Hiver 2019 : Le bilan

Pendant que mon linge tourne dans d’étranges machines semi-publiques, vous, public, êtes de retour après une quasi-pause d’une saison pour me lire laver mon binge sale en rubrique. Et alors que l’hiver tarde, les règles se tordent, et c’est aujourd’hui dans un format largement dégraissé que vous allez avoir le plaisir contestable de lire mes prises chaudes une fois de plus. Mais à l’inverse de ces prises, mes caleçons ne sont pas encore chauds, alors continuons à avancer.

Vous le savez peut-être, à l’inverse de Julio, j’ai un peu changé. Géographiquement, notamment, mais occupationnellement, surtout (et sémantiquement, pas du tout). Du coup, mon emploi du temps se prête un peu moins à des nuits blanches à écrire des phrases de forme aléatoire et de quantité excessive, et à agréer ça d’une mise en page aussi simpliste que chronophage. Arrêtons de jouer les champions de Scrabble clandestins, parlons simple : il faut que j’écrive moins si je veux continuer à vous fournir cette piètre pitance critique. Alors cherchons des idées.

boogiepop_wa_warawanai-02

La dernière fois, l’idée était simple : « 280 caractères, ça suffit peut-être ». Toutes choses considérées, peut-être pas. Alors l’innovation sera une fois de plus de mise : je vais cette fois-ci compter autant sur votre curiosité intellectuelle que sur ma fainéantise formelle. En effet, pour ce bilan, pas de remises en contexte, pas de synopsis. Après tout, nous sommes entre gens de bonne weeberie, et à quelques exceptions près, vous êtes un public de flèches avant d’être un public cible, donc je pense que vous n’avez pas besoin que l’on vous présente la plupart de ces séries (et pour les autres, un coup de Wikipédia n’a jamais tué personne). Je ne vous présenterai donc pas le contenu des animes dont je vais parler, et me cantonnerai à vous présenter mon opinion sur le sujet.

De même, sautons les fastidieux paragraphes que personne ne lit : je ne vous représenterai pas les règles de ces billets quasi-trimestriels, ni ne vous parlerai des séries que j’ai lâché en cours de saison. Si vous voulez entendre le venin et l’occasionnelle louange que j’ai à leur sujet, je ne peux que vous conseiller de vous reporter aux épisodes correspondants de Calweeb Ball, un podcast que moi et mon correspondant de l’étrange, Zali Falcam, maintenons avec autant de sérieux et de disciple qu’un bataillon de parlementaires à l’approche des européennes.

Avant de commencer, on va quand même faire un rappel : d’habitude, je procède de la série que j’ai le moins apprécié à ma favorite, qui est alors la première du classement. Mais cette fois-ci, le procédé n’aurait pas grand intérêt, car le suspense ne peut véritablement porter que sur la série dauphine. Alors parlons d’abord de la reine de la saison avant d’entamer le vrai classement.


1. Mob Psycho 100 II

mob_psycho_100_ii-01
Bones |13 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : Mob Psycho 100 II

Au moment où j’écris ces lignes, le bilan dans lequel je décriai avec un excès que je peine toujours à considérer comme réellement excessif l’amour que je porte à la première saison, a pile trois ans. Mise en scène, animation, bande-son, personnages, thématiques, rien ne manquait à cette série que l’on pourrait aisément considérer comme le café gourmand de l’animation japonaise (mais avec du rab à volonté, le rêve quoi, mais là la métaphore s’affaiblit un peu).

Or, vous pouvez bien imaginer qu’avec une telle adoration, l’idée d’une seconde saison en demi-teinte m’aurait été peu soutenable. Mais l’équipe de la première saison étant de retour sans faute pour celle-ci, toujours menée par mon Yuzuru Tachikawa préféré, je ne parvenais pas à être autre chose que serein. Et dès le premier épisode, la sérénité paye.

mob_psycho_100_ii-02

Là où la première saison mettait Mob face à ses premiers vrais choix en tant que personne, la seconde prolonge le tir et nous offre un coming-of-age dans tout ce qu’il a de plus élégant. Le thème de fond est classique, vu et revu, et pourtant rien de ce que présente Mob Psycho 100 II ne pourrait être présenté comme « déjà vu ». De la première fille avec qui sort Mob à la déchéance de sa figure paternelle, rien n’est de seconde main, et tout contribue à faire de Mob sa propre personne, avec une honnêteté et une fraîcheur désarmante. ONE nous rappelle encore qu’il est bien plus qu’un rigolo, et pourtant c’est un sacré rigolo.

Mais si vous me pardonnez les expressions, je ne pourrai m’empêcher de mettre une goutte de pisse froide dans mon vin. Car si cette seconde saison nous offre en plus de ce développement précédemment évoqué un spectacle d’animation dont on n’aura pas de mal à se souvenir en décembre comme étant le plus marquant de l’année (l’épisode 5, notamment, mais pas seulement), elle assume aussi pleinement sa nature de shonen d’action, ce qui nous offre des épisodes de combat nombreux et denses, maîtrisés mais si présents qu’ils en deviennent presque gavants. Mais ça n’est qu’un vain reproche qui vient sans doute du fait que je n’aie pas pu m’empêcher de marathoner la série en deux bouchées.

mob_psycho_100_ii-03

Le vrai reproche que je ferais à cette seconde saison, c’est que si elle fait survivre le qualificatif de « pochette surprise d’animation » que son réalisateur avait donné à la première, elle propose dans l’ensemble une réalisation, elle, bien moins surprenante. Après une première saison mise en scène pour être aussi esthétiquement variée et imaginative que possible, extrêmement expressive quand elle était silencieuse et immobile, cette seconde saison nous offre dans l’ensemble une expérience que je trouve un peu plus uniforme. On pourrait partir dans le staff et comparer (cinq épisodes storyboardés par Tachikawa dans la première saison contre deux dans la seconde), mais dans le fond on n’a à mes yeux pas tant que ça perdu au change. Takefumi Anzai (de l’excellent épisode 6 de la première saison, sur le BDE) revient signer un excellent premier épisode sur la seconde, tandis que le cinquième épisode (S2) de l’irréel animateur taïwanais Go Hakuyu (que vous connaissez notamment pour Fate/Apocrypha #22) fait plus que tenir la dragée haute au cinquième épisode (S1) du prodigieux Kenichi Fujisawa.

mob_psycho_100_ii-04

Quoiqu’il en soit, je retire de cette seconde saison bien moins d’images marquantes que de la première, mais ça ne l’empêche absolument pas de rester une série fantastique, qui se tient à de nombreux niveaux tête et épaules au-dessus du reste de l’industrie. Le fait qu’une seconde saison ait pu voir le jour avec ce niveau de qualité est une démonstration, s’il en fallait une, que l’animation japonaise n’a certainement pas fini de nous proposer des expériences uniques, et je vais tout de suite arrêter mon speech avant de sombrer dans des palabres déjà-vus qui seraient du coup bien peu appropriés pour louer Mob Psycho 100 II.


Et avec ça, on peut commencer la partie du classement où le doute et le suspense existent.

28. Black Clover

black_clover-06
Studio Pierrot | Beaucoup d’épisodes de 24 minutes (sixième cour) | Manga

Titre Crunchyroll : Black Clover

L’un des shônens les plus lambda de l’histoire récente du Jump continue son adaptation, portée à bouts de bras par un Tatsuya Yoshihara décidément peu aidé par ses supérieurs, et autant j’ai plutôt pris du plaisir à rattraper cette étrangement sympathique série d’action dont la bienveillance niaise prête parfois à sourire avec une égale bienveillance, autant le cour de cet hiver s’est avéré particulièrement moyen – ce qui ne sera pas forcément une surprise quand on sait que le cour précédent s’est terminé sur un épisode 63 qui faisait figure de double miracle pour cette production damnée, laissons-leur un peu d’espace. Celui-ci offre une transition entre arcs particulièrement molle et peu intéressante (à l’exception du personnage de Mereoleona, que je valide au moins autant que je désapprouve son prénom), qui nous amène à un arc de tournoi, un lieu commun bien fatigué mais qui sait toujours satisfaire mes envies d’intrigues simples pour un binge-watching décérébré optimal.


27. Tate no Yuusha no Nariagari

tate_no_yuusha_no_nariagari-01
Kinema Citrus | 1 épisode de 46 minutes et 24 de 24 (premier cour) | Light novel

Titre Crunchyroll : The Rising of the Shield Hero

Toujours dans le registre du binge-watching décérébré, je me sens d’humeur à vous épargner mes considérations au sujet de notre ami le confédéré sudiste au bouclier, que j’ai déjà à de maintes reprises partagées, notamment dans le contexte de Calweeb Ball. Il n’empêche que si l’on met de côté la terrible écriture de la série (qu’on lui prête ou non les intentions qu’on peut lui prêter, il n’est même pas question de ça), Tate no Yuusha no Nariagari reste un divertissement très correctement animé, oscillant entre de très bonnes scènes et des ratages esthétiques en nombres à peu près équivalents, accompagné d’une excellente bande-son de Kevin Penkin et plutôt bien rythmé. Je ne peux pas dire que j’aille à reculons à la découverte de chaque nouvel épisode, mais il est difficile de ne pas avoir à demander à ses personnages de la boucl(i)er.


26. Manaria Friends

manaria_friends-01
CygamesPictures | 10 épisodes de 14 minutes | Jeu smartphone

Titre Crunchyroll : Mysteria Friends

A l’opposé sur le spectre de l’action, de la machination à deux balles et de la toxicité générale, Manaria Friends se présente comme une tranche de vie si mollassonne qu’il serait peut-être plus adapté de la qualifier de “mousse de vie” ou de “flamby de vie”. Vous me direz, le genre ne se prête pas vraiment à la trépidation, et c’est vrai, mais Manaria Friends n’est pas qu’une tranche de vie, et le genre qui la qualifie, la romance, se prête bien moins à la passivité timide dans laquelle la série baigne.

Ne vous méprenez toutefois pas sur mes mots : la relation qui lie Anne et Grea est charmante, et j’aurais aimé en voir plus, mais le rythme adopté par la série, entre soupirs émus et scènes d’observation du néant, avec ses lieux et motifs maintes fois revus, épuise la patience du spectateur aussi vite que les sympathiques (mais pas toujours bien conçus) backgrounds épuisent leurs ressources. Ainsi, à quelques cuts d’animation chouettes près, la série n’a malheureusement pas beaucoup plus à nous offrir qu’une amourette lesbienne aussi mignonne que tristement superflue.


25. Gotoubun no Hanayome

gotoubun_no_hanayome-01.jpg
Tezuka Productions | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : The Quintessential Quintuplets

Alors que dans notre timeline actuelle l’adaptation de Bokutachi wa Benkyou ga Dekinai (We Never Learn) a commencé sa décevante diffusion, penchons-nous sur ce que je m’amuse régulièrement à qualifier de double maléfique (ou libidineux à défaut d’être maléfique) de ce dernier. Partant d’une idée aussi amusante que franchement pétée, Gotoubun no Hanayome se présente au final sans complexes comme une comédie romantique tout ce qu’il y a de plus classique, avec ce que ça implique de quiproquos, de situations abracadabrantesques, de promesses faites il y a dix ans et oubliées dans la foulée, et de saltos avant avec rétablissement sous la serviette de bain de sa partenaire.

Et au final, pourquoi pas, étant moi-même très client de comédies romantiques, je ne peux pas dire que la perspective d’une nouvelle venue avec une idée de départ plutôt amusante ne me parle pas. Cela étant dit, si je ne lui tiendrais pas forcément rigueur pour son fond régulièrement clichetonneux (le moment où Fuutarou refuse de se retourner alors que s’il le faisait le plot avancerait de mille lieues, j’étais en fusion), je ne peux que regretter la forme tristouille que prend cette adaptation. Au-delà d’une animation de piètre qualité, on pourra déplorer une réalisation tout ce qu’il y a de plus fainéante, à l’exception d’une poignée d’épisodes (le premier et le onzième notamment) qui font l’effort de pousser un peu plus loin leur mise en scène avec quelques idées amusantes ou bien exécutées à défaut d’être révolutionnaires. Il n’empêche que pour un manga dont on me vante régulièrement la qualité graphique, Gotoubun no Hanayome écope ici d’une adaptation bien pauvre, peut-être par solidarité avec son protagoniste.


24. Lupin III: Goodbye Partner

lupin_iii_goodbye_partner-01
TMS Entertainment | Un épisode de 93 minutes | Original (manga)

Non licencié en France

Passons dans de l’obscur avec le tout dernier téléfilm Lupin the Third, sorti en catimini sur les ondes japonaises, et dont on pourra peut-être profiter dans dix ans quand Netflix aura sorti Part V. Cela dit, au contraire de la dernière saison télévisée, on ne s’impatientera peut-être pas à leur réclamer cette étrange bête sans queue ni tête.

Écrit avec trois cent mille idées en tête et aucune cohérente avec l’autre, Goodbye Partner vous propose une mélasse narrative réunissant Chopin, Edward Snowden (le vrai), SKYNET (pas le vrai), Hillary Clinton (pas la vraie, celle-là elle est devenue présidente), un hybride entre Donald Trump et Elon Musk (les vrais, plus ou moins) et du Macross (de contrebande). Vraiment, le fond du film n’a pas grand sens (à la limite j’en retire un affrontement entre Jigen et la bande de Lupin qui aurait pu être intéressant), mais ça ne m’a pas empêché d’apprécier en partie la forme du film.

Celui-ci, réalisé par Jun Kawagoe (réalisateur de quelques téléfilms Lupin avant le renouveau de la saga), tente un étonnant compromis entre le style largement ancré dans la réalité des séries de Yuuichirou Yano et le style plus cartoon des précédentes itérations de la série. Visuellement, il est indiscutable que le film a un petit truc, ce qui en fait un divertissement pas désagréable à regarder, à défaut d’être quelque chose de plus.


23. Egao no Daika

egao_no_daika-01.jpg
Tatsunoko Production | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Titre Crunchyroll : The Price of Smiles

Produite pour célébrer un énième anniversaire de la Tatsunoko, Egao no Daika se présente sous tous les angles possibles comme un anime de science-fiction militaire de plus. Et de fait, entre ses clichés téléphonés et sa technique déclinante déjà pas folle au premier épisode, il peine à attirer l’œil. Pourtant, il y a un peu d’idée dans cette série, qui, hormis un message antimilitariste clair mais convenu (et un message écologiste en embuscade), a la particularité de mettre en place une dualité intéressante entre les points de vue de deux personnages dans des camps et des situations sociales opposés, toutes deux contraintes à sourire malgré l’adversité.

Quelque peu séduit par cette initiative, j’ai donc suivi de bout en bout la série, mais celle-ci ne parvient jamais à prendre suffisamment de hauteur pour se mettre une tête au-dessus des lieux communs qui la jonchent et, à mon sens, la ruinent. On gardera quand même en tête une idée pas mauvaise et quelques personnages sympathiques, mais Egao no Daika paye ses erreurs au prix fort.


22. GeGeGe no Kitarou (2018)

gegege_no_kitarou-08
Toei Animation | Plein d’épisodes de 23 minutes (quatrième cour) | Original (manga)

Titre Crunchyroll : GeGeGe no Kitarô
Titre Wakanim : GeGeGe no Kitarō

Après un cour qui nous a rappelé sans subtilité de quel autre anime de Toei Animation cette saison de GeGeGe no Kitarou avait repris le créneau horaire, la série basée sur l’œuvre de Shigeru Mizuki s’est acheminée paisiblement vers ce qui aurait dû être la fin de son run initialement prévu pour cinquante épisodes, mettant un terme quelque peu facile au fil rouge de Nanashi qui parcourait l’anime jusque-là.

Mais plutôt que de s’arrêter sur cette conclusion un peu convenue, j’ai eu la surprise de trouver au début de ce cour plusieurs épisodes répondant aux codes de genres pour lesquels on ne connaissait pas trop cette itération de Kitarou jusqu’ici. D’épisode en épisode, on se surprend à trouver une histoire d’horreur traditionnelle, une histoire d’amour plus légère, un drame plus intime… Et puis aussi des épisodes plus classiques mais proposés avec talent, comme celui des poupées hina. Une variété de retour qui vient nous rassurer sur la capacité de la série à se renouveler alors qu’elle entame sa seconde année de diffusion, n’en déplaise aux amateurs de perruques fluo.


21. Bonobono (2016)

bonobono-11
Eiken | La race d’épisodes de 6 minutes (douzième cour) | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : BONO BONO (Saison 2)

La tranche-de-vie forestière préférée de votre serviteur (à l’exception de Dupont de Ligonnès no Nichijou, titre excellent mais malheureusement toujours pas adapté en anime) continue son cours, et reste très recommandable particulièrement si vous avez un gamin à distraire le temps d’aller acheter des clopes. Ça tombe particulièrement bien, vu que ce cour est largement consacré à la parenté et aux responsabilités d’un parent vis-à-vis de son enfant, et de son conjoint. Mais allez-y, achetez donc vos clopes en laissant votre gamin seul devant Crunchyroll si c’est absolument nécessaire. Monstres.


20. Boruto: Naruto Next Generations

boruto_-_naruto_next_generations-11
Studio Pierrot | Plus de cent épisodes de 24 minutes (huitième cour) | Manga

Titre ADN : BORUTO – NARUTO NEXT GENERATIONS

La série a atteint son centième épisode et la trame principale de la série ne semble pas encore avoir commencé à se mettre en place, mais tant pis, après tout, nous ne sommes pas vraiment là pour ça. En l’occurrence, ce cour-ci s’est avéré pas déplaisant, puisqu’il regroupait à la fois une fin satisfaisante à un assez bon arc scénaristique et les débuts encourageants d’un arc plus standard, mais doté de quelques excellents cuts d’action, notamment à l’épisode 99 (le combat Konohamaru / Juugo, surtout). Rien de fou toutefois, et l’habituel remplissage qui sépare les deux arcs sera rédhibitoire pour bien des spectateurs qui s’en foutent de voir Naruto et ses potes donner dans la daronnade.


19. Hulaing Babies

hulains_babies-01.jpg
Fukushima Gaina | 12 épisodes de 5 minutes | Original

Non licencié en France

D’un extrême à l’autre sur l’échelle du mainstream, passons à cet objet bizarre qui s’appelle Hulaing Babies. Produite par un Fukushima Gainax tellement à cheval entre deux périodes de son histoire qu’elle s’est retrouvée créditée à Fukushima Gaina, cette petite série permet au studio de profiter de son (ex-) particularité géographique en nous amenant dans la petite ville littorale d’Iwaki, dans la province de Fukushima.

Un coup d’œil au site web officiel vous permettra de vite vous rendre compte que Hulaing Babies n’a pas grand-chose d’une série animée classique (et d’observer les superbes character designs de Ryouzou Oominato, ça c’est cadeau). Animé avec talent et un mélange improbable de méthodes, Hulaing Babies fait visuellement penser à un Teekyuu qui aurait très très mal choisi ses champignons (et qui des fois serait animé en vrai). Pastel de part en part, incapable de tenir en place et fréquemment chargé de détails débiles, ça n’est pas vraiment une série que je recommanderai pour son histoire, mais quel besoin d’avoir une histoire quand ce qui se passe à l’écran en raconte tant sur l’état mental de ses créateurs.

Vraiment, j’ai du mal à lui trouver un qualificatif plus approprié que celui d’ « objet bizarre ». Ce n’est ni une série extrêmement mémorable, ni vraiment très drôle, et si vous me demandez de vous raconter les événements d’un épisode précis, je risque de me mettre à bredouiller. Par contre, si vous avez besoin d’une série courte, perchée et suffisamment hipster pour vous permettre de lever le petit doigt à la prochaine édition des Minorin, je prescris sans faute une dose hebdomadaire de cachets rebondissants et rose pêche nommés Hulaing Babies.


18. Aikatsu Friends!

aikatsu_friends-05.jpg
BNPictures | 50 épisodes de 24 minutes (quatrième cour) | Jeu vidéo

Non licencié en France

La troisième série de la saga Aikatsu s’est « conclue » sur un quatrième cour toujours aussi sympathique, mais certainement pas son meilleur, surtout après l’excellent troisième cour. On met des guillemets sur la conclusion, puisque la série ne s’est en fait même pas interrompue une semaine : elle a repris immédiatement derrière avec une ellipse de quelques années et un nouveau sous-titre.

Ne boudons en tout cas pas notre plaisir, car on a toujours plaisir à suivre les petites aventures de nos héroïnes, liées par une amitié à peu près aussi dénuée de sous-texte romantique que celles de Manaria Friends (lui aussi avec « Friends » dans le titre, coïncidence ? je ne crois pas). Du coup, même avec un cour un peu plus faible qui termine un peu facilement la Diamond Friends Cup et enchaîne avec des épisodes plus mineurs sur le départ de Love Me Tear, je ne peux m’empêcher de vous recommander Aikatsu Friends!, ses activités d’idol nombreuses et variées, et son invincible amitié.


17. Domestic na Kanojo

domestic_no_kanojo-01
Diomedea | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre ADN : Domestic Girlfriend – Love x Dilemma

On retourne du côté hétéro de l’amitié avec le plus craspouille, mais aussi, il faut le dire, un peu plus palpitant Domestic na Kanojo. Tentant de partir dans des sujets un poil plus adultes que la moyenne de ceux généralement évoqués dans le genre de la romcom en parlant de coucheries et d’adultère, la série saute à deux pieds dans chaque plat qui se présente à elle et aborde les événements qu’elle présente avec un manque de subtilité qui ferait passer n’importe quel vaudeville pour une œuvre brillante d’introspection.

Mais si ce sera un défaut pour certains, ça sera tout autant une qualité pour un public qui ne demande pas grand-chose de plus qu’une opportunité de sortir le seau de pop-corn. Pour ne rien arranger, sans être jamais spectaculaire, l’écrin visuel de cette adaptation ne s’avère pas déplaisant (du moins du point de vue de la mise en scène, l’animation étant comme à l’accoutumée en pente descendante). Celle-ci est en effet réalisé par Shouta Ibata, un réalisateur loin d’être exceptionnel, mais qui fait partie des rares réalisateurs du studio Diomedea dont les productions n’ont pas systématiquement le goût et l’attrait visuel d’un verre d’eau plate.

Quand on met tout sur la balance, Domestic na Kanojo n’a rien de fou, mais s’avère être un divertissement plaisant à suivre, même quand la best girl se fait coiffer au poteau par sa sœur aînée, ce qui n’est certes jamais agréable à voir.


16. Ueno-san wa Bukiyou

ueno-san_wa_bukiyou-01
Lesprit | 12 épisodes de 12 minutes | Manga

Titre Crunchyroll : How clumsy you are, Miss Ueno.

Plus con encore, mais plus conscient de l’être, passons à cette étrange série courte nommée Ueno-san wa Bukiyou. Prenant tout un tas de curseurs du genre romcom et les poussant à leur maximum, la série se présente comme une espèce de version cosmic brain de Kaguya-sama wa Kokurasetai, puisqu’elle nous permet de découvrir ce qui se passe quand une scientifique de génie emploie tous ses talents pour pousser de la manière la plus indirecte qui soit un camarade de lycée à lui déclarer sa possible flamme. Comme dit, c’est très con, et bien vite les plans d’Ueno finissent par ne plus avoir de sens du tout (et à beaucoup tourner autour des sous-vêtements, car après tout l’amour peut prendre toutes les formes possibles, mais surtout si ces formes sont lavables à 40°C).

Mais vous me connaissez, plus c’est con et plus je suis client, et ce qu’Ueno-san wa Bukiyou n’a pas forcément en capacité à se renouveler, il a en termes de bêtise pure. Soutenue par une réalisation qui met en valeur chaque nouvelle invention absurde avec l’inventivité d’un téléachat new age auquel on aurait donné beaucoup trop de ressources, la série sublime sa franche imbécilité et s’avère, pour ne rien arranger, particulièrement plaisante à l’œil, même du côté de l’animation. Le seul vrai gros défaut de la série, hormis le fait que ses génériques de fin racontent tous une meilleure histoire d’amour que la vraie série, restera cela dit son incapacité à réellement se renouveler du côté du fond, rendant le visionnage de plusieurs épisodes à la suite pas aussi agréable qu’il aurait pu l’être. Mais au rythme d’un épisode par semaine, la science vous recommande Ueno-san wa Bukiyou.


15. Star☆Twinkle Precure

star_twinkle_precure-01.jpg
Toei Animation | Une cinquantaine d’épisodes de 24 minutes (premier cour) | Original

Non licencié en France

Après que Junichi Satou ait rendu son tablier sur un run globalement fantastique, le passage de relais n’était certainement pas facile pour le gars Hiroaki Miyamoto. Actif depuis 2003 au sein de Toei Animation, celui-ci signe avec StarTwinkle Precure sa première série en tant que réalisateur. Et autant le titre de l’anime est nettement plus joli à romaniser que le titre du Precure précédent, autant la comparaison lui fait mal sur à peu près tous les autres aspects.

Mais si le casting n’est pas dingue (à l’exception de Lala qui est une perle de lait au milieu d’un frigo plein de yaourts pas trop frais), la série s’offre quelques arguments, à commencer par un excellent combat dans l’espace, très bien chorégraphié, pour le premier épisode. Moins folle sur la suite, la série se laisse quand même très bien regarder, profitant en plus de très jolis décors, mais pour l’instant, on ne peut qu’espérer que StarTwinkle Precure parviendra à trouver sa propre façon de briller.


14. Watashi ni Tenshi ga Maiorita!

watashi_ni_tenshi_ga_maiorita-01.jpg
Doga Kobo | 12 épisodes de 24 minutes | Manga (4-koma)

Titre Crunchyroll : WATATEN!: an Angel Flew Down to Me

La malédiction de Doga Kobo continue et commence à ressembler curieusement à une ligne éditoriale. Pour le deuxième cour de suite, le studio spécialisé dans les séries innocentes et inoffensives animées avec moult bonds et rebonds nous présente l’histoire d’une femme qui aime les petites filles. Moins malaisant dans le ton mais plus glauque dans le fond (elle amadoue sa chérie pré-pubère avec des gâteaux, inquiétude partout police nulle part), Watashi ni Tenshi ga Maiorita! partage, il faut le reconnaître, une bonne partie des qualités de son prédécesseur, Uchi no Maid ga Uzasugiru! : un timing comique assez irréprochable, une qualité visuelle certaine, un rythme très correct, et même une capacité à être charmant quand on parvient à oublier des “détails” de l’histoire.

S’il est moins bien animé qu’UzaMaid, WataTen est pourtant pour moi une série un peu plus recommandable que celle-ci, ne serait-ce que parce qu’à l’exception d’un pourcentage minoritaire de scènes vraiment très gênantes, elle se montre relativement agréable à regarder. Se présentant comme un slice-of-life pas bien malin, la série est, oui, rigolote et sympathique quand l’ombre de la camionnette blanche ne s’étend pas sur elle, ce qui en fait la plupart du temps un divertissement très correct avec un ending choupi, et n’est-ce pas l’essentiel ?

(non, sauvez Hinata, offrez-lui un vrai foyer)


13. Kemono Friends 2

kemono_friends_2-01
Tomason | 12 épisodes de 23 minutes | Projet multimédia

Titre Crunchyroll : Kemono Friends 2

N’en déplaise aux fans légitimement outrés par l’éviction de TATSUKI, la seconde saison de Kemono Friends a fini par sortir, et elle s’avère de bien meilleure facture que l’on n’aurait pu l’imaginer en constatant les innombrables bourdes qui se sont enchaînées autour de sa production. Dans l’intérêt de conserver la paix entre les peuples et l’harmonie sur terre, vous ne verrez dans cette critique aucun dunk sur l’aspect soporifique de l’ensemble de la production de TATSUKI, soyez rassurés.

Mais tout de même, Kemono Friends 2 est à l’instar de sa prédécesseure une série un peu chiante, rythmée au ralenti, et qui conserve par ailleurs une bonne partie des acquis de la première saison. Si l’on part avec une nouvelle protagoniste amnésique, la série nous fait encore voyager à travers les biomes à la recherche d’un quelconque McGuffin (qui est ici la maison de l’héroïne), rencontrant à chaque épisode de nouveaux Friends. La structure fondamentale de Kemono Friends ne change donc pas, et on la voit même s’embourber dans des concepts pas forcément très bien exploités (les dessins, notamment).

Mais ça n’empêche pas la saison d’être à mon sens plus forte que la précédente, avec des idées globalement mieux trouvées et mieux exploitées (comme l’épisode de Chien, ou encore celui des retrouvailles), et un scénario un peu plus construit. De plus, si Ryuuichi Kimura (le nouveau réalisateur) n’a pas la prétention de savoir reproduire la subtilité de la narration de TATSUKI, il est clairement un réalisateur compétent. Ainsi, au contraire de la première saison, Kemono Friends 2 n’enchaine pas les faux raccords et parvient à mettre correctement l’emphase sur ses moments marquants, à cadrer des plans intéressants et globalement à tirer de ses personnages à la modélisation passable un registre d’émotions largement plus développé que n’y arrivait TATSUKI. Et y’a une antilope qui soulève une guéparde comme une princesse, je ne sais vraiment pas de quoi vous avez besoin de plus pour déterminer laquelle des deux saisons est meilleure.


12. Tensei shitara Slime Datta Ken

tensei_shitara_slime_datta_ken-01
8bit | 24 épisodes de 24 minutes (second cour) | Light novel

Titre Crunchyroll : Moi, quand je me réincarne en Slime

Notre gars sûr Bob le blob est de retour pour un second cour toujours enrobé d’un indéniable vent de sympathie. Toutefois, si le premier s’était démarqué en étant une production visuellement très réussie, ce second cour tient la barre sans démériter mais sans non plus de trop grand éclat. En nous montrant Bob le blob (c’est son nom officiel à partir de maintenant vous n’y pouvez plus rien) partir se faire une carrière dans l’éducation, la série voit également son rythme ralentir considérablement, et je vous parle même pas de la sécurité de l’emploi. Toutefois, le dernier épisode – qui semble être un épisode bonus mais a finalement tout à voir avec l’intrigue principale – nous rappelle en partie pourquoi on aime la série, et donne hâte de la retrouver pour une seconde saison d’ores et déjà annoncée.


11. Kakegurui××

kakegurui_xx-01.jpg
MAPPA | 12 épisodes de 25 minutes | Manga

Titre Netflix : Kakegurui××

Lançant un tout nouvel arc, la nouvelle saison de Kakegurui nous ramène au cœur de la version japonaise de l’ENA pour toujours plus de paris entre enfants de bonne famille. Une nouvelle cargaison de personnages insolites débarque et c’est l’occasion de mettre gentiment le zbeule dans l’ordre établi. Mais l’ordre établi n’est pas une chose si facilement perturbée, et cela s’applique autant à la structure de l’anime qu’à sa réalisation, qui change dans la continuité.

Car si Kakegurui deux croix ressemble beaucoup à Kakegurui zéro croix, avec toutes les bonnes choses que la réalisation de la série pouvait déjà nous proposer, elle se montre aussi bien plus dosée dans son emploi d’un fan-service autrefois gras qui se retrouve ici plus superficiel. Visuellement, la série s’offre même l’opportunité de nous proposer des cuts notablement plus intéressants que ce que la saison 1 pouvait offrir, ce qui en fait un anime plus qu’agréable à suivre.

Par contre, si j’apprécie généralement les nouveaux personnages apportés par cette seconde saison, je dois bien reconnaître que l’écriture de la série peut se faire un peu nébuleuse, particulièrement quand on part dans le détail des psychologies et des motivations de ceux-ci. Mais le jeu d’acteurs est toujours à un niveau aussi élevé, alors on aura vite fait de l’excuser et de désirer toujours plus de Saori Hayami qui perd la boule et de Tomokazu Sugita qui retrouve la sienne.


10. High Score Girl: Extra Stage

high_score_girl_-_extra_stage-01.jpg
J.C.Staff | 3 épisodes de 25 minutes | Manga

Titre Netflix : Belle Joueuse (eh oui désolé mon Netflix est en québecois apparemment)

Vous m’avez déjà lu en avant-première raconter mon affection pour l’adaptation anime de High Score Girl, alors vous ne douterez point de mon plaisir à retrouver la série pour trois épisodes qui ne sont pas de simples épisodes bonus mais bel et bien la conclusion de la première saison. Parfois maladroite (le développement du personnage de madame Gouda), parfois profondément touchante (la maman de Haruo !), cette poignée d’épisodes fait avancer l’histoire considérablement tout en étant en quelque sorte un condensé des qualités et des défauts de la série de Rensuke Oshikiri. En tout cas, elle réussit particulièrement bien à nous faire mourir d’impatience pour la seconde saison, également d’ores et déjà annoncée.


9. Dororo

dororo-01.jpg
MAPPA & Tezuka Productions | 24 épisodes de 24 minutes (second cour) | Manga

Titre Prime Video : Dororo

Dans ce climat généralement favorable aux samouraïs atrophiés qu’est le nôtre, Dororo a fait parler de lui pour autant qu’une série animée japonaise diffusée sur Prime Video soit apte à faire parler d’elle. Reprenant l’histoire du manga classique d’Osamu Tezuka, qui s’il avait été une femme aurait été appelé la fée marraine du manga mais les choses étant ce qu’elles sont il restera le parrain du manga, Dororo nous rapporte une histoire que les téléspectateurs nippons de moins de soixante ans n’ont pas eu le plaisir de connaître à l’époque.

Encadrée de fantastiques génériques – un opening mis en scène par l’incomparable Takeshi Koike et mis en musique par Ziyoou-vachi, et un ending mis en scène par l’excellent (mais plus controversé, on y reviendra la saison prochaine) Osamu Kobayashi et mis en musique par amazarashi – la série se présente aussi ambitieuse du point de vue de l’animation qu’elle semble assumer son évident manque de finition. Le choix est osé mais fonctionne, et la série nous présente ses premiers épisodes comme autant de petits bonbons pleins de combats réussis et d’une ambiance capturée avec justesse.

Mais bien vite l’aspect extrêmement épisodique de la série pourra faire décrocher certains spectateurs, comme moi, qui seront lassés de voir se continuer le status-quo entourant ce garçon à l’anatomie qui, elle, est en permanente évolution. Heureusement la fin du premier cour nous ramène de force sur les rails de l’intrigue, évite les chausse-trappes scénaristiques qui se présentaient à elle, et me remonte à bloc pour le second cour. En espérant tout du moins que la série ne mange pas un second ventre mou alors.


8. Endro~!

endro-01
Studio Gokumi | 12 épisodes de 24 minutes | Original

Non licencié en France

Un observateur extérieur pourrait avancer que le fait, pour une série, d’avoir un character design signé Namori (autrice de Yuru Yuri), ne m’incite pas forcément à l’objectivité la plus absolue. Certes, juste trois mois après avoir encensé Release the Spyce, me voilà à en placer une seconde dans mon top 10. Et Endro~! le mérite largement, avant même que ne rentrent en compte les nombreuses possibilités de jeux de mots sur des marques de compotes.

Pourtant, le concept de la parodie de RPG traditionnel n’a rien, mais alors vraiment rien, de neuf. Même l’idée de la série de nous montrer ce qui se passe après le générique de fin (« Endro » étant l’abréviation de « end roll »), n’est pas spécialement inédite, puisque c’était aussi par exemple plus ou moins le cas de l’anime Chain Chronicle. Et pourtant, Endro~! l’emporte sur ses concurrents rien qu’avec sa bonne humeur de tranche-de-vie bien découpée, ses personnages qui font des têtes incroyables, ses idées débiles et son esthétique qui ne peut pas ne pas convaincre.

Malgré des épisodes plus faibles répartis çà et là (la série adoptant sans complexes un format purement épisodique) et des runnings gags un peu faibles, Endro~! reste sans cesse un plaisir à regarder, et rien que ça le place largement au-dessus de la plupart des autres parodies de RPG qu’on a pu voir ces dernières années.


7. Boogiepop wa Warawanai

boogiepop_wa_warawanai-01.jpg
Madhouse | 18 épisodes de 24 minutes | Light novel

Titre Wakanim : BoogiePop and Others

Presque vingt ans après que sa première adaptation en anime aie fait la joie (ou le seum) des gens qui trouvaient que serial experiments Lain c’était encore trop joyeux, Boogiepop wa Warawanai revient à l’animation japonaise dans une mouture prise en main par l’excellent Shingo Natsume, un réalisateur aussi talentueux qu’il a des loisirs discutables. En effet, bien que freelance, celui-ci persiste malgré tout à travailler avec Madhouse et à leur offrir certaines de leurs meilleures productions récentes (One-Punch Man, ACCA), seulement concurrencé à ce titre par Atsuko Ishizuka, qui elle pour le coup a une excuse.

Et c’est là que la décision de ne pas remettre en place le contexte de chaque série me sauve la couenne, car si des spectateurs de la première adaptation de Boogiepop wa Warawanai me lisent, ils auront sans doute les mêmes mots que j’aurais pour la présenter : « C’est compliqué ». Et cette nouvelle saison est compliquée aussi, mais moins. Jamais clair mais jamais imperméable, Boogiepop wa Warawanai nous transporte successivement dans quatre arcs de thriller pseudo-scientifique à la narration alambiquée. Mais très vite, la série se démarque par sa capacité à nous tenir la main à travers ses circonvolutions : se répondent concepts et personnages, époques et lieux, et le puzzle se remplit en partant du milieu de façon plutôt intuitive à défaut d’être explicite. L’exercice est complexe mais réussi… et malheureusement cette forme narrative est parfois plus intéressante que le fond.

Car si le premier arc est particulièrement réussi, les arcs suivants se montrent un peu moins fins et complets. Bien vite, on perd de vue les motivations de certains personnages et de certaines entités (Imaginator), la raison d’être de leurs liens, et les arcs finissent par se conclure en laissant le spectateur coi. Ou alors la narration non-linéaire m’a perdu, puisqu’après tout je n’ai pas le cerveau cosmique que l’emploi du pourtant fort joli adjectif « coi » aurait pu laisser supposer. Il n’empêche que Boogiepop wa Warawanai est une série captivante à l’ambiance réussie, encadrée de génériques fantastiques, et saupoudrée de cuts d’animation aussi excellents qu’imprévisibles. Certainement pas ma série préférée de Shingo Natsume, mais une excellente façon pour les fans d’anime du monde entier de se plonger aujourd’hui dans l’univers de la série de Kouhei Kadono.


6. JoJo no Kimyou na Bouken: Ougon no Kaze

jojo_no_kimyou_na_bouken_ougon_no_kaze-01.jpg
David Production | 39 épisodes de 24 minutes (second cour) | Manga

Titre Crunchyroll : JoJo’s Bizarre Adventure: Golden Wind
Titre ADN : Jojo’s Bizarre Adventure Saison 4 : Golden Wind

Tout comme je m’obstine à utiliser le nom japonais de la série parce que la cohérence c’est pas pour les chiens, JoJo’s Bizarre Adventure Part 5 s’obstine à être d’une qualité technique impressionnante toutes choses considérées. Certes, il y a beaucoup d’esbroufe (les cuts flashy sont courts et pas si techniques que ça), mais ça marche, et l’emphase est mise de façon très adéquate là où il faut, notamment sur l’inoubliable première rencontre avec King Crimson. Et je persisterai à le dire : j’aime bien cette partie. Okay, elle ne connaît pas le sens du mot « chill », mais les combats sont chouettes, les personnages sont chouettes, l’esthétique est chouette, et j’ai un peu hâte de voir la suite et fin (même si les combats à venir sont pas forcément les plus intéressants).


5. Hug tto! Precure

hug_tto_precure-13
Toei Animation | 49 épisodes de 24 minutes (cinquième cour) | Original

Non licencié en France

Cet hiver n’a pas seulement été le berceau d’une nouvelle série Precure, puisque comme les quinze hivers qui l’ont précédé, il a également été le lieu des adieux avec la série Precure qui l’a précédée. Hug tto! Precure a été remarquable en bien des occasions, et cette conclusion en a été une dernière. Après un excellent combat final profitant d’une nouvelle bouffée de talent côté animation, la série retombe sur ses pattes fabuleusement bien en mettant le point final à son message, via un épilogue tout bête mais tellement efficace que je n’ai pas pu m’empêcher d’ouvrir les vannes en grand.

Si toutes les promesses relationnelles ne sont pas forcément tenues, Hug tto! Precure se conclut en me laissant dans le cœur un sentiment complexe que je n’avais pas eu avec une série depuis longtemps : la joie de savoir ses protagonistes heureux couplée à la tristesse de savoir que ça y est, le rideau est tombé, et que chaque nouveau dimanche qui nous arrivera ne nous amènera plus d’épisodes de Hug tto! Precure. Merci Junichi.


4. Yakusoku no Neverland

yakusoku_no_neverland-01.jpg
CloverWorks | 12 épisodes de 23 minutes | Manga

Titre Wakanim : THE PROMISED NEVERLAND

Personne n’aura besoin de vous représenter celle que l’on connaît par chez nous sous le nom de The Promised Neverland, tant la série aura su faire parler d’elle. Mais alors que le manga était porté par un trait aussi virtuose qu’unique, on était en droit de se demander si l’anime saurait aussi bien sortir du lot à sa propre façon. Et en effet, s’il n’essaye pas d’émuler à la perfection le style de l’illustratrice Posuka Demizu, l’anime parvient à s’offrir une réalisation bien réfléchie par le vétéran Mamoru Kanbe, et une plastique à laquelle on ne trouvera pas grand-chose à reprocher.

Tout en étant très fidèle au récit de Kaiu Shirai, l’adaptation de Yakusoku no Neverland met le spectateur au cœur de l’anxiété et de la paranoïa de Grace Field House par son cadrage et son utilisation des ombres, sans jamais oublier de surprendre en prenant des libertés étonnantes mais finalement parfaitement dans le ton (bonjour Krone). Reste à voir comment elle adaptera le second arc, résolument différent et bien plus chargé en action.


3. Kaze ga Tsuyoku Fuiteiru

kaze_ga_tsuyoku_fuiteiru-01.jpg
Production I.G | 23 épisodes de 23 minutes (second cour) | Roman

Titre Crunchyroll : Run with the Wind

Après un premier cour construit avec autant de patience que les spectateurs étaient en mesure de supporter, le second cour de l’adaptation du roman de Shion Miura nous amène très naturellement à son payoff : le fameux Hakone Ekiden. Et là, tout ce qui a été mis en place s’imbrique très naturellement alors que se déroule sous nos yeux une masse de petites victoires et de petits drames personnels, se passant littéralement le relais sous nos yeux embués.

Chaleureuse, couverte de scènes finement produites, la série l’est en permanence, mais sa conclusion longue de plusieurs épisodes concentre ça avec talent et une capacité à émouvoir indéniable. Plus encore que tout ce qui l’a précédé, le marathon nous offre des scènes puissantes, parfaitement storyboardées, et nous prouve à nouveau que s’il y a bien quelque chose dont on ne peut pas douter, c’est la capacité de Miura à écrire des personnages. Chaque partie de la course est mémorable, et sa conclusion jouissive. Si vous n’avez pas vu Kaze ga Tsuyoku Fuiteiru, vous devriez.


2. Kaguya-sama wa Kokurasetai: Tensai-tachi no Renai Zunousen

kaguya-sama_wa_kokurasetai-01
A-1 Pictures | 12 épisodes de 24 minutes | Manga

Titre Wakanim : Kaguya-sama: Love Is War

Sans trop de surprise non plus, la dauphine de Mob Psycho 100 II n’est autre que l’une des comédies romantiques les plus chouettes qu’on n’ait eu le plaisir de voir sur nos plates-formes de simulcast ces dernières années. Inventif, fun, attachant, plein de têtes géniales, mignon à intervalles réguliers, Kaguya-sama wa Kokurasetai est tout ça en même temps. Chargé en personnages uniques et en idées aussi géniales que débiles, la série est en plus une friandise visuelle, forte de sakugas qui n’ont d’autre lieu d’être que de renforcer des blagues déjà très solides.

Mais si Kaguya-sama wa Kokurasetai a bien quelque chose qui la distingue des nombreuses autres comédies romantiques qui parsèment le paysage de l’animation japonaise, c’est qu’elle est autant à fond une comédie qu’elle est à fond une histoire romantique. Sans même parler du dernier épisode qui est à mourir d’amour, la série sait se rendre mémorable dans tout ce qu’elle fait, des cours de volleyball à la lecture de magazines confisqués aux élèves. Fantastique de part en part, Kaguya-sama wa Kokurasetai est un candidat solide à la première place de n’importe lequel de mes bilans trimestriels. Sauf celui-là. Désolé.


1. Mob Psycho 100 II

Oui parce qu’il fallait que j’en remette une couche quand même :

Mob Psycho 100, c’est très bien.


Merci de votre attention (et à dans genre deux mois).

Une réflexion sur “Hiver 2019 : Le bilan

  1. Yaz

    Coucou
    Désolé je ne vais pas réagir directement au contenu de l’article que je n’ai pas encore lu mais je tenais à faire remonter ceci : j’ai découvert ton blog il y a déjà quelques temps et je trouve que le travail accompli est fantastitique! Au point même qu’à l’époque des bulletins il s’agissait tout simplement du meilleur site francophone traitant de japanimation
    Que ce soit la pertinence de tes propos dans les bilans, ton style d’écriture, les infos rares en français qu’on y trouve sur la production et les staff dans les bulletins et les preview, le sens de l’humour tout est 20/20 !
    Du coup content de lire dans l’intro et dans les précédents articles de voir que tu as obtenu un job dans cette industrie qui te passionne et je te souhaite toute la réussite que tu mérites
    En attendant je continuerai à lire tes analyses anime, plus rarement certes, mais avec toujours autant d’intérêt et de plaisir :))

    J'aime

Répondre à Yaz Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s