Été 2018 : Le Pronostic

Si le bilan de ce printemps sera plus court qu’à l’accoutumée (eh oui, je vous l’apprends comme ça), la faute – si faute il y a – n’est certainement pas aux animes de la saison, qui ont su se montrer à la hauteur des attentes exprimées. Et c’est donc après deux grosses saisons consécutives que l’été se pointe avec ce qui est, comme chaque année, la sélection de titres potentiellement la plus faible de ces 365 jours. Il serait toutefois bien mal à propos de dire qu’il n’y a rien d’attirant dans tout ça, et pour le prouver, on va faire ensemble un petit tour des projets les plus sexy de la saison estivale. Eh oui, cette introduction n’est pas très drôle, mais que voulez-vous, c’est aussi ça que ça fait, d’écrire des lettres de motivation jusqu’au cœur de la nuit.

Le billet sera relativement rapide parce que, d’autant que bien entendu je vais essayer d’éviter les évidences et donc de ne pas parler des suites de séries dont vous savez déjà la grande qualité. De toute façon, il n’y a pas vraiment de suite marquante sortant cet été. Si ?

Shoujo☆Kageki Revue Starlight

Si j’ai cet été plusieurs séries dans le viseur depuis longtemps, il n’y en a qu’une qui me fascine au point de regarder sa première vidéo promotionnelle en boucle régulièrement depuis son annonce. Sens du rythme réglé comme une montre Flik Flak, amour de la théâtralité hérité du maître, jeunes demoiselles tombant parfois dans les bras les unes des autres et animation qui s’envole dans une scène d’action finale d’une fluidité époustouflante, ces trente secondes m’ont instantanément vendu une série contenant dans son ADN un peu de tout ce que j’aime dans l’animation japonaise. Les filles avec des capes, aussi.

Si cet amour des combats dont la mise en scène déborde largement du cadre d’une scène de théâtre réelle ne se dément pas dans les vidéos plus longues promouvant la série, la question se pose : Shoujo☆Kageki Revue Starlight saura-t-il tenir la distance et maintenir son intérêt en se tenant aux standards posés dans ses PVs ? Au-delà des contraintes techniques, la série, qui tourne autour d’un groupe de filles tentant de rejoindre une revue de réputation mondiale, saura-t-elle se montrer suffisamment inspirée pour nous porter à travers la saison ? Il y a des raisons d’y croire.

Si l’anime a l’avantage d’être produit par le « jeune » (dix ans cette année, tout de même) studio Kinema Citrus, que l’on connaît depuis peu pour des projets qui ont laissé la part belle à de nombreux créateurs talentueux (Shakunetsu no Takkyuu Musume, Made in Abyss), je m’intéresse avant tout à son réalisateur, Tomohiro Furukawa.

Animateur de formation, celui-ci s’est développé en tant que tel jusqu’à faire une rencontre très importante : celle de Kunihiko Ikuhara. Lors de la production de Mawaru Penguindrum, il sera amené à faire ses premières armes en tant que storyboarder sur les openings de la série, et se montrera tant à la hauteur qu’il finira par prendre en charge une partie des storyboards des quatre derniers épisodes aux côtés d’Ikuhara et de Shouko Nakamura (l’excellente réalisatrice en chef du projet). La confiance est établie et Furukawa rejoint Ikuhara sur son prochain projet, Yuri Kuma Arashi, en tant que vice-réalisateur. En signe d’amitié, Ikuhara ira même storyboarder l’opening de Norn9, série par ailleurs oubliable de Kinema Citrus mais dont l’opening était réalisé par nul autre que Furukawa. Une saison plus tard, nul ne sera surpris de le voir venir storyboarder un excellent épisode de la non moins qualitative troisième saison de Bishoujo Senshi Sailor Moon, licence sur laquelle Ikuhara avait lui-même fait ses armes au début des années 90.

Tout ça est bien beau, mais concrètement, qu’est-ce que ça veut dire pour ce projet ? C’est tout simple : non seulement ça signifie que Furukawa a pu aiguiser ses sensibilités artistiques au contact d’un des créateurs les plus reconnaissables et influents de l’industrie actuelle, mais cette influence est en plus très cohérente avec le thème de la série. En effet, les œuvres Ikuhara sont, à ma connaissance, toutes parcourues d’un amour véritable de la théâtralité et de la mise littérale en scène de ses personnages. Pour une série nous parlant de revue, qui est pour rappel un genre théâtral dont chant et danse sont parties intégrantes, difficile de trouver une meilleure référence.

Mais si j’ai beaucoup d’espoir pour les capacités de Furukawa, il est loin d’être seul sur le projet. Je vais devoir abréger après tout ça, mais notons que la bande-son est prise en charge par deux de mes gars sûrs, Yoshiaki Fujisawa (Uchouten Kazoku, Houseki no Kuni) et Tatsuya Katou (habitué des animes d’idols, mais aussi compositeur de l’excellente bande-son de SukaSuka), que les décors sont portés par les pinceaux de deux membres du fabuleux studio Pablo (Kentarou Akiyama et Kenji Fukuda, pour les nommer), et il y a toutes les raisons de penser que Muneki Ogasawara (producteur de l’animation central du studio) est sur le coup pour nous ramener des animateurs talentueux, comme pour les deux précédentes séries du studio.

Reste l’inconnue du contenu. Est-ce qu’il y aura un gouffre d’intérêt entre ce qui se passera sur scène et ce qui se passera en dehors des planches ? Est-ce que la série parviendra à nous proposer une approche quelque peu nouvelle dans le genre de l’anime musical ? Est-ce que des gens vont glisser sur des épées, est-ce qu’il y aura un gros trou, est-ce qu’il y aura des tables de ping-pong ? Tant de questions, et pourtant une seule chose à faire : bien s’installer dans son siège, et attendre les trois coups.

Banana Fish

Si ça ne vous gêne pas, on va aller à présent un peu plus vite, histoire d’avoir fini avant août. Je n’ai de toute façon malheureusement pas grand-chose à dire sur l’histoire de Banana Fish, un manga culte publié en France par Panini mais malheureusement en arrêt de commercialisation, et que je n’ai du coup pas lu. Le contexte est celui d’une enquête au sein du New York City des années 80 (mais ramenée à notre époque dans l’anime), tournant autour de suicides et d’une drogue. Et si j’en crois les tags que je vois çà et là, l’œuvre touche sa bille niveau boy’s love.

La série en deux cours, qui adaptera l’intégralité du manga, est animée par le studio MAPPA, qui est capable d’excellentes choses à partir du moment où il ne produit par trois séries en même temps. Or, justement, c’est le seul projet à court terme du studio (Sarazanmai étant prévu pour 2019 et Dororo pour les calendes grecques), et ça se ressent dans le staff, puisqu’on retrouve à la supervision de l’animation des têtes connues qu’on a vu sur un peu tous les précédents projets du studio, dont Ayumi Yamada, porteur du titre ronflant de « main animator » de Shingeki no Kyojin et surtout superviseur de deux épisodes de Mob Psycho 100, ce qui me parle tout de suite plus.

Les vraies stars sont toutefois les deux femmes à la tête de la production : la réalisatrice Hiroko Utsumi (animatrice nourrie au grain chez Kyoto Animation, qui a gravi les échelons jusqu’à devenir réalisatrice des deux premières saisons de Free!), et la character designer Akemi Hayashi (collaboratrice de Shouko Nakamura, issue comme elle de la Gainax, et qui a notamment opéré au même post sur le film Doukyuusei, lui-même un boy’s love d’excellente réputation). Comme, pour nous autre occidentaux qui subissons le region-lock des vidéos d’Aniplex, on n’a pas d’autre moyen de voir les PV que par Dailymotion (berk) ou Twitter (turbo-berk), c’est un peu difficile d’en dire plus sur ce dont tout ça a l’air, mais le fait est que les conditions sont réunies pour avoir une série dont tout Twitter parlera jusqu’à décembre. Ah, pardon, on me dit que c’est sur Amazon Prime Video…

Jashin-chan Dropkick

Revenons à quelque chose de plus léger avec une bonne grosse comédie avec de la monster girl et de la tatane. Jashin-chan Dropkick nous raconte l’histoire d’une étudiante très légèrement chuunibyou qui tente d’invoquer un démon, et se retrouve avec une démone à queue de serpent, nommée Jashin-chan, sur les bras. Tout ça est très bien, mais malheureusement celle-ci a omis de vérifier une chose : comment renvoyer la démone chez elle ? Il n’y a en vérité qu’une seule méthode avérée : tuer l’invocateur. Voilà qui met de l’ambiance dans une colloc.

Soyons honnêtes, la présence de l’anime dans cette liste est plus dû à son amusante (et plutôt bien animée) PV qu’à son staff, même si la présence du character designer vétéran Makoto Koga est assez rassurante. Elle est aussi due à la curiosité de voir comment une fille qui a une queue de serpent à la place des jambes peut faire un dropkick.

Tenrou: Sirius the Jaeger

Si la perspective de voir s’affronter des organisations de vampires et de loups-garous dans le Japon des années 30 est certes alléchante, j’aurais bien du mal à vous dire que c’est la chose qui m’attire le plus dans ce Sirius the Jaeger, qui nous fait part via sa PV d’une belle note d’intention, mettant en scène de belle façon l’ambiance de son univers (en plus de quelques fort jolis cuts d’animation et de son alléchant casting de seiyuu, choses qui ne me laissent jamais indifférent).

Non, la vraie raison première pour laquelle ce projet m’a sauté aux yeux, c’est qu’on y retrouve les character designs originaux de la prodigieuse illustratrice ex-Capcom Kinu Nishimura, une dame dont vous devez absolument googler quelques illustrations dès à présent si vous ne la connaissiez pas. Produite par le studio P.A. Works, la série est réalisée par Masahiro Andou (ex-Bones, notamment réalisateur de Sword of the Stranger), ce qui, de mon point de vue, est plutôt prometteur. J’ai en vérité des doutes sur la teneur du scénario (Keigo Koyanagi ne s’étant pas vraiment montré à la hauteur dès qu’il était question d’animes originaux, cf. Regalia: The Three Sacred Stars), mais si Sirius the Jaeger parvient à être un bon petit blockbuster avec une bonne ambiance, il aura déjà atteint mes attentes.

Hanebad!

Toujours dans le domaine des séries où la PV permet mieux de savoir à quoi on peut s’attendre que la liste du staff, Hanebad! a fait un grand coup en accompagnant l’annonce de son adaptation d’une vidéo de moins d’une minute rythmée comme une valse à mille temps, efficacement bruitée et puissamment animée.

La seconde PV, plus longue et globalement moins forte, permet de maintenir cette impression favorable pour cet anime de badmington féminin pourtant tenu par un staff par ailleurs pas vraiment remarquable. J’entends dire de bonnes choses du manga d’origine, et étant moi-même fan d’anime de sport, je ne peux qu’espérer que la série saura se montrer à la hauteur des attentes qu’elle a créées en moi.

Et le reste

En effet, pour ce qui est des projets en lesquels j’ai suffisamment foi pour leur accorder plusieurs paragraphes d’élucubrations, on va devoir s’arrêter là. Ça ne veut bien entendu pas dire que je pense que seules ces cinq séries seront dignes d’intérêt cette saison, mais je n’ai pas suffisamment de biscuit pour me permettre de supposer de l’intérêt de nombreuses autres séries de la saison, ni de leur capacité à résister à l’inexorable détérioration des conditions de production qui guette toute série animée produite en dehors des frontières de l’agglomération de Kyoto depuis quelques années. Cela étant dit, parlons un peu des autres séries potentiellement cool de la saison.

Et pour commencer je tiens à rendre hommage à un duo d’adaptations de mangas comiques hilarants qui ont des chances de ne pas être un régal visuel mais que tant pis on rigolera bien quand même. Premier dans les starting blocks : né de l’esprit malade de Tadataka Kawasaki, Chio-chan no Tsuugakurou est une série très drôle mais que j’ai un peu peur de voir sortir un peu cassée, du fait de deux choses : un report (ce qui n’est malheureusement jamais bon signe) et une PV pas bien belle de moins d’une minute sortie il y a quelques jours, première preuve de vie concrète du projet depuis le teaser de l’Anime Expo 2017.

Second membre du duo : Grand Blue, adaptation d’un manga qu’on me dit hilarant (et je veux bien le croire), en plus réalisé par mon gars sûr des animes comiques Shinji Takamatsu. Malheureusement, la série est produite par le studio Zero-G et sa PV m’envoie des signes qui veulent dire « tkt ça aura l’air de quelque chose pendant au moins quatre épisodes ». Prions que je ne sois qu’un aigri paranoïaque de plus sur le web, cela dit, et espérons que les deux adaptations seront réussies.

Un petit paragraphe pour Tsukumogami Kashimasu, l’adaptation d’un roman racontant l’histoire d’une boutique d’Edo qui loue des tsukumogami (des objets utilisés depuis si longtemps par les humains qu’ils en ont acquis un esprit). Ça a l’air pipou et, de manière générale, j’ai plutôt confiance en le studio Telecom Animation Film. J’espère simplement que les histoires racontées vaudront le coup, et que la production en parallèle de Lupin III ne vienne pas pomper trop de ressources dans l’équipe de la série.

D’ailleurs passons de la branche à la maison mère, TMS Entertainment, pour dire que Netflix hérite cet été de la nouvelle saison de Baki, adaptation d’un manga de baston brutal que j’aimerais beaucoup lire, si seulement il était encore édité en France. La nouvelle saison met Baki face à de très dangereux criminels, et y’a de très bons seiyuus dans le bail. La PV ne laisse malheureusement pas entrevoir quelque chose de très solide sur le plan visuel, mais tant pis, j’en veux quand même.

Je place celle-là un peu n’importe où, mais en vrai je l’aurais peut-être mise parmi les séries principales de ce billet si j’avais eu l’intelligence de m’acheter le manga pour voir ce qu’il vaut : je parle de Hataraku Saibou (Les Brigades immunitaires). L’attitude du studio David par rapport à l’externalisation étant ce qu’elle est, et le studio ayant un ou deux projets plus juteux sur le feu (non, toujours pas Ben-To S2, désolé), c’est difficile de prédire à quoi ressemblera la série fin septembre, mais le fait est que la PV sortie est efficace, et que le tout a l’air vraiment sympathique.

Passons rapidement sur mon envie que l’adaptation de Yuragi-sou no Yuuna-san soit cool pour arriver à une dernière section consacrée à un studio en particulier : J.C. Staff. Si la décence m’interdit de parler des PV de Back Street Girls (pourtant réalisé par Chiaki Kon, ce qui fait de moi un être choqué et déçu), j’ai pas mal d’intérêt pour deux de leurs projets de la saison.

Le premier est Satsuriku no Tenshi, une adaptation de jeu RPG Maker qui ne semble pas transpirer la subtilité, mais dont la PV se montre plutôt prometteuse, et dont le character design rappelle celui de Kujira no Kora wa Sajou ni Utau (Les Enfants de la baleine) – et à raison, la character designer ayant beaucoup bossé dessus. Beaucoup va dépendre de l’écriture de la série (si Okamoto fait le kéké psychopathe surjoué tout du long, j’ai beau l’aimer, on va vite saturer), mais vu qu’en plus le méchant est joué par Houchuu Ootsuka, j’ai envie d’y croire.

Le second, qui sera du coup le dernier élément de ce billet, ça sera Planet With, pour une seule et unique raison : il est écrit par Satoshi Mizukami, l’auteur de l’excellent Hoshi no Samidare. On en a pas vu grand-chose et le peu qu’on a vu ne suffit pas à me convaincre, le staff est pas ouf, et il y a Norio Wakamoto qui joue un personnage typé mascotte (pour rappel, la dernière fois que c’est arrivé c’était dans Wizard Barristers, on sait comment ça a fini), mais ce seul point me donne envie d’y croire. Oui, c’est un peu juste comme argument, mais au bout d’un moment il faut bien écouter la voix de son cœur, celle qui vous dit qu’un anime où Wakamoto double un chien ne peut pas être fondamentalement mauvais.

C’est un peu tout pour ce billet étonnamment dépourvu d’isekai (séries qui feront pourtant sans doute ma joie cet été parce que si j’aimais les animes de qualité ça se saurait). On se retrouve demain, pardon, aujourd’hui pour un bulletin court et efficace des actus de la semaine, et en attendant, je vous invite à réagir en commentaires en citant vite fait les séries qui vous bottent le plus cette saison. Ne vous inquiétez pas, je vous jugerai pas si vous citez Shingeki no Kyojin S3, y’a pas de souci. Si vous lâchez One Room S2, par contre…

Une réflexion sur “Été 2018 : Le Pronostic

  1. Comme toi, j’avais repéré Hanebado mais tu as réussi à attirer mon attention avec Banana Fish (mais il me semblait, à priori faussement, que le titre avait un côté yaoi) et Shoujo Kageki Revue Starlight.
    Et forcément, la hype est là pour la S3 de Shingeki no Kyojin et le second cour de la S3 de Boku no Hero Academia!
    Et je cracherai pas sur un petit isekai, du même type que « restaurant to another world » (2017)…

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