Été 2018 : Le Bilan

Les introductions de mes bilans ont ceci en commun avec les haïkus qu’elles se doivent d’inclure une référence, si fainéante soit-elle, aux saisons. C’est tout naturel, puisqu’on parle ici de contenu saisonnier. Mais voilà, au bout de quatre ans, on commence à tomber à court de choses à dire. Les embouteillages sur l’Autoroute du Soleil, l’humble danse du ventilateur, le profond désir – bien vite regretté – de voir arriver des saisons plus douces : les sujets sont peu nombreux, vite répétés, et autant le dire, ils manquent de fraîcheur. Ce qui en fait, de ce manque d’intérêt de l’été, une thématique elle-même estivale, et voilà le contrat rempli. Par ailleurs, vous noterez que les introductions de mes bilans cachent un autre point commun avec mes propres haïkus (et probablement les vôtres) : le fait qu’elles contiennent la plupart du temps bien trop de mots.

C’est donc sans plus de cérémonie que je déclare ouvert ce bilan des animes de la saison d’été 2018, dont le but sera une fois de plus de graver dans le gâteau Savane un classement dans lequel « objectivité » rime avec « Steins;Gate 0 n’aura pas droit de cité ». Je vais en effet, sous vos yeux modestement ébahis, classer du moins bon au meilleur les dessins animés japonais diffusés entre juillet et septembre de cette année. Histoire de rester dans quelque chose de relativement constructif, ne seront classés que ceux que j’ai regardé en intégralité, ou, pour les séries longues, celles dont j’ai vu tous les épisodes parus en date du 30 septembre.

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Bien entendu, les séries que vous allez voir classées sont souvent largement différentes les unes des autres, que ça soit en format, en genre, en ton ou en ambition, ce qui donne un sale coup à la pertinence déjà limitée de l’initiative. Ainsi, je vous implore de prendre le tout avec une pincée d’épice de votre choix, le tout en prenant bien soin à votre cholestérol. Le cœur du billet, ce ne sont pas tant la taille des nombres que le poids des mots (et alors je vous parle même pas du choc des photos, qui sont en fait des screenshots). Alors, si vous vous étonnez d’une place, je vous enjoins donc à lire au moins la première phrase avant de projeter de me faire des choses que la morale réprouve avec une barre à mine rouillée et un tube de vaseline. Et sur cette tentative peu convaincante de calmer les ardeurs potentielles, passons au moment qui fâche : celui où je vous liste par le détail les séries que j’ai soit manquées, soit lâchées.

Les absents : la coupe du directeur

Pour commencer, je suis au regret de vous dire que je n’ai toujours pas eu le temps de rattraper les séries très longues que je promets depuis tant de temps de rattraper un jour. Ainsi, désolé pour les fans de One Piece, Pokémon Sun & Moon, Detective Conan, Yu☆Gi☆Oh! VRAINS et des autres, mais ils ne seront pas au classement de sitôt. Parmi les séries lâchées les saisons passées, je n’ai pas non plus rattrapé Akkun to Kanojo, Black Clover, Cardfight!! Vanguard (2018), Future Card Shin Buddyfight, Isekai Izakaya: Koto Aitheria no Izakaya Nobu, Juushinki Pandora, Kakuriyo no Yadomeshi, Kiratto Pri☆chan, Koneko no Chii: Ponponra Dairyokou, Persona 5 the Animation, Pochitto Hatsumei: Pikachin-Kit, Puzzle & Dragon, Shinkansen Henkei Robo Shinkalion The Animation, Shounen Ashibe: Go! Go! Goma-chan 3, Wakaokami wa Shougakusei! ou Youkai Watch: Shadow Side. Et non je n’ai pas non plus trouvé le temps de faire ce que je voulais faire avant de lancer Steins;Gate 0, donc je ne l’ai pas fait, désolé.

Par ailleurs, je n’ai pas lancé Beatless: Final Stage (puisque ça impliquerait de finir Beatless, or je refuse), Cinderella Girls Gekijou 3rd Season, Dies Irae: To the Ring Reincarnation, FLCL Alternative et Progressive (les versions japonaises ne sont malheureusement sorties ni à temps ni légalement en occident), Hataraku Onii-san! No 2! (la première saison m’avait suffisamment peu intéressé), Island (je préfère me préserver pour le visual novel), Robot Girls Neo (sorti sur une appli pour PS4 réservée au Japon et destiné à mourir avec, malheureusement), Super Dragon Ball Heroes (j’ai du retard sur le lore Dragon Ball actuel vu que je ne me suis pas fait Super), Sword Gai: The Animation Part II (la première partie était suffisamment nulle comme ça), ni les ONA simulcastés Yakusoku no Nanaya Matsuri et Aru Zombie Shoujo no Sainan. Tout ça étant dit, je peux passer à la partie sur laquelle j’ai effectivement des choses à dire : les séries lâchées.

Comme promis, j’ai lâché Captain Tsubasa (2018) sans en voir un épisode de plus depuis la saison passée, tout simplement par manque d’intérêt réel de ma part. De l’autre côté, j’ai rattrapé Boruto: Naruto Next Generations, pour une simple raison : l’épisode 65, qui est aisément l’épisode le plus impressionnant de l’année du point de vue de l’animation, comparable seulement avec d’autres épisodes-exploit de son genre (comme le Fate/Apocrypha #22, pour ne pas le nommer). Ces vingt minutes d’émerveillement passées, j’ai cela dit vite relâché la série qui retournait à ses pénates avec toujours plus de fillers qui n’arrivent malheureusement presque jamais à m’intéresser.

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Aucun screenshot ne peut rendre honneur à la folie que c’est en mouvement, vraiment. Même si vous ne suivez pas la série, lancez juste cet épisode, il est monstrueux (tant que vous arrivez à reconnaître Naruto et Sasuke vous avez le bagage nécessaire).

Ce bilan sera-t-il celui du divorce avec le sous-genre isekai ? C’est pas le projet, mais le fait est que l’été n’a pas été clément pour le genre, qui nous a notamment fourni un Hyakuren no Haou to Seiyaku no Valkyria aussi peu intéressant que peu prononçable. Si celui-ci a quelques petites idées intéressantes, rien ne saurait rattraper le manque d’enjeu amené par l’étrange idée de faire une ellipse de deux bonnes années après l’arrivée du protagoniste dans l’autre monde, sautant d’un seul bond ce qui semblait pourtant être le passage avec le plus d’intérêt potentiel. Par rapport au reste du sous-genre, la série a quelques idées originales, c’est clair, mais ça n’en a pas fait une série intéressante pour autant à mes yeux. Et le fait que ça soit très vilain n’arrange malheureusement rien à l’affaire, m’amenant à lâcher l’affaire au bout de quatre épisodes.

Vilain, Chuukan Kanriroku Tonegawa l’est aussi, mais c’est un moindre souci comparé à la voix de son insupportable narrateur. C’est d’ailleurs bien dommage, car j’aurai aimé continué à regarder ce spin-off de l’excellente série de Nobuyuki Fukumoto, même si les premiers épisodes ne m’ont pas semblé bien drôles, mais rien à faire, je peux pas. À l’inverse, j’aurais bien laissé sa chance à l’humour douteux de Back Street Girls: Gokudolls, qui m’aura arraché quelques sourires, mais la série est si désespérément peu, et mal, animée, que je ne me suis pas senti l’envie de lancer le second épisode.

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Vous êtes grillé, Tonegawa, je vous ai vu faire le petit malin.

Passons à des séries courtes avec Ani ni Tsukeru Kusuri wa Nai! 2, qui contrairement à sa première saison n’aura pas retenu mon attention, sans que je trouve de raison particulière à ce désintérêt. De même, si j’ai trouvé quelques épisodes de BanG Dream! Garupa☆Pico plutôt drôles, la série ne m’aura pas vraiment donnée l’envie de dépasser le premier cour. À peu près le même verdict s’appliquera à Yami Shibai 6 (auquel j’aurai toutefois laissé bien mois de temps pour convaincre), et quant à One Room 2nd Season, je ne pense pas que vous ayez besoin de moi pour savoir ce qui ne va pas avec ça.

Passons aux séries pour enfants avec Zoids Wild, qui malgré son mecha design amusant n’aura pas pris beaucoup de temps à me gaver, Kirakira Happy★Hirake! Cocotama, qui malgré son univers coloré et sympathique ne m’aura pas donné envie d’en voir beaucoup plus, et Oshiete Mahou no Pendulum: Rilu Rilu Fairilu, dont je ne suis pas non plus le public malgré ses bonnes idées. Quant à la série en CG Space Bug, si elle n’est pas trop mal fichue, elle me fait beaucoup l’effet d’une version Leader Price d’un DreamWorks médiocre, ce qui ne ressemble que de vraiment très loin à un compliment.

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Accélérons la manœuvre : j’ai également lâché au bout d’un épisode quelques séries qui ne semblent pas apporter grand-chose à leur genre respectif, à savoir Ongaku Shoujo (catégorie anime d’idol), Senjuushi (catégorie adaptation de mobage otome) et Yume Oukoku to Nemureru 100-nin no Ouji-sama (biclassé adaptation de mobage otome et isekai), ainsi que le pourtant potentiellement intéressant Lord of Vermilion: Guren no Ou, dont la faiblesse de la réalisation m’a rapidement dissuadé.

Passons à une série sympathique sur laquelle j’ai juste fait l’impasse par flemme, le coloré Tsukumogami Kashimasu, qui nous plonge dans l’Edo d’antan avec des petites intrigues surnaturelles sur fond de recherche d’un être aimé. Si la série profite de certaines des plus belles transitions de la saison (au moins), elle souffre aussi d’un rythme quelque peu pantouflard qui se prête bien à l’ambiance, mais a peiné à conserver mon attention. Si l’esthétique ou le contexte de la série vous font envie, n’hésitez toutefois pas à lui jeter un œil.

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Repassons sur du mauvais avec l’adaptation de la sympathique comédie romantique ecchi Yuragi-sou no Yuuna-san, dont la plus-value de l’anime est une quantité non-observable à l’œil humain (hormis un petit cut de danse mignon qui se cache dans l’ending). De même, je déconseille très largement Shinya! Tensai Bakabon, qui n’est autre qu’une tentative aussi peu inspirée que peu dissimulée de surfer sur feu la vague Osomatsu-san, et dont j’apprécie l’esthétique au moins autant que j’en déteste l’humour. Bien entendu, peu de genres peuvent être appréciés de façon aussi subjective que la comédie, mais à en croire mes expérimentations, je ne suis pas le seul à avoir été laissé dans la gêne la plus profonde par l’expérience.

Restons dans les tentatives tardives d’émuler des gloires passées ou présentes avec Shichisei no Subaru, qui n’aura fait que confirmer mon a priori : l’impression d’avoir affaire à un sorte de mash-up peu inspiré entre AnoHana et Sword Art Online. C’est malheureux, mais en l’espace de quatre épisodes, je n’y ai véritablement rien vu que je n’aie déjà vu dans l’un ou dans l’autre. Histoire de refermer le dossier des séries vraiment mauvaises de la saison, évoquons le hentai de la saison, JoshiOchi!: 2-kai kara Onnanoko ga… Futtekita!?, qui a la particularité d’être plus proche de la comédie romantique ecchi concon que du simple smut habituel. Ça reste du hentai, et pas du bon, mais la série réussit à être régulièrement assez drôle, ne serait-ce que pour ses régulières escapades musicales et scénaristiques dans le domaine du plus pur absurde. Si vous avez vraiment envie de regarder une série du genre (pourquoi feriez-vous ça), tentez le coup avec JoshiOchi, sait-on jamais, ça pourra vous distraire.

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La transition est toute trouvée pour passer à la dernière série en date d’un studio que l’on connaît autant pour son mauvais hentai que pour ses mauvaises séries, Seven. La série en question, c’est Kyoto Teramachi Sanjou no Holmes, et à ma surprise, celle-ci se débrouille plus que pas mal à nous raconter une histoire de détective avec des personnages bien construits. Les affaires à proprement parler ne sont pas follement compliquées, l’anime n’est pas non plus bien beau, mais la production est clairement un pas en avant pour le studio. Je n’ai pas dépassé la poignée d’épisodes vus (par manque d’intérêt pour le fil rouge scénaristique un peu ridicule), mais je ne dirai pas non à l’idée de la terminer un jour si l’occasion se présente.

De même, j’ai envie de consacrer un peu d’affection à Jashin-chan Dropkick, comédie slapstick d’une folie rafraîchissante, qui a le malheur de ne pas être pleinement maîtresse de son humour : certaines vannes ne marchent vraiment pas, ça se répète, mais d’aucuns diront que ça fait partie de son charme. Mettant en scène la collocation mouvementée d’une étudiante avec une démone qu’elle a invoqué sans trop réfléchir, la série est, à son meilleur, une sorte de juste milieu entre Happy Tree Friends, Hinamatsuri et Gintama. Démontant régulièrement son quatrième mur avec une décontraction désarmante, la série se permet de ne vous présenter son setting que via son opening, et s’offre le droit d’être probablement la première série animée depuis au moins 2012 à faire une blague sur le meme du « yaranai ka ». C’est très spé, c’est très aléatoire, tous les épisodes ne semblent pas passer à la même vitesse, mais ça mérite largement un coup d’œil.

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J’ai moins d’affection pour Satsuriku no Tenshi, adaptation peu inspirée d’un jeu d’aventure/horreur indépendant qui met Nobuhiko Okamoto dans son habitat naturel : le rôle d’un jeune psychopathe accompagné d’une très jeune fille. Blague à part, l’intrigue de la série donne envie d’insister pour voir où tout ça nous mène, mais sa structure – qui a l’étrange idée de mettre en scène les phases d’énigme du jeu – pourra autant vous en dissuader que ses protagonistes perdus très loin dans leur surjeu. J’aurai tenu huit épisodes, le temps de voir apparaître le personnage doublé par mon cher Houchuu Ootsuka, mais une fois le soufflé de mes attentes retombé, j’ai vite eu fait de lâcher l’affaire. Par curiosité, je ne suis pas contre l’idée d’en voir un jour la fin, cela dit.

Monster Strike The Animation n’est ni Monster Strike, ni Monster Strike Anime : c’en est encore un autre. La nouvelle série adaptée du jeu mobile a pour idée de nous présenter le background du personnage de Lucifer, et si la série n’est clairement pas sans qualités, je n’y ai pas non plus trouvé une grande source de motivation pour continuer.

Et finissons avec ce qui est très clairement une bonne série : Hataraku Saibou. Eh oui, j’ai lâché l’une des séries préférées des fans de cette saison au bout de huit épisodes. La série est plutôt bien produite, mais ayant lu le manga, j’ai vite fini par trouver cette adaptation peu créative, et même quelque peu insipide. Si vous n’avez pas lu le manga, par contre, je vous conseille sans soucis l’anime, qui prend la peine de faire pas mal de plans larges pour rendre honneur aux environnements corporels imaginés par la mangaka.

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Ah ! Et les derniers épisodes de Fate/Extra: Last Encore, sous-titrés Irusterias Tendouron, sont aussi sortis cet été, et ils sont déjà disponibles sur Netflix. Je ne vais pas les classer dans le bilan, parce que je trouve qu’en tant que prolongation d’une série appartenant à une saison passée précise, ces quelques épisodes n’ont pas vraiment leur place ici. Bon, en fait la vraie raison c’est que j’ai oublié de le classer avant d’écrire le bilan, et qu’au moment où j’écris ce paragraphe précis j’ai déjà fini d’écrire tout le reste du bordel, mais passons. De toute façon, mon avis sur ces trois épisodes est dans le prolongement direct de mon avis sur la série de base (à savoir : c’est aussi excellent que mal branlé, et vraiment très niché). Et si vous voulez tout savoir, si j’avais pensé à le classer, l’ensemble se serait sans doute retrouvé à peu près au même endroit que la série de cet hiver, dans le top 15. Comme ça, vous savez tout.

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Le tour des séries laissées de côté cet été étant fini, on peut attaquer dès à présent avec la moins enthousiasmante des séries qui m’auront donné envie de les regarder jusqu’au bout.


34. Overlord III

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Madhouse | 13 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre ADN : OVERLORD 3

Comme dit précédemment, l’été n’a pas été spécialement clément avec l’affection presque coupable que je porte au sous-genre de l’isekai. Si d’aucuns se seront étonnés de la haute opinion en laquelle je portais la seconde saison d’Overlord il y a de cela six mois, cette place moins enviable peut paraître d’autant plus incompréhensible. Alors, pourquoi ce soudain désamour ? À cause de la technique toujours aussi peu engageante de la série ? Du rythme soporifique de cet arc ? Des traits de caractères semblant avoir été générés entre deux saisons de certains personnages ? Il n’y a rien de neuf dans tout ça, à vrai dire, et ça n’est donc pas là que se cache ma nouvelle dent contre la série de Kugane Maruyama.

Mon problème, s’il sous-tend l’ensemble de cette saison, pointe enfin l’ensemble de son affreux nez dans l’épisode 12 de cette troisième saison. Si je ne vous divulgâcherai aucun élément concret, je peux dire ce qui y est confirmé : le fait que le protagoniste ne semble plus accorder la moindre importance à la vie humaine. Lui, qui jusque-là semblait jongler entre les attentes de ses serviteurs décidément maléfiques et ses propres valeurs en tant qu’ex-humain, devient le petit père d’un génocide tout à fait évitable, sans battre la moindre paupière.

Vous me direz, l’observation est d’autant plus vache que le protagoniste n’a, en fait, aucune paupière à battre. Oui, ce squelettique protagoniste nous est proposé depuis le départ comme un seigneur du mal, et il n’y a donc rien de fou à le voir opter pour un petit massacre de temps à autres. Mais voilà, tout ça est bien tardif après deux saisons passées à tenter de tempérer les désirs de massacre de ses petits acolytes. Là où la précédente saison mettait en évidence les quelques valeurs positives du crew d’Ainz Ooal Gown, Overlord III prend au contraire un malin plaisir à en montrer le pire, tout en s’amusant à développer des personnages simplement pour les envoyer à des casse-pipes d’une cruauté exponentielle.

Du coup, après avoir passé tout ce temps à sembler tenter d’arpenter la voie de la modération, le personnage d’Ainz ne peut plus nous apparaître comme un authentique seigneur du mal, mais juste comme un vil benêt, traîné par le bout de son nez inexistant par ses sbires, sans plan précis. Je n’ai rien contre l’idée d’avoir un véritable méchant comme personnage principal (ce que la seconde saison semblait amener plutôt élégamment), mais dans ce cas je préfère en avoir un bon, de méchant. Cette conversion tardive peine à m’apparaître comme autre chose qu’une facilité d’écriture, mettant en scène un Ainz au nez (toujours inexistant) duquel la moutarde qui partage son prénom aura fini par monter. Mon intérêt pour la saga est ainsi aussitôt retombé, et si prochaine saison il devait y avoir, il y a fort à parier que je n’y prête attention que pour goûter au MYTH & ROID nouveau.


33. Isekai Maou to Shoukan Shoujo no Dorei Majutsu

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Ajia-Do | 12 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre Crunchyroll : How Not to Summon a Demon Lord

Quand ça veut pas, ça ne veut vraiment pas. Mais après le déplaisir clair que m’a offert Overlord III, j’accorderais à IsekaiMaou le bénéfice de n’avoir été pour moi qu’un plaisir extrêmement coupable. Comme Ainz avant lui, notre protagoniste se voit convié à vivre dans un autre monde dans l’enveloppe de son propre personnage de meuporg, qui s’avère être un seigneur du mal nommé Diablo. Mais si Ainz semble avoir été convié au buffet des sales cons virtuels par le fait d’un destin farceur, Diablo n’aura pas à attendre le second épisode pour savoir ce qui lui vaut ce voyage indésiré. Tout simplement, il a été invoqué, par deux jeunes demoiselles. Aussitôt apparu, le voilà soumis par ses invocatrices à un sort destiné à faire de lui leur esclave. Pas de bol, le garçon était équipé d’un anneau permettant de renvoyer automatiquement les sorts à leur lanceur, et voilà les arroseuses arrosées selon le bon vieux principe de « c’est c’ui qui dit qui y est ».

Dans le fond, Isekai Maou to Shoukan Shoujo no Dorei Majutsu est une série qui ne réinvente ni la poudre, ni l’eau chaude, ni aucun autre ingrédient d’une bonne pâte à tarte, bien qu’elle soit effectivement plutôt tarte. Elle n’est toutefois pas sans mérite, et on pourra noter des idées intéressantes de fond comme celle de la raison de la différence de pouvoir entre le joueur amené dans le monde du jeu et les habitants originels de ce monde, mais aussi le thème de la solitude (à travers les souvenirs de Diablo), qui me semble traité de façon respectable et intelligente, sans être non plus bouleversant à quelque moment que ça soit.

Techniquement moyenne (hormis quelques cuts d’effets spéciaux très réussis), la série se laisse en fait plutôt bien suivre, et je pourrais vous la conseiller… si seulement elle n’était pas handicapée par un fan-service particulièrement maladroit. On sent bien que l’auteur n’a pas spécialement derrière la tête l’idée de défendre l’esclavage comme ça à la fraîche, mais les nombreuses scènes cochonnes de la série, déjà assez gênantes à la base, partent régulièrement dans une toute nouvelle dimension de malaise quand un cliquetis de métal vient nous rappeler que les demoiselles qui partagent la couche de notre protagoniste sont techniquement bien ses esclaves. Et je dis ça sans tenir compte des scènes avec des personnages à l’âge contestable, et des idées saugrenues à base de doigts là où je pense pour libérer des démons millénaires. « Maladroit » ne saurait être autre chose qu’un euphémisme pour qualifier bien des scènes de la série, dont l’écriture vient parfois nous rappeler le malencontreux second arc de Sword Art Online.

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IsekaiMaou a quelques qualités, et à mon avis elle pourrait être une série simplement amusante si elle n’avait pas été écrite par un auteur visiblement au sommet de sa puberté. Et autant je ne saurai cracher sur un bon petit fan-service de temps en temps (j’apprécie beaucoup les illustrations de Takahiro Tsurusaki pour la série, qu’on voit dans l’ending, par exemple), autant IsekaiMaou ne semble jamais être conscient de ce qui peut être un bon moment pour remonter sa braguette, rendant le tout difficilement recommandable à moins que vous soyez particulièrement fan de quincaillerie.


32. Aguu: Tensai Ningyou

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Studio Deen | 12 épisodes de 24 minutes | Manhua web

Non licencié en France

De loin, Aguu pourrait vaguement ressembler à une tentative mal dégrossie de capitaliser sur la sortie proche de l’adaptation en anime de Karakuri Circus de l’excellent Kazuhiro Fujita. Ce serait pourtant lui faire un bien piètre hommage, puisque si la série de Tencent a bien quelque chose pour elle, ce serait son originalité.

On suit dans Aguu: Tensai Ningyou une jeune femme nommé Ai, qui peine à faire son trou dans le milieu de la danse classique. Une vie pas follement excitante, mais qui ne gagne pas exactement en bonne humeur quand elle découvre que sa meilleure amie, la danseuse étoile à succès Machi, trempe dans une sale histoire de trafics surnaturels. Celle-ci a en effet acquis des Aguu, des petites marionnettes de sinistre nature qui lui confèrent ses compétences hors-normes. Ai découvre bien vite que les Aguu sont en fait d’anciens êtres humains particulièrement talentueux, transformés en figurines vivantes par une ancienne organisation maléfique afin de vendre leurs talents à des clients. Pour simplifier l’explication : mettons que vous voulez devenir un génie des instruments à vent, vous pourriez alors acheter un Aguu d’un célèbre saxophoniste pour acquérir le génie inné de cette personne. Rien de mieux qu’un Aguu Scott Hamilton pour donner un peu de mordant à vos solos de kazoo !

C’est sur cette idée de départ que commence la nouvelle vie d’Ai, qui va bien vite tenter de rejoindre les Sauveurs, une organisation luttant contre les Couturiers (les créateurs des Aguu) afin de sauver les Aguu. Et c’est aussi là que commence à s’installer l’étrange attrait de la série : partant souvent sur des modèles d’intrigues vus et revus, la série fait de son mieux pour régulièrement prendre le contre-pied des attentes du spectateur, et éviter les développements clichés. C’est généralement très frais, mais cette façon de procéder peut aussi être une épée à double tranchant dans le sens où elle peut amener des personnages à avoir des comportements terribles juste pour contourner les attentes du spectateur (pensons à Rafu, qui heureusement se fait vite virer du show, mais aussi à Karurichi, qui ne sert littéralement à rien sinon à vous faire passer des minutes difficiles en sa compagnie).

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De même, si la série est techniquement assez faible, je préférerais célébrer son esthétique unique, dont on peut apercevoir les meilleurs morceaux dans son très bon opening. L’originalité ne fait pas tout, mais beaucoup de la fascination que peut provoquer Aguu vient de là. Malheureusement, ça ne fait que rendre plus regrettable les deux derniers épisodes de la série, qui tombent la tête la première dans les clichés autour desquels la série s’amusait à danser jusque-là. Ensuite, si vous voulez voir des bagarres de kaméhaméha de suites de Fibonacci, regardez Aguu, parce que je ne pense pas que vous en trouverez ailleurs.


31. Angolmois: Genkou Kassenki

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NAZ | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Angolmois: Record of Mongol Invasion

Il m’est difficile d’imaginer qu’il n’y a pas dans la production d’Angolmois quelque chose d’une méta-prophétie, si vous m’excuserez le barbarisme. Car dans cette série qui dès le premier épisode semble condamnée à voir son animation finir par s’effondrer sur elle-même, on suit le combat d’une bande de gaillards exilés sur l’île de Tsushima, au XIIIe siècle. Ça n’est malheureusement pas un très bon plan tourisme, vu qu’être sur Tsushima à cette époque-là équivaut à être perché sur le dernier rempart séparant les innombrables troupes mongoles d’un archipel japonais pas ouf à l’idée de gâcher des ressources pour défendre une île perdue d’avance.

Mais ça n’est pas parce que le combat est perdu d’avance que ça ne vaut pas le coup d’y mettre un peu d’entrain, et ce qui s’applique à la bataille s’applique également à l’anime, qui dans un tout inégal cache quelques cuts notables, même vers la fin où la qualité moyenne de l’animation prend pourtant vraiment un sale coup dans le nez. Mais avant l’animation, le spectateur aura plutôt l’occasion de remarquer le vilain filtre « verre sale » qui accompagnera l’ensemble de la série, d’autant plus décevant quand on voit la qualité du travail de composite effectué dans l’opening.

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Mais si la série se laisse regarder dans son ensemble comme la chronique de guerre désespérée et héroïque qu’elle est, la finir amène au spectateur la très désagréable impression de venir d’observer un pamphlet à la gloire des valeurs de l’armée impériale japonaise, avec ce que ça implique sur le thème de l’autorité et du sacrifice pour la patrie. Ça n’est à mon avis pas l’intention du mangaka, qui nous dépeint une autorité étatique et seigneuriale souvent injuste, et met plutôt en scène des personnages un tant soit peu contestataires. Il n’empêche, le dernier épisode amène avec lui un certain nombre d’observations qui peuvent facilement venir déposer une perruque entière dans la soupe de votre appréciation de la série. À vous de voir comment vous le prendrez.


30. Happy Sugar Life

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Ezόla | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Prime Video : Happy Sugar Life

Si j’avais eu l’occasion de faire une chronique quelque part sur Happy Sugar Life, sans doute l’aurais-je intitulée « Le sucre glaçant », mais le destin en aura voulu autrement. Et si cette triste réalité est ce qui me pousse aujourd’hui à recourir à ce moyen bien peu élégant pour évacuer les intertitres foireux qui me courent dans la tête, ce n’est finalement peut-être pas un mal. Car si, tout fan de Mirai Nikki et de son héroïne gentiment rincée que je suis, j’attendais avec une féroce curiosité l’histoire de cette fille qui semblait avoir sucré une gamine à ses parents, je sors quelque peu déçu de l’expérience.

Happy Sugar Life, c’est donc l’histoire d’une jeune fille nommée Satou (sucre, en japonais), populaire notamment auprès de la population masculine. Celle-ci vit sa vie dans une torpeur sentimentale qu’elle s’explique comme étant causée par le fait qu’elle n’ait jamais connu le vrai amour. Mais un jour, là voilà qui trouve cet amour en la personne d’une fille d’une demi-douzaine d’années nommée Shio (sel, en japonais). Satou a trouvé le bonheur, et à en juger par ces sacs malodorants gisant dans un coin de cet appartement qu’elle a acquis on-ne-sait-comment, elle ne laissera absolument rien l’empêcher de le conserver, et surtout pas la barrière de l’âge.

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Si ce synopsis ne mettra pas tout le monde à l’aise (jusqu’aux derniers épisodes j’étais prêt à le défendre, mais là je vais devoir vous laisser seuls avec votre appréciation), il est difficile de l’accuser de manquer d’originalité. Mais alors que la curiosité de voir comment évolue la situation de Satou aurait pu être un moteur suffisant pour nous pousser à enchaîner les épisodes, l’auteur a eu l’étonnante idée de ne pas se limiter à sa protagoniste et de tout simplement rendre l’intégralité de ses personnages fous, chacun à sa façon. Cette précarité mentale globale, et surtout la mise en scène quelque peu convenue de la folie qui l’accompagne, rend rapidement assez difficile de croire à l’histoire qu’on nous montre, tant l’intégralité des personnages que l’on rencontre semble systématiquement vouée à nous montrer à tout instant un second visage qui n’arrivera plus à prendre le spectateur par surprise.

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Mais, comme je l’ai sous-entendu, tout ça ne serait pas forcément un problème, et pourrait même devenir un atout de la série, si seulement la mise en scène parvenait à rendre hommage aux petits univers mentaux de ce casting de joyeux drilles. Malheureusement, il ne faudra compter que sur une poignée d’épisodes pour bien faire les choses, notamment ceux réalisés par le tristement sous-estimé Keizou Kusakawa, un garçon à qui son propre CV ne rend pas justice. Ces quelques épisodes parviennent à rendre un juste hommage aux traumatismes et aux idéaux qui ont mené ces personnages hors du droit chemin, et à rendre palpable la tension de certains moments à suspense, mais malheureusement restent l’exception dans le tout. En effet, le reste de la série se cantonne à une reprise bête et méchante des idées du manga, prouvant une fois de plus que ce qui marche dans un média ne fonctionne pas forcément dans un autre.

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Et cette réalisation fainéante nous amène un autre cadeau indésiré : un rythme d’une faiblesse assommante. L’intrigue finit par accélérer dans les derniers épisodes (encore heureux), mais ça n’efface par le large ventre mou de la série, où les protagonistes se tournent autour les uns des autres sans vraiment accomplir grand-chose. C’est d’autant plus dommage que la série a deux-trois trucs intéressants à dire sur la parentalité et l’influence des adultes sur les enfants, mais le récit n’est jamais arrivé à me donner envie d’excuser ses faiblesses, avec toutes mes excuses à la diablesse.


29. Muhyo to Rouji no Mahouritsu Soudan Jimusho

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Studio Deen | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Muhyo & Rôji – Bureau d’investigation des affaires du paranormal

Rejoignant le club grossissant des séries terminées depuis un bail réhabilitées par voie animée, Muhyo to Rouji no Mahouritsu Soudan Jimusho n’est sans doute pas la plus populaire de celles-ci, et pour être tout à fait honnête, les premiers épisodes de cette adaptation en sont un début d’explication, de ce manque de popularité. Muhyo et Rouji sont en fait deux associés qui, comme tant d’autres avant et après eux, tiennent un petit business de consultations pour remédier à des problèmes d’ordre surnaturels. En l’occurrence, ils sont plutôt versés dans le domaine de la loi magique, une pratique qui permet, en se reposant sur un grimoire-Dalloz spécial, d’exécuter des esprits en prononçant des condamnations basés sur les lois appropriées.

Et si les détails (qui sont un peu développés dans le manga) importent peu dans l’anime, c’est parce que celui-ci va à l’essentiel, se concentrant sur le moment où, comme tout manga du Jump, Muhyo to Rouji passe aux choses sérieuses. Cela dit, contrairement aux apparences, peu de chapitres sont sautés, la série adaptant juste les cinq premiers tomes de la série. Du coup on est confrontés à l’adaptation principalement des plus anciens chapitres du manga, où l’on peut découvrir dans la douleur que s’il y a bien une qualité que le mangaka Yoshiyuki Nishi n’a pas, c’est l’humour.

Mais si l’on arrive à passer outre ce souci, ainsi que le caractère de merde de Muhyo et la relative faiblesse technique de la série, on peut trouver en Muhyo to Rouji un shonen sympathique, qui exploite un registre bien spécifique : celui de l’horreur. Et là où Nishi excelle, c’est bien dans la création et la mise en scène d’esprits repoussants, ainsi que celle de punitions démoniaques tout aussi créatives. En plus de cette esthétique vraiment propre à la série, l’adaptation s’offre un ou deux épisodes intelligemment storyboardés, et se paye quelques sujets de façon aussi imprévisible que juste (le harcèlement sexuel, le sentiment d’imposture, pour ne citer que les premiers qui me viennent à l’esprit).

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Alors oui, les personnages sont assez faibles, l’humour aurait mieux fait de ne pas être de la partie et la technique de la série est tout sauf remarquable, mais il ressort de Muhyo to Rouji no Mahouritsu Soudan Jimusho une modeste ambition et une attendrissante volonté de bien faire, qui ne peuvent que lui valoir des points. Malheureusement, comme précédemment évoqué et contrairement à d’autres séries adaptées dans ce genre de contexte, l’anime Muhyo to Rouji est bien loin d’adapter tout le manga dont il est tiré, ce qui est regrettable en soi, mais en fait une efficace invitation à lire la série d’origine.


28. Bonobono (2016)

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Eiken | Beaucoup d’épisodes de 6 minutes (dixième cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : BONO BONO (Saison 2)

Dans la continuité des précédents cours, Bonobono (2016) continue à être une série qui gagnerait à être remboursée par la Sécu. Parfois bébette, parfois étonnamment philosophe, la série poursuit avec un flegme qui lui est propre son hebdomadaire bout de chemin, et c’est toujours aussi bien. Anecdotique pour un public adulte normalement constitué, mais indéniablement bien.


27. Baki

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TMS Entertainment | 26 épisodes de 23 minutes (premier cour) | Manga

Titre Netflix : BAKI

Après l’inoffensif Bonobono, passons à l’extrêmement offensif avec Baki. Plus de quinze ans après sa dernière apparition sur les écrans de télé japonais, la saga iconique de Keisuke Itagaki fait son retour, pour le plus grand plaisir des esthètes de la brutalité à mains nues. Lancée en 1991 dans les pages du Shounen Champion, et toujours en cours à l’heure actuelle, la série raconte la vie de Baki Hanma, un prodigieux combattant de MMA clandestin.

Mais avant d’être lui-même un combattant exceptionnel, Baki est surtout le fils biologique de Yujirou Hanma, rêve humide des amateurs d’eugénisme, connu sans la moindre exagération via le coquet titre de « plus puissante créature que porte la Terre ». D’une puissance inégalée, Yujirou est notamment une telle menace pour toute force terrestre qu’il peut régulièrement venir faire chier les puissants de ce monde sans jamais rien risquer (ainsi, on le voit dans un chapitre en train de forcer Bush Jr. à lui servir de conducteur, et dans un chapitre plus récent, en train d’intimider Trump au point où il s’urine dessus). Et c’est également un très mauvais papa, ce qui nous ramène à Baki, dont la motivation principale est de pouvoir un jour en coller une bonne à son monstre de père.

La première grande partie de la série, Grappler Baki, nous racontait, d’une part, l’enfance de Baki jusqu’à son couronnement comme champion d’une arène clandestine d’arts martiaux mixtes sous la supervision du clan Tokugawa, et de l’autre part, un long tournoi officieux pour déterminer l’homme le plus fort du monde… après Yujirou. L’anime qui nous intéresse aujourd’hui adapte la seconde série Baki, intitulée tout simplement Baki. Celle-ci prend place juste après le tournoi, et met en scène cinq prisonniers condamnés à mort à travers le monde qui, non contents de résister à toute forme d’exécution, décident un jour, sans se concerter, de s’évader simultanément de leurs prisons respectives et de tous s’en aller au Japon, dans l’espoir de connaître la défaite aux mains d’un combattant digne d’eux.

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Si Baki (la série) est légendaire, c’est autant pour l’absurdité croissante de sa constante course à la puissance absolue et à la brutalité la plus absurde (je crois pas qu’il y aie une partie du corps humain que je n’aie pas encore vu se faire arracher dans Baki) que pour le trait caractéristique de son auteur. Itagaki, en tant qu’ex-parachutiste de la JSDF et qu’artiste martial, connaît incontestablement les arcanes de l’anatomie humaine, mais il préfère largement sa version des faits. Au fil des années, les proportions réalistes ont de plus en plus fait place à des corps et à des visages sculptés dans le bois, aux traits extrêmement définis, jusqu’à atteindre parfois des extrêmes où l’humanité est devenue une notion étrangère à l’affaire. Considérations de goût mises à part, Baki est une série portée autant par la maîtrise de son propre style que par une mise en scène aussi poseuse qu’inspirée, ce qui en fait un plaisir à lire même quand l’auteur semble se perdre dans des opinions plus que contestables.

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Mais qu’on aime ou pas le style d’Itagaki, l’idée de reproduire fidèlement son style dans un anime aux moyens limités avait tout d’une connerie. Non pas que l’initiative ne soit pas louable (comparé au character design de la série de 2001, je prends mille fois celui-là), mais le niveau de détail demandé par ces character designs a rapidement conduit les animateurs vers le surmenage et l’anime vers des limbes techniques dont il n’aura certainement pas l’occasion de se tirer pour son second cour. Baki version 2018 est laid, plein de plans fixes, avec de la 3D compétente mais très mal intégrée, et vous aurez vite besoin de vous y faire si vous voulez découvrir l’histoire de Baki et de ces prisonniers monstrueux. Enfin, vous avez aussi la possibilité de lire le manga, mais bon courage pour en retrouver les tomes parus, fut un temps, chez Delcourt.

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Si l’on omet toute considération technique, Baki (2018) se laisse d’autant mieux suivre qu’elle est tenue par un casting de seiyuu quatre étoiles, avec une bande-son de qualité. Écrit avec une désinhibition presque maladive, Baki est un spectacle nanardesque toujours plaisant, et je suis toujours content d’en avoir plus. Vous verrez, il suffit de ne pas trop regarder l’écran, on s’y fait vite.


26. Chio-chan no Tsuugakuro

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Diomedea | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre ADN : Chio’s School Road

Restons dans le je-m’en-foutisme le plus irresponsable avec l’adaptation du premier manga non-hentai de l’étonnant monsieur Tadataka Kawasaki, maître de l’humour en situations mal appropriées. Chio-chan no Tsuugakuro, c’est tout simplement l’histoire de Chio, une lycéenne amatrice de jeux vidéo occidentaux qui a tendance à faire un peu n’importe quoi sur le chemin du lycée, seule ou avec ses amies aux mœurs parfois discutables.

Dire de l’adaptation qu’elle est créative serait lui rendre un grand hommage qu’elle ne mérite pas réellement, les quelques idées originales qu’elle apporte étant au mieux discutables (les faux bloopers, personne ne fait plus ça depuis 2006 et il y a une raison pour ça). Ce que l’on peut par contre en dire de bien, c’est que c’est une production raisonnablement bien tenue, et que les seiyuus donnent à l’anime une vraie valeur ajoutée en s’impliquant à fond dans les délires de leurs personnages.

Mais comme pour toute comédie, la question la plus importante sera encore de savoir si vous adhérerez à son humour. Et malheureusement, à défaut de pouvoir aller boire un jour une petite bière avec vous pour tester mes meilleurs blagues Carambar et évaluer en direct votre sens de l’humour, il me sera difficile de donner la réponse à votre place. Cela étant dit, Chio-chan no Tsuugakuro a un amour de l’humour décalé qui ne fonctionnera certes pas avec tout le monde, mais qui, si vous y accrochez, peut être franchement hilarant. Malheureusement, la série est bien loin d’être toujours égale à elle-même, et autant on pourra pardonner certains gags ratés, autant on pardonnera un peu moins quelques fautes un peu plus gênantes.

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En fait, s’il fallait donner un genre à l’humour de Kawasaki, ce serait « humour de mauvais goût » – en sont témoins ses précédentes œuvres, celles du côté obscur du panda. En tant que fan de l’Apéro du Captain, j’aurais bien du mal à lui reprocher son mauvais goût, mais on sent que l’auteur peine parfois à distinguer le bon mauvais goût du mauvais mauvais goût, celui qui gêne d’autant plus qu’il laisse de marbre. On pourra aussi reprocher à l’anime de laisser traîner un peu trop longtemps des plans ne respectant pas forcément l’espace personnel de ses héroïnes, signe d’une adaptation case-par-case mal pensée faisant ressortir des cadrages qui ne sont originellement que des réflexes, des artefacts du passif de son auteur. C’est dommage, mais dans l’ensemble, si vous appréciez l’humour con, il y a fort à parier que Chio-chan no Tsuugakuro soit votre came.


25. Sunohara-sou no Kanrinin-san

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Silver Link. | 12 épisodes de 24 minutes | Manga (4-koma)

Non licencié en France

À l’inverse de certains twittos et de leurs gigantesques [égos], Aki souffre de son manque de masculinité. Il a beau faire ce qu’il peut, sa voix fluette, son mètre quarante et sa carrure de cintre XS peinent à faire de lui une existence crainte par la population locale, ou même par le character designer qui semble ne pas respecter sa virilité des masses non plus. Du coup, comme tout protagoniste japonais complexé vivant à la campagne, arrivé à l’âge de rentrer au lycée, Aki décide de rejoindre la grand ville pour remettre à zéro sa réputation de garçon qui porte très bien les robes. Pas de bol pour lui, sa nouvelle ville, c’est Tachibana Omina City.

Pour les personnes respectables qui n’ont pas la référence ou qui ont banni le tag dans un coin sombre de leurs souvenirs, disons qu’Aki ne va rencontrer dans cette ville littéralement que des femmes majeures qui semblent particulièrement sensibles à ses charmes éphébiques. Et si tout le quartier semble s’être donné le mot, l’épicentre du mal loge dans la nouvelle résidence d’Aki. Car là se trouve Ayaka Sunohara, Mary Sue aux proportions improbables, la jeune propriétaire de la résidence (enfin, petite fille de la propriétaire), qui se plaît à couvrir ses résidentes et son nouveau locataire de son affection quasi-maternelle.

Comme dirait Sherlock Holmes, « mon bon Watson, ça pue la merde cette histoire ». Oui, à première vue, Sunohara-sou no Kanrinin-san invite le crime, et effectivement la série met assez régulièrement les pieds dans un fan-service que n’arriveront à facilement excuser que les amateurs et les amatrices des tags concernés. Mais au-delà de cet aspect qui refait surface çà et là au fil des épisodes, l’anime se présente avant tout comme un slice-of-life comique assez sympathique, porté par quelques personnages très fun, et surtout le trio de colocataires d’Aki, dont la pas bien grande Yuzu, qui ne pourra que vous rappeler Komari de Non Non Biyori (et si ça ne vous semble pas être un argument percutant, c’est que vous n’avez pas vu NNB, auquel cas vous avez une autre chose à faire bien plus importante que de regarder Sunohara).

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Mais Sunohara-sou, c’est surtout le dernier bébé de l’écurie de Shin Oonuma, un garçon dont l’amour des séries très otak’ n’a d’égale que sa qualité à en tirer le meilleur. Et en l’occurrence, s’il signe le fantastique opening de la série, on doit la réalisation efficace de Sunohara-sou no Kanrinin-san à l’une de ses apprentis de chez Silver Link., la réalisatrice Mirai Minato, qui ne démérite pas et nous offre des épisodes aussi bien portés par un sens du timing efficace que par une animation solide (rarement impressionnante, mais souvent fine). Agréablement colorée et généralement paisible, la série parvient, malgré son concept licencieux, à rapidement se poser comme un divertissement régulièrement inoffensif, et somme toute plutôt charmant, auquel vous ne mettrez pas longtemps à savoir si vous accrocherez ou non.


24. Layton Mystery Tanteisha: Katri no Nazotoki File

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LIDENFILMS | 50 épisodes de 24 minutes (second cour) | Jeu smartphone

Non licencié en France (le jeu est sorti en France sous le titre L’aventure Layton)

Évacué de la shortlist du précédent bilan pour cause « pas le temps », Layton Mystery Tanteisha: Katri no Nazotoki File continue son run quadri-trimestriel et m’a laissé le plaisir de le rattraper. Basé sur un jeu spin-off de la licence Professeur Layton mettant en scène la talentueuse fille de l’homme au haut-de-forme, l’anime suit les enquêtes épisodiques de celle-ci. On y voit la jeune londonienne résoudre les trois quarts des affaires de Scotland Yard sans trop se poser de questions sur ce que ça peut bien vouloir dire de la compétence des autorités de son pays, accompagnée de son assistant nunuche et de son chien parlant. Et si c’est ce qui vous tracasse, oui, il y a un fil rouge, et non, il n’a pas de rapport (a priori) avec la question pourtant prioritaire de « pourquoi ce foutu clebs est-il capable de parler ? ».

Mais si vous êtes là pour ce fil rouge, il vaudra peut-être mieux regarder une autre série, puisque Layton Mystery Tanteisha ne développe son intrigue centrale (« oukilé le papa Layton ? ») que tous les dix épisodes, sans faute. Non, si vous regardez les aventures de Katrielle Layton, ce sera pour suivre ses enquêtes amusantes dans un Londres habité par des badauds dont le character design aléatoire vient nous rappeler régulièrement que l’on a bien affaire à une licence Level-5. Les épisodes partagent tous la même structure : une partie enquête, et une partie déduction, qui n’aura lieu qu’après que l’assistant nunul ne se soit adressé au spectateur pour lui demander s’il a trouvé le coupable.

Et si la série se destine à un public jeune, avec ce que ça implique de gimmicks relous (les comparaisons avec des pâtisseries, je dis stop) et d’énigmes pas trop velues, elle ne s’empêche pas de s’offrir des enquêtes quelques fois un peu plus retorses, qui vous forceront à faire un peu travailler votre matière grise afin d’y voir plus clair. Incroyable, l’animé ne l’est jamais, mais il est sympathique avec une régularité hebdomadaire, et c’est à vrai dire tout ce qu’on lui demandait.


23. Gintama.: Shirogane no Tamashii-hen 2

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Bandai Namco Pictures | 14 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Gintama (Saison 4)

Après avoir mené des années tout le net en bourrique, et ses éditeurs avec, Hideaki Sorachi a mis fin (ou presque) cette année à Gintama. Mais en anime, une saison de Gintama en 2018, c’est comme une cinquième prolongation successive dans un match du sport de votre choix : la volonté de réussir y est toujours, mais le reste a déjà commencé à lâcher depuis longtemps. Sauf en pétanque, en pétanque je pense que, s’il y a moyen d’atteindre une cinquième prolongation, le corps parviendra toujours à suivre, à part pour cette petite soif de pastis qui s’installera. Mais cessons de parler de soif, car il est ici temps de parler de fin.

Car ce que Gintama: Shirogane no Tamashii-hen 2 cache derrière ce titre désespéré, c’est une fin. Douze ans après le lancement de l’adaptation du manga par le studio Sunrise sous l’égide du cousin Shinji Takamatsu – un gars dont la carrière de réalisateur a commencé sur des épisodes de Gundam ZZ, c’est vous dire s’il était fait pour la comédie. La série a vu sa vie prendre fin début octobre dans les mains de son troisième réalisateur (qui est en fait une réalisatrice, Chizuru Miyawaki), sous une table du studio Bandai Namco Pictures, et vous dire qu’elle n’a pas souffert ne serait qu’un pieux mensonge.

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Ce n’est pas vraiment une nouvelle, ça fait trois ans que la série peine à se faire produire, et se voit forcée à être produite avec un planning hasardeux dont les conséquences sont malheureusement plus que visibles à l’écran. Préférant multiplier les plans fixes que de risquer de fondre sur elle-même, la série est restée regardable, pour autant que vous appréciez la façon qu’a Sorachi d’écrire des scènes d’action. Pour le meilleur ou pour le pire, l’anime a pratiquement adapté l’intégralité du manga, et l’on ne peut que l’en remercier, quelques aient été les circonstances.

Que penser de cette fin ? À vrai dire, Gintama en est arrivé à un point où j’étais plus curieux d’entendre à nouveau la voix de Kouichi Yamadera (Utsuro) que de savoir comment ça allait se terminer – si ça doit se terminer un jour, car rien n’est moins sûr. Mais, au-delà de la question du scénario de la série, Gintama s’est terminé de la seule façon dont il devait se terminer : sur un pied de nez. Au moment où la série semblait repartir sur un nouvel arc, l’ultime épisode s’interrompt brutalement pour laisser place à un moment longuement attendu, aussi bien par le spectateur que par sa réalisatrice.

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Cette seconde moitié de dernier épisode voit en effet la réalisatrice de la série prendre une dernière fois les rênes pour storyboarder ce qui est très littéralement un procès fait à l’intention de Sorachi. Sans jamais sortir du ton de la boutade, Miyawaki nous fait via Gintoki l’exposé des problèmes que la série a pu rencontrer depuis trois ans, évacuant par l’humour toute la frustration que l’expérience a pu lui apporter. Bon enfant et méta à souhait, cette fin nous renvoie avec grand plaisir aux vieux épisodes originaux de Takamatsu, qui se faisait alors plaisir à taper sur qui de droit tout en offrant à ses équipes un peu de repos bien mérité.

Miyawaki boucle cette boucle créative, et ce qui était alors de la débrouille devient le plus agréable des hommages, en plus de lui permettre de lâcher quelques scuds bien mérités. C’est peut-être pas la fin que Gintama voulait, mais c’était très certainement celle qu’il méritait, et rien que ça, ça justifiera sans doute un peu de classer la série dans le top 10 de MyAnimeList une dernière fois.


22. Gundam Build Divers

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Sunrise (?) | 25 épisodes de 25 minutes (second cour) | Original

Titre Crunchyroll : Gundam Build Divers

De même que Layton Mystery Tanteisha, Gundam Build Divers est une série que j’ai eu le plaisir de pouvoir rattraper cet été, ainsi que ses plus valeureux aînés. Car, attaquons tout de suite, Build Divers ne tient pas la comparaison avec l’excellent Gundam Build Fighters et le bon Gundam Build Fighters Try, et ça n’est pas dû qu’à l’absence de Yuuki Hayashi dans l’affaire.

Mais reprenons depuis le début. Alors que les deux séries Gundam Build Fighters mettaient en scène des combats de figurines Gundam qui prenaient vie sur des plateaux spéciaux pour se lancer dans des combats endiablés, Gundam Build Divers décide de faire évoluer l’univers vers une nouvelle technologie : le MMO en réalité virtuelle. Plus de particules magiques qui font bouger les robots, la majeure partie de l’action prendra place dans ce meuporg où s’affronteront des fans de Gunpla avec les équivalents numériques de leurs modèles plastiques préférés.

Le choix, s’il n’est pas follement original, n’a rien de particulièrement mauvais. En fait, ne croyez pas que je m’apprête à trasher Build Divers : la série est sympathique, elle reste un des derniers bastions de l’animation en 2D de méchas, et ses combats finaux profitent de quelques cuts d’animation particulièrement savoureux. Mon souci, c’est simplement qu’alors que les précédentes séries faisaient le choix de se construire comme des séries sportives (et le faisaient très bien, surtout la première), Build Divers s’aborde plutôt comme une série d’aventure telle qu’on peut en voir tant.

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Son intrigue quelque peu transparente ne m’empêchera cela dit pas de remarquer la qualité de sa galerie de personnages, et sa capacité à nous impliquer dans des combats à grande échelle. En somme, la série souffre de n’être que « plutôt bonne », ce qui peinera à la faire apprécier dans l’ombre de Gundam Build Fighters, même si ça n’enlève rien à sa qualité propre en tant que divertissement.


21. Major 2nd

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OLM | 25 épisodes de 25 minutes (second cour) | Manga

Titre Crunchyroll : MAJOR 2nd

Encore un rattrapage avec Major 2nd, ou plutôt Major: Goro Next Generations comme j’aime à l’appeler, suite générationnelle de Major qui nous fait suivre le début de la vie sportive de Daigo Shigeno, fils du fameux Gorou Shigeno, le protagoniste de la précédente série, qui est devenu le meilleur des rois des hokages, à moins que je ne me trompe.

En tant que fils de joueur de baseball professionnel, Daigo idéalise son paternel et se sent lui-même l’âme d’un grand sportif. Mais avant qu’on en vienne à la difficile question de « du coup comment ça se passe pour les enfants de joueurs professionnels de Fortnite », je vous calme tout de suite : ça tourne mal. Car Daigo n’a pas hérité de son père les épaules flexibles que demande la position de lanceur, ce qui a deux conséquences directes : de un, c’est grillé aussi pour son second choix qui était les barres parallèles, et de deux, il a le seum.

Mais le seum ne durera qu’un temps car Daigo fera bien vite la rencontre de Hikaru, lui-même fils du meilleur ami de son père, qui a, lui, le potentiel d’un grand lanceur. Après une longue hésitation, Daigo décidera donc de devenir receveur pour former une batterie de ouf avec Hikaru, et si je vous ai perdu, il est temps pour vous de réviser votre baseball en regardant Ace of Diamond, par exemple.

Après un premier cour vraiment lent laissant à mon goût vraiment trop de place aux nombreux états d’âme de son protagoniste, ce second cour de Major 2nd monte en rythme grâce à son arc tournoi. Devenant globalement très plaisante à suivre, à défaut d’être exceptionnelle de quelque façon que ce soit, la série vient aussi me rappeler la cruelle réalité, qui est que je n’ai toujours pas vu Major, et qu’il faudrait que j’y remédie un de ces jours.


20. Tenrou: Sirius the Jaeger

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P.A. Works | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Non licencié en France (enfin si, par Netflix, mais vous connaissez le bail)

Signant le retour de Masahiro Andou à la réalisation d’un anime original deux ans après un Under the Dog intéressant à défaut d’être bon, Tenrou: Sirius the Jaeger est un projet qui nous vendait peut-être plus de rêve par son staff que par son synopsis. Hormis son réalisateur, solide atout du studio Bones pendant de nombreuses années, la série pouvait notamment se targuer d’un character design original signé de la main de l’excellente Kinu Nishimura (ex-Capcom, Zero Escape) et d’un solide pilier technique en la personne de l’excellent Masahiro Satou qui occupe sur la série le poste simple de « réalisateur de l’action » (アクション監督).

Et pour tout dire, ça partait bien. L’histoire de Tenrou: Sirius the Jaeger, commence avec l’arrivée à Tokyo en 1930 d’un groupe international de mercenaires qui, au nez et à la barbe de l’état-major japonais, poursuit son incessante traque d’un groupe de vampires. Parmi ces mercenaires se trouve Yuliy un garçon qui a deux particularités notables : de un, il est un loup-garou, et de deux, et c’est à mon avis plus important encore, son nom est presque un palindrome sauf qu’en fait non.

Vous me direz, l’idée de mettre en scène un affrontement entre vampires et loup-garous n’est pas nécessairement la propriété exclusive et originale de Tenrou. Non, l’atout de son setting, ce sera plutôt le Japon des années 30, un contexte que les premiers épisodes de la série parviennent à capturer et exploiter de façon plus que satisfaisante. Tendus, bien tenus (on excusera la vilaine 3D des véhicules au passage), ponctués par des cuts d’action fantastiques offerts par notre réalisateur de l’action Satou, ces premiers épisodes offrent exactement ce qu’on peut en attendre de mieux.

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Malheureusement, l’illusion ne dure pas, et plus on enchaîne les épisodes, et plus l’intrigue dévoile sa propre vacuité, d’autant plus décevante étant donné ce que la première partie de la série avait pu prêter à espérer. Et si on peut excuser la baisse en qualité technique de la série, on aura bien du mal à pardonner ce scénario à la conclusion désespérément clichée. Hormis la petite troupe de personnages à peine développés que l’animé se trimbale, j’ai particulièrement du mal à pardonner le traitement de l’héroïne. Celle-ci, une jeune fille riche qui décide d’ignorer la tradition et de s’adonner au kendo jusqu’à devenir bonne au point qu’elle carotte régulièrement son instructeur, n’aura au final servi à rien d’autre qu’à être un fourreau pour le héros.

… parce qu’elle lui file son épée, hein. Bref, je suis mécontent, mais ce mécontentement ne saurait venir annuler la qualité réelle de la première moitié de la série, qui en elle-même s’apprécie comme une série d’action tout à fait respectable, quoi que vous puissiez venir à penser de la suite.


19. Grand Blue

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Zero-G | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Prime Video : Grand Blue Dreaming

De l’autre côté du spectre de l’ambition, l’anime Grand Blue ne tente absolument rien, et ça lui va pas si mal que ça au teint. Largement vanté par ses nombreux fans à travers l’Internet, le manga de Kenji Inoue et Kimitake Yoshioka met en scène un étudiant qui fait la rencontre des membres du club de plongée de sa fac. Mais bien avant de faire sa première rencontre avec les fonds marins, le jeune homme va apprendre à se méfier de tous types de liquides, puisqu’il s’avère que le club pratique plus souvent la beuverie synchronisée que tout autre type d’activité aquatique.

Ça ressemble vaguement à une adaptation d’Amanchu! en film américain par le réalisateur d’American Pie, et c’est aussi absurde que ça en a l’air. Bien entendu, cet humour très con et très « frat bros » ne sera pas du goût de tous, d’autant que les personnages laissent rarement passer l’occasion d’être de parfaits connards. Mais pour peu que ça ne vous dérange pas trop et que vous ayez les clés nécessaires pour comprendre la terrible traduction de Prime Video, Grand Blue est une série d’une connerie aussi rare que réjouissante.

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Comme dit plus haut, la série ne fera cela dit pas vraiment la joie des esthètes ou des fans du manga tant l’adaptation est littérale et visuellement faible. On peut cela dit remercier notre gars Shinji Takamatsu (encore lui) pour avoir supervisé de près sa série, s’assurant que le timing des vannes soit toujours carré, et nous garantissant un niveau plus que correct de gaudriole. Mais le plus gros argument en faveur de l’animé restera son doublage, les seiyuu ayant visiblement pris un grand plaisir à doubler les bêtises alcoolisées de leurs personnages, ce qui se ressent largement. Et puis l’ending est génialement con, ce qui me suffira à défendre la série à la mort. Merci mon Shinji, change rien (mais essaye de refuser les projets avec zéro moyens à l’avenir, ça te fait du mal).


18. Harukana Receive

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C2C | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre ADN : Harukana Receive

Dans la grande histoire des œuvres qui n’ont pas eu de bol avec leur date de sortie, Harukana Receive me donne particulièrement envie de la défendre. Car si, dans le genre des séries sportives féminines avec une touche introspective, la série n’est clairement pas au même niveau que sa concurrente directe de la saison, elle a bien des arguments pour elle, et mérite qu’on lui accorde son moment sous le luminaire.

Grande fille de son état, Haruka déménage à la campagne pour vivre chez ses grand-parents. Mais cette campagne, ce n’est pas n’importe quelle campagne, puisque c’est en fait Okinawa, île du sud du Japon connue pour son soleil, ses plages de sable fin, son accent imbitable et, à en croire la précédente série, ses étudiants particulièrement résistants au Spirytus. Mais la bouteille que va prendre Haruka, c’est de la bouteille en tant que joueuse de beach volley. En effet, retrouvant à Okinawa sa cousine Kanata, elle se trouve une passion pour le sport que cette dernière avait laissé de côté le jour où le bus de la puberté a laissé sur le bord de la route sa poussée de croissance. Reprenant courage grâce à l’enthousiasme de Haruka, Kanata décide de faire équipe avec elle et d’écraser avec elle des ballons dans le sable chaud du côté opposé du terrain.

Développant modestement mais sûrement ses quelques personnages et leurs incertitudes, la série se présente avant tout comme une série de sport dans les canons du genre, mélangée avec un sous-texte yuri parfois plutôt moins subtil que d’autres, que les fans sauront apprécier. D’ailleurs, toujours dans ce registre, la série s’amuse à faire remarquer à son spectateur (via le running gag du papy toujours absent) qu’elle fait partie de ces séries où l’espèce humaine n’est visiblement composée que de femmes.

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Le sport veut qu’on voie ce qu’on voit, mais toute lubricité à part je trouve vraiment que l’animation de la série prête une vraie attention à l’animation de l’ensemble du corps (faites attention aux muscles sur les réceptions et aux articulations sur le jeu au filet, comme là), et c’est très bien.

Mais au-delà de ça, Harukana Receive s’apprécie aussi parce qu’elle est une série qui se tient à ses ambitions visuelles. Les matchs de beach volley de nos jeunes protagonistes profitent en effet d’une animation qui met l’accent sur la définition de l’espace du terrain et la représentation des mouvements du corps. Sans jamais partir dans les pics de qualité d’animation dont d’autres séries peuvent se vanter, Harukana Receive s’impose des objectifs raisonnables et les tient : l’animation est assez constante, plutôt soignée, et malgré quelques cuts répétés moins discrets que d’autres, parvient à presque tenir tout le long de la série. Ainsi, l’anime réussit à nous offrir des matches plutôt prenants, et soutenus par l’excellente bande-son du DJ suédois Rasmus Faber. Disons-le, Harukana Receive n’est pas Hanebado!, ni n’a-t-elle ce genre d’ambition, mais elle réussit ce qu’elle entreprend, et ça en fait une série plus que respectable, et plaisante à regarder.


17. Inazuma Eleven: Ares no Tenbin

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OLM | 26 épisodes de 23 minutes (second cour) | Jeu vidéo

Non licencié en France

Restons encore et toujours dans le sport, pour mon plus grand plaisir, avec l’une des dernières itérations de la franchise Inazuma Eleven. Mettant en scène le jeune Asuto et son équipe, Ares no Tenbin commence comme les deux tiers des RPG japonais qui se respectent : avec la mort de la mère du protagoniste et la destruction de son vill-… de son terrain de football, sur lequel lui et ses copains aimaient à jouer sur leur petite île paumée. Doublement dégoûté, Asuto et compagnie reçoivent toutefois une offre : celle de rejoindre le lycée Raimon pour devenir leur nouvelle équipe de foot, et participer au tournoi Football Frontier.

Contrairement à ce que sa place pourrait prêter à penser, Inazuma Eleven: Ares no Tenbin n’est pas une série visuellement bien tenue (à l’exception de ses stock cuts pour les coups spéciaux, qui sont eux très réussis), au contraire, il ne serait pas exagéré de dire que la série se casse la gueule assez vite en dehors de ces quelques scènes, si nombreuses soient-elles. Non, ce qui fait plaisir dans Inazuma Eleven, c’est plutôt sa créativité. Mettant en scène un tournoi dont l’enjeu est en partie de lutter contre un système institutionnel de brainwashing d’enfants, la série se fait plaisir à partir dans des idées assez folles avec un certain entrain.

Particulièrement, on appréciera toutes les équipes pleines de personnages aux tronches pas possibles (Level-5 toujours) avec des techniques secrètes de dingue, comme celle où un mec tire un ballon tenu entre les becs de quatre pingouins pour provoquer un Itano Circus de pingouins. Inazuma Eleven: Ares no Tenbin a une certaine folie, une bonne humeur enfantine, et une capacité à amener des développements extrêmement satisfaisants de façon naturelle dont peu de séries peuvent se targuer. La série ne dépasse certainement pas le cadre de ce à quoi vous pouvez vous attendre en pensant à Inazuma Eleven, mais elle vient rappeler à Captain Tsubasa que du temps a passé, et que si on veut faire une série de sport un tant soit peu baroque en 2018, il faut y mettre un peu le paquet. Et des pingouins.


16. Asobi Asobase

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Lerche | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Asobi Asobase – workshop of fun –

Je crains que, au bout de la troisième série classée dans ce bilan dont je vous décrirai l’humour comme « extrêmement con », vous ne commenciez à comprendre plus ou moins comment fonctionne mon propre sens de l’humour. Qu’à cela ne tienne, puisque je vais vous parler d’Asobi Asobase, qui est, pour le coup, un animé vraiment très très con.

Adapté du manga de Rin Suzukawa, l’animé Asobi Asobase nous raconte la vie de trois lycéennes scolarisées au sein d’un lycée pour filles. Dans le désordre, nous avons Kasumi, demoiselle aux capacités physiques étonnantes et profondément androphobe qui apprécie le yaoi, Olivia, demoiselle qui porte sur son visage un héritage partiellement américain (pas de bol, elle pige pas un broque d’anglais) et cache derrière une apparente élégance un caractère de cochon, et enfin Hanako, demoiselle qui malgré son apparence ordinaire (pour être gentil) est en fait la fille d’une famille extrêmement riche, possède un majordome capable de tirer des lasers avec le cul, et arbore une haine viscérale pour tout être humain heureux en amour. Les trois filles font connaissance, et par un twist du sort décident de créer un club dédié aux jeux, sans plus de précisions. L’Histoire retiendra cette initiative comme une mauvaise décision.

Je ne saurais vous le cacher plus longtemps, en fait je crois que le secret a vite été éventé, mais malgré les apparences, Asobi Asobase est en fait une comédie extrêmement con. Les délires de nos trois protagonistes ont tôt fait de partir bien trop loin pour le commun des mortels, et la série enchaîne les gags visuels et les répliques trash avec un timing maîtrisé, qui, à l’exception de quelques sketchs vraiment pas drôles qui s’attardent, ont de bonnes chances de faire mouche sur vous.

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Malheureusement, si la série tient tout à fait correctement sur le plan technique, je suis bien vite venu à regretter le manque de créativité absolu de l’adaptation, qui se contente de reproduire case-par-case les idées et les expressions de malade mentale imaginées par Rin Suzukawa. Ça n’est toutefois pas un gros souci si vous faites partie de la large majorité de la population n’ayant pas lu le manga, et ça ne vous empêchera certainement pas d’apprécier cette comédie bien rincée du cigare.


15. GeGeGe no Kitarou (2018)

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Toei Animation | Plein d’épisodes de 23 minutes (second cour) | Original (manga)

Titre Crunchyroll : GeGeGe no Kitarô
Titre Wakanim : GeGeGe no Kitarō

De son côté, Kitarou: Medama-oyaji Next GeGeGenerations continue son petit bonhomme de chemin dans le calme et avec une nouvelle fournée d’excellents épisodes. Tous ne le sont pas, bien entendu, et c’est même généralement sans excitation particulière que je lance un nouvel épisode de la série basée sur l’œuvre de Shigeru Mizuki, mais quand l’anime cherche à parler à l’excellence, il la tutoie.

En vrac, j’aimerais citer l’épisode sur le harcèlement sur les réseaux sociaux, celui sur le syndrome de Peter Pan et celui avec le très impressionnant youkai Gyuki, mais ce serait oublier que l’épisode sur la guerre du Pacifique est peut-être l’un des épisodes d’anime les plus intelligents et les plus réussis de la saison, si ce n’est de l’année, dans son ensemble. Bref, GeGeGe no Kitarou version 2018, quand c’est bon c’est très très bon, et ça excuse largement quelques épisodes moins intéressants.


14. Aikatsu Friends!

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Bandai Namco Pictures | La dose d’épisodes de 24 minutes (second cour) | Jeu vidéo

Non licencié en France

Si pour les fans d’idols cette saison n’en était probablement qu’une comme les autres, elle a pour ma part été celle de la découverte des raisons pour lesquels des gens venaient régulièrement agrafer des corbeaux morts à ma porte en écrivant en lettres de sang sur mon paillasson « regarde Aikatsu! ». Ayant renoncé à en parler la saison passée, j’ai pu cet été rattraper la dernière série en date, Aikatsu Friends!, et je viens donc vous en parler.

Aikatsu Friends! nous raconte le début de la carrière d’idol d’une jeune fille nommée Aine, qui ne s’y destinait pas spécialement. Ce changement de perspective de carrière, intervenu tellement vite qu’elle n’a même pas eu le temps de prononcer « admission post-bac », ne s’est pas fait tout seul : il est dû à une rencontre. Car oui, être idol, c’est avant tout des rencontres, mais nul besoin de se déplacer en Égypte pour faire cette rencontre destinée, puisque c’est dans son quartier qu’elle rencontra Mio, une jeune idol très talentueuse mais un peu complexée. S’aidant l’une l’autre, celles-ci deviennent de meilleures idols, et les deux jeunes filles finissent par décider de former un Friends, un duo d’idols, afin de conquérir le Budokan, de se faire un million d’amis – objectif personnel d’Aine, largement facilité par le fait qu’elle semble considérer que des objets inanimés peuvent parfaitement devenir des amis si besoin est – et sans doute de nager dans des baignoires de coke d’ici leurs 27 ans.

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Je ne peux m’empêcher de salir un peu tout avec cet humour douteux qui est le mien, mais la caractéristique principale d’Aikatsu Friends!, c’est son invulnérable optimisme, qui transpire de chaque épisode et de chaque personnage. Quelle que soit l’épreuve que la série puisse mettre dans les pattes de nos jeunes héroïnes et de leurs amies, celles-ci s’en tirent toujours plus ou moins en ayant appris quelque chose, mais sans jamais sombrer dans le moralisme fâcheux qui peut handicaper certaines autres séries pour enfants.

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Colorée et baignant dans l’amour parental visible de ses créateurs et créatrices, Aikatsu Friends! est une sorte de bonbon fondant qui met le sourire par l’humour, par le chant et par tout autre moyen à sa disposition. Mais si ces mots pourraient sembler cacher une série sans aspérités, j’aime aussi Aikatsu Friends! quand il traite discrètement de sujets qui n’ont souvent pas le temps d’antenne qu’ils méritent, et en disant ça je pense notamment à ce très joli épisode où l’école des idols fait une journée porte ouvertes.

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Pendant cet épisode, au sein de la troupe de jeunes filles venant visiter l’académie, on trouve un garçon, prétextant accompagner une amie. Mais à travers son comportement, on devine bien vite que celui-ci est en fait fasciné par l’univers du maquillage, intérêt qu’il a pour réflexe de dissimuler. Que l’on prenne le message tel quel ou qu’on l’interprète un peu plus loin, c’est en tout cas un thème très intéressant à aborder dans un anime destiné à un jeune public, principalement féminin, mais peut-être pas que. Bien joué, Aikatsu Friends!.


13. Free!: Dive to the Future

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Kyoto Animation & Animation Do | 12 épisodes de 24 minutes | Original (light novel)

Titre Crunchyroll : Free! -Dive to the Future-

Si chaque diffusion de série Kyoto Animation est en soi un événement que je célèbre, je ne vous cacherai pas que Free! n’est pas la licence qui nourrit le plus mes rêves au sein du catalogue du studio Kyotoïte. Non pas que je n’aie point d’affection pour la série, puisque j’ai regardé sans déplaisir les deux premières saisons lors de leur diffusion, mais je peine à m’intéresser au développement de ses personnages. Pas de bol pour moi, Dive to the Future a décidé d’enclencher la seconde sur le nombre de personnages à développer en un cour.

Si comparer la série à une adaptation de mobage serait une insulte à la qualité de la construction des personnages de Free!, la quantité est pourtant bien là. Alors que la moitié du club de natation d’Iwatobi est sorti, diplôme en main, du lycée et est passé à la vie étudiante, la série décide que vous avez forcément vu tous les films de la franchise et n’hésite pas à donner un temps d’antenne considérable non pas à nos six protagonistes principaux (en comptant Rin) mais au reste de l’ensemble des personnages de son univers. Si la série parvient à plutôt bien jongler avec tous les différents groupes de protagonistes (à part le club de natation d’Iwatobi, dont l’importance est malheureusement anecdotique), votre appréciation de la série dépendra beaucoup de votre capacité à retenir les personnages et leurs enjeux.

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Si tant est que vous fassiez l’effort (considérable, certes), Free!: Dive to the Future est une série bien ficelée, bien animée (la 3D peu discrète de certaines scènes exceptée), et loin d’être froide. Seul gros reproche que je lui ferai, la saison a beau aborder avec intelligence son sujet principal (l’avenir, duh), elle peine souvent à ne pas avoir l’odeur d’un teaser, nous préparant aux événements dont on pourra sans doute témoigner dans la prochaine saison, mais auxquels vous n’aurez pas le droit ce coup-ci. À la prochaine, du coup.


12. Shingeki no Kyojin Season 3

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Wit Studio | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Wakanim : L’ATTAQUE DES TITANS Saison 3

Si vous me suivez depuis un moment, vous savez peut-être que parmi mes goûts les plus discutables, je porte en moi une relative indifférence à la saga de Hajime Isayama. Alors vous dire que je n’étais pas particulièrement chaud à l’idée de regarder cette adaptation du moins bon arc de la série ne serait probablement pas une exagération.

Et autant je maintiens une bonne partie de mes griefs à l’encontre de la série – exemple : non, mettre face à face deux personnages qui tremblent avec les yeux écarquillés ne remplit pas automatiquement une scène de tension – autant je dois bien dire que cette saison m’en a collé une pas timide. Entre d’excellents cuts d’action en milieu urbain et un paquet de scènes vraiment tendues, cet arc politique m’a réappris la hâte de regarder chaque épisode suivant de Shingeki no Kyojin. Tout n’est pas passionnant, Eren est toujours un jambon, mais la saison est bien réalisée et bien tenue, et elle a réussi a me prendre de surprise à plus d’une reprise. Okay, d’accord, la fin du dernier épisode était très bien vue, okay, j’ai hâte d’avoir la suite, c’est bon, vous avez gagné.


11. Boku no Hero Academia 3rd Season

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Bones | 25 épisodes de 24 minutes (second cour) | Manga

Titre ADN : My Hero Academia Saison 3

De son côté, la saga de Kouhei Horikoshi est dans la situation inverse. Si j’ai de base bien plus d’atomes crochus pour Boku no Hero Academia que pour Shingeki, l’animé se trouve ici contraint à devoir assurer la suite après nous avoir offert ce qui était possiblement son tout meilleur cour jusqu’à présent. Non seulement il est logique que la production ait besoin de souffler après tout ça, mais la série retombe sur un arc un poil moins fou qui est celui de l’examen de certification des héros. Si l’arc nous permet de découvrir la dernière fournée d’incroyables personnages nés du cerveau fertile d’Horikoshi, il est aussi une occasion pour la série de ralentir un peu, en faisant gonfler un peu cet arc relativement court du manga.

Mais hormis un épisode tie-in malhabile dans sa présentation, la série nous offre un cour sans véritable faute, moins chargé en calorie du point de vue de l’animation à l’exception de quelques moments vraiment importants où les talents de l’équipe ont pu s’en donner à cœur joie. Un retour à la normale après le phénoménal arc du choc des idoles, mais très loin d’être une contre-performance, puisque le niveau « normal » de HeroAca est largement suffisant pour lui valoir une place à l’entrée du top 10. Rendez-vous l’an prochain, même date, même lieu, sans faute.


10. Nobunaga no Shinobi: Anegawa Ishiyama-hen

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TMS Entertainment | 26 épisodes de 4 minutes (second cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : Nobunaga no Shinobi (Saison 3)

Chaque saison de plus est un drame de plus quand elle se finit : Nobunaga no Shinobi est toujours une série courte exceptionnelle, d’un charme dingue, et si vous croyez que j’arrêterai d’en vanter les mérites avant que vous n’écoutiez mon conseil de la regarder, vous vous trompez.


9. Banana Fish

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MAPPA | 24 épisodes de 23 minutes (premier cour) | Manga

Titre Prime Video : BANANA FISH

Publié entre 1985 et 1994 dans les pages du magazine shoujo Betsucomi (alors appelé Bessatsu Shoujo Comic), Banana Fish ne ressemble pas vraiment à l’idée qu’on peut se faire d’un manga shoujo. Prenant place dans une ville de New York à une époque contemporaine de la publication du manga, la série nous parle d’un jeune chef de gang remontant la piste d’un trafic plus que louche tournant autour du nom de code « Banana Fish ». L’affaire, qui commence avec la crise de folie d’un soldat durant la guerre du Vietnam, remontera jusqu’aux plus haut échelons du crime américain, et nous permettra de découvrir les perversions d’un bon paquet de ces voyous de grand chemin.

On pourrait dire beaucoup du manga, qui est un excellent thriller criminel dont je désespère de trouver un jour les six volumes qui me manquent (les six derniers, avis aux connaisseurs des vide-greniers), mais passons à l’anime. Et là, aucune surprise : l’adaptation est à la hauteur des attentes, ni plus ni moins. Si la série se démène à rendre justice au récit très dense d’Akimi Yoshida, elle n’a pour l’instant fait à mon sens aucun véritable faux pas et est restée compréhensible tout en maintenant un excellent rythme.

Soutenue par une bande-son très fraîche et une réalisation occasionnellement intéressante, l’adaptation réussit à plutôt bien se tirer du piège à cons que je voyais venir en attendant la série : le changement d’époque. Car si Banana Fish a été écrit dans les années 80, l’anime est bien une série de 2018, et le choix a été fait de déplacer de même l’action à notre époque. Et pour le coup, autant je continue à trouver que l’idée de traiter de la même façon la guerre d’Irak que le manga traitait la guerre du Vietnam ne fonctionne pas vraiment, autant la série parvient plutôt bien à retomber sur ses pattes dans la suite de son intrigue. Ce n’était vraiment pas donné étant donné que l’intrigue initiale reposait en bonne partie sur des facteurs propres à la Guerre Froide.

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Si je devais faire un reproche à cette adaptation, ce serait en fait simplement celui, quelque peu injuste, de dire que l’animé manque de folie. Non pas que la série se prête nécessairement à faire des folies, mais ayant lu récemment le manga, l’animé n’est pas arrivé à me marquer spécialement par sa façon de représenter les moments forts de la série, à une ou deux exceptions près. Dans tous les cas, comme il y a de fortes chances que vous n’ayez pas lu le manga (et qui pourrait vous le reprocher, le machin est en arrêt de commercialisation depuis Mathusalem), je ne peux que vous encourager à vous lancer sans trop d’hésitation sur cette adaptation très honorable de la très bonne série d’Akimi Yoshida.


8. Yama no Susume: Third Season

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8bit | 13 épisodes de 14 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Yama no Susume (Saison 3)

Comme ont l’habitude de le répéter les nazguls au vieux monsieur un peu sénile qui leur demande tous les jours ce que c’est que ce gros tas de cailloux derrière eux : « La montagne, Saroumane ». Et là j’aimerais m’éloigner des affreux slogans publicitaires que l’on connaît l’espace d’un moment, mais je ne vais pas pouvoir, car j’ai une confession à vous faire : j’adore la montagne. Et si la malédiction du détecteur d’avidité nous empêchera à tout jamais d’avoir un jour une adaptation en anime de l’incroyable Kokou no Hito (Ascension), heureusement il existe Yama no Susume pour représenter fièrement en animation les couleurs de la Team Montagne, d’une façon si excellente et positive qu’elle ne saurait permettre l’escalade de la haine avec ses contradicteurs. Non, tout ce que vous aurez le droit d’escalader, ce seront des parois.

Yama no Susume, pour revenir aux bases, est l’histoire d’Aoi, une lycéenne extrêmement introvertie. Se croyant partie pour passer ses années lycée dans la même solitude qui l’a accompagnée tout son collège durant, Aoi tombe en fait dans son nouveau lycée sur Hinata, une amie d’enfance perdue de vue, avec qui elle avait jadis promis de retourner marcher en montagne. Hinata n’a pas oublié la promesse, et compte bien faire sortir Aoi de chez elle, pour lui faire redécouvrir les joies des sentiers de montagne.

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Slice-of-life pur bois, Yama no Susume est en fait une série plus intelligente qu’il ne peut y paraître. Bien loin de présenter la randonnée et l’alpinisme comme un loisir où tout n’est que joie et fleurs, la série prend bien garde à présenter la montagne telle qu’elle est vraiment, chaque sentiment d’accomplissement venant avec son lot de frustrations. Écrite par un véritable passionné de montagne, la série rend, à mon avis, un hommage très juste à la montagne telle qu’on peut la connaître en tant que randonneurs du dimanche (vous attendez pas à des cordées, hein), et chaque épisode ne fait que me donner plus envie encore d’enfiler mes grosses godasses et de retourner dans mes Alpes.

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Mais au-delà de ça, Yama no Susume est une série slice-of-life particulièrement soignée, que ça soit au niveau de sa réalisation ou de son animation. Les deux saisons précédentes ont déjà largement laissé à leurs créateurs le champ libre pour s’exprimer et faire montre de leurs talents, et la troisième saison n’est certainement pas là pour briser les habitudes. Si l’on ne peut que regretter que le magnifique Masashi Ishihama ne soit pas revenu signer l’opening de la série après avoir offert à la seconde saison deux excellents génériques, la nouvelle saison peut se targuer d’un très bon ending signé par la réalisatrice Kaori, mais aussi et surtout d’excellents épisodes, notamment ceux signés par l’animateur pseudonymique China. Son épisode 2 (réalisé et animé en solo par lui-même) est largement réjouissant ne serait-ce que par la personnalité qu’il transpire, mais je préférerais attirer l’attention sur son épisode 10, en grande partie original, et beaucoup plus évocateur de point de vue de la réalisation.

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Dans son ensemble, cette troisième saison a un sujet clair : celui de la prise d’indépendance. Libérée de son introversion par son amie, Aoi gagne en initiative, en volonté, et en capacité à exprimer cette volonté, et cette indépendance gagnée l’éloigne naturellement de plus en plus de celle qui lui a permis de l’obtenir. Baigné de sentiments contradictoires, l’anime nous livre un bon paquet d’épisodes mélancoliques et touchants, au sein desquels l’épisode 10 est pour moi peut-être le plus puissant, utilisant à merveille l’expressivité de la lumière et du cadrage. Alors oui, cette troisième saison n’est pas parfaite, et on pourra par exemple regretter ses petits cafouillages du côté des décors. Mais il s’en dégage tellement de personnalité, de bonne volonté et de talent qu’il est difficile de lui résister.


7. Planet With

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J.C.Staff | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Titre Crunchyroll : Planet With

Le ciel est rempli de cendres, la ville est en feu et le souffle d’un gigantesque dragon-dindon vient mettre un terme aux chances de survie de notre protagoniste. Heureusement pour lui, tout ça n’était qu’un vilain rêve. Sitôt levé du pieu, le jeune Souya peut reprendre sa vie normale, avec ses colocataires normaux, qui sont une maid aux cheveux verts et un chat anthropomorphe au regard inquiétant. Rien d’anormal dans la vie de Souya, donc, jusqu’au moment où un énorme machin volant ressemblant vaguement à un cadeau-souvenir de très mauvais goût apparaît dans le ciel près de la côté japonaise. Ce gigantesque bidule s’approche de la ville, et ne semble pas disposé à écouter les injonctions de l’armée de rester à l’écart du pays. Heureusement pour la population, sept héros dotés de pouvoirs magiques vont se charger de cette étrange menace extraterrestre. Rien qui ne concerne Souya, donc. Sauf que Souya va bien vite découvrir qu’il a une très, très bonne raison de se battre. Et pas contre l’envahisseur, mais bien contre les héros de l’humanité.

Aussi étrange qu’impossible à décrire sans spoiler, le dernier projet de l’excellent mangaka Satoshi Mizukami est aussi sa première œuvre à être adaptée en anime. Si je me refuserai à en dire concrètement plus sur l’intrigue de la série, c’est bien parce qu’elle mérite amplement qu’on la découvre par soi-même. Comme à son habitude, Mizukami croque à merveille un nouveau casting de personnages mémorables et amusants, et brasse tellement d’influences avec tellement de soin que le produit fini évoque à la fois toutes les séries de science-fiction japonaises (et occidentales) que vous connaissez, tout en ne ressemblant à aucune d’entre elle.

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Planet With parle d’un combat littéralement entre chat et chien, du combat contre les extrémismes, du combat contre le fatalisme, du combat contre les abus de pouvoir, de pacifisme, de végétarisme (en scred), et s’il faut absolument que vous qualifiiez une série animée de « nouvel Evangelion » cette année, il y a des chances que Planet With soit votre meilleur client (puisqu’il en reprend de façon évidente des codes tout en les tournant en dérision). Comme dans son fantastique Hoshi no Samidare, Mizukami nous présente une menace à la fois unique, concrète et évocatrice, et se sert d’un cadre scénaristique a priori transparent pour au final rebattre intégralement les cartes à chaque occasion, tout en en profitant pour donner à chaque personnage l’attention qu’il mérite. Le court ventre mou de la série ne viendra à aucun moment m’ôter de l’esprit qu’elle est brillante à bien des égards.

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D’un autre côté, Planet With est par bien des aspects un projet bâtard. Si j’ai présenté la série comme une série « originale », c’est parce que c’est ainsi qu’elle a été conçue, mais elle présente tous les stigmates d’une adaptation de manga, et à raison. Car Mizukami est crédité en tant que scénariste de l’ensemble de la série, mais son scénario n’est pas venu sous la forme d’un simple script. En effet, le mangaka a tout simplement dessiné à l’avance l’intégralité de la série sous forme de name (l’équivalent d’un storyboard en manga), ce qui nous fait un beau bébé d’un total de 1074 pages, sur lequel les storyboarders n’ont eu qu’à se baser directement, avec juste les conseils de la scénariste Miya Asakawa pour découper tout ça proprement. Ainsi, si Planet With est bel et bien une série originale, elle ressemble peut-être encore plus une adaptation qu’une véritable adaptation de manga, puisque la série n’a à aucun moment été retouchée par un scénariste autre que l’auteur original (ou si c’est le cas, ça n’est pas crédité).

Tout ça a pris un peu de temps à expliquer, mais de ce fait Planet With a beau être une série originale, on y ressent l’habituel désaccord entre l’ambition de l’œuvre et l’emphase de la mise en scène se cantonnant à du case-par-case. À l’exception de quelques rares scènes et des combats de mechas (en 3D), la série ne profite pas vraiment de son statut de série animée. Et si, vous l’aurez compris, j’aime beaucoup le concepteur original de la série, l’impact d’une double page n’est pas quelque chose que l’on ne peut traduire littéralement : de la créativité est nécessaire pour tirer le sentiment initialement voulu du spectateur via un autre média.

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De même, si la 3D mal intégrée de la série convient très bien à représenter les objets qui menacent la Terre et leur caractère profondément alien, celle-ci fait bien du mal au dragon, créature gigantesque qu’un mangaka peut se permettre de dessiner, mais qu’un staff d’anime ne peut pas nécessairement se permettre d’animer. On dira sans doute que je chipote, et c’est vrai, j’ai pris mon pied avec Planet With de toute façon, mais je ne peux que regretter les quelques défauts de la série, scénaristiques (je ne les ai pas trop abordés pour éviter le spoil, mais ils existent, bien entendu) ou autres. En espérant que le brave Mizukami aura le droit à d’autres opportunités de montrer son talent au grand public.


6. Emiya-san Chi no Kyou no Gohan

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ufotable | Pas assez d’épisodes de 13 minutes (ONA) (troisième cour) | Manga

Titre Wakanim : Today’s Menu for Emiya Family (ONA)

Faut-il encore s’étonner des places que je donne aux séries dérivées de l’univers Fate ? Pas vraiment, m’est avis. L’excellente série de cuisine en temps de paix à Fuyuki continue son run, qu’on aimerait espérer encore long. Le cour précédent m’a un peu moins plu, mais ce cour nous offre à la fois le meilleur épisode d’anime sportif de l’année et un excellent épisode sur le couple de Caster, et mon cœur n’aurait tenu si je n’avais pas, tout fanboyisme laissé de côté, rendu un autre hommage à cette série d’une chaleur et d’une qualité technique inouïe, d’autant plus venant d’un studio qui s’est construit une réputation en se concentrant sur des projets partant dans une direction diamétralement opposée. Emiya-san Chi no Kyou no Gohan est une série tendre et précieuse, et je veux que ça dure.


5. High Score Girl

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J.C.Staff | 12 épisodes de 25 minutes | Manga

Non licencié en France (enfin si, probablement par Netflix, mais mystère et boule de gomme)

Parmi toutes les opinions étranges que j’ai bien pu communiquer au sein de ce bilan, voilà bien celle qui est peut-être la plus à l’ouest de toutes. En effet, dire que High Score Girl n’a pas une tête de top 5 serait un bel euphémisme. Noyée dans un contenu publicitaire invasif et animée d’une 3D d’une qualité discutable, High Score Girl a même plutôt une tête de série pénible à suivre. Et c’est vrai. Mais pas que.

High Score Girl raconte la vie du jeune Haruo, garçon né dans les années 80, pile à temps pour observer l’âge d’or des jeux d’arcade. Très peu intéressé par tout ce qui ne peut pas se contrôler avec un stick et des boutons, Haruo se crée une petite réputation de dur à cuire en faisant le tour de toutes les bornes de Street Fighter II de la ville. Mais un beau jour, Haruo fait la rencontre d’Akira, une jeune fille silencieuse qui lui met ce qu’on appelle dans le jargon une « violente pétée » avec Zangief. Humilié, Haruo se met à voir Akira comme une rivale. Le temps passe, les chemins se croisent et se séparent, et au fil des ellipses, ceux qui étaient des enfants au début de la série évoluent chacun à leur rythme, chacun avec leurs priorités.

High Score Girl, c’est donc avant tout le conte nostalgique, et qu’on devine auto-biographique, d’une enfance marquée profondément par les jeux vidéo, et cette fascination qui peut parfois venir occulter des choses peut-être plus importantes. D’un autre côté, c’est une comédie romantique qui alterne des moments de comédie consternants, de longs moments d’exposition où Haruo nous présente des jeux, et des scènes d’émotion profondément touchantes, peut-être par contraste, ou peut-être juste par elles-mêmes. C’est à la fois une terrible comédie romantique, un espèce de documentaire maladroit de la nostalgie de n’importe quel trentenaire japonais, et une comédie romantique fascinante.

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Je ne vous cacherais pas qu’une des raisons pour lesquelles High Score Girl m’a parlé, c’est que je m’y reconnais énormément. Non maman, pas que à cause de la coupe de cheveux. De fait, et je pense être loin d’être seul dans ce cas, j’étais un enfant (qu’est-ce que je raconte, je le suis toujours) qui voyait ses loisirs comme quelque chose de vital et de prioritaire sur tout, et j’ai manqué plus d’opportunités que je ne saurais en compter à cause de ça. La coexistence de ce regret avec cette profonde nostalgie est un mélange qui sous-tend l’intégralité de High Score Girl, et que je ne crois pas avoir déjà vu dans une autre série. Ouais, High Score Girl est visuellement particulier (le style d’Oshikiri, c’est tout un bail), plein de trucs très nuls, mais c’est aussi une série qui sait se faire brillamment réalisée quand besoin est, qui nous dit quelque chose d’à la fois terriblement commun et vraiment unique sur l’enfance et l’adolescence, et j’aurais été bien con de lâcher la série au bout du second épisode comme j’avais prévu de le faire initialement.


4. Hug tto! Precure

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Toei Animation | Une cinquantaine d’épisodes de 24 minutes (troisième cour) | Original

Non licencié en France

Plus Hug tto! Precure avance, et plus il devient dur de ne pas apprécier la série de Toei Animation, qui continue à traiter son sujet de fond – l’avenir – à toutes les sauces, tout en restant une série très chaleureuse et proche de ses personnages. Je retiendrai particulièrement les deux excellents épisodes centrés sur la parenté : le 26 sur la maman de Saaya, et le 27, très fort, sur le jeune couple accueillant son premier enfant. Ce cour n’a pas été celui des épisodes les plus éclatants du point de vue de l’action, mais il a continué à confirmer l’excellence de la série, et que voulez-vous que je lui demande de plus. Il y a plein d’autres choses à évoquer, comme ce petit clin d’œil à l’ancêtre de Precure par son créateur, ou encore l’excellence du personnage du Dr. Traum (et de son seiyuu bien entendu), mais on préférera vous laisser découvrir ça en allant de ce pas regarder la série chez votre tonton du nippon.


3. Lupin III: Part 5

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Telecom Animation Film | 24 épisodes de 23 minutes (second cour) | Original (manga)

Non licencié en France (enfin si, par Netflix, mais comme d’hab c’est silence radio)

Retour dans l’Hexagone avec la suite et fin de la toute dernière série vaguement adaptée du manga dessiné à reculons par Monkey Punch il y a une cinquantaine d’années de cela. Si le premier cour était très cool mais avec ses faiblesses, le second aura répondu aux inquiétudes en réussissant autant ses épisodes one-shot que ses arcs plus longs, plutôt bien ficelés (j’aurais mes réserves sur le dernier, mais mettons). Lupin III: Part 5 est toujours une excellente série d’action, y’a pas de soucis.

Ce qu’on peut par contre dire d’intéressant, c’est que le dernier arc de cette série anniversaire nous offre non seulement un bon nombre de très jolis caméos faisant référence à diverses précédentes itérations de la saga, mais aussi se permet de mettre clairement en avant les aspérités des relations entre Lupin et les membres de son gang, ainsi qu’avec l’excellent inspecteur Zenigata.

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L’idée d’axer le dernier arc de la série sur ces relations complexes tout en nous offrant un scénario tournant autour d’une sorte de Facebook est à mon avis tout sauf innocente, et offre en tout cas un bon nombre de développements intéressants pour quiconque s’intéresse de près ou de loin à ces personnages que l’on connaît figés dans un status quo vieux comme vos parents (déclaration basée sur des stats imaginaires d’une fiabilité critiquable). Belle façon de fêter le cinquantième anniversaire du mythe de Lupin le troisième, et ça ne peut que nous donner hâte de le revoir pour une sixième.


2. Hanebado!

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LIDENFILMS | 13 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : HANEBADO!

Pour vous, à quoi ressemble la boîte de Pandore ? Une sorte de boîte à bijoux renfermant une terrible malédiction ? Un gigantesque coffre qui contiendrait un puissant démon ? Un thread Twitter parlant du machisme dans les jeux vidéo ? Si chacun a sa propre idée du truc, la jeune Elena ne s’attendait certainement pas à ouvrir la providentielle boîte juste en poussant sa meilleure amie, Ayano, à reprendre le badminton qu’elle pratiquait il y a quelques années à un bon niveau.

C’est bête, mais à la base ça semblait pas être une mauvaise idée. Habituellement très timide, réservée et en déficit d’ego, Ayano n’aurait, à première vue, que pu profiter de cette invitation à sortir de sa coquille. Pas de bol pour elles, le club de badminton du lycée n’est pas dans le meilleur des états, notamment à cause de leur meilleure joueuse qui fait subir à ses camarades un rythme d’entraînement infernal. Mais alors que, avec l’arrivée d’un nouveau coach, l’ambiance à l’intérieur du club semble s’améliorer et Ayano commence à se sentir un peu mieux au milieu de tout ce beau monde, quelques rencontres la font retourner dans les heures les plus sombres de son état mental… et redevenir un improbable monstre du terrain.

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Difficile de ne pas être admiratif face à l’ambition de cette adaptation du manga de Kousuke Hamada. Retravaillant intégralement le début du manga pour en tirer tout le potentiel – en se concentrant sur la construction du château de cartes relationnel qu’on sait prêt à s’effondrer – l’anime peut se targuer à la fois de storyboards inspirés et de matchs à l’animation impressionnante. Certes, toute la série n’est pas au même niveau, et on sent bien à certains moments que le temps a fini par manquer, mais Hanebado! évite la facilité et parvient tout de même à se réserver des forces inespérées pour un dernier match explosif.

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Au-delà de la réussite de sa production, Hanebado! est une série de sport comme on n’en voit pas assez, qui porte autant d’attention à ses enjeux sportifs qu’à la construction de personnages très bien écrits (et de fait, dans Hanebado!, les deux sont indissociables). Si le synopsis de la série semble la condamner à sombrer dans une sorte d’exagération presque comique de ces personnalités très vives, celle-ci ne prend jamais ses personnages à la légère – ce qui ne l’empêche pas d’être souvent elle-même légère, la série se plaisant à faire beaucoup de blagues un peu discrètes. L’anime tisse un réseau de relations crédible, et permet à chacun d’évoluer à sa manière.

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À ce sujet, beaucoup de spectateurs lui reprocheront sans doute sa fin, qui pourra être perçue de la même façon que la fin d’un Whiplash. De mon côté, j’insiste à trouver que la série, en ne prenant pas la peine de condamner directement le condamnable, ne fait que prolonger la confiance qu’elle a jusque-là accordé à ses spectateurs et spectatrices. Plutôt qu’à s’attarder sur la notion de « justice » (qu’on désirerait naturellement voir sanctionner la cause des traumatismes subis), la série nous invite à réfléchir à ce qui est le mieux pour ses personnages, pour leur développement et pour leur avenir. Parfaitement cohérente avec elle-même du début à la fin, fun quand il faut, touchante quand il faut, ambitieuse toujours, Hanebado! aura bien gardé le volant en main tout du long, et on ne peut que l’en féliciter.


1. Shoujo☆Kageki Revue Starlight

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Kinema Citrus | 12 épisodes de 24 minutes | Projet multimédia

Titre HIDIVE : Revue Starlight (mais soyons francs : leur version est proprement dégueulasse, donc si vous avez un autre moyen de regarder la série, préférez-le)

Comme tant d’autres avant elle, Shoujo☆Kageki Revue Starlight commence sur une promesse. Sur les sièges couverts de tissu rouge d’un théâtre, deux jeunes filles restent figées, prenant le temps d’encaisser l’impact qu’a eu sur elles la représentation qu’elles viennent de voir. Sitôt sorties de la salle, les deux demoiselles reproduisent ensemble la grande scène de la revue qu’elles viennent de voir, et se promettent qu’un jour elles monteront toutes deux sur scène pour briller ensemble.

Des années plus tard, ce désir pour la scène n’a pas disparu, et les deux demoiselles se retrouvent au sein de l’académie musicale Seisho, où de nombreuses autres luttent pour obtenir une place au sein de la troupe qui interprétera la légendaire revue Starlight. Mais la nuit, dans les coulisses (littérales) de l’académie, les plus prometteuses des jeunes actrices s’affrontent dans des combats à l’arme blanche, mêlant, dans la grande tradition de la revue, chant et danse à leur combat. Ces affrontements, organisés sous le regard exclusif et compréhensif d’une girafe, ont une seule raison d’être : permettre à ces jeunes actrices de saisir leur chance de devenir la seule et unique top star de la revue.

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Pas de coup de théâtre, la grande série attendue est arrivée à bon port, malgré une production qui a frôlé la cata à certains moments (sans que le spectateur lambda n’aie vraiment de moyen de s’en rendre compte à moins de lire les crédits). Sur la scène comme en dehors, la série de Tomohiro Furukawa n’a de cesse de montrer que si elle est excellente, ce n’est pas seulement parce que son réalisateur a très bien su tirer parti du sens de la théâtralité exceptionnel de son maître (un certain monsieur Kunihiko I.), mais bien parce que l’ensemble est à la fois bourré d’idées et extrêmement chaleureux, deux qualités qui ont souvent tendance à se rejeter l’une l’autre.

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Brillamment storyboardée, la série n’a par exemple jamais de cesse de jouer avec des symboles mis en scène sans le moindre complexe. Bien au contraire, elle met ceux-ci régulièrement au centre de la scène : le motif des deux étoiles, la lueur de la tiare de top star qui les poursuit toutes, le motif de la tour de Tokyo évoquant cette promesse, l’empathie de la girafe, le concept de la réincarnation de l’actrice à chaque représentation (et le processus qui l’accompagne jusqu’en bout de chaîne dans les coulisses), et tant d’autres sont autant de concepts faisant partie intégrale du vocabulaire de la série.

Mais Shoujo☆Kageki Revue Starlight est bien loin de se contenter de cette iconographie évocatrice pour raconter son histoire, et se plaît à mettre en scène ses personnages avec un enthousiasme et une excentricité qui ne sont pas sans rappeler les séries du bon gars Takahiko Kyougoku (Love Live!, Houseki no Kuni). Ne perdant jamais de vue son désir de raconter les inquiétudes et les ambitions de ses personnages, mais ne perdant non plus jamais de vue son envie de jouer avec elles, la série amuse tout en nous présentant des relations tout ce qu’il y a de plus sérieuses. Mais Shoujo☆Kageki Revue Starlight n’est pas qu’une série qui raconte sa propre histoire, puisqu’en plus du conflit peut-être fantasmé de ces jeunes filles, elle nous parle aussi du système de la célèbre revue Takarazuka, et de tout un tas de sujets que je ne voudrais pas déflorer ici pour quiconque n’a pas vu la série.

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Mais si l’anime peut aussi occasionnellement laisser son spectateur de côté tant son récit peut partir parfois dans des circonvolutions volontairement abstraites (une fois de plus, on sent l’influence du maître), il n’est pas non plus besoin de trop l’intellectualiser. Avant tout, Shoujo☆Kageki Revue Starlight est une série extraordinairement sympathique avec un casting de personnages aussi charmants que forts et intéressants, et, surtout, c’est un spectacle. On a déjà évoqué la très bonne réalisation de la série (dont j’ai principalement évoqué les aspects les plus grossiers, pour le coup), mais il faut bien dire que l’anime est aussi une mine à grandes scènes d’animation, en plus d’avoir de très beaux décors. Flexible afin d’être au service de la comédie en dehors de la scène, l’animation se fait grandiose et percutante pour mettre en scène des combats dantesques tout en musique (et quelle musique), à en faire parfois palir d’envie Symphogear. Vraiment, Shoujo☆Kageki Revue Starlight est avant tout un spectacle, devant lequel il me semble impossible de se lever de sa place avant le tombé du rideau final.


Et avec ça, je pense qu’on peut laisser derrière nous cet été et passer à la suite. Ce bilan ayant été écrit plutôt vite (ça a pris une semaine entière, tout est relatif hein), et je pense que ça se voit, je n’ai pas grand-chose à en dire en épilogue.

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Si mes coups de cœur ont pu vous parler, si mes arguments ont pu vous toucher, si je vous ai donné envie de regarder telle ou telle série, si je vous ai permis de faire une découverte, sachez que rien ne me rendrait plus heureux que de le savoir. Sur ce, couvrez-vous, il commence à faire frais, et à la revoyure sous l’azur.

3 réflexions sur “Été 2018 : Le Bilan

  1. Api

    Dans le même article, je découvre que tu n’as pas accroché au spin-off sur Tonegawa et que tu n’as toujours pas vu Major non plus. Quelle indignité…
    Ceci étant dit, c’est encore une fois un joli pavasse ^^ Je n’aurais certainement pas placé Hanebad si haut, par contre tu me donnerais presque envie de retenter une série Fate avec Emiya Family, en grand fan de tranche de vie que je suis.

    Aimé par 1 personne

  2. yunis171

    Mon commentaire précédent ayant été supprimé par la magie d’internet je vais réécrire mais en faisant plus court car je ne réécrirai pas le pavé précédent (désolé).

    Kyoto Teramachi, c’est dur a regarder car le fil rouge est creux, je comprend carrément que tu ai arrêté perso j’ai eu du mal à aller au bout pourtant j’aime bien ce genre de série légère et investigatrice sur fond de romance, je te conseille de finir un de ces jours, apparemment tu a le même désir, je te conforte dans cette intention

    J’ai plus apprécié que toi Isekai Maou mais je ne peux pas pour autant te donner tord, bein que vivant seul je me demandais parfois que penserai quelqu’un d’inconnu qui passerai devant mon écran. Beaucoup beaucoup beaucoup trop de fan service, sa braguette est sans doute cassée je vois pas autre chose. Ce qui m’a attendrie c’est le personnage principal, non pas pour son passé de solitaire frustré mais pour cette volonté de faire mauvaise figure à tout prix car ne sachant pas faire autrement je pense que contrairement à toi j’ai réussi à passer outre cette débauche de peau pour profiter de ce que la série avait a offrir : un moment sympa mais aucunement original

    Asobi Asobase, correspond assez bien à mon type d’humour mais outre ou le fait qu’on ressent un peu trop bien une adaptation case par case d’un manga parfois l’humour devient un peu chelou, je te rejoins sur certains points. D’un cotés j’ai adoré cette série mais en même temps je n’en suis pas vraiment certain, sans doute a cause du personnage d’Hanako qui va souvent trop loin tellement qu’elle cesse d’être drôle.

    Ravi que tu ais jeté un coup d’oeil à la fille Layton.

    Hanebado, c’est le genre de série pours laquelle je suis content de regarder les animes à la fin de leurs diffusion car j’aurai sans doute été trés frustré de devoir attendre pour connaitre la suite, cela m’a d’ailleurs demandé beaucoup d’effort pour ne pas enchaîner la série en une soirée.

    Cette série m’a révolté mais pas parce que je voulais punir les gens mais plutôt impressionné par l’incroyable égoïsme d’absolument tout les personnages de la série et que ce soit toujours la « pauvre » Ayano qui en fasse les frais. Excellente comparaison avec la boite de Pandore, j’aime beaucoup.
    Hanebado est une série que je trouve passionnante, trés bien gérée, visuellement excellente et nul doute que je la conseillerai en tant que série sportive féminine, en plus j’adore le badminton.

    Certes j’ai détester sa mère trés fort mais pour moi les raisons étaient évidentes. Et c’est ça le problème : tout ce qui se passe se déroule exactement comme je le supposais, et pour une série sportive basé sur des matchs où les désirs de gagner s’affrontent, bah ça enlève beaucoup de fun. Du coup loin de la faire descendre dans mon estime eh bien j’en sort un peu déçu et frustré.

    Malgré tes critiques je pense que je jetterai tout de même un coup d’oeil à Overlord 3 et Happy sugar life, ne serait ce que pour me faire mon propre avis, mais au moins maintenant je suis prévenu ce qui m’évitera une trop grande deception.

    Certaines autres série mieux classée doivent encore être visionnée, notamment Revue Starlight (dont j’ai regardé le premier épisode aujourd’hui) et quelque autres.

    Grâce a toi je repart avec de nouvelle série qui n’ont pas l’air mal : high score girl, harukana receive, banana fish, yama no susume et planet with donc merci.

    Merci également pour Nobunaga no Shinobi que je n’aurai sans doute pas regardé sans toi. Et pour le temps passé à écrire ces lignes (et chercher les images).

    Aimé par 1 personne

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