Hiver 2018 : Le Bilan

Dans un monde où, à la place du bonhomme grisonnant lui servant habituellement d’arrière-plan pour ses seflies, Gendou Ikari avait eu comme bras droit Jacques Séguéla, peut-être aurait-il déclaré ceci : « l’humanité, c’est comme de l’Orangina, faut bien la secouer sinon la pulpe reste au fond (et à la fin ça ressemble à un liquide orange chelou) ». Et certes, il ne l’a pas dit, du coup, mais je suis en fait plutôt d’accord avec une partie de cette citation apocryphe : il ne fait pas de mal, à l’occasion, d’être un peu bousculé si ça nous permet de nous résoudre à changer pour le mieux. Le Plan de Complémentarité de l’Homme, une idée qui fait son chemin.

En effet, très chers lecteurs et lectrices, vous avez à peine fini de lire le précédent bilan et voici déjà que se pointe mon bilan des anime de l’hiver 2018. Et comme j’ai pu le laisser entendre en introduction, cette douzième édition de ces désormais habituels bilans trimestriels de l’animation japonaise ne se fera pas sans changement. On y viendra juste après, d’abord récapitulons l’affaire.

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Attention les amis, ça va charcler.

Si vous êtes nouveau dans le quartier, ou encore simplement de passage, je rappelle que ces billets trop grands pour leur propre bien sont destinés à vous présenter les séries animées japonaises diffusées la saison précédente, classées de la plus nulle à la meilleure. L’exercice n’est pas sans difficulté, puisqu’il est souvent tout bonnement impossible de comparer des séries tant leurs genres, formats et intentions sont parfois différents.

Ainsi, ce classement repose sur tout une gamme de critères, incluant notamment la qualité visuelle de la série, la teneur de son scénario, la qualité de son doublage, le nombre de teintes des cheveux différentes qu’on peut y trouver, le poids cumulé de tous les fruits et légumes qu’on y aperçoit divisé par le nombre de pièces de viande consommées, le nombre de fois où on peut entendre prononcé le mot « blockchain » (en anglais dans le texte), l’âge du capitaine Tsubasa, et d’autres, tous soumis aux coefficients variables de ma prétendue subjectivité.

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Moi quand vous allez voir ce qui est et qui n’est pas dans le top 20.

Ce que je veux dire par là, c’est qu’il faut bien voir que le classement en lui-même n’a pas toujours de véritable sens, et que si vous voulez en savoir plus sur la qualité d’une série, il sera souvent préférable de vous reporter au texte. Et si vous n’êtes d’accord ni avec le texte ni avec le classement ? Alors il est temps de me juger férocement et d’aller m’insulter dans les commentaires, mais sans insultes, parce que ça se fait pas et que ça me blesserait (un peu). Je devrai alors me résoudre à accepter l’idée que mon opinion n’est ni absolue ni objective, ce qui m’étonnerait quand même pas mal.

Revenons sur les rails de cette présentation pour dire que je parle ici des anime diffusés à la télévision japonaise entre le 1er janvier et le 31 mars de l’an 2018, hormis rediffusions. Dans le cas des séries longues qui ont commencé avant et/ou qui continuent à être diffusées après, j’en parlerai aussi, mais en ne jugeant que les épisodes diffusés durant ce trimestre. De plus, afin d’être un peu en phase avec notre temps, je parle également des ONA qui se sont vus simulcastés en occident, et même ceux pour lesquels c’était pas vraiment du simulcast (oui, je parle bien là des quatre séries exclusives à Netflix de cette saison). Tout cumulé, ça nous fait un classement composé de 73 anime, ce qui n’est pas peu.

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La grosse nouveauté de ce bilan, qui change en fait plus les choses pour moi que pour vous, c’est que je me suis résolu à ne pas me forcer à continuer des séries quand elles me gavent vraiment ou qu’elles ne parviennent pas à m’intéresser. En effet, jusque-là, je tenais absolument à ne jamais lâcher une série en cours de route, ce qui me permettait d’étancher ma curiosité débordante, et de ne donner mon avis que sur des anime que j’avais vu en intégralité. Pour tout un tas de raisons, le choix de briser ce tabou auto-imposé a été fait, et je ne regrette au final pas cette décision.

Du coup, dans le cas des séries lâchées en cours de route, j’indiquerai au tout début le nombre d’épisodes vus, histoire d’être vraiment transparent (et si ça n’est pas indiqué, ça veut dire que j’ai tout vu). Dans le cas de la plupart de ces séries, je reste tout de même curieux d’en voir la fin un jour, quand je trouve le temps, et je mettrai donc à jour le bilan en temps voulu, à chaque fois que je finis ou rattrape une de ces séries. Le classement ne changera pas puisqu’il est gravé dans le gâteau marbré, mais j’ajouterai des précisions pour compléter mes présentations, et peut-être dire que j’ai eu tort de dropper, ou bien que j’ai carrément eu raison.

Ah, autre nouveauté : dans le cas des séries longues ou des suites, vous me verrez souvent mettre des liens vers des bilans précédents, pour vous permettre de vous remettre en tête les détails principaux de ces séries. Ça, c’était déjà le cas, mais il fallait scroller pour trouver où c’était, donc c’était relou. Maintenant les liens vous emmènent directement vers la bonne section. On n’arrête pas le progrès.

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N’hésitez pas à faire votre marché et à ne vous arrêter que sur les séries qui vous intéressent, hein, je le prendrai pas mal.

Et pour finir cette trop longue introduction, précisons un peu de quoi a l’air le classement en vous donnant la stratification de tout ça, une précision utile pour qui aime voir le profil de l’étape. Faisons simple : les séries de #1 à #8 sont celles que je recommande à n’importe qui (avec une micro-exception au milieu mais vous verrez bien). Celles de #9 à #23 sont celles que je recommande aussi, mais avec une ou deux réticences (et parfois plus). Celles de #24 à #39 sont des séries sympas, que j’irai pas forcément recommander mais qui m’ont fait passer un agréable moment. Celles de #40 à #63 sont des séries que j’ai lâchées par manque de temps ou par fatigue, mais qui ne sont pas forcément nulles. Enfin, au-delà de #63, c’est le drop complet et unilatéral, celui réservé aux séries pour lesquelles c’est plus possible. Allez, plus qu’une formalité et vous êtes dans le bilan.

Les absents

Histoire de satisfaire les grands accros du Ctrl+R, offrons une petite section du billet à ces anime de la saison qui ne seront évoqués nulle part ailleurs, parce que je ne les ai tout simplement pas vus. Déjà, comme pour les bilans précédents, dans le cas des séries longues qui ont commencé leur diffusion avant 2018, comme Detective Conan, One Piece, Pokémon Sun & Moon et autres, je n’en couvrirai ici aucune que je ne couvrais pas déjà la dernière fois. Et d’ailleurs, comme malheureusement prévu, je n’ai pas pu continuer Oretacha Youkai Ningen, donc le second cour ne sera pas dans ce bilan, désolé.

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Par ailleurs, notez que dans le cas des sagas, j’ai vaincu un autre tabou à moi, qui était de ne jamais prendre des sagas en cours sans avoir vu les séries précédentes, même quand les différents opus n’ont pas de lien direct. Du coup, le Precure nouveau sera dans ce bilan ! Et la saison prochaine, il y aura Gundam Build Divers, de l’Aikatsu!, et d’autres.

Quant aux séries de la saison, voici les noms de celles que je n’ai pas pu voir: c’est Mameneko, Inazma Delivry: Dougyousha Attack-hen, Sentai Hero Sukiyaki Force: Gunma no Heiwa o Negau Season e, Mata?, Uchi no Oochopus, Gan Gan Ganko-chan 2nd Season, ni le special Sakura no Chikai: Marronni☆Yell.

Voilà, c’est tout pour cette introduction, on peut maintenant enfin passer aux choses sérieuses.


#73: Märchen Mädchen

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Hoods Entertainment | 10 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre Wakanim : Maerchen Maedchen
DROP : l’ai rendu au märchand au bout de 6 épisodes

Avec l’idée de lâcher les séries pas terribles en cours de route vient une conséquence logique : fatalement, je n’aurai pas grand-chose à dire sur les mauvaises séries, et aucun moyen de savoir si la pire série est véritablement la pire. Heureusement, Märchen Mädchen m’a simplifié la tâche en étant une production tellement catastrophique que – alors que les créateurs d’animation japonaise sont normalement discrets au sujet de leurs échecs – un (ou une) membre du staff principal en a jugé que Maurice avait poussé le proverbial bouchon un peu loin, et a décidé d’aller s’exprimer publiquement sur le sujet via les braves gars du Sakuga Blog.

Ce témoignage nous décrit par le menu à peu près tout ce qu’il ne faut pas faire en gestion de projet, et qui est quand même arrivé à ce projet. La conséquence directe de ces soucis (qui arrivent à d’autres séries mais pas forcément aussi violemment ni en même temps) : une animation déjà assez médiocre et dont la qualité tombe en chute libre à une vitesse telle que ni Charybde ni Scylla n’ont le temps de réagir. La diffusion finit par faire une pause forcée de deux semaines pour se donner le temps de sauver les meubles, mais sans effet : finalement les derniers épisodes de la série sortent dans un état pire encore (d’après ce que j’en ai vu et entendu).

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Cela étant dit, ces problèmes m’auraient plus attristé si les premiers épisodes de la série s’étaient montrés prometteurs de quelque façon que ce soit, mais ça n’a pas été le cas. Projet écrit initialement par feu Tomohiro Matsu (Mayoi Neko Overrun!, Papa no Iu Koto o Kikinasai!) avec les illustrations du fameux Kantoku, Märchen Mädchen est en somme une histoire bien banale que l’on pourrait résumer avec le tas de mots-clés suivant : « battle fantasy isekai shoujo-ai light novel ».

On y suit Hazuki, une lycéenne extrêmement introvertie qui, dès que quelque chose ne va pas dans sa vie, se réfugie dans ses livres. En ville, elle fait la rencontre d’une étrange fille, qui la mène involontairement à une bibliothèque abandonnée où se trouve un passage vers un autre monde. Dans cet autre monde se trouvent des académies de magie, chacune appartenant à une nation, et elle va elle-même rejoindre l’académie japonaise, puis participer à un tournoi de baston magique inter-académies. Toutes les jeunes mages de ce monde sont associées à un conte de fée bien connu (Cendrillon, le conte de la Princesse Kaguya, etc.), et disposent de pouvoirs liés à ce conte. Je sens en vous l’envie de soupirer, et vous auriez raison de le faire (et à bien y réfléchir, je me dis qu’il devait aussi être question d’un mobage dans le projet initial, le setting s’y prêtant parfaitement).

Si la série semble essayer de bien faire en mettant un peu en avant les soucis de Hazuki, qui a notamment des problèmes pour communiquer avec sa nouvelle famille, elle ne parvient jamais à échapper à l’étreinte du gloubi-boulga de clichés à partir duquel elle est construite, à cause d’une écriture assez faible qui finit par tomber en milieu de série dans la pure incohérence. Visuellement, il faut cela dit noter que les premiers épisodes (faibles mais corrects) s’offrent quelques cuts d’effets spéciaux très sympathiques, bien que gâchés par un vilain ghosting (indépendant des efforts du staff). À l’épisode 6, la série est déjà au bout du rouleau sur tous les plans, et c’est là que j’ai jeté l’éponge, mais je dois bien avouer que sommeille en moi le sombre désir de voir les épisodes qui restent, ne serait-ce que pour voir dans quel état innommable tout ça va bien pouvoir se « finir ».


#72: 25-sai no Joshikousei

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Lilix | 12 épisodes de 6 minutes | Manga (web)

Non licencié en France
DROP : a redoublé au bout de 4 épisodes

Débarrassons-nous rapidement d’un des rendez-vous les moins plaisants du trimestre avec l’anime court hentai-qui-n’en-sont-pas-vraiment-mais-en-fait-oui de la saison. Si vous ne suivez habituellement pas ces billets, sachez que c’est depuis l’an dernier que sort à chaque saison une série courte de ce genre, et qu’à chaque fois c’est une belle occasion pour se mettre mal à l’aise. Ppour vous faire une idée de ce que c’est, je vous renvoie à ce que je disais du premier de ce genre, Souryo to Majiwaru Shikiyoku no Yoru ni….

Du coup, quoi de neuf cette saison ? Un nouveau métier, et un nouveau scénario encore plus problématique. Il est ici question de Hana, une demoiselle de 25 ans dont la petite cousine refuse d’aller au lycée. Plutôt que d’insister, et comme Hana ressemble comme deux gouttes d’eau à sa cousine, la mère de la cousine lui propose d’aller en classe à la place de la jeune fille, parce que, après tout, pourquoi pas ? Question rhétorique, bien entendu. Bref, elle va au lycée et, pas de bol, son prof principal est son ancien camarade de classe du lycée. Le gars accepte de garder le silence, mais en échange… Et j’ai envie de croire en votre capacité à relier les points, donc je ne termine ma phrase, mais vous voyez très bien le tableau.

Sans le moindre doute la plus tendue moralement de ces mini-séries hentai jusqu’à présent (et pourtant la moyenne était déjà raide), 25-sai no Joshikousei est aussi peut-être une de celle qui fait le plus « hentai », dans ses situations, dans son apparence, et tout le toutim. Il n’empêche que c’est mal animé, très mal réalisé, et repoussant d’à peu près toutes les façons possibles et imaginables.


#71: Gin no Guardian 2nd Season

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Haoliners Animation League & Blade | 6 épisodes de 24 minutes | Manhua (web)

Titre Crunchyroll : The Silver Guardian 2
DROP : est retourné sur Habbo Hotel au bout de 2 épisodes

Tiens, comme je n’ai pas grand-chose à dire ici, je vais rajouter une précision : même si je m’accorde désormais le loisir de lâcher une série si je le sens pas, je fais quand même en sorte de leur laisser un tiers de cour pour convaincre (donc, sur une série de 12 épisodes, 4 épisodes). Coup de bol, Gin no Guardian II fait 6 épisodes, ce qui nous donne un minimum de 2 épisodes à regarder. Et ça tombe bien, parce que je n’aurais pas été en mesure d’en blairer beaucoup plus.

Comme la première, cette seconde saison de Gin no Guardian est un tas laid et incohérent de clichés mal ficelés, et même avec toute la bonne volonté du monde je ne parviens pas à déceler en moi l’ersatz d’une once d’envie d’en regarder le reste. Je vous ai bien dit que j’avais pas grand-chose à en dire.


#70: Pochitto Hatsumei: Pikachin-Kit

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Shin-Ei Animation & OLM | Tout un cargo d’épisodes de 24 minutes (premier cour) | Projet multimédia

Non licencié en France
DROP : l’ai revendu sur eBay au bout de 5 épisodes (sur 13 pour ce cour-ci)

Certains disent parfois que les séries d’animation japonaise ne sont que des produits d’appel, des publicités de luxe (entre gros guillemets) pour vendre mangasses et figurines, light novels et disques. Si ça n’est pas intégralement faux (mais quand même extrêmement réducteur), certaines séries prennent un malin plaisir à leur servir de pièce à conviction d’une manière si je-m’en-foutiste que ça forcerait presque le respect.

Pochitto Hatsumei: Pikachin-Kit nous fait suivre le jeune Eiji, un écolier débrouillard à la tête cheloue qui trouve un jour dans sa boîte aux lettres un paquet contenant un étrange grimoire. Celui-ci qui lui permet, en un clic, d’obtenir des gadgets amusants et pratiques pour sa vie de tous les jours, le premier de ces gadgets étant un chien-robot qui va se servir de carton de bonne qualité comme d’une peau. Pas de soucis ? Attendez, je la refais.

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C’est dans un paquet Amazon qu’Eiji trouve un grimoire. Le grimoire lui permet d’ajouter des objets dans un panier virtuel, et de commander des trucs dont il a pas vraiment besoin, qui lui sont livrés instantanément par le livreur d’Amazon, celui-ci se téléportant littéralement devant chez lui. Ah, et le carton dont le chien-robot va se servir comme d’une peau est un matériau dont il vante allègrement la souplesse, la légèreté et la solidité : vous l’aurez compris, c’est le carton du paquet Amazon. Rajoutons que, dans la vraie vie, tous les gadgets montrés dans l’anime se trouvent effectivement sur Amazon JP, et vous avez un tableau plus ou moins complet de ce qu’est Pikachin-Kit. Allez, jeune, on t’a même montré comment commander, qu’est-ce que tu attends pour pécho la CB de maman ?

Cela étant dit, les évidentes intentions mercantiles de l’anime ne sont qu’une maigre partie de la croix que porte cette série. Je dirais même que c’est généralement plutôt drôle (involontairement), et que c’est de toute façon toujours un plaisir de voir et d’entendre Eiji ouvrir un paquet du fameux magasin en ligne américain. Non, le vrai problème dans tout ça, hormis des character designs très particuliers, c’est que Pikachin-Kit est une série très, très mal écrite.

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Reprenons le synopsis : à chaque fois qu’il commande une invention, Eiji doit lui-même compléter les gadgets pour pouvoir les utiliser. Seulement voilà : les gadgets n’ont aucun foutu sens. Ils sont généralement tout à fait inutiles, et souvent ne marchent même pas en vrai (ou en tout cas, pas de la façon montrée dans l’anime), ce qui est d’autant plus cocasse que le dernier segment de l’émission, est une rubrique en live action où des animateurs déguisés en scientifiques testent les « inventions » d’Eiji, et qu’ils essayent très fort de te faire croire que ça marche.

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Du coup, difficile de consentir à suspendre son incrédulité, d’autant plus quand on pense également à l’aspect publicitaire de tout ça. Et si, au tout début, la série se laisse regarder de par l’absurdité générale de son histoire, ses charmants décors chamarrés et l’agréable performance de Miyuki Sawashiro dans le rôle principal, très vite les personnages secondaires se font incroyablement lourds avec leurs gimmicks nuls, et l’écriture extrêmement faible et répétitive finit par avoir raison de votre envie d’en voir plus. Oui, même avec pour carotte les délicieux segments du professeur Pikachin et de ses deux assistants.


#69: Spiritpact: Yomi no Chigiri (Ling Qi 2)

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Haoliners Animation League | 12 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Manhua (web)

Titre Crunchyroll : SPIRITPACT -Bond of The Underworld-
DROP : exorcisé au bout de 2 épisodes (sur 6 dans ce cour-ci)

On n’est même pas à dix séries du fond du classement, et déjà revoilà la sous-préfète Haoliners, qui monte les marches avec une seconde série. Pas d’acharnement toutefois, car si Gin no Guardian II est une série que je trouve véritablement inregardable, Spiritpact a le mérite d’avoir un fil rouge plus ou moins clair et de n’être « que » très médiocre.

Tout comme la première saison, Spiritpact saison deux nous soumet à une trombe de clichés parsemés de mauvais gags, desservis par une réalisation et une technique moins que convaincantes. Pour tout dire, les vannes de la série ont la particularité d’être généralement moins drôles que les bourdes qui les accompagnent. Dans les deux épisodes que j’ai vu avant de lâcher (une fois de plus, il n’y avait que six épisodes ce cour-ci), la série arrivait à mettre en place une petite intrigue de fond, ni originale ni bien intéressante, mais suffisante pour faire de la série une expérience presque passable, si vous avez un jour le malheur de n’avoir que ça à regarder.


#68: Basilisk: Ouka Ninpouchou

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Seven Arcs Pictures | 24 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Manga

Titre Crunchyroll : Basilisk – The Ôka Ninja Scrolls
DROP : sabré au bout de 5 épisodes (sur 12 ce cour-ci)

Il y a une dizaine d’années, il aura suffi de cinq tomes de manga pour faire de Basilisk: Kouga Ninpouchou une série d’action plaisante à lire, riche en combats sans honneur ni humanité, et soutenue par l’impact du trait de Masaki Segawa, malgré un scénario un peu simple et des personnages pas bien sympathiques. Cette saison, il aura suffi de cinq épisodes pour me convaincre de l’idée que l’adaptation en anime de sa suite ne valait pas un clou.

Dix ans après l’histoire de la première série (qu’on présentera hâtivement comme un Roméo et Juliette sous forme de team deathmatch au pays des ninjas), Basilisk: Ouga Ninpouchou nous fait suivre les enfants des protagonistes de celle-ci. Les deux villages ninja rivaux ont enfin fini par faire la paix, quand apparaît ce qui semble être un ennemi commun. Je ne pourrais pas vous en dire beaucoup plus parce que, en cinq épisodes, la série a juste eu le temps de finir de nous raconter son interminable introduction, une suite d’événements beaucoup trop longue pour le peu d’intérêt qu’elle présentait.

Si vous avez vu ou lu Kouga Ninpouchou, sans doute vous dites-vous qu’il n’est pas exactement plausible que ses protagonistes aient eu descendance. C’est un trou scénaristique qui trouvera probablement une explication plus tard dans la série (vu que les méchants semblent avoir des pouvoirs en rapport avec le temps), mais étant donné que, jusqu’au cinquième épisode, aucun personnage n’a ne-serait-ce que pointé du doigt ce mystère, et que l’écriture des combats s’est montrée particulièrement faible et peu inspirée, je crains que l’explication, si on finit par l’obtenir, ne soit guère satisfaisante. Mais trêve d’hypothèses sur ce que je n’ai pas encore vu, parlons juste de ce que j’ai vu.

Et ce que j’ai vu n’était malheureusement pas bien glorieux, pour ne pas dire que je ne vois vraiment rien à sauver dans tout ça. Si je laisserai chacun juge de la qualité du character design (que je trouve franchement laid), la série s’illustre très vite par la faiblesse de son animation et de sa réalisation : plans fixes à gogo, transitions PowerPoint (le swipe à droite, c’est finalement très 2018 quand on y pense), storyboards rapiécés de part en part, et autres couacs techniques, le tout bloqué dans un univers où le climat est binaire : soit il y a du brouillard, soit c’est la nuit. Ainsi même dans l’éventualité où le scénario finirait par se montrer correct, Basilisk: Ouga Ninpouchou n’en serait pas moins une série singulièrement pénible à regarder.


#67: ClassicaLoid 2nd Season

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Sunrise | 25 épisodes de 25 minutes (second cour) | Original

Titre ADN : ClassicaLoid 2
DROP : ai débranché les écouteurs à la fin du 17e épisode

J’osais espérer il y a trois mois que ce second cour de ClassicaLoid 2nd Season briserait les mauvaises habitudes de la série en s’attaquant un peu plus sérieusement à son fil rouge scénaristique, malgré tout le mal que j’avais à croire en ce nouvel antagoniste prépubère doublé par un Yoshitsugu Matsuoka en claquettes. Malheureusement, pas de changements pour une formule que je supporte de moins en moins à chaque saison.

Ainsi, j’ai eu le droit, avant de lâcher l’affaire, à toujours plus d’épisodes comiques pas bien drôles, entraînés vers le fond par un casting de personnages perdus dans leurs propres gags lourdauds et une technique faiblissante. J’ose espérer que, comme la première saison, ce run de ClassicaLoid se sera terminé sur un final de qualité, mais vous m’excuserez de ne pas mourir d’envie d’aller vérifier.


#66: Nanatsu no Bitoku

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Bridge | 10 épisodes de 4 minutes | Figurines

Non licencié en France
DROP : ai cédé au démon au bout de 6 épisodes

Alors oui, j’ai de plus en plus de mal à supporter les séries nulles, mais à l’instar des sucreries, les gros nanars, j’ai un second estomac pour. Et parmi les gros nanars de l’année précédente, sans doute vous souvenez-vous de sin: Nanatsu no Taizai, un navet ecchi cosmique, nul au point d’en être parfois drôle à regarder (et malaise le reste du temps, mais bon, c’est le jeu ma pauvre Lucette). Je dis « sans doute vous souvenez-vous » parce que vu les résultats de mon gros blindtest de 2017, il y a clairement bien plus de gens ici qui l’ont vu que de gens qui oseraient l’avouer. Mais bref, c’était quand même bien nul, et c’est du coup avec une discrétion compréhensible qu’est sortie cette suite directe, affublée du titre Nanatsu no Bitoku, dont nous seuls francophones avons l’opportunité de pouvoir ricaner bêtement.

Récapitulons : à la fin de sin: Nanatsu no Taizai (ALERTE SPOILER, soit dit en passant), Lucifer prend le contrôle des Sept Péchés Capitaux dans les enfers, et se prépare à mener l’offensive contre Dieu. Dans ce contexte, les Sept Vertus Chrétiennes, leurs contreparties du côté du paradis, sont dépêchées sur Terre afin de trouver le Messie qui leur permettra de lutter contre l’invasion.

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Traduction : sept anges aux proportions avantageuses et aux costumes plus échancrés les uns que les autres vont chacune se trouver un Messie potentiel (un random gars japonais, brun et sans visage), aller vivre chez lui, et tenter d’en faire le vrai Messie tout en les faisant profiter de leurs charmes plus ou moins volontairement. Traduction de la traduction : c’est J’irai dormir chez vous sauf que au lieu d’Antoine de Maximy, il y a toute une gamme d’anges salaces qui n’ont pas leurs tétons dans leur poche.

Je m’aperçois qu’il est particulièrement difficile d’expliquer ce qu’est Nanatsu no Bitoku tant ce qu’on peut y voir n’a aucun sens. D’un mauvais goût élevé au rang d’artisanat, la série nous fait passer d’une situation de fan-service improbable à l’autre sans que tout ça n’aie jamais vraiment de logique. La série n’en a d’ailleurs rien à faire du fait que l’on voie presque plus souvent les poitraux et les popotums de nos amies anges que leurs visages. Pris au milliardième degré, Nanatsu no Bitoku est de ce fait presque drôle, et je l’aurais peut-être mis bien plus haut dans le classement si ce semblant d’aspect comique était constant d’épisode en épisode, ce qui n’est malheureusement pas le cas (les anges étant de plus souvent insupportables).

Si vous aimez l’humour de routier (avec du pouet pouet camion dedans) et l’ecchi très outrancier, je vous recommanderais presque d’y jeter un œil, si vous n’avez pas peur de vous retrouver à vous demander ce que vous êtes en train de faire de votre vie au bout du troisième épisode.


#65: Shounen Ashibe: Go! Go! Goma-chan 2

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Bridge & Husio Studio | 32 épisodes de 9 minutes (quatrième cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : Shônen Ashibe Go! Go! Goma-chan
DROP : ai desséré mon étreinte au bout du 28e épisode

Les cours se suivent et, sans surprise, se ressemblent toujours du côté de Shounen Ashibe: Go! Go! Goma-chan. Après quelques premiers cours sympathiques, je regarde chaque cour de cette série avec un peu moins d’intérêt, malgré d’occasionnels épisodes intéressants à défaut d’être vraiment sympathiques. Ici, je peux signaler que l’épisode de l’étoile filante était pas mal, et c’est à peu près tout. Désolé mon petit Ashibe, c’est pas contre toi, mais je suis dans le camp de l’autre série courte à long cours basée sur un vieux 4-koma : celle qui me fait rire et qui est trente-cinq places plus haut dans le classement.

MAJ de rattrapaj’ (26/07/18) : Petite surprise avec la fin de cette seconde saison de Go! Go! Goma-chan qui nous offre un petit arc qui aurait pu faire une très bonne fin mais ne sera finalement qu’un énième retour au status quo, si élégamment amené soit-il (hormis une fin prévisible entre mille). Décidément une série sympathique, bien que je ne prenne pas grand plaisir à la regarder.


#64: Itou Junji: Collection

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Studio Deen | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Junji Itô Collection
DROP : ai pris peur au bout de 4 épisodes

Quand a été annoncée la nouvelle de la production d’un anime basé sur les œuvres de Junji Itou, nombre de fans se réjouissaient d’avance à l’idée de voir sur le petit écran une adaptation d’une de ses œuvres principales (au hasard, Uzumaki). Petite déception généralisée, donc, quand on a découvert qu’il s’agirait d’une adaptation du contenu de la Itou Junji Kyoufu Manga Collection, une série d’anthologies regroupant un grand nombre des histoires courtes du mangaka d’horreur. Après tout, pourquoi pas, puisque Itou est connu pour ses ambiances plutôt que ses histoires ?

Seulement voilà, dans bien des adaptations peu inspirées, on privilégie d’adapter l’histoire, et ce qui va avec n’est perçu que comme secondaire. C’est à peu près le cas de cette Itou Junji: Collection, une série qui adapte texto, dans chaque épisode, une sélection des histoires courtes les plus marquantes comprises dans cette série de seize volumes reliés, telles que celles de Tomie, de Souichi, de l’homme qui rêvait de plus en plus longtemps, du beau garçon des intersections, et d’autres…

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D’abord, notons un détail important : si les histoires de l’Itou Junji Kyoufu Manga Collection sont assez intéressantes à lire, il faut bien se dire qu’elles font partie des premières histoires publiées de l’auteur, et que de ce fait tout n’est pas forcément au niveau pour lequel on le connaît. Par exemple, même si l’on peut voir qu’Itou avait son style bien en main dès le début, les histoires sans chute y sont nombreuses. Ça se reflète dans la sélection de l’Itou Junji: Collection, qui adapte par exemple l’histoire de la top model cannibale, une histoire effectivement iconique mais, pour le coup, complètement dépourvue de twists ou de chute, et, plus généralement, d’intérêt. Tout ça pour dire : si on ne regarde que les histoires, ce que propose le manga n’est pas forcément fou.

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Et si cette adaptation montre une certaine bonne volonté en étant, notamment, assez fidèle au trait d’Itou dans son character design, elle peine à retranscrire les ambiances si particulières de ses mangas. La faute, notamment, à une animation faible et très fixe, à des storyboards très peu inspirés (on est souvent dans du case-par-case du manga) et à un travail de photographie insatisfaisant – quand je dis « photographie » je parle du travail de composition, je préfère juste le terme de photographie pour sa signification historique – qui donne non seulement une image généralement bien trop « nette » pour retranscrire le style d’Itou, mais aussi des personnages qui n’arrivent jamais à s’intégrer dans les environnements dans lesquels ils sont mis en scène.

Dans les meilleurs cas, le spectateur peut arriver à fermer ses yeux sur ces faiblesses et ça passe vite fait. Mais dans les pires, les histoires les plus horribles virent au cocasse, comme la glaçante histoire de la maison des pantins, qui en anime devient tout simplement ridicule. Bref, pas grand-chose à tirer de cette adaptation malencontreuse, sinon deux génériques plaisants à l’oreille (l’opening est d’ailleurs le truc le plus réussi de l’anime, visuellement), et une bande-son de Yuuki Hayashi que j’aurai à peine eu le temps d’entendre dans les quatre épisodes qu’il m’a fallu avant de pouvoir me dire avec certitude que ça n’allait pas finir par s’arranger.


#63: Hataraku Onii-san!

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Tomovies | 13 épisodes de 4 minutes | Original

Titre Crunchyroll : Working Buddies!
DROP : ai préféré travailler plutôt que de continuer, au bout de 5 épisodes

Et on passe à radicalement autre chose avec Hataraku Onii-san!, un petit slice-of-life comique (ou tout du moins qui aimerait l’être) où, dans un monde où tout un chacun est un animal anthropomorphe, deux chats vont de petit boulot en petit boulot. À chaque épisode son emploi (caissier de conbini, déménageur, etc.), et son lot de running gags, dont le senpai chelou – qui change forcément à chaque fois mais qui est à chaque fois (ou presque) pénible – et la mascotte anonyme bizarre, doublée par Sugita, qui dit une morale dépourvue de sens en fin d’épisode.

À vrai dire, la série n’est plutôt pas désagréable à l’œil, pour ne pas dire qu’elle est vraiment pipou (ça rend très bien et les génériques sont vraiment top), mais au fur et à mesure des épisodes pas vraiment drôles et un peu trop positifs pour être honnêtes, on finit par avoir plus l’impression de regarder une pub pour une agence d’intérim qu’autre chose. Ah, si, il y a un bon gag, dans l’épisode où ils sont laveurs de vitres : on leur dit qu’il ne faut pas regarder à l’intérieur du bâtiment quand on est sur la façade, et à un moment ils regardent à l’intérieur et il y a la grue de la fameuse fable japonaise qui est en train de tisser. Si si, je vous jure, si vous l’avez c’est drôle.


#62: Black Clover

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Studio Pierrot | 51 épisodes de 24 minutes (second cour) | Manga

Titre Crunchyroll : Black Clover
DROP : ai hurlé au bout du 18e épisode (qui est le 5e de ce cour)

Si vous avez lu le précédent bilan, vous connaissez mon affection inavouable pour Black Clover, l’un des derniers shounens de baston un peu (très) cliché de l’écurie Shounen Jump. Et malheureusement, cette affection ne va pas devenir beaucoup plus avouable avec le temps, puisque ce début de second cour n’a fait que confirmer les craintes que pouvaient avoir ceux qui avaient atteint la fin du précédent cour sans se laisser abattre par les cris de roquet pestiféré d’Asta.

Car si l’intrigue continue à se développer sans trop de problèmes, la qualité visuelle de la série atteint un point de non-retour évident, pour entrer dans le domaine du carrément malpropre. Peu de choses à sauver dans tout ça entre la laideur des dessins à peine corrigés, la photo foirée, la 3D extrêmement mal intégrée, les récapitulatifs infinis en début d’épisode et tout un tas de couacs à tous les étages. Le pire, c’est que comme dans le premier cour, il y a de vraiment bons animateurs qui ont fourni quelques cuts de qualité, mais comme ils n’ont personne à qui passer le relais, le tout n’arrive même pas à faire illusion : c’est fondamentalement bancal. L’arc du donjon était le premier gros arc de la série, et cette production défaillante l’aura rendu franchement pénible à regarder, ce que je suis le premier à regretter. Mais bon il reste Puchi Clover en fin d’épisodes donc ça va, tout est pardonné.

(presque)


#61: Sword Art Online Fatal Bullet: The Third Episode

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YKBX | 1 épisode spécial de 4 minutes (Special) | Jeu vidéo

Non licencié en France

Et voilà un intrus dans la section, puisque ce petit special, diffusé à la télé fin mars en écho à la sortie le mois précédent du jeu Sword Art Online: Fatal Bullet, n’est en fait pas un anime que j’ai lâché. En même temps, je n’en ai pas vraiment eu l’occasion vu la durée du machin, mais cette place reflète l’intérêt de ce très court métrage, à savoir : pas grand-chose.

Apparemment sans rapport direct avec l’histoire de Fatal Bullet, cet « épisode » se présente en fait comme une succession de plans fixes soulignés d’une épaisse couche d’effets de bon aloi. On y voit et entend deux jeunes joueurs de Gun Gale Online qui se lancent à haute voix des questions existentielles sans réponses. Avec une présentation et une narration plus proche de celle d’un clip musical que d’autre chose, le truc se laisse regarder mais ne présente aucune finalité claire. C’est pas spécialement laid, ni vraiment beau, c’est pas spécialement intéressant, ni chiant, c’est ni plaisant ni désagréable, c’est juste là, et ça ne va pas plus loin que ça.


#60: Beatless

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Diomedea | 24 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Light novel

Titre Prime Video : BEATLESS
DROP : ai bugué au bout de 5 épisodes (sur 12 ce cour-ci)

Si une série n’a pas besoin d’être révolutionnaire pour être plaisante à regarder, il ne fait aucun doute que de tenter des trucs un peu différents apporte de l’épice à l’amour. Et s’il y a bien une chose que je ne peux pas retirer à Beatless, c’est de tenter des trucs. Malheureusement entre une tentative et une réussite, il y a tout un cheminement que la série semble avoir bien du mal à faire.

Série de science-fiction basée sur les light novels de Satoshi Hase (avec les character desgins originaux fort plaisants de Redjuice), Beatless nous présente avec maladresse une société où humains cohabitent plus ou moins avec des robots dotés d’intelligences artificielles développées, nommés hIE. Si je dis « plus ou moins », c’est parce que ces robots restent, aux yeux des humains en tout cas, purement des robots, et que leur place grandissante au sein de la société ne plaît pas à tous. Autrement dit, il y a du racisme anti-robot, allant de temps en temps jusqu’à des actes de sabotage criminels ou des opérations de plus grande ampleur.

Au milieu de tout ça, on suit un jeune garçon au nom oubliable et au profil oubliable, qui tombe par hasard sur une hIE dotée d’une intelligence artificielle incroyablement développée, et de capacités dépassant largement les compétences normales des hIE actuelles. Avec les conseils de celle-ci, il la prend sous son aile, et comme j’ai lâché à l’épisode cinq j’ai pas grand-chose de plus à en dire, mais disons que le fil rouge va pas mal tourner autour de quatre autres hIE spéciales, qui vont comme elle se retrouver dans la nature.

Un récit de science-fiction standard au milieu d’une société qui ressemble à s’y méprendre à celle de Tetsuwan Atom / Astro Boy, qu’est-ce qu’il y a de nouveau là-dedans ? Eh bien si la série n’a pas forcément de pétrole (l’animation est moyenne, mise à part de très jolis cuts pour tout ce qui est effets spéciaux, explosions, lasers, etc.), elle a quelques idées. Je pense notamment à des concepts comme celui du hacking analogue (une explication du charisme que peuvent avoir les robots, à deux pas de l’uncanny valley), ou à l’idée d’avoir des robots au Parlement. Que ça soit ça ou quelques autres développements scénaristiques assez originaux, la série montre que l’auteur a un peu travaillé sa SF pour en ressortir des interrogations qui ne sont pas sans intérêt.

Mais malheureusement, tout ce que fait la série est plombée par une véritable maladresse d’écriture, dont je ne sais pas quelle proportion est due à la traduction désastreuse (comme d’habitude) d’Amazon. Ce qui n’y est certainement pas dû, par contre, ce sont les clichés dont la série est parsemée, la lourdeur du personnage principal, ou encore l’exposition balourde du premier épisode. Je suis en fait curieux de regarder un jour la suite de Beatless, si je trouve le temps, parce que la série semble vraiment essayer de bonne foi de faire quelque chose d’intéressant. Une noble intention, mais qui serait tout de même plus appréciable si elle n’était pas mise en application avec l’adresse d’un hippopotame ivre.


#59: Pingu in the City

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Polygon Pictures | 26 épisodes de 7 minutes (second cour) | Dessin animé

Non licencié en France
DROP : suis resté de glace au bout du 17e épisode (le quatrième du cour)

Retour au pays de la subjectivité avec cette place un peu honteuse pour le second cour de Pingu in the City, qui est une série objectivement pas mal mais à laquelle je n’arrive pas du tout à accrocher. Mis à part ça, je dois dire que j’ai détecte dans les quelques épisodes que j’ai vu ce cour-ci d’appréciables inspirations gaston-lagaffesques (ou assimilées), avec notamment un certain amour des inventions débiles. L’épisode de la maman de Pingu était également assez bien, mais ça ne m’aura pas suffi à me donner l’envie d’en regarder une poignée d’épisodes de plus.


#58: Hitori no Shita: The Outcast 2nd Season

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Haoliners Animation League | 24 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Manhua (web)

Titre Crunchyroll : Hitori no Shita – The Outcast
DROP : a voulu faire une blague anglo du genre « je l’ai castée out » au bout de 4 épisodee

Pas grand-chose à dire non plus de la seconde saison de Hitori no Shita: The Outcast, une série d’action nunulle avec des pouvoirs surnaturels et une kuudere habillée comme un sac. Si cette nouvelle saison ne change pas radicalement la nature de la série, et que sa narration est toujours aussi cassée, on peut voir çà et là que des efforts ont été faits pour proposer quelque chose d’un poil mieux produit et un peu mieux ficelé, le tout au sein d’un confortable lieu commun pour lequel j’ai plutôt de l’affection : le bon vieux tournoi de baston. L’humour de la série est toujours au ras des pâquerettes et c’est généralement assez laid, mais ça se suit pas trop mal si vous n’avez vraiment rien de mieux à faire. Il se trouve que j’avais mieux à faire.


#57: Sanrio Danshi

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Studio Pierrot | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Titre Crunchyroll : SANRIO BOYS
DROP : bon je trouve pas de blague, mais je l’ai lâchée au bout de 7 épisodes

Il y a quelque chose de très cohérent, au fond, dans une série qui invite à ne pas se fier aux apparences et qui est elle-même bien moins bonne qu’elle n’en a initialement l’air. C’est en effet sur une paire d’épisodes plus que corrects (et avec un opening vraiment réussi) que s’ouvre Sanrio Danshi, série dédiée à un groupe de garçons et à leur passion débordante pour les mascottes de la société Sanrio (Hello Kitty et compagnie).

Le propos de toute la série est celui de l’acceptation de soi et du respect des autres, puisque l’on y verra notamment raconter l’histoire de quelques garçons qui assument assez mal le fait d’apprécier des mascottes faites pour les filles, et d’autres qui l’assument bien mais qui subissent en retour des regards peu favorables. Le double-sens de tout ça, s’il est intentionnel, est relativement clair, et la série se prive de toute façon peu pour aller dans le sens de son évident public cible (indice : ça commence par « fujo »). D’ailleurs, on trouve dans Sanrio Danshi une amusante idée de fan-service : à chaque épisode, juste avant la coupure pub, la spectatrice (roleplayez-le, si vous n’en êtes pas une) se voit intégrée à l’univers de la série lors de courtes scènes où un des personnages principaux va interagir avec elle (par exemple en s’excusant de vous être rentré dedans, ou en vous demandant l’heure).

Le problème, c’est que ce message très positif qu’a la série se voit régulièrement anéanti par ses évidents objectifs commerciaux, avec des dialogues et des situations qui intègrent de façon extrêmement gauche la marque Sanrio à chaque occasion possible. Vous me direz, c’est un anime dédié aux mascottes Sanrio, quel est le problème ? Le problème, il est au début bénin, puisque ce souci ne se manifeste au départ que par une présence étonnamment insistante de répliques ne servant clairement à rien d’autre qu’à mettre en avant la marque.

C’est plus tard que le bât blesse vraiment, quand toute notion de honte finit par disparaître et que l’anime se met à nous emmener dans des magasins officiels Sanrio et un parc d’attraction Sanrio, qui, afin que le spectateur voie mieux à quoi ça ressemble, sont intégralement montrés sous la forme de photos dans lesquelles sont très mal incrustés les personnages. J’ai justement lâché la série juste après l’affreuse scène du parc d’attraction de l’épisode 7, où le personnage principal raconte la journée de rêve qu’ils ont passé dans les limbes photographiques et fixes d’un parc qui a l’air vraiment très nul.

Et malheureusement les décors photographiques ne sont pas la seule défaillance visuelle que vous réserve Sanrio Danshi, puisque l’animation a vite fait de plonger sous la barre du médiocre (à tel point que même l’ending est mal fini). Et même si la technique était correcte, le fait est que pour nous parler de tolérance, l’anime se voit obligé de nous offrir un certain nombre de personnages assez toxiques, qu’il faudra donc supporter si on veut en voir le bout. Très peu pour moi, désolé.


#56: Puzzle & Dragons Cross

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Studio Pierrot | 89 épisodes de 24 minutes (septième cour) | Jeu vidéo

Non licencié en France
DROP : a pris feu au bout du 82e épisode (qui est le 5e du cour)

Suite et fin pour Puzzle & Dragons Cross, une série d’aventure et d’action très classique et pas très bien faite dont je ne garderai finalement pas un mauvais souvenir, grâce notamment à un ensemble de personnages sympathiques et à quelques combats chiadés çà et là. Ce dernier cour nous aura réservé quelques bons moments, dont ce très sympathique épisode dédié au pseudo-super-héro préféré des enfants, Aget (si vous connaissez le Capitaine Quark de Ratchet & Clank, c’est à peu près lui), mais le tout est un peu gâché par un combat final complètement rushé. J’imagine que la demi-douzaine d’épisodes qui me restent vont permettre de couvrir les points du scénario qui ne sont pas encore résolus, mais c’est un peu triste de voir l’intrigue principale se finir ainsi.


#55: Sword Gai The Animation

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LandQ studios | 12 épisodes de 22 minutes (ONA) | Manga

Titre Netflix : SWORDGAI The Animation
DROP : ai coupé les ponts au bout de 8 épisodes

Disons-le net : la dernière série exclusive de Netflix à être sortie cette saison est aussi, d’assez loin, la moins intéressante. Adaptée du manga de Toshiki Inoue et Osamu Kine, avec les character designs du Keita Amemiya (que les fans de toku – et d’animes d’action médiocres – connaissent pour la série Garo), Sword Gai The Animation est une série d’action dont les inspirations sont assez claires, mais qui n’est pas pour autant particulièrement bien inspirée.

La série est en effet censée tourner autour de Gai, un garçon né pratiquement avec une épée maudite dans les mains, qu’un forgeron a retrouvé en dessous du corps pendu de sa mère. Adopté et élevé par ce forgeron, le garçon deviendra donc un apprenti à la forge, et finira par perdre un bras dans un dramatique accident domestique de type épée. Ni une ni deux, son père d’adoption fond l’épée maudite pour lui en faire une prothèse de bras.

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Bonjour Gai, tu es devant le conseil de Les Nuls. Pose ta question.

Sauf que voilà, dans ce monde il y a plein d’épées magiques (qu’elles soient maudites, sacrées ou agnostiques), et quand tu entres en possession d’une arme blanche de ce genre, l’arme essaye de prendre possession de toi (et l’épée de Gai ne fait pas exception). Si tu résistes, tu peux avoir accès à des pouvoirs exceptionnels (et à une armure classe), mais si tu te fais avoir, l’épée prend totalement le contrôle, et tu risques de te mettre à porter des T-shirts blancs avec des manches longues bleu gris.

Bref, j’ai dit que la série était « censée tourner autour de Gai », et il y a une raison pour ça : c’est que, en fait, pas vraiment, vu que dans une bonne partie de cette saison, Gai est encore un gamin planqué dans une forge sur une montagne paumée, donc la majorité de l’action ne se passe pas de son côté, mais plutôt du côté de l’organisation chargée de mettre en quarantaine les épées magiques du monde et leurs propriétaires.

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Et du coup, ça donne quoi ? Un flamboyant « bof ». Techniquement ni vraiment nulle ni vraiment jolie, moins attirante que la PV en 3D sortie il y a quelques années, la série se laisse suivre au fur et à mesure des combats de mecs en armure 3D qu’Amemiya affectionne tant, et elle se laisse d’autant plus suivre que son casting de seiyuu est assez quali. Si vous n’avez pas de problèmes avec les dialogues faibles, les clichés vus et revus, et l’intrigue principale qui met une plombe à être développée (l’anime préférant nous montrer toujours plus de nouveaux personnages, dont on se fout, qui se font corrompre par les épées), alors vous pouvez tenter votre chance.


#54: Time Bokan: Gyakushuu no San Akunin

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Tatsunoko Production | 24 épisodes de 24 minutes (second cour) | Original

Non licencié en France
DROP : ai zappé sur History au bout de 17 épisodes

Pas de changements notables dans ce second cour de Time Bokan: Gyakushuu no San Akunin, et malgré la faiblesse évidente de l’ensemble je continue à trouver ça sympa à regarder. Malheureusement ce cour-ci m’aura un peu lassé en nous envoyant presque exclusivement voir des figures historiques japonaises, ce qui est toujours instructif mais un peu lassant à la longue. Pour le reste, référez-vous à ce que je disais du premier cour, c’est du même tonneau. Seule interrogation pour moi : est-ce que la fin (prévisible) de la saison sera aussi mauvaise que celle de Time Bokan 24 ? Comptez sur moi pour vérifier, mais pas tout de suite, là j’ai piscine.


#53: Zoku Touken Ranbu: Hanamaru

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Doga Kobo | 12 épisodes de 24 minutes | Jeu browser

Non licencié en France
DROP : ai à la fois coupé et zappé au bout de 4 épisodes

Si on mélangeait les deux séries précédentes, qu’est-ce que ça donnerait ? Il m’est avis que si l’on fusionne le délire de retour dans le temps pour sauver l’Histoire de Time Bokan 24 et le fétichisme des épées de Sword Gai, on obtiendrait effectivement quelque chose d’assez proche de Touken Ranbu. Complot, coïncidence ? Coïncidence totale, désolé.

Et mes excuses à la communauté francophone des fans de Touken Ranbu (composée actuellement de quatre personnes, d’un chihuahua belge et d’une tortue néo-zélandaise), mais je n’ai pas plus d’atomes crochus pour la licence de DMM Games et Nitroplus que je n’en avais lors de la diffusion de la première saison de ce Hanamaru, qui m’avait déjà un peu laissé de marbre à l’époque. Et, de ce que j’ai pu en voir, Zoku Touken Ranbu: Hanamaru est tout simplement du rab de la même chose.

La série n’est pas fondamentalement mauvaise, je la pense même plaisante à regarder pour les fans de Touken Ranbu, d’autant que même si cette seconde saison semble un peu moins solide que la première, ça reste du Doga Kobo. Mais à force de tourner en rond sur les mêmes thèmes et à rajouter à chaque épisode une poignée de nouveaux personnages – au moment où j’ai lâché l’affaire on en était à 53 personnages récurrents, ce qui commence déjà à faire une bonne PME – la série seule ne parvient pas à donner au spectateur non-joueur l’envie de s’attacher à chacun de ces personnages, ce qui a finalement pour effet de rendre ce slice-of-life, par ailleurs correct, très peu intéressant à regarder.


#52: Garo: Vanishing Line

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MAPPA | 24 épisodes de 24 minutes (second cour) | Original (tokusatsu)

Titre Wakanim : VANISHING LINE
DROP : l’intérêt s’est évanoui au bout du 18e épisode

On s’étonnera, après que j’aie classé le premier cour de ce Garo: Vanishing Line assez haut la saison passée, de voir celui-ci deux fois plus bas dans le classement à peine trois mois plus tard. Il faut dire que, dans les six épisodes de j’ai regardé de ce second cour, on ne trouvait plus que l’ombre des éléments qui avaient fait la qualité du premier. Si la série se laissait encore regarder sans trop de peine, animation à la dérive, monster-of-the-week sans grand intérêt et écriture plus qu’indigente auront eu raison de ma confiance et de ma patience. Mais vraiment, la raison concrète pour laquelle Vanishing Line se retrouve aussi bas, c’est aussi un manque de bol qui a fait que cet hiver a été plutôt solide, comme on va pouvoir le voir un peu plus tard. Du coup, même si je regarderai sans doute la fin un jour – parce que au fond le protag est doublé par Seki et que j’aime bien Garo (même Guren no Tsuki, c’est dire) – pas de place dans mon top 50 pour un Vanishing Line qui continue à essayer d’être le blockbuster qu’il n’a clairement pas les moyens d’être.


#51: Takunomi.

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Productions IMS | 12 épisodes de 12 minutes | Manga

Non licencié en France
DROP : suis rentré chez moi en titubant au bout de 9 épisodes

Par coïncidence, alors que la saison précédente nous avait déjà offert une série sur ce thème, cet hiver nous a rajouté une tournée avec Takunomi., nouvel anime consacré à la passion de la murge. On y raconte la vie de Michiru, jeune adulte fraîchement arrivée à Tokyo pour son nouveau job. Ne connaissant personne dans la grand ville, elle va louer une chambre dans une résidence qu’elle partage avec trois autres jeunes femmes. Et à peine a-t-elle franchi le palier de la maison que l’une des résidentes lui propose une activité qui va devenir presque quotidienne pour elle : se mettre une bonne grosse mine, entre copines.

Chaque épisode de Takunomi. va donc nous proposer un peu plus de la vie de ces jeunes adultes plus ou moins responsables, avec à chaque fois la découverte pour Michiru – qui s’avère relativement costaude du foie, heureusement pour elle – d’une nouvelle boisson alcoolisée. Et au contraire du sus-cité Osake wa Fuufu ni Natte kara, dans Takunomi. on ne se fait pas ou peu de cocktails : on boit de l’alcool vendu en commerces, et on met bien en évidence la marque du breuvage, pour que le spectateur la retienne bien.

Pétri de velléités mercantiles, Takunomi. l’est, et ça ne serait pas grave (après tout, Dagashi Kashi aussi met en avant des marques) si c’était bien fait. Malheureusement, c’est avec une maladresse qui évoque quelque peu l’ivresse de nos héroïnes que la série nous vend sa came. À vrai dire, ça dépend des épisodes, certains étant très bien mis en contexte (le thème du début de la vie adulte est après tout bien intéressant, et quand ça lui prend, Takunomi. sait en faire son atout), mais quand il est balourd, l’anime en devient très pénible à regarder. Une série avec un intérêt en dents de scie d’épisode en épisode, donc, et que je recommanderais à peu près autant qu’Osake wa Fuufu ni Natte kara, à savoir : avec modération.


#50: Shinkansen Henkei Robo Shinkalion The Animation

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OLM | Un tas d’épisodes de 25 minutes (premier cour) | Jouets

Non licencié en France
DROP : ai préféré la voiture au bout de 8 épisodes

La série de mécha pour enfants Tomica Hyper Rescue Drive Head s’est finie la saison passée à mon regret modéré (« mon grand regret », ça serait beaucoup dire), mais heureusement la relève était déjà prête, en la personne de Shinkansen Henkei Robo Shinkalion. Et pour succéder aux véhicules blindés d’intervention d’urgence transformables en mécha de Tomica, voici venir les trains à grande vitesse multicolores transformables en mécha de Shinkalion. Toute blague sur les grèves est à partir de maintenant formellement proscrite.

On retrouve dans Shinkalion le jeune Hayato, un passionné de trains qui découvre un jour par hasard que son père bosse dans une agence gouvernementale chargée d’intercepter des méchas maléfiques créés par un TGV démoniaque. Malgré les protestations de son daron, Hayato va se dire qu’après tout pourquoi pas, d’autant qu’il s’avère qu’il est éminemment compatible avec la machine vedette de cette agence : un train à grande vitesse transformable du nom de, retenez votre souffle, Shinkalion. Et avec ça, roulez jeunesse, c’est parti pour un petit monster-of-the-week tout à fait sympathique où Hayato et ses futurs amis vont latter du vilain robot en évitant de flinguer leurs caténaires.

Et, ma foi, c’est une série tout à fait respectable dans son genre. Certes, son écriture la destine vraiment seulement à un public jeune (des running gags relous, il y en a), mais la série exploite avec malice un peu tout ce qui lui passe par la tête dans le domaine ferroviaire. On pourra par exemple noter que la mascotte est un robot-chef-de-gare, et que les attaques ultimes des Shinkalion bloquent l’ennemi derrière un portique de gare. On ne peut pas dire que ça pisse bien haut, mais c’est amusant.

Et par ailleurs, un truc que je trouve intéressant dans les premiers épisodes de Shinkalion, c’est que l’agence que rejoint Hayato semble ne pas être en service actif depuis longtemps, ce qui fait qu’il y a pas mal de choses restant à roder, et l’anime n’expédie pas ça. Ainsi, on voit le directeur de l’organisation (doublé par le toujours très suave Hikaru Midorikawa) mettre en place sa méthode pour recruter discrètement des pilotes compatibles. On va aussi voir le père d’Hayato aller expliquer à sa femme, la très bien nommée Sakura, qu’il travaille depuis un certain temps pour une agence secrète du gouvernement (ce qu’il lui avait caché), et que le fiston veut devenir pilote de mécha pour affronter les forces du mal.

Ce sont certes des détails, mais tout ça donne une série assez fraîche, bien que forcément un peu simple et répétitive (suffisamment pour que je me dise au bout de quelques épisodes que j’en avais un peu fait le tour), mais clairement pas désagréable à regarder.


#49: Mitsuboshi Colors

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Silver Link. | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Wakanim : Mitsuboshi Colors
DROP : en ai vu de toutes les couleurs l’espace de 5 épisodes

On a tous en nous quelque chose de #TeamNoFun, et il semblerait que pour votre serviteur, ça soit ça. En effet, au cas où vous n’en auriez pas entendu parler cette saison, Mitsuboshi Colors est un slice-of-life comique qui a été globalement plutôt bien reçu par ses spectateurs de tous horizons. Et pourtant, ce n’est pas par esprit de contradiction que je ne suis pas arrivé à supporter la série sur plus de cinq épisodes. Explications.

Adapté d’un manga de Katsuwo, Mitsuboshi Colors nous présente le quotidien d’un trio de gamines qui, la plupart du temps, s’amusent à jouer aux héroïnes qui sauvent la ville du danger. Heureusement pour elles, les habitants du quartier les connaissent, et n’hésitent généralement pas trop à se joindre au jeu, sauf l’officier de police, Saitou, qui subit bon gré mal gré les bêtises de ces trois morveuses.

Premier point crucial : je suis probablement la réincarnation de l’agent Saitou, ou son jumeau psychique vu qu’il est pas mort (j’espère), puisque les bêtises de ces trois filles m’insupportent. Elles sont tout le temps dans les pattes du monde, elles harcèlent des gens, elles font du chantage à des inconnus, elles font des trucs ultra-dangereux, et personne ne leur dit rien, sauf Saitou, qui se retrouve régulièrement à être la seule victime de tout ça sans qu’il ne puisse rien y faire. Peut-être bien que ça fait de moi une personne mesquine, mais ça me gave. Avez-vous vraiment pensé suffisamment aux sentiments de Saitou ?

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Bref, j’ai essayé, mais je n’arrive pas à accrocher à la série ni à son côté « kids say the darnedest things » inhérent, ce qui ne m’empêche pas de voir qu’il y a dans tout ça de vraies bonnes vannes, et que si ce que j’ai évoqué plus haut ne vous pose pas de problème, alors vous devriez être en mesure de bien vous amuser avec Mitsuboshi Colors. Seulement voilà, c’est pas tout.

Second point, et celui-là a été rédhibitoire pour moi qui avais déjà du mal avec la série sans ça : l’anime est quand même bien dégueulasse visuellement. En dehors des très jolis génériques, Mitsuboshi Colors est en effet une production qui n’est clairement pas née sous les meilleures étoiles. Si l’on peut fermer les yeux sur une animation qui commence à vraiment bien dégénérer au bout de quelques épisodes, et sur l’abus que la série fait par moment des plans fixes, le truc qui m’aura personnellement le plus sorti de tout ça, ce seront les décors, pas exactement peints à la main et très voyants. Difficile, avec ça, d’arriver à accrocher à l’anime quand on n’est pas à la base très client de la formule.

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Tous ces arguments plus ou moins subjectifs ne viennent bien entendu pas invalider le plaisir que vous avez pu prendre à regarder Mitsuboshi Colors, ou que vous pourriez prendre en le regardant. Au contraire, si vous cherchez une petite comédie sans prétention avec des gamines qui n’en font qu’à leur tête, alors foncez, probablement est-ce une série pour vous. Mais si vous me demandiez si je pense que c’est une bonne série, je me verrai contraint de vous dire que non.


#48: Monster Hunter Stories: Ride On

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David Production | 75 épisodes de 23 minutes (sixième cour) | Jeu vidéo

Titre Capcom (pour le jeu vidéo, la série n’est pas licenciée en France) : Monster Hunter Stories
DROP : ai fait tourner les gyro-dragons au bout de 71 épisodes (oui, à 4 épisodes de la fin)

Suite et fin également pour Monster Hunter Stories: Ride On, qui termine une diffusion qui durait depuis l’automne 2016, et met bien maladroitement fin à son second arc scénaristique, qui n’est, comme on s’en doutait jusque-là, pas aussi intéressant que le premier. Les personnages sont toujours plutôt sympas, les décors sont toujours bien trop beaux pour une série de ce type, mais les défauts connus de la série restent aussi là, avec en plus quelques erreurs de storyboarding et de grosses facilités d’écriture. Et pourtant, on peut apercevoir çà et là quelques bouts de cuts d’animation rappelant brièvement la qualité de la très bonne fin du premier arc de la série. Je n’ai pas encore fini la série par manque de temps, mais il ne fait aucun doute que je rattraperai ça tôt ou tard, en espérant qu’il y aura au moins dans l’un de ces tous derniers épisodes quelque chose qui soit à ce niveau.


#47: Toji no Miko

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Studio Gokumi | 24 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Original

Titre Crunchyroll : Katana Maidens ~ Toji No Miko
DROP : ai laissé la série sur le bord de la route au bout de 5 épisodes

Si je vous parle d’académies pour filles où s’entraînent des combattantes qui utilisent des pouvoirs pour vaincre des envahisseurs monstrueux venus d’on-ne-sait-où, vous pensez normalement directement à la flopée d’adaptations de mobage random qu’on a pu avoir ces dernières années. Ne le contestez pas, vous y pensez. Vous n’y pensiez peut-être pas avant de le lire, mais maintenant vous y pensez.

Bref, effectivement, quand on découvre le setting de Toji no Miko, difficile de ne pas penser à un certain nombre de ces séries souvent sans grande saveur avec des castings de personnages beaucoup trop fournis. Et pourtant, en faisant ça, on se retrouve à penser exactement comme le voulaient les scénaristes de Toji no Miko, qui, au bout d’un premier épisode dédié à un tournoi opposant plusieurs de ces académies spéciales que je décrivais plus haut, renverse la série sur sa tête dans un twist qui m’a pris complètement au dépourvu.

Malheureusement, un twist, si bien amené soit-il, ne fait pas une série, et en effet, après être sorti spectaculairement des rails scénaristiques qu’il prétendait suivre, l’anime se cale sur de tout autres rails, qui ne s’avèrent finalement pas si intéressants que ça, avec leur lot de lieux communs lourdingues (je sais que je suis très vague, mais protégeons le twist, voulez-vous ?). Je ne peux finalement pas en dire beaucoup plus, vu que je n’ai eu besoin que de cinq épisodes pour me désintéresser de la série, qui a de plus le malheur de ne pas être bien belle une fois passé un premier épisode assez efficace sur ce plan. Je reste curieux de voir la suite au cas où tout ça nous réserverait de nouvelles surprises, mais je dois bien avouer avoir épuisé mon stock d’optimisme sur le cinquième épisode.


#46: Boruto: Naruto Next Generations

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Studio Pierrot | Une masse d’épisodes de 24 minutes (quatrième cour) | Manga

Titre ADN : BORUTO – NARUTO NEXT GENERATIONS
DROP : me suis enfui avec les bras dans le dos au bout de 47 épisodes (mais je compte vraiment le rattraper la saison prochaine, pour le coup)

L’animé Boruto finissait cet hiver sa première année complète de diffusion depuis son lancement au printemps dernier, et a continué à être une série qui ne semble décidément pas avoir beaucoup envie de s’attaquer à un vrai fil rouge. C’est un reproche qu’on peut lui faire, mais à vrai dire ça ne me dérange pas tant que ça, à partir du moment où ce qu’on nous montre à la place est intéressant. Et pour le coup, ce cour-ci, c’est pas toujours le cas.

Si les petits arcs qui entament le cour sont plutôt sympathiques (la première mission de Boruto hors du village rappelle beaucoup les expériences similaires de Naruto à son âge, et se finit sur un final très satisfaisant), le plus gros arc de la saison, qui dure cinq épisodes, ne l’est pas autant. On va notamment y suivre le développement personnel du fils de Shikamaru, et voir les jeunes ninjas confrontés à un groupe de voleurs qui se font passer pour des Robins des Bois (pas ceux avec Jean-Paul Rouve, désolé). Si j’ai fini par aller jusqu’au bout de cet arc d’une très grande lenteur (pour ne pas dire « chiant comme la pluie »), je me suis dit que j’allais faire une pause en voyant que l’épisode suivant était encore un filler qui avait l’air particulièrement peu intéressant. Dommage, mais d’un autre côté la fin de l’arc évoqué ci-dessus laisse entendre que l’on va bientôt rejoindre l’intrigue du film Boruto, ce qui signifie qu’on attaque bientôt l’intrigue principale. Ouf !

MAJ de rattrapaj’ (19/07/18) : Au final on aura eu des épisodes sans vraie conséquence jusqu’à la fin du cour, avec même un récap’ dans le tas. Un bon point pour le 51e épisode, le dernier du cour, qui ramène une tête connue pour ce qui sera probablement un court arc d’action de plus, avant que la série ne rejoigne l’inévitable moment où il faudra composer des épisodes avec le footage du film.


#45: Kokkoku

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Geno Studio | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Prime Video : KOKKOKU
DROP : me suis demandé où était passé le coq dans cette histoire au bout de 6 épisodes

Il y a quelque chose d’universellement attirant dans le vers « Ô Temps, suspends ton vol », que poètes et vampires mégalomanes aiment à répéter à l’unisson. Et si les œuvres qui exploitent correctement le concept de suspension du temps ne sont malheureusement pas légion, Kokkoku est un manga qui rentre largement dans cette catégorie de récits. Pour l’anime, c’est malheureusement un peu plus difficile.

On suit dans Kokkoku une journée normale pour la famille Yukawa. La cadette de la famille, Juri, rentre d’un entretien d’embauche et demande à son grand-frère NEET, Tsubasa, d’aller chercher leur neveu, Makoto, à l’école. Celui-ci s’exécute en traînant les pieds, mais sur le chemin du retour, un étrange homme lui adresse la parole devant une camionnette. Quelques minutes plus tard, le téléphone sonne chez les Yukawa. Si ceux-ci veulent un jour revoir Tsubasa et le petit Makoto, ils devront amener la rançon de l’autre côté de la ville en quatrième vitesse.

Et plus que l’argent de la rançon (qu’ils n’ont pas non plus), c’est le temps qui vient à manquer pour les Yukawa, vu qu’il n’est tout simplement pas possible d’arriver au lieu indiqué à temps. Loin de se décontenancer, le grand-père de la famille retourne dans le salon, et se saisit de l’étrange pierre qui ornait la télévision de la maison. Car la famille Yukawa a un secret bien gardé : celui d’un rituel permettant de suspendre le temps complètement. Du coup, aucun problème pour récupérer Makoto et Tsubasa… à moins que le vrai objectif des criminels n’aie pas été de kidnapper un gamin et un NEET, mais bien de s’emparer de ce rituel.

C’est donc dans une ville où le temps n’avance plus – sauf pour les membres de la famille Yukawa et une bande d’intrus avec un plan – que se déroule toute l’intrigue de Kokkoku, un thriller haletant propulsé par le talent de mise en scène colossal de son auteur Seita Horio. Mais si je trouve le manga exceptionnel, l’anime a bien du mal à se montrer à la hauteur.

Particulièrement faible techniquement, l’adaptation prend aussi un certain nombre de libertés avec le matériau original, en commençant par un nouveau character design original signé Yasuomi Umetsu, remplaçant celui (assez particulier, je dois bien dire) de Horio. Comprenez-moi bien : je ne suis pas l’avocat de la fidélité avant tout, au contraire, si des libertés prises permettent de faire quelque chose de plus intéressant, je suis pour. Malheureusement, dans ce cas-ci, ça n’est que rarement le cas, au contraire, puisqu’on peut retrouver dans cette adaptation tout un tas de choix assez incompréhensibles dont, par exemple, la scène où Juri donne un coup de genou réflexe somptueux à un de ses assaillants, qui dans l’anime devient une simple bousculade qui ressemble à pas grand-chose.

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Et comme je l’ai dit, l’anime n’a pas grand-chose à offrir à son spectateur sur le plan visuel (mis à part son fabuleux opening), entre une 3D très mal intégrée et une animation de faible qualité, ce qui a pour conséquence fatale de ruiner la crédibilité de ce monde suspendu dans le temps. À cela j’opposerai l’heureuse surprise d’un épisode 4 vraiment très bien réalisé, pratiquement intégralement inédit, et pourtant assez fidèle à l’esprit de celui-ci, avec son rythme réussi, son storyboard intelligent, son utilisation maline du temps figé, et une très bonne scène d’action où l’excellente Juri laisse un peu exploser sa frustration, et ça fait du bien.

Mais les réjouissances ne durent qu’un temps, et après ce très bon épisode on revient à une adaptation tout juste fonctionnelle qui, malgré une bonne bande-son, aura vite eu fait de me faire penser qu’il valait mieux que je consacre mon temps à chercher les deux derniers tomes du manga (qui, surprise, est édité en France) plutôt qu’à finir de regarder l’anime.


#44: Ramen Daisuki Koizumi-san

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Studio Gokumi & AXsiZ | 12 épisodes de 23 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Ms. Koizumi Loves Ramen Noodles
DROP : l’indigestion a frappé au bout du cinquième épisode

Et maintenant, pour changer, une série pas trop dure à pitcher : Ramen Daisuki Koizumi-san est un slice-of-life tournant autour de Koizumi, une lycéenne monomaniaque pour qui les ramen sont plus importants que tout au monde, et de sa stalkeuse, qui n’a pas envie de manger que des ramen. Dans chaque épisode, on va suivre Koizumi dans ses expéditions gastronomiques à travers tous les restaurants à nouilles du pays.

Et si, dans cette partie du classement, vous êtes plutôt habitués à ce que je dise du mal de la technique des séries, Ramen Daisuki Koizumi-san n’a clairement pas à rougir de ce qu’elle offre sur le plan visuel. Agréablement animé, avec de jolis décors et plein de petites idées visuelles, la série s’offre en plus les eyecatchs les plus fabuleusement charmants de la saison (et des génériques vraiment très réussis). Vraiment, rien à redire de ce point de vue-ci.

Mais alors pourquoi cette place, et pourquoi n’en avoir vu que cinq épisodes ? Tout simplement parce que si la série est très bonne dans la forme, je ne me trouve pas vraiment intéressé par le fond qu’elle propose. Au-delà de ses personnages pas tous sympathiques (même en mettant de côté la stalkeuse qui est ce qu’elle est, Koizumi est franchement pas une nana à laquelle il est facile de s’attacher tant elle peut être asociale et sèche), la série se plaît à offrir une grande quantité d’informations sur les ramen, informations qu’elle peine à faire paraître intéressantes.

C’est pour le coup très subjectif, d’autant que je suis plutôt riz que pâtes, mais elle a beau rendre le met appétissant, la série ne parvient jamais à m’intéresser à ce qu’elle raconte sur le sujet, ce qui est assez rédhibitoire quand il y a une grande partie de l’anime qui est dédié à cet aspect didactique. C’est d’autant plus étrange que des séries dédiées à des hobbys et des passions cheloues, il y en a pas mal, et ils n’ont généralement aucun mal à m’intéresser à leur sujet, mais là, ça ne marche pas pour moi. Désolé pour les fans de Koizumi-san, mais chez moi, la pâte ne prend pas.


#43: Citrus

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Passione | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : citrus
DROP : me suis rappelé que le citron c’est bon que quand c’est utilisé avec modération au bout de 5 épisodes

Dans un registre similaire de « j’ai pas aimé mais c’est pas mal fait (et pourtant y’a des filles mignonnes un peu gay dedans je devrais kiffer) », Citrus est quand même une toute autre bête. Car là où la romance lesbienne n’est qu’une sous-intrigue cachée en plein sous votre nez dans Ramen Daisuki Koizumi-san, dans Citrus on n’est pas là pour parler d’agrumes mais bien de pépins amoureux.

En effet, dans Citrus on fait la connaissance de Yuzu (c’est bon, vous l’avez ?), une jeune fille branchée dont la mère, un beau jour, se remarie. Elle se retrouve du coup à déménager et à aller à un nouveau lycée, qui s’avère être un lycée pour filles quelque peu à cheval sur le règlement. Elle y fait la rencontre de la très stricte présidente du conseil des élèves, Mei, qui va directement lui voler dans les plumes, à elle et à son approche très libérale du règlement du lycée (notamment côté vestimentaire, Yuzu n’étant pas très fan des uniformes). Une chose en entraîne une autre et Yuzu tombe amoureuse de Mei, et découvre que c’est en fait sa nouvelle demi-sœur. Drame s’ensuit.

Sur les cinq épisodes que j’ai vu, je dois dire que Citrus est une série animée plutôt bien produite. Au-delà d’une animation globalement correcte (c’est pas toujours très constant mais vu le niveau de détail des character designs, notamment du côté des cheveux, c’est déjà très respectable) et d’un premier épisode très bien storyboardé, je suis particulièrement impressionné par l’approche que la série a de ses décors, qui sans être impressionnants techniquement arrivent à être toujours originaux, pleins de personnalité et même parfois assez expressifs.

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Mais toute cette bonne volonté ne suffira pas à me vendre une série où l’amour doit toujours passer par l’agression, sexuelle ou non, ce qui a le don de me gaver telle l’oie proverbiale. Non, il n’y a pas de proverbe sur le gave d’oies (enfin je crois pas), c’était juste une façon de parler. De façon générale, Mei se montre très peu communicative, ce qui rend bien vite leurs interactions assez conflictuelles. Et si ça n’était qu’elles deux, ça irait, mais c’est aussi le cas des autres personnages impliqués dans les diverses relations amoureuses bourgeonnantes dépeintes dans le manga. Laissez-moi d’ailleurs vous dire que ça n’est pas pour rien que j’ai lâché l’anime juste avant l’arrivée de l’horrible Matsuri. Si tout ça ne vous dérange pas, alors Citrus peut être une série qui saura vous satisfaire, d’autant que les seiyuu sont très bien dans leurs rôles respectifs. La recommandation est toutefois soumise à la condition que l’animation tienne la route jusqu’à la fin, ce dont je doute un peu…


#42: Karakai Jouzu no Takagi-san

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Shin-Ei Animation | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : KARAKAI JOZU NO TAKAGI-SAN
DROP : me suis dit que Takagi c’était un peu une (ka) racaille au bout de 6 épisodes

Si vous lisez ce blog depuis un certain temps – merci beaucoup si c’est le cas – peut-être vous souvenez-vous de ce billet où je vous présentais cet excellent manga de Souichirou Yamamoto (et auquel je vous renvoie si vous avez besoin d’un topo sur la série). Deux ans plus tard, nous voilà avec l’adaptation animée tant attendue, et malheureusement je dois dire que je vais me contenter du manga.

Produit par le studio Shin-Ei Animation, la série suit le même modèle de production qu’une autre série du studio sortie il y a un an, Warau Salesman New. En effet, comme pour celle-ci, les épisodes de Karakai Jouzu no Takagi-san sont tous divisés en plusieurs parties, chacune étant attribuée à une équipe différente. Si ça avait permis de faire de Warau Salesman New une série assez créative, il n’en est pas exactement de même pour Karakai Jouzu no Takagi-san, qui s’avère être une adaptation paresseuse et pas extrêmement bien produite, malgré une très bonne première partie de premier épisode. Et malheureusement, il s’avère que, quand elle n’est pas dans les mains d’artistes extrêmement talentueux, la série n’est pas vraiment captivante.

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, en tant qu’anime Karakai Jouzu no Takagi-san reste correct, d’autant qu’il bénéficie d’une Rie Takahashi en bonne forme dans le rôle de Takagi (et d’un Yuuki Kaji en forme aussi dans le rôle de Nishikata mais bon c’est Kaji quoi). Non, vraiment, si vous n’avez pas lu le manga (ou que vous ne vous souvenez pas des chutes des plaisanteries de Takagi), la série peut être tout à fait sympathique à regarder. Malheureusement, sans pétrole et sans idées, cette adaptation en est vite arrivée à me sembler pénible à suivre. Serais-je un vil con qui n’arrive pas à faire la part des choses parce qu’il aime trop le matériau original ? C’est ma foi fort possible, mais on va dire que se montrer pointilleux, c’est aussi une forme d’amour.


#41: Grancrest Senki

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A-1 Pictures | 24 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Light novel

Titre Wakanim : Record of Grancrest War
DROP : le jpp total a frappé au bout de 10 épisodes

Voilà une place bien étrange. En effet, si j’ai classé Grancrest Senki à l’avant-garde du reste des séries que j’ai abandonnées en cours de route parce que je pense que c’est l’une des plus regardables de ce groupe-là, c’est également l’une des séries de cette saison que j’ai le moins envie de continuer. Est-ce que ces deux affirmations contradictoires auront un semblant de sens quand vous aurez fini de lire ma diatribe sur l’anime ? Rien n’est moins sûr.

Adapté d’une série de light novels terminée de Ryou Mizuno (Lodoss-tou Senki), Grancrest Senki nous présente en somme un continent que se partagent deux empires. Le jour du mariage devant unir les héritiers de ces deux nations, des démons viennent foutre le dawa et butent les deux empereurs, laissant les époux un peu dans l’embarras par rapport à la facture du traiteur de la réception de mariage. Ni une ni deux, les deux rentrent dans leur capitale respective et se remettent en guerre, puisque, clairement, c’était la plus grosse priorité sur le moment. Un peu plus tard, on fait la connaissance d’un jeune aspirant-seigneur nommé Théo, qui va établir un pacte avec une mage talentueuse nommé Siluca, et essayer de monter dans les échelons de la seigneurie pour devenir le roi des seign-… pour protéger son village des méchants seigneurs.

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C’est résumé de façon très approximative, mais ne vous inquiétez pas, puisque approximative, la narration de la série l’est tout autant. En effet, la première chose qui frappera tout spectateur qui essaye de s’intéresser un tant soit peu à l’histoire, c’est que la série progresse à travers son intrigue à une vitesse clairement déraisonnable. Ainsi, de seigneur sans terre, Théo va passer seigneur d’une ville, puis seigneur d’une assez grande région (avec un certain nombre de seigneurs sous son commandement), puis redevenir simple chevalier en l’espace de même pas quatre épisodes. Si on ne lui reprochera pas forcément son rythme élevé (après tout, il se passe des choses, on ne peut pas dire le contraire), on reprochera par contre vraiment à Grancrest Senki une narration plus que succincte, à un point presque ridicule.

En effet, il n’est pas rare que des intrigues soient mises en place pour être résolues immédiatement après, des batailles préparées pour être gagnées en deux minutes, et il en ressort une nette impression que la série ne sait absolument pas prendre son temps pour mettre en place proprement ses enjeux et les développer de façon adéquate. Conséquence plus claire encore : on ne sait souvent pas vraiment pourquoi ce qui est en train de se passer se passe. Autre autre conséquence : quand on sait effectivement ce qui se passe, on peut voir à quel point le script a été taillé à la hache, voie à la tronçonneuse, voire au marteau-piqueur.

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Pour donner un exemple provenant de l’épisode 10 (qui est le plus frais dans ma mémoire de moineau) : on peut voir un personnage secondaire mourir de façon extrêmement dramatique, ce qui aurait pu être effectivement dramatique ou important si on avait eu le temps de le connaître… mais malheureusement il n’aura survécu qu’un épisode après son apparition dans la série à l’épisode 9, donc pas facile de s’attacher. Autre exemple : au début de l’épisode on peut voir que Théo est chargé de défendre un village (dont il est apparemment en charge, ce qui n’a, je crois, jamais été évoqué avant ça) contre un envahisseur, et on le voit dire que la bataille sera dure. L’action passe ensuite à autre chose. À la fin de l’épisode, son seigneur apprend que Théo a été victorieux, et se demande comment il a fait… tout comme le spectateur, vu qu’on a pas vu une seconde de ladite foutue bataille. Ces deux exemples résument pas mal les tares de la narration de Grancrest Senki.

Mais plus que ça, je reprocherais à Grancrest Senki d’être une série qui préfère largement parler plutôt que montrer. En effet, une bonne partie de la série est passée à regarder d’innombrables généraux parler stratégie et nous informer des événements récents. Malheureusement, si ça peut être une façon assez naturelle de nous faire comprendre les intrigues du monde dans un roman, on attend d’un anime qu’il réduise la dose de noms propres, ou qu’il illustre un peu plus tout ça… ou au moins qu’ils nous filent à un moment ou à un autre une foutue carte, parce qu’on ne sait jamais où se passe quoi que ce soit (ce qui est particulièrement chiant quand l’intrigue tourne principalement autour d’enjeux géopolitiques). Ainsi, si vous êtes du genre à vouloir savoir ce qui se passe dans un récit, Grancrest Senki est une série très chiante à suivre.

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À part ça, Grancrest Senki est une série assez inégale du point de vue visuel. Si elle sait proposer un certain nombre de cuts d’action assez chiadés, elle se montre souvent quelconque (et souvent carrément vilaine), et je n’ai pas grand-chose à dire de la réalisation, à part pour quelques passages rappelant le style kagenashi, plutôt réussis, et quelques scènes joliment storyboardées et composées çà et là. Il n’empêche que si vous cherchez quelques beaux cuts et quelques belles scènes, l’anime en a incontestablement quelques-unes dans ses manches.

L’un dans l’autre, Grancrest Senki est une série d’action assez honnête pour quiconque n’est pas trop pinailleur (donc pas pour moi). Mais s’il y a bien un truc que je ne peux pas supporter dans la série, c’est l’absence de motivation de la « méchante », qui décide de reprendre les armes après le mariage raté (pour une raison qui m’échappe, et que j’imagine que le light novel développe un peu plus), et qui à partir de là va enchaîner des décisions qui sont toutes pires les unes que les autres, culminant en une scène Game of Thrones-esque (dans ce que Game of Thrones a de moins fun) à la fin du neuvième épisode. Si elle avait une motivation claire, la scène serait un peu choc mais compréhensible, mais dans le cas présent, ça ne peut à mon avis qu’être qu’incompréhensible et rageant.


#40: Osomatsu-san 2nd Season

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Studio Pierrot | 25 épisodes de 24 minutes (second cour) | Original (manga)

Titre Crunchyroll : Osomatsu-san (Saison 2)
DROP : le 18e épisode fut celui de trop

Peut-être vous souvenez-vous que j’avais, la saison passée, classé le premier cour de cette seconde saison du reboot irrévérencieux du manga de Fujio Akatsuka à une assez bonne place, en célébrant notamment sa créativité. Eh bien figurez-vous que c’est aussi le cas de ce second cour, qui ne manque pas de surprendre à chaque nouvel épisode avec de nouvelles idées parfois vraiment chelou. Le problème, que j’avais déjà évoqué alors, c’est que plus le temps passe et moins la série se souvient qu’elle est censée être drôle de temps à autres. Et autant les gags longs sans chute, ça passe un moment, autant après un épisode entier passé à regarder Iyami protéger une jeune fille aveugle, on commence à se dire qu’on a peut-être des choses plus productives à faire de son temps.


#39: Killing Bites

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LIDENFILMS | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Prime Video : Killing Bites

C’est à l’entrée du top 40 qu’on rejoint enfin le peloton des animes que j’ai eu le temps et l’envie de finir, et le choix du mot « peloton » n’est peut-être pas innocent puisqu’on va ici parler de ce que je ne peux pas appeler autre chose qu’un plaisir coupable : Killing Bites et son titre qui pourrait être du franglais (mais non, c’est un anime sale, mais pas à ce point).

Dans Killing Bites, on suit un certain Yuuya Nomoto, qui à la suite d’un très mauvais plan fomenté par des « amis » se retrouve impliqué avec Hitomi, une jeune femme peu intéressée par l’idée de porter des fringues. Mais Hitomi n’est pas caractérisée que par son amour du costume deux pièces, puisqu’elle est également une Brute, une personne altérée génétiquement pour lui donner les caractéristiques d’un animal (en l’occurrence, Hitomi est un ratel, aussi appelé blaireau puant). Nomoto se voit embarqué par les responsables de Hitomi dans une sorte de battle royale entre Brutes, organisée par les puissants de ce monde (enfin, de cet archipel), nommée de façon fort seyante « Killing Bites ».

S’il fallait décrire Killing Bites en un seul attribut, ça serait sans l’ombre d’un doute et sans la moindre hésitation son abyssal mauvais goût, cristallisé dans un ending que je vous encourage à regarder pour vous rendre compte du calibre du truc (et au pire si quelqu’un vous choppe en train de regarder ça, vous pouvez toujours dire que regardiez pour le son, ce qui serait une excuse plus que valable). Vraiment, les « instincts animaux » ont bon dos.

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Mais en même temps, Killing Bites assume pleinement son très mauvais goût et ouvre bien grand les vannes de la violence et du fan-service cracra, et, à moins que vous ne soyez complètement hermétique à la moindre dose de ces deux attributs, s’avère être en fait une série qu’il n’est pas si désagréable de regarder. Certes, le personnage principal ne sert littéralement à rien (c’est même sa seule qualité), Hitomi sait se montrer assez relou avec sa catchphrase favorite, les clichés sont foison, l’écriture peut être parfois d’une connerie consommée, et ce mauvais goût que je pointe du doigt sans trop m’attarder (volontairement) sur son contenu peut donner lieu à des scènes plus que regrettables (la dernière scène de Youko dans l’anime est vraiment affreuse, justement). Il n’empêche que si vous avez besoin d’un divertissement rigolo et bourrin, Killing Bites peut être une option pour vous. Au pire vous apprendrez un truc ouf sur les organes génitaux des reptiles, et sinon vous avez quand même les petits skits Michibike! Oshie-chan à la fin de chaque épisode, qui font tout passer.


#38: A.I.C.O.: Incarnation

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Bones | 12 épisodes d’environ 25 minutes (ONA) | Original

Titre Netflix : A.I.C.O.

C’est dommage, tout de même, que je fasse en sorte d’éviter autant que possible de spoiler les séries présentées ici, parce que j’avais plein de bonnes vannes (très sales, par contre) à faire sur le dernier épisode. Cela étant dit, j’aurai peut-être pu faire une exception pour A.I.C.O., puisque la série originale du studio Bones a le malheur d’être aussi prévisible qu’une pub de prévention routière.

Résumons ça rapidement. Japon, 2035. Une catastrophe, nommée le Burst, provoque la libération dans la nature d’une étrange matière vivante et hostile. La jeune Aiko, qui vit paralysée dans un fauteuil roulant, découvre par le biais d’un mystérieux garçon – au contact duquel elle retrouve l’usage de ses guibolles – que son corps cache un grand secret, et que la famille qu’elle croyait morte durant le Burst est peut-être toujours en vie. Pour trouver la réponse à ses questions, elle va devoir partir en mission jusqu’à l’épicentre du Burst, au-delà d’une zone abandonnée recouverte de la mystérieuse matière.

Si je suis particulièrement vague dans mon petit synopsis, c’est parce que comme dit précédemment, A.I.C.O. est une série au scénario complètement transparent, et que j’ai en fait un peu peur de spoiler les twists sans le faire exprès. C’est d’ailleurs le principal reproche que je lui ferai : si ses personnages ne sont pas mauvais, la série souffre d’être extrêmement prévisible, et assez cliché. Bien entendu, chacun n’a pas le même niveau d’attention quand il regarde une série, mais malgré tout je doute très fort qu’un de ces twists parvienne à vous prendre au dépourvu.

Et si c’était le seul défaut, encore, ça irait, mais la série a le malheur de nous montrer essentiellement les aventures d’un groupe de mercenaires en exosquelette qui avancent à travers des terrains vagues couverts de brouillard, en blastant des blobs informes de matière peu ragoutante. Dire que ça n’est pas le top de stimulation visuelle serait un vilain euphémisme, à tel point que jusqu’au bout de la série on a tendance à voir des trucs bien plus jolis du côté des personnages secondaires qui observent la situation de chez eux ou qui tentent de tirer les choses au clair, que du côté des mercenaires qui remontent la zone conquise par la matière, avec ses espaces vides et sa palette de couleurs Gears of War-esque.

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La série n’est pas pour autant mal animée (les combats deviennent même à un certain moment intéressant, quand une routine de stratégie d’attaque s’installe), et elle arrive à susciter la sympathie du spectateur, avec des personnages au design réussi et on finit par aller jusqu’au bout pour la simple curiosité de voir laquelle des deux options concevables la conclusion de la série va choisir. Et une fois cette conclusion atteinte, on se dit malheureusement qu’on aurait peut-être préféré une série qui s’intéresse uniquement à ce qui suit la conclusion (la situation ayant du potentiel pour faire un anime intéressant), plutôt que ce qu’on a effectivement eu.


#37: Kaijuu Girls: Ultra Kaijuu Gijinka Keikaku 2nd Season

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Studio PuYUKAI | 12 épisodes de 4 minutes | Projet multimédia

Titre Crunchyroll : KAIJU GIRLS Season 2

Il y a eu cet hiver pas mal de secondes saisons notables, et de retours de séries attendus, mais les vrais esthètes savaient que la vraie seconde saison de la hype ne pouvait être autre que celle de l’adorable Kaijuu Girls, une série courte rigolote appartenant à une franchise réunissant tout un tas de filles qui sont en fait les réincarnations de monstres de la saga Ultraman (principalement Ultraman Seven et Ultraman original, dans le cas de la série animée). Dans cette seconde saison, Agira et ses amies sont rejointes par Guts Seijin, tandis que la menace des ombres se fait plus présente encore.

Un peu moins slice-of-life et un peu plus axé autour d’une petite intrigue pas passionnante, cette seconde saison s’avère moins fun que la première, mais reste un moment d’animation tout a fait innocent et assez sympathique à suivre.


#36: gdMen

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Strawberry Meets Pictures | 12 épisodes de 9 minutes | Original

Non licencié en France

Enfant maudit né du mélange de deux genres populaires du moment (à savoir les isekai et les anime où les personnages principaux sont des tous des beaux mecs) et d’un genre qui n’a jamais vraiment été populaire (à savoir les comédies absurdes en 3D moche), gdMen est en fait le successeur de la fabuleuse série gdgd Fairies. L’univers change mais les motifs restent similaires, donc si vous avez aimé gdgd Fairies, gardez l’antenne, vous avez peut-être trouvé quelque chose à regarder.

En expliquant le concept j’ai plus ou moins raconté l’histoire, mais explicitons quand même : dans gdMen, on suit deux joueurs de MMO qui se voient envoyés dans un monde de fantasy, où ils font la rencontre d’un robot-majordhomme avec qui ils vont devoir partir à l’aventure pour sauver une princesse. Bien entendu, tout ça n’est que prétexte à des gags sans queue ni tête.

Malheureusement, gdMen n’a pas vraiment le même taux de gags réussis par épisode que son vénérable prédécesseur. Quand c’est drôle, on s’amuse bien, mais quand ça ne l’est pas c’est assez pénible puisque les protagonistes essayent très, très fort de faire passer leurs vannes (ce qui est un peu contraire au concept initial de « guda guda men », mais je pinaille). Il n’empêche qu’on ne boude pas son plaisir quand c’est drôle, surtout que la série conserve quelques traditions de gdgd Fairies, dont les très nombreuses références à d’autres animes (drôles surtout si vous les avez, forcément), mais aussi et surtout les épreuves d’improvisation.

Et si le trio de seiyuu convoqué pour gdMen s’en sort plutôt bien dans cet exercice (surtout Matsuoka, qui me fait l’agréable surprise de se révéler être fan de Mahoujin Guru Guru dans les scènes d’impro), on doit quand même remarquer un truc : si les seiyuu de gdgd Fairies (trois femmes, donc) savaient faire des blagues vraiment sales mais sans forcément partir sur le cochon, ceux de gdMen, eux, ne perdent jamais une bonne occasion de faire une bonne grosse blague de cul. Fatalité ou erreur statistique, je ne sais. Bref, somme toute c’est une série plutôt fun à regarder, mais vous aurez compris que si vous avez le choix, je vous conseille plutôt de vous jeter d’abord sur l’OVNI comique qu’est gdgd Fairies.


#35: Hakumei to Mikochi

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Lerche | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Wakanim : Minuscule

La psyché humaine étant une chose mystérieuse, il s’avère que j’adore les histoires où des personnages miniatures déambulent au milieu d’un décor à taille normale, alors que je n’ai jamais vu de ma vie ni Chérie j’ai rétréci les gosses ni Arrietty. En fait, à bien y réfléchir, c’est probablement plutôt de la faute des Schtroumpfs que j’ai cette adoration pour ce concept, ce qui fait qu’à l’époque PSX, je m’éclatais bien sur Micro Machines V3 (et Micro Maniacs). En tout cas, béni soit Hakumei to Mikochi, qui nous apporte ce concept trop peu représenté dans l’animation japonaise.

En effet, dans Hakumei to Mikochi on suit la vie sylvestre de deux lilliputiennes qui vivent ensemble dans une petite maison au creux d’un arbre, à proximité d’une petite ville où cohabitent lilliputiens (y’a pas vraiment d’humains à taille réelle dans cet univers à ma connaissance de toute façon) et animaux de taille modeste (les animaux étant tous ou presque dotés de parole). Elles cohabitent, elles vont faire les courses, elles bossent, elles sortent visiter les environs, bref, elles vivent leur vie dans une forêt dont la démesure par rapport à leur propre taille ne tarde pas à sembler naturelle.

Adaptée de l’excellent manga de Takuto Kashiki (publié en France sous le titre de Minuscule), la série est donc un slice-of-life posé et particulièrement plaisant qui a la particularité d’avoir été animé par des gens qui ont très bien compris leurs priorités. En effet, ce n’est pas par hasard qu’à la fin de l’opening de la série, le nom du studio en charge des décors soit montré en binôme avec le nom du studio d’animation : le manga est connu pour ses décors superbes, et l’anime fait de son mieux pour se montrer à la hauteur dans ce domaine, un pari que je trouve plutôt réussi.

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Malheureusement, des décors ça ne fait pas tout, et si la série est belle en screenshot, en action, ce n’est pas tout à fait aussi habile. Je féliciterais quand même le réalisateur de la série d’avoir su se montrer réaliste, ce qui fait que l’animation reste globalement très fidèle aux modèles tout du long, mais on ne peut s’empêcher de remarquer les nombreuses astuces employées pour masquer les moyens limités de la production, avec au premier rang l’utilisation abusive de « cases » au sein de l’écran, méthode largement testée et, apparemment, approuvée sur sa précédente série. Dans l’ensemble, le résultat est assez fixe et c’est plutôt dommage, mais de fait la série reste assez plaisante à regarder tout du long, et c’est déjà ça de pris.


#34: Keifuku-san

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irodori | 1 épisode de 5 minutes (Special) | Original

Non licencié en France, mais disponible en VO légalement sur YouTube

Et voici une petite surprise dans ce bilan pour les fans de l’œuvre de TATSUKI, le réalisateur de Kemono Friends. Car oui, ce court-métrage amateur intitulé Keifuku-san, produit par l’homme avec son cercle indépendant irodori, est déjà sorti sur le web en décembre dernier. Alors, que fait-il ici ? Tout simplement, il s’avère qu’il a été diffusé à la télévision japonaise dans la nuit du 27 au 28 mars, sur Tokyo MX, ce qui me donne le loisir d’en parler dans ce bilan. Chouette.

Dans les six minutes que dure le court-métrage, on va donc découvrir l’éponyme Keifuku-san, qui vit sur une étrange plate-forme évoquant un peu une gare au milieu des nuages. Une ville abandonnée apparaît sur les rails en pente de la plate-forme, et Keifuku-san part l’explorer avec sa raie manta volante, pour voir ce qu’elle peut y trouver.

Difficile de trouver à Keifuku-san une histoire ou une finalité, tout simplement parce qu’il ne semble pas en avoir. Le court-métrage se consacre intégralement à la contemplation de cet étrange monde, que je trouve vraiment fascinant à observer, et des activités de son héroïne. C’est juste assez long pour qu’on voie une ronde entière de notre possible cheffe-de-gare (on ne sait pas ce qu’elle est vraiment au juste, et là n’est de toute façon pas le propos), et juste assez court pour qu’on ne s’ennuie pas. Rien de bien marquant, mais ce sont six minutes que je doute que vous regrettiez d’avoir utilisé à regarder cette chose. Bon, par contre la raie manta est relou avec ses « gosho gosho », on est d’accord.


#33: Dame x Prince Anime Caravan

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Studio Flad | 12 épisodes de 23 minutes | Visuel novel

Titre ADN : Damepri Anime Caravan

Et après ces deux incursions dans l’univers d’anime plutôt contemplatifs, nous allons parler d’une série qui n’a pas grand-chose à offrir à vos yeux avides d’univers riches et de paysages splendides. Mais qu’importe quand les idées sont bonnes, et sous ses apparences d’adaptation classique d’otome game, Dame x Prince Anime Caravan est en fait… une adaptation d’otome game. Gardons le mystère pour une ou deux phrases de plus.

En effet, dans Dame x Prince, on suit les péripéties d’une jeune et fraîche princesse qui va se voir entourée d’une poignée de beaux princes. Bail standard a priori, sauf que pas vraiment. En effet, la princesse Ani n’a pas en elle grand-chose de princier, puisqu’elle est l’héritière du trône d’Inaco, un minuscule bout de pays composé essentiellement de champs (et dont le palais est grosso-modo une auberge) bloqué entre deux empires qui se partagent le continent. La raison pour laquelle elle se retrouve entourée de princes est simple : elle doit aller signer un traité d’alliance avec les princes des deux pays en question, et faire des visites de courtoisie. Et si les princes sont tous assez particuliers, notre princesse du royaume des bouseux ne se laisse pas marcher sur les pompes, ayant hérité de son père un caractère bien trempé.

Parodie décomplexée du genre otome game et de ses clichés, Dame x Prince met donc en scène quatre jeunes nobles qui sont tous des exagérations de stéréotypes bien connus, et l’excellente princesse Ani, qui malgré ses bonnes manières princières n’a vraiment pas sa langue dans sa poche. Très souvent drôle, Dame x Prince est aussi souvent assez maladroit, et les blagues y sont parfois plus drôles quand on y repense qu’au moment où elles sont effectivement faites (sans compter quelques gags qui sont juste pas ouf). Dotée d’une animation qui vire vite au vilain, la série demande un peu à ce que le spectateur ou la spectatrice s’attache à elle (et à son excellente protagoniste principale, ce qui n’est pas dur) pour rester plaisante à regarder, mais toute personne arrivant à faire fi des clairs défauts de Dame x Prince en ressortira sans doute satisfaite, à défaut d’être éblouie.


#32: Hakyuu Houshin Engi

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C-Station | 23 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Manga

Titre Crunchyroll : HAKYÛ HÔSHIN ENGI

Et après ça, l’exact inverse. Car si Dame x Prince a un fond (comique) qui vaut la peine qu’on se fasse violence pour ne pas s’arrêter à sa forme, Hakyuu Houshin Engi a une forme que je trouve véritablement digne d’intérêt, mais qui demande de se faire à son histoire qui est, ne nous le cachons pas, quelque peu datée.

En effet, le manga original de Ryuu Fujisaki, inspiré du roman chinois traditionnel L’Investiture des dieux, était publié à la fin des années 90 dans les pages du Shounen Jump, et il est difficile de nier que beaucoup de choses ont mal vieilli. Que ça soit l’humour, le sens de la narration, certains clichés poussiéreux, certains trucs qui ne sont pas devenus clichés et on comprend pourquoi (les trois sœurs, au secours) ou le character design riche en chaussures de clown, pas mal d’éléments sont propres à leur époque. Et il faudra donc s’y faire à la dure, puisque l’anime de 2018 ne fait pas vraiment d’efforts pour nous introduire en bonne et due forme cet univers, où les immortels (humains comme youkai) côtoient les mortels, et où la prospérité du plus grand royaume de Chine est menacé par les manigances de l’impératrice Dakki, une youkai mal intentionnée.

La première adaptation de la série en anime, en 1999, couvrait essentiellement la première grande partie du manga (puisque celui-ci n’était de toute façon pas fini à l’époque, une bonne partie était librement adaptée et la fin était complètement originale), et la série de 2018 fait précisément le choix inverse, passant en quatrième vitesse l’intrigue du début du manga pour en arriver vite à la seconde moitié du manga, qui met en scène des combats à plus grande échelle entre immortels. Ainsi, si vous n’avez pas lu le manga de Fujisaki (ou éventuellement vu la série de 1999), sans doute serez-vous perdus par l’intrigue. Et l’animation n’est pas non plus irréprochable, alors que trouver à cette adaptation ?

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Moi aussi, j’aime bien me balader dans des couvertures d’albums de prog rock le soir.

Déjà, un soin assez ébouriffant accordé aux couleurs et aux décors, la série pouvant se targuer notamment d’avoir d’assez loin les plus beaux nuages du game. En plus de ça, la série sait avoir, à l’occasion, des poussées de bonne réalisation, et certains épisodes se retrouvent ainsi particulièrement bien inspirés (l’épisode d’Outenkun, par exemple). J’accorde peut-être trop d’importance à des détails, mais si l’histoire de Houshin Engi est dans l’absolu pas fabuleuse, et surtout pas si vous la découvrez via cet anime, je ne peux m’empêcher de trouver constamment des choses belles et intéressantes parsemées dans cette drôle de série, qui aura tenté de faire un retour dont personne ne veut dans une époque à laquelle elle n’appartient plus.


#31: The Snack World

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OLM Digital | 50 épisodes de 23 minutes (quatrième cour) | Projet multimédia

Non licencié en France

Suite et presque fin – les trois derniers épisodes sont sortis en avril donc je les couvrirai dans le prochain bilan – pour The Snack World, une petite série comique en 3D très sympathique qui a malheureusement peu de chances de sortir de sous le radar puisqu’elle n’est malheureusement toujours pas disponible dans une langue compréhensible si vous n’avez pas étudié les runes lunaires.

Bref, dans ce cour, et ATTENTION AU SPOILER (sait-on jamais), nos héros ont enfin vaincu le vil Vinegar Kahn. La paix est toutefois, bien entendu, de courte durée puisque le dragon Scardon est parvenu quand même à regagner la vie, et qu’il menace de détruire le monde, ce qui est grave, et qu’en plus il a embarqué sans faire exprès une culotte de la princesse Melora en volant au-dessus du château, ce qui est impardonnable. La majeure partie du cour va tourner autour de la construction d’un dirigeable pour aller attaquer Scardon (arc un poil chiant au demeurant), puis de l’offensive sur Scardon. Comme d’habitude, la série sait s’amuser avec les lieux communs des RPG traditionnels, et se montre toujours vraiment fun, même s’ils bully de plus en plus Dearfalcon, ce que je ne peux valider. Dearfalcon est très gentil, arrêtez de lui manquer de respect, même quand il sert à rien !


#30: Bonobono (2016)

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Eiken | Au moins une centaine d’épisodes de 6 minutes (huitième cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : BONO BONO (Saison 2)

Autre habitué de la maison, Bonobono est toujours là et c’est toujours un excellent petit moment de slice-of-life détendu à passer, avec des petits animaux de la forêt qui parlent de tout et de rien, et qui, des fois, fait réfléchir (un peu). Relaxante jusqu’au bout de son générique de fin, la série nous offre toujours plus de petites blagounettes pas bien fines avec souvent un petit sous-texte intelligent. Même le dernier épisode du cour qui semblait très mal parti avec ses vannes sur les gros se termine en réflexion sur la discrimination de façon très bien amenée. C’est chou, et en plus il y a un épisode en mode Bono-chan (les épisodes avec un style plus épuré montrant l’enfance de Bonobono, dont vous pouvez voir ci-dessus un screenshot), ce qui est mortel. Bref, Bonobono c’est bien bien, d’où son nom.


#29: Gintama.: Shirogane no Tamashii-hen

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Bandai Namco Pictures | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Gintama (Saison 4)

Voilà une bien violente descente dans le classement par rapport à la précédente saison de Gintama, la longue adaptation de l’excellent manga comique de Hideaki Sorachi. Et s’il y a bien là-dedans des raisons intestines, que je donnais déjà précédemment, à ce classement, ma subjectivité est aussi un peu en cause dans tout ça. Expliquons.

En effet, Gintama est une série plutôt connue pour une sorte de structure cyclique qu’il suit depuis ses débuts, à savoir : une suite de chapitres / épisodes comiques sans vraie intrigue, suivis d’un arc d’action avec un grand méchant, puis retour à la comédie pour un bout de temps et ainsi de suite. Si vous connaissez mon avis sur l’humour de Gintama (grosso-modo, c’est à se pisser dessus), j’ai un peu moins parlé de mon affection pour les arcs plus sérieux. Et à juste titre, puisque je pense en fait que ça a tendance à être les parties les plus faibles du manga de Sorachi.

Fidèle aux lieux communs du shounen d’action, ces arcs se caractérisent notamment par des longues scènes où les protagonistes reprennent le dessus en se lançant dans de grandes tirades un peu pompeuses qui ont tendance à me courir sur le haricot, Sorachi semblant les découper dans un catalogue de dialogues pré-écrits pour shounens, en remplaçant quelques mots çà et là par « bite » histoire de coller à l’ambiance. C’est une façon très réductrice de présenter ces parties, et c’est d’autant plus injuste de ma part que j’aime vraiment bien certains des petits arcs d’action de Gintama, mais je tenais à le dire.

Et il était d’autant plus important de le dire ce que couvre Shirogane no Tamashii-hen, c’est intégralement ça. En effet, après avoir adapté quelques chapitres comiques tombés du camion dans Porori-hen, la série reprend de plus belle sur l’intrigue principale qu’on avait laissée à la fin de Gintama. en mars 2017, qui est celle du très long arc final, et adapte donc un paquet de chapitres pour lesquels je n’ai vraiment que très peu d’affection en raison de ce que j’ai cité plus haut.

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Qui plus est, l’anime continue à dégringoler la pente descendante entamée il y a quelques saisons de ça sur le plan technique, et s’avère vraiment assez sale à regarder. Du coup, pourquoi est-ce que Gintama se place quand même à une plutôt honorable 29e place ? Parce que c’est Gintama ? Grâce au son de l’opening ? Ça aurait pu, mais non, c’est surtout que parmi ces chapitres adaptés, on en a aussi quelques-uns qui sont vraiment hilarants, et que toutes les faiblesses techniques du monde ne parviendraient pas à ruiner des scènes comme celle de la négociation du shogun, ou celle du retour de mon équipe de bras cassés préférée. Oui, « équipe de bras cassés », c’est pas un super indice pour retrouver de qui il s’agit dans Gintama, c’est clair. Bref, il y a de quoi se taper sur les cuisses dans cette saison, mais malheureusement il y a au moins autant à se taper sur le front, et c’est assez dommage.


#28: Ryuuou no Oshigoto!

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Project No.9 | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre ADN : Ryuo’s Work is Never Done

Mis face à Ryuuou no Oshigoto!, deux comparaisons vous sauteront forcément à l’esprit, à vous, fins experts des images animées de l’archipel du soleil levant, un pays que l’on appelle ainsi puisqu’on peut y trouver un archipel, du soleil et du vent. Deux comparaisons, disais-je, vous sauteront à l’esprit. Du coup, vous n’avez pas besoin que je vous les présente. Si ?

D’un côté, on pensera forcément à 3-gatsu no Lion puisqu’on parle ici d’un jeune joueur professionnel de shogi, jeu de plateau que l’on pourra présenter rapidement comme l’équivalent japonais des échecs. De l’autre côté, on pourra penser à l’œuvre immortelle de Sagu Aoyama (que je pensais, avant de voir l’anime, être également l’auteur de Ryuuou, alors qu’en fait pas du tout), un garçon que l’on connaît pour son amour des activités culturelles ou sportives où un mec se retrouve en charge d’un groupe de petites filles, généralement plutôt axé sur un fan-service comique qui n’est pas du goût de tous. J’avais notamment parlé il y a quelques mois de l’adaptation de son Tenshi no 3P!, une série que j’aimais mieux avant d’apprendre ce que voulait généralement dire « 3P ». Car dans Ryuuou no Oshigoto!, notre jeune protagoniste porteur du titre de ryuuou (« Roi Dragon », ça a de la gueule) va prendre sous son aile une très jeune mais très talentueuse disciple.

Du coup, de quel côté oscille ici la balance ? À mon avis, à équidistance des deux. Car si Ryuuou no Oshigoto! a le goût de la blague vaseuse et du fan-service de pas très bon goût d’Aoyama, il est également assez nettement plus développé et réfléchi, plongeant sans hésiter dans les inquiétudes et les incertitudes de notre protagoniste et de ses amis joueurs et joueuses, se rapprochant de ce fait un peu de l’approche que 3-gatsu a de sa partie shogi (sans jamais tutoyer l’excellence de 3-gatsu no Lion, bien entendu). À en croire les lecteurs du light novel, il semblerait que l’œuvre originale aille beaucoup plus loin de ce côté, mais je ne peux juger que ce que j’ai vu.

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Dans les faits, si on accroche à son univers et à son humour assez otaku, Ryuuou no Oshigoto! est un divertissement que j’ai trouvé plaisant à suivre, d’autant que la série s’avère plutôt solide sur le plan technique (même si le premier épisode est largement un cran au-dessus du reste côté réalisation, avec une occasionnelle inventivité dans son storyboard, un bon rythme et quelques sakugas inattendus mais de bon aloi). Mais au-delà d’un premier arc de trois épisodes que je trouve solide, Ryuuou no Oshigoto! est un anime qui pâtit à mon avis d’une écriture que je qualifierais de façon extrêmement minimaliste et peut-être un peu méprisante de « trop light novel ». Situations reconnaissables, personnages souvent stéréotypés et/ou excessifs, façon de mettre en scène et d’écrire l’action rappelant des combats classiques : tout un tas de choses qui ne sont pas forcément dérangeantes mais qui contribuent à donner à la série un aspect assez peu naturel. Reste à voir, donc, si vous pouvez être client de ça.


#27: B: The Beginning

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Production I.G | 12 épisodes d’environ 26 minutes (ONA) | Original

Titre Netflix : B : Le commencement

Après deux séries exclusives à Netflix pas terribles pour cette saison, est-ce que la troisième serait la bonne ? Pas vraiment, puisque si B: The Beginning est si « haut » dans le classement, ce n’est pas en vertu de sa nature de thriller policier / fantasy, mais en vertu sa nature de gros navet assez fun à regarder.

Initialement nommée Perfect Bones, cette série créée, réalisée et character designée par Kazuto Nakazawa (character designer de Zankyou no Terror, notamment) nous parle d’une petite nation insulaire où la police est sur la trace d’un meurtrier en série surnommé Killer B. Alors que des machinations se mettent en place dans l’ombre, l’équipe en charge du dossier de ce mystérieux Killer B, qui semble avoir des pouvoirs surhumains, gagne un membre : un mystérieux keum nommé Keith, mais que les vétérans du département nomment avec respect « Génie ».

Clairement inspiré par la fiction policière occidentale, B: The Beginning est, ne le cachons pas plus longtemps, un gigantesque agglomérat de clichés aussi connus que facilement identifiables. Histoire d’éviter de dévoiler trop l’intrigue, concentrons-nous sur le personnage de Keith. Il s’agit d’un inspecteur de génie, écarté à la suite d’une faute, qui est tellement génial que personne ne comprend comment il fait, qui écrit des symboles incompréhensibles partout quand il a besoin de réfléchir (sur tous les murs de sa piaule, notamment), et, pour ne rien arranger, quand il dit un truc cohérent ça s’affiche à l’écran (pour le spectateur seulement, c’est pas dans la diégèse).

Ce personnage principal en particulier vous évoquera probablement un millier de séries et de films que vous avez déjà vu, mais les lieux communs ne s’arrêtent pas aux personnages, puisque l’intrigue elle-même sent fort le déjà vu, et s’avère relativement prévisible puisque les vrais méchants sont identifiables au premier coup d’œil. Bref, c’est cousu de fil blanc, mais.

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Mais en fait, la série est par ailleurs vraiment bien tenue, avec notamment des combats bien réalisés et animés. Et comme elle est plutôt agréable à regarder sur un simple plan visuel, la série se suit bien, gagnant un second souffle en tant que fier nanar, d’autant plus sympathique qu’il sait être drôle assez régulièrement et que les personnages – du côté de la police en tout cas – sont assez sympathiques (la super hackeuse en particulier est vraiment très fun, surtout quand elle est avec le chef de l’équipe). Oui, B: The Beginning est une série un peu bête dans le meilleur des cas, mais ça ne l’empêche pas d’être un vrai agréable moment à passer devant son écran.


#26: Dagashi Kashi 2

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Tezuka Productions | 12 épisodes de 12 minutes | Manga

Titre ADN : Dagashi Kashi 2

Il en a coulé du Colgate sous les ponts depuis la saison de 2016 où les amateurs de sucreries et d’animation ont pu se faire les dents sur le joyeusement dérangé Dagashi Kashi, une comédie slash slice-of-life mettant en scène la belle Hotaru, une jeune femme dingue de bonbons japonais à bas prix que l’on appelle dagashi, et ses tentatives de recruter le fils du propriétaire d’un magasin de dagashi perdu à la campagne. Ainsi pourrait-on s’attendre à ce que les retrouvailles avec ces visages bien connus soient assez nostalgiques, sauf que pas vraiment.

Car oui, si Dagashi Kashi est de retour, c’est avec de nouveaux visages, à plusieurs niveaux. Déjà, du côté du staff, l’anime a changé de studio, et ceux qui ont travaillé dessus sont partis faire autre chose, ce qu’on aura du mal à leur reprocher vu que le réalisateur est parti faire la seconde saison de Kekkai Sensen, qui est une friandise d’un tout autre genre. Du coup, tant qu’à changer, autant ne pas être timide, et c’est avec un character design radicalement différent que nous accueille cette seconde saison.

Et pour tout dire, j’accueille avec bienveillance ce changement, qui fait se rapprocher assez nettement l’anime des designs du manga de Kotoyama. Ce que j’accueille avec moins de bienveillance, par contre, c’est une nette baisse de la qualité de l’animation qui se fait vraiment ressentir, et ce malgré le format réduit de moitié – en termes de durée d’épisode – de la série. C’est assez dommage, mais tout n’est pas mauvais dans cette seconde saison.

Car Dagashi Kashi 2 n’est pas juste du rab, cette saison s’avérant un peu plus orientée scénario et développement de personnages que la première. Ainsi, volte-face au bout de quelques épisodes quand Hotaru va, sans prévenir, disparaître de la vie de Kokonotsu. Celui-ci va se retrouver à devoir tenir seul la boutique pendant que son père squatte une chambre d’hôpital, en convalescence après un grave accident de petit orteil. Dans cette situation, notre protagoniste principal va devoir faire un peu face à son futur, et se poser la question de ce qu’il a vraiment envie de faire, et des efforts qu’il y consacre. C’est également l’occasion de rencontres puisqu’il va faire la connaissance de deux nouveaux personnages un peu ravagés du cigare (en chocolat) : un gérant de supérette très très content de son job (doublé par notre Sugita préféré) et une charmante demoiselle un poil paumée dans sa vie, nommée Hajime.

Du coup, Dagashi Kashi 2 est à la fois pas vraiment ce qu’on attend de Dagashi Kashi, et intéressant parce qu’il n’est pas ce qu’on attend de Dagashi Kashi. Et puis malgré tout, la série reste un slice-of-life comique qui se respecte, et qui vous apprend comment faire des balles rebondissantes et du JavaScript, ce qui sont à priori les principales compétences nécessaires pour survivre en société en 2018. Merci Dagashi Kashi !


#25: Miira no Kaikata

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8bit | 12 épisodes de 24 minutes | Manga (web)

Titre Crunchyroll : How to Keep a Mummy

Les avides fans de séries animées que vous êtes probablement, quand ils cherchent un anime à regarder, sont souvent avides de grosses surprises, de séries à la qualité tellement époustouflante ou au scénario tellement surprenant qu’elles les feront tomber de leur chaise figurative – ou alors réelle, mais en mettant des coussins métaphoriques dessous pour pas se niquer concrètement le coccyx. Et pourtant, des fois, il suffit qu’une série soit juste un peu plus que ce qu’elle ne parait être pour laisser une impression durable. Vous voyez où je veux en venir : c’est le cas, bien entendu, de ReLIFE. Et aussi un peu de Miira no Kaikata, puisqu’on est plutôt ici pour parler de ça, mais je pouvais pas m’empêcher de replacer ReLIFE. Vous avez vu ReLIFE ? Non ? Vous devriez.

Bref, pas de petites pilules et de retour au lycée pour Miira no Kaikata, puisque son protagoniste, répondant au nom de Sora, y est déjà (au lycée, pas aux pilules). Mais ça n’est pas pour autant qu’il mène une vie tout à fait ordinaire, puisque Sora a un père aventurier, qui parcourt le monde et lui envoie assez régulièrement des souvenirs. Et si vous trouviez que les boules à neige étaient des souvenirs vraiment tout pourris, vous relativiserez probablement en apprenant que Sora, lui, a plutôt tendance à recevoir en cadeau des créatures fantastiques dangereuses, que le voyage en colissimo a en plus tendance à rendre un peu agressives.

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Du coup, quand il reçoit un sarcophage géant en provenance directe d’Égypte, Sora est forcément sur ses gardes. Méfiance inutile toutefois, puisque ce qui sort du sarcophage n’est autre qu’une petite momie tout à fait inoffensive, adorable, et, n’en déplaise aux lecteurs d’un certain manga hentai de Takatsu, plus proche d’un petit animal de compagnie que d’autre chose. Sora va donc recueillir cette momie, puis va, grâce à sa grande expérience sur le sujet, se retrouver à aider quelques camarades de classe qui se sont eux-mêmes retrouvés sans prévenir en possession d’une créature fantastique de compagnie.

Petit slice-of-life rigolo qui ne paie a priori pas de mine, Miira no Kaikata nous raconte donc l’histoire de ces ados qui apprennent sur le tas à comprendre et à vivre avec leurs créatures surnaturelles. Et comme je l’ai dit en introduction, il ne faut pas regarder Miira no Kaikata en s’attendant à un twist ou à quelque autre claque sortant d’un angle mort. Ce à quoi vous pouvez vous attendre, par contre, c’est à être un peu étonnés par la profondeur du développement des personnages, par le soin apporté à l’animation par endroits (c’est presque toujours low-key mais c’est souvent assez fin), et par tout un tas de scènes parfois drôles et parfois charmantes (je pense à celle où Sora tombe malade notamment, également très bien animée). Les bestioles sont adorables à leur façon, la statue doublée par Ryuusei Nakao (qui arrive vers le dernier tiers de la série) est très drôle, et globalement, toute cette série qui n’a pas forcément l’air très attirante au premier regard s’avère en fait diablement attachante.


#24: Hakata Tonkotsu Ramens

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Satelight | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre Crunchyroll : Hakata Tonkotsu Ramens

Et là je vous vois, portés par votre légitime indignation et un moyen de transport transatlantique de votre choix, venir frapper à ma porte pour demander ce que c’est que ce, je cite, « merdier ». « Pourquoi », crieriez-vous avec une véhémence qui ne vous caractérise pas vraiment, « y a-t-il deux séries sur les ramens cette saison ? ». Après une pause et remarquant que le voyage vous a creusé l’estomac, vous rajouteriez même : « Et pourquoi il n’y a aucune série sur la raclette, la blanquette de veau du Caire, ou les épinards à la crème ? ». Et si je n’ai pas vraiment de réponse à la dernière question, je peux vous dire que vous avez été un poil hâtif de venir me voir, puisque tout ça n’est qu’un malentendu. Mais rentrez, ne restez pas sur le palier.

En effet, il n’est pas question, dans Hakata Tonkotsu Ramens, de pâtes. On n’est toutefois pas bien loin du compte, puisque les protagonistes de cette série, qui sont des personnages aux activités fort peu recommandables, ne sont qu’à une lettre de « pâtes ». Un indice, il faut changer la première voyelle. Oui, vous l’avez deviné, on suit dans Hakata Tonkotsu Ramens une grande bande… de potes. Qui sont des assassins. Du coup, pourquoi ce titre ? Probablement parce que « Durarara!! mais avec un accent chantant » ne sonnait pas aussi bien.

Effectivement, il est question dans cet anime du quartier de Hakata, appartenant à la ville de Fukuoka au sud du Pon-Ja. Au sein de l’univers de la série, Hakata est un arrondissement qui souffre d’une bien vilaine réputation, puisqu’une partie non négligeable de la population exerce le beau métier de tueur professionnel, à tel point qu’il paraît qu’on peut même s’y offrir les services d’un méta-expert, un tueur de tueurs. Dans la réalité, il semblerait que Hakata ne soit pas plus dangereux que le reste du Japon, à savoir que ce qu’on peut y trouver de plus dangereux, c’est des aléas géologiques.

Bref, dans tout ça on fait la connaissance de Lin, un jeune homme travesti, débarqué de Chine pour faire le sale boulot de la pègre chinoise sur place. Seulement voilà, la pègre en question commence à lui casser les noix et ne semble pas bien prête à tenir ses promesses. Du coup, au lieu d’assassiner sa prochaine cible, un détective privé détendu du slip répondant au nom chantant de Zenji Banba, il décide de le protéger jusqu’à ce que ses chefs se remettent à la table des négociations. Évidemment, pas grand-chose va se passer comme prévu, d’autant que tout un tas de groupes d’assassins très différents se mettent en mouvement un peu partout à travers la ville.

Ainsi, à la manière d’un Durarara!!, Hakata Tonkotsu Ramens nous montre les dessous d’une ville à travers un grand nombre de personnages interconnectés et d’intrigues se croisant les unes les autres. Mais si elle tente de jouer dans la même cour que la saga de Ryougo Narita (ou en tout cas dans un registre qui s’en rapproche, Hakata Tonkotsu Ramens ne partant jamais dans le fantastique), la série n’en a malheureusement pas la qualité d’écriture. En effet, il ne faut pas beaucoup de temps pour comprendre que si Hakata Tonkotsu Ramens se plaît à nous offrir tout un tas d’affaires interconnectées en même temps, celles-ci sont reliées entre elles de façon très orthodoxe. Tous les fils narratifs lancés au sein d’un arc se concluent en même temps (dans un même nœud narratif commun, en quelque sorte), ce qui a l’effet inattendu de rendre la série assez prévisible, d’autant qu’elle a du mal à ne pas nous mettre ses fusils de Tchekhov juste sous le nez. Si vous arrivez à voir venir le premier gros twist (et ça n’est vraiment pas bien dur), vous pouvez déjà être sûr que vous allez très souvent trouver la série prévisible (et sinon, tant mieux pour vous !).

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Mais malgré cette écriture un peu simple, Hakata Tonkotsu Ramens est une série qu’il est vraiment plaisant de regarder, ne serait-ce que pour son ambiance réussie, qui arrive étrangement à être à la fois vraiment sombre et vraiment joviale. Car avant d’être rivaux et ennemis occasionnels, tous ces assassins sont plutôt bons copains, et se rejoignant régulièrement pour jouer au baseball ou pour remettre à leur place des petites frappes qui se seraient un peu laissées aller à la cruauté gratuite. De ce fait, et aussi parce qu’elle est plutôt bien rythmée et que les conclusions des différents arcs sont souvent très satisfaisantes, Hakata Tonkotsu Ramens arrive à trouver sa place malgré l’inévitable ombre que l’œuvre de Narita peut projeter sur elle. Et du coup, malgré ses quelques défauts structurels, je reprendrais bien du rab de Ramens.


#23: Aggressive Retsuko

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Fanworks | 100 épisodes de 1 minute (huitième cour) | Mascotte

Titre Netflix (même si la série sur Netflix n’est pas la même que celle-là) : Aggretsuko

Et c’est un peu la fin d’une époque puisque comme je le craignais un peu, la diffusion de la nouvelle série sur Netflix a accompagné la fin de la série télévisée Aggressive Retsuko. Il y a pire fin, cela dit, que de se terminer exactement sur son centième épisode, avec une blague méta un peu facile mais qui fonctionne très bien. Ce dernier cour n’était globalement pas le plus habile des cours qu’aura connu la série, mais il reste fidèle à l’essence de Retsuko, à savoir : du vécu, de la haine, et du death. Merci Sanrio pour cette mascotte géniale, merci Fanworks pour cent épisodes de saine rage, et il ne me reste plus qu’à chercher où je peux acheter des goodies en attendant de pouvoir enfin me tourner vers la nouvelle série.


#22: Death March kara Hajimaru Isekai Kyousoukyoku

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Silver Link. & Connect | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre Crunchyroll : Death March to the Parallel World Rhapsody

Dans le grand classement des plaisirs coupables, j’aimerais croire que mon affection pour les isekai un peu nuls n’est pas classée trop près des trucs vraiment glauques, genre le netorare, Fairy Tail ou les albums de Fear, and Loathing is Las Vegas. Difficile à dire, mais le fait est que très peu de temps après le plutôt fun Isekai wa Smartphone to Tomo ni, je me suis retrouvé à prendre mon pied sur Death March kara Hajimaru Isekai Kyousoukyoku, un isekai tellement random qu’il en devient presque correct.

Au lieu de vous lire le synopsis écrit sur le dos de la boîte HD-DVD de la série que m’a envoyé mon oncle du Japon, je vais plutôt faire quelque chose d’utile : rappeler ce que c’est, un isekai, pour quiconque se serait perdu ici. L’isekai, donc, est un lieu commun des light novels de fantasy (notamment) qui est pratiquement devenu un sous-genre à lui tout seul. L’exemple type se passerait comme suit : un japonais meurt dans des circonstances ordinaires, et se voit réincarné dans un autre monde (ou « isekai », en japonais), qui s’avère généralement être un monde de medieval fantasy, typé RPG. Histoire de faciliter le tout, le protagoniste se voit souvent accompagné d’un atout, que ça soit un personnage, un objet ou un pouvoir, qui va lui permettre de se faire un nom rapidement dans ce monde. Et, d’une pierre deux coups, je vous ai du coup raconté le scénario de départ de Death March kara Hajimaru Isekai Kyousoukyoku, à un ou deux détails près.

Ici, notre japonais est Satou, la trentaine, développeur. Surchargé de boulot, il fait une sieste dans son bureau comme à l’accoutumée, et se réveille dans un monde qui ressemble étrangement à celui du dernier MMO sur lequel il a bossé dans son monde originel. En utilisant une fonction craquée – qu’il avait implémenté à la deux-deux juste avant de se coucher et de, on le suppose puisque ce n’est jamais explicité, mourir de karoushi – il tue un peu par hasard une gigantesque troupe de monstres de très haut niveau… ce qui lui fait instantanément atteindre le level cap, avec ses stats toutes à fond, et un nombre incalculable de points de compétence qui lui serviront bien par la suite.

Et ce qu’on découvre dans cette seconde moitié de premier épisode, par ailleurs assez laide, c’est que Satou va toujours avoir sous les yeux l’interface de ce RPG qui est devenu sa réalité : inventaire, mini-map, et surtout une gigantesque liste de compétences, il a accès à tous ces trucs qui vont se révéler être très utiles pour lui, et faire une grande partie de l’intérêt de cette série bien particulière. En effet, non seulement ça lui permet de gérer n’importe quelle situation en se rajoutant des points de compétences là où il faut quand il faut, mais en plus l’anime a un gimmick qui est de toujours, et je dis bien toujours, afficher à l’écran le log des compétences qu’il utilise, même quand leur utilisation est automatique.

Si ça permet de faire un certain nombre de bonnes vannes avec le bon sens du timing, ça change surtout pas mal l’expérience de visionnage de la série, qui devient presque plus proche d’un let’s play de RPG occidental que d’un anime. L’autre particularité de Death March, c’est que son protagoniste est un adulte, et n’a donc pas du tout les réactions et la façon de penser que pourrait avoir un protagoniste adolescent, ce qui s’avère être une petite bouffée d’air frais pas désagréable du tout.

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C’est un peu tout ce que j’ai à dire de positif sur cette série (ah, non, l’ending est génial, aussi) qui est à part ça très médiocrement animée et assez clichée, avec une réalisation pas spécialement inspirée pour du Shin Oonuma. Et du coup, vous vous dites, ça ne justifie pas de la mettre à deux pas du top 20, dans la fourchette des animes que je recommande. Et pourtant, j’ai pris un plaisir tel que j’ai du mal à le comprendre moi-même à regarder ce Death March kara Hajimaru Isekai Kyousoukyoku, au point que j’en redemande. Si c’est un plaisir coupable, me voilà récidiviste.


#21: Gakuen Babysitters

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Brain’s Base | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre ADN : School Babysitters

Je ne voudrais pas sous-entendre qu’on manque d’adaptations de manga shoujo dans la production actuelle d’animation japonaise, mais depuis le début de ce bilan, je crois bien que Gakuen Babysitters est la deuxième adaptation d’un manga destiné directement à un public féminin à laquelle on a affaire, la première étant, heu, 25-sai no Joshikousei. Mais là où 25-sai no Joshikousei s’intéresse de près à la façon dont on fait les bébés, Gakuen Babysitters s’intéresse beaucoup plus, comme son titre l’indique, à ce qu’il y a dans la bouteille de lait.

Dans cette série, on suit le jeune Ryuuichi et son petit frère en bas âge Kotarou qui, rendus orphelins par un crash aérien, se voient recueillis par la proviseure d’un lycée privé. La vieille dame acariâtre donne tout de même une condition à sa générosité : Ryuuichi va devoir rejoindre le « club de babysitting », qui est en fait tout simplement la garderie du lycée, et qui accueille les rejetons en bas âge des professeurs. Heureusement, Ryuuichi est une boule de bonne volonté et de bienveillance, et il n’hésite pas une seconde à accepter, trop content de pouvoir rendre la pareille à sa bienfaitrice.

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Ainsi, Gakuen Babysitters va s’intéresser à la nouvelle vie de Ryuuichi, qui va découvrir comment on s’occupe de petits enfants autres que son très docile petit frère. Et si je pourrais longtemps m’étendre sur la justesse de la représentation des mioches de la garderie (à tous points de vue sauf anatomique) et de leurs comportements, j’aimerais quand même laisser ma nature de vil otak parler pour dire que les filles de la série sont particulièrement bien. Et si les demoiselles de l’âge de Ryuuichi sont vraiment adorables, Gakuen Babysitters brille aussi par ses formidables mamans (les mamans des bébés de la garderie, bien entendu). Alors oui, on avait dit pas les mamans, mais là on peut faire une exception.

Mais reprenons notre sérieux. Adaptant sans faille le manga charmant, drôle et souvent émouvant de la pseudonymique Hari Tokeino, cet anime modeste mais propre (à une particularité de character design près) communique pas mal de choses, notamment sur le deuil et sur ce que c’est qu’être frère. Quelques personnages relous viennent à peine assombrir le tableau d’une série qui aime développer des personnages avec des histoires touchantes sans en faire trop, au sein d’un petit univers qui respire naturellement la sympathie.


#20: Darling in the FranXX

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Trigger & A-1 Pictures | 24 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Original

Titre Crunchyroll : DARLING in the FRANXX

Incontestablement l’un des anime qui a fait le plus parler de lui lors de cette saison d’hiver, et qui continue à le faire (puisque, même si j’arrive assez bien à vous le cacher, je dois bien vous avouer qu’au moment où ce billet sort, on en sera déjà bien au second tiers du printemps), Darling in the FranXX s’est fait notamment remarquer pour un setting assez particulier, qui lui a valu bien des surnoms, tels que le chantant « Les Robots du cul ». Et me voici venir avec mes gros sabots, posant la série au tout début du top 20 et pas une place plus haut. Mais pas d’inquiétudes, je vais expliquer un peu les raisons pour lesquelles j’ai un peu l’impression d’avoir été roulé (du cul).

Prenant place sur une quelconque planète désertique peuplées de villes ressemblant, vues du ciel, plus à des serres géantes qu’à autre chose, Darling in the FranXX nous fait suivre un petit groupe de jeunes pilotes, qui vont devoir manœuvrer des robots, les FRANXX, en couple, afin repousser de vilaines sortes de dinosaures peu coopératifs, les Klaxosaures. Mais parmi ces enfants, le non moins jeune Hiro est le seul à ne pas avoir de partenaire valide. Tout ça ne va bien entendu pas durer longtemps, puisqu’il va vite faire la rencontre de Zero Two, une jeune demoiselle impulsive dont le front est orné de cornes écarlates.

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C’est un peu tout ce que je peux vous dire du scénario. Non pas parce que le reste de ce que je pourrais vous dire risquerait de vous spoiler mais, en fait, parce qu’il n’y a finalement pas grand-chose de plus à dire sur l’intrigue de ce premier cour, qui se concentre presque uniquement sur le développement de ses personnages et de leurs relations. Ça coule de source vu les thèmes de la série, mais il n’empêche qu’elle se montre assez chiche dans le développement de son intrigue et de son univers. Pour ce dernier, ça a une forme de sens puisque l’on comprend très vites que les jeunes pilotes n’en savent pas vraiment plus que nous sur l’univers qui les entoure. Il n’empêche que c’est frustrant et que, dans les deux seuls épisodes où l’on en apprend un peu plus, le peu qu’on peut voir se montre quelque peu facile et décevant.

Mais si vous n’avez pas vu la série, probablement vous interrogez-vous sur les raisons pour laquelle des malotrus renomment la série « Les Robots du cul ». Est-ce parce que n’importe qu’elle phrase est rendue automatiquement deux fois plus drôle quand le mot « cul » est dedans ? Que nenni (encore que). La raison est simple : le pilotage d’un FRANXX demande aux deux pilotes de se placer d’une façon qui évoquera au poète la vue de deux papillons. Mais si cette pseudo-levrette semblera évidemment cocasse à qui la verra pour la première fois, il faut bien dire que ce n’est que le gros premier élément signifiant d’un anime qui place une grande partie de son setting sous le joug d’un symbolisme pesant et qui a, personnellement, le don de me sortir de la série.

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S’il existe quelques éléments un poil plus discrets, tout un chacun remarquera rapidement que les garçons sont appelés « étamines », les filles « pistil », les villes « plantations », mais aussi que les enfants travaillent pour le bien-être des « adultes » (les membres de la société humaine), et tout particulièrement pour recevoir l’affection de « papa », le commandant en chef de tout ce bordel. Je ne vous donne bien entendu que les premiers éléments qui me viennent à l’esprit, mais si vous êtes comme moi, vous vous sentirez sans doute un peu pris pour un benêt par cette série qui a coupé tous les ponts avec la notion de subtilité. Bon, cela dit, comme ça vous avez compris de quels thèmes va essayer de parler Darling in the FranXX, et pourquoi il est logique que ce premier cour accorde autant d’importance au développement de ses personnages.

Je passerai rapidement sur mon avis – qui est que ça n’est pas si cool que ça vu qu’une bonne partie des personnages donnent envie de leur coller des taquets dans la tête (à part Goro, Goro est amour) – pour en venir à un dernier point : l’aspect visuel de la série. Et si Darling in the FranXX est, dans son écriture, subtil comme un trente-trois tonnes auquel on aurait coupé les freins, il s’avère assez intéressant sur le plan visuel, avec non seulement l’animation de certains combats contre les Klaxosaures – qui viennent un peu justifier la présence de l’étiquette Trigger sur cette production A-1 Pictures – mais aussi avec une réalisation parfois emprise d’un certain sens de la théâtralité, avec un vrai amour des layouts bidimensionnels.

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Dans son ensemble, ce cour reste toutefois vastement inégal, et si certains épisodes comme le premier et le sixième peuvent se montrer particulièrement ambitieux et bien mis en scène, d’autres s’en trouvent particulièrement ternes en comparaison. De la même façon, hormis ces séquences particulièrement bien animées de combat, l’animation en vient bien vite à zigzaguer autour de la barre du « plus ou moins correct ». Bref, si Darling in the FranXX est une série qui peut se montrer intéressante, elle est également bien loin d’être sans ses casseroles. Reste à voir de quoi sera fait le second cour, mais croyez bien que même s’il s’avère décevant, je n’en hurlerai pas à la mort.


#19: Yowamushi Pedal: Glory Line

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TMS Entertainment | 25 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Manga

Titre Crunchyroll : Yowamushi Pedal Glory Line

Comme j’ai pris environ cent ans à développer mon avis sur les Robots du cul, on va passer en vitesse sur le Vélo de l’otaku. En quelques mots, c’est la même chose que la saison précédente mais en un peu mieux, et ça me suffit amplement. Car si la précédente saison, logiquement sous-titrée New Generation, prenait le temps de nous montrer les difficultés de l’évolution du club de cyclisme de Sohoku après le départ de leurs seniors, et s’avérait un peu molle du genou, elle permet aussi à Yowamushi Pedal: Glory Line de reprendre quasiment dans le vif de l’action.

Ainsi, si les faiblesses visuelles de la série persistent, accompagnés en plus de quelques bourdes de réalisation (une ou deux scènes sont assez mal storyboardées et du coup confuses), Yowamushi Pedal: Glory Line parvient à être un divertissement bien rythmé et avec des enjeux bien mieux présentés que dans la saison précédente, pour le bonheur des fans de cyclistes poseurs qui font n’importe quoi avec leur anatomie histoire d’aller plus vite sur leurs bicyclettes. C’est, comme à l’accoutumée, très excessif, très poseur et très particulier, mais malgré quelques personnages relous (Kaburagi aaaah), on se fait finalement assez bien à cette nouvelle génération. Ça n’est toujours pas du niveau des deux premières saisons, mais les esthètes amateurs de gens qui parlent à leurs pectoraux sauront trouver leur compte dans ce premier cour de la saison nouvelle de Yowamushi Pedal, et c’est tout ce qui importe.


#18: IDOLiSH7

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TROYCA | 17 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Jeu smartphone

Titre Crunchyroll : IDOLiSH7

Après une déferlante de séries dédiées aux idols la saison passée, il est particulièrement étonnant de noter qu’IDOLiSH7 est la seule nouvelle série d’idols à s’être vue diffusée cet hiver. Enfin, pratiquement, vu que les deux premiers épisodes avaient été simulcastés en avance début novembre, mais si on disqualifie IDOLiSH7 pour ça il ne nous restera plus que ça pour représenter les nouvelles séries d’idol cette saison ? Et est-ce que c’est vraiment ça que vous voulez ? … bon, d’accord, mais IDOLiSH7 c’est pas mal non plus.

Car si Pop-chin représente peut-être l’avenir des animes d’idols, IDOLiSH7 ne laisse aucun doute sur le fait qu’il ne cherche pas à transcender son genre. Ainsi, on y retrouve un groupe de sept jeunes hommes qui vont, entre les mains de l’agence Takanashi Productions, chercher à se faire un nom dans le show business en tant qu’idol, par le chant, la danse, mais aussi des activités de talento plus variées, comme jouer des rôles dans des dramas, tourner des pubs, etc. La voie normale pour des idols, donc, mais pour se faire un nom il faudra aussi se dégager de l’ombre du plus gros groupe du moment, qui est soutenu par un PDG très peu scrupuleux.

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Une base fondamentalement classique (le coup du méchant producteur qui leur fait la misère, c’est en fait tellement classique que ça me manquait) et des péripéties qui le sont souvent autant, mais si IDOLiSH7 sait être frais, il le fait par petites touches, avec des événements parfois inattendus pour une série de ce genre. Rien de bien phénoménal à chercher dans l’intrigue, donc, et si les personnages sont assez bien écrits je ne les trouve pas vraiment aussi intéressants que ceux de séries comme The iDOLM@STER SideM ou Dream Festival!.

Mais avec cette série, le studio TROYCA réussit le pari de faire un anime d’idols assez solide visuellement (les danses sont certes en 3D, mais elles le portent plutôt bien), avec un casting de personnages varié et sympathique (le gaijin otaku qui parle mal japonais je peux pas par contre), et occasionnellement soutenu par un jeu d’acteurs convaincant. Je ne parle pas là que d’un seul aspect mais bien de la combinaison du doublage, de la mise en scène et de l’animation. En somme, IDOLiSH7 n’est peut-être pas ce que vous cherchez si vous désirez une série d’exception, mais ça ne l’empêche pas d’être une série exceptionnellement compétente pour son genre.


#17: Cardcaptor Sakura: Clear Card-hen

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Madhouse | 22 épisodes de 25 minutes (premier cour) | Manga

Titre Wakanim : Cardcaptor Sakura : Clear Card

Grâce à l’affection qu’ont pour la série les jeunes qui étaient devant M6 au début des années 2000 et qui regardaient chaque rediffusion de l’épisode de la patinoire, l’adaptation de la suite de Cardcaptor Sakura était forcément assez attendue. Et, je dois l’avouer, avant que la saison ne commence, j’étais clairement dans le camp des pessimistes, ayant lu quelques volumes de cette suite peu convaincante sur le papier. Comme quoi, des fois, une adaptation qui prend ses libertés, ça sauve.

Je ne vais pas vous faire l’affront de présenter Cardcaptor Sakura (au cas où : ça parle d’une fille qui essaye de capturer des cartes possédant de grands pouvoirs magiques), donc passons vite fait à l’histoire de la suite. Clear Card-hen n’a rien de bien original puisqu’il reprend très peu de temps après la série originelle, avec Sakura qui, après un drôle de rêve, s’aperçoit que toutes ses cartes sont devenues transparentes et inutilisables. Au même moment, de nouvelles cartes semblent apparaître en ville, et donc on est reparti comme en 40 pour une nouvelle chasse aux cartes indisciplinées.

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Une idée finalement très quelconque, et très maladroitement exécutée en version manga avec un fan-service d’une mièvrerie rare (on insiste notamment beaucoup sur le fait que Shaolan soit de retour, et que du coup ils sont ensemble et que c’est mignon, ce qui tourne très vite en rond). Et si l’anime adapte en grande partie le manga (malgré des libertés prises çà et là avec l’intrigue) et fait pas mal de pied aux fans de la première série (les séquences post-génériques de Kero sont top, d’ailleurs), il réajuste au passage les niveaux pour donner quelque chose de bien moins lourd à suivre. Un détail, certes, mais c’est le genre de choses qui font, parfois, toute la différence.

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Mais, dans le fond, Clear Card-hen est un monster-of-the-week, et pas bien plus, alors pourquoi cette place ? Parce que contre toutes mes attentes, l’anime s’avère vraiment bien tenu du point de vue de la technique, au point d’être sans doute la production la plus solide parmi les trois séries de Madhouse de cette saison. C’est clair, la comparaison avec la série de 1998 fait un peu mal, mais en soi, à part pour quelques éléments en 3D disgracieux, la série s’en tire avec les honneurs, en faisant preuve d’une richesse et d’une solidité technique inattendue dans ce contexte.

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Les selfies de Kero-chan qui fait un pouce sont perturbants, on est d’accord.

En gardant à l’esprit que ce premier cour ne propose rien de spécial du côté de son écriture (et à vrai dire je n’en attends pas beaucoup plus du second), il faut donc bien se dire que si je peux vous recommander Cardcaptor Sakura: Clear Card-hen, c’est en sa vertu de série monster-of-the-week réussie, avec un casting de personnages familier et toujours très plaisant à retrouver (les quelques éléments un peu chelous de la série ont été virés, bye bye Rika), des situations et des idées parfois originales, et une animation qui va du correct au vraiment costaud. Oh, et si vous regrettez un peu le choix de l’anime de moins forcer sur la relation de Sakura et Shaolan, vous avez l’ending qui contient absolument tout ce que vous pouvez avoir envie de voir dans un nouvel anime Cardcaptor Sakura. Et même si vous êtes un peu moins fleur bleue. Vraiment, l’ending est fabuleux.


#16: Slow Start

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A-1 Pictures | 12 épisodes de 24 minutes | Manga (4-koma)

Titre Wakanim : Slow Start

Ah, vous aimez les trucs mignons mais pas les monstres ? Ça tombe bien, nous avons justement ici un spécimen d’anime adapté d’un manga du magazine phare du genre slice-of-life : le Manga Time Kirara. Parfait pour une petite bouffée d’air avant de se lancer dans un tunnel de séries plus sérieuses et / ou violentes. Posez-vous donc, prenez votre temps, on est pas aux pièces.

Adapté d’un manga de Yuiko Tokumi, Slow Start raconte l’histoire de Hana, une jeune fille qui après avoir fini ses trois années de collège, par manque de bol, s’est retrouvée dans l’incapacité de se rendre au moindre examen d’entrée au lycée. C’est donc après avoir passé un an en tant que rounin qu’elle finit par entrer au lycée à Tokyo, extrêmement complexée par sa différence d’un an avec tout le monde.

Ça a l’air déprimant (et effectivement il y a quelques moments de blues dans la série), mais en fait elle fait bien vite la connaissance de trois camarades de classe sympathiques, et la série va nous permettre d’observer leur amitié bourgeonnante, leur vie au lycée, et ce genre de choses. Slice-of-life mignon pur sang, Slow Start nous offre un bon dosage entre comédie sans prétention et situations charmantes, le tout servi dans l’écrin de velours d’une animation d’une qualité presque indécente, débordante de mouvement mais tout aussi capable de retenue. Si vous comptez faire le classement des séries les mieux animées de la saison, Slow Start a carrément sa carte à jouer dans son registre. On est à ce niveau-là.

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Et tout ça serait parfait pour le vil amateur de tranches de vie et de mignonneries que je suis, seulement voilà, Slow Start n’est malheureusement pas un anime pour tous. Très riches en blagues très japonaises, assez riche en références otaku (Tama force à fond de ce côté-là, c’est très lourdaud), et pas non plus pauvre en fan-service, la série sera donc à réserver à un public qui se reconnaîtra tout seul, ce qui m’évitera d’avoir à pointer le doigt. Et ça m’arrange, vu que c’est un peu difficile d’écrire tout en se pointant soi-même du doigt.


#15: Mahoutsukai no Yome

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Wit Studio | 24 épisodes de 24 minutes (second cour) | Manga

Titre Crunchyroll : The Ancient Magus Bride (TV)

Et c’est une petite dégringolade que ce classement réserve au deuxième cour de l’adaptation du manga de Kore Yamazaki, pourtant classé juste au pied du podium la saison passée, et qui se trouve ici une dizaine de places plus bas. Par quelle sorcellerie est-ce possible ? Est-ce que l’épouse du sorcier serait devenue trop pépouze sur ses lauriers ?

La raison principale, elle est que si le premier cour bénéficiait d’une production d’une solidité presque inattaquable (certains lui reprocheront son manque de prise d’initiative du côté de la réalisation, mais ça ne me dérange pas), ce second cour se montre plus friable de ce côté-ci, avec de claires déficiences qui font leur apparition çà et là dans son animation. Les fans des productions du studio Wit ne prendront pas offense de quelques plans fixes masquant quelques cuts manquants, et la plupart du temps la série se montre tout à fait correcte, mais la baisse en gamme de la série reste réelle et assez claire.

Du côté de l’histoire, pas grand-chose à lui reprocher, mis à part un petit creux d’intérêt en milieu de saison et une fin qui vient par inadvertance nous rappeler le genre de magazine dans lequel est publié le manga (je vous économise une recherche : un magazine shounen). Cela étant dit, la série reste un récit captivant riche en personnages attachants et doté d’un univers vivide situé dans une Angleterre qui sait se rendre attirante quand elle veut. Et puis il y a un antagoniste doublé par Nakata donc forcément ça vaut bien quelques places dans le classement, ne nous le cachons pas.


#14: Fate/Extra: Last Encore

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Shaft | 10 épisodes de 24 minutes | Original (jeu vidéo)

Titre Netflix (même si la série est pas encore sortie en occident) : Fate/EXTRA Last Encore

J’aimerais rappeler quelque chose : pour illustrer ces bilans, je fais toujours en sorte de trouver des screenshots convenables pour chaque série. Le fait de ne pas aimer une série ne justifierait pas que je l’illustre mesquinement de cuts mal animés, ainsi je fais en sorte de trouver des screenshots plaisants à l’œil, et si possible représentatifs du contenu de la série ou de ses personnages. Pour les séries un peu vilaines, ça demande une quantité de temps incroyable juste pour trouver quelque chose de correct, et généralement ça se finit avec juste des screens de gros plans sur les têtes des personnages principaux parce qu’il n’y a rien d’autre qui tienne la route une fois figé dans le JPG. Pour Fate/Extra: Last Encore, ça m’a tout autant pris de temps, sinon plus, tant il y avait de bons screenshots à trier.

« Difficile à présenter » serait un euphémisme pour parler de Last Encore, donc histoire de ne pas trop m’étendre je vais partir du principe que vous avez une connaissance au moins approximative de Fate/stay night. Initialement sorti sous la forme d’un RPG pour PSP et écrit par Kinoko Nasu (et chara-designé par la fabuleuse Wada Arco, c’est important), Fate/Extra, lui, est un jeu qui a la particularité première d’être une mise en abyme de Fate/stay night. Le jeu se déroule au sein d’un simulateur naturel au cœur de la Lune, et met en scène une sorte de guerre du Graal présentée comme un tournoi (et vécue comme une suite de duels), chaque manche réduisant de moitié le nombre de Masters jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un. Je réalise maintenant que j’aurais dû faire un billet complet sur Fate/Extra pour expliquer proprement ce que j’entends par là, mais gardons les choses simples en se limitant à ça pour l’instant.

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Fate/Extra: Last Encore, lui, se présente comme un anime original inspiré de Fate/Extra, avec un scénario écrit par un Kinoko Nasu sous speed. Celui-ci désirait faire de ce Last Encore une série qui serait riche en surprise pour ceux qui ont joué au jeu et pour les autres. Pari réussi puisque les surprises sont bien présentes : Last Encore s’avère être en fait un détournement de la mise en abyme, bâtissant un nouveau récit sur la base des événements et des personnages de Fate/Extra. Ne vous inquiétez pas : si ça a l’air tordu, c’est que ça l’est, et même un peu trop puisque si le pari de surprendre est réussi – j’oserais même dire que la série est véritablement intéressante : l’idée est cool, il y a de bons twists, et le concept est finalement assez raccord avec les idées des autres œuvres du Nasuverse – Fate/Extra: Last Encore parvient surtout à être une série qui réunira joueurs et non-joueurs de Fate/Extra derrière le même avis légitime : c’est tout pété, comme histoire.

Car s’il est encore trop tôt pour donner un avis définitif sur la question (la fin de la série devant être diffusée cet été), il faut bien dire que Last Encore est très loin d’être sans reproches au niveau de son écriture, les trous et incohérences étant légion, et certains twists sortant un peu de nulle part. De manière générale, si les joueurs de Fate/Extra pourront quand même suivre la série, je suis à peu près caractéristique sur le point qui suit : si vous n’avez pas joué à Fate/Extra, ce n’est même pas la peine, ou alors allez-y juste pour les images. Non seulement vous ne verrez pas tout ce que détourne, dévoie et recombine Last Encore, mais vous n’aurez à mon avis aucune façon de comprendre quoi que ce soit à ce qui se passe.

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WHAT A RIDE(R)

Voilà qui est accablant pour une série placée en quatorzième place de ce classement qui peine à cacher un nuage de subjectivité dans le café noir de sa rigueur critique. Mais comme je l’ai dit en intro, Fate/Extra: Last Encore est une série qui a beaucoup à offrir aux pupilles des curieux qui sauront faire la part des choses avec son étonnant scénario. Si son animation oscille entre le vraiment bon (occasionnel) et le tout juste correct (habituel), elle se distingue surtout par une réalisation d’une exubérance stylistique qui nous renvoie à un détail que l’on avait pas encore soulevé : il s’agit d’une série produite par le studio Shaft.

Et si l’inventaire des habituels tics de réalisation du studio avait été utilisé avec une sage retenue dans l’autre série récente du studio, le réalisateur de Last Encore (Yukihiro Miyamoto, un des principaux réalisateurs actuels du studio, ayant notamment chapeauté tout ce qui est Madoka) n’avait aucune raison de faire preuve de la même retenue, d’autant qu’il excelle à utiliser ce fameux vocabulaire visuel mis en place par son gourou, le dénommé Shinbou.

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Et pourtant, si Last Encore semble clairement être un anime destiné tout particulièrement aux fans de Type-Moon et de Shaft, il parvient à faire du gringue aux fans du studio sans être lourd, ne sortant qu’à de rares occasions les trucs les plus connus du studio. Non, ce que vous pourrez par contre trouver dans Last Encore, c’est par exemple un monde entier mis en images par les soins du duo Gekidan Inu Curry, un flashback réalisé par Hajime Ueda et en général une mise en scène bourrée d’idées sans être indigeste (et je ne vous parle même pas de l’ending illustré par Mieko Hosoi, c’est pas du jeu). Le résultat est un anime visuellement presque cohérent dans son éclectisme, plein d’idées (ne serait-ce que dans le premier épisode qui est tout en style), et à mon avis à peine mis à mal par une composition qui en fait souvent un poil beaucoup.

Alors oui, il faut accepter d’écarter beaucoup de branches pour profiter des fruits de Fate/Extra: Last Encore. Oui, peut-être qu’en ma qualité d’amateur de l’univers associé au studio Type-Moon et de fan des productions Shaft, je suis biaisé. Et figurez-vous que j’en ai tenu compte en ne plaçant la série qu’en quatorzième place, puisque je peux dire, sans mentir, que de toutes les séries de la saison, c’était Fate/Extra: Last Encore dont j’avais à chaque fois le plus hâte de voir l’épisode suivant. Je me suis même abstenu d’ouvrir une parenthèse sur les excellents personnages de la série, c’est dire si je ne me fous pas de vous.


#13: Nanatsu no Taizai: Imashime no Fukkatsu

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A-1 Pictures | 24 épisodes de 25 minutes (premier cour) | Manga

Titre Netflix (même si cette saison est pas encore dispo en occident) : The Seven Deadly Sins / Les sept péchés capitaux

J’ai une fois de plus fait beaucoup trop long, malgré mes précautions, donc accélérons, puisque de toute façon il n’y a pas énormément de choses à dire sur cette vraie seconde saison de Nanatsu no Taizai. Grosso modo, par rapport à la première saison, c’est une (bien) meilleure adaptation d’un (bien) moins bon matériau original.

Résumons l’histoire puisque je ne l’ai jamais vraiment fait : Nanatsu no Taizai raconte l’histoire d’un royaume typé medieval fantasy où se trouverait un groupe de criminels extrêmement puissants. Ils sont le dernier recours de la princesse Elizabeth quand des chevaliers véreux décident de prendre le pouvoir. Elizabeth tombe bien vite sur Meliodas, un gringalet qui s’avère être le très puissant (et très pervers) capitaine de la bande. Avec lui, elle va à la fin de la première saison, SPOILER, parvenir à repousser la menace, mais quelque chose de pire encore menace désormais le royaume : le clan des démons.

Si la première saison adaptait la très sympathique première centaine de chapitres du manga, la seconde saison s’attaque, bien évidemment, à la suite. Et c’est un peu dommage, puisque après ce premier grand arc, le manga s’enlise dans des astuces scénaristiques nulles (dont un personnage qui perd la mémoire JUSTE après l’avoir retrouvé, on en est là) et, surtout, dans un délire de comparaison de power levels extrêmement fastidieux et balourd. Le cœur du scénario marche bien, l’intrigue prend en ampleur en même temps que les combats, mais tout un tas de petits détails viennent nuire à cet arc, ce qui affecte du coup aussi l’anime. À vous de voir si ces faiblesses ne vous dérangent pas.

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Et si ça ne vous dérange pas, vous serez sans doute aux anges de découvrir que si cette nouvelle saison est aussi inégale dans son animation que la première, elle bénéficie pour ses combats de bien plus de soin que n’avaient eu le droit de ceux de la première saison (comprendre : y’a du sakuga bien velu comme on aime). Bref, Nanatsu no Taizai: Imashime no Fukkatsu n’est pas vraiment une série pour les amateurs de subtilité dans quelque domaine que ce soit, mais si vous êtes prêts à fermer les yeux sur quelques bourdes d’écriture, c’est un anime de baston tout à fait enthousiasmant à regarder. Et puis dans le prochain cour il va y avoir Escanor donc il faut regarder.


#12: Overlord II

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Madhouse | 13 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre ADN : OVERLORD 2

Si vous suivez ce blog depuis ses débuts ou, plus probable, que vous avez vraiment énormément de temps à perdre, peut-être avez-vous vu mes tous premiers bilans sur ce blog. Des posts datés, peu illustrés avec des vilains screenshots de Funimation, mal mis en page, et avec lesquels je ne suis plus forcément d’accord partout. On peut, cela dit, y trouver au moins un avis que je continue à défendre aujourd’hui sans honte : c’est que la première saison d’Overlord gâchait bêtement son potentiel quand, alors qu’elle avait pour protagoniste un seigneur du mal, elle l’envoyait à l’aventure comme n’importe quel keum tombé dans un isekai par hasard. Oyez, réjouissez-vous, puisque la seconde saison s’applique à réparer cet impair.

En effet, Overlord II nous présente deux arcs successifs où l’on ne va pas autant voir l’action par les yeux d’Ainz Ooal Gown / Momon que par ceux de ses vassaux futurs et présents : dans le premier arc, une future victime de ses invasions, et dans le second, un fidèle servant qui décide d’agir sans le consentement de son maître. Le choix est audacieux, même s’il a pour conséquence directe – comme c’est étonnant – de rendre bien moins facile d’avoir de l’empathie pour le seigneur des produits laitiers, tant ses décisions se font parfois sans la moindre considération pour la vie humaine, ou reptilienne. On va bien voir dans quelle direction la troisième saison ira avec ça.

Si je parle de reptiles, c’est parce que le premier arc va nous faire suivre un guerrier (doublé par le suave Hiroki Touchi) appartenant à une tribu de lizardmen qui reçoit un jour un terrible message indicateur de l’arrivée prochaine d’un envahisseur qui va raser le marais pour en faire un parking (grosso modo). L’arc est assez long malgré quelques trucs assez drôles (un peu cons, mais on accepte), et le début est fastidieux vu qu’on est lâché là-dedans sans vraiment prévenir.

Heureusement, cette partie un peu faible est plus que compensée par la seconde, où le majordome surpuissant Sebas Tian (doublé par le génial Shigeru Chiba, qu’on embrasse) va, porté par ses propres valeurs, sauver une jeune femme de son affreux sort, ce qui ne va pas forcément directement dans le sens des intérêts de son maître, et va aussi indirectement provoquer la chute de la capitale du royaume dans le dawa le plus complet. Du fait du personnage de Sebas et des intrigues construites autour, cet arc s’avère particulièrement fun, voire jouissif, à suivre.

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Il y a pas mal de petites choses à dire sur cette seconde saison d’Overlord, qu’elles soient positives (Evileye est top, et devient vraiment drôle à partir de l’arrivée de Momon), négatives (dans la droite lignée de la première saison, Overlord II est globalement assez cheum) ou entre-deux (la princesse mise en avant durant toute la saison est cool, mais il ne lui arrive pas grand-chose pour justifier toute cette présence), mais le fait est que la série a enfin rempli sa promesse de départ, et l’a fait de façon intéressante.

Avec les petits bouts d’univers développés jusqu’ici et les antagonistes teasés à la toute fin de la saison (dont un qui me dit quelque chose doublé par le copain Sakurai, et un vieux mage doublé par mon très cher Takaya Hashi), il est assez difficile de ne pas avoir hâte de voir la suite, ce qui m’étonne d’autant plus que je n’attendais pas particulièrement cette saison avant sa diffusion. Reste à voir si la troisième sera aussi emballante.


#11: Hug tto! Precure

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Toei Animation | Une cinquantaine d’épisodes de 24 minutes (premier cour) | Original

Non licencié en France

Il y a toujours un souci avec le fait de commencer une saga par l’une de ses meilleures itérations, c’est que ça a tendance à fausser les attentes des nouveaux venus par rapport au reste de la saga. Mais heureusement, comme nous l’enseignaient plus ou moins nos professeurs de maths, quand on met deux positifs l’un sur l’autre ils s’annulent (ou est-ce que je confonds ?), et il s’avère que j’avais déjà de hautes attentes en me lançant enfin dans Precure avec ce Hug tto! Precure. Le quinzième opus de la franchise de séries mahou shoujo de la Toei semble en effet jusque-là remporter le suffrage des fans. Non, le vrai souci pour moi, c’est que pour parler de Hug tto!, je vais devoir maintenant essayer de séparer à l’aveugle ce qui sont des qualités récurrentes de la saga et ce qui est spécifique à cette série. Ou alors je balance tout ça par la fenêtre et je vous dis juste pourquoi c’est bien.

Car avant d’être un anime avec un titre absolument impossible à romaniser de façon esthétique, Hug tto! Precure est une série qui nous parle de Hana Nono, une collégienne pleine d’énergie qui aimerait bien, à défaut de devenir adulte tout de suite, avoir l’air plus mature. Son vœu est plus ou moins exaucé le jour où elle se retrouve avec un bébé dont elle ne connaît pas le père. Rassurez-vous, ça n’est pas aussi sale que ce que vous pensez puisqu’elle ne connaît pas la mère non plus, et que le bébé, une petite fille nommée Hug-tan, est en fait littéralement tombé du ciel, accompagné d’une petite mascotte hamsteroforme.

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Pas de soucis, donc, ou presque, puisque Hug-tan est pourchassée par la maléfique corporation Criasu Company, qui exploite le désespoir des gens et qui cherche à récupérer son Mirai Crystal, un crystal qui tourne à l’espoir et qui représente le pouvoir sommeillant en Hug-tan. Une moitié d’épisode plus tard, Hana tente de sauver Hug-tan d’une attaque d’un sbire de Criasu, ce qui mène à la création de son propre Mirai Crystal, lui permettant de devenir une Pretty Cure et de matraquer sauvagement le monstre envoyé par le sbire.

Les huit premiers épisodes, dont est composé ce cour, vont donc se consacrer à la formation du trio des Pretty Cures et nous permettre de voir les thèmes qui sont mis en place. Car si l’idée de base de « protéger le futur » – un futur généré par le Asu Power (« Pouvoir de Demain ») qui réside sans ambiguïté dans les Mirai Crystals (« Cristaux du Futur ») – n’est pas forcément original, Hug tto! Precure l’aborde d’une façon bien plus concrète qu’on ne pourrait forcément penser. En effet, l’accent est vraiment mis sur ce que désirent devenir ses héroïnes, leurs vocations, les possibilités qu’offre le futur, les métiers des adultes (l’épisode 6 et les paroles de l’ending, sobrement intitulé Hug tto! Mirai☆Dreamer, en sont témoins), sans compter le fait qu’elles luttent, finalement, contre une sombre compagnie.

Ainsi, si Hug tto! Precure reste une série écrite pour les enfants (attendez-vous à être gavé par les catchphrases de Hana), elle est avant tout une série d’une positivité absolument incroyable, et dont tout adulte peut avoir bien besoin. Si on entre dans le détail, l’anime a tendance à être d’un intérêt variable d’épisode en épisode, en forme comme en fond. Mais les épisodes les plus faibles (le 6, où le néophyte que je suis découvre la vérité dont les fans de la saga ne parlent pas trop aux outsiders : les épisodes Aoyama) sont largement compensés par des épisodes réalisés avec délicatesse et forts d’une animation à toute épreuve (le 4 et le 7, notamment). J’avouerai également qu’une partie des raisons pour lesquelles la franchise Precure m’attirait à la base, c’était les combats, et que de ce côté-là aussi j’en ai eu pour mon argent.

Je rajouterai que les héroïnes sont rigolotes et font des têtes d’enfer, que le chef des méchants est doublé par mon bbf Miki, que la méchante androïde est très bien aussi, et que Homare est d’une classe folle. Bref, des faiblesses (car il n’y a pas que l’épisode d’Aoyama qui n’était pas ouf) mais plein de qualités pour ces huit premiers épisodes qui ont eu un effet indéniable : m’encourager, pompons à la main, à continuer à regarder ce Hug tto!, et à me presser d’aller creuser le reste de la saga Precure.


#10: Micchiri Neko

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helo.inc | 13 épisodes de 3 minutes | Manga (web)

Titre Crunchyroll : Mitchiri Neko

Après tout ça, comment vous justifier que je mette dans le top 10 Micchiri Neko, une série courte sur des petits chats flemmards qui vivent par troupeau (ou plutôt par tas) ? Difficile. Et du coup je ne le ferai pas. Vous finirez par le faire à ma place.

Histoire de présenter ça un minimum quand même, Micchiri Neko est une comédie qui met en scène des chats capables de parole et à l’anatomie parfois aléatoire, qui vivent agglutinés. Ne vous attendez pas à un scénario, c’est une pure suite de gags. Une bonne partie des vannes tourne autour du fait que ça soit des chats entassés qui parlent, mais le reste des gags peut aller absolument dans n’importe quel sens (parodie, absurde, chats qui servent de distributeurs de sauce soja, y’a de tout).

Et contre toute attente, c’est franchement drôle, la série ayant un humour pince-sans-rire qui marche beaucoup sur moi. Et si ça ne fera pas éclater de rire tout le monde, il est extrêmement difficile de passer un mauvais moment devant. Et pour les esthètes, notez que les chats se partagent une poignée d’excellents seiyuu, dont Hiroshi Kamiya, Jun Fukuyama, Saori Hayami, Noriaki Sugiyama, Yuuichi Nakamura, Satomi Akesaka et Takahiro Sakurai, ce qui n’est jamais qu’une raison de plus de passer quelques minutes de qualité avec l’AOTY secret qu’est Micchiri Neko.


#9: Emiya-san Chi no Kyou no Gohan

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ufotable | Une poignée d’épisodes de 13 minutes (ONA) (premier cour) | Manga

Titre Wakanim : Today’s Menu for Emiya Family (ONA)

Une petite explication. D’habitude, pour ces bilans, je fais mon classement en deux temps. Premier temps : à chaque fois que je termine une série de la saison, je l’ajoute dans un premier brouillon de classement, à la place qui semble être la plus appropriée, à l’instinct. Dans un second temps, une fois que toutes les séries sont placées, je traficote la liste pour replacer les séries qui me semblent trop bien ou pas assez bien classées. Cette saison-ci, la seconde partie du processus a pris un temps record : j’ai vu Emiya-san Chi no Kyou no Gohan dans le top 10, j’ai réfléchi une poignée de secondes, et je me suis dit : « allez ».

Adaptation d’un manga spin-off de Fate/stay night dessiné par TAa, Emiya-san Chi no Kyou no Gohan est une série qui s’intéresse à un aspect non négligeable du visual novel de Type-Moon : la bouffe. Car qui a risqué des dizaines de fois de piquer du nez sur son clavier en lisant la route Fate sait que la relation du personnage principal, Shirou, à son royal garde-fou d’un mètre cinquante-quatre, Saber, repose beaucoup sur la cuisine. Ainsi, Emiya-san Chi no Kyou no Gohan est une série qui prend place dans une ville de Fuyuki semblable à celle de Fate/hollow ataraxia : les Servants sont bien là mais la Guerre du Graal semble ne pas y être à l’ordre du jour (si elle l’a déjà été), personne ne semble être décédé, et tous ces ennemis potentiels prennent plaisir à se retrouver pour un bon vieux gueuleton chez Shirou, l’éternelle bonne poire.

Si vous ne pigez qu’à moitié ce que j’ai expliqué, il y a une façon plus simple de savoir si cette série peut vous intéresser. En effet, Emiya-san Chi no Kyou no Gohan est une série dont l’intérêt à vos yeux peut être directement inféré de votre réaction face à son opening, le bien nommé Apron Boy (la méthode marche aussi avec le très chouette ending mais celui-ci est moins représentatif de la série). Si vous trouvez ça fabuleux, alors vous êtes un fan de cet univers qui prendra, à n’en pas douter, plaisir à voir ce slice-of-life qui utilise avec talent et non sans une occasionnelle malice ces personnages bien connus. Si par contre vous trouvez ça « juste » très joli, alors vous y trouverez sans doute le temps un peu plus long, à moins d’être vraiment passionné de bonne animation.

Car si Emiya-san Chi no Kyou no Gohan est une série dont votre appréciation va pas mal dépendre de si vous aimez Fate/stay night (et pas que pour ses combats), il ne fait aucun doute qu’elle est aussi un tour de maître pour un studio ufotable que l’on connaissait jusque-là surtout pour sa capacité à produire des scènes d’action grandiloquentes, ses character designs reconnaissables, et sa photo un poil (lire « très ») invasive. Pique gratuite à part, l’animation d’explosions de testostérones ne demande pas forcément le même ensemble de compétences que l’animation de scènes de character acting plus fines, dont les animateurs d’Emiya-san Chi no Kyou no Gohan parviennent pourtant à remplir chaque court épisode, avec en plus une direction artistique fraîche et une photo plus naturelle. Bref, un plaisir doublé d’une agréable surprise de ce côté.

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Et si Emiya-san Chi no Kyou no Gohan parvient à être à mon avis la série avec la meilleure animation de cuisine que j’aie jamais vu (les lauriers restent à Koufuku Graffiti pour l’aspect dégustation, ou presque), ça n’est pas tout ce qui fait son intérêt. En effet, outre l’accent mis sur le don qu’a Shirou aux fourneaux, la série reste à son cœur un slice-of-life très posé et plein de charme, avec de beaux décors, une direction artistique chaleureuse, un véritable sens du détail et un véritable amour de ses personnages. Et non, je ne planque pas des screenshots partout pour vous vendre la série, juste parce que j’aime faire ça.

Alors oui, cette place est forcément subjective parce que j’aime beaucoup l’univers de la série et les personnages qu’elle utilise (et encore, ce cour-ci y’a pas beaucoup eu Rider à l’écran donc j’ai été raisonnable), mais dans les faits, et même si la comparaison est injuste vue la différence de format, je pense très sérieusement qu’Emiya-san Chi no Kyou no Gohan est le slice-of-life le mieux produit de la saison. Certes, c’est une série bâtie sur du fan-service, mais justement, du fan-service aussi habilement fait mérite d’être célébré sans retenue.


#8: Saiki Kusuo no Ψ-nan 2

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J.C.Staff & Egg Firm | 24 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Netflix (mais, une fois de plus, y’a pas encore la S2) : Saiki Kusuo no Ψ Nan

Le bail n’a pas changé depuis la première saison, Saiki Kusuo no Ψ-nan est toujours une comédie hilarante et rythmée comme un morceau de Beatmania, qui suit un lycéen blasé de la vie à cause de ses pouvoirs psychiques beaucoup trop puissants. Le lycéen en question, l’éponyme Kusuo Saiki, est joué par un Hiroshi Kamiya des grands jours, avec un débit de parole presque aussi impressionnant que sa capacité à rester de marbre en doublant tout ça.

Toujours adaptée du manga déjà pas très joli de Shuuichi Asou, cette seconde saison, qui fait entrer en scène deux amusants nouveaux personnages, s’avère encore plus cheum que la première, et reprend avec un premier épisode méta maladroit. La seule chose d’autre que j’ai à dire, c’est que c’est toujours suffisamment drôle pour qu’on fasse complètement abstraction de ça et que la série atterrisse quand même dans le top 10. Le jour où Netflix se décidera à payer à la série une traduction (de qualité, sinon ça vaut pas le coup), sautez dessus instantanément.


#7: 3-gatsu no Lion 2nd Season

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Shaft | 22 épisodes de 25 minutes (second cour) | Manga

Titre Wakanim : March comes in like a lion (Saison 2)

Difficile de conserver le niveau atteint la saison passée par la seconde saison de l’adaptation en anime du fabuleux 3-gatsu no Lion de Chika Umino. Et pourtant, en aucun cas ne voudrais-je faire affront à un anime qui reste fascinant, avec notamment un affrontement fabuleux entre Shimada (doublé par un Shinichirou Miki tout en retenue) et Yanagihara (doublé par un Houchou Ootsuka, seiyuu de cœur pour moi, qui rend difficile à croire qu’il n’a « que » 64 ans), mais aussi la conclusion sans faute du terrible arc lancé dans le premier cour.

Mais cette place hors du top 5 n’est pas qu’une politesse faite aux nouvelles séries, puisque ce second cour de seconde saison laisse apparaître un peu plus de faiblesses techniques qu’à l’accoutumée, et n’adapte pas non plus que des arcs passionnants, avec des épisodes un poil moins intéressants à mon goût sur le Meijin et sur les sœurs Kawamoto. Rien de bien méchant toutefois, la série restant à un niveau d’excellence devenu habituel, tel que l’on ne peut pas s’empêcher d’espérer, une fois ces épisodes finis, qu’une troisième saison pourra voir le jour.


#6: Devilman: Crybaby

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Science SARU | 10 épisodes de 25 minutes (ONA) | Manga

Titre Netflix : Devilman Crybaby

Si le Darling in the FranXX cité plus haut était selon moi le nouvel anime le plus débattu dans les cercles otakiens sur l’ensemble de la saison, il ne fait aucun doute que Devilman: Crybaby a lui été l’idole d’une poignée de semaines où enthousiastes d’animation japonaise et amateurs plus généralistes de culture populaire (lire « personnes abonnées à Netflix ») se sont donné la main pour jouer à « qui c’est qu’est Devilman ? » et pour danser sur l’endiablée reprise de la Devilman no Uta. Réduire les raisons de ce succès d’estime à la présence de la série sur une plate-forme populaire de VOD serait toutefois immensément réducteur, puisque comme vous l’avez vu, sur quatre séries sorties exclusivement sur Netflix, trois autres n’ont pas rencontré le même accueil. Alors qu’a Devilman: Crybaby que n’ont pas ses confrères, à part le rythme dans la peau ?

L’autre facteur majeur qui a, tout du moins je l’espère, contribué à la popularité de cette réinterprétation du manga culte de Gou Nagai, c’est qu’elle est réalisée par l’excellent Masaaki Yuasa. Un créateur déjà reconnu en tant qu’animateur et réalisateur notamment pour son approche très personnelle et décomplexée du mouvement, souvent riche en déformations, Yuasa a beaucoup fait parler de lui l’an dernier en sortant deux films d’animation très différents la même année, dont un film grand public et un très bon film. Pique gratuite à part, la diffusion en salles de Yoake Tsugeru Lu no Uta aura sans doute permis de réajuster les projecteurs en direction de l’homme, juste à temps pour voir arriver sa nouvelle œuvre, diffusée par Netflix et produite par autrui.

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Comme dit précédemment, Devilman: Crybaby est la réinterprétation de l’une des premières grandes œuvres de Gou Nagai, un récit apocalyptique racontant la transformation d’un garçon en homme-diable juste à temps pour voir l’humanité s’effondrer progressivement sous l’influence des démons (eh oui, comme le veut l’adage, « ça va, ça fait cinquante-huit ans que c’est sorti on peut spoiler un peu »). À la fois désespéré et naïf, parlant des humains sous l’angle de leurs comportements autodestructeurs et de leurs désirs ensevelis, le récit très graphique de Nagai reste encore aujourd’hui vraiment intéressant à lire, d’autant qu’il a inspiré génération après génération d’artistes japonais, mais il ne fait aucun doute qu’il est profondément ancré dans son époque, et que le reprendre tel quel pour le mettre à l’heure de 2018 demandera du travail si on ne veut pas se gaufrer.

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Et c’est là pour moi la grande réussite d’un Devilman: Crybaby qui parvient à rester « fidèle » à l’esprit et à l’intrigue de l’œuvre d’origine tout en la retravaillant en profondeur. Devilman: Crybaby n’est pas le Dark Souls de l’animation japonaise mais bien le Devilman de 2018, ne se contentant pas de moderniser le contexte et les codes du manga, mais faisant gagner l’intrigue en densité avec de véritables nouveaux personnages, de nouveaux thèmes et généralement de nouveaux motifs, certains propres à Yuasa et d’autres inspirés par des œuvres elles-mêmes largement inspirées par Devilman (avec des références directes à Devilman lui-même, tant qu’à faire). Le résultat, accompagné avec par une bande-son riche en synthwave de notre gars sûr Kensuke Ushio, parvient à être viscéral, riche et créatif tout en étant une vraie réadaptation plutôt qu’une réinterprétation complète.

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Pour revenir à un plan plus terre-à-terre et plus technique, Devilman: Crybaby est une série à laquelle le manque de finesse va bien (ce qui ne l’empêche pas d’être habilement réalisé), mais dont le manque de finition est parfois préjudiciable. Sans parler de quelques cuts un peu limite, la série est ponctuée d’un certain nombre de petites bêtises (je pense à un certain nombre de plans zoomés et de panoramas vilains sur des cuts statiques), individuellement négligeables mais qui ont quelque peu contribué à me sortir de la série. Rien d’inexcusable toutefois, surtout quand on finit avec un fabuleux dernier épisode comme ça.

S’il est bourré de scènes mémorables, Devilman: Crybaby n’est pas pour tous, ses abus de sexe et de violence presque caricaturaux le réservant à un public avec un système digestif solide. Mais il ne fait aucun doute qu’avec cette série, Yuasa a réussi le tour de force de faire rentrer en un coup Devilman dans le XXIe siècle et dans l’imaginaire d’un public occidental pour lequel le manga culte était jusque-là tout au plus confidentiel. Un succès mérité, et auquel on repensera longtemps à chaque fois qu’on mange des gaufres.


#5: Koi wa Ameagari no You ni

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Wit Studio | 12 épisodes de 23 minutes | Manga

Titre Prime Video : Après la pluie

Et sans transition, enchaînons sur une série qui parle d’Akira, membre émérite du club d’athlétisme de son lycée. Malheureusement pour les fans de Crybaby, les similitudes s’arrêtent là, puisque la série d’hiver de la case noitaminA n’est pas l’histoire d’une apocalypse, ni même vraiment une histoire d’amour, mais juste l’histoire d’une fille et d’un vieux gars qui apprennent à se remettre à aller de l’avant.

Pour être précis, Koi wa Ameagari no You ni nous parle de la jeune Akira, à qui une blessure au tendon d’Achille a fait un sacré coup au moral. C’est alors qu’elle fait la rencontre de Kondou Masami, 45 ans au garrot, un sympathique gérant de restaurant familial. L’homme, voyant sa cliente de fort triste humeur au milieu du restaurant vide, lui offre innocemment un café et un petit tour de magie. Un coup de foudre plus tard, étant de toute façon incapable de poursuivre ses activités dans le club d’athlétisme, Akira postule pour un petit boulot : celui de serveuse dans ce fameux restaurant.

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Le postulat de la belle adolescente qui tombe amoureuse du quarantenaire ringard peut, à première vue, donner lieu au lever d’un sourcil presque réprobateur. N’ayez crainte, vos inquiétudes n’ont pas lieu d’être, car avant d’être l’histoire d’un crush difficile à justifier à ses amies, Koi wa Ameagari no You ni est l’histoire de ses deux personnages principaux et de leur façon d’évoluer au contact de l’autre. De ce que j’ouïs dire, l’anime charcute assez largement l’histoire du manga, mais le résultat est un récit convaincant, qui se conclut bien (même si la scène finale est un peu too much) et qui ne sombre dans aucun des écueils que l’on pourrait s’attendre à lui reprocher en lisant le résumé ou les recommandations sur MyAnimeList.

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Mais si l’histoire est bonne, elle ne serait rien sans l’habile réalisation de la série, qui parle par l’image de tout ce que le laconique personnage d’Akira, qui a tendance à être un peu seule dans son monde, ne formule pas avec des mots. La demoiselle sait être très directe quand elle veut, mais la série prend soin à ne pas la faire monologuer dans son coin ni à trop lire dans ses pensées. Ainsi, états d’esprit, émotions, impressions, beaucoup de Koi wa Ameagari no You ni passe par une réalisation délicate qui résiste honorablement bien à l’envie de se pourvoir d’artifices visuels pour s’exprimer (il en utilise aussi, mais là n’est pas l’essence de la chose). L’exemple le plus simple pour illustrer ça reste cette scène du tout début du premier épisode, qui dit tout ce qu’on a besoin de savoir bien avant que ça ne soit présenté explicitement.

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De l’autre côté, le personnage de Kondou est plus bavard, parfois lyrique, même. Et là aussi, cette différence de façon d’aborder le personnage, et de narrer ses pensées, a un sens (que je n’expliquerai pas afin de ne pas divulgâcher). Habile, Koi wa Ameagari no You ni l’est, mais révolutionnaire, jamais, et c’est tant mieux : la série ne cherche pas à impressionner, juste à transmettre une belle histoire de la plus fluide et de la plus élégante des manières, et c’est, pour le moins dire, réussi.


#4: Pop Team Epic

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Kamikaze Douga | 12 épisodes de 24 minutes | Manga (4-koma web)

Titre Crunchyroll : Pop Team Epic

J’aurais presque envie de lâcher le micro ici et de passer directement au podium, mais ce serait nier qu’il y a une réflexion derrière cette absurdité de classement. La raison de ce classement est la suivante : il y a une réflexion derrière cette absurdité animée. Pour être plus spécifique, voilà la réflexion (promis j’arrête) : l’anime Pop Team Epic est l’une des adaptations les plus formidables que j’aie jamais vu.

Reprenons du début, parce que c’est nécessaire. À la base, Pop Team Epic est une comédie 4-koma publiée dans les pages virtuelles du Manga Life Win de l’éditeur Takeshobo, dessinée par Bkub Ookawa, shitposteur à temps plein et petit rigolo à ses heures perdues. Pop Team Epic, sous prétexte d’être un manga sur deux lycéennes ordinaires (Popuko et Pipimi), n’est en fait rien d’ordinaire puisque l’autoproclamé « manga de chie » mélange à qui mieux mieux humour surréaliste, parodies, blagues méta improbables, références à des jeux vidéos (je vous avais bien dit que c’était un shitposteur), sketchs absurdes et humour noir, le tout entrecoupé de bon gros doigts destinés tour à tour à ses lecteurs, à ses haters, et à son propre éditeur, le détestable (?) Takeshobo. Avec ses personnages mono-expressifs et son sens du n’importe quoi réglé comme une horloge à mille aiguilles, Pop Team Epic remporte l’adhésion des internautes des deux côtés du Pacifique, et là c’est le drame.

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Je vous préviens d’avance, je ne vais pas beaucoup m’attarder sur l’exécution de la série, qui est excellente, pour la bonne et simple raison que je n’ai pas dix pages à accorder à Pop Team Epic. Je préférerai donc vous rediriger vers quelques écrits bien intéressants pour comprendre ce dont est fait la série. Pour résumer et pour les anglophobes, disons simplement que Pop Team Epic est une série qui réunit des masses de créateurs qui n’avaient pour la plupart jamais travaillé dans le domaine de l’animation traditionnelle, offrant une opportunité à tout un tas d’artistes d’apporter un zeste de leurs propres sensibilités, très différentes de ce qu’on a l’habitude de voir, au cocktail d’improbable qu’est la série.

La logique est différente mais le principe est un peu le même que pour un manga que j’adore, Palepoli, qui est une anthologie expérimentale de gags qui n’ont rien à voir avec quoi que ce soit de connu dans le média, dus en partie à un auteur qui n’y connaissait alors presque rien en manga. Dans le cas particulier de Pop Team Epic, ça donne non seulement des sketchs en 3D efficaces, des sketchs en 2D parfois normaux et parfois complètement déformés, mais aussi des gags animés en sable (par Miyo Satou, la même qui faisait les passages en peinture sur verre de Mob Psycho 100), des clips en stop motion avec des peluches, ou encore un fabuleux sketch animé par deux mecs avec des carnets à dessin.

Je ne vous ferai pas non plus l’explication ovinophile (je ne crois pas que ça soit le mot mais quelques recherches Google m’ont convaincu de ne pas chercher plus loin) de pourquoi Pop Team Epic c’est drôle. Certains adorent Pop Team Epic et trouvent ça hilarant, d’autres n’y trouvent aucun intérêt, et l’entre-deux est un terrain inexploré donc l’existence reste à confirmer. Si je mets la série dans la catégorie des séries que je recommande sans hésiter, j’aimerais y ajouter une amendement : je vous conseille sans retenue de regarder n’importe quel épisode mais, si vous ne vous amusez pas devant, ne prenez pas la peine d’en regarder un autre, car l’anime ne prend jamais la peine de ralentir pour laisser monter les haters à bord. Un anime difficile à recommander à un grand public, donc, mais dont je m’en voudrais de ne pas vous recommander de regarder un épisode.

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Venons-en donc au cœur de l’intrigue : pourquoi c’est une adaptation fabuleuse ? Parce que Pop Team Epic pousse le concept d’adaptation jusqu’à une sorte de nouvelle frontière où les vannes méta récursives s’entrecroisent comme des pièces d’échec sur le proverbial plateau tridimensionnel. Car si d’aucun disent que Pop Team Epic est composé d’épisodes de 24 minutes qui en prennent 12 à regarder, je suis plutôt de ceux qui disent qu’il faut bien 24 minutes pour voir l’épisode et sept jours pour identifier toutes les vannes. Attention toutefois à ne pas se sur-casser la tête à chercher des références partout, beaucoup de l’humour de Pop Team Epic étant simplement absurde. Il n’empêche qu’il y a de quoi se frapper le front juste en examinant l’adapté et l’adaptation, explications.

D’abord, le niveau facile : l’intégralité du format de Pop Team Epic est l’adaptation d’un seul strip du manga, où Popuko et Pipimi parlent de l’éventualité de voir PTE adapté en animé, darkest timeline s’il en est. Fidèles à elles-mêmes, l’une déclare vouloir être doublée par Masahi Ebara (Guy dans Naruto, notamment) et l’autre par bb Houchuu Ootsuka (qui dans Naruto était Jiraiya). Évidemment, Pop Team Epic (anime) prend la requête au pied de la lettre et, alors qu’il avait déjà annoncé deux comédiennes populaires dans les rôles principaux (celles-ci ayant même largement participé aux événements de communication de l’anime), les remplace sans aucune autre forme de politesse par ces deux gaillards.

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Évidemment, pour équilibrer les choses, il fallait aussi les faire doubler par un duo de femmes, et paf, ça fait des chocapics : un format unique où chaque épisode est découpé en deux parties PRESQUE identiques, la première doublée par deux voix féminines et la seconde par deux voix masculines, chaque épisode ayant des couples de seiyuu différents. Évidemment chaque duo est une allusion à une série ou à quelque chose de précis, mais si on commence à creuser dans ce sens-là on a pas fini d’en voir le bout.

Un peu plus perché : une rubrique récurrente entière de Pop Team Epic, le fameux Japon Mignon, est l’adaptation d’une seule case – je répète, une seule CASE – du manga. Vous savez peut-être que cette série de sketchs, réalisée en solo par le brave Thibault Tresca, lui a été confiée alors qu’il ne parlait en fait pas vraiment japonais, ce qui l’a obligé à concocter de son côté sa propre sauce de blagues franco-françaises, en français, et en parlant français face caméra. Rappelons aussi rapidement une évidence, qui est que les Japonais ne parlent, en général, pas non plus français, et que les sketches Japon Mignon ne sont sous-titrés que dans la seconde moitié de l’épisode. Maintenant, regardons la case en question, et la pose de Popuko sur les séquences face caméra de Tresca.

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C’est tout simple, mais quand on y pense l’idée est folle.

Enfin, dernière chose, si l’anime adapte fidèlement bon nombre des gags absurdes d’Ookawa, il ne perd pas une seconde pour se lancer la tête la première dans une croisade méta envers ses propres producteurs, faisant directement allusion à la guerre que Popuko et Pipimi mènent contre leur propre éditeur en manga. De ce fait, et aussi parce qu’il y a juste plein de nouvelles blagues, les fans du manga peuvent finir par se dire que tout ça n’adapte pas assez directement le manga. Et c’est là que je retourne ma carte piège qui était également mon atout, mon joker, mon huit de trèfle et ma carte Kiwi : BOBNEMIMIMMI. Il est difficile de dire que le segment récurrent des fins malades d’AC Departement n’a pas tout d’une vision d’horreur, et pourtant ces séquences génialement laides sont parmi les adaptations les plus fidèles et directes du manga de Bkub Ookawa. Prenez le temps d’y penser. Avec ces sketchs récurrents fidèles et volontairement affreux, la notion même que Pop Team Epic soit un manga de merde est adaptée en animé. Vous me direz, est-ce vraiment intentionnel ? Je n’en sais rien, mais ne venez pas me dire que l’idée n’est pas fabuleuse.

Alors oui, il est possible que j’aie mis Pop Team Epic aussi haut dans mon classement juste parce que j’ai apprécié chaque instant de cette série absurde et je-m’en-foutiste adaptée d’un manga qui l’est tout autant. Mais en même temps, pouvez-vous pardonner les actes de Takeshobo ? Pouvez-vous oublier les atrocités commises par King Records ? Certes non, ou en tout cas pas après cette ultime trahison.


#3: Violet Evergarden

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Kyoto Animation | 13 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre Netflix : Violet Evergarden

Après avoir passé des heures à défendre ma préférence pour l’œuvre de mon « japanese kuso manga boy » préféré, il va sembler bizarre que je ne passe pas des siècles à vous faire l’article des qualités du dernier né du studio Kyoto Animation. La raison est pourtant simple, c’est qu’il se défend très bien tout seul, comme un grand. Violet Evergarden est un anime foutrement beau au propre comme au figuré, merci bonsoir, on passe au numéro deux.

Plus sérieusement, Violet Evergarden raconte la vie, après la fin de la guerre, d’une enfant soldat éponyme, et son cheminement pour faire le deuil d’un homme qui lui était cher. La demoiselle, qui n’a alors jamais connu que batailles et ordres, est étrangère à toute notion d’émotion – et s’il s’avérait qu’elle était capable de sentiments, alors elle ne saurait mettre de mots dessus – et a donc bien du mal à s’intégrer dans une société en paix. Avec ses bras prothétiques en métal, et ses réactions semblables à celles d’un automate, Violet ne trouvera de place qu’au sein de l’entreprise postale fondée par un camarade de feu son commandant.

Au sein de cette petite start-up tout à fait disruptive, Violet va se prendre de fascination pour une fonction bien particulière, celle de « poupée de souvenirs automatiques ». C’est en fait un travail de prête-plume, permettant aux personnes qui ne sont pas en mesure d’écrire de quand même envoyer des lettres à leurs connaissances, à leurs partenaires, et à leurs êtres chers. Ainsi, c’est en apprenant et en pratiquant ce métier que Violet va apprendre à comprendre le cœur humain, au contact de ses clients successifs.

Et c’est bien là que l’anime Violet Evergarden montre tout son intérêt, plutôt que quand il raconte l’histoire de Violet elle-même, qui, si elle est certes bien racontée, reste assez classique, et se montre même assez cheesy. Ainsi, hormis les épisodes liés à Violet elle-même, chaque épisode de l’anime est consacré à un job différent, avec un client différent, qui a son histoire, son environnement, ses circonstances. C’est là, dans ces histoires épisodiques, que Violet Evergarden prend son envol, porté par une production absolument sans failles et une réalisation qui sait rendre un univers vivant et concret. Un épisode comme le superbe épisode 5 (celui de la princesse), par exemple, est à mon sens une vraie leçon de cinéma (et, après vérification, je note qu’il était storyboardé par Naoko Yamada, comme quoi).

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Voici Hervé Sitétriste. Bonjour Hervé.

Mais si ma préférence revient au très beau et très positif épisode 5, Violet Evergarden a aussi su se faire remarquer pour sa capacité à provoquer l’émotion, avec des histoires comme – on va dénoncer – les épisodes 3, 10 et 11. On ne va pas jouer au jeu de « qui c’est qu’a pleuré », mais disons que je ne vous reprocherais pas d’avoir eu des sanglots dans la voix en disant « c’était bien » après la fin de ces épisodes. Alors oui, je ne rends peut-être pas, avec mes mots, honneur à la réussite qu’est Violet Evergarden, mais d’un autre côté, le fainéant-promu-poète qui est en moi a envie de dire que ça n’est qu’une preuve de plus du fait que la capacité – et l’incapacité – à mettre des mots sur les choses est un sujet qui mérite amplement d’être exploré.


#2: Yuru Camp△

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C-Station | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Yuru Camp – Au grand air

Pas besoin d’accomplir des miracles pour être une série d’exception. Avec son titre, Yuru Camp△ nous fait la proposition de trois choses. Petit un, du « yuru » (du latin « yurus », pluriel « yuri ») qui signifie pépère, décontracté de la châtaigne. Petit deux, du « camp » (qui vient probablement du grec vu que ça vient du Décathlon qui vient aussi de l’autre pays du tarama), qui veut dire, bah, camper. Et petit trois, un « △ » qui vient de mon cahier de géométrie de CE2, et qui implique probablement que les Illuminati sont dans le coup. Est-ce qu’il y a dans Yuru Camp△ de la détente, du camping et des triangles avec des yeux ? Oui, trois fois oui, le pari est donc remporté.

Un peu plus sérieusement (mais pas trop, restons détendus), Yuru Camp△ met en scène Rin, un parasite en forme de dango qui a pris possession d’une lycéenne. Encore un peu plus sérieusement, pour de vrai cette fois, Yuru Camp△ met en scène Rin, une lycéenne qui a une passion pour le camping en solo, notamment hors saison. Un beau jour d’hiver, alors qu’elle campait en face d’un lac pas loin du Mont Fuji, elle fait la rencontre de Nadeshiko, une fille qui vient d’emménager dans la région et qui s’est paumée dans le coin. La nuit tombant et celle-ci n’ayant pas de moyen de rentrer chez elle, elle accepte l’hospitalité que lui offre exceptionnellement la solitaire qu’est Rin. Ainsi, au cours d’une courte séance de camping nocturne, Nadeshiko découvre en elle un bourgeon d’intérêt pour l’activité.

Pur slice-of-life affilié à la famille Kirara, Yuru Camp△ est un petit moment de bonheur extrêmement relaxant, drôle et chaleureux, visuellement plaisant bien que pas toujours égal à lui-même, avec une bande-son placée sous le signe du confort absolu, de fort jolis décors et tout un tas de très bons personnages. À la fois didactique et jamais chiante, à travers les voyages de Rin en scooter et les découvertes de Nadeshiko, la série a le mérite d’être une excellente invitation à sortir du train-train quotidien et à, tout simplement, profiter du plein air. Beaucoup de séries slice-of-life sont capables de rendre votre vie un peu plus agréable, mais peu peuvent vous encourager à effectivement la rendre un peu meilleure.


#1: Sora yori mo Tooi Basho

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Madhouse | 13 épisodes de 24 minutes | Original

Titre Crunchyroll : A Place Further Than the Universe

Mais si j’ai adoré Yuru Camp△, il y a très fort à parier que je n’aurais pas été aussi réceptif à ses charmes sans le gigantesque appel d’air provoqué par l’invitation à l’Aventure avec un « A » majuscule qu’est Sora yori mo Tooi Basho, tant et si bien que j’ai longuement considéré chambouler la présentation du bilan pour mettre la série dauphine après la vraie lauréate. Mais non, il fallait garder le meilleur pour la fin, et le meilleur de la saison, le voici.

Le premier épisode de Sora yori mo Tooi Basho s’ouvre avec Mari, lycéenne ordinaire, qui se réveille un matin (ou plutôt un après-midi) en s’apercevant qu’elle est en train de laisser filer sa jeunesse. Le désir de l’aventure l’habite, et un jour, au lieu d’aller au lycée, elle décide de prendre le train dans la direction opposée. Mais faute d’un objectif clair ou d’une raison suffisante pour sortir des barrières du quotidien, Mari n’arrive pas à franchir le pas, et retourne au lycée. Le soir-même, de retour dans cette gare, elle percute une autre lycéenne, qui laisse tomber sans s’en apercevoir une enveloppe. Son contenu : une épaisse liasse de billets.

Le lendemain, Mari se presse de retrouver la fille, une dénommée Shirase, et de lui rendre le pactole. Celle-ci la remercie, et lui explique qu’elle a accumulé ce magot dans l’intention de financer son voyage vers l’Antarctique. Car sur le continent austral l’attend, ou en tout cas c’est ce qu’elle aime à espérer, sa propre mère, disparue il y a quelques années dans une tempête alors qu’elle prenait part à une expédition scientifique japonaise en Antarctique. Quoi qu’il en soit, elle veut aller voir de ses propres yeux ce qu’a vu sa mère, et peu importe tous ceux qui lui disent que c’est impossible ou qu’elle devrait abandonner. Pour Mari, en voilà une, une vraie aventurière.

C’est avec ce fabuleux premier épisode que la réalisatrice Atsuko Ishizuka brise la glace (…) pour sa première série originale, qui va nous emmener aux côtés de quatre jeunes filles et de leur ardent désir de voguer vers l’inconnu ensemble. Et si la réalisatrice de No Game No Life et Hanayamata est connue pour son amour féroce des couleurs vives, elle fait de celui que l’on va appeler Yorimoi son anime « de la maturité », en rangeant palettes de violet pétant au placard mais en ne se débarrassant certainement pas de ses sensibilités en tant que réalisatrice. Car dans Yorimoi, c’est avec subtilité que les couleurs viennent souligner ambiances et situations, entre la vase stagnante du quotidien d’une salle de classe et la lueur de l’inconnu. Au-delà même de ça, les épisodes storyboardés par Ishizuka sont intelligents, et la parfaite façon de lancer cette grande aventure, propulsée également par des insert songs au timing impeccable.

Et si les idées peuvent venir à se tarir dans quelques épisodes en milieu de série, et si l’animation vient vite à peiner à suivre, c’est avec le pur enthousiasme de ses protagonistes que Yorimoi nous emmène jusqu’au bout de l’incroyablement émouvante conclusion de son aventure. La relation pleine de complicité qui unit nos quatre héroïnes est une intarissable source de bonne humeur, de comédie et d’émotion, et bien loin de s’en contenter, la série parvient à donner en un temps record du caractère à tout son casting de personnages secondaires.

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Mais il n’y a pas que de la sympathie que Yorimoi parvient à évoquer, puisque si je l’ai mis en première place de ce premier bilan de 2018, ce n’est pas parce que c’est une série incroyablement riche, bien conçue et agréable à regarder, mais parce qu’elle m’a profondément touché. Avec ce premier épisode qui est, je le répète, magistral, Sora yori mo Tooi Basho m’a donné l’impulsion, l’envie et la volonté de changer. Je conviens que c’est une chose qu’il conviendrait plus de dire sur un blog qu’ici, mais, ah, on me dit que du coup c’est bon. C’est tout bête, mais une partie des changements apportés à cette édition de mes bilans trimestriels sont directement dus à Sora yori mo Tooi Basho. Alors, oui, Yuru Camp△ vous remplit d’un désir de sortir plus réaliste. Mais il y a quelque chose d’irrésistible, de captivant et de marquant, à la façon dont Yorimoi vous propose ne serait-ce que d’essayer de prendre l’autre train.


Il faut croire que j’ai construit ce blog sur un cimetière de serveurs Apache, puisque une malédiction semble faire que peu importe le temps que je me laisse pour écrire, peu importe ce que je fais, je finirai toujours l’écriture de ces pavés au beau milieu de la nuit. Mais avant de rejoindre mon lit pour me préparer à relire tout ça, il est temps pour moi de te remercier, lecteur ou lectrice, d’avoir scrollé jusqu’au bout de ce bilan, et de par ce geste justifier le temps que j’y ai consacré.

Particulièrement pour cette édition hiver 2018, je suis conscient que bien des lecteurs auront des désaccords avec les places dont ont hérité un bon nombre de séries, et ce sera, ma foi, tout à fait normal. Ainsi, je vous invite à ne pas hésiter à réagir en commentaire ou par Twitter, par quelconque moyen qui vous convienne, pour me dire ce que vous pensez des séries que vous avez aimé mais à côté desquelles j’ai pu passer, ou au contraire pour me donner un coup de règle sur les doigts pour avoir trop aimé certaines autres séries. Bien entendu, les réactions vis-à-vis du petit changement de formule sont bienvenues également.

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Pas taper.

Voilà donc un bien malhabile paragraphe que j’aurais pu pourtant remplacer par un classique « lachez vos comz pls ». C’est toutefois peut-être une bonne façon de conclure un bilan lui-même bien plus long qu’il ne devrait normalement l’être. Bref, merci d’être passés dans le coin, voyez-m’en heureux si quelques vannes vous ont fait rire ou si vous avez découvert des séries qui vous intéressent, et on se revoit, je l’espère, dans trois mois, même période même adresse.

5 réflexions sur “Hiver 2018 : Le Bilan

  1. AU moins on est d’accord sur le numéro 1 🙂
    Sinon j’aurais juste à me prononcer sur Overlord et Fate qui s’en tirent bien chez toi, à titre perso je les ai vraiment trouvé insupportables.
    ps : tu es un grand malade, pense à te faire soigner 😉

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  2. Api

    Un top 3 sur lequel je te rejoins tout à fait. Par contre, je n’aurais sans doute pas été aussi clément avec Seven Deadly Sins dont les faiblesses d’écriture sont vraiment très apparentes cette saison, en plus de séparer une nouvelle fois mon couple favori (King x Diane <3). Idem pour Fate Extra dont les dialogues et l'exposition étaient affreusement abscons. Mais comme je n'ai pas dépassé le premier épisode de celui-ci, je ne pourrais pas juger de l'ensemble qui était peut-être plus digeste par la suite.

    Aimé par 1 personne

  3. Toujours aussi agréable de lire tes bilans saisonniers et toujours aussi impressionné par la quantité de travail fourni!
    Sinon, je suis tellement d’accord avec ton top 3 (même si je place Yuru Camp devant A place…), surtout que les deux premiers furent de vraies surprises (alors que Violet, on l’attendait).
    Sinon, je te trouve un poil dur avec Osomatsu san et je te conseille tout de même de regarder la fin de la saison qui n’est pas trop mal.
    Idem pour Darling in the Franxx qui est un top 10 (voir 5) selon moi même si dans le cas présent, mon jugement est biaisé vu qu’il repose sur 18 épisodes.
    Et je valide ton choix de lâcher les animes pourris même si perso, je continue de m’infliger Basilisk sans même comprendre pourquoi…

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  4. yunis171

    Parce que j’aime bien tes bilans et que étant donné que j’ai toujours une saison de retard répondre me donne l’impression de ne pas être comme la paranoïaque Hana de Slow Start et d’être comme les autres.

    Je ne vais pas revenir sur Yorimoi ni sur Koi wa Ameagari no You ni puisque je me suis déjà épanché sur twitter et parler de ce que j’ai vu (puisque certaines série de cette liste ne sont pas finit/commencé pour moi) ou du moins des série sur lesquelles j’ai quelque chose à dire.

    Commençons par le moyen, Basilisk…..Je suis un gros fan du mangas et mes yeux ont tellement saigné et j’ai du les fermer donc je me suis endormi devant la vacuité du scénario bref je me suis arrêté au milieu d’un épisode (ce qui n’arrive jamais), c’était horrible je veux pas en parler.

    Citrus, je l’ai maté en mettant la barre trés trés bas ça n’avait pas l’air fou et même avec des attentes basses j’ai réussi à être déçu. J’aime le yuri, mais là ça n’en est pas, c’est un shoujo mal écrit où on a changé le sexe d’un des personnage (en l’occurrence Mei) qui a des réactions typique de mec de shoujo (manque de communication, fierté mal placé et autres) ce qui rend le personnage proprement antipathique et ses rares moments de faiblesses ne rattrapent rien. Je me suis arrêté à la fin de premier arc, j’ai maté les 5 dernières minutes du dernier épisode et basta. Ca me peine pour Yuzu qui pour moi est un personnage attachant et vraiment mignonne, du coup un impression de NTR assez désagréable.

    Merci beaucoup pour Aggressive Retsuko, je m’éclate et je n’aurais sans doute pas maté sans toi donc merci.

    Slow start, c’est une bouffé d’air frais et en lisant tes mots j’ai senti un doigt pointé vers moi, trés sympa aucune arnaque, what you see is what you get c’est assez relaxant entre deux séries « sérieuses  » effectivement.

    Overlord (il me reste les 3 derniers à voir), je sais pas mec et j’en viens à me demander si on a vu le même anime. Moi au contraire j’ai vu le coté humain du « personnage principale » et même un peu trop. Je l’ai trouvé un peu mou ce seigneur du mal et j’ai eu beaucoup d’empathie pour ses serviteurs et ai même partagé leurs incompréhension vis a vis de certaines attitude. Il se la joue « grand seigneur » mais il manque de grandeur et de charisme pour moi surtout dans ma mesure où en fait la majorité du temps il fait des expériences avec ses serviteurs pour voir s’ils sont capable de pensée autonome (on sent que ça va lui exploser à la gueule).

    Alors certes à aucun moment on a affaire à un anti héro mais j’ai apprécié cette saison pour le focus sur les serviteurs. Et je le trouve pas trop moche ou du moins ça me dérange pas plus que ça.

    Cette seconde saison de 3 gatsu no lion à eu ma préférence par rapport à la première pour une raison personnelle : j’ai horreur de l’ijime et quand c’est abordé dans un mangas/anime ou autre (ce qui est assez souvent et je suis d’accord il faut en parler pour le désamorcer) c’est souvent assez difficile pour moi du coup cette seconde saison un peu plus « shogi » avec l’introduction du Meiji et ce combat magnifique entre les deux maladifs a eu ma préférence mais sans doute pour les raisons cités plus haut. J’étais moins stressé en regardant.

    Voilà un « petit » retour je me suis efforcé d’être complet, merci de tout ce temps que tu investie et merci pour toutes les séries citées dans ce bilan que je vais découvrir grâce à toi.

    Aimé par 1 personne

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