Printemps 2018 : Le Bilan

Si vous me permettez d’enfoncer des portes vitrées ouvertes, j’aimerais affirmer que nous vivons dans une société de l’éphémère. L’information périme sitôt qu’elle paraît, et là où l’on avait jadis des tubes de l’été, on n’a désormais plus que le meme du jour. Et même si le tube est meme, il titube sous le poids de l’éphémère. Tout est si fugace que je ne sais pas si, entre le moment où cette fastidieuse introduction sera finie et le moment où le bilan sera publié, nous n’aurons pas fait plusieurs bonds en avant dans l’histoire de l’Humanité, jusqu’à ce moment fatidique où la fougasse deviendra monnaie universelle.

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Notre société saura-t-elle s’en relever ?

Et ça ne se limite pas à l’information, car même la forme est éphémère, tout du moins jusqu’à ce qu’un éventuel Third Impact ne vienne nous transformer en un immuable jus d’orange gazeux où nous abandonnerons les limites de nos corps et où la notion même d’éphémère n’aura plus de sens. D’ailleurs, le liquide, ça tient dans un tube, ce qui est bien la preuve que tout ça n’est pas complètement incohérent. Une morale à tirer de tout ça : l’information est éphémère, la forme est passagère, mais les blagues sur Evangelion sont éternelles.

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Fig. a) Un mecha organique trempant dans le bain de pieds de l’humanité.

Bref, voilà une façon bien alambiquée de vous rappeler que mes bilans trimestriels sont, comme toute autre chose, sujets au changement. Vous me direz, le changement c’était déjà la dernière fois, mais je ne vous raconte pas du Flanby, car le changement c’est aussi maintenant. Ainsi, après deux ans passés à promettre à chaque fois de faire plus court, et à faire presque chaque fois plus long, voici enfin un bilan qui sera nécessairement plus court, car au lieu de regarder beaucoup trop de séries ce printemps, j’ai juste regardé beaucoup de séries. Si j’arrive à quand même faire un billet de plus de cent mille signes avec ça (spoiler), on pourra donc considérer que j’ai juste le sheitan de l’inconcision, ce qui aura le mérité de circonscrire le problème. Au fait, êtes-vous sûrs d’avoir lu correctement le dernier verbe ?

Mais trêve de blabla, vous êtes ici pour feuilleter le bilan des anime du printemps 2018. Dans celui-ci sont présentées et classées des séries animées japonaises diffusées entre avril et juin, de la plus nulle à celle qui est à mon avis la meilleure, ce classement étant établi sur la base vacillante de la balance douteuse de ma subjectivité. Bien entendu, tout comme il est difficile de comparer Orange et Apple, il y a parmi ces animés des séries aussi différentes en contenu qu’en format, ce qui fait que le classement n’a pas toujours de sens en lui-même. Ainsi, je vous invite à lire le texte si vous avez du mal à saisir pourquoi je place telle ou telle série si haut ou si bas dans tout ce bazar.

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Adoptez mes opinions svp

Notez ensuite que sont classées ici que les séries que j’ai vu en entier cette saison (ou dont j’ai vu l’intégralité des épisodes à compter du 30 juin), ce qui fait un total de (seulement) 30 séries animées. Mais on ne vous la fait pas, vous savez qu’il en sort bien plus que ça chaque saison. C’est vrai, et pour rendre honneur à ces séries non représentées dans le classement, je leur consacrerai quelques mots rapides avant d’entamer les choses sérieuses. Désolé si vos séries préférées du printemps ne sont pas dans le classement, mais c’est le jeu. Ce bilan est à ce blog ce que Toad est à Mario Kart : plus compact, plus rapide, et plus prompt à se prendre des baffes de joueurs énervés. Et toujours sur le sujet de la rapidité, je pense qu’on peut d’ores et déjà conclure l’introduction pour passer à la section consacrée à ces séries que je n’ai pas eu la foi de finir, ou de commencer.

Les absents : la coupe du directeur

Commençons par l’habituelle ritournelle : je n’ai, comme à l’accoutumée, pas eu le temps de rattraper des séries longues qui avaient commencé leur diffusion avant ce printemps (One Piece, Pokémon Sun & Moon, Detective Conan, et tous les autres). Je ne peux qu’espérer qu’un jour leur temps viendra, mais en attendant c’est niet. De même, je n’ai rattrapé aucune série que j’avais droppé cet hiver, hormis Boruto: Naruto Next Generations, dont j’ai à peine eu le temps de regarder deux épisodes de cette saison (ceux-ci confirmant ce que je pensais : il y a un groupe d’épisodes qui va reprendre les images du film Boruto: Naruto the Movie pour couvrir ces événements, ce qui n’a d’ailleurs à mes yeux rien de choquant). Rien à signaler à ce sujet, donc.

MAJ de rattrapaj’ (19/08/18) : J’ai vite eu fait de rattraper ce cour de Boruto: Naruto Next Generations, et comme prévu le cour nous a raconté les événements du film, enrichis pour l’occasion de pas mal de contenu et de personnages supplémentaires. C’est en partie agréable parce que ça rend l’univers post-fin de Naruto plus touffu, mais de l’autre côté pas mal des scènes refaites pour l’anime perdent en impact par rapport au film, notamment la scène où Naruto dévoile la tricherie de son fils, qui était intense et reposait sur peu d’artifices dans le film, et se voit là entrecoupée de détails faibles. Pas grand chose d’autre à en dire, sinon qu’il y a quelques sakugas de qualité çà et là (même si globalement le niveau est pas ouf) et que la fin du cour est un nid à flashbacks disgracieux qui pourrissent le rythme de ce qui devrait sinon être un passage assez riche en tension.

Ensuite, abordons les séries qui ont commencé ce printemps mais que je n’ai pas abordées, à commencer par l’absent le plus remarquable de ce bilan : Steins;Gate 0, que j’ai décidé d’attendre de lire dans son format original avant d’attaquer en anime. Ensuite, FLCL Alternative (parce que je suis un sale weeb qui veut son doublage japonais), et puis ensuite les petits trucs que je n’avais tout simplement aucun moyen de voir : Usagi no Matthew, Oshiri Tantei, Oretacha Youkai Ningen G, Kekkero Ke, Kuroneko Monroe, Caribadix 2nd Season, Neko Neko Nihonshi 3rd Season, Washimo 6th Season, et Chara to Otamajakushi Shima.

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Moi tentant d’ignorer les séries que j’ai pas vu.

On peut enfin passer aux séries que je voulais effectivement regarder ce printemps et ai abandonné en cours de route, que ce soit par manque de temps ou d’intérêt. Sur toutes ces séries, n’hésitez surtout pas à laisser en commentaire ce que vous en avez pensé si vous les avez vu, histoire de compléter ce post et peut-être de nuancer mes vilains a priori. Notez que je vais être rapide sur le sujet (ne l’avais-je pas promis ?), donc si vous voulez m’entendre en dire un peu plus sur le sujet, je vous conseille de vous reporter aux épisodes 5 et, bientôt, 6 de Calweeb Ball, le podcast spin-off que le fabuleux Zali Falcam a eu la gentillesse de me proposer de tenir avec lui. Les infos y sont, la syntaxe un peu moins.

D’abord, et là c’est vraiment plus dû au manque de temps qu’autre chose : je n’ai pas continué trois séries pourtant sympathiques de cet hiver, que sont Cardcaptor Sakura: Clear Card-hen, IDOLiSH7 et Hakyuu Houshin Engi, des séries en deux cours pas déplaisantes à regarder mais que je me réserve le plaisir de finir un autre jour. À ce sujet, notez que comme pour le bilan de cet hiver, si je trouve ultérieurement le temps de finir une série que j’avais lâchée, je viendrai mettre à jour le bilan pour donner quelques rapides impressions. Cela dit, vu qu’à l’heure actuelle je ne l’ai fait que pour deux séries sur le précédent bilan, ne soyez pas trop pressés.

Faisons un rapide tour des séries courtes, pour commencer. Si j’ai trouvé le petit slice-of-life Pastel Life bien fade (en 1 épisode, en même temps vu que je joue pas à BanG Dream! c’était prévisible), c’est avec un peu plus de regret que j’ai lâché Omae wa Mada Gunma wo Shiranai, une comédie absurde qui a le malheur d’être vraiment vilaine (en 1 épisode). Shounen Ashibe: Go! Go! Goma-chan 3, lui, avait comme d’habitude un joli générique et rien qui ne m’intéresse vraiment derrière. À l’inverse, je suis plutôt client de la came yuri de Tachibanakan Triangle, qui s’est malheureusement avéré aussi maladroitement écrit que produit (lâché au bout de 3 épisodes).

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Mais c’était toujours mieux que la séance de diapositifs Ladyspo, que j’ai tout juste eu la politesse de regarder jusqu’à la fin de son premier épisode. Étrangement, ça m’a pris quatre épisodes pour me dire que je ferais mieux de lâcher le très gênant pseudo-hentai de la saison, un certain Amai Choubatsu: Watashi wa Kanshu Senyou Pet. Pour finir avec les courts, j’ai été déçu de voir Akkun to Kanojo mettre le pied en plein dans le plat qui se présentait à lui en mettant en scène très bêtement l’idée pourtant pas inintéressante de gender-swapper une comédie romantique typée tsundere (4 épisodes vus). Et, dernier court suspect à la barre, Alice or Alice: Siscon Nii-san to Futago no Imouto s’est avéré étonnamment proche de l’idée que je me ferais d’une adaptation en slice-of-life tous publics de tous les clichés les plus vus et revus des nukige d’il y a dix-quinze ans (4 épisodes vus, et c’était pas bien du tout).

On en a fini avec les courts que j’ai dropés, mais il reste quelques séries ni courtes ni normales, chacune aux alentours de douze minutes l’épisode. La première, Koneko no Chii: Ponponra Dairyokou, est exactement ce à quoi pourraient s’attendre les fans de Chii et de la saison précédente, et si c’est très sympathique pour son public, la série ne m’intéressait pas suffisamment pour dépasser le troisième épisode. La seconde, Wakaokami wa Shougakusei!, est en fait la version désargentée du film que l’on connaît sous le nom d’Okko et les fantômes en France, et si le film m’intéresse, la série est à la fois techniquement pas resplendissante et assez maladroitement écrite (3 épisodes vus). Troisième de cette catégorie, la série web Isekai Izakaya: Koto Aitheria no Izakaya Nobu est également sortie assez rapidement de mon radar (2 épisodes vus), vu que le concept m’a semblé assez proche de celui du sympa-sans-plus Isekai Shokudou.

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Pour finir sur les séries mi-longues, je tiens par contre à attirer l’attention sur Jikken-hin Kazoku: Creatures Family Days, production nippo-taïwanaise également connue sous le nom de Shiyan Pin Jiating, qui suit une famille nombreuse dont les parents se sont retrouvés en prison. Motif de condamnation : ils avaient fait des expériences pas très très éthiques sur leurs enfants. Résultat, le cadet (un jeune génie qui a hérité de la matière grise de ses vieux) doit s’occuper du reste de sa fratrie, qui comprend un homme qui se transforme à volonté en chien, une femme végétale et une femme-araignée. L’idée de base est intéressante, l’animation montre par moments un peu d’ambition, mais si le manque de finition est regrettable, c’est surtout le drama parfois étrangement mené de la série qui m’en a décroché au bout de 9 épisodes. Dommage, mais je conseille d’y jeter un coup d’œil pour la curiosité.

Dans le domaine des grosses séries, commençons par des séries que je compte essayer de rattraper pour la saison prochaine : Aikatsu Friends! (6 épisodes vus, c’est bien mais ça se prête peu au marathonage à mon avis, ce qui m’en a un peu gavé), Juushinki Pandora (1 épisode vu, c’était laid mais c’est la dernière série de Kawamori alors je reste curieux), Inazuma Eleven: Ares no Tenbin (2 épisodes vus, j’ai pas eu le temps de continuer mais le double-épisode que j’ai vu était étrangement fun), Kiratto Pri☆chan (un épisode vu, là aussi le temps m’a manqué), Layton Mystery Tanteisha: Katri no Nazotoki File (un épisode vu, c’était vraiment très cool), Major 2nd (6 épisodes vus, c’est sympa mais un poil lent), Gundam Build Divers (1 épisode vu, ensuite de quoi j’ai eu envie de regarder Gundam Build Fighters avant de continuer) et Persona 5 the Animation (1 épisode vu, et il était étrangement pas inintéressant, merci Ishihama). Un petit big-up aussi à Cardfight!! Vanguard (2018), Kakuriyo no Yadomeshi et Puzzle & Dragon, dont les premiers épisodes respectifs m’ont plutôt convaincu, mais que j’aurais pour le coup absolument pas le temps de rattraper en plus.

MAJ de rattrapaj’ (08/09/18) : Ce premier cour de Major 2nd était effectivement bien lent, mais il nous amène sur le seuil de l’arc du tournoi, donc on peut pardonner. Point noir : Daigo est vraiment un petit con avec Mutsuko, et c’est déplaisant. (11/09/18) Gundam Build Divers est pour l’instant assez clairement la plus faible des trois séries spin-off Build, mais ça ne l’empêche pas d’avoir quelques belles scènes et de la bonne animation de mecha en 2D, chose assez rare pour être soulignée en 2018. La perte de Yuuki Hayashi à la BO est ce qui me fait le plus mal, cela dit. Je suis un peu plus client d’Aikatsu Stars!, qui s’il ne m’a pas vraiment accroché au départ a fini par obtenir mon affection après plusieurs épisodes très sympathiques, dont le très bon onzième. C’est naïf et pas toujours fou, mais ça se regarde avec plaisir. (20/09/18) Je pourrais m’attarder sur l’étrange fascination de l’animé pour les pingouins, mais Inazuma Eleven: Ares no Tenbin a fait un bon premier cour, fun bien que limité sur un certain nombre de points. Et la gardienne de Raimon est beaucoup trop cool. (21/09/18) Layton Mystery Tanteisha: Katri no Nazotoki File était sympathique aussi, même si je lui reprocherai jusqu’à la fin de son run si la série ne fait pas revenir Flora.

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Restons dans les trucs vus vite fait avec ceux dont j’ai pas spécialement envie de voir plus : Tokyo Ghoul:re (1 épisode vu pour la forme, en fait je trouve le début de :re très chiant), Youkai Watch: Shadow Side (2 épisodes vus, c’était étrangement plutôt fun – et un poil glauque – mais pas intéressant au point de vouloir en voir plus), Souten no Ken Re:Genesis (1 épisode vu, et à part le combat final c’était sous-médiocre), Future Card Shin Buddyfight (1 épisode vu, c’était rigolo mais c’est raide comme début, si on connaît pas déjà les règles), Saredo Tsumibito wa Ryuu to Odoru (1 épisode vu, rien à signaler de spécialement intéressant), Lost Song (1 épisode vu, les décors sont beaux et Konomi Suzuki et Yukari Tamura jouent les rôles principaux, c’est tout ce qui mérite d’être signalé), Caligula (4 épisodes vus, c’est pas mauvais mais j’accroche pas), Devils Line (1 épisode vu, vraiment pas ma came) et Dorei-ku The Animation (1 épisode vu, je suis pas spécialement client du manga mais l’adaptation n’aide clairement pas). Ah, et 3D Kanojo: Real Girl, lâché au bout de deux épisodes, est une adaptation affreusement laide d’un manga pas inintéressant mais que j’aime pas beaucoup.

Et maintenant, faisons dans la nuance en passant sur les séries en un cour dont j’aurais aimé avoir eu le temps d’en voir plus. Rokuhoudou Yotsuri Biyori est par exemple une petite série sur les tenanciers d’un café traditionnel japonais, et le premier épisode est étonnamment bien fichu et appétissant, même si les personnages semblent un peu fades (1 épisode vu). Pour le même public cible, Nil Admirari no Tenbin: Teito Genwaku Kitan est une adaptation d’otome avec une idée de départ intéressante, mais à laquelle j’ai assez peu accroché à cause, notamment, d’un rendu terne et d’une intrigue qui me semblait partir dans quelque chose d’assez classique (3 épisodes vus). Enfin, la réadaptation Ginga Eiyuu Densetsu: Die Neue These – Kaikou (1 épisode vu) m’a légèrement surpris en proposant quelques cuts vraiment réussis – notamment de manœuvres spatiales – qui viennent presque compenser le nouveau character design tristounet, mais ça n’était pas assez pour me donner envie de revoir une adaptation du premier volume de la série alors que je suis loin d’avoir fini les OVA.

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Changement radical d’ambiance : High School DxD Hero. J’aime toujours bien High School DxD, et la saison partait plutôt bien, mais j’ai reporté à une date indéterminée le reste du visionnage de la série après qu’Issei se soit une fois de plus grillé une cartouche en or brut à cause de son immense connerie (8 épisodes vus). Pour rester dans les ambiances de vestiaire, Gurazeni est un anime sportif avec une idée originale (parler de baseball du point de vue d’un athlète qui a une mentalité de col blanc dépassionné mais ambitieux), mais qui a le malheur d’être assez laid, en plus d’avoir des character designs un peu spéciaux (3 épisodes vus).

Un sujet un peu plus intéressant : Cutie Honey Universe est une nouvelle adaptation du manga de Gou Nagai, produite pour les cinquante ans de carrière du monsieur, et si la série tient plutôt bien le pari de la fidélité à l’ambiance et aux idées de l’original, il le fait avec un manque d’adresse qui le rend parfois pénible à regarder. Indéniablement, la série a des bonnes choses à offrir et quelques belles idées de réalisation, mais il faut être prêt à accepter un bon nombre de conneries (et avoir vu ou lu la série à l’époque pour voir d’où ça vient). J’ai fini par lâcher l’affaire au sixième épisode, mais je n’abandonne certainement pas l’idée de finir un jour la série.

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Si Butlers: Chitose Momotose Monogatari (3 épisodes vus) m’a intrigué, ça n’a pas été assez pour que je pousse beaucoup plus loin le visionnage. Non, les beaux garçons qui m’intéressaient, ça aurait plutôt été ceux de Binan Koukou Chikyuu Bouei-bu Happy Kiss! (4 épisodes vus), qui malheureusement m’a semblé être à peu près du même niveau que la quelque peu décevante seconde saison de la première génération de BKCB. Greffons sur le dos de ces deux séries sur des garçons une dernière (ce qui ferait une étrange créature) : Piano no Mori, qui en un épisode m’a semblé être une adaptation faisant des économies sur à peu près tous les aspects – mais pas sans finesse – sauf l’essentiel, le piano, ce qui donne un résultat pas inintéressant (mais pas suffisant pour que je trouve le temps de la continuer avant l’arrivée du second cour cet hiver).

Enfin, tir groupé sur les magical girls. D’un côté, je n’ai pas eu le temps d’approfondir Mahou Shoujo Ore, une adaptation un peu fauchée mais pas trop passive du manga d’Icchokusen Moukon, dont je n’ai pu voir qu’un épisode. De l’autre côté, j’ai lâché au bout de quatre épisodes l’adaptation de Mahou Shoujo Site, un thriller perturbant mais réussi dont l’adaptation est correcte bien qu’un peu faible techniquement et pas bien créative, ce qui fait que, malgré Ryuusei Nakao, je me contenterai du manga. Et puis, pour rester dans la catégorie « je suis pas venu ici pour souffrir », dans la mesure où j’ai jusque-là trouvé chaque saison de WIXOSS plus mauvaise que la précédente, je n’ai regardé qu’un épisode de Lostorage Conflated WIXOSS par acquit de conscience, mais j’avoue être curieux de voir si c’est la saison finale que ça a l’air de vouloir être, et comment ça ramène les personnages de la première série.

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Et pour finir, ceux qui connaissent bien mes goûts risquent de faire une attaque puisque je n’ai pas non plus mené à bien mon visionnage d’Amanchu! Advance, seconde saison de l’adaptation de l’excellent manga de la merveilleuse Kozue Amano. Je trouve celle-ci un peu moins belle et réalisée de façon un peu plus passive que la première, mais surtout, le problème c’est que de regarder Amanchu! Advance ne me donne pas envie d’en regarder un autre épisode. Ça me donne juste envie de lire un autre tome du manga. Je ne sais pas si c’est un compliment ou une insulte à faire à l’anime (enfin si, j’ai bien mon idée), mais dans les faits je me suis arrêté à l’épisode 6, peu convaincu de cette saison à part pour le très bon épisode du rêve qui renoue avec l’amour d’Amano pour le fantastique.

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Voilà tout pour cette section du bilan. Une fois de plus, je tiens à rappeler que beaucoup de tout ça ne repose que sur des impressions, et que le fait que je ne les ai pas finies n’est pas forcément un jugement de la qualité de ces séries. Je suis convaincu que si j’avais pu les finir, un bon nombre des séries ci-dessus se seraient glissées dans le top 30 à la place de celles qui y sont actuellement. Comme disent les anglais, c’est la vie. Cela dit, et pardonnez-moi d’insister, mais si vous avez vu ces séries plus en détail que moi, n’hésitez pas à partager vos impressions en commentaires, histoire de compléter un peu les limites de ce billet. Ceci étant fait, passons aux choses sérieuses.


#30: Captain Tsubasa (2018)

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David Production | 52 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Manga

Titre ADN : Captain Tsubasa

Lancé à quelques mois d’une coupe de monde dont je ne vais pas vous spoiler le résultat si jamais vous ne l’avez pas encore vue, le retour d’Olive et Tom ne manquait pas de raisons de faire parler de lui. Adapté du manga de Youichi Takahashi, le premier anime et sa localisation française font partie de notre culture générale, tant et si bien qu’un nombre indécent de personnages de la série a une page française propre sur Wikipédia, alors que, par exemple, Lucile, amour et rock’n roll en a beaucoup moins. Pour rappel, la série suit la carrière de Tsubasa Oozora, un jeune homme qui, s’il n’est pas né le ballon au pied (ou, en tout cas, souhaitons-le pour sa maman), a grandi avec et s’avère extrêmement talentueux. Selon ses propres termes, il est ami avec le ballon, ce qui nous permet d’évoquer un point intéressant : pour Tsubasa, être amis avec quelqu’un, ça veut dire lui parler, lui donner des coups de pied et tenter de le faire mettre dans une cage.

Un garçon un peu particulier, donc, qui va dans ce premier cour adopter un clochard qui venait de faire irruption dans la résidence d’un autre garçon, et dans la maison duquel Tsubasa va quand même shooter un ballon depuis le sommet d’une colline. Suite à ça, les deux garçons deviennent bien logiquement amis. Le clochard, lui, emménage chez la mère de Tsubasa en l’absence de son père, et ensemble ils décident de devenir le meilleur de tous les footballeurs. Enfin non, ils décident que Tsubasa va le devenir, tandis que le clochard, lui, préfère essayer de devenir le meilleur de tous les papas de Tsubasa.

Bref, vous l’aurez compris (?), Captain Tsubasa (2018) n’est pas une suite mais bien une nouvelle adaptation, quelque peu remise au goût du jour, du début du manga de Takahashi. Prévue pour durer un an, celle-ci a commencé sur un premier épisode visuellement assez efficace (au niveau de la direction de la photo, notamment, difficile de ne pas remarquer que c’est la même que sur JoJo’s Bizarre Adventure), mais se range assez rapidement dans une tranquille médiocrité, parcourue de plans fixes et de dessins de qualité discutable. Ainsi, l’anime rejoint les vices du manga, en nous présentant parfois mieux l’action via les commentaires d’autres personnages que via l’image.

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Yare yare Olivier.

Rien de scandaleux toutefois, et si Captain Tsubasa (2018) se retrouve à la dernière place de ce classement, ce n’est pas parce que je pense que c’est la pire série de cette saison, mais parce que c’est la moins bonne de celles qui m’ont donné envie de les regarder jusqu’au bout. Cela étant dit, vais-je continuer à suivre cette nouvelle adaptation cet été ? Rien n’est moins sûr, car malgré mon affection de base pour les séries sportives, celle-ci aura eu bien du mal à obtenir mon attention soutenue pendant plus d’une poignée d’épisodes. Bref, une adaptation correcte, à défaut d’essayer d’être plus que ça, d’un manga qui n’est lui-même pas sans reproches. Mais y’a un mec qui essaye de marquer un goal avec un javelot (et échoue), donc rien que pour ça, ça passe.


#29: Fumikiri Jikan

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EKACHI EPILKA | 12 épisodes de 4 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Crossing Time

Si on prend le terme de « tranche de vie » au premier degré, on aura tendance à considérer que le genre se consacre généralement à des tranches horizontales de vie : on suit des personnages dans diverses situations, le trait de coupe suivant le fil de la vie de ces personnages. À l’inverse, Fumikiri Jikan nous propose ce que je n’aurais pas peur d’appeler une tranche verticale de vie, puisque le centre de la tranche est un lieu : le passage à niveau. Au fait, conseil de vie en société : même si vous êtres intéressé par une couche en particulier d’un gâteau qui vous est proposé, ne vous coupez pas une tranche à l’horizontale dans le truc, on m’a dit après coup que c’était mal vu. The more you know.

Ainsi, Fumikiri Jikan s’intéresse à des passages à niveaux, où se retrouvent des personnages qui se connaissent plus ou moins, et qui vont interagir pour tuer le temps en attendant le moment fatidique où la barrière du passage se relèvera, les autorisant à continuer leur chemin et à reprendre le cours de leur vie. Chaque petit groupe de personnage a sa petite histoire, sa petite intrigue, et ça tourne souvent plus ou moins directement autour de romances.

Certaines petites histoires sont juste rigolotes, d’autres mignonnes, tandis que certaines autres sont juste un peu nulles (je pense à toi, jeune stalker à la tête rasée). Une série tout à fait inoffensive et pas particulièrement remarquable, qui nous fait toutefois le plaisir de ramener certaines histoires à plusieurs reprises afin d’observer le développement de leurs relations, ce qui est hautement appréciable. Jamais génial mais occasionnellement surprenant, Fumikiri Jikan est en tout cas un assez agréable moyen de faire passer quelques courtes minutes, par exemple si vous êtes coincés devant un passage à niveau.


#28: The Snack World

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OLM Digital | 50 épisodes de 23 minutes (cinquième cour) | Projet multimédia

Non licencié en France

Me voilà dans l’embarras, puisque si je suis ici censé vous présenter le cinquième et dernier cour du surprenant et à tout jamais sous-estimé anime The Snack World. Le problème, c’est que ce « cour » ne se compose en fait que de trois épisodes finaux, des épisodes qui ne sont par ailleurs pas bien intéressants en eux-mêmes. Tant pis, je vais juste vous renvoyer à ce que j’ai précédemment écrit sur cette comédie qui, partant du principe pourtant peu original de la parodie de RPG, parvient à rester assez fraîche cinquante épisodes durant. Tout n’est pas drôle, certes, mais il n’empêche que la série méritera le coup d’œil le jour où un producteur malin se décidera à acheter ça pour le mettre en matinée sur une chaîne de la TNT, parce que ça s’y prête vraiment.


#27: Bonobono (2016)

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Eiken | Des tas d’épisodes de 6 minutes (neuvième cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : BONO BONO (Saison 3)

Celui-là va rester avec nous, je l’espère, encore un bon paquet de saisons : comme d’hab, Bonobono est une petite série sympathique tournant autour de gentils animaux de la forêt qui parlent de sujets parfois bien plus pertinemment qu’il n’y paraît. Cette fois-ci, un bon nombre d’épisodes sur la relation parent-enfant, dont quelques toujours excellents épisodes Bono-chan, qui sont pour rappel des épisodes avec un style plus travaillé, qui parlent de Bonobono et ses amis quand ils étaient encore bébés. Comme à l’accoutumée, c’est drôlatique, souvent malin, parfois un peu pipi-caca, mais jamais lourd, et ça se déguste avec un plaisir qui montre aucun signe de s’affaiblir de semaine en semaine.


#26: Uchuu Senkan Tiramisù

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Gonzo | 13 épisodes de 7 minutes | Manga (web)

Non licencié en France

On en a déjà parlé il y a à peine deux paragraphes de ça : la parodie des lieux communs de la fantasy traditionnelle, et notamment des RPG classiques, est devenue en soi un lieu commun. Mais tout comme il y avait le Survivaure dans l’ombre du Donjon de Naheulbeuk, il y a dans l’ombre de tout ça un genre bien moins courant : la parodie de science-fiction, dont Uchuu Senkan Tiramisù fait clairement partie.

On suit, dans Uchuu Senkan Tiramisù, la vie bien commune de Subaru Ichinose, un très talentueux pilote de mecha affecté au croiseur spatial Tiramisù, et qui a bien du mal à s’intégrer dans l’équipage du vaisseau. À vrai dire, plus que d’avoir du mal à s’intégrer, il n’essaye même pas de le faire, puisque Subaru est pratiquement un hikkikomori de l’espace, toujours réfugié dans le cockpit de son partenaire de métal, seul endroit où il se sente véritablement à l’aise, à bouffer de la junk food et à regarder des séries sur les écrans de son tableau de bord.

Ainsi, la série parvient plutôt habilement à détourner tout un tas de lieux communs du genre, et développe un humour basé à la fois sur ça et sur les comportements exagérément maniaques de Subaru. Mais si l’anime reste drôlatique tout du long, je dois bien avouer qu’il n’a pas réussi à me pousser plus loin que le sourire, à l’exception de quelques scènes, notamment celles avec Isuzu, qui combine à merveille son rôle de rival avec des manies bien plus terre-à-terre. Tant qu’on est sur lui, je dois d’ailleurs signaler que la série peut se targuer d’un excellent casting de seiyuus, ce qui est bien entendu loin de me déplaire.

Mais si la question de si la série est drôle ou pas sera laissée au jugement de chacun, je dois bien dire que je regrette surtout la timidité visuelle et créative de cette adaptation assez sobre du manga original, pourtant réalisée par l’étrange monsieur Hiroshi Ikehata. Et pas d’excuses pour le réalisateur de Robot Girls Z et d’Akiba’s Trip, puisque malgré son planning chargé, celui-ci a eu l’occasion de storyboarder quatre épisodes de la série (les trois premiers et le dernier). Néanmoins plus que sympathique, la série mérite d’être vue par les amateurs de n’importe lequel de ses genres, en attendant une seconde saison dans laquelle on espère ressentir un peu plus la présence de son réalisateur.


#25: Shokugeki no Souma: San no Sara – Toutsuki Ressha-hen

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J.C.Staff | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Food Wars! The Third Plate

Faisons un rapide passage du côté des aventures de l’héritier des techniques ancestrales du couteau de cuisine, Souma Yukihira, qui continue à lutter contre le fascisme gastronomique, un bandana dans les cheveux et un schlass à la main. L’arc conté ici voit le jeune homme et ses amis affronter l’épreuve de l’examen de fin d’année, honteusement truqué pour leur nuire. Si le niveau technique n’a pas beaucoup évolué depuis le précédent cour (les chinois en 3D ne sont plus de la partie, c’est déjà ça), la série gagne un peu en rythme et se montre, à mon sens, plus trépidante et créative que dans la saison passée, ce qui est bien plaisant. Je suis bien entendu chaud pour une nouvelle saison, mais quitte à jouer les fines gueules, j’apprécierais que J.C.Staff cède moins au syndrome Aniplexien de la production en flux tendu de séries, histoire de se donner le temps de plus travailler les finitions.


#24: Yowamushi Pedal: Glory Line

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TMS Entertainment | 25 épisodes de 24 minutes (second cour) | Manga

Titre Crunchyroll : Yowamushi Pedeal Glory Line

Alors, oui, cet été le mondial de football aura bien aidé Captain Tsubasa (2018) à faire parler de lui, mais ce n’est pas pour autant que le tour de France aura aidé Yowamushi Pedal à sortir de l’obscurité à laquelle il semble pour toujours condamné auprès du même public. Pas de miracles, et pourtant j’aime toujours autant suivre, saison après saison, les exploits du pédaleur gringalet et de ses amis… mais là non plus, pas de miracles.

En effet, la série reste fidèle au niveau qu’on lui connaît depuis le début de New Generation, c’est-à-dire sympathique et parcourue de quelques fulgurances, mais incapable de sortir de l’ombre de l’excellent premier grand arc de la série. Dans le premier cour de ce Glory Line toutefois la série reprenait un peu de vitesse par rapport à la précédente saison, et si ce second cour ne parvient pas à monter la cadence plus haut encore, il nous réserve quelques très bons moments, dont l’épisode consacré à l’inquiétant Komari Kishigami, mais aussi la fin du second jour de l’Inter-High.

Certes, la nouvelle équipe de Hakone ne parvient toujours pas à être complètement crédible (surtout quand on pense qu’Ashikiba est censé être l’ace de l’équipe), certes le rythme se fait parfois un peu poussif, mais c’est sans déplaisir que j’ai retrouvé chaque semaine mes cyclistes poseurs préférés, et j’espère bien voir arriver prochainement cette cinquième saison déjà promise à demi-mot.


#23: Golden Kamuy

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Geno Studio | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Golden Kamui

Dans l’univers merveilleux de la production de séries, tout est question d’angle et de timing, et Golden Kamuy en est certainement la preuve. En effet, imaginez-vous face à une douzaine de producteurs potentiels à devoir leur présenter le projet d’adapter un manga où l’on découvre les us et coutumes des aïnous, population aborigène du nord du Japon méconnue du grand public, au début du siècle dernier, avec des blagues de caca dedans. Ça ne passerait pas très bien. Maintenant changeons notre angle, et imaginez-vous en train de pitcher une battle royale entre des criminels sanguinaires à la recherche d’un magot titanesque au milieu de l’île d’Hokkaïdo, avec en plus des soldats rebelles et des ex-samouraïs sur le coup, et des blagues de caca. Tout de suite, ça a plus de gueule. Et il s’avère que Golden Kamuy est effectivement ces deux choses à la fois, blagues comprises.

On suit en effet dans Golden Kamuy l’histoire de Saichi Sugimoto, vétéran de la guerre russo-japonaise qui a vent de la rumeur de l’existence d’un gigantesque butin, caché quelque part à Hokkaïdo. Un seul homme connaît la position exacte de ce butin, mais celui-ci est sous les verrous dans l’une des prisons les plus sûres du pays. Il a toutefois laissé des indices sous la forme de tatouages sur la peau de chacun de ses ex-camarades de geôle, ceux-ci ayant tous regagné leur liberté après coup. D’abord pour la thune, dont il a bien besoin, puis par désir d’aider une jeune chasseuse Aïnou nommée Ashiripa, Saichi se lance donc dans la chasse aux prisonniers, avant de se rendre compte qu’un officier renégat de l’armée japonaise et un ancien samouraï rebelle sont également sur le coup, avec tous leurs alliés.

Un récit fascinant parcouru de tranches documentaires parfois un peu épaisses et d’un humour parfois surprenant, Golden Kamuy est certainement une œuvre très plaisante à lire, mais qu’en est-il de l’anime ? Eh bien, comme prévu, celui-ci s’avère plus que chiche en moyens sur bien des aspects, dont l’animation et l’utilisation de la 3D. Et là, vous me direz, si l’animation n’est pas terrible, à quoi bon suivre l’anime, d’autant plus quand le manga est édité en France ? Il y a une raison.

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Déjà, s’il n’est clairement pas bien beau en mouvement, Golden Kamuy n’offre que rarement à ses spectateurs un rendu vraiment inacceptable, d’autant plus qu’il peut se targuer d’une direction des décors largement plus que correcte. Mais surtout, la série a un énorme point fort à mes yeux, ou plutôt à mes oreilles : son impressionnant casting de seiyuus. En vérité, j’aurais beaucoup de mal à ne pas adorer suivre une série dont les deux antagonistes actifs principaux sont respectivement doublés par mes deux seiyuu préférés (les exceptionnels Jouji Nakata et Houchuu Ootsuka), et peut-être suis-je seul sur ce kiff, mais Golden Kamuy est un plaisir à écouter, et pas désagréable non plus à regarder, et ça me suffit bien largement.


#22: Darling in the FranXX

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CloverWorks | 24 épisodes de 24 minutes (second cour) | Original

Titre Crunchyroll : DARLING in the FRANXX

Nous ne nous étions pas laissés, Darling in the FranXX et moi, dans les meilleurs termes, à la fin du cour précédent. En effet, si je n’étais pas sans compliments pour la série, ceux-ci étaient largement contrebalancés par tout un tas de critiques variées. Et, l’auriez-vous cru, je pense que ce second cour résout une bonne partie des problèmes de la série… pour mieux laisser apparaître de nouveaux soucis.

En effet, après un cour qui piétinait beaucoup dans le drame adolescent (logique, certes, mais pas moins pénible) tout en cachant son univers derrière une pelletée de symboles d’une fatigante transparence, Darling in the FranXX finit par aller de l’avant, et quelques épisodes durant, c’est enthousiasmant. À peu près jusqu’à la bataille de Gran Crevasse, la série parvient à nous tenir en haleine avec des scènes d’action haletantes et des flashbacks intéressants, portés par certains des meilleurs créateurs tournant de sa production. Mais plus l’anime avance, et plus l’approbation des spectateurs peine à venir.

Car à ce moment-là, Darling in the FranXX commence à montrer ses vraies couleurs, à dévoiler ce qu’il veut vraiment raconter, tout ce que l’on pouvait déjà largement deviner à travers les signes et indices qui s’étaient jusque-là fait aussi discrets qu’autant de pachydermes dans un cagibi. Et là surgit cette pensée : « tout ça pour ça ? ». Car s’il a clairement ses propres thèmes et sa propre identité, dont un focus très important sur l’après, Darling in the FranXX s’avère au final plus que scolaire dans sa dernière partie, enchaînant les lieux communs comme autant de nouilles dures sur un collier de pâtes finalement un peu décevant.

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La douche froide, quoi.

Alors certes, la destination n’est pas tout, et le voyage n’était pas désagréable, mais malgré quelques moments d’éclat attendus sur le chemin du retour, le tout s’est terminé en laissant le spectateur que je suis dans une simple, mais tragique, indifférence. À chacun de voir si la série était à la hauteur des attentes qu’elle aura générées, mais il ne fait doute qu’elle aura embrasé les passions en ce début d’année.


#21: Full Metal Panic! Invisible Victory

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Xebec | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Non licencié en France

Portée disparue du monde de l’animation depuis près de treize ans, la série Full Metal Panic! avait laissé son monde sur de plutôt bonnes impressions avec deux saisons (dont une spin-off) signées Kyoto Animation. On y suivait la vie de Sousuke Sagara, mercenaire engagé par l’organisation militaire privée Mithril, qui se voyait chargé d’une mission : défendre Kaname, une lycéenne japonaise possédant malgré elle des connaissances scientifiques s’étendant bien au-delà du niveau actuel de la technologie humaine, contre toute menace terroriste. Si l’on saluera sans problème la nouvelle du retour de cette série quelque peu atypique, on était en droit d’avoir peur de l’état dans lequel se feraient ces retrouvailles que l’on doit au studio Xebec, que l’on connaît plus pour son amour pour les séries riches en plot que pour l’excellence technique de ses productions.

On ne fera pas l’erreur de comparer de trop près deux séries produites à des époques bien différentes, mais je ne vous surprendrai pas en avançant qu’Invisible Victory n’est pas le spectacle le plus impressionnant que la licence a à offrir. La saison est notamment bien moins constante que la précédente du point de vue de l’animation, et s’autorise quelques accidents en 3D particulièrement vilains (la course poursuite du second épisode donnerait presque l’impression que le premier épisode d’Alice to Zouroku était joli, par comparaison). Cela étant dit, FMP! IV mérite mieux que juste des reproches, car il dispose aussi de quelques poignées de bons cuts d’animation, notamment pour ce qui est de l’animation des effets spéciaux (explosions, etc.), et parvient plus d’une fois à surprendre avec quelques scènes habilement storyboardées.

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Mais avant tout, ce qui rend cette nouvelle saison de Full Metal Panic! intéressante, c’est son scénario, puisque Invisible Victory entame ici un arc narratif qui parvient à être assez bien mené pour qu’on en oublie presque que le motif est diablement commun. Spoilons un peu pour le bien de donner envie : cette saison va mettre en scène la chute pure et simple de Mithril et de ses alliés, pris de court par leurs ennemis, ce qui va avoir un paquet de conséquences indésirables. Après quelques épisodes de résistance face à une menace insurmontable et une courte ellipse, c’est donc un comeback que la série va mettre en scène, et si l’on peut juger la partie centrale du récit un poil longue, il ne fait aucun doute que le tout parvient à tenir en haleine son téléspectateur. Suffisamment, en tout cas, pour que quand, à la fin du dernier épisode, la série nous adresse en anglais un « nous espérons avoir la chance de vous revoir un jour », on se surprenne à espérer de même.


#20: Emiya-san Chi no Kyou no Gohan

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ufotable | Pas mal d’épisodes de 13 minutes (ONA) (second cour) | Manga

Titre Wakanim : Today’s Menu for Emiya Family (ONA)

Après vous avoir figurativement submergés de screenshots la saison passée, je doute qu’il soit nécessaire de vous exposer à nouveau les raisons de mon amour pour cet anime de cuisine basé sur l’univers de Fate/stay night, impossiblement charmant et techniquement impeccable. Du coup, feuilletons rapidement le contenu de ce cour avant de passer à la suite, de toute façon y’a que trois épisodes donc c’est vite vu.

Si la série prend un malin plaisir à faire rentrer petit à petit en scène les personnages que l’on connaît et que l’on aime du visual novel original (dont certains que beaucoup auront oublié, comme Neko), tous les épisodes ne se valent pas, et je dois avouer avoir trouvé le temps long en regardant Shirou cuisiner des sandwiches, si bien animée la préparation soit-elle. La série aura toutefois vite compensé ça avec un généreux cinquième épisode se finissant sur une note tendre inattendue, et un sixième épisode qui se lance dans un flashback bienvenu à l’époque où Shirou apprenait à cuisiner pour son père et sa freeloadeuse de toujours. Le flashback se termine sur une jolie séquence stylisée qui aura bien du mal à laisser indifférent. Bref, Emiya-san Chi no Kyou no Gohan est certes une recette gagnante et bien exécutée, mais ça ne l’empêche pas de mettre des épices étonnantes et bienvenues çà et là dès que nécessaire.


#19: GeGeGe no Kitarou (2018)

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Toei Animation | Un paquet d’épisodes de 23 minutes (premier cour) | Original (manga)

Titre Crunchyroll : GeGeGe no Kitarô
Titre Wakanim : GeGeGe no Kitarō

Si l’on peut observer depuis une poignée d’année une appréciable tendance à adapter en anime des œuvres qui ne datent pas d’hier, GeGeGe no Kitarou fait un peu office de daron dans la discipline. En effet, le manga de Shigeru Mizuki, dont le début de publication remonte à 1960, en est avec celle-ci à pas moins de six adaptations différentes en séries animées. Et comme toujours dans ce genre de situations, se pose la question de savoir : « comment adapter une œuvre vieille d’environ un demi-siècle en 2018 » ? Devilman Crybaby et Cutie Honey Universe ont chacun trouvé leur réponse, et pas avec le même degré de succès. Alors où se trouve GeGeGe no Kitarou 2018 sur cette échelle ?

Du bon côté, assurément, car si GeGeGe no Kitarou reprend sans faute les thèmes et la mythologie de l’œuvre de Mizuki, ceux-ci s’appliquent aussi bien à la société actuelle qu’ils s’appliquaient au Japon d’après-guerre. Comme il y a soixante ans, Kitarou apparaît afin de résoudre les problèmes entre humains et youkai, tout en rappelant à des humains qui ont perdu contact avec leurs origines et leurs traditions l’existence de celles-ci, toujours là dans l’ombre. Le premier épisode se lance avec un YouTubeur égocentrique qui, se croyant plus malin que tout le monde à braver les interdits, se retrouve atteint d’une étrange malédiction, entraînant avec lui d’autres badauds tentant eux-mêmes d’exploiter la situation en postant la scène sur les réseaux sociaux. Une jeune fille du nom de Mana se rappelle des comptines de sa grand-mère et décide de faire appel au légendaire Kitarou pour résoudre le problème, et ainsi se lance cette nouvelle saison, accompagnée d’un fil rouge qu’on ne fait qu’apercevoir dans les premiers épisodes du cour.

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Mais si le premier épisode fonctionne notamment grâce à une excellente réalisation, GeGeGe no Kitarou s’avère d’un intérêt très variable d’un épisode à l’autre, et visuellement quelque peu inégal. Par ailleurs, je trouve la série un poil prompte à amener chaque histoire à se conclure par des combats, ce qui ne correspond pas vraiment à l’impression que j’avais eu de l’œuvre sur les quelques tomes que j’ai eu l’opportunité de lire. Dans l’ensemble, ce premier cour reste très recommandable et plaisant à suivre, mais je demande à voir si les cours suivants parviendront à mettre fin à mes doutes.


#18: Hoozuki no Reitetsu 2nd Season – Sono Ni

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Studio Deen | 13 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre ADN : Hôzuki no reitetsu 2

Après un hiver sabbatique, la seconde saison de l’excellente comédie très japonaise Hoozuki no Reitetsu vient nous offrir son second cour, et celui-ci satisfera une fois de plus les convaincus de la série. Notez que si vous n’en êtes pas, vous pouvez commencer par là, même si en vrai il vaut mieux commencer par la première saison. S’il n’y a pas grand-chose à dire sur le niveau technique de la série, qui n’a pas vraiment bougé, je dois bien évoquer un regret.

En effet, si la série reste toujours aussi plaisante à regarder (pour peu que vous soyez un minimum versé dans les bails culturels japonais, sans quoi vous risquez d’être souvent perdu), ce cour m’a fait la triste surprise d’être un peu moins riche en critique sociale qu’à l’accoutumée. En effet, la mangaka Natsumi Eguchi a l’habitude de nous dépeindre à travers la société de son enfer japonais les soucis plus ou moins graves de la société nippone réelle, ce qui se voit un peu moins dans ce cour. De mémoire, l’épisode des onis dit quelques petites choses intéressantes, mais c’est un peu tout. Je doute toutefois que ça soit le résultat d’un choix conscient, et ça ne change rien au fait que Hoozuki no Reitetsu soit un maudit bon divertissement.


#17: Nanatsu no Taizai: Imashime no Fukkatsu

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A-1 Pictures | 24 épisodes de 25 minutes (second cour) | Manga

Titre Netflix (même si cette saison est pas encore dispo en occident) : The Seven Deadly Sins / Les sept péchés capitaux

Il y a bien des façons dont on pourrait qualifier la course à la surenchère que mène Nakaba Suzuki dans sa série phare, et toutes ne sont pas polies. Si vous avez lu le précédent bilan, vous savez que « malhabile » fait largement partie des qualificatifs appropriés, mais même là, je ne peux juste pas nier le côté jouissif du constant gain en démesure de la série… surtout quand elle permet l’entrée en scène du dernier des Seven Deadly Sins (détournez les yeux des screenshots si vous voulez éviter ce spoil), le fabuleux Escanor, un Goliath mégalomaniaque à temps partiel qui vient régulièrement mettre le zbeule le plus absolu dans le camp ennemi.

Alors oui, Suzuki s’obstine depuis le début de cet arc à bourrer son scénario de « power levels » disgracieux, même s’il se calme un peu là-dessus pendant une bonne partie du cour. Oui, la série est techniquement un peu moins explosive qu’au cour précédent (même si elle en garde sous le pied pour les moments appropriés). Oui, le scénario se permet des twists qui sont interdits depuis des dizaines d’années dans tous les récits de fiction qui se respectent. Oui, tout ça est vrai, mais il n’empêche que Nanatsu no Taizai: Imashime no Fukkatsu est un shounen nekketsu jusqu’à la moelle, décomplexé et baroque, simplement plaisant à suivre pour peu qu’on arrive à fermer les yeux sur ses quelques sottises. Un pêché coupable, en quelque sorte.


#16: Last Period: Owarinaki Rasen no Monogatari

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J.C.Staff | 12 épisodes de 24 minutes | Jeu smartphone

Titre Crunchyroll : Last Period – The Journey to the End of the Despair

Vous venez de lire, en bas à droite de l’image ci-dessus, d’où venait l’anime dont je m’apprête à vous parler ici, et peut-être vous êtes-vous senti pris d’une envie de passer directement à l’anime suivant. En effet, les adaptations de jeux pour smartphones en anime ne sont pas rares, et le flot n’est pas près de s’assécher à en croire les annonces des mois passés. Alors pourquoi prendre le temps de s’arrêter sur Last Period ? Parce que lui a choisi la voie honorable de la parodie compatissante et de l’autodérision acide, comme le souligne presque discrètement son sous-titre. Bienvenue, donc, dans Le Dernier Period : L’histoire d’une spirale sans fin.

Dans un monde d’heroic fantasy relativement ordinaire, Haru et ses amis vivent du beau métier d’aventurier (ou Period, pour utiliser le lexique consacré) au sein d’une guilde. Mais le jour où la guilde se fait cambrioler, ceux-ci se trouvent être les derniers à bord, et vont donc devoir remplir des quêtes de bas niveau, à base d’élimination de Spirales (les monstres de ce monde) moisies, afin de renflouer les caisses. Malheureusement pour eux, tout ne sera pas si simple puisque Wiseman, une sorte de Team Rocket étrangement sympathique, viendra systématiquement leur mettre des bâtons dans les roues.

La base est simple, et la conclusion de l’histoire est en elle-même plutôt faible (ce qui s’explique par ailleurs, mais évitons de compliquer les choses inutilement). Non, comme précédemment évoqué, la vraie force de Last Period, c’est d’être une série judicieusement meta qui, sans en faire trop, parle de mobage un peu pour en célébrer le charme, et beaucoup pour en souligner l’absurdité, sans retenir ses coups le moins du monde. Ainsi, d’épisode en épisode on aura la surprise de découvrir des piques sur tout un tas de sujets qui vous sont chers si comme moi vous passez beaucoup trop de temps à farmer sur votre téléphone, tels que la cruauté du gacha, l’absurdité des events collaboratifs, ou encore l’affaire Kemono Friends.

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Il y a à boire et à manger dans Last Period, et tous les épisodes ne sont pas également drôles, mais l’une de ses forces est que malgré les innombrables fissures qu’elle laisse dans le quatrième mur, la série parvient à rester cohérente avec elle-même. En effet, son casting rapidement sympathique de bras-cassés parvient à trouver le bon équilibre entre humour auto-référentiel et implication intradiégétique, à l’exception notable de Choco, une jeune fille un peu étrange, doublée par l’excellente Yukari Tamura, qui a un potard mental bloqué sur « 100% meta 100% memes ». Visuellement plaisant sans jamais être particulièrement remarquable, pas toujours bien rythmé, Last Period saura en tout cas faire sourire à répétition tous les amateurs de jeux mobiles japonais et de tirages aux sort aux probas craquées.


#15: Tada-kun wa Koi wo Shinai

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Doga Kobo | 13 épisodes de 24 minutes | Original

Titre ADN : Tada never falls in love

Venue étudier une année au Japon, la jolie touriste larsembourgeoise Teresa fait la rencontre de Mitsuyoshi Tada, un garçon passionné de photographie. C’est ainsi que commence cette jolie petite histoire d’amour signée par l’équipe derrière l’adaptation de l’excellente comédie romantique Gekkan Shoujo Nozaki-kun, une série dont l’héritage aujourd’hui est essentiellement un cruel manque de seconde saison. Et oui, Teresa vient du Larsembourg, il n’y a pas de faute de frappe et toute ressemblance avec un pays existant ou ayant existé ne serait que pure coïncidence, même s’il n’est pas impossible que le Larsembourg soit un purudis fiscul.

Bref, Tada-kun wa Koi wo Shinai est une comédie romantique tout ce qu’il y a le plus ordinaire, où l’on verra Teresa et son amie Alex rejoindre le club de photographie du lycée de Mitsuyoshi, et se joindre à cette bande d’amis, ce qui offre à Teresa et Mitsuyoshi tout un tas d’occasion de se rapprocher en se retenant tous deux d’apercevoir les sentiments qui poignent entre eux. Bien réalisée et bien produite, la série construit petit à petit tous ses personnages et leurs relations. Mais s’il se montre très plaisant à regarder sur l’instant, Tada-kun wa Koi wo Shinai peine à laisser une impression durable, et c’est avec une timide indifférence que j’ai accueilli la conclusion attendue de l’anime, qui m’a d’ailleurs fait la vilaine surprise de n’offrir de conclusion qu’à la relation centrale de la série, ce qui m’attriste d’autant plus que j’aimerais bien savoir si Charles acceptera un jour mes sentiments.

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Alors oui, cette impression est sans doute très personnelle, mais même en re-parcourant rapidement la série épisode par épisode avant d’écrire cette chronique, je peine à détacher du lot un moment vraiment mémorable (hormis peut-être le jeu de loup photographique, l’épisode de Nyanko Big et la scène en mode Yuru Camp△), qui donne à la série le truc en plus dont elle manque un peu. Tada-kun wa Koi wo Shinai est bien construit, et peut-être même un peu trop, au point où l’on peine à en retenir autre chose que des tranches de vie convenues et surplombées d’une épaisse couche de Mamoru Miyano qui fait le kéké absolu, mais parcourues de sentiments charmants. Fidèle à son titre, Tada-kun wa Koi wo Shinai charme, mais peine à déclencher le coup de foudre.


#14: Wotaku ni Koi wa Muzukashii

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A-1 Pictures | 11 épisodes de 23 minutes | Manga (web)

Titre Prime Video : Wotakoi : L’Amour, c’est compliqué pour un otaku
Titre Kana (en manga) : Otaku Otaku

Et après une série parfaitement exécutée mais à laquelle il manque un petit truc en plus, voici son antithèse : Wotaku ni Koi wa Muzukashii, un anime assez médiocrement produit, mais follement charmant. L’idée est simple : Narumi est une jeune otaku qui cache sous des dehors d’office lady normale les mêmes passions que vous et moi, en plus d’un bel appétit pour le yaoi. Elle fait tout pour que ça ne se sache pas, mais voilà, suite à un changement d’emploi, la voilà dans le même open space que Hirotaka, un ami d’enfance, lui-même otaku. Le soir-même, autour d’une bière et d’une partie de MonHun, Narumi achète le silence d’Hirotaka à coups de drops rares, et une chose en menant à une autre, ils décident de sortir ensemble. Et là ce slogan absolument naze me vient à l’esprit : et si le vrai drop rare que recherchait Hirotaka, c’était le cœur de Narumi ?

Basé sur un excellent manga de Fujita dont je vous avais déjà parlé avec enthousiasme il y a deux ans (qui a depuis été publié en France avec une très bonne traduction, titre excepté), Wotakoi raconte donc cette relation pas comme les autres entre deux otakus réunis par un peu plus que leurs passions communes, et la façon (très progressive) qu’ils ont d’équilibrer vie de couple et loisirs. Ils vont bien vite découvrir qu’ils ne sont pas le seul couple de ce type dans la boîte, et à partir de là se déroule une tranche de vie comique, qui sait doser ses références et ses moments de tendresse.

Mais si le manga est excellent, l’anime n’est, comme je l’ai sous-entendu plus haut, pas sans reproches. Si l’on peut fermer les yeux sur une animation facile à prendre en défaut, d’autant que la série fait très bon usage des excellentes expressions faciales de ses personnages, j’aurai plus de mal à ne pas remarquer le timing hasardeux de certaines scènes comiques. En effet, il faut noter que Wotaku ni Koi wa Muzukashii est à la base un manga proche du 4-koma (sans en être un), la plupart des pages ayant leur propre chute. Mal géré à l’adaptation, ça peut donner des répliques laissées en suspens et une articulation un peu mécanique des vannes. Wotakoi n’est pas toujours victime de ça, mais quand ça lui arrive, ça fait vraiment tâche (on pense notamment au début de l’épisode 2, mais pas que).

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Shinji a bien grandi.

Mais malgré ces défauts, Wotakoi s’en sort largement en tant qu’anime sympathique à regarder, non seulement grâce à la qualité intrinsèque de l’œuvre de base, mais aussi grâce à ses doubleurs presque tous très compétents (saurez-vous retrouver l’intrus ?). Et pour finir, je me dois de souligner l’un des meilleurs ajouts de cette adaptation, qui est son excellent opening, avec une très jolie scène de danse du dimanche. Oui, en anime, Wotaku ni Koi wa Muzukashii a ses défauts, mais si vous pouvez les accepter, il est difficile de ne pas en tomber amoureux.


#13: Saiki Kusuo no Ψ-nan 2

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J.C.Staff & Egg Firm | 24 épisodes de 24 minutes (second cour) | Manga

Titre Netflix (mais, là aussi, y’a pas encore la S2) : Saiki Kusuo no Ψ Nan

Toujours dans la catégorie des séries parfaitement imparfaites, la seconde saison de Saiki Kusuo no Ψ-nan se terminait ce printemps sur son second cour, et la seule raison valable pour ne pas l’avoir déjà regardée était d’attendre que Netflix se décide à la sortir officiellement. Je n’ai pas grand-chose à en dire que je n’aie pas déjà évoqué l’hiver dernier, sinon que ce cour nous offre un arc presque sérieux (mais pas vraiment) et un bon paquet de gags incroyables (celui du cours d’arts plastiques est parfait, par exemple).

Bien entendu, c’est toujours aussi cheum, et cette saison se termine comme elle a commencé, à savoir sur un épisode méta pas bien drôle, mais peu importe. Une troisième saison a été teasée, et une troisième saison est désirée, merci d’avance.


#12: To Be Heroine

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Haoliners Animation League & Studio LAN | 7 épisodes de 24 minutes | Original

Titre Crunchyroll : To Be Heroine

Presque deux ans après la sortie de la première production localisée en japonais du Studio LAN, voici venir le temps du retour du héros pour le catalogue par ailleurs bien terne de Haoliners Animation League / Emon. Mais rarement aura-t-on vu un retour autant ignoré après une première saison, To Be Hero, qui avait, elle, plutôt fait parler à l’époque. Il faut dire que sortir en plein milieu de saison n’aide pas spécialement à se faire voir, et pourtant To Be Heroine a bien des choses à montrer.

Pas vraiment une suite de To Be Hero (bien que l’on y retrouve certains de ses persos et une partie de son humour), To Be Heroine nous raconte en fait l’histoire d’une lycéenne chinoise nommée Futaba (…) qui, sans raison apparente, se retrouve égarée au sein de ce qu’on pourrait appeler sans peine un isekai. Dans cet étrange monde dystopique couvert de ténèbres, Futaba fait la rencontre de Hikari, un bébé avec une culotte en or, qui lui demande son aide. Et Futaba, sans le savoir, a effectivement le pouvoir de l’aider, puisque dans ce monde, les vêtements permettent d’invoquer des créatures et des équipements très puissants (et que, heureusement pour elle, elle est effectivement habillée d’un peu plus que d’une culotte). Mais au fur et à mesure de sa progression dans ce monde, Futaba va de plus en plus plonger dans ses propres souvenirs tant ce qu’elle y découvre lui rappelle étrangement son monde d’origine.

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To Be Heroine est une série qui n’est pas ce qu’elle semble être, et vous allez vite vous en apercevoir. Si je préfère vous éviter les spoilers, il faut bien dire qu’elle n’est en fait pas le type de récit que j’ai pu suggérer qu’elle était, la série reposant beaucoup sur des flashbacks qui décortiquent progressivement le passé de Futaba jusqu’à un twist assez bien amené qui change complètement la dynamique du scénario. Malheureusement, tout n’est pas parfaitement bien écrit et la série oublie parfois quelques petites choses importantes, mais le reproche n’est peut-être pas à porter aux créateurs originaux de la série.

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Car si To Be Heroine a profité d’une belle localisation au Japon, ça ne s’est pas fait sans perte, les créateurs de la série ayant pu remarquer qu’un bon nombre de scènes n’avaient pas survécu. C’est bien simple, on passe de 12 épisodes de 20 minutes en moyenne à 7 épisodes de 24 minutes : faites le calcul, le compte n’y est pas. Mais c’est un bien pour un mal, puisque cette localisation rajoute une dimension au message de la série. En effet, dans l’autre monde où atterrit Futaba, tout un chacun parle japonais, naturellement, et ce même monde est pétri de références à diverses séries et divers genres facilement identifiables. Mais dans le monde d’origine de Futaba, où une bande de jeunes qui peinent à trouver leur place dans la société trouvent un peu de courage et d’inspiration dans la fiction, c’est du mandarin que l’on parle, tout aussi naturellement. Difficile de ne pas y voir un message d’amour lancé aux créateurs de l’autre côté de la mer de Chine, et d’autant plus dommage de ne pas avoir pu avoir une localisation qui respecte mieux le travail de ses géniteurs et génitrices.

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Mais avec tout ça j’oublierais presque d’aborder l’important point technique, et là aussi To Be Heroine mérite le coup d’œil. Sans forcément être aussi exubérante que To Be Hero, la série bénéficie d’une animation très ambitieuse, pas sans défauts mais aussi active pour les scènes d’action explosives que pour les nombreuses scènes de vie, réalisées avec autant de soin que d’idées. Au final, To Be Heroine est une œuvre imparfaite (du moins telle qu’on peut la voir), parfois un peu décousue, pas toujours facile à suivre, avec une fin un peu étonnante et des éléments qui font tâche ça et là, mais en tant que curiosité, To Be Heroine est probablement l’un des objets les plus intéressants de cette saison, et je ne peux que vous conseiller de lui accorder une chance.


#11: Uma Musume: Pretty Derby

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P.A. Works | 13 épisodes de 24 minutes | Jeu smartphone

Non licencié en France

En voyant apparaître Uma Musume, il aurait dû être difficile de ne pas y voir une sorte d’antéchrist financier, designé pour mener à sa perte le pays et les porte-monnaies des Japonais en mélangeant discrètement deux de leurs vices les plus gourmands en argent : les jeux mobiles avec des tirages au sort, et les paris hippiques. Et pourtant, chaque trailer venait renforcer notre sympathie naissante pour cette licence et ses filles-chevaux uniques en leur genre, sans qu’on puisse mettre exactement le doigt sur pourquoi. Treize épisodes plus tard, nous avons un bon paquet d’éléments de réponse en main.

L’anime Uma Musume nous met dans les bottes de Special Week, une jeune demoiselle qui est, comme un certain nombre d’autres filles dans ce monde, une hybride entre femme et cheval, tirant de l’équin des oreilles situées sur le dessus du crâne et, surtout, de puissantes gambettes. Veuillez ne pas poser la question qui vous vient à l’esprit, et enchaînons. Special Week, élevée dans les pâturages de la campagne, décide de partir à Tokyo pour devenir la meilleure fille-cheval de sa génération et dominer les hippodromes du monde. Quelques tracas et une ruade plus tard, elle fait la rencontre d’un entraîneur qui voit en elle du potentiel, et c’est parti mon dada.

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Anime de sport assaisonné de tranche de vie, Uma Musume est une série que l’on ne peut que féliciter pour sa capacité à faire fonctionner son univers. En effet, si le concept de voir des filles courir comme des chevaux aurait pu vite tourner au malaise s’il était mal réalisé, la série parvient à mettre en place efficacement les normes de son univers, et à partir de là ne cesse de jouer avec, via, notamment, un cache-cache permanent avec les détails. Par extension, la série aime faire en sorte qu’il se passe souvent quelque chose en arrière-plan, de sorte à insuffler discrètement vie et comédie dans ses épisodes, et ça fonctionne plus que bien.

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Mais ce n’est pas la seule réussite d’Uma Musume, puisque la série est avant tout une série sportive qui va nous montrer l’évolution en parallèle de plusieurs athlètes semi-équestres, et tout ça passe avant tout par des courses. Si la série n’atteint jamais vraiment le niveau de qualité d’animation des meilleurs moments de la vidéo promotionnelle du jeu publiée il y a deux ans et doit composer avec quelques astuces un poil visibles, elle parvient très bien à nous tenir en haleine avec des courses bien menées, haletantes, soulignées par les bons effets aux bons moments. Malheureusement, l’anime peine à tenir le rythme et les dernières courses se font moins impressionnantes, sans jamais être honteuses non plus.

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Souvent amusante et pleine de détails amusants soulignant le décalage de son propre univers, Uma Musume est aussi pour moi une série inégale, qui souffre peut-être un peu d’avoir un trop bon personnage principal. C’est bête à dire, mais dès que Special Week quitte l’écran, je me mets à trouver le temps long, et des épisodes comme celui du festival où l’on passe du temps à regarder ce que fait un peu tout le monde s’en trouvent un peu ennuyeux. Sauf pour Broyé. Vous vous débrouillez comme vous voulez, moi je veux un épisode entier consacré à Broyé qui fait du tourisme au Japon et défie d’autres filles-cheval sans le vouloir. S’il-vous-plaît.


#10: Sword Art Online Alternative: Gun Gale Online

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Studio 3Hz | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre Wakanim : SWORD ART ONLINE ALTERNATIVE “GUN GALE ONLINE”

C’est un peu soudain mais j’aimerais qu’on prenne le temps de se parler avant de continuer, alors sortez rapidement un divan ou quelque chose dans ce goût. Je ne sais pas vous, mais j’ai un souci avec Sword Art Online. Bon, oui, tout le monde a un problème (au moins) avec SAO, mais plus spécifiquement, j’ai un problème avec la représentation du jeu vidéo dans Sword Art Online. Pour une série dédiée spécifiquement à un joueur de MMO qui, malgré la présence d’enjeux et de contraintes scénaristiques, joue, je trouve que la série a bien du mal à nous faire ressentir qu’elle se passe dans un jeu vidéo. Je ne pense pas que votre expérience de jeu sur quelque MMO que ce soit ressemble de près ou de loin à celle de Kirito, et je trouve ça dommage. C’est un problème somme toute mineur, et qui ne m’empêche pas d’apprécier la série (ou plutôt les arcs qui méritent de l’être), mais c’est une frustration. À laquelle Gun Gale Online répond parfaitement.

Karen, un mètre quatre-vingt-trois, est une étudiante qui n’est pas super à l’aise avec son corps dans la vraie vie. Ainsi, quand elle tombe sur un jeu en réalité virtuelle qui lui permet d’incarner un personnage atteignant péniblement le mètre cinquante, qu’elle nomme LLENN, elle est aux anges, et s’y plonge illico. Dans ce jeu, Gun Gale Online, elle se forme rapidement une réputation en tant que joueuse particulièrement bourrine et agile. Mais elle n’a rien à envier en bourrinité à Pitohui, une autre joueuse avec qui elle se lie rapidement d’amitié. Mais Pito n’est pas exactement la personne la plus stable du monde, et celle-ci va rapidement la pousser à participer à un nouveau mode de jeu lancé par un mystérieux mécène : Squad Jam, qui n’est autre… qu’un battle royale par équipes.

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On va donc suivre, à travers ces douze épisodes, Karen qui découvre le jeu, se fait une copine en jouant, et s’inscrit à deux tournois in-game successifs. Sword Art Online Alternative: Gun Gale Online réussit à faire exactement ce dont je parlais plus haut, à savoir mettre en scène quelqu’un qui joue à un jeu vidéo, et à nous faire ressentir exactement la même tension que l’on ressent en jouant à un jeu en ligne (un FPS, surtout), sans pour autant avoir l’air d’un let’s play. Si la série ajoute tout un ensemble d’enjeux par-dessus, elle reste en son cœur la mise en scène d’une personne qui joue, et est crédible dans cet exercice.

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Mais, seul, cet aspect ne se suffirait pas, et Gun Gale Online profite de nombreux autres arguments, à commencer par ses personnages centraux. LLENN, tout particulièrement, et par la suite sa camarade Fukajirou, sont à la fois drôles, malines et téméraires, et n’ont clairement pas leur langue dans leur poche, ce qui mène à bien des dialogues croustillants. L’intrigue elle-même est rythmée, prenante, et sait tuer dans l’œuf les quelques clichés qui se présentent à elle.

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Dernier truc, la série profite d’un paquet de jolis moments d’animation, ce qui est un peu contrebalancé par quelques moments bien moins glorieux. Mais personnellement, je ne reprocherais à l’anime qu’une seule chose importante, qui est d’avoir un peu de mal à nous faire croire à l’intrigue principale, celle-ci ressemblant un peu plus à une lubie mégalomaniaque passagère qu’à une menace concrète pour la vie de qui que ce soit. Cela étant dit, GGO reste un excellent divertissement, et dont j’attendrais avec bien plus de hâte une suite que je n’attends celle de la série originelle.


#9: Nobunaga no Shinobi: Anegawa Ishiyama-hen

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TMS Entertainment | Une dose d’épisodes de 4 minutes (premier cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : Nobunaga no Shinobi (Saison 3)

Une fois de plus, Nobunaga no Shinobi est de retour, et une fois de plus la série courte parvient à jongler à haute vitesse entre drame et comédie avec l’habileté surhumaine qu’on lui connaît depuis maintenant plus de soixante épisodes. Si vous n’avez pas encore donné sa chance à la série, reconsidérez la question.


#8: Hug tto! Precure

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Toei Animation | Une cinquantaine d’épisodes de 24 minutes (second cour) | Original

Non licencié en France

Décidément, en tant que premier contact pour moi avec la licence, Hug tto! Precure est un cadeau qui n’a de cesse de donner. Après un premier cour inégal mais très fort, cette nouvelle volée d’épisodes est certes tout aussi inégale, mais au moins aussi forte.

On y découvre, après un court arc touchant du doigt le manque de confiance en soi écrasant de Hana, la construction des personnages de l’androïde Lulu et de la jeune Émile, avec notamment à une paire d’excellent épisodes que sont le quinzième et le seizième. La conclusion de leur arc commun vient un peu plus tard, juste avant la surprenante conclusion du cour sur l’apparition de personnages que les fans de la série connaissent bien.

Comme précédemment dit, le cour est inégal, et certains épisodes sont clairement moins intéressants que d’autres, mais les deux épisodes que j’ai cités sont tellement bons qu’ils compensent ça, d’autant plus que ce qui finit par arriver à l’épisode 20, si très largement prévisible, fait que cette série mérite autant d’amour qu’on peut lui en donner.


#7: Comic Girls

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Nexus | 12 épisodes de 24 minutes | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : Comic Girls

Amis et amies fan du Kirara, vous voilà doublement concernés par cette série. Car si pour vous le cute girls doing cute things est un art de vie et une religion (au moins), pour Kaoruko Moeta, dite Kaos-sensei, c’est un métier. Mais la jeune mangaka, qui est par ailleurs toujours au lycée, peine à percer. Heureusement pour elle, son éditrice a le bon plan : aller vivre dans la grand ville, au sein d’un dortoir spécialisé pour les lycéennes mangaka. Notre autrice de 4-koma mignons va sauter sur l’occasion de pouvoir interagir avec des gens qui partagent ses intérêts, et s’en va donc cohabiter avec trois autres mangaka, qui sont une apprentie-mangaka spécialisée en shojo, une autrice de shounens de baston, et une autrice de romances olé-olé.

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Issue tout droit du Manga Time Kirara Max, Comic Girls se développe comme une tranche de vie modestement comique tournant autour de nos quatre artistes, tout en développant par petites touches leurs personnalités. Et si ce ne sont peut-être pas les siens directement, l’autrice prend plaisir à présenter à travers nos héroïnes les problèmes et les inquiétudes qui viennent avec le métier, dont, en vrac, le manque de confiance en soi, l’inquiétude de ne pas être pertinente dans son sujet, le désir de répondre aux attentes des lecteurs, le fait de vivre dans un château, etc.

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Cette page est 2lewd, Lautrec.

Si l’on pourrait reprocher à Comic Girls la personnalité quelque peu cyclique de sa protagoniste principale, il est difficile de ne pas se prendre d’affection pour l’ensemble de ses personnages (et pour les adultes qui les entourent), pour leurs excentricités et leurs soucis. C’est d’autant plus difficile de lui reprocher quand la série s’avère particulièrement bien animée, et habilement storyboardée. On notera notamment l’utilisation, principalement à des fins comiques, et toujours avec un timing infaillible, de cases de bande-dessinée, un choix qui se justifie tout seul ici.

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Vraiment, Comic Girls brille par la constance de sa qualité et sa capacité à trouver le bon équilibre entre sérieux et rigolade, entre déconnades et doutes. S’il n’est pas l’anime de l’écurie Kirara le plus mémorable à être sorti récemment (surtout après Yuru Camp△, qui a un peu cassé le game), il n’en est pas moins une série vraiment solide et charmante, et un badge d’honneur pour le studio Nexus dont c’est la première série complète. Un grand bravo à eux.


#6: Boku no Hero Academia 3rd Season

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Bones | 25 épisodes de 24 minutes (premier cour) | Manga

Titre ADN : My Hero Academia Saison 3

En passe de devenir votre rendez-vous préféré du printemps, le retour en anime de Boku no Hero Academia a failli être inquiétant. Car après un troisième cour handicapé par des résumés invasifs, comment accueillir une saison qui commence avec un épisode qui est essentiellement un récapitulatif ? Avec patience, voilà comment, car ce nouveau cour est certainement un grand.

Je pense qu’on peut dire que si cette douzaine d’épisodes n’avait contenu que l’arc du camp d’entraînement, avec notamment le très bon combat contre Muscular (mais pas que, loin de là), elle aurait déjà été excellente. Mais bien loin de baisser le rythme, HeroAca s’empresse d’enchaîner sur l’arc extrêmement important qui lui est directement connecté, conclu par un combat titanesque qui met fin à une époque pour ce monde. L’animation d’une richesse inattendue (pour une saison où Umakoshi ne pouvait pas s’impliquer autant qu’auparavant), la bande-son magistrale de Yuuki Hayashi, la performance des deux doubleurs (Akio Ootsuka est encore plus fantastique que d’habitude, et pourtant son rival parvient à lui tenir tête)… Comment ne pas tomber amoureux de cette fin de cour, comment ne pas vouloir se la repasser après-coup. Difficile. Impossible, peut-être.

Alors oui, on pourra sans problème trouver des défauts à reprocher à cette saison, mais difficile de lutter contre l’enthousiasme provoqué par ces grands arcs consécutifs et leurs climax respectifs. Et il faut le dire, réduire HeroAca à ses scènes d’action serait lui faire affront, car la série bénéficie avant tout d’excellents personnages et est bien capable d’avoir de l’impact avec des scènes plus calmes, comme l’excellente dernière réunion parents-profs qui vient conclure le cour. Pas besoin d’un Yutapon pour faire de grandes choses.


#5: Lupin III: Part 5

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Telecom Animation Film | 24 épisodes de 23 minutes (premier cour) | Original (manga)

Non licencié en France (enfin si, par Netflix, mais comme d’hab c’est silence radio)

Deux ans après un passage très apprécié par l’autre pays de l’eurobeat, Lupin le troisième revient sur la terre de ses ancêtres, le seul et unique pays de la Sardouxploitation, pour de toutes nouvelles aventures. Mais la nouveauté ne vient pas que du fait d’avoir traversé les Alpes, car le format de la série a aussi eu le droit à sa petite révolution. Française. Ahem.

En effet, là où son aventure italienne était parcourue d’un fil rouge continu (mais parcouru d’intrigues épisodiques rendant le tout plus digeste), l’escapade gauloise de Lupin numéro trois se montre à la fois bien plus intense et plus variée, car découpée clairement par arcs. Ainsi, la première intrigue de la série est développée en continu jusqu’à sa conclusion cinq épisodes plus tard, et après un interlude plus léger, on repart sur l’arc suivant. C’est en tout cas le modèle qui semble se dessiner sur ce premier cour, et qui présente autant d’avantages que d’inconvénients.

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Commençons par le positif : Lupin III: Part 5 peut grâce à ça se permettre des arcs scénaristiques sérieux et soutenus, qui ne marquent que peu de pauses, développent en continu l’intrigue, et peuvent partir assez loin. Le premier emmène Lupin et sa bande faire le casse des serveurs d’un site très populaire du dark web (?), tandis que le second l’amène sur les traces d’anciennes connaissances criminelles. On évitera de dévoiler quoi que ce soit de plus afin de ne pas gâcher les surprises, car chacun de ces arcs vont beaucoup faire voyager notre simiesque cambrioleur. Le premier se permet, notamment, de développer amplement la relation complexe de confiance qui lie Lupin à l’inspecteur Zenigata, tandis que le second va vraiment mettre Lupin en difficulté tout en partant sur quelque chose qui nous rappelle assez vivement de vieux James Bond.

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Du coup, quelle est la contrepartie de ça ? Tout simplement, ça fait qu’il semble manquer une finalité à la série dans son ensemble, même si les différents arcs sont subtilement reliés entre eux par des détails (on voit le personnage central du second arc apparaître dans le premier, par exemple). Et par ailleurs, les épisodes interlude – qui font hommage à des saisons passées de Lupin, comme on peut le remarquer à la couleur de sa veste – s’avèrent assez faibles, et font un peu tâche face à l’écriture plus réfléchie (mais pas sans bêtises, surtout du côté de tout ce qui est technologique…) du reste de la série. Cela dit, je parle du « sérieux » des arcs principaux, mais pas d’inquiétude, Lupin reste toujours aussi facétieux qu’à son habitude, et ses comparses ont leur répartie habituelle. Pas question de débarrasser Lupin de son humour.

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Et ce qui est déjà sur le papier une très bonne série d’action bénéficie ici d’une animation plus qu’honorable (moins bonne que L’aventure italienne, cela dit) et surtout de superbes décors qui viennent rendre honneur aux nombreux lieux visités par le gang de Lupin, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Hexagone, le tout couronné par une nouvelle excellente bande-son du vétéran Yuuji Ohno. Bref, si elle n’est pas sans faiblesses, cette nouvelle saison de Lupin III est plus prenante que jamais, et au final la seule chose qu’on lui reprochera vraiment, c’est, pour une série annoncée en France et s’y déroulant, de ne toujours pas y être disponible.


#4: Megalo Box

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TMS Entertainment | 13 épisodes de 24 minutes | Original

Titre ADN : Megalo Box

Je crois ne pas avoir à vous l’apprendre, mais nous ne sommes plus dans l’ère du superlatif. Fini les titres avec des « Super », des « Ultra » et des « Giga » dedans, tout ça n’existe plus que dans la poche balls de votre sac dans Pokémon. Non, par contre il y a un préfixe qui monte ces dernières années pour exprimer la véhémence en peu de signes : mégalo. Ce chef d’état d’un pays censé être allié : mégalomaniaque. La musique de ce gros combat contre un squelette mécontent : Megalovania. L’adversaire de Jason Statham dans son dernier film : le mégalodon. Le sport de combat qui réunit les habitants d’un futur peu enviable : Megalo Box.

Hommage direct à l’immense manga de boxe de Tetsuya Chiba et Ikki Kajiwara, Megalo Box met en scène une histoire dont les thèmes sont clairement inspirés d’Ashita no Joe, avec une différence principale en tête d’affiche : sa boxe, nommée Megalo Box, s’y pratique avec des exosquelettes légers rendant les matchs autrement plus violents. L’anime raconte l’histoire de Junk Dog, un jeune homme vivant de matchs de Megalo Box truqués dans les bidonvilles d’une société qui ne lui accorde même pas le titre de citoyen. Un jour, celui-ci fait une rencontre, celle de Yuuri, le champion de Megalo Box, et décide de le défier. Une défaite plus tard, il décide de faire tout ce qu’il peut pour obtenir son match retour, en se qualifiant pour les finales du tournoi de Megalo Box, avec une fausse carte d’identité ornée du nom d’emprunt de Joe.

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Megalo Box n’est pas une série parfaite, et on pourra lui reprocher un scénario qui peine à dépasser l’ombre de son modèle dans ce qu’il développe (même s’il ajoute des thèmes absents, à mon souvenir, de celle de Chiba et Kajiwara, dont l’impact de la guerre), tout en se permettant un certain nombre de facilités scénaristiques, des fois justifiées par la suite, et d’autres fois simplement utilisées afin de faire tenir ce récit compact et rythmé comme un tango dans ses treize épisodes. Non, là où Megalo Box se démarque pour moi vraiment du lot, c’est dans son esthétique.

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Réalisé avec une attention certaine au détail et un sens fou de la tension, l’anime nous présente un monde partiellement désertique, abîmé par une guerre dont on ne voit presque rien mais dont tout nous suggère qu’elle continue encore aujourd’hui. Cette impression ne nous quitte qu’au moment de monter sur les tournois, initialement immaculés, du tournoi, qui auront vite fait de se consteller de tâches de sang et d’huile de moteur. Ce qu’on continue à percevoir une fois sur le ring, c’est l’excellent sound design de la série, et sa fantastique bande-son hip-hop, puissante et éclectique, que l’on doit à un certain mabanua, un garçon que l’on ne connaît dans le domaine de l’animation que pour sa participation à une série nommée Sakamichi no Apollon (Kids on the Slope, quoi), sous la supervision d’une certaine Youko Kanno.

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Mais tout comme son scénario, l’esthétique de la série n’est pas sans reproches, et à ce sujet j’appelle à la barre le « détail » qui saute aux yeux : le fait que la série soit volontairement passée en basse résolution, ce qui une fois re-rendu en HD donne une image floue et quelque peu désagréable. On peut comprendre l’initiative comme venant d’une volonté de s’approcher de la qualité d’image des OVAs de la fin du millénaire dernier, tout comme on peut y voir la volonté plus pragmatique de cacher les défauts d’animation de la série, qui ne sont d’ailleurs pas rares. Dans tous les cas, c’est un parti-pris qu’il faut accepter afin de rentrer pleinement dans l’excellent récit qu’est par ailleurs la série.


#3: Hisone to Masotan

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Bones | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Titre Netflix : PILOTE DRAGON : Hisone et Masotan

Mari Okada est, à travers la communauté des fans d’animation japonaise, une créatrice qui divise, pour le meilleur et pour le pire. Ainsi, il est quelque peu surprenant que sa dernière série n’aie pas autant fait parler d’elle qu’elle aurait probablement du, à l’exception notable mais prévisible de son ending chamarré. Peut-être a-t-elle déçu ses fans et conforté ses détracteurs dans leur fiel, au point que le débat a été bien vite enterré. Peut-être que je suis simplement aveugle et que seule ma timeline Twitter a été épargnée. Alors allons-y à l’aveugle, parlons de mon affection pour cette adorable série, et tant pis si l’on me rit au nez, et Masotan.

Eh oui, « tout ça pour ça » est peut-être la pensée que vous avez eu en lisant la fin de cette introduction, mais c’est peut-être aussi ce que vous avez pensé en finissant Hisone to Masotan. Car si la série du studio Bones est à mon goût une excellente « surprise », ça n’est pas forcément pour son scénario dans son ensemble. On y suit Hisone, jeune fonctionnaire des forces japonaises d’autodéfense (JSDF), qui va se retrouver malgré elle affectée à un département de sa base qu’elle ne connaissait pas : le hangar 8, où est conservé un dragon de combat. Et voilà que la pauvre Hisone se retrouve chargée de piloter un dragon qui, à sa première rencontre, l’a boulottée toute crue.

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Heureusement pour elle, l’histoire d’Hisone ne s’est pas terminée par cette mésaventure intestine, puisqu’il s’avère que si les dragons de ce monde sont effectivement plus ou moins pilotables, ils le sont de l’intérieur. Hisone va devoir se faire à sa nouvelle affectation, au centre de l’attention de tous, aux côtés d’un dragon grimé en avion, alors qu’elle avait décidé de rejoindre l’armée précisément pour y échapper (à l’attention, pas au dragon cosplayeur). En effet, Hisone a un petit problème, qui est qu’elle est d’une honnêteté brutale, et peu capable de se retenir de dire ce qu’il lui passe par la tête, ce qui n’a pas vraiment tendance à lui valoir l’affection des gens. Elle va faire la connaissance de trois autres pilotes de dragons, elles-mêmes avec leurs soucis, et au-delà de ça va se développer une histoire teinte d’un mysticisme qui n’est pas sans rappeler l’excellent téléfilm Ryuu no Haisha (The Dragon Dentist).

Mais si je reprocherais à Hisone to Masotan son scénario qui, malgré une bonne dose de foreshadowing, fait un virage beaucoup trop soudain vers la vraie intrigue de la série et qui peine à nous faire croire à fond à ses enjeux, ce n’est vraiment pas ce que j’en retiens. Car une fois cet aspect mis de côté, Hisone to Masotan est un excellent terrain de jeu pour un casting bourré de personnages adultes mais candides, capables mais faillibles et immanquablement attachants. On pense surtout (mais pas que) à Hisone et à sa langue beaucoup trop bien pendue, qui sort systématiquement la vérité que personne ne veut entendre de la pire des façons, ce qui lui permet de tuer dans l’œuf nombre de clichés qu’on prend peur à voir venir comme autant de nœuds gordiens tendus devant une tronçonneuse assoiffée de chanvre.

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Le reste du casting est tout aussi attachant, mais on me dit dans l’oreillette que « huit pages pour un seul anime, ça serait un peu beaucoup », alors je vous demanderai de me croire sur parole (ou, au contraire, de contester dans les commentaires pour relancer le débat). Le fait est que ce casting unique et bourré de personnages délicieux va pouvoir se développer de façon satisfaisante à travers les événements de la série, même si on regrettera que certaines des pilotes soient un peu moins abordées (peut-être pour une seconde saison, hmmm ?).

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Mais il ne faut pas oublier un autre aspect de la série, qui est son excellente direction artistique, sa solidité technique, et sa réalisation qui lui permettent de s’offrir tout un tas de scènes mémorables (dont un sliding dogeza 10/10). En vrac, citons les superbes décors supervisés par Yuuji Kaneko, les character designs originaux charmants de Toshinao Aoki, l’amusant mecha design de Shouji Kawamori, l’animation riche supervisée par Yoshiyuki Itou (un animateur qui a la particularité d’être un meuble de Bones alors qu’il est techniquement freelance), la séduisante bande-son de Taisei Iwasaki et, vous me voyez venir, les excellentes performances de son casting all-star de seiyuus, sur lequel je n’aurais pas fini de ne pas en finir si je m’y attardais. En somme, Hisone to Masotan est un bouillon de multiples talents beaucoup trop précieux pour qu’on se formalise sur des attentes scénaristiques qui n’avaient peut-être pas lieu d’être, et je ne peux que vous souhaiter d’avoir pu, ou de pouvoir, l’apprécier autant que je l’ai apprécié.


#2: Hinamatsuri

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feel. | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : HINAMATSURI

Il y a eu, cette saison, peu de séries aussi ancrées dans le réel que cette série dédiée à des filles psychiques venues du futur. À vrai dire, il n’y en a qu’une qui me vienne à l’esprit qui la batte sur ce point-là, et c’est celle que vous découvrirez après quelques coups de molette de souris vers le bas. Hinamatsuri, adapté de l’excellent manga de Masao Ootake, est ce que j’appellerai de façon un peu hasardeuse une comédie sociale, et elle ne demande qu’à ce que vous la regardiez pour que vous en conveniez.

Pour être tout à fait franc, je vais avoir du mal à aussi bien présenter la série et ses thèmes que dans mon pronostic pré-saison, mais essayons. Hinamatsuri suit la vie de Hina, donc, à partir du moment où sa capsule temporelle la fait atterrir dans le salon d’un yakuza. Celui-ci aurait plutôt comme premier réflexe de la jeter dehors, mais découvre avec horreur qu’il est beaucoup plus difficile qu’il pensait de jeter dehors une fille avec des pouvoirs psychiques et une sévère intention de parasiter son frigo.

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Initialement, il est facile de percevoir Hinamatsuri comme une comédie classique avec des personnages bien croqués, des dialogues hilarants et une animation d’une qualité surprenante, qui garde des cartouches jusqu’au dernier épisode. Seulement voilà, il y a sous la roche de l’humour l’anguille de l’émotion (non, ce n’est pas sale), et on découvre bien vite que l’on ne fait pas que rire, dans Hinamatsuri. Ainsi, quand on suit la nouvelle vie d’une collègue psychique de Hina qui, elle, se retrouve sans abri et doit passer ses journées à ramasser ses canettes vides pour récupérer l’équivalent de cinq euros quotidiens, ou d’une camarade de classe de Hina qui se retrouve forcée à travailler la nuit jusqu’à se voir aspirée prématurément mais inexorablement dans le monde du travail, on voit un peu mieux le projet. Hinamatsuri, c’est l’histoire d’aspects qu’on ne voit pas tant que ça de la société japonaise, et l’histoire d’une adolescente qui ne se rend pas compte de la chance qu’elle a d’être dans un foyer bien loti.

L’ambiance en a pris un coup, me direz-vous. Oui, de temps en temps Hinamatsuri se fait mélancolique, mais ça n’empêche jamais la série d’enchaîner une poignée de secondes plus tard sur des blagues hilarantes avec une agilité de contorsionniste monté sur ressorts. Après réflexion, je doute qu’un contorsionniste monté sur des ressorts voie son agilité améliorée par rapport à s’il n’avait pas de ressorts sous les petons, mais admettons. Le fait est, Hinamatsuri est une prouesse d’écriture et de mise en scène, en manga comme en anime, bien que je reprocherais – mais vraiment histoire de chipoter – à l’adaptation d’être un peu trop fidèle, au point d’adapter telles quelles les chutes parfois ratées du manga. Tant pis, le zèle triomphe sur mon fiel, regardez Hinamatsuri.


#1: Aggressive Retsuko (2018)

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Fanworks | 10 épisodes de 15 minutes (ONA) | Mascotte

Titre Netflix : Aggrestuko

Depuis le temps que je vous le dis, pourrais-je pester. Mais soyons honnêtes, il faut comparer ce qui est comparable, et si cette nouvelle saison de la saga de notre chère métaleuse à poil roux m’a touché, ce n’est pas seulement parce qu’elle a conservé sa qualité et son identité en passant à un nouveau format, mais bien parce qu’elle en a profité pour sublimer son concept.

Un rappel rapide : mascotte créée par la société Sanrio (la boîte de Hello Kitty, notamment), l’éponyme Retsuko est une panda rousse qui supporte jour après jour son job de merde, son célibat prolongé, ses collègues pénibles et ses supérieurs abusifs, grâce à une recette miracle qui consiste à aller au karaoke en fin de journée pour y déverser le contenu de son âme dans le son guttural de son death metal. Développée pendant deux ans via une série animée composée de cent épisodes d’une minute, la série a fini par taper dans l’œil de qui de droit, ce qui lui a enfin permis d’atteindre, via Netflix, le public qu’elle aurait du avoir la chance d’atteindre depuis déjà deux ans : vous.

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Car si Aggressive Retsuko est une comédie, c’est aussi et surtout un condensé de vécu, une compilation d’expériences communs et frustrantes exorcisées par l’humour et le metal, et c’est de ce fait une série qui joue de situations que tous et toutes reconnaîtront sans mal. Mais là où le petit théâtre hebdomadaire d’Aggressive Retsuko ne lui permettait de développer son univers que dans la perspective d’une chute une minute plus tard, la nouvelle série lui offre un tout nouveau champ des possibles. Une opportunité sur laquelle le réalisateur de la série, Rarecho, a bondi avec une capacité impressionnante et rare à ne pas se reposer sur ses acquis.

Car pour passer du petit théâtre au moyen écran, des changements ont été faits jusque dans l’univers déjà établi de la série. Des rôles changent, des relations se reconnectent, des personnages apparaissent, d’autres s’évaporent. Le résultat, s’il demande à ce qu’on s’y habitue, apporte une grande bouffée d’air frais à l’univers de Retsuko, comme s’il n’avait jamais été contraint par un format étriqué. Aggressive Retsuko perd un peu de son aspect purement caricatural, afin de développer de vrais personnages, de gagner en profondeur, en relief.

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Ainsi, auparavant le recueil des frustrations d’une jeune office lady, Aggressive Retsuko devient l’histoire continue et touffue d’une jeune femme à poil court qui tente d’échapper à l’impasse à laquelle la conduit sa carrière. Les running gags de la première série sont enrichis, repris, et détournés, et Aggressive Retsuko se met à jouer avec ses codes – plus encore qu’elle ne le faisait déjà auparavant – pour nous offrir des scènes mémorables qui parcourent cette trop courte saison

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J’insiste beaucoup sur la façon dont la série a évolué avec le changement de format, mais la richesse de la série dépasse ce qui peut être observé par ce simple prisme, car avant tout cette nouvelle saison bénéficie d’une réalisation bien plus riche qu’auparavant, qui profite des opportunités de ce nouveau format pour développer ce qu’elle veut à fond, et pour mettre en scène les grands moments (comiques ou autres) comme elle veut. Bref, libérée et remise à neuf, Retsuko nous ballade dans une « petite » histoire bien tenue, drôle et universelle, pleine de surprises et sans temps morts, et c’est un roux régal.


Et avec ça le compte est bon, et il est déjà temps de se dire au revoir après avoir examiné ensemble avec plus ou moins d’enthousiasme trente des séries qu’a pu nous proposer ce printemps très costaud. Vous aurez noté que, cette fois-ci, je n’avais pas déterminé, comme je le faisais auparavant, une sorte de stratification de la qualité des séries, ce qui est en bonne partie dû à la dimension réduite de ce bilan. Cela étant dit, je peux vous recommander sans réserves les animes au moins jusqu’à la quinzième, ce qui montre pour moi à quel point la saison a été riche en excellentes séries de tous genres.

hisone_to_masotan-06

Pour finir, sachez que, que vous soyez d’accord ou non avec tout ou partie de ce classement (si vous êtes d’accord avec tout c’est louche quand même), que vous ayez lu trois lignes ou tout le pavé, je serais heureux d’avoir vos retours, de savoir si tout ça vous a fait découvrir des séries qui étaient passées sous votre radar, si tout ça vous a été utile de quelque façon que ce soit, ou même juste si un calembour moisi quelque part là-dedans vous a fait rire. Tous ces retours sont précieux, donc ne vous retenez surtout pas. Sur ce, je vous laisse à votre soirée, et je vous souhaite de passer une belle fin de saison. À plus dans le bus, et bon été dans le tramway.

 

5 réflexions sur “Printemps 2018 : Le Bilan

  1. Toujours aussi agréable de lire tes bilans saisonniers.
    Du coup, hormis Captain Tsubasa sur lequel je te trouve un peu dur (mais je reconnais les carences techniques), d’accord avec toi sur les séries que j’ai vues (même si j’aurai placé Hinamatsuri en n°1…).
    Et sinon, encore deux séries que je rajoute à ma watch list sur tes bons conseils, à savoir Comic Girls et Hisone to Masotan.

    Aimé par 1 personne

  2. Mathxxl

    Je découvre ce blog au travers de cet article et je suis agréablement surpris, ton travail est agréable à lire.
    Je n’ai pas vu autant d’animes cette saison mais je suis globalement d’accord avec ce que tu écris.
    Aussi je suis heureux de voir qu’il existe encore des gens qui peuvent critiquer une oeuvre sans l’incendier et la parsemer d’injures, merci pour ça.

    Aimé par 1 personne

  3. yunis171

    Alors,

    je vais apporter mes commentaires dans l’ordre suivant ; d’abord un petit comz sur ce que tu regarde pas et après des critique réaction avec ceux qui tu as vu.

    Déjà mec, ne pas regarder Tachibanakan est une grosse erreur tu rate tout l’intérêt de la série c’est dire rien du tout (j’ai finit la série mardi et j’ai déjà presque tout oublié).

    Je te conseille grandement Layton, c’est sympa et un OP trés accrocheur, Katry-san est en plus adorable et trés attachante (mais attachiante peut aussi s’appliquer pour certain juste pas pour moi ). Bon après c’est à destination des enfants et ça se ressent…beaucoup. Je m’explique, les scénario sont bien trouvé même si un peu capillotracté par moment mais je dois bien dire que parfois en fin d’épisode j’était pas trés à l’aise…
    Car pour moi cette série n’est pas sans essayer d’inculquer aux jeunes génération les valeurs bien nippones. Je laisse ça là, je serai heureux que tu me dise ce que tu en pense après visionnage.

    J’ai adoré les deux première saison de WIXOSS, genre vraiment beaucoup je le met sans rougir au panthéon de série qu’il m’on le plus touché. Alors quel fut ma deception amère tel un chocolat à 90% de cacao quand j’ai vu la première saison de conflated, je te surprendrai pas en disant que j’ai arrêter le massacre trés vite tant c’était beaucoup trop « noir mort souffrance » et les personnage au charisme de moule faisandé (surtout la MC). Mais, j’ai quand même essayé cette dernière saison et je l’ai regardé en entier (largement motivé par le retour de Ruko et Tama

    « Allo Ruko ? Les personnages de la nouvelles série sont moisis tu voudrais pas venir quelque épisodes histoire de relever le niveau ? Ah et amène Tama avec toi si tu peux »
    Clairement dans ma tête c’était ça (et voir Akira se faire bully j’avoue que c’est toujours assez drôle)
    C’était….cool mais sans plus, ils ont essayé trés fort de retrouver l’ambiance des deux premières saison en faisant une sorte d’anime all star mais clairement pour moi ils vont pas assez loin et en même temps trop loin c’est étrange.
    J’ai tout de même passé un moment intéressant largement dû à la retrouvaille de certain personnage. et ce message est beaucoup trop long.

    Pour Darling in the Franxx, je peux pas te donner tors et ce sur aucun des points soulevé, le cotés fin classique ne m’a pas dérangé, j’aurai certes aimé quelque chose de plus grandiose et plus à l’image de la série mais bon. Dommage mais les moments passé devant reste trés agréable.

    Wotaku j’ai adoré et le seul souci c’est qu’il n’y ai pas plus d’épisodes, fin de la transmission.

    Tada kun est cool j’ai apprécié certes trés téléphoné en même temps tu mates le premier épisode voire juste le générique et c’est bon mais c’est une série comme un tasse de thé réconfortante a consommer lentement pour l’apprécier. Pas hyper mémorable je suis d’accord mais sympathique néanmoins

    Alors enfin mon dernier point et finalement le plus important (enfin presque ).

    HisoMaso, eh bien j’en attendais pas grand chose juste de passer un bon moment, un moment cute avec des pilotes et des dragons qui se déguisent. Et franchement ça partait sur ça, une personnage principal originale des dragons rigolo et des perso attachants. Et je me doutais qu’il serait trés bien placé dans ta liste (j’aurai pas été surpris qu’il soit premier d’ailleurs)

    Très franchement j’ai drop

    Pourquoi ? L’aspect mysogyne de la série à été simplement insoutenable pour moi ( le chapitre où il est question de passer a la moulinette le cœur des pilote m’a achevé),
    Clairement le message que j’en retient c’est « les femmes sont pas faite pour l’armée, on peut pas compter sur elles, elles devrait accepter de se faire harceler sexuellement en même temps c’est des femmes et elle font les fortes mais elle sont incapable d’embrasser vraiment une cause alors il leurs faut un cœur bien brisé pour qu’elle trouve dans l’armée (le dragon ) le seul réconfort »
    et une fois dans ma tête impossible de faire sortir de faire sortir cet idée, ça fais des années que je mate des animes/lis des mangas/joue a des JRPG et bien des choses devrait me trigger bah là c’est tombé sur Masotan, chaque épisodes est devenu une purge dont j’ai arrêter sans doute que je rate quelque chose mais bon.
    what has been seen can never be unseen.

    Voilà voilà

    Encore un long monologue (et au final la partie sur les séries que tu as pas maté est plus longue que l’autre because wixoss), merci de ce bilan saisonnier ^^

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    1. Pour Hisone je pense que tu fais un peu rapidement un procès d’intention à la série, d’autant que, sans trop spoiler, les derniers épisodes viennent justement dynamiter ce propos effectivement misogyne porté par les hauts-placés de l’armée japonaise en montrant que la « vérité absolue » traditionnelle est en fait un stupide a priori. C’est en tout cas beaucoup plus intelligent à mon avis que de montrer une armée comme une organisation lisse et sans tensions comme peut le faire un GATE.
      En tout cas merci pour ton retour.

      J'aime

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