 4 minutes (ONA) | Original

Titre Crunchyroll : Onyankopon

Dernier né du sous-genre des animes courts qui apportent une nouvelle perspective sur le sens du « high » de « high concept », Onyankopon est une série en 3D suivant une étrange divinité féline qui s’occupe des soucis d’un groupe de lycéennes en les faisant danser sur des chansons débiles dans des décors psychédéliques. Visuellement étrange (pour ne pas dire « moche »), la série nous offre tout une gamme de blagues assez perchées et de qualité variable.

Disons-le : c’est conceptuellement sur un autre plan astral que le nôtre, mais ça tourne un peu en rond et c’est rarement vraiment drôle (et je suis toujours pas sûr que j’aurais du rire à l’épisode avec Boi Winchester Nitete). À tenter si vous vous sentez présentement hilares, c’est suffisamment particulier pour que ça plaise à certains.


#60: Shoukoku no Altair

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MAPPA | 24 épisodes de 24 minutes (second cour) | Manga

Titre Prime Video : Altaïr

S’enfonçant plus loin encore dans les soucis soulevés l’été dernier, ce second cour de Shoukoku no Altair ne se contente pas d’être une production plus que déficiente, mais en profite en plus pour s’embarrasser de quelques coupes franches dans l’intrigue du manga, en annihilant sans autre forme de politesse plusieurs arcs intéressants, et en en raccordant avec une maladresse rare les restes. Je pense notamment à l’arc de L’isolani, qui se voit introduit normalement vers le début du cour, puis complètement oublié, et qui voit sa conclusion sortir de nulle part une demi-douzaine d’épisodes plus tard, sans explication autre qu’une courte phrase lancée par le narrateur avant que le générique ne démarre.

La série n’était pas propre sur elle il y a trois mois, elle n’est maintenant carrément plus étanche, et c’est d’autant plus dommage que les lecteurs du manga verront toujours briller sous la fange de cette adaptation les qualités de la très bonne œuvre originale. Seulement voilà, il faut bien le dire, si vous souhaitez apprécier Shoukoku no Altair à sa juste valeur, il vous faut lire le manga, et immédiatement oublier l’idée de regarder cette adaptation qui ne rend pas au manga de Kotono Katou une once de l’honneur qu’il mérite.


#59: Two Car

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Silver Link. | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Titre ADN : TWOCAR

J’ai envie de théoriser que les mangas et animes de sport se répartissent globalement en deux catégories : ceux sur les sports collectifs, où des relations fortes entre sportifs mènent à un accomplissement commun, et ceux sur les sports individuels, où le succès individuel peut mener à la formation de relations fortes avec d’autres sportifs (rivaux, notamment). Two Car sort subtilement de ce moule, dans le sens où il demande la collaboration de deux sportives dans la seule perspective d’arriver éventuellement à pécho l’entraîneur. Ça tombe bien, Two Car n’est pas vraiment un anime de sport, et donc je peux garder ma théorie à deux ronds intacte, c’est fou ce que les choses sont bien faites.

Two Car raconte donc l’histoire de deux filles qui sont amies depuis l’enfance, et vivent sur l’île de Miyake, connue pour ses courses de moto. Seulement voilà, leur relation va beaucoup moins bien depuis qu’elles sont toutes deux tombées amoureuses de leur coach de side-car, Tanahashi (affection bien compréhensible vu qu’il est doublé par Shinichirou Miki). Problème supplémentaire, l’homme s’en est allé loin d’elles, sur l’île de Man, pour poursuivre sa carrière sportive. Leur seule option pour aller à sa rencontre et lui déclarer leur flamme : gagner la grande compétition lycéenne de side-car qui est organisée sur l’île, et pour laquelle des couples de sportives sont venues de tout le Japon.

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Je l’ai dit précédemment, Two Car n’est pas un anime sportif. Pourquoi ? Parce que, la course de side-car étant un sport demandant une grande confiance entre partenaires, l’anime s’intéresse beaucoup à ce qui se passe entre la conductrice et la passagère, et beaucoup moins à la course en elle-même. Ainsi, la course à proprement parler n’est pratiquement jamais montrée, et devient élément de contexte plutôt que partie intégrante de la série, ce qui est dommage, mais mettons, peut-être m’étais-je simplement trompé en attendant un anime sportif.

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Et effectivement, l’écrasante majorité de l’anime est consacrée aux soucis relationnels de ces couples de jeunes sportives. Certains sont intéressants, beaucoup sont anecdotiques, et la plupart tournent en rond avec lourdeur, surtout du côté des deux protagonistes principales. Le character design original de la prodigieuse illustratrice coréenne Tiv, la bande-son parfois étonnamment inspirée (après vérification, c’est pas si étonnant que ça vu que c’est du Ryou Takahashi) et les blagues occasionnellement amusantes de la série sauvent toutefois un peu le tout du désintérêt total.

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Cela dit, soyons honnêtes, j’ai définitivement perdu toute attache affective à la série à deux moments : quand ils se sont décidés à révéler la tête ultra-banale de coach Tanahashi en milieu de saison (alors qu’elle était jusque-là cachée), et quand je me suis rendu compte qu’on n’allait jamais parler de la team 66, celle avec les gothic lolitas qui parlent avec un bon gros Kansai-ben, dont une qui a les yeux morts. Pourquoi, pourquoi ces décisions. Cela dit, Two Car nous apprend comme ça, ou plutôt nous rappelle, un truc : c’est que souvent, moins on a besoin de parler d’un personnage, meilleur il est.


#58: Oretacha Youkai Ningen

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DLE | Plusieurs épisodes de 1 minute (premier cour) | Original

Non licencié en France

À l’occasion de son cinquantième anniversaire, la série animée Youkai Ningen Bem est de retour pour nous présenter à nouveau les aventures de Bem, Bera et Bero, trois youkai qui tentent de se fondre dans la société humaine afin de devenir humains. Le problème, c’est que la société humaine est souvent bien plus monstrueuse qu’eux ne le sont.

Fondamentalement, le concept n’a pas changé depuis la série de 1968, mais l’exécution, elle a grave changé, puisqu’on se dirige avec cette nouvelle série plutôt vers le registre du shitpost visuel que d’autre chose. C’est très con, volontairement laid, c’est plutôt drôle mais ça ne pisse pas bien haut, même si c’est toujours un plaisir d’entendre Sugita doubler un vieux gars (enfin, un youkai d’âge moyen, en l’occurrence) à qui il arrive des choses étranges.

Note : le premier cour se terminait à l’épisode 13, mais je n’ai pu voir que jusqu’à l’épisode 12. Du même fait, je pourrai très probablement pas regarder le second cour, tant pis.


#57: ClassicaLoid 2nd Season

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Sunrise | 25 épisodes de 25 minutes (premier cour) | Original

Titre ADN : ClassicaLoid 2

Une seconde saison de ClassicaLoid, spécialement faite pour ceux que le second cour de la première saison n’avait pas réussi à lourder. Si vous n’avez pas regardé la première saison, vous n’avez aucune raison pour commencer maintenant, et si vous l’avez fait, alors vous savez déjà très bien ce qui vous attend dans cette nouvelle saison.

Eh oui, je vous le donne en mille : un nouveau cour en compagnie de réincarnations de compositeurs de musique classique qui se comportent comme des sales gamins épisode après épisode sans jamais que le statu quo n’évolue vraiment. Plus le temps avance et plus la formule fatigue, même si en l’occurrence le statu quo est effectivement brisé par l’arrivée dans le manoir de Wagner, doublé par un Matsuoka toujours très doué pour jouer les personnages impossibles à blairer, et Dvorák, qui est un hippopotame (?) doublé par Suwabe (!). Le cour se finit alors que Wagner met en marche son plan machiavélique, ce qui est appréciable même si le personnage a tout le mal du monde à faire un méchant convaincant. Notons aussi le retour de Schubert qui a eu le temps, pendant cette pause de six mois, de devenir un un peu meilleur personnage, et cet épisode offrant à Liszt un développement dont elle avait bien besoin. La saison reste balourde et souvent pénible à regarder, mais peut-être que le plan de Wagner va nous permettre d’avoir un second cour qui bouge un peu ? Ça reste à voir.


#56: Dia Horizon (Kabu)

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Fanworks | 12 épisodes de 4 minutes | Projet multimédia

Non licencié en France

Dans un monde où la parodie de RPG est en train de devenir un genre à part entière (si ça n’est pas déjà le cas), Dia Horizon (Kabu) a l’avantage certain d’être identifiable d’un coup d’œil. Avec ses gros masques/têtes en 3D sur des personnages en 2D super-déformés, l’anime raconte en fait l’histoire de Ryan, un jeune aventurier qui, après avoir rêvé d’un combat avec un seigneur du mal, se réveille et part bosser dans sa nouvelle guilde d’aventuriers. L’anime réserve à ses spectateurs pas mal de bonnes vannes, offertes avec un assez bon sens du timing, et quelques blagues beaucoup moins sauvables, surtout celles entourant le personnage de Victor (doublé par Sakurai) qui est ultra-gênant. Inégal, donc, et souvent très random, mais globalement pas un mauvais petit divertissement, surtout si vous aimez les RPG ère PSX/Saturn.


#55: Infini-T Force

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Tatsunoko Production | 12 épisodes de 23 minutes | Projet multimédia

Titre Wakanim : Infini-T Force

Il y a des œuvres, dans les arts visuels, qui sont capables de te faire comprendre l’essence d’un personnage principal avant même qu’il n’ouvre la bouche. Infini-T Force en fait partie, nous indiquant directement par une scène d’une justesse et d’une subtilité rare ce qu’on peut attendre de notre héroïne, qui est, ne le cachons pas plus longtemps, une impossible casse-bonbons.

Cross-over inévitable des séries les plus cultes du vénérable studio Tatsunoko Production, Infini-T Force met donc en scène cette héroïne au design étonnant pour son âge, qui va se retrouver bien malgré elle à voir quatre gars venir squatter sa maison. Ces bonshommes, ils sont les protagonistes de quatre séries du début des années 70 : le Gatchaman de Kagaku Ninja-tai Gatchaman, le Casshern de Shinzou Ningen Casshern, le Polymar de Hurricane Polymar, et le Tekkaman de Uchuu no Kishi Tekkaman. Tous ces personnages respectivement éponymes se font, dans Infini-T Force, atomiser leur univers par un méchant que l’on ne connaît que sous le nom de Z, et se retrouvent échoués dans ce monde, où ils vont pouvoir tenter de traquer Z et de restaurer leurs propres mondes.

Un scénario un peu bateau et dont les développements sont rarement autre chose que cliché, mais ce n’est pas là le problème principal de la série. Hormis le caractère de merde de son insupportable héroïne, la série est en effet lestée d’une esthétique que je qualifierais aventureusement de « cinématique de jeu PS2 chelou lissée », et d’une animation étrange et très excessive, qui rendent bizarre à regarder les conversations stériles de ses protagonistes. Je sauverai la série pour ses scènes d’action correctes et pour son très bon casting vocal, mais clairement, parmi les expérimentations récentes du studio à l’hippocampe, Infini-T Force fait sans nul doute partie des moins intéressantes.


#54: Monster Strike Anime: Kieyuku Uchuu-hen

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Yokohama Animation Lab | 13 épisodes d’environ 11 minutes (ONA) | Jeu smartphone

Titre Crunchyroll : Monster Strike The Fading Cosmos

Troisième saison pour Monster Strike, qui continue à suivre une courbe descendante de qualité après une première saison très sympathique et une seconde saison bien moins intéressante. Semblant incapable de savoir ce qu’elle veut faire, la série revient pour cette nouvelle saison sur des personnages en 2D (alors que la seconde saison avait fait la transition vers la 3D), et expédie en quatrième vitesse le méchant de la précédente saison pour laisser place à un arc scénaristique pas moins cliché que ceux qui l’ont précédé, mais plus maladroit encore. Toutefois, si l’animation des personnages pâtit considérablement de cet inexplicable aller-retour, les combats de la série (qui se font entre les monstres, qui sont, eux, en 3D depuis presque le début de la première saison) sont toujours de très bonne qualité. Le reste est d’un manque d’intérêt époustouflant, d’autant qu’on voit presque pas Oragon (doublé par Fukushima, mon amour), mais c’est toujours ça de pris, et puis au pire la série reste plutôt courte.


#53: Tomica Hyper Rescue Drive Head: Kidou Kyuukyuu Keisatsu

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OLM | 37 épisodes de 24 minutes (troisième cour) | Jouets

Non licencié en France

Dernier cour pour Tomica Hyper Rescue Drive Head, qui n’aura pas tenu une année entière, ayant commencé ce printemps. Comme d’habitude, il y est question de jeunes secouristes montés dans des mechas, et malheureusement, même s’il fallait s’y attendre, l’anime se détourne, dans son arc final, du secourisme qui était son concept de base pour mettre en scène un bête affrontement à main robotisée contre les robots d’une IA maléfique.

L’écriture de ce dernier cour est plutôt discutable, la série se tape un nouveau récapitulatif, mais malgré ça, Tomica Hyper Rescue Drive Head reste une série sympathique et pas désagréable à regarder de semaine en semaine, bien que certainement pas mémorable.


#52: Urahara

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Shirogumi & EMT² | 12 épisodes de 24 minutes | Manga web

Titre Crunchyroll : URAHARA

Imaginez que vous êtes une jeune fille qui s’est trouvé un petit boulot de vendeuse pour une boutique de design à Harajuku, et y bosse pendant les vacances scolaires avec deux copines quand soudainement la ville se retrouve attaquée par des aliens et isolée du reste du monde par une force mystérieuse. Bien joué, vous êtes un personnage principal de Urahara. Mes condoléances pour vos rétines.

Série tournant autour du thème de la créativité, Urahara prend un malin plaisir à considérer que la créativité, c’est de mettre plein de trucs marrants ou mignons à l’écran, partout, tout le temps. Très chargé visuellement, l’anime mélange ainsi des décors au trait naïf particulièrement réussis avec beaucoup de couleurs assez agressives (énormément de rose mais pas que) et une animation d’une qualité minimale. Plus propre aux captures d’écran qu’aux marathons de visionnage, l’anime est souvent pénible à regarder, mais pas forcément à cause de son visuel.

Parce que si la direction artistique de la série est souvent maladroite, elle ne l’est pas autant que son scénario, et plus particulièrement de ses dialogues. Les conversations des héroïnes sont d’autant plus faibles qu’elles reposent énormément sur des motifs récurrents très faciles à identifier et très, très pénibles, chacune de ces héroïnes taillées dans le sucre ayant son (ou ses) gimmicks relous à faire valoir (la pire étant Mari).

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Construite pendant plusieurs épisodes comme un monster-of-the-week, la série finit par avancer et se pencher sur des aspects intéressants de son thème principal, et pourtant même là elle continue à tourner en rond (je pense à l’interminable épisode où les héroïnes sont soumises à la suggestion induite par les Scoopers). Si j’apprécie ce que la série a tenté de faire du point de vue visuel, et si j’adore les petits bruits de friture qu’on entend quand Ebifurya bouge, je ne peux certes pas dire que regarder Urahara n’aura pas été une expérience fatigante, et finalement pas si intéressante que ça.


#51: Aiseki Mogol Girl

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IKEAnimations | 12 épisodes de 4 minutes | Original

Non licencié en France

C’est peut-être difficile à croire mais on va en fait rester dans un univers graphique finalement pas si éloigné avec Aiseki Mogol Girl, une série courte en stop motion mettant en scène des personnages hauts en couleur créés à partir de chenilles cure-pipe. Je n’invente rien.

Pour décrire Aiseki Mogol Girl, il faut expliquer le terme. L’aiseki, c’est l’idée de s’asseoir à table avec un parfait inconnu. Dans l’anime, on suit donc deux jeunes tokyoïtes qui s’en vont régulièrement à un café de leur connaissance dans l’intention à peine dissimulée de trouver l’homme idéal au détour d’un mocca. Ou la peluche d’animal en chenilles cure-pipe idéale, que sais-je. Je viens de me poser la question de si ces engins-là pouvaient se reproduire, et comment, et je l’ai regretté immédiatement.

Bref, Aiseki Mogol Girl est donc une comédie qui suit ces deux jeunes femmes qui font la rencontre de mecs bizarres et tentent quand même le coup au cas où il y ait moyen de moyenner. Je vais être franc avec vous, entre l’argot de jeunes tokyoïtes et la diction extrêmement rapide des personnages, je n’ai pas tout entravé à ce qui se disait dans la série, mais les blagues que j’ai effectivement pu saisir étaient, ma fois, plutôt drôles (et quelques-unes pas du tout, dommage que le dernier épisode se finisse sur un truc aussi con), mais rien n’est aussi drôle que le rire de dindon de Fuyumi.


#50: Code:Realize: Sousei no Himegimi

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M.S.C | 12 épisodes de 24 minutes | Visual novel

Titre Wakanim : Code: Realize

Si vous connaissez un tant soit peu les codes de certains shoujos romantiques et de la plupart des otome game, vous savez que l’invasion de l’espace personnel en fait partie intégrante, à des points parfois assez gênants. Que dites-vous, alors, d’un otome game dont l’héroïne a la peau si irrémédiablement sertie de poison que tout ce qu’elle touche fond comme un Playmobil passé au micro-ondes.

… après vérification, YouTube n’a pas de vidéos de gens qui mettent des Playmobil au micro-ondes, je n’ai donc pas la preuve scientifique que les Playmobil fondent au micro-ondes. Les gens qui touchent la peau de Cardia, par c ontre, fondent, ça c’est prouvé. Bref, c’est pratique pour garder à distance les clichés du genre otome, mais à part ça c’est une situation plutôt handicapante pour Cardia, puisque contrairement à un micro-ondes, sa peau ne permet pas de faire réchauffer de la pizza. Pour faire fondre de la pizza, par contre, c’est super.

Bref, c’est alors qu’elle est sur le point de se faire enlever manu militari par la couronne anglaise que Cardia fait la rencontre d’Arsène Lupin, gentleman cambrioleur, et de tous ses compagnons. Avec lui, elle va rejoindre une ville de Londres alternative, dans toute sa gloire steampunk, pour tenter de retrouver son père, scientifique de génie disparu dans des circonstances obscures, à qui elle doit cette bien étrange maladie de peau.

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Si le visual novel est sympathique, en tant qu’anime, Code:Realize: Sousei no Himegimi compresse et mélange toute son intrigue en une douzaine d’épisodes qui ne parviennent qu’à exacerber l’aspect cliché de son intrigue (mettant notamment en avant un bon nombre des répliques les plus cheesy du jeu), sans jamais parvenir à en faire ressortir le charme. Si les décors de la série sont étonnamment bons, son animation est loin d’être au niveau, et, quitte à me répéter, le script de l’adaptation pèche vraiment : je pense par exemple à un chapitre très important du visual novel qui est, dans l’anime, expédié en une scène post-générique incompréhensiblement mal réalisée. L’univers de la série reste sympa, les génériques sont bons, ça se regarde sans grand mal, mais c’est néanmoins une adaptation vraiment faible d’un visual novel qui méritait un peu mieux.


#49: Osake wa Fuufu ni Natte kara

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Creators in Pack | 13 épisodes de 3 minutes | Manga web

Titre Crunchyroll : Love is Like a Cocktail

Si elle est capable de se présenter tous les jours au boulot en tant que jeune cadre travailleuse et sérieuse, c’est seulement parce que Chisato a son oasis qui l’attend chez elle tous les soirs : un mari aimant qui lui prépare de la bonne bouffe et un petit cocktail maison, talent qu’il doit à ses années en tant que barman.

Ainsi, chaque épisode montre Chisato recevoir sa dîme quotidienne d’éther aromatisé, presque à chaque fois dans un contexte similaire, et chaque épisode nous permettra d’obtenir la recette d’un cocktail différent. Si le manque de variété des situations me dérange un peu, ce que je n’aime pas dans Osake wa Fuufu ni Natte kara, c’est surtout le fait que Chisato réagisse toujours de la même façon.

En effet, sans faute, elle lance à chaque fois sa catchphrase et, les joues roses, sombre directement dans l’ivresse la plus totale, ce qui a pour effet direct de la rendre extrêmement affectueuse envers son mari et de la faire régresser mentalement comme si elle avait descendu un litron de rhum pur. C’est honnêtement assez bêta et vite lassant, et c’est un peu dommage parce qu’à part ça la série est assez jolie, et pipou quand elle n’en fait pas trop, c’est-à-dire rarement.


#48: Time Bokan: Gyakushuu no San Akunin

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Tatsunoko Production | Pas mal d’épisodes de 24 minutes (premier cour) | Original

Non licencié en France

Si ClassicaLoid est un anime qu’on a quitté l’hiver dernier et qu’on a retrouvé ici inchangé, Time Bokan 24 est son exact inverse, puisqu’il revient métamorphosé après ces six mois de pause, en soit témoin l’absence de « 24 » du titre de cette nouvelle saison. Assumant à fond son statut de show télévisé, la série remplace une bonne partie de ses concepts pour devenir une émission éducative où l’on apprend des trivias historiques en compagnie des personnages historiques concernés. Chaque épisode est en effet introduit en teasant trois grosses anecdotes que l’on découvrira au fil de l’épisode, et en introduisant occasionnellement dans l’action des présentateurs de la chaîne télévisée sur laquelle est diffusée la série.

Mais ce n’est pas juste le concept de la série qui a changé, puisque l’histoire a également pris cher. En effet, comme le souligne le titre, Time Bokan: Gyakushuu no San Akunin La revanche des trois vilains ») ne tourne plus autour de son duo de jeunes héros excitants comme de l’eau plate, mais autour du trio des méchants rigolos. Les héros n’apparaissent à chaque fois vraiment qu’à partir de la moitié de l’épisode, et d’ailleurs le casting de l’organisation des gentils est complètement remplacé, ce qui cache sans la moindre forme de subtilité un twist. Adieu le piaf inutile, adieu le petit robot inutile, et adieu le commandant sympa mais inutile, on ne vous regrettera pas des masses. De même, il n’est plus question d’essayer de restaurer l’Histoire à sa supposée vraie forme (qui était à chaque fois un truc assez débile), mais bien de voir les personnages historiques tels qu’on est censés les connaître.

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Et du coup, ça fait quoi au final ? Eh bien, ça a l’effet inattendu de rendre la série plus fun à regarder que durant sa première saison. Bon, ensuite, ça n’est certainement pas une panacée, les réactions du trio quand ils apprennent des anecdotes historiques sont très forcées et prévisibles, la série n’est vraiment pas bien animée, et il y a des fois où elle abuse carrément (genre la moitié d’épisode où ils vont visiter un vrai restaurant de ramen, en live action, pour y manger et faire sa pub comme dans une vraie émission japonaise), mais au moins ça se laisse bien regarder.


#47: PriPri Chii-chan!!

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OLM | 36 épisodes de 12 minutes (troisième cour) | Manga

Non licencié en France

Elle partageait son créneau horaire avec 100% Pascal-sensei, il était donc inévitable que si la première série se terminait, alors la seconde la suivrait dans la tombe. Et pourtant, si PriPri Chii-chan!! se destine, comme sa collègue de demi-heure, à un très jeune public, elle est à mes yeux bien plus sympathique. Depuis ce printemps, la série se présente comme une petite comédie solide mais à réserver strictement à un public jeune. On notera quand même, histoire de ne pas partir sans rien ajouter, que plus on avance dans la série et plus les inventions du PriPri Shot se voient remplacées par des invocations, ce qui est plutôt étonnant.

Ajoutons aussi que l’épisode du kappa était plutôt cool. Comment ça, vous voulez mon avis au lieu de me planquer derrière des « ouiii, c’est pour les enfants vous voyez » ? Bah, je me suis fait un peu chier devant, oui, c’est vrai. Mais malgré ça, ça restera pour moi un pas mauvais souvenir, ne serait-ce que parce que c’est pipou comme tout.


#46: Pingu in the City

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Polygon Pictures | 26 épisodes de 7 minutes (premier cour) | Dessin animé

Non licencié en France

Emporté, au début de sa diffusion, par un élan mémétique en tête du classement des animes les mieux notés de MyAnimeList, Pingu in the City trône toujours au moment où j’écris ces lignes dans le top 200 du site, c’est-à-dire entre Dans un recoin de ce monde et Le Château dans le ciel, et j’espère ne pas vous surprendre en disant que c’est un peu abusé, quand même.

Reboot de la série helvético-britannique en stop motion d’Otmar Gutmann, Pingu in the City raconte la vie de Pingu, un jeune branleur à plumes de l’Antarctique, qui habite en ville avec ses parents, et vit un peu sa vie, faisant souvent des petits boulots çà et là, pour la fleuriste, pour le pâtissier, pour l’inventeur local, etc. On sent quand même que le staff de la série a voulu un peu faire du pied au public européen de la série, puisque Pingu passe aussi pas mal de son temps à mater du foot affalé dans son fauteuil, souvent aux dépens de Pinga.

Visuellement beaucoup plus propre que la série originale (ce qui s’explique par le fait que la série n’est plus en stop motion mais en 3D, tout en rendant assez bien l’impression de toujours être en stop motion), la série ne me parle décidément pas. L’univers est sympathique mais ses personnages sont bruyants, et surtout, je trouve les gags trop prévisibles pour être drôles. Qui plus est, le fait que ces pingouins aient des sourires Colgate pleins de dents me dérange grandement, et me pousse à faire des recherches Google Images que je regrette fortement.

Bref, je m’oppose fermement à ce qu’on laisse entendre que Pingu in the City soit meilleur que Le Château dans le ciel. Par contre, Pingu in the City meilleur anime de Polygon Pictures ? Je ne l’affirmerai pas, mais ne comptez pas sur moi pour dire le contraire.


#45: Monster Hunter Stories: Ride On

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David Production | Plein plein d’épisodes de 23 minutes (cinquième cour) | Jeu vidéo

Titre Capcom (pour le jeu vidéo, la série n’est pas licenciée en France) : Monster Hunter Stories

Après avoir conclu un premier gros arc scénaristique sur quelques épisodes de haute volée, Monster Hunter Stories: Ride On a eu l’idée pas forcément très inspirée d’en lancer un nouveau. Si la série, qui s’était lancée l’automne dernier, aura su se trouver une petite place dans mon cœur au fur et à mesure de l’année, ce nouveau cour m’aura laissé un peu perplexe.

Une grande partie de la saison est consacrée à un monster-of-the week (ou plutôt rider-of-the-week) d’un intérêt plus que discutable, mais elle opère occasionnellement des changements de ton pas inintéressants, me laissant me demander ce à quoi va ressembler le prochain cour, même si globalement je trouve celui-ci bien en dessous de la moyenne de la série. Du coup pourquoi c’est monté de vingt places depuis l’an dernier ? Non pas parce que l’automne dernier était bien plus riche en bons animes, mais surtout parce que cet automne était bien plus riche en animes nuls. Eh oui, c’est comme ça.


#44: Itazura Majo to Nemuranai Machi

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SANZIGEN | Un épisode de 40 minutes (ONA) | Original

Titre Crunchyroll : Sorcery in the Big City

Sans doute vous souvenez-vous que, quelques pages plus haut, j’avais qualifié le disgracieux aller-retour de la série Monster Strike entre la 2D et la 3D d’ « inexplicable ». Figurez-vous que j’ai menti. Eh oui, car la raison a fini par pointer le bout de son nez, un beau jour de décembre, à la place d’un épisode normal de Monster Strike Anime: Kieyuku Uchuu-hen. En effet, la série avait, cette semaine-là, laissé sa place à la diffusion d’un certain court-métrage d’une demi-heure, produit par le studio SANZIGEN, studio qui était en charge de la 3D de la saison 2 et avait mystérieusement disparu du staff de la saison 3. Tout s’explique.

Racontant l’histoire d’une jeune recrue de la police japonaise qui se voit, dans le cadre d’un programme d’échange international, envoyée à New York la veille de Noël, Itazura Majo to Nemuranai Machi rend largement hommage à la tradition américaine des films de Noël, et met ici en scène une sorcière qui, pour s’amuser, donne vie à tous les jouets à travers la ville, ce qui cause pas mal d’emmerdes.

Mélange d’influences pas mal indigeste, Itazura Majo to Nemuranai Machi a la main aussi lourde sur les clichés que le personnage de la collègue policière new-yorkaise de notre héroïne a la main lourde sur les donuts. Rajoutez-y des dialogues très cheesy, une intrigue pas folle et des personnages auxquels la demi-heure que dure l’exercice ne nous aura pas laissé le temps d’accrocher, et vous obtenez un résultat oubliable, sauvé par l’esthétique pas dégueulasse de la série (si vous aimez le visuel habituel de Monster Strike, c’est pour vous) et des combats toujours de qualité, comme les animateurs de chez SANZIGEN savent faire. Bref, c’est pas le Die Hard de l’animation japonaise, mais au moins on peut y voir une combattante mystique née d’un ours en peluche combattre la malédiction du pharaon dans les rues de New York, et c’est toujours ça de pris.


#43: Puzzle & Dragons Cross

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Studio Pierrot | Une chiée d’épisodes de 24 minutes (sixième cour) | Jeu vidéo

Non licencié en France

Accueillie avec scepticisme par ma personne à l’été 2016, Puzzle & Dragons Cross est une série qui a le mérite de gagner un peu en intérêt au fil des saisons. Dans ce cour, l’impensable s’étant passé, et Ace devient la tête symbolique de la résistance clandestine au nouveau régime qui a la main sur le continent. Mi-Jean Moulin mi-Superman, il jette de la boue à la face des méchants en profitant de son récent power-up pour sauver avec éclat les civils dès que l’occasion se présente.

Dans les faits, ce cour est un peu un « les-gens-qu’on-a-perdu-de-vue-of-the-week », mais ça nous permet d’avoir quelques épisodes un peu fun, dont un où un personnage secondaire un peu inutile se trouve une vraie vocation et se décide à persister dans cette voie malgré le climat qui lui est clairement pas favorable, et je trouve ça cool. La série reste globalement vraiment faible visuellement, avec l’exception désormais habituelle de quelques combats vraiment pas mal animés çà et là (ça semble devenir une règle cachée qu’on va en avoir un ou deux par cour). Reste à voir quelle direction va prendre le prochain cour, que tout porte à croire qu’il sera le dernier de la série.


#42: Enmusubi no Youko-chan (Huyao Xiao Hongniang)

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Haoliners Animation League | 24 épisodes de 24 minutes (second cour) | Manhua web

Titre Crunchyroll : Fox Spirit Matchmaker

Enchaînant sans tergiverser sur une autre douzaine d’épisodes après un premier cour qui m’a surpris en plutôt bien cet été, Enmusubi no Youko-chan a continué à être une série étonnamment tolérable malgré ses clairs défauts d’écriture et d’animation. Se faisant un poil longuet, notamment sur le flashback central du cour, l’anime parvient quand même à nous raconter quelques histoires assez sympathiques qui compenseront un peu un fil rouge pas forcément toujours évident à suivre.


#41: Himouto! Umaru-chan R

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Doga Kobo | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Non licencié en France

Et sans transition, passons à un anime que bien des lecteurs s’émouvront peut-être de trouver aussi bas dans le classement. En effet, ayant acquis une certaine popularité avec une première saison plutôt bien fichue en 2015, l’adaptation du manga de Sankaku Head nous revient avec une seconde saison pas spécialement en dessous de la première. Du coup, pourquoi cette place ? Pour la même raison que la première saison, que j’avais déjà pas mal trashé à l’époque.

Himouto! Umaru-chan, ça raconte l’histoire d’Umaru, une lycéenne parfaite en apparence mais qui, dès qu’elle rentre chez elle, retourne à son état naturel : celui de sale gamine capricieuse qui ne pense qu’à jouer, regarder des anime et lire des mangas. Autant dire qu’on peut tous se reconnaître un peu en elle, seulement voilà, je ne peux pas m’empêcher de voir les choses du point de vue de son grand frère, qui est obligé d’être responsable pour deux, et de supporter à longueur de semaine ses caprices et ses conneries, dont elle n’apprend systématiquement rien. Vous en conviendrez, on a connu meilleur délire.

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Bon, donc je n’arrive pas du tout à accrocher pas à la série (et pourtant laissez-moi vous dire que j’ai essayé), mais du coup cette seconde saison, elle est comment ? Au niveau de la première, je dirais. Je trouve le nouveau personnage assez relou, mais comme tous les personnages de la série me font cet effet, vous m’excuserez d’avoir du mal à les départager. Le plus triste dans tout ça, c’est qu’il y a dans le manga, pas longtemps après l’endroit où se termine la première saison, un petit arc scénaristique assez intéressant où Umaru se remet en question. Figurez-vous que cet arc a été adapté… dans un OVA, paru en avril dernier (et n’a donc bien entendu pas été ré-adapté dans la nouvelle saison). Oui, c’est ballot.


#40: Dream Festival! R

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Bandai Namco Pictures | 12 épisodes de 24 minutes (ONA) | Jeu smartphone

Titre Crunchyroll : DREAM FESTIVAL! R

Enchaînons sans plus attendre sur la seconde saison de Dream Festival!, un anime d’idols que j’avais classé l’automne dernier 58e. Par rapport à d’autres suites de la saison, celle-ci n’aura pas autant arrangé son cas : c’est toujours assez moche, les doubleurs des personnages principaux ne savent toujours pas jouer, les costumes qu’ils portent sur scène sont toujours dégueulasses, bref, les faiblesses sont toujours là. Et pourtant, j’ai encore pris un certain plaisir à voir Dream Festival! R.

La raison est assez simple, elle est tout simplement que là où pas mal d’anime d’idol masculins passent à chaque épisode d’un groupe à l’autre en jonglant avec un tas de personnages, Dream Festival! se concentre sur sept personnages principaux, ce qui fait que le courant passe beaucoup plus facilement avec le spectateur. Cela étant dit, je trouve cette seconde saison moins bien écrite que la première (notamment avec tout le drama autour de Yuuto, qui est relou comme tout), mais elle a au moins le mérite d’avoir une thématique claire (le passage de bâton des mentors). Oh, d’ailleurs, il y a Fumihiko Tachiki (Gendou de Neon Genesis Evangelion, Hasegawa de Gintama) qui joue un idol dans la série (c’est un des collègues de Mikami). Si ça c’est pas un argument, je sais plus quoi dire.


#39: Bonobono (2016)

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Eiken | Tout plein d’épisodes de 6 minutes (septième cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : BONO BONO (Saison 2)

Souvent classée vers le fond de mes bilans (principalement pour la raison qui est que c’est pas ouf à regarder pour un public adulte), Bonobono est une série qui m’est hautement sympathique, et qu’un cour encore meilleur que d’habitude me permet ici de faire remonter dans le classement. Pour rappel, cet anime qui a commencé au printemps 2016 raconte l’histoire d’une jeune loutre qui parle avec ses amis de la forêt. Les sujets sont variés mais souvent étrangement philosophiques, et ce cour s’offre un épisode particulièrement notable, avec un style différent de l’habitude, montrant la petite enfance de Bonobono. C’est tout à fait ma came, et j’ai envie de croire que ça peut aussi être la vôtre.


#38: Tsukipro The Animation

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PRA | 13 épisodes de 24 minutes | Projet musical

Titre Crunchyroll : TsukiPro The Animation

Il est assez étrange, dans une saison riche en daubes, de voir revenir améliorées des franchises que l’on avait connu à travers des séries vraiment pas terribles. On peut penser à Time Bokan: Gyakushuu no San Akunin, évoqué plus haut, mais celle-ci est un bon exemple. On avait effectivement fait connaissance avec les beaux gosses de l’agence de production Tsukino Entertainment Production (ou Tsukipro) dans l’extrêmement médiocre Tsukiuta. The Animation. Coup de chance pour la franchise : Tsukipro The Animation est… moins médiocre ! Yeah !

Suivant quatre groupes autres que ceux montrés dans Tsukiuta, Tsukipro nous présente les préparations de ces idols en vue d’un grand concert de fin d’année. Là où Tsukiuta oubliait complètement d’être un animé d’idol, Tsukipro nous parle effectivement de leur travail en tant que tel, des particularités de chaque groupe, des soucis et des inquiétudes de leurs membres, et parvient globalement à être relativement pertinent dans son genre. Malheureusement, le fait de tourner entre une vingtaine de personnages principaux fait qu’on a du mal à retenir un personnage une fois l’anime terminé, mais il y a là-dedans quelque chose qui marche, quelque chose qui passe avec ces beaux gosses qui luttent parfois contre les a priori que leur valent leur profession ou leurs origines, parfois contre le syndrome de la page blanche, et aussi parfois contre l’écrasant talent de certains de leurs collègues.

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Lâcherons-nous le vilain terme de « Personaxploitation » ?

J’essaye de vendre ça bien, dans les faits ça reste vraiment pas bien beau et assez classique, mais je ne peux pas cacher avoir eu une certaine sympathie pour l’anime, d’autant qu’il recèle quelques chansons vraiment cool, comme Mahou no Kizuna ou Burny!!! (si vous la googlez, le couplet est vraiment pas ouf mais attendez un peu le refrain). Du coup, dans le domaine des séries qui ont annoncé une seconde saison à la fin de leur dernier épisode, autant j’attends la suite d’Ou-sama Game comme un condamné attendrait un bourreau qu’il sait alcoolique et aveugle, autant Tsukipro, bah, j’attends son retour avec une bienveillance non feinte.


#37: Kino no Tabi: The Beautiful World – The Animated Series

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Lerche | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre Crunchyroll : Kino’s Journey -the Beautiful World- the Animated Series

Heureux qui, comme Hermès, fait un beau voyage chevauché par une charmante demoiselle. Les fans l’attendaient de pied ferme, Kino no Tabi est revenu sur le petit écran après quatorze longues années d’absence, et, à la surprise d’à peu près personne, ce n’est pas aussi bien que la première série animée.

Racontant de façon épisodique le perpétuel voyage de la jeune Kino et de sa moto parlante Hermès, la série s’articule autour de la découverte de divers Pays (des cités-état, généralement, avec des mœurs et coutumes bien à elles). À chaque fois, au bout de trois jours, elle enfourche à nouveau Hermès et elle continue son voyage à la découverte de nouveaux horizons, avec son flegme, son pragmatisme, et ses quelques flingues sous le bras. À la base une longue série de light novels écrite par Keiichi Shigusawa, Kino no Tabi a effectivement eu le droit, en 2003, à une adaptation en anime que je tiens en très haute estime. Elle fait en fait facilement partie de mes 20 animes préférés.

Et, clairement, le fait d’avoir déjà une adaptation prestigieuse sous la ceinture ne fait pas que du bien à cette nouvelle adaptation résolument différente. Plus proche du character design originel de Kouhaku Kuroboshi, celle-ci a par ailleurs fait le choix étonnant de demander aux fans quelles histoires ils voulaient voir adaptées, ce qui a pour résultat de nous donner une série assez inégale en ton (l’épisode final est d’ailleurs particulièrement allumé) et, surtout, en intérêt (le pays des cuisiniers sans spécialité, quel est le… quoi ?), pas arrangée par une production pas toujours au niveau et ses quelques idées inédites médiocres (la conclusion, au secours).

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Si la nouvelle série est globalement vraiment pleine de lourdeurs et de faiblesses, je dois dire que je trouve assez intéressante et pertinente une analyse que j’ai vu sur Twitter au sujet de cette saison (et que je crédite, de mémoire, à l’ami RdNetwork). En effet, là où la série de 2003 prêtait avant tout attention aux pays visités, qui étaient autant de contes sociaux et de dystopies fascinantes, la série de 2017, elle, s’intéresse avant tout au voyageur. Je prolongerai même l’idée en disant que là où le Kino no Tabi de Nakamura nous brossait les tableaux de sociétés, le Kino no Tabi de ce Taguchi nous parle avant tout de l’impact de l’étranger sur celles-ci. Certes, ça ne change rien au fait que la série soit faible sur à peu près tous les aspects, mais ça donne certainement un peu de saveur à cette bien faible adaptation.


#36: UQ Holder!: Mahou Sensei Negima! 2

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J.C.Staff | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Wakanim : UQ HOLDER!

Et c’est par le plus grand des hasards qu’on passe du retour d’une série notable du début des années 2000 à une autre avec l’adaptation de la suite de Mahou Sensei Negima!, le bien célèbre shounen scolaire de Ken Akamatsu, un mangaka qui restera plus connu pour son attachement tenace à l’idée de dénuder l’intégralité des personnages féminins qu’il crée que pour sa capacité à écrire des shounens d’action potables. Les tirs ont été tirés, cela dit je ne peux pas dire que je ne comprenne pas l’affections que les vieux fans de la série ont pour cet univers.

Se déroulant quatre-vingts ans après la fin de Negima!, UQ Holder! raconte l’histoire du petit-fils de Negi, Touta, un garçon qui va se découvrir une caractéristique intéressante suite à une altercation un poil violente qui lui vaudra un petit démembrement amical. La caractéristique, la voici : il est immortel. Il découvre également que sa gardienne, Evangeline « Yukihime » McDowell est en fait une vampire millénaire, et qu’elle a formé une organisation d’immortels, qui sera un atout puissant pour affronter la menace qui n’a pas pu être résolue dans Mahou Sensei Negima!.

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Si je maintiens que Negima! est un shounen assez faible, je dois reconnaître à UQ Holder! l’intérêt de son concept, qui est de se concentrer sur un casting de personnages immortels chacun à leur façon, et que le manga utilise plutôt intelligemment. Malheureusement, si l’anime part plutôt bien, avec un premier épisode se concluant sur une scène d’action de qualité, il se met très vite à prendre de très très grandes libertés pas bien justifiées avec le scénario du manga, finissant avec une grande scène de fan service inédite directement dédiée aux fans de Mahou Sensei Negima!. Visuellement inégal, UQ Holder! n’est somme toute pas fondamentalement déplaisant à regarder (sauf si vous êtes un aficionado du manga), mais il ne construit rien qui justifie ses choix, et trouvera automatiquement sa place dans la catégorie des anime vite regardés vite oubliés.


#35: Black Clover

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Studio Pierrot | 51 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Manga

Titre Crunchyroll : Black Clover

Successeur à Sousei no Onmyouji dans l’apparente quête des producteurs du studio Pierrot pour un nouveau shounen d’action adaptable sur le long terme, Black Clover se sera bien vite vu oublié d’une grande partie de ses potentiels fans à cause d’un problème dont on aura pas mal entendu parler. Et qu’on aura plus encore entendu crier.

Mais avant ça, petit point histoire. Black Clover est un shounen d’heroic fantasy du Shounen Jump, dans un monde où chaque personne se voit assigner à son adolescence un grimoire magique. Problème, notre protagoniste, Asta, n’a pas une once de pouvoir magique. Rien, que dalle, nada. Mais il finit par recevoir un étrange grimoire noir orné d’un trèfle à cinq feuilles, duquel il peut sortir une épée géante capable de neutraliser toute magie. Il va grâce à ça rejoindre une guilde de chevaliers magiques un peu clandé, et partir à l’aventure dans le but de devenir le big boss, l’Empereur de la Magie.

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Vous allez me dire : c’est cliché de ouf, et vous aurez tout à fait raison. Black Clover est cliché comme il est rare de l’être, et ses deux-trois premiers tomes en particulier sont assez pénibles à lire. Et pourtant, j’ai une vraie sympathie pour la série, pour ses héros qui ont une rivalité très saine et assez rafraîchissante, pour ses personnages sympathiques, pour ses combats qui vont droit au but ou même pour son thème sous-jacent (mais très évident) de lutte des classes. On me versera sans doute un seau de trucs infects sur la tête pour avoir dit ça, mais je trouve que c’est Fairy Tail en mieux. Jamais génial mais acquérant vite une certaine constance dans son charme, c’est un manga que je trouve vraiment sympa à lire. Mais revenons à l’anime.

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Le gars est à chaque fois content quand les efforts de son rival sont reconnus (et réciproquement Asta est tout content quand le gars se voit promu), je trouve ça adorable.

Car comme vous le savez probablement, l’anime a un problème très évident : la voix d’Asta est horrible, ce qui est d’autant moins un cadeau que le garçon est particulièrement bruyant (il a notamment une façon de crier absolument horripilante). J’aimerais pouvoir dire qu’on s’y fait, mais non, ça reste gênant au bout de treize épisodes, et je dois dire qu’il n’est pas le seul du casting à avoir une vilaine voix. Mais pour moi, le vrai problème, c’est que l’anime a visiblement une production difficile, entre une composition rushée et une animation qui montre souvent qu’elle n’a vraiment pas du tout eu le temps d’être supervisée et corrigée proprement.

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Du coup, entre le fait que ce cour adapte la moins bonne partie du manga (le début), les voix problématiques et la production cassée, il reste quoi à sauver là-dedans ? Le fait que malgré tous les problèmes de la série, elle parvienne à relativement régulièrement nous offrir des cuts d’action pas piqués des hannetons. Vous me direz, c’est un peu léger, mais il n’empêche que la série se regarde, bah, pas si mal, malgré tous ses évidents problèmes.


#34: Fate/Grand Order x Himuro no Tenchi ~7-nin no Saikyou Ijin-hen~

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ufotable | Un épisode de 15 minutes (Special) | Original (jeu smartphone & manga (4-koma))

Non licencié en France

La création de spin-offs comiques est, pour les œuvres du Nasuverse, une sorte de tradition. Fate/Grand Order est bien loin d’y faire exception, en ayant eu un avant même que le jeu ne soit lancé. Et pourtant, quand est venue sur table l’idée de mettre en anime un spin-off comique de FGO pour l’événement de fin d’année, ce n’est pas l’insolent Fate/Gudaguda Order de Keikenchi qui a été convié, ni même le plus déluré encore Manga de Wakaru! Fate/Grand Order de Riyo. Non, parce que ça aurait été trop facile, et vous connaissez ces gonzes-là : s’ils peuvent rendre les choses plus compliquées pour le fun, ils le feront.

Du coup, on a là affaire à un cross-over inédit, mélangeant le Himuro no Tenchi Fate/school life d’Eiichirou Mashin, un spin-off de Fate/stay night mettant en scène un petit groupe de personnages secondaires bien reconnaissables, avec l’univers de jeu, dans tout ce qu’il a de plus méta. Des blagues sur les mythes liés au gacha, sur les embers, sur l’équilibrage des Servants, plein de petites allusions plutôt bien pensées qui feront sourire les habitués du jeu en regardant Ritsuka invoquer bien malgré lui trois demi-Servants pas banals.

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Malheureusement le tout est pas mal handicapé par quelques blagues plutôt lourdes, notamment toute la scène sur l’identité du Servant qui va fusionner avec Himuro, qui fera surtout rire les Japonais et dure bien trop longtemps. Une des raisons de cette lourdeur, c’est aussi le fait que les seiyuu soient un peu tous à côté de la plaque dans un registre comique, et autant je dois dire que je n’attendais de toute façon pas grand-chose de Rie Nakagawa (Himuro), autant la contre-performance du gars sûr Shimazaki (Ritsuka) et de cette chère Rie Takahashi (Mash) est plus que décevante. Cela étant dit, ce point noir est pour moi assez largement contrebalancé par la qualité visuelle de l’épisode, qui comporte notamment un gag qui donne lieu à une très longue scène d’action parodique, que je qualifierais sans peine comme étant une des plus inspirées et des plus réussies du studio ces dernières années. Le studio étant ufotable. Ah bah oui.


#HS: Fate/Grand Order: Moonlight/Lostroom

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Lay-duce | Un épisode de 33 minutes (Special) | Original (jeu smartphone)

Non licencié en France

Oui, parce que cette année, Fate/Grand Order a eu le droit à deux specials de fin d’année, histoire de fêter tout ça. Étant fan de cet univers et jouant au jeu, je me suis donc bien logiquement dit que j’allais regarder les deux. C’était une grossière erreur.

Car si Fate/Grand Order x Himuro no Tenchi peut être regardé par à peu près n’importe quelle personne ayant touché au jeu de près ou de loin, Fate/Grand Order: Moonlight/Lostroom spoile. Et il ne spoile pas la fin du premier chapitre. Il spoile la fin de la première grande partie du jeu, qui, pour nous autres plébéiens qui jouons sur la version américaine du jeu, n’arrivera pas avant minimum novembre prochain. Oups.

Cela étant dit, le problème n’est pas tant que le special m’a spoilé (je vais vous avouer que, en tant que lecteur de wikis, je ne suis plus à ça près), mais surtout que je n’ai rien entravé à ce qui s’y disait. Comme, en plus, du point de vue technique / réalisation, le spécial n’a rien de particulier à offrir (à part quelques cuts d’action sympa où l’on peut notamment voir Ushiwakamaru, ce qui ne vaut pas rien), je ne me voyais pas essayer de classer le special au petit bonheur la chance dans ce bilan, donc on se contentera de ce court retour non-classé en attendant un possible second avis à l’automne prochain.


#33: Love Live! Sunshine!! 2nd Season

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Sunrise | 13 épisodes de 24 minutes | Projet musical

Titre Wakanim : LOVE LIVE SUNSHINE (Saison 2)

Vous qui mainteniez jusque-là admirablement bien votre suspension consentie d’incrédulité face à mon classement arbitraire et parfois étrangement argumenté, vous allez avoir là besoin de faire un effort supplémentaire. Est-ce que Love Love! Sunshine!! a, après une première saison placée septième de mon bilan de l’été 2016, vu sa qualité de production si grandement diminuer dans cette seconde saison ? Pas vraiment. Le classement de la première saison était-il une erreur de la banque en la faveur de la Sunrise ? Je serai ferme sur le sujet : c’est non. Bah, alors quoi ? Alors, des détails.

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Le plus « amusant », dans cette histoire, c’est que cette saison résout à mes yeux le principal problème de la première, qui était qu’elle ne parvenait jamais à se dégager de l’ombre de la première génération de Love Live!. En effet, dans cette seconde saison, Sunshine!! taille sa propre route en explorant une issue différente au problème qu’elles tentaient de résoudre, et que μ’s avait résolu avant elles (je sais, c’est très vague, mais c’est ça ou spoiler). Alors qu’est-ce qui explique la réticence que j’ai de plus en plus ressentie au moment de lancer chaque nouvel épisode de Love Live! Sunshine!! 2nd Season ?

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La réponse tient en un adjectif, un terme que je n’aime pourtant bien car souvent utilisé, à mes yeux, à tort. Cet adjectif est « forceur ». Car oui, cette saison de Sunshine!! est très, trop, beaucoup trop consciente de ce qu’attendent les fans, et elle en met des tartines, et elle n’y va pas avec le dos du couteau. Oui, parce que sauf dans le cas des confitures, le couteau est systématiquement un outil plus pratique pour tartiner que la cuillère. On pourrait même argumenter que si on se limite strictement à l’acte de tartinage (en omettant, donc, toute la partie de collecte de la confiote dans le pot), le couteau l’emporte sur la cuillère dans dix cas sur dix.

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Où en étais-je ? Ah, oui. Cette seconde saison de Love Live! Sunshine!! se montre donc, un peu comme moi à l’instant, d’une grande lourdeur, dans son utilisation excessive des catchphrases et des running gags, mais aussi dans des dialogues que je trouve bien plus cheesy qu’auparavant. Peut-être que je me vieux-con-ise, mais malgré la bonne humeur de la série, malgré ses situations parfois rigolotes, malgré le character developpement impressionnant auquel a le droit Riko au cours de la saison (meilleur fil rouge), je me suis retrouvé bien plus souvent à grimacer qu’à être enthousiasmé par ce qu’on me montrait. Même Hanamaru a fini par me gaver, c’est dire. C’est donc un gros « BU BUU desu wa » (j’en peux plus) pour Sunshine!! S2.


#32: Fireball Humorous

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Jinni’s Animation Studios | 3 épisodes de 3 minutes | Original

Non licencié en France

Pendant le 49ᵉ millénaire, en plein milieu d’une guerre finale contre l’humanité, deux robots glandouillent dans une tour titanesque en échangeant des absurdités et des calembours avec un ton complètement pince-sans-rire. C’est là le concept de Fireball, une série comique courte en 3D produite par Disney, qui fêtera bientôt son dixième anniversaire, et qui s’est offert cet hiver une mini-saison à l’occasion du cinquième anniversaire de la chaîne japonaise Dlife (qui appartient, vous l’avez deviné, à Disney).

Mini-saison, c’est le cas de le dire puisque si les deux premières saisons fonctionnaient déjà avec des épisodes de 3 minutes, celle-ci a en plus le malheur de ne durer que trois épisodes. C’est un peu court, mais ça permet de faire des blagues sur les tapis rouges, sur les chikuwabu, et de parler un peu des problèmes existentiels de ces deux androïdes déconneurs, et c’est toujours apprécié. Le dernier épisode de cette nouvelle préquelle nous promet que Fireball reviendra, et si on apprécie le geste, on aimerait bien que ça se fasse avec une saison complète. Et que Disney sorte un jour la série en occident, si possible, merci d’avance, parce que je recommande en tout cas vraiment le visionnage des deux premières saisons.


#31: Youkai Apart no Yuuga na Nichijou

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Shin-Ei Animation | 26 épisodes de 24 minutes (second cour) | Light novel

Titre Crunchyroll : Elegant Yokai Apartment Life

C’est avec une qualité à peu près constante que s’est poursuivie et conclue Youkai Apart no Yuuga na Nichijou, cette sympathique série lancée cet été. Introduisant dans son casting deux nouveaux profs aux caractères diamétralement opposés et une nouvelle camarade de classe problématique, la série continue à nous offrir à la fois son excellente maîtrise du fonctionnement des relations humaines et ses dialogues régulièrement étonnamment niais. Un défaut commun contre une qualité rare, pas un si mauvais deal pour une série visuellement sans ambition mais indéniablement charmante.


#30: The Snack World

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OLM Digital | Pas mal d’épisodes de 23 minutes (troisième cour) | Projet multimédia

Non licencié en France

Malheureusement toujours intouchée des services de simulcast, la dernière série produite par l’éditeur Level-5 continue à être le très sympathique divertissement que je décrivais déjà ce printemps. C’est varié, c’est assez drôle, et la série s’éloigne de plus en plus de son format initial un poil répétitif, nous emmenant cette fois-ci aux côtés d’un dragon, dont le design et la voix rappelleront des choses à beaucoup de fans de Dragon Ball, pour suivre un entraînement afin de pouvoir enfin résister au vil Vinegar Kahn. J’ai peu de choses à lui reprocher, sinon que la série reste plutôt destinée à un public jeune, donc si vous vous jetez dessus, assurez-vous de ne pas vous attendre à des blagues de trop haute volée.


#29: Boruto: Naruto Next Generations

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Studio Pierrot | Tout un tas d’épisodes de 24 minutes (troisième cour) | Manga

Titre ADN : BORUTO – NARUTO NEXT GENERATIONS

Si ce n’est pas son empressement à poursuivre son fil rouge scénaristique qui étouffera la série du studio Pierrot, lancée le printemps dernier, celle-ci peut toujours se targuer d’être efficace malgré ses habituels fillers d’un intérêt variable. Ce cour-ci, la série poursuit et conclut l’arc du village du brouillard avec, au programme, quelques vrais bons combats (j’entends par là : bien animés et plutôt créatifs). Par la suite, la série s’offre un court examen pratique assuré par Kakashi, qui n’est pas d’un grand intérêt, mais surtout elle termine l’année sur un épisode dédié au passé de Mitsuki, dont l’écriture ne me convainc pas vraiment mais qui bénéficie de quelques cuts d’actions à couper le souffle, une belle façon de conclure l’année.

Oh, et la fille de Kurenai et d’Asuma a bien grandi, j’ose espérer qu’on la reverra plus tard dans la série. Eh oui, les informations qui comptent, elles sont là, dans ce bilan et pas un autre.


#28: Itsudatte Bokura no Koi wa 10cm Datta.

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Lay-duce | 6 épisodes de 24 minutes | Projet musical

Titre Wakanim : Our love has always been 10 centimeters apart.

Troisième et dernier volet d’un projet d’anime basé sur la série de chansons vocaloid Kokuhaku Jikkou Iinkai de HoneyWorks, Itsudatte Bokura no Koi wa 10cm Datta. nous parle de la relation amoureuse un peu difficile d’une lycéenne nommée Miou. Ses deux amies, Natsuki et Akari, étaient respectivement les héroïnes du premier et second film de la série, intitulés Zutto Mae kara Suki deshita. et Suki ni Naru Sono Shunkan wo., parus courant 2016.

Miou est en fait très proche de Haruki, son aimé, à tel point qu’aux yeux de tous autour d’eux, ils semblent être déjà en couple. Mais, vous connaissez le bail, c’est souvent les plus courtes distances qui sont les plus dures à franchir. Pareille aux deux films qui l’ont précédée, Itsudatte Bokura no Koi wa 10cm Datta. est une série qui n’est jamais impressionnante, mais qui compense ça bien en étant follement tendre (parfois trop), et à coup d’insert songs parfois un peu insérées au chausse-pied dans l’action, mais bon, c’est du HoneyWorks, on dit jamais non.

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Ce que la série a que les films n’avaient pas, c’est quelques twists pas tous prévisibles, mais aussi une certaine quantité de drame qui fait que les protagonistes vont s’éviter pendant une partie de la série, ce qui n’est jamais très fun (et pas bien productif quand ça dure trop longtemps). N’empêche, c’est choupi, y’a quelques jolies scènes, la fin est satisfaisante, bref, si vous aimez le genre il n’y a pas vraiment de raison de ne pas au moins tenter le coup.


#27: Kujira no Kora wa Sajou ni Utau

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J.C.Staff | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Netflix : Enfants de la Baleine

Adapté d’un superbe manga d’Abi Umeda, Kujira no Kora wa Sajou ni Utau nous raconte l’histoire de Chakuro, 14 ans, qui vit sur la Baleine de glaise, une sorte d’île vivante qui nage perpétuellement à travers un océan de sable qui s’étend à perte de vue. Sur la baleine, il y a plein d’enfants comme lui, sans parents, pour la bonne raison que la plupart des habitants de la Baleine sont capables d’utiliser des pouvoirs psychiques nommés saimia, un pouvoir qu’ils payent le prix fort, puisqu’il leur vaut une espérance de vie très réduite, n’atteignant jamais la trentaine. Du coup, ces jeunes-là, ils veulent découvrir le monde, mais c’est sans compter sur le fait que le monde ne compte pas les attendre.

S’il adapte remarquablement bien le style d’Umeda, je reprocherais à l’anime une composition déficiente, notamment pour ce qui est de l’intégration des objets en 3D (c’est surtout gênant sur les premiers épisodes) et des scènes d’actions assez faibles, mais ces remarques relèvent plutôt du pinaillage que d’autre chose. Car le vrai problème de la série, il est du côté de son écriture.

En effet, si Kujira no Kora wa Sajou ni Utau sait charmer par son esthétique et fasciner par son univers original, la série est pareille à son éponyme baleine et à ses personnages, ne semblant jamais savoir où elle veut aller, sautant parfois du coq à l’âne de bien désagréable manière. Qui plus est, et peut-être tenais-je là la série en trop haute estime, mais j’ai été un peu dérangé de la voir se lester de clichés que son univers très original ne me préparait pas à avoir à subir.

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Hormis quelques codes narratifs usés jusqu’à la corde, je retiens notamment un gamin psychopathe casse-bonbons avec une non-histoire particulièrement peu intéressante, et cette fille qui se met à chanter et à danser mystérieusement au premier plan à chaque fois qu’une bataille sanglante commence (et la chanson est très belle, mais, juste, pourquoi ? Est-ce un toc ?)… La série reste fort jolie et son univers fabuleux et intriguant, mais je dois dire qu’à force de ne jamais savoir ce que l’auteure essayait d’en faire, je m’en suis assez vite lassé.


#26: Blend S

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A-1 Pictures | 12 épisodes de 24 minutes | Manga (4-koma)

Titre Wakanim : BLEND-S

Si j’essaye toujours d’aborder chaque nouvelle série avec aussi peu de préjugés que possible, je dois bien dire qu’il y en a qui éveillent mes espoirs plus facilement que d’autres. Les séries avec un univers ou une patte graphique unique, comme celle ci-dessus, en font indéniablement partie. En font aussi partie les séries avec des filles mignonnes qui font des trucs mignons, je le confesse à la surprise générale de, heu, personne. Du coup, j’avais de petites attentes pour Blend S. Et j’en ressors assez déçu. Non pas parce que j’y ai trouvé des défauts ou des gros problèmes. Plutôt parce que je n’y ai pas trouvé grand-chose.

Blend S raconte l’histoire de Maika, une lycéenne qui rêve de pouvoir aller étudier à l’étranger. Malheureusement, elle n’arrive pas à trouver d’emploi, son regard vif lui donnant souvent un air cruel (parfaitement involontaire). C’est alors qu’elle fait la rencontre d’un gaijin nommé Dino, qui tient un petit café un peu particulier, et qui, tombant fou amoureux de son regard, lui propose d’y travailler.

Le twist, c’est que le café est une sorte de maid cafe où les serveuses doivent jouer des rôles stéréotypiques (genre la tsundere, la petite sœur, tout ça). Le rôle de Maika, qui est pourtant d’un naturel aimable, est tout trouvé : elle devra jouer la sadique. Rajoutons à ça le fait que tous les employés du café soient des otak’, et on obtient un anime qu’on pourrait vulgairement résumer en namedroppant en vrac Working!!, Genshiken et Kiniro Mosaic, mais on ne le fera pas, parce que ma maman m’a appris qu’il ne fallait pas être vulgaire.

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Seulement voilà, autant les personnages sont sympathiques (sauf Hideri, je ne peux le valider, pas déso) et l’animation est bonne, autant le tout peine à laisser une impression durable, avec un axe romantique auquel on ne croit jamais vraiment, un sens du timing pas toujours au niveau, des vannes jamais très drôles et quelques poussées de clichés malvenus (le dernier épisode, urg…). Dans le fond, c’est sympa à regarder, je ne peux pas dire le contraire, mais rien de ce que contient la série ne sera jamais plus marquant que les cinq premières secondes de son opening, et c’est tout de même assez malheureux.


#25: Animegataris

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WAO World | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Titre ADN : ANIME-GATARIS

Je me demande, en fait, ce qui fait qu’on a, de nos jours, tant d’œuvres « méta ». Pour rappel, ce petit préfixe grec à l’air innocent fait en fait référence à une sorte de réflexion récursive, et par extension est souvent utilisé pour désigner des œuvres qui parlent d’elles-mêmes, de leur média ou de leur genre. Ainsi un jeu vidéo méta (comme, disons, Undertale) vous prêtera à une réflexion sur le jeu vidéo, et un anime meta (comme Re:Creators) vous offrira un commentaire sur les anime. Serait-ce dû à une production de plus en plus importante de produits culturels ? Si l’artiste parle, à travers ses œuvres, de ses expériences, et qu’il est exposé à plus d’œuvres encore, n’en viendra-t-il pas inévitablement à vouloir parler de celles-ci ? Mais à force d’en faire, ne pourrait-on pas se dire que c’est l’originalité de faire du méta en anime qu’a tari ?

En mettant de côté cet affreux, affreux calembour, il est vrai qu’on est tant abreuvé d’œuvres avec ce genre de proposition qu’il était difficile d’attendre Animegataris avec autre chose qu’un certain scepticisme. En effet, la série nous propose de suivre Minoa, une lycéenne ordinaire qui se voit tomber progressivement dans les affres de l’otakerie, aux côtés de ses nouveaux amis du club d’anime du lycée. Elle va donc découvrir tout un tas de séries mais aussi ce qui les entoure, les conventions, les boutiques spécialisées, les lieux de pèlerinage, la production d’un anime indépendant, le tout avec quelques petits mystères qui vont finir par mener à une destruction progressive du quatrième mur et à des épisodes finaux assez dingues que ne nous laissent même plus le temps de vérifier combien de murs, au juste, ont été abattus.

Et au final, je ressors d’Animegataris à la fois enjoué et mitigé. La série est en effet pétrie d’évidentes facilités d’écriture et handicapée par un clair agenda marketing qui la fait occasionnellement ressembler à une brochure publicitaire, mais en même temps elle est parcourue d’un humour assez décomplexé et libre de partir dans des délires assez osés. Si la série cache entre toutes ses très (trop ?) nombreuses références un tas de vraies bonnes blagues, elle sait aussi, occasionnellement, toucher de façon assez juste son sujet. Je retiens notamment la jeune gaijin que les protagonistes rencontrent au Comiket, qui nous explique ses habitudes de consommation de culture jap à l’étranger, et dans laquelle on n’aura aucune peine à se reconnaître.

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Parfois simplette et parfois très rusée, traversant sa route parfois dans les clous et parfois en sautant d’un toit à l’autre, la série se trouve un vrai charme, et on lui pardonne ses errances et ses lourdeurs pour mieux profiter de ses vannes culottées, qui nous sont offertes par un réalisateur à béret qui n’hésitera pas à donner de sa personne pour son œuvre. Merci monsieur Morii, on ne vous oubliera pas, et ce malgré les odieuses exactions du narrateur de votre propre série à votre encontre.


#24: Garo: Vanishing Line

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MAPPA | 24 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Original (tokusatsu)

Titre Wakanim : VANISHING LINE

Si le spectateur est toujours friand de nouveauté, il est souvent difficile de résister au confort de l’habituel, du familier, du routinier. Fidèle à son habitude, la série Garo revient pour une troisième série animée qui satisfait les deux camps, nous rapportant les éléments récurrents qu’on aime (ou pas) des deux premières séries au sein d’un tout nouvel anime avec un contexte et un scénario résolument différent.

Ainsi, fini l’Europe médiévale de Honoo no Kokuin, fini le Japon féodal de Guren no Tsuki, Vanishing Line nous emmène au cœur d’une métropole américaine standard, à la rencontre de Sword, biker baraqué et chevalier Garo de son état, qui va un jour sauver une jeune orpheline nommée Sophie des griffes d’une Horror. Problème pour lui, Sophie n’est pas prête à le laisser lui échapper, puisqu’elle est tout comme lui sur les traces d’un « Eldorado », qu’elle croit lié à la disparition de son grand frère. Sword est réticent, mais la force des choses et les capacités d’enquêtrice numérique de Sophie vont les faire collaborer bien plus longtemps que prévu.

Si la série a l’originalité d’être, à ma connaissance, la première série animée télévisée japonaise à être réalisée par un coréen, elle est sinon bien loin d’être révolutionnaire, comme précédent indiqué. Fonctionnant, comme chaque série Garo avant elle, essentiellement sur le principe du monster-of-the-week, la série parvient toutefois à mettre en place une intrigue et un univers potentiellement plus intéressants que ceux des deux séries précédentes, avec en prime quelques excellents combats et un certain nombre de scènes très bien réalisées (je pense notamment à l’histoire de l’ex-sprinter olympique, fabuleusement réalisée).

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Malheureusement, ce qui devait arriver arriva, et la série a vite eu fait de montrer les faiblesses de sa production, tout en ne réussissant pas à vraiment développer quelque chose de fort dans ce premier cour seul. On lui reprochera encore quelques lourdeurs (le running gag de Sword avec les seins, au secours), on lui remarquera encore quelques fulgurances (l’eyecatch est une merveille), et finalement on regardera le tout sans déplaisir mais en espérant vraiment que le second cour saura faire décoller tout ça.


#23: Imouto sae Ireba Ii.

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Silver Link. | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre Crunchyroll : Imôto sae ireba ii

Trahison, diront probablement les gens qui connaissent un peu trop bien ce qui se cache dans les onglets du milieu de mon navigateur web. Trahison, répéteront-ils encore, demandant pourquoi, sur une saison avec deux séries comportant « imouto » dans leur titre, aucune des deux n’a atteint le sacro-saint top 20. Serait-ce la pression des puissants de ce monde, le diktat du mainstream, ou que ne sais-je encore ? Et surtout, demanderont les bien-renseignés, pourquoi placer ça moins haut que cette merde d’Eromanga-sensei en son temps ? Explications.

Imouto sae Ireba Ii. partage en effet avec Eromanga-sensei son concept, à peu près mot pour mot. Il s’agit en effet, à la base, d’un light novel écrit par un auteur qui aime bien les petites sœurs, qui parle d’un jeune auteur de light novels pas très populaire qui aime bien les petites sœurs, et dont le frère ou la sœur cache un lourd (et évident) secret. La distinction s’opère juste après, parce que là où Eromanga-sensei met les pieds dans le plat de la romance interdite avec la détermination féroce d’un taureau séché à la tequila, Imouto sae Ireba Ii. décide de parler plutôt de cet auteur, de ses doutes et des inquiétudes de ses collègues. C’est du moins la description qu’on m’en a fait, et qui a assez largement influencé mes attentes pour la série. Déception s’ensuit.

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En effet, si Imouto sae Ireba Ii. soulève des points parfois intéressants de la personnalité de ses personnages, il ne le fait que de façon très sporadique, ne les abordant souvent qu’en fin d’épisode ou lors des rares moments où ils sont seuls, ce qui ne laisse à mon goût pas du tout le temps de les développer proprement. J’ai par exemple été très déçu de voir l’anime aborder en coup de vent la faible estime de soi d’Itsuki et de ne plus jamais y retoucher (ce qui me fait d’autant plus chier que c’est un sujet qui me tient à cœur). Le prix de l’exception revient cela dit au personnage de Haruto, l’auteur populaire et dans le vent, qui bénéficie d’un excellent développement et parvient à être véritablement touchant.

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Mais si l’anime a un casting plutôt sympathique de personnages et sait s’en servir, il sait aussi se montrer d’une redondance et d’une lourdeur inattendue. Très porté sur les scènes de beuverie (à peine sponsorisées, c’est pas comme s’ils avaient mis des pubs pour des brasseries réelles dans les eyecatches et les endcards) et de jeu de société (également reliés à de vraies marques), Imouto sae Ireba Ii. saura lourder son spectateur à coups d’interminables scènes de fan-service paresseuses, de longs moments de creux (l’épisode à Okinawa, qui se souvient de ce qui s’y est passé ? pas moi !), de très longs « débats » sur les fétiches des uns et des autres, et autres moments assez discutables (la scène où l’illustrateur agresse sexuellement une fille qu’il ne connaît pas dans la rue, bon délire).

Je tiens aussi à dire que, même si ça n’est clairement pas le sujet de l’anime (au contraire, c’est même probablement volontaire), le fait que l’éléphant au milieu du couloir que représente le secret de Chihiro, qui est tout de même l’accroche du synopsis de la série, ne soit pas abordé une seule fois en une dizaine d’épisodes, puis serve de teaser à la toute fin de l’anime, est un geste particulièrement bâtard. Je ne demande pas à Itsuki et Chihiro de faire la course à quatre pattes jusqu’à la porte d’entrée, mais là c’est un peu abusé.

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Vous l’aurez compris, autant Imouto sae Ireba Ii. sait être malin et drôle à l’occasion (épisode 4, le moins bien animé peut-être, mais le plus drôle sans aucun doute), autant ses nombreux « petits » défauts m’auront empêché d’y accrocher vraiment. Vous allez me dire, je suis bien pointilleux, mais dans les faits, au bout du quatrième ou cinquième épisode passé à regarder ces gens s’amuser raisonnablement à boire de la bière de qualité™ et à jouer à des jeux de société sans rien dire ou faire de particulièrement comique ou pertinent, je me suis aperçu que je me faisais somme toute bien chier, et je suis le premier à le regretter. Cela étant dit, je me rends compte que j’ai plus écrit pour défendre mon réserves que pour présenter efficacement la série, donc si vous n’aviez pas connaissance de son existence avant ceci, sachez que si elle se retrouve dans le premier tiers du classement, à la porte du top 20, c’est bien qu’il y a une raison.


#22: Tantei Opera Milky Holmes: Arsene Karei naru Yokubou

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J.C.Staff | Un épisode de 24 minutes (Special) | Jeu de cartes à collectionner

Non licencié en France

Notre gang préféré de détectives magiques débiles est de retour pour notre plus grand plaisir, et peut-être bien pour la dernière fois, alors autant profiter de l’occasion pour chanter leurs louanges. Tirée d’une franchise de jeux de cartes à collectionner de Bushiroad, Tantei Opera Milky Holmes suit les aventures de Sherlock Shellingford, jeune détective couleur Malabar, et de ses amies Cordelia Glauca, Hercule Burton et Nero Yuzurizaki. Élèves surdouées d’une académie pour jeunes détectives, celles-ci résolvaient mystère après mystère jusqu’au jour où elles perdent subitement leurs pouvoirs magiques. Déjà pas bien fines à la base, les quatre se retrouvent alors pratiquement clandé dans leur propre bahut et vont devoir improviser pour essayer de regagner leur statut.

De cette idée de base découlent deux saisons, un special et un film où l’on peut retrouver ces quatre gamines génialement débiles, mais aussi d’autres personnages dingos dont un concierge-ninja, un gentleman cambrioleur dont les tétons ont leur propre vie, ou encore une policière mégalomaniaque qui se bat avec un masque en or qu’elle a ramassé dans un musée durant un épisode de la première saison et qu’elle a oublié de rendre depuis. C’est Milky Holmes, c’est impossiblement crétin, et c’est un plaisir de tous les instants, d’autant plus que les animateurs s’en donnent à cœur joie pour donner à leurs personnages des têtes pas possibles dès que possible (c’est-à-dire très souvent).

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Mais, me direz-vous, je parle de deux saisons seulement alors qu’Internet vous dit qu’il en existe deux autres. Déconnerais-je ? Du tout, car Milky Holmes est une série qui doit beaucoup au talent de sa réalisatrice (Makoto Moriwaki) et de son character designer (Seiya Numata), or ces deux-là se sont éloignés de la franchise après la très bonne seconde saison, ne revenant que quatre ans plus tard pour le fabuleux film de 2016. Ce qui est sorti entre temps oscille entre l’inintéressant et le faible, et n’existe donc, en conséquence, pas. Nous disions donc : deux séries télé, un spécial et un film, que je vous enjoins à aller regarder sur-le-champ, et c’est tout. Et ce special-ci ? J’y viens.

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Et si je n’ai pas eu besoin d’attendre le générique de fin pour voir que ça n’était pas du Moriwaki, il m’aura suffi de voir très vite apparaître un indice caractéristique des meilleurs opus de la série pour comprendre que j’avais affaire à un bon petit épisode du Milky Holmes que j’aime, assuré par cousin Hiroaki Sakurai, gars sûr de la gaudriole délurée. Et en effet, on retrouve dans ce trop court spécial la folie furieuse qui caractérise la série, ses visages tordants, son humour si particulier et ses héroïnes en pleine forme.

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Alors certes, ça n’est clairement pas un des épisodes les plus drôles de la série (même si le concept me fait marrer), il est un peu brouillon sur les bords, mais il a ce charme et ce sens de la poilade qu’on a tant aimé dans Milky Holmes, et si ça doit être le dernier coup de fanion enjoué de cette licence, alors ce ne serait pas une si mauvaise façon de se quitter. Et en plus ils en profitent pour bolosser sauvagement les héroïnes de Futari wa Milky Holmes, ce que toute personne de goût ne pourra que valider.


#21: Shokugeki no Souma: San no Sara

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J.C.Staff | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Food Wars! The Third Plate

Tout comme Love Live! Sunshine!!, Shokugeki no Souma avait vu sa précédente saison particulièrement bien placée par mes soins durant le bilan de l’été 2016, se retrouvant, elle, carrément à la seconde place du podium. Du coup, même question : est-ce que la qualité de la série a tant baissé que ça en moins de deux ans ? Bah… en l’occurrence, oui.

Ne vous y méprenez-pas, Shokugeki no Souma est toujours un excellent shounen et un plaisir à suivre, mais cette saison se sera montrée particulièrement faible par rapport aux précédentes, notamment du point de vue visuel. La saison aura su garder un très bon sens du rythme en adaptant en un seul cour deux arcs de taille respectable, mais elle se trouve moins bien animée, moins bien réalisée, et moins créative, en général, qu’avant. Je trouve, par exemple, le personnage d’Azami bien moins intimidant que dans le manga, et ce malgré la superbe voix suave de papa Shou Hayami.

Après, cette troisième saison reste largement de capable de surprendre et d’affamer son spectateur (les faux gyoza de poulet m’affolent, j’avoue), mais son état est aussi préoccupant pour la suite qu’il est gênant pour l’apprécier. On espérera juste que ça ne se dégradera pas plus encore dans le prochain cour qui a déjà été annoncé.


#20: Aggressive Retsuko

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Fanworks | Un miyard d’épisodes de 1 minutes (septième cour) | Mascotte

Titre Sanrio (pour la mascotte, la série n’est pas licenciée en France) : Aggretsuko

Pilier inamovible de ces bilans, Aggressive Retsuko reste pour son septième cour consécutif une petite série comique que vous avez tort de ne pas regarder. Comme ce cour n’ajoute rien de particulier à sa très bonne formule, je vous renverrai à ce que j’en disais quand la série a commencé, au printemps 2016. En quelques mots : c’est une comédie sur une office lady célibataire (qui est également un panda roux) qui évacue ses innombrables frustrations en chantant du death metal. Cela étant dit, Netflix va bientôt sortir une série Aggressive Retsuko en 10 épisodes de 15 minutes, que je suspecte fortement d’être une compilation des épisodes de la série télé, donc vous pourrez toujours regarder ça. Ou alors vous regardez toute la série télé maintenant, et vous pourrez faire le connard de hipster dans deux mois. C’est vous qui voyez.


#19: Osomatsu-san 2nd Season

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Studio Pierrot | 25 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Original (manga)

Titre Crunchyroll : Osomatsu-san (Saison 2)

Après avoir laissé languir son exceptionnellement large fanbase japonaise pendant presque deux ans, Osomatsu-san est de retour, et il est indéniablement plus Osomatsu-san que jamais. C’est pendant l’automne 2015 que nous est arrivée la série-phénomène du studio Pierrot, rebootant une comédie antédiluvienne de Fujio Akatsuka sous la forme d’un anime fréquemment absurde et rarement propre sur lui. Des blagues crados, des références dans tous les sens, des tacles lancés sur tout ce qui bouge (les fans d’anime, la société japonaise, etc.), la série s’autorisait à faire faire un peu tout et n’importe quoi à ses bons-à-riens de sextuplés, avec une créativité indéniable et, en bonus, une qualité visuelle assez constante.

Et du coup, qu’en est-il de cette seconde saison ? Elle est en fait du même tonneau, mais elle exacerbe assez nettement un aspect de la série qui n’aura échappé à personne qui a déjà parlé de la série avec d’autres fans d’anime : son côté hit-and-miss. En effet, si la série pouvait être extrêmement drôle par moments, elle pouvait tout aussi facilement laisser complètement en plan son spectateur pour partir seule ou presque dans son délire. C’est évidemment très subjectif, mais de fait et de ce que j’ai pu observer sur d’autres, la première saison faisait pas mal ça à ses spectateurs, et la seconde saison monte à mon avis le dosage d’un cran encore.

Du coup, c’est toujours aussi irrévérencieux, créatif et richement animé, mais je me suis retrouvé plus souvent encore qu’il y a deux ans à rester de marbre devant des scènes que je ne trouvais pas spécialement drôle et qui s’éternisaient sans beaucoup se renouveler. Avais-je envie de six minutes de Dekapan qui court nu derrière Dayoon parce que celui-ci lui a piqué son futal ? Avais-je besoin de treize minutes d’une parodie impossiblement longue de Sauvez Willy avec Juushimatsu qui essaye de devenir un dauphin à Marineland ?

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Non, mais en même temps est-ce que je peux reprocher quelque chose à une série qui, en prenant l’angle d’un reportage télévisé, suit la longue descente dans la folie meurtrière d’un de ses personnages qui s’est vu viré de la série (et accessoirement de sa propre famille) parce qu’il n’était pas assez nul ? Pas vraiment, et le fait est, c’est avec un enthousiasme non feint que j’ai lancé chaque nouvel épisode de cette nouvelle saison d’Osomatsu-san, sans jamais vraiment m’attendre à y trouver quelque chose d’hilarant, mais avec la certitude que j’y trouverais quelque chose auquel je ne m’attendais pas.


#18: The iDOLM@STER SideM

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A-1 Pictures | 13 épisodes de 24 minutes | Jeu smartphone

Titre Crunchyroll : THE IDOLM@STER Side M

Et conséquence suit cause dans ce classement, puisque sans vouloir l’isoler comme seule origine d’une tendance, l’indécent succès commercial surprise d’Osomatsu-san aura sans le moindre doute été un facteur important dans le récent regain d’intérêt de l’industrie pour les animes destinés à un public féminin. Si vous n’êtes pas convaincu de l’existence d’une telle tendance, je vous rappelle que vous avez là affaire au quatrième anime de boys band de ce bilan. Et que les trois autres sont dans la moitié basse du classement.

Car oui, si je ne suis pas du tout hostile au genre, il faut bien reconnaître que les animes d’idol version mâle ont une certaine tendance à ne pas être terribles (et vous savez que je parle d’expérience). Du coup, c’était avec un certain enthousiasme que j’attendais la diffusion de The iDOLM@STER SideM, le versant pipi debout de la lucrative série de Bandai Namco. En effet, la franchise ayant jusque-là eu le droit à de plutôt solides adaptations en anime (même le plutôt tiède Cinderella Girls, et même Xenoglossia à l’extrême limite), on était en droit d’espérer quelque chose de quali. Et s’il ne brille jamais vraiment, SideM ne déçoit pas pour autant.

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C’est donc autour des beaux garçons de l’agence de production 315 (prononcé « saiko ») que tourne SideM. Si vous avez déjà vu un anime d’idol, ne vous attendez pas à être surpris, puisque l’anime remplit à la lettre le contrat : on y trouve des idols qui courent de studio d’enregistrement en studio d’enregistrement entre deux leçons de danse et de chant, des managers un peu débordés, du clash, des gens qui risquent de pas être à l’heure pour leur concert, de l’entraide, des concerts qui finalement se passent bien et des chansons cool çà et là.

Extrêmement commune dans le fond, la série se détachera finalement plutôt de la masse par la forme. Et je ne parle pas là de l’animation de la série, qui s’avère malheureusement assez inégale, mais plutôt du traitement des personnages. En effet, le genre de l’anime d’idol masculin (et les anime inspirés de mobage en général) est souvent handicapé par de trops larges castings dont on ne retient finalement que trop peu de personnages, et vous me voyez en effet souvent me plaindre de certaines séries quand je peine à me souvenir du visage d’un de leurs vingt personnages principaux. Eh bien là, alléluia, c’est un miracle : je me souviens presque de chacun des dix-neuf personnages de SideM. Et ça n’est pas dû au hasard !

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En effet, s’il y a à boire et à manger dans le casting de la série (je ne cautionne pas, par exemple, l’exubérant vocaliste du groupe des lycéens, ni les tics vocaux du prof d’anglais), SideM réussit redoutablement bien à caractériser ses personnages. Vous venez de me voir y faire allusion entre de maladroites parenthèses, mais une des très bonnes idées de la série, c’est de mettre en avant le fait que chaque idol a un passé, une autre vie. Je ne parle pas là d’un énième passé traumatisant dont on n’aurait que faire, mais plutôt d’un simple fait que presque toutes les autres séries du genre semblent oublier : ces gens-là ne sont pas nés sur une scène, micro à la bouche. Ils ont été avant ça, et continueront probablement à être après ça.

Un kiff perso, d’ailleurs : la plupart des personnages sont adultes et sont devenus idol après être rentrés dans la vie active. Ainsi, on retrouve dans le tas trois ex-professeurs de lycée qui ont décidé du jour au lendemain de faire carrière sur scène, un ex-avocat, un ex-chirurgien, deux ex-footballeurs professionnels, et ce simple fait apporte finalement beaucoup plus à leur caractérisation qu’on ne pourrait le croire. De même, les cinq lycéens continuent leur vie étudiante, et quand ils ne sont pas en train de bosser on les voit glander au lycée.

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Mais un passé ne suffit pas, et ça tombe bien parce que même les interactions de ces personnages sont bonnes, se montrant bien plus chaleureuses, spontanées et bon enfant que ce qu’on a tendance à trouver dans le genre. En général, et une fois de plus sans jamais surprendre vraiment, la série fonctionne (sauf le président de l’agence, un mec aussi enjoué doublé par Tachiki ça me fait rire mais ça fonctionnera jamais dans ma tête), sur ses personnages, sur ses interactions, sur son occasionnel sens du détail, et s’avère mine de rien diablement sympathique à suivre, à condition, évidemment, d’apprécier le genre. Qui aurait cru que dans un genre consacré à des célébrités en herbe qui cherchent à être aimées de leur public, il fallait commencer par les faire se faire aimer de ses spectateurs ?


#17: RoboMasters the Animated Series

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DandeLion Animation Studio | 6 épisodes de 25 minutes | Évènement

Non licencié en France

Après un anime pas très original qui fait bien ce que plein d’autres ont essayé de faire avant lui, et si on passait à un anime qui fait correctement ce que personne d’autre que lui n’a tenté de faire ? Car RoboMaster the Animated Series est un anime sportif (ou assimilé) sur des compétitions de robotique réalistes (comprendre : libre des fantaisies habituelles des anime de robots, on parle ici de robots télécommandés qui fonctionneraient dans la vraie vie avec la technologie actuelle et de règles réalistes).

Coproduction sino-japonaise de son état, RoboMasters parle en effet de Tan Tan, étudiant en première année dans une université chinoise (et non pas au Tibet, mouarf mouarf mouarf). Alors qu’il était calmement en train de tester KAKA, son drone volant custom, sur le campus, il fait la rencontre d’un club de robotique bien particulier, qui va lui tordre un peu le bras pour le faire participer au sein de leur équipe à un match de robots. Si tout cela va entraîner un peu de drama de pas très haut vol, Tan Tan va finalement se prendre au jeu des soudures et du DEATHMATH DE ROBOTS-ARTILLEURS, et les aider à essayer de remporter une qualification au tournoi annuel des RoboMasters.

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Vous comprenez maintenant mieux pourquoi je parle là d’un anime sportif. En effet, si la partie drame et flashbacks a ses bons (l’histoire de Tei et Mou avec le précédent club de robotique) et ses moins bons aspects (Tan Tan, un peu un bolosse), RoboMasters est surtout plaisant à voir pour sa passion communicative pour sa discipline. Et si la phase de développement des robots, qui occupe la plus claire partie de la série, est plutôt intéressante à suivre, l’anime brille surtout par ses phases de compétition active, à savoir, ses matchs.

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La série s’articule en effet autour de deux matchs de robots. Durant ceux-ci, il est question pour chaque équipe présente d’aller attaquer la base de l’équipe ennemie (avec des robots téléguidés qui tirent des billes) en défendant la sienne. Pour ça, chaque équipe dispose de plusieurs types de robots différents, dont un drone volant (qui sera du coup la responsabilité de Tan Tan). Les matchs eux-mêmes sont animés en 3D et assez bien mis en scène, ce qui rend la chose plutôt cool à regarder. Si l’on pourrait juger ces matchs bien trop peu nombreux, je trouve particulièrement judicieux, pour retranscrire l’intérêt de la vraie discipline tout comme dans un intérêt dramatique, de nous offrir au premier épisode un premier match qui nous donne envie d’en voir plus, et de consacrer le reste de ses épisodes à se préparer pour le long et prenant match qui ne finira par arriver qu’au dernier épisode.

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Cette préparation, elle passe par une variété d’activités pour tous les ingénieurs et les mécanos de l’équipe, de la découpe de pièces de métal pour des jambes de robot au forgeage de relations avec un casting sympathique de personnages secondaires, en passant par une course de drones assez chaude dans ta région. Limitée par une animation 2D tout juste moyenne en dehors des matchs, un faible nombre d’épisodes et une intrigue pas forcément dingue, RoboMasters parvient quand même à être une série bigrement efficace et plaisante pour ce qu’elle est, et j’ai fini par regretter de n’en avoir que six épisodes à me mettre sous la dent.


#16: Gintama. Porori-hen

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Bandai Namco Pictures | 13 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Gintama (Saison 4)

Mais si RoboMasters et ses six épisodes font figure d’œuvre de passion d’un petit artisan (oubliez un instant que c’est produit par un industriel chinois multimilliardaire, voulez-vous ?), alors qu’est-ce qu’est Gintama, du haut de ses 341 épisodes ? La série, que j’avais déjà essayé de présenter dans un billet dédié il y a presque un an, a en effet repris une diffusion plus ou moins stable, et si de l’usine elle a parfois l’odeur, la série reste toujours aussi impossible à ne pas aimer.

Car oui, allons-y directement : cet arc Porori, qui adapte en fait tout un tas de chapitres plus comiques du manga qui avaient été sautés par l’adaptation, poursuit la trajectoire descendante de la qualité d’animation de la série, trajectoire dont je suis tenté de retracer l’origine à 2015, quand la série est passée des mains compétentes du studio Sunrise aux mains compétentes, mais probablement tremblantes de fatigue, des gens de Bandai Namco Pictures. C’est moins beau, c’est clair, ça se voit, et même si on est pas venu pour ça, on le remarque. C’est dommage, et ça fait peur pour la suite, mais.

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Mais voilà, cette nouvelle saison de Gintama décide de renouer avec les traditions que les fans de l’anime ont dû abandonner quand la série a fait un virage pour le plus sérieux. Ainsi on retrouve le bon vieil eyecatch de la série, l’ancien format des previews de fins d’épisode, et tout un tas de chose qu’on croyait oubliées, et ça fait du bien. Et au-delà de ça, eh bien, la série est tout bêtement drôle, nous offrant moult petites histoires dont je serais bien incapable de décrire l’intrigue sans passer pour un fou dangereux.

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Tout n’est pas incroyable, certains petits arcs sont plus faibles, mais Gintama.: Porori-hen reste foutrement drôle, et ne serait-ce que pour l’arc des idols galactiques et pour l’épisode 5 (qui combine mes deux faiblesses mortelles, à savoir une histoire sur Madao et une histoire sur le Shinsengumi), Gintama.: Porori-hen mérite le top 20, les honneurs du jury et le droit de porter des lunettes de soleil en intérieur. Ou d’être porté par des lunettes de soleil, je sais plus.

Correctif : Après vérification, la fournée de 2015 de Gintama était toujours produite chez Sunrise, mes excuses. On dira donc que tout n’est pas la faute de BN Pictures, et que l’état du marché y est aussi pour quelque chose dans tout ça.


#15: Konohana Kitan

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Lerche | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Konohana Kitan

Si l’on connaît bien la fameuse sagesse des anciens, Internet nous prouve jour après jour que les petits jeunes aussi ont leur propre sagesse. Et décident de ne pas y recourir 365 jours par an, à chaque année non-bissextile, mais je m’égare. Je voulais donc citer l’un de ces sages du net, qui nous posa un jour une question d’une pertinence redoutable, à peine handicapée par un anglais approximatif (en même temps, ils sont norvégiens, et nous autres français ne pouvons pas trop nous moquer sur le sujet). Cette interrogation bouleversante, c’est bien entendu celle qui suit : « why does the fox gay? ». Konohana Kitan nous apporte la réponse : parce que c’est adorable.

Publiée initialement dans le Comic Yuri Hime S, donc, le manga de Sakuya Amano nous raconte donc l’histoire des jeunes filles-renard qui tiennent l’auberge Konohana, un luxueux établissement situé à la frontière entre le monde des vivants et l’autre monde. Les rejoint Yuzu, une nouvelle employée malhabile qui va découvrir aux côtés de ses collègues les règles de l’auberge et se lier avec elles d’une forte amitié. Tout ça sera l’occasion de découvrir les histoires parfois surprenantes, parfois tragiques, des clients du Konohana, des fantômes résidents aux divinités de passage.

Je vous ai présenté la série en insistant un poil sur le côté romantique de la série (afin de faire une affreuse blague, je le confesse), mais rassurez-vous si cette perspective vous repousse pour une raison ou une autre, puisque la série animée se fait relativement light sur le sujet. Non, la série se consacre essentiellement à nous développer ses personnages principaux eux-mêmes et à nous offrir des histoires surnaturelles, parfois très touchantes, à travers le regard très naïf de la jeune Yuzu.

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Un peu comique, très sucrée, la série ne se couvre pas de gloire par la qualité de sa production (on y perçoit un certain nombre de maladresses, notamment dans les premiers épisodes) mais est constamment charmante, occasionnellement émouvante (l’histoire de la poupée jetée, mon cœur m’a posé un congé maladie à la fin), et invariablement sympathique, saupoudrée des jeunes renardes qui font des têtes marrantes, et c’est fondamentalement tout ce que j’attends de l’animation japonaise.


#14: Ballroom e Youkoso

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Production I.G | 24 épisodes de 24 minutes (second cour) | Manga

Titre Prime Video : Bienvenue au bal (Welcome to the Ballroom)

Les derniers épisodes du premier cour laissaient entrevoir le carambolage pour la dernière série de sport du studio Production I.G. Soulagement, elle a su rester en piste jusqu’à ce que la musique s’arrête, et c’est très bien. Disons-le tout de suite, la série conserve un certain nombre de défauts structurels que j’évoquais il y a trois mois, à savoir que les performances des danseurs pâtissent pas mal du fait qu’elles soient très hachées, et que la musique (toujours très bonne, merci Yuuki Hayashi) semble malheureusement bien souvent n’avoir que faire de s’accorder avec le rythme de la danse en cours.

L’anime souffre en effet notamment de sa fidélité à son matériau d’origine, qui a, lui, tout loisir d’exploiter des bouts de cases pour montrer les gens qui parlent dans les gradins, loisir qu’un anime n’a pas vraiment. Le choix de la fidélité a été fait, et libre au spectateur de juger de sa légitimité, mais, dans les faits, ce second cour de Ballroom e Youkoso n’aura pas été nécessairement chiche en beaux moments de danse et d’animation.

Et comme souvent dans les séries de sport, l’action se passe aussi bien sur le terrain que dans les yeux des rivaux. Or, ce second cour développe avec un certain talent les arcs narratifs de deux adversaires très différents, entre l’odieuse Akira (et son histoire joliment réalisée), et monsieur Kugimiya, avec la dépression qu’il porte à-même le visage et son flashback bien plus brut.

Mais surtout, on découvre, dans cette partie de la série, plus en détail la personnalité de Chinatsu, et on explore à travers la danse la thématique de la perception, et de l’acceptation ou non, de l’autre, d’une façon que j’ai fini par trouver, dans les derniers épisodes, assez intéressante. Le cour a ses moments de creux, et ne satisfera peut-être pas les fans de sport dans sa forme la plus pure, mais dans Ballroom e Youkoso se cache une certaine cohérence de genre et de thèmes, et une vraie efficacité qui n’échappera à personne.


#13: Hoozuki no Reitetsu 2nd Season

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Studio Deen | 13 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre ADN : Hôzuki no reitetsu 2

Si dans n’importe quel anime, l’enfer n’est qu’un inquiétant concept qui attend les protagonistes les moins chanceux, dans Hoozuki no Reitetsu, l’enfer, c’est tes hôtes. Se présentant ici pour un retour très attendu de ma personne, l’anime nous fait suivre la vie quotidienne d’un haut fonctionnaire des enfers japonais, le bad cop du good cop qu’est le roi Enma : j’ai nommé le délicieux Hoozuki, toujours équipé de son immanquable pragmatisme et de sa masse à pointes en acier de service. L’homme (enfin, le démon) se surmène en effet jour après jour pour s’assurer du bon fonctionnement des enfers, de la gestion des congés des grouillots aux inspections de routine, en passant par la gestion des crises de ces abysses.

Une comédie fondamentalement très japonaise, Hoozuki no Reitetsu nous présente via son protagoniste pince-sans-rire tout un casting fréquemment renouvelé de personnages appartenant au(x) folklore(s) japonais, entre ceux qui trouvent très bien leur place en enfer et ceux qui posent rapidement beaucoup plus de problèmes. Qui plus est, au cas où le fait que la série tourne autour d’un démon japonais qui vit exclusivement pour son boulot ne vous aura pas mis la puce à l’oreille, Hoozuki no Reitetsu est une série particulièrement friande de satire sociale. Ça se ressent énormément autant dans le manga que l’anime : l’auteure, Natsumi Eguchi, a quelques comptes à rendre, et c’est avec autant d’intelligence que d’humour qu’elle en parle dans son œuvre.

Vous l’aurez compris, j’ai une certaine affection pour la série, et malgré son changement de mains (la première saison était de l’œuvre de Wit Studio), cette seconde saison se montre au niveau, corrigeant en passant plutôt élégamment le problème de la 3D des plantes-poisson-rouge, un souci qui était peut-être mineur pour vous mais qui pour moi voulait dire beaucoup.

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Sans vous faire le menu complet ou tenter de forniquer les ovins, je peux vous dire que cette nouvelle saison a quelques axes scénaristiques principaux pas inintéressants, dont la découverte du passé de Hoozuki (et étonnamment c’est pas mal du tout) et la rencontre d’un certain nombre d’autres juges des enfers. Si elle n’est pas toujours hilarante, Hoozuki no Reitetsu 2nd Season reste une série d’une qualité indiscutable, et si elle ne termine pas aussi propre visuellement qu’elle a commencé la saison, on ne peut qu’attendre de pied ferme le prochain cour qui s’en vient.


#12: Yuuki Yuuna wa Yuusha de Aru: Washio Sumi no Shou

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Studio Gokumi | 6 épisodes de 24 minutes | Original

Titre Prime Video : Yuki Yuna is a Hero:The Washio Sumi Chapter

Je ne vous referais pas l’analyse que j’ai déjà du sortir trois ou quatre fois dans les précédents bilans de ce blog, mais le genre du mahou shoujo qui tourne mal ne connaît certainement pas la crise. Et parmi ces anime-là, Yuuki Yuuna wa Yuusha de Aru n’est sans l’ombre d’un doute pas le plus créatif, ni le plus réussi, ni, loin de là, le mieux écrit. Et pourtant, il y a quelque chose dans cette série qui transpire le charme comme un aoûtien dont les glandes sudoripares produiraient du charme au lieu de la sueur. Ce qui serait sans doute problématique, vu que ça neutraliserait un peu l’intérêt de la transpiration, le charme ne contribuant pas des masses à la régulation de la température corporelle, à moins d’être sacrément cool et dans le vent. Bref, qu’est-ce que je disais ? Charme, sueur… Ah, oui, YuuYuuYuu.

Yuuki Yuuna wa Yuusha de Aru prend donc place dans un Japon pas tout à fait pareil au nôtre. Se déroulant aux alentours de l’an 300 de l’ère des dieux, la série nous présente un archipel japonais qui, bien que calme et contemporain, semble appartenir à une sorte de théocratie directe, chaque citoyen devant respect au vénérable Shinju-sama, un arbre titanesque et invisible qui, dit-on, protège l’humanité. Malheureusement pour nos héroïnes, Shinju-sama ne fait pas semblant de protéger l’humanité. Et, encore plus malheureusement pour elles, son seul pouvoir risque bien de ne pas être suffisant.

Régulièrement, il rend donc à une fournée de jeunes héroïnes de son choix le don de voir l’invisible, la vraie nature du monde : un superbe espace sylvestre et coloré, régulièrement menacé par les Vertex, de gigantesques créatures dénuées d’intelligence qui tentent de l’atteindre dans la meilleure tradition des Anges de Neon Genesis Evangelion, et ainsi éradiquer l’humanité. Nos héroïnes vont donc devoir repousser la menace, Vertex après Vertex, au péril de tout ce qui leur est cher.

La première saison de Yuuki Yuuna wa Yuusha de Aru mettait en scène cinq héroïnes, dont l’éponyme Yuuki Yuuna, et s’était fait aussi bien remarquer pour la qualité de ses personnages, la beauté de son univers et la qualité de sa bande-son (signée Keiichi Okabe, s’il-vous-plaît) que pour son scénario pourri de facilités un peu dures à avaler. Et nous nous apprêtons ici à parler de la première partie de la seconde saison, qui s’intitule Washio Sumi no Shou, et qui est en fait une préquelle, suivant la génération précédente d’héroïnes à avoir défendu Shinju-sama de l’attaque des Vertex.

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Comme c’est une préquelle et que des personnages de ce trio apparaissaient dans la première saison, le spectateur sait pertinemment comment tout ça va se terminer (vous avez deviné : mal), et l’anime parvient assez habilement et dignement à jouer avec, en nous montrant ces personnages tels qu’on ne les a pas connus, avec de la tranche de vie de qualité et des motifs récurrents qu’on ne retrouve pas dans la génération suivante, contribuant à donner à ce trio et à cette moitié de saison une vraie identité.

Le grand moment de l’anime est à mon goût réalisé de façon assez classique, mais comme souvent dans ces cas-là, ce n’est pas l’événement lui-même qui touche le plus, mais bien ce qui suit. Washio Sumi no Shou s’en sort de ce côté-là admirablement bien, évitant les poncifs de ce genre d’histoire et parvenant à se terminer et à se raccorder avec la saison initiale de fort belle manière.


#11: Yuuki Yuuna wa Yuusha de Aru: Yuusha no Shou

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Studio Gokumi | 6 épisodes de 24 minutes | Original

Titre Prime Video : Yuki Yuna is a Hero:Hero Chapter

Puis, après un épisode récapitulatif de la saison 1, la seconde saison enchaîne avec sa seconde partie, j’ai nommé Yuusha no Shou. Faisant directement suite à la première saison, celle-ci a le malheur de renouer avec les péchés d’antan. Si la fin de la saison 1 vous a semblé bête (et c’était déjà mon avis à l’époque), vous trouverez sans doute comme moi les deux premiers épisodes (sur six, oui) de Yuusha no Shou très maladroits. Mais là où les faiblesses de la première saison me semblaient difficile à justifier, je peux facilement excuser celles de ce semi-cour, ne serait-ce que pour l’intérêt de ce que ces twists maladroits permettent ensuite à la série de développer.

Pour ne pas spoiler quoi que ce soit, disons que les deux derniers tiers de YuuYuuYuu vont voir un personnage faire face à la fatalité, seul. Ainsi, pendant que la série continue à s’amuser à nous offrir du slice-of-life de qualité avec des filles rigolotes qui font des têtes très rigolotes, l’une d’elles va s’isoler progressivement, malgré elle, tenter d’échapper à ce sort puis s’y résigner.

D’une étonnante profondeur sentimentale dans un premier temps, la série marque ensuite quand elle nous met face à face aux émotions, mises à vif, de cette jeune fille seule et acculée. Tout ça va mener à ce à quoi vous vous attendez peut-être, et mener la série jusqu’à une conclusion baroque d’un enthousiasme outrancier et libérateur. Une conclusion d’autant plus satisfaisante qu’elle met fin à un arc qui est finalement peut-être le plus pessimiste de la série.

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Du coup, oui, malgré un démarrage maladroit comme tout, j’ai trouvé ce Yuusha no Shou particulièrement riche, entre son slice of life toujours qualitatif, son humour qui fait souvent mouche (Tougo qui se transforme progressivement en Stalkeuse Ultime me fait mourir de rire et je suis même pas sûr que ça soit censé être une blague), la finesse de l’écriture de ses émotions (la lecture du journal m’a vraiment beaucoup touché, notamment), et la gloire de sa quasi-dernière scène sublimée par la bande-son magistrale de Keiichi Okabe. Et du coup, même si je ne la mettrais pas dans le top 10, je dois dire que je me suis trouvé une grande affection, dont j’ignorais être propriétaire, pour cette série très imparfaite, mais qui l’espace de six épisodes nous rappelle que les héros n’ont pas besoin d’être parfaits pour faire la différence.


#10: Fate/Apocrypha

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A-1 Pictures | 25 épisodes de 24 minutes (second cour) | Light novel

Titre Netflix : Fate/Apocrypha

Et ça tombe bien, parce qu’il n’y a probablement pas, dans ce top 15, de série plus imparfaite que Fate/Apocrypha. D’ailleurs, la série d’A-1 Pictures ne fait pas tant figure de héros que de vilain, une partie non négligeable des commentaires que j’ai reçus pour le précédent bilan étant dédiés à me faire la preuve par trois que c’était de la merde. Et je suis d’accord, j’ai failli dans ma tâche. Non pas en classant la série à sa juste place, mais en échouant à expliquer proprement les raisons de ce classement. En effet, j’ai, la saison passée, pris tellement de temps à présenter le contexte de la série que j’ai un peu oublié de développer suffisamment ma critique à son sujet. Du coup, référez-vous-y pour savoir de quoi la série parle, et revenez.

Maintenant que vous êtres revenus, disons-le : le scénario de ce cour est probablement son plus gros défaut. En effet, si je ne sais pas s’il faut blâmer le light novel pour ça, la série animée se trouve ici constellé de trous, de facilités inexplicables et de twists injustifiables. Qui plus est, le personnage de Sieg reste comme prévu en lui-même assez inintéressant, et la relation amoureuse qu’il développe avec Jeanne ne marche décidément pas. Je rajouterai à ça le fait que ce cour commence sur quelques épisodes moins intéressants qui forment un beau petit creux dans le rythme de la série, et avec ça je pense avoir laissé aux détracteurs de la série tout le mou que j’avais à donner. Il est désormais temps de tirer sur cette corde.

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Meilleur personnage.

Commençons du côté de l’écriture. Si dans son ensemble elle présente de grandes failles, j’ai plusieurs réussites à mettre à son crédit. D’une première part, les personnages, aussi hauts en couleur que mémorables et généralement dignes d’intérêt. Au-delà de leurs arcs narratifs qui ne sont pas forcément tous intéressants (Avicebron, ça c’est pour toi), la série met l’accent sur des relations fortes entre ces personnages. Si la relation de confiance fraternelle qui se crée entre un père brisé et une fille – pardon, un fils – qui vit dans le dilemme, Sisigo et Mordred, vient immédiatement à l’esprit tant elle est immédiatement plaisante à observer et fascinante à la fois, on citerait aussi les sentiments troublés d’Achilles et d’Atalante, ou encore la relation plus complexe entre Shirou et Semiramis. Dans une série qui a pour particularité de proposer un casting de taille doublée par rapport à l’habitude, le soin apporté à mettre en scène des connexions fortes entre humains (et autres) offre aux personnages, d’office, un minimum de densité.

Et si j’ai parlé d’ « humains (et autres) », ce n’est pas par hasard puisque la seconde chose que je voulais dire au sujet de l’écriture de la série, c’est qu’elle montre un remarquable dévouement à la mise en avant systématique de son immanquable thématique centrale, qui est celle de l’humanité. Si c’est un sujet qui semble bien vague a priori, il a en effet une importance toute particulière dans l’univers de Kinoko Nasu, où ce qui est qualifié comme humain n’est parfois pas si loin de ce qui ne l’est pas. Ainsi, la série joue très fréquemment sur un jeu d’opposition, que ce soit entre l’humain et le magus (c’est la finalité de l’arc narratif de Fiore), ou entre l’homme et l’homoncule.

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Meilleur personnage.

À ce sujet, si Sieg est, comme je l’ai dit, redoutablement inintéressant en tant que personnage, il amène avec ses yeux de « non-humain » des sujets parfois convenus mais toujours plutôt bien amenés : la question de savoir ce qui est véritablement un comportement humain est notamment la finalité première de l’arc de Jack, mais sous-tend aussi tout le conflit central qui oppose deux forces soumises à la même mission d’offrir à l’humanité le salut et de défendre ce qui est humain (ce que je trouve, une fois de plus, particulièrement intéressant dans ce cadre précis, avec le rôle que partagent ces personnages). Je ne vous en voudrai pas si vous m’avez perdu en cours de route, mais retenez bien que ça n’est pas parce que la série a d’évidents défauts d’écriture qu’il faut « débrancher son cerveau » devant.

Mais tout ça, c’est bien beau, mais dans le fond, ce qu’on cherche en venant dans Fate/Apocrypha, c’est de l’action, et bien animée si c’est possible. Et autant la série porte les stigmates de son planning probablement très très limite (deux récapitulatifs hors-série en moins de deux mois, c’est ouf), autant elle donne absolument tout ce qu’elle a dans ses derniers épisodes pour compenser un certain nombre d’épisodes visuellement très inégaux, mais qui bénéficient aussi de leur lot de cuts d’enfer, avec toujours cet amour invariable pour les impact frames à tout-va et les effets spéciaux personnalisés par Servant.

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Meilleur bouclier humain. Accessoirement, le plus mignon des boucliers humains. Et meilleur personnage.

Et quand je parle des derniers épisodes de la série, bien que ceux juste avant (avec ce fabuleux combat à mains nues sur et dans un avion de ligne) et après (surfer sur des vagues de poison mortel, vrai bail) ne déméritent pas, je parle bien sur de l’épisode 22, d’une qualité d’animation à laquelle aucuns mots ne feraient justice, et certainement pas les miens. Que ça ne m’empêche pas d’essayer : sacrifiant un temps la cohérence du trait sur l’autel d’un mouvement incessant et fascinant, qui d’un générique à l’autre nous fait traverser trois combats résolument inhumains de rythme et de puissance, l’épisode nous gratifie en plus d’un jeu d’acteurs encore plus riche qu’à l’accoutumée et des storyboards les plus marquants d’une série qui n’avait pourtant pas à rougir de ce côté-là jusqu’ici.

Et puis, tout cela étant dit, j’ai envie de noter que Fate/Apocrypha a tendance a souvent être fun à regarder même quand il n’est pas dans ses meilleurs moments, que ce soit quand elle parle sans le savoir de ses détracteurs, ou quand elle se moque ouvertement d’elle-même, notamment à travers l’étonnant monsieur Smugspeare, l’ami de tous, dont la seule utilité est, sans la moindre ambiguïté, de taunter tout le monde et de faire un peu de méta-commentaire avant de s’en aller comme un pet insolent dans le vent. Aussi, est-ce que j’ai déjà dit dans ce bilan que Mordred était adorable ? Bref, je ne suis pas près de tomber à court de petits arguments, mais il faut à un moment s’arrêter. S’il faut garder la série apocryphe pour satisfaire les gardiens du temple, alors qu’il en soit ainsi, mais j’ai pris un vrai plaisir à regarder Fate/Apocrypha malgré ses défauts, et pour moi c’est un fait ; à vos crachoirs.


#9: Juuni Taisen

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Graphinica | 12 épisodes de 24 minutes | Roman

Titre Crunchyroll : Jûni Taisen – Zodiac War

J’ai beaucoup trop écrit au sujet de la précédente battle royale alors passons plus rapidement sur celle-ci. Juuni Taisen met en scène la douzième édition d’une guerre duodécennale opposant douze combattants provenant chacun d’une maison reliée à un signe du zodiaque. Ceux-ci vont, lors de cette guerre organisée par une tierce partie inconnue mais visiblement extrêmement puissante, devoir s’entre-tuer et tenter de rester le dernier en vie pour voir le vœu de leurs rêves exaucé. Le twist, dans tout ça ? C’est le fait qu’il n’y en a pas.

En effet, la battle royale est un genre avec lequel tout fan de culture populaire, surtout japonaise, est familier, et dont l’intérêt repose essentiellement sur la découverte de l’ordre dans lequel ses personnages vous tomber. Seulement voilà, Juuni Taisen est écrit par le gars Nisio Isin (Monogatari, Katanagatari, Medaka Box, etc.), et s’il y a bien un truc que Nisio Isin aime, c’est de jouer avec les genres. Faites donc place à Juuni Taisen, une battle royale où l’ordre des morts est donné à l’avance. Eh oui, puisque la série suit ouvertement l’ordre des signes du zodiaque chinois, et au cas où vous ne vous en souviendriez pas, c’est aussi l’ordre dans lequel ils sont montrés dans l’opening (en inversé) et dans l’ending.

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Alors, comment on rend intéressante une battle royale quand on a déjà donné la feuille de route au spectateur ? Déjà, en rusant (car si l’ordre est effectivement suivi en entier, il y a des subtilités), mais aussi et surtout en prêtant plus d’importance au comment qu’au quoi. C’est en effet plutôt via diverses petites intrigues et une certaine créativité dans les jeux de pouvoirs que Juuni Taisen joue sa carte, mais surtout grâce à ce qui est pour moi la plus grande force de l’auteur, à savoir sa capacité à écrire des personnages. Ainsi, chaque épisode est dédié à un personnage (je vous laisse deviner dans quel ordre), où l’on découvrira son histoire, ses pouvoirs spéciaux, sa personnalité, et où on apprendra à l’apprécier (ou pas, car il y a des pourris) pour le peu de temps qui lui reste.

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Plutôt bien réalisé et produit (mais faiblissant sur la fin), l’anime se révèle être une adaptation assez fidèle du roman, mais pas trop. Si je devais avoir quelques reproches à faire à l’adaptation sans pour autant pinailler, ce serait pour la conclusion tristement simplifiée du combat de l’épisode 9, pour le flashback terriblement maladroit de Bœuf (qui donne complètement la mauvaise impression de la scène), et pour le flashback de Dragon, qui n’était pas vraiment nécessaire (et vraiment trop long).

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Cela étant dit, je ne reprocherai certainement pas à l’anime ses quelques rajouts, puisque le flashback de Bélier est top par exemple, mais surtout que le contenu de l’épisode 12 est complètement inédit et est, à mon avis, un ajout très appréciable à la série. Malheureusement, ça ne suffit pas à compenser complètement la fin insatisfaisante de base de Juuni Taisen, ce petit goût de « tout ça pour ça ? » qui donne l’impression qu’il manque à la série une vraie finalité. Tout pris en compte, l’anime reste un très bon divertissement, et on espère ne pas avoir à attendre douze ans pour voir sortir une adaptation de la suite annoncée du roman.


#8: Net-juu no Susume

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Signal.MD | 10 épisodes de 24 minutes | Manga web

Titre Crunchyroll : Recovery of an MMO Junkie

Et là, je vais devoir arrêter un instant la gaudriole puisqu’il y a un point sérieux que je pense nécessaire d’aborder avant de parler de la série. Et ça m’attriste, en fait, parce que certains blacklisteront la série après l’avoir entendu, alors que la série n’a fondamentalement rien à voir avec la soupe, mais il me semblerait malhonnête de ne pas en parler. Car s’il est plutôt talentueux, ayant travaillé en tant qu’animateur sur Akira, en tant que réalisateur d’épisode sur Shinsekai Yori #8 ou en tant que storyboarder sur Flip Flappers #3 (l’épisode à la Mad Max), il s’est avéré que le réalisateur de la série, Kazuyoshi Yaginuma, était également un bon gros antisémite doublé d’un négationniste. Si vous lisez le japonais, vous verrez que son flux Twitter est un quasi-incessant flot de merde depuis plusieurs semaines, et d’après des internautes qui sont allés plonger plus profond dans sa timeline, ça ne date pas d’hier. Le studio d’animation de la série l’a désavoué en place publique, la société mère de Crunchyroll (qui coproduit la série) a fait de même, et tout le monde s’en retrouve bien gêné, mais pas autant que moi qui dois écrire juste après pourquoi Net-juu no Susume c’est super bien quand même.

Car oui, sans transition, Net-juu no Susume ne parle de rien de tout ça, puisqu’elle raconte plutôt la vie de Moriko Morioka, une jeune trentenaire qui après un sévère burnout décide de quitter son emploi et de rester à la maison pour jouer à des MMO, auxquels elle n’avait plus pu jouer depuis des années. Elle crée un compte sur un MMO populaire qui a l’air sympa, se fait un personnage de beau combattant, et part à l’aventure. Au fil des mois elle tisse à travers son avatar masculin des liens avec les membres de la guilde qu’elle a rejointe, mais plus particulièrement avec un avatar féminin nommé Lily, avec qui elle se plaît à parler de tout et de rien. Jusqu’à ce qu’un jour, la vraie vie la rattrape et lui mette un coup de coude dans le pif, quand elle fait la rencontre, au coin d’une rue près de chez elle, d’un jeune homme… qui s’avère bien entendu être le joueur derrière Lily.

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Je dois bien vous avouer que comme truc scénaristique, c’est un peu gros, mais le reste de la série est en fait tellement accrocheur qu’il faut vraiment le vouloir pour rester sceptique face à Net-juu no Susume. En effet, après un premier épisode que je trouve un poil maladroit du point de vue narratif, la série développe sans pertes de rythme à la fois cette relation bourgeonnante (qui va notamment faire de grands pas en avant quand l’un des deux va comprendre qui est vraiment l’autre), et la vie de Moriko devant son MMO. Si les amateurs de meuporgs et de free-to-plays sauront bien entendu particulièrement profiter de certaines blagues et références bien pensées, la série ne force pas trop le trait, évitant ainsi d’aliéner les autres spectateurs, qui pourront tout aussi bien la regarder que ces derniers.

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Mais surtout, on se reconnaîtra plus en Moriko pour toutes les réactions qu’elle peut avoir devant son écran que pour la façon dont elle joue. Car Net-juu no Susume, c’est avant tout des personnages très expressifs. Et ça, c’est déjà très fun à voir durant des scènes de tranche de vie, mais ça l’est encore plus dès que vous mettez ces deux adultes peu familiers des choses de l’amour seuls ensemble. Festival aux têtes rigolotes et aux réactions excellentes, très charmante et chaleureuse, la série aura vite fait, dans ses derniers épisodes, de vous faire mourir d’amour.

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L’anime profite en plus d’une animation qui sait se faire attentive au détail des mimiques et petits gestes de ses personnages (car l’expressivité, ça ne passe pas que par des visages rigolos) et d’une réalisation qui a quelques vrais moments (dont le rêve du burnout, mais aussi l’excellent épisode 9, réalisé par un Naoki Matsuura, un petit gars dont je vais ici noter le nom afin de m’en souvenir). Bref, à moins d’être allergique aux trentenaires mignons qui jouent à des jeux mignons et aux intrigues romantiques qui se développent sans temps morts, vous n’avez, j’espère, pas de raison de ne pas aimer la série.


#7: Just Because!

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Pine Jam | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Titre ADN : Just Because!

Et pour faire face à l’enjoué Net-juu no Susume, quoi de mieux que le plus calme Just Because! ? Projet original du jeune studio Pine Jam (qui a aussi produit l’adaptation de Getsuyoubi no Tawawa, tiens donc), la série nous fait suivre un garçon assez quelconque et pas très enjoué, qui réemménage dans sa ville natale, où il va retrouver quelques anciens amis, dont la fille dont il était amoureux.

Problème de timing, au moment où il réemménage, il ne reste plus que quelques mois dans l’année scolaire japonaise, et lui et ceux de son âge sont en dernière année de lycée. À quelques mois des examens d’entrée des universités, tous les lycéens de troisième année de son genre ont quitté leurs clubs et se consacrent à leurs révisions, tout en ayant à l’esprit le fait qu’à partir de février ils seront probablement tous dispersés aux quatre coins du pays, selon les projets de carrière des uns et des autres. Just Because! raconte l’histoire de cinq de ces lycéens, et de leur désir de n’avoir aucun regret au moment de terminer leur scolarité obligatoire.

Il y a dans Just Because! une douce mélancolie, qui va accompagner nos protagonistes du cœur de l’automne au début du printemps. Attachant une certaine importance au sens du détail, l’anime trouve son créneau dans une intrigue romantique posée (mais où il se passe des choses) et écrite avec soin, avec des personnages variés et impossibles à détester. Si la série souffre pas mal côté production, elle s’offre occasionnellement de vrais bons cuts d’animation, et parvient surtout à conquérir ses spectateurs grâce à un très bon travail d’ambiance.

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D’un réalisme appréciable tout en étant comique là où elle peut, et avec son contexte assez original, la série offre, pour un même genre, un plaisir de visionnage très différent de celui de la série précédente, et au moins aussi précieux pour nous autres pauvres internautes qui aimons voir des adolescents essayer de trouver le bonheur.


#6: Kekkai Sensen & Beyond

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Bones | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre ADN : Blood Blockade Battlefront & Beyond

Le roi de la série d’action avec des personnages tous beaucoup plus cool que de raison, Yasuhiro Nightow, est de retour, et il me sera impossible de bouder mon plaisir. J’avais proprement adoré la première saison de Kekkai Sensen, au point où la série était arrivée en tête du premier bilan de ce blog, au printemps 2015, devant même Hibike! Euphonium, et si vous considérez que c’est un crime, croyez bien là qu’il s’agit d’un crime de passion. Je n’ai presque pas honte de ce que j’avais dit à l’époque, mais au cas où, resituons le truc.

Kekkai Sensen est donc une série qui se passe dans la folklorique ville de Hellsalem’s Lot, qui n’est en fait nulle autre que la ville de New York, qui a connu quelques petits ajustements architecturaux et démographiques depuis que, il y a trois ans, la ville s’est vue prise dans une sorte de portail menant à une dimension démoniaque quelconque nommée le Beyond.

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New York City n’en a toutefois pas perdu son calme et a continué à être, comme d’hab, un melting pot… sauf que désormais le pot semble vraiment appartenir à la cuisine des enfers, puisqu’il comprend toutes sortes de démons de toutes les formes et de toutes les tailles imaginables. Dans tout ce fatras, Leonardo Watch est un jeune gars équipé de biens étranges yeux, qui se retrouve un peu malgré lui embauché par Libra, une organisation qui s’occupe de combattre le crime dans la ville.

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Pour résumer Kekkai Sensen, je pense qu’on peut dire que c’est comme un slice of life qui parle d’une ville où chaque jour ressemble à film catastrophe différent. Offrant un habile mélange d’excellents personnages, d’humour bien dosé, de moments plus tendus, et d’action survoltée et excellemment animée (trois gros cuts d’action de Yutapon cette saison, qui veut ?), la série présente principalement des histoires courtes épisodiques avec toujours ce style phénoménal et un univers très original soutenu par de très beaux décors et une excellente bande-son signée, une fois de plus, Taisei Iwasaki. En ferais-je trop ? Pas tant que ça.

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De fait je dois bien souligner un défaut de cette seconde série, c’est qu’elle est moins originale et créative que la première. Je retiens bien entendu des trucs comme l’épisode de la journée des parents d’élèves, mais il y a moins d’intrigues tournant autour de grosses idées que dans la première saison. De fait, tous les épisodes ne sont pas passionnants, mais chacun rend quasi-impossible de voir passer le temps, et pourtant il y a bien une bonne raison de s’impatienter de voir la fin d’un épisode de Kekkai Sensen & Beyond : il y a Step Up LOVE qui nous y attend, au générique de fin. Mais malgré ça, épisode après épisode, le générique semble toujours arriver un peu trop tôt à mon goût…


#5: Mahoujin Guru Guru (2017)

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Production I.G | 24 épisodes de 24 minutes (second cour) | Manga

Titre Crunchyroll : Magical Circle Guru-Guru

Si je me trouve, avec le recul, un peu trop sévère d’avoir mis Mahoujin Guru Guru (2017) seulement à la 13ᵉ place du bilan de l’été, sachez bien que ce n’est pas pour compenser que je mets ici, aujourd’hui, le second cour de la nouvelle adaptation du manga de Hiroyuki Etou. Car vraiment, pourquoi faire ça, quand la série montre amplement dans ce cour qu’elle n’a pas besoin de mes regrets pour aisément mériter le top 5 d’une saison aussi chargée que cet automne ?

Dépassant dans ce cour enfin (ou plutôt « déjà », faut-il rappeler que la série a un rythme extrêmement élevé ?) la partie du manga que les précédentes adaptations avaient déjà couvert, Mahoujin Guru Guru (2017) nous offre notamment quelques épisodes particulièrement intéressants, comme celui où Nike devient « papa », qui est à mourir d’amour pour une raison que j’ignore, ou encore l’épisode de l’île. La série continue à être très bien produite, et semble couvrir finalement l’intégralité du manga, amenant entre autres à des duels finaux très satisfaisants avec les rivaux de nos deux héros.

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Finalement, si je n’étais pas, il y a trois mois, pleinement convaincu par la série à cause du souvenir de ses ancêtres, le second cour de celle-ci m’en aura lavé la cervelle et j’en viens à me dire que cette nouvelle série est finalement largement la meilleure des trois. Tant pis si on y perd quelques vannes au passage, la série est dense, très jolie, vraiment très drôle, parfois émouvante et toujours incroyablement chaleureuse, et on a besoin de plus de ça, vraiment, vite.


#4: Mahoutsukai no Yome

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Wit Studio | 24 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Manga

Titre Crunchyroll : The Ancient Magus Bride (TV)

Adaptation très attendue de l’excellent manga de Kore Yamazaki, Mahoutsukai no Yome nous raconte l’histoire d’une jeune japonaise nommée Chise qui n’a pas eu une enfance très facile, son père ayant disparu et sa mère s’étant suicidée sous ses yeux. Passée de mains en mains, d’un proche de la famille à l’autre, celle-ci n’a jamais vraiment trouvé sa place nulle part, notamment à cause du fait qu’elle voyait des choses que les humains normaux ne sont pas capables de voir. Décidant finalement d’accepter de se faire vendre aux enchères par un étrange marchand, elle se retrouve achetée au prix fort par un mage à l’anatomie bien particulière, nommé Elias. Celui-ci la ramène chez lui, dans la campagne anglaise, lui déclarant qu’il désire faire d’elle son apprentie, et son épouse.

Si le motif de l’orphelin doté de perception surnaturelle qui finit enfin par trouver un vrai foyer n’est pas exactement rare (on peut penser à Natsume Yuujinchou, ou même à Youkai Apart no Yuuga na Nichijou pour rester dans les séries de la saison), le manga de Yamazaki se distingue à la fois par son appropriation et sa représentation fascinante d’un faisceau de mythes par ailleurs très connu (tout le folklore anglais y passe, concrètement) et par sa justesse dans l’écriture et l’expression des sentiments de Chise, qui est une demoiselle qui n’a pas que des bonnes pensées, ce qui est quelque chose qui me touche vraiment. En un mot comme en cent, c’est un manga très beau.

Et l’anime, ma foi, je n’ai pas grand-chose à en dire tant il adapte fidèlement et efficacement le manga. Adaptation bien réalisée, solidement animée, avec une excellente bande-son, réussissant le dosage entre humour et moments sérieux, entre voyages et moments de pause, entre discussions et contemplation, j’aurais en fait du mal à lui attribuer un défaut quelconque (sauf à l’épisode 9 où, à un moment, il y a un mouvement qui semble assez important qui est assez difficile à comprendre pour le spectateur).

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On sent poindre un infime affaiblissement de la production sur la fin du cour, mais gageons que le récapitulatif hors-série de fin d’année aura permis à la production de reprendre son souffle. C’est dans tous les cas une œuvre très belle et extrêmement plaisante à regarder, et à moins de déjà lire le manga (et encore), je ne vois aucune raison de ne pas s’y essayer.


#3: Shoujo Shuumatsu Ryokou

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White Fox | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Wakanim : Girls’ Last Tour

Les concepts les plus simples peuvent parfois être les plus originaux. Dans un monde dévasté, deux jeunes filles se baladent ensemble, à la recherche de rien ni personne en particulier, dans un monde où il ne semble de toute façon plus rien y avoir. Tout ce dont elles ont vraiment besoin, c’est de nourriture et d’essence, pour continuer leur voyage à travers un monde mort et auquel la mort va plutôt bien.

Si le post-apocayptique n’est pas exactement un genre ou un thème nouveau, Shoujo Shuumatsu Ryokou y apporte sa propre touche, pour ne pas dire un vrai twist, en étant un récit de fin du monde bienveillant, une gentille tranche de vie dans un monde sans vie. Si les deux filles voyagent armées, elles ne sont que très rarement mises en danger par ce monde, et à chaque fois plutôt à cause d’infrastructures insalubres que d’une quelconque malice.

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Ainsi, nos héroïnes, Chito et Yuuri, se baladent-elles seules, à deux sur leur Kettenkrad (un trois-roues léger), discutant simplement entre elles de rien et de tout, dans un monde où tout n’est pas grand-chose (oui, je sais, je suis relou avec ça, j’arrête, promis). Occasionnellement philosophique, occasionnellement purement contemplative, la série nous offre des décors en ruine finalement vraiment variés alors que Chito et Yuuri grimpent à travers les étages d’une ville construite par niveaux, où elles pourront trouver, au hasard des détours, des jungles de pylônes, d’étrange statues sacrées avec des regards en biais, ou encore ce qui ressemble à un gigantesque champ de casiers.

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Et si ses décors sont étonnamment variés, la série parvient tout aussi bien à proposer des situations originales épisode après épisode, qu’on pense à cette nuit qu’elles passent à s’amuser avec le bruit de la pluie sur le toit de leur abri, à cet instant où elles entrent dans une résidence abandonnée et se mettent à imaginer ce que ce serait de vivre là-dedans façon The Sims, ou encore à cette soirée où elles découvrent d’étranges bouteilles au contenu amer, et boivent gaiement au clair de la lune.

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Riche d’une imagination fantastique, d’une esthétique unique et d’une bande-son fabuleuse, Shoujo Shuumatsu Ryokou se termine en plus sur une fin inattendue mais réussie, et finalement tout à fait dans le ton de la série, qui rajoute un peu encore à la mélancolie de cet univers figé mais captivant. Si elle n’est pas toujours palpitante (mais ce n’est pas le but), la série nous offre via ses deux héroïnes un ticket pour un voyage inédit et fascinant, qui donne envie de le poursuivre jusqu’à la fin.


#2: Houseki no Kuni

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Orange | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre ADN : L’Ère des Cristaux

Dans un lointain futur vivent, sur une île perdue au milieu de nulle part, une vingtaine d’êtres. Des gemmes, en fait, des cristaux ayant pris forme humaine. Menacés fréquemment par des attaques de chasseurs éthérés venus de la lune, ceux-ci se voient attribuer, par leur maître, des rôles, en fonction de leurs talents (médecin, couturier, guerrier, etc.). Malheureusement, tous n’ont pas cette chance, puisque le « jeune » Phosphophyllite (à peine 300 ans) n’a toujours pas de rôle, se montrant systématiquement trop nul pour chaque rôle qu’on pourrait lui accorder. Mais c’est quand le maître lui confie le rôle de rédiger une encyclopédie sur leur monde qui les entoure que Phos découvre qu’elle n’est peut-être pas la moins bien lotie des gemmes.

Car c’est une chose que de ne servir à rien ni à personne dans nos vies d’humains. Mais imaginez être comme ça pendant 300 ans, ou plus. De par leur nature minérale, les gemmes sont effectivement des êtres d’une extrême stabilité, asexués et immortels, qui ont la plus grande peine à changer, à évoluer, même s’ils le veulent. Or, Phos va devoir changer s’il veut être utile à ceux qui lui sont chers, et pour son propre bien. Le thème est simple mais les possibilités qu’il offre sont extrêmement vastes, et Houseki no Kuni en fait bon usage. Brillant dans son écriture, le récit va amener Phos à aller de l’avant bon gré mal gré, et à découvrir divers secrets en allant là où l’on ne veut pas qu’il aille.

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Je m’interromps ici pour vous informer que j’ai un fichier où je prends, pour chaque saison, mes notes sur les différentes séries au fur et à mesure que je les regarde, pour savoir qu’en dire et me souvenir de certains détails. Or, je n’ai marqué pour Houseki no Kuni que des choses comme « beau », « fabuleux », et cætera. Ça ne m’arrange pas beaucoup pour détailler mon propos, mais de fait, Houseki no Kuni est fabuleusement beau, profitant d’une animation 3D d’une grande qualité, mais pas seulement.

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Car si le manga original de Haruko Ichikawa est visuellement tout à fait unique, son adaptation fait tout ce qui est en ses moyens pour rendre hommage à cette esthétique avec à la fois une mise en scène fabuleuse jouant notamment avec les nuances de couleurs et la géométrie de la base des gemmes, de somptueux décors, des effets spéciaux reproduisant à merveille l’aspect à la fois organique et lisse de certains éléments du manga, son jeu d’acteurs à niveaux de sérieux variable, etc. Et que dire de la bande-son ?

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Non, vraiment, je me sais trop dithyrambique pour convaincre vraiment qui que ce soit de regarder cette série, mais en dire moins serait sous-évaluer la réussite qu’est cette adaptation, et la grande œuvre qu’est le manga, par extension. Houseki no Kuni est intelligent, avec un casting de personnages aussi riche que précieux, et je ne saurais vous le conseiller mieux qu’en citant le charmant résumé qu’en fait son éditeur français, Glénat : « C’est l’histoire de cristaux combattants, forts, fragiles et beaux » .


#1: 3-gatsu no Lion 2nd Season

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Shaft | 22 épisodes de 25 minutes (premier cour) | Manga

Titre Wakanim : March comes in like a lion (Saison 2)

Et du coup, comment topper ça ? C’est, à vrai dire, difficile. Impossible, même, à moins d’être une série d’exception qui, tout en étant une adaptation très fidèle, multiplie la force d’une superbe œuvre originale déjà bourrée de personnages fascinants et d’intrigues marquantes, grâce à une réalisation irréprochable et bourrée d’idées visuelles intelligentes, grâce au travail sans faille de seiyuus de talent et grâce à une capacité inégalée de passer d’un registre à un autre qui en est le direct opposé. Vous me direz, Houseki no Kuni correspond pas mal au portrait robot. Oui, mais 3-gatsu no Lion m’a touché comme peu d’œuvres m’ont touché, et sans avoir l’avantage de l’effet de surprise.

J’ai déjà à plusieurs reprises parlé de 3-gatsu no Lion et de la qualité irréprochable de son adaptation, que ça soit avec sa troisième place au bilan de l’automne dernier ou avec sa seconde place pour le bilan de l’hiver dernier. Je vais donc partir du principe que je n’ai pas besoin de vous présenter à nouveau l’excellente série de Chika Umino sur un jeune joueur de shogi renfermé sur lui-même, nommé Rei, qui fait face à la dépression, qui ne cesse jamais de le guetter, grâce à la compagnie d’une fratrie de trois sœurs dont la vie n’a pas été forcément facile non plus, mais qui ont en elles une force de vie et une chaleur incroyable.

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La multitude de facettes de la série, sa capacité à passer de la contemplation mélancolique à des scènes de comédie sucrées, ses matchs intensément psychologiques, tout son casting de personnages avec des histoires et des attitudes de vie marquantes, et la créativité très présente mais jamais surjouée de son adaptation, tout ça je n’ai pas besoin de vous le rappeler.

Si ce nouveau cour continue à présenter une large gamme d’intrigues tournant autour de chacun de ses personnages, nouveaux comme anciens, il s’illustre surtout avec l’introduction d’une situation nouvelle qui concerne une des trois sœurs. Il y est question de harcèlement scolaire. Le sujet est en fait plutôt commun parmi les meilleures œuvres japonaises récentes, et Rei en a lui-même fait les frais étant plus jeune, ayant « résolu » la situation par une indifférence acquise. Mais la situation est différente quand elle touche quelqu’un qui lui est proche, dans toute sa cruauté, juste parce que cette fille a voulu faire la bonne chose.

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C’est à l’épisode 4 de la saison que tout se joue, avec une scène qui est pour moi la plus profondément marquante d’une série déjà inoubliable, où cette jeune fille s’abandonne à dire ce qu’elle veut dire devant Rei. Elle nous jette au visage en même temps toute l’ampleur de son sentiment d’injustice, de son chagrin et de sa rage, et malgré tout ça nous montre son incroyable force et son courage, le tout dans un élan d’émotion absolument cathartique et d’une puissance inégalée par quelconque autre série que l’année 2017 nous aura offert. La scène est incroyable, flamboyante, d’une folle beauté, et me trouve à court de mots pour exprimer tout ce que j’ai pu ressentir devant.

Cette seconde saison de 3-gatsu no Lion est, ainsi, un peu particulière. À partir de ce moment, on en vient à hésiter à lancer chaque épisode, tout simplement parce que c’est dur. Mais à chaque fois que le spectateur ose, il est récompensé, parce que tout le reste de la saison maintient le cap de l’excellence, toujours avec la désormais habituelle justesse de son écriture, et la créativité de sa réalisation. Le harcèlement scolaire est un thème qu’on pourra considérer comme « commun », et pourtant personne ne l’aura traité comme ça, et toutes les idées visuelles de la série viennent soutenir la complexité des émotions que l’on y retrouve, et c’est sans compter toutes les autres histoires mémorables qu’abrite ce début de saison.

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J’avais pourtant déjà lu, et beaucoup aimé, le manga, mais cette nouvelle saison m’a à nouveau abasourdi, crevant le cœur puis le comblant au demi-épisode suivant. Parfois un peu cheesy, parfois un peu simplette, on peut trouver, si on le veut bien, des défauts à la série. Mais sa force, sa générosité et le spectre si large de sentiments qu’elle convoque m’ont à chaque fin d’épisode conforté dans l’idée que j’avais là affaire à un authentique chef-d’œuvre, roi irrenversable sur le pourtant large plateau des excellents animes de l’an 2017.


Voilà qui met enfin fin à ce dernier bilan de 2017. Merci d’avoir parcouru la bête jusqu’au bout, d’avoir tenu malgré mes opinions parfois très discutables, et d’avoir, concrètement, été là pour témoigner du fait que mes efforts dans la longue, trop longue gestation de ce billet, n’ont pas été tout à fait vains. Je dois le dire, après passé une semaine entière à la rédaction de celui-ci (merci la semaine de vacances), je relis l’introduction du bilan et je me dis avoir été d’une redoutable naïveté, l’exercice ne me laissant pas forcément dans un état des plus enviables.

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En attendant le prochain, qui viendra dans trois mois et pour lequel je ferai donc sans doute des modifications à la formule, j’aimerais donc vous demander de prendre le temps de laisser une petite réaction, que ça soit ici, sur Twitter, en message privé ou autrement, histoire de me montrer que tout ceci aura servi à quelque chose, que ça soit pour dire que vous n’êtes pas d’accord ou autre. Tout retour (constructif, on s’entend) est bon à prendre et j’aimerais le vôtre, même si vous n’avez que rapidement parcouru le billet (ne vous en faites pas, à votre place je ferais pareil).

C’est un peu tout ce que j’avais dire, et il est venu pour moi le temps de rendre l’antenne et de revenir à mes obligations. Une fois de plus, merci d’être passé dans le coin, que ça soit juste pour voir où j’allais classer Fate/Apocrypha ou pour vous faire une après-midi lecture (auquel cas je m’excuse de la piètre qualité de ma prose). Vous êtes vachement chic. À toute.

8 réflexions sur “Automne 2017 : Le Bilan

  1. Toujours aussi agréable de lire tes bilans (je n’ose pas imaginer les heures de boulot que celui-ci t’a demandé).
    Je l’ai pour l’instant simplement parcouru dans les grandes lignes mais je suis un brin surpris par ton commentaire sur Juuni Taisen quand tu indiques qu’il es bien réalisé. Perso, je l’ai trouvé techniquement vraiment limité, surtout sur la fin où ça sent la production rushée.
    Par contre, tellement d’accord sur Houseki no Kuni, un gros coup de coeur!

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    1. Merci ! Et pour Juuni Taisen, je trouve justement que la réalisation fait ses plus grands coups d’éclat sur la fin, avec tout ce qui tourne autour de Rat et de ses pouvoirs, que je trouve particulièrement bien mis en scène. Par contre oui, c’est clair que sur la fin la production montre quelques grosses faiblesses (et à mon avis c’est à ça qu’on doit la fin simplifiée du combat de l’épisode 9, qui est vraiment anticlimatique). Ensuite, quand on parle des fonctions de réalisateur, ça implique autant l’aspect créatif (storyboarding, etc.), qui est ici réussi, et l’aspect gestion (planning de production, etc), qui est ici déficient. En général quand je parle de réalisation dans mes critiques, je parle justement plutôt du côté créatif, un peu au sens cinématographique du rôle de réalisateur. Cela étant dit, il faut bien se dire que c’est le premier vrai anime 100% télé du studio Graphinicia, donc c’est déjà très bien qu’ils arrivent à sortir quelque chose de ce niveau !

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  2. misa

    Je n’ai littéralement regardé que Houseki no Kuni cette saison (et 2 épisodes de Mahoutsukai no Yome), mais j’ai quand même trouvé ce bilan très intéressant à lire, et ça va me permettre d’ajouter quelques animes à ma ptw list.

    Personnellement j’ai vraiment eu du mal avec la manière dont Mahoutsukai no Yome traitait certains thèmes un peu trop à la légère selon moi (le marché d’esclaves/le magicien qui veut faire de Chise son épouse etc)… même si je vois des qualités dans l’anime, il ne m’enthousiasmait pas au point de continuer (peut-être que ces sujets sont mieux traités après ceci dit je ne sais pas).

    J’imagine que ça doit être beaucoup de boulot d’écrire un tel bilan (et franchement je ne sais pas si ça vaut le coup de regarder des animes très mauvais en entier), mais bravo pour y avoir survécu et pour nous avoir livré ces critiques bien écrites et divertissantes!

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    1. Merci beaucoup ! Pour Mahoutsukai no Yome, je peux comprendre tes réticences, mais en même temps c’est des éléments qui sont très importants dans la construction des personnages de Chise et d’Elias (la dépression et la résignation de l’une, le manque de compréhension des humains de l’autre…). Mais c’est vrai que c’est spécial, aucun doute là-dessus. 😀

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  3. Pour le coup on est encore plus d’accord sur beaucoup d’animés que d’habitude 🙂 A la rigueur je trouve que Ballroom est un peu bas et que c’est dommage que tu n’aies pas apprécié Les Enfants de la Baleine. En tout cas un top 5 solide.

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  4. yunis171

    J’aime bien lire tes bilans parce que tu écris sur des série que je suis en train de regarder, j’ai fait le choix de regarder les animes avec un saison de retard afin de pouvoir les enchaîner si l’envie m’en prend, il ya des avantages et des inconvénients comme toute chose.

    Cette saison (pour les séries que j’ai déjà vue et celle que je suis en train de voir) je suis trés d’accord avec toi et saches que ce n’est pas hyper souvent.
    Je trouve Kino no Tabi un peu bas mais comme toi ne peux m’empêcher de le comparer à sa précédente adaptation.

    Juuni Taisen, je te trouve plutôt généreux à vrai dire, même si j’ai beaucoup aimé la finesse de la conduite de l’histoire je dois bien reconnaître qu’il faut s’accrocher. On y revient pas forcément convaincu de passer un bon moment, pour moi la série souffre d’une variation de rythme trop importante, tantôt rapide tantôt lente sans compter que la mort des personnages est parfois bien ouvragé (chien) et parfois comme un caillou dans une flaque (singe).
    Si je n’avais pas enchaîné les épisodes a une rythme de un par jour j’aurai sans doute arrêté (à tord j’en convient car j’ai beaucoup aimé rétrospectivement).

    Ballroom est un peu bas pour moi mais encore une fois tes arguments se tiennent, j’ai dégusté chaque épisode et j’en voudrais encore tant pour moi tout s’enchaîne à la « quasi » perfection. J’ai un soucis avec le personnage principal mais j’ai un problème avec tout les personnages de ce genre qui passent à mon sens beaucoup trop de temps à hésiter et à subir l’air hébété ce qui leurs arrive (des boulets en somme). Oui je souffre souvent merci.

    YuuYuuYuu est trés justement placé (pour moi ) et tu as su en tirer l’essence, certes elle n’est pas parfaite, oui elle est parfois tellement capillotracté que j’en suis chauve mais p**** quel cocktail doux-amer-sucré que cette série.

    Tu as demandé un retour, j’ai tenté de faire court, ça aurait pu faire le triple.

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    1. Au contraire, ça me fait extrêmement plaisir d’avoir ce genre de retours détaillés et très positifs, merci beaucoup ! Pour Juuni Taisen, tu vas rire mais même moi je m’étonne de l’avoir mis dans le top 10 (mais en tant que battle royale je ne me voyais pas le mettre en-dessous de Fate/Apo, que lui-même je voulais mettre assez haut parce qu’il le mérite malgré tous ses défauts). ^^

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